‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 154 sur 186 · OL · texte numérisé non relu

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23. Les mystiques avec saiût Bernard, dans réchelle des solitaires, distinguent quatre deçrés, la lecture» la méditation, Toraison et Ta contemptation infuse. Celui qui s'arrête toujours au preipier échelon ne peut monter au second : celui qui demeure continuellement au second ne peut arriver au troisième qui est notre contemplation acquise, dans laquelle il faut persister pendant toute la vie, si Dieu n'attire l'ftme, sans toutefois qu'elle le désire, à la contemplation infuse, laquelle venant h cesser, Time doit descendre au second degré et s'jr Hier tellement qu'elle ne retourne plus ni au premier ni au troisième.

2^. Quelles que soient les pensées qui viennent dans l'oraison, dussent -elles môme impures, ou contre Dieu et contre les saints, la foi et les sacrements; pourvu qu'on ne s'y entretienne pas volontairement, mais qu'on les souffre seulement avec indifiFérenee et résignation, elles n'empêchent point l'oraison do foi ; au contraire, elles la perfectionnant davantage, farce qu'alors l'flme demeure plus résignée la volonté divine.

, 25. Quoiqu'on soit accablé de sommeil et tout à fait endormi, on ne cesse pas d'être dans l'oraison et dans la contemplation actuelle; parce que l'oraison et la résignation, la résignation et l'oraison ne sont qu'une même chose et que l'oraison dure autant que la résignation.

26. La distinction de trois voies, purgative, illuminative et unitive» est la chose la plus absurde qui ait été dite dans la mysti* cité; ear il n'y a qu'une seule voie» quv est la voie intérieure.

27. Ceh^i qui désire et s'arrête à la dé* Totion sensible, ne désire, ni ne cherche pa^ Dieu, mais soi-même, et celui qui marche dans la voieinlérieure, fait mal de la désirer,, et de sV exciter tant dans les litiux saint» qu'aux ffetes solennelles

28. Le dégoût de hiec^ spirituels est un bien, parce qu'il purifie Tamour-propre.

29. Quand une âme intérieure a du dégoût des entretiens de Dieu ou de la vertu; et quand elle est froide et sans ferveur, c'est un bon signe.

30. Toute sensibilité dans la vie spirituelle est une abomination, saleté et ordure,

31. Aucun contemplatif ne pratique de vraies vertus intérieures, parce qu'elles ne se doivent pas connaître par les sens, il iaut donc bannir les vertus.

32. AvaHt ou après la communion, il ne faut aux âmes intérieures d'autre préparation ni actions de grâces, que de demeurer dans la résignation passive et ordinaire, parce qu'elle supplée d'une manière plus parfaite à tous les actes do vertus qui se font ou qui se peuvent faire dans la voie intérieure ; que si, à l'occasion de la commumon» il s'élève dans l'âme des sentiments d'humiliation, de demande ou d'action de grâces, il faut les réprimer toutes les fois qu'on verra qu'ils ne viennent point d'une inspiration particulière de Dieu ; autrement

ce sont des émotions de la nature, qui n'est pas encore morte.

33. L'âme qui marche dans eette voie intérieure, fiiit mal d'exciter en elle par quelque effort, aux fêtes solennelles des sentiments de dévotion; parce que tous les jours de l'âme intérieure sont égaux, et tous lui sont jours de fêtes ; j'en dis autant des lieux sacrés, car tous les lieux lui soBt aussi éeaux.

34. Il n'appartient pas aux âmes intérieures de faire à Dieu des actions de grâces en paroles et de la langue, parce qu'elles doivent demeurer en silence, sans opposer aucun obstacle à l'opératiou de Dieu en elles : aussi éprouvent-elles, d mesure qu'elles sont plus résignées à Dieu, qu'elles peuvent moins réciter Foraîson dominicale ou Notre Père*

35. Il ne convient pa.^ aux âmes inté^ rieure do faire des actions de vertu par leur propre choix et leurs propres forces, autre ment elles ne seraient point mortes, ni de faire des actes d'amour envers la sainte Vierge, les saints el Thumanité de Jésus- Christ, parce qu'étant des objets sensibles, l'amour en est de même nature.

36. Aucune créature, ni h bienheureuse Vierge, ni les saints ne doivent avoir place dans notre cœur, parce que Dieu veut seul le remplir et le posséder. ^

37. Dans les tentations, même d'emportement, l'âme ne doit point faire de aetes expli^^ cites, des vertus contraires, mais demeurer dans l'amour et dans la résignation qu'on a dit»

38. La croix volontaire des mortifications e^t un poids insupportable et sans fruit; c'est pourquoi il faut s'en décharger.

39. Les plus saintes aotions, et les péni- ^enees que les saints ont faites, ne sont point suflisantes pour effacer de l'âme la moindre attache

40. La sainte Vierge n'a jamais fait au* cune action extérieure, el néanmoins, elle a été la plus sainte de tous les saints : on peut donc parvenir à là sainteté sans action extérieure.

41. Dieu permet et veut pour nous humilier et pour nous conduire k la parfaite transformation, que le démon fosse violence dans le corps h certaines âmes parfaites qui ne soût point possédées, jusqu'à leur faire commettre dea aotions animales, même dan.« la veille et sans aucun trouble de S'esprit, en leur remuant réellement les mains et d'autres (larties du corps contre leur volonté; ce qu'il faut entendre d'autres actions mauvaises par elles-mêmes, qui ne sont point péché en cette rencontre, parce qu'il n'y a point de consentement.

42. Ces violences à des actions terrestres peuvent arriver en même temps entre deux personnes de différent sexe et les pousser jqi^qu'à l'aocomplissement d'une actioc mauvaise*

43. Aux siècles passés, Kea fiiisait lea saints par le ministère des tyrans; maintenant il les fait par le ministèire des démons, en excitant en eux ces violencei», afin qu'ils

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se méprisent et s'anéantissent d'autant plus, et s'abandonnent totalement à Dieu.

44. Job a blasphémé, et cependant il n'a point péché par ses lèvres, parce que c'était une violence du démon.

45. Saint Paul a ressenti dans son corps ces violences du démon, d'où vient qu'il a écrit : Je ne fais point le bien que je veux, mais je fais le mal que je hais.

46. Ces violences sont plus propres i anéantir l'âme, et à la conduire à la parfaite union et transformation; il n'y a pas môme d'autre voie pour y parvenir, et celle-ci est la plus courte et la plus sûre.

47. Quand ces violences arrivent, il faut laisser agir Satan, sans y opposer ni effort ni adresse; mais demeurer dans son néant; et quoiqu'il s'ensuive l'illusion des sens, ou d'autres actions brutales, et encore pis, il ne faut pas s'inquiéter, mais rejeter loin les scrupules, les doutes et les craintes, parce

2ue l'âme en est plus éclairée, plus fortiée et plus pure et acquiert la sainte liberté : surtout il raut bien se garder de s'en confesser, c'est très-bien fait de ne s'en point accuser, parce que c'est le moyen de vaincre le démon et de s'amasser un trésor de paix.

48. Satan, auteur de ces violences, tâche ensuite de persuader à l'âme que ce sont de grands pécnés, afln qu'elle s'en inquiète, et (].u*elle n'avance pas davantage dans la voie intérieure; c'est pourquoi, pour rendre ses efforts inutiles, il vaut bien mieux ne s'en point accuser, puisqu'aussi bien ce ne sont point des péchés, pas même véniels.

49. Par la violence du démon, Job était emporté à des excès étranges, en môme temps qu'il levait ses mains pures au ciel dans la prière : ainsi que s'explique ce qu'il dit au chap. XVI de son livre

50. David, Jérémie, et plusieurs saints prophètes souffraient ces sortes de violences au dehors, dans de semblables actions honteuses.

51. Il y a daos la sainte Ecriture, plusieurs exemples de ces violences à des actions extérieures, mauvaises d'elles-mômes : comme quand Samson se tua avec les Philistins, quand il épousa une étrangère et qu'il pécha avec Dalila, choses d'ailleurs défendues et certainement péchés; quand Judith mentit à Holopherne, quand Elisée maudit les enfants, quand Elie fit brûler les fils du roi Achab avec leurs troupes, on laisse seulement à douter si cette violence venait immédiatement de Dieu ou du ministère des démons , comme il arrive aux autres âmes.

52. Quaûd ces sortes de violences, môme honteuses, arrivent. sans trouble de l'esprit, alors l'âme fpeut s'unir à Dieu, comme en effet elle s'y unit toujours.

53. Pour connaître dans .a pra ique si quelque action dans les autres personnes vient de cette violence, la règle que j'en ai n'est pas seulement tirée de ce qu il est impossible qu'elles jurent faussement de jtt'y aiçiv pa» couseuti; ou de ce que ce sont des

âmes avancées dans la voie intérieure, mais je. la prends bien plutôt d'une certaine lumière actuelle, supérieure à toute connaissance humaine et théologique, qui me fait connaître certainement, avec une conviction intérieure, que telle action vient de la violence; or je suis certain que cette lumière vient de Dieu, parce qu'elle me vient jointe à la conviction que j'ai qu'elle est de Dieu; de sorte qu'elle ne me laisse point d'ombre; de même qu'il arrive quelqueiois que Dieu, révélant quelque chose à une âme, il la convainc en môme temps aue la révélation vient de lui, de sorte qu'elle n'en peut avoir aucun doute.

54. Les spirituels, qui marchent dans la voie commune, seront bien trompés et bien confus h la mort, avec toutes les passions qu'ils auront à purilier en l'autre monde.

55. Par cette voie intérieure on parvient, quoique avec beaucoup de peine, a purifier et à éteindre toutes les passions, de sorte

3tf on ne sent plus rien, pas môme le moinre aiguillon : on ne sent pas plus de révolte, que si le corps était mort, et l'âme n*est plus sujette è aucune émotion.

56 Les deux lois et les deux convoitises,

l'une de l'âme et l'autre de l'amour-proprc : c'est pourquoi, quand une fois il est épuré et mort, comme il arrive dans la voie intérieure , alors aussi meurent les deux lois et les deux convoitises, on ne fait plus aucune chute; on ne sent aucune révolte, et il n'y a plus môme de péché véniel.

57. Par la contemplation acquise, on parvient à l'état de ne plus faire aucun péché, ni mortel, ni véniel.

58. On acquiert cet état en ne faisant plus aucune réflexion sur ses actions, parce que les défauts viennent de la réflexion.

59. La voie intérieure n*a aueunj^rapport à la confession, aux confesseurs, aux' cas de conscience, à la théologie, ni à la philosophie.

60. Dieu rend la confession impossible aux âmes avancées, quand une fois elles commencent à mourir aux réflexions ou qu'elles y sont tout à fait mortes ; aussi y supplée-l-il par une grâce qui les préserve autant que celle qu'elles recevaient dans le sacrement; c'est pourquoi, en cet état, il n'est pas bon que ces âmes fréquentent la confession , parce qu'elle leur est impos» sible.

61. Une âme arrivée à la mort mystique ne peut plus vouloir autre chose 4ue ce que Dieu veut, parce qu'elle n'a plus de volonté, et que Dieu la lui a ôtée.

62. La voie intérieure conduit aussi à la mort des sens : bien plus une marque qu\)A est dans l'anéantissement, qui est la mort mystique, c'est que les sens extérieurs ne nous représentent pas plus les choses sensibles que si elles n'étaient point du tout, parce qu'alors elles ne peuvent plus faire que l'entendement s'y applique.

63. Par la voie inférieure, on parvient à un état toujours fixe d'une paix imperturbable.

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6^. Un théologien a moins de disposition ju'un idiot à la contemplation : 1** parce :|u'il n'a pas une foi si pure ; 2" qu'il n'est pas si humble; 3** qu'il n'a pas tant de soin le son salut ; 4" parce qu'il a la tôte pleine Je rêveries , d'espèces, d'opinions et de spéculations : de sorte que la vraie lumière n'y trouve point d'entrée.

65. 11 faut obéir aux supérieurs dans les choses extérieures; le vœu d'obéissance des religieux ne s'étend qu'aux choses de cette nature : mais, pour l'intérieur, il en est tout autrement; il n.'y a que Dieu seul et le directeur qui en connaissent

66. C'est une doctrine nouvelle dans TËglise, et digne de risée,^ que les âmes , dans leur intérieur, doivent être gouvernées par les évoques ; et que Tévêque en étant incapable, elles doivent se présenter à lui avec leurs directeurs : c'est, dis-je, une doctrine nouvelle, puisqu'elle n'est enseignée ni dans l'Ecriture, ni dans les conciles, Tiidans les canons, ni dans les bulles, ni par aucun saint, ou par aucun auteur, ou qu'elle ne le peut être; l'Eglise ne jugeant point des choses cachées, et toute âme ayant droit de se choisir qui bon lui semble.

67. C'est une tromperie manifeste de dire qu'on est obligé de découvrir son intérieur au for extérieur des supérieurs; que c'est péché de ne le point faire : parce que l'Eglise ne juge point des choses cachées, et que l'on fait un très-grand tort aux âmes par ces illusions et ces déguisements.

68. II n'y a dans le monde ni autorité, ni juridiction qui ait droit d'ordonner que les lettres des directeurs sur l'intérieur des Ames soient communiquées : c'est pourquoi il est bon qu'on soit averti que c'est une entreprise du démon.

Lesquelles propositions, de l'avis de nos susdits frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, et inquisiteurs généraux, nous avons condamnées, notées et effacées, comme hérétiques, suspectes , erronnées, scandaleuses, blasphématoires, offensives des pieuses oreilles, téméraires, énervant et détruisant la discipline chrétienne, et séditieuses respectivement, et pareillement tout ce qui a été publié sur ce sujet de vive voix, ou par écrit, ou imprimé : avons défendu à tous et à un chacun de parler en aucune manière, d'écrire ou disputer de ces propositions et de toutes les autres semblables , ni de les croire, retenir, enseigner, ni de les mettre en pratique : tfvons privé les contrevenants, des à présent et pour toujours, de toutes dignités, degrés, honneurs, bénéfices et offices, et les avons déclarés inhabiles à en posséder jamais ; et , en môme temps , nous les avons frappés de i'anathème, dont ils ne pourront être absous que par nous ou nos successeurs les pontifes romains*

En outre, nous avons défendu et condamné, par notre présent décret, tous les livres et tous les ouvrages du même Michel de Molinos, en quelque lieu et en quelque langue qu'ils soient imprimés» même les

manuscrits ; avec défense è toute personne, de quelque' degré, état et condition qu'elle puisse être, et quoique par sa dignité elle dût être nommée, d'oser, sous quelque prétexte que ce soit , les imprimer en toute langue, dans les mêmes termes ou de semblables, ou équivalents, ou sans nom, ou sous un nom leint et emprunté, ni les faire imprimer, ni même les lire ou retenir chez soi imprimés ou manuscrits, mais de les porter aussitôt, et de les mettre entre les mains des ordinaires des lieux ou des inquisiteurs contre le venin de l'hérésie, sous les peines portées ci-dessus, avec ordre de les brûler a la diligence desdits ordinaires ou inquisiteurs. Enfin, pour punir le susdit Michel de Molinos de ses hérésies, erreurs et faits honteux, })ar des châtiments proportionnés, qui servissent d'exemple aux autres, et à lui de correction ; la lecture faite de tout son procès dans notre congrégation susdite , ouï nos très-chers fils les consulteurs du Saint-Office, docteurs en théologie et en droit canonique, de l'avis commun do nos vénérables frères, susdits les cardinaux de la sainte Eglise romaine, nous avons condamné, dans toutes les formes de la jus-* tice, ledit Michel de Molinos, comme coupable, convaincu, et après avoir avoué res« pectivement, et comme hérétique déclaré , quoique repentant, h la peine d'une 'étroite et perpétuelle prison, et àdespénitencessalutaires qu'il sera tenu d'accomplir, après toutefois qu'il aura fait abjuration suivant le formulaire qui lui sera prescrit : ordonnant qu'au jour et à l'heure marqués, dans l'église de Sainte-Marie de la Minerve de cette ville, en présence de tous nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise ropaaine, prélats de notre cour, même de tout le peuple qui y sera invité par la concession des indulgençe.^t , sera lue d'un lieu élevé la teneur du procès, le même Michel de Molinos étant debout sur un échafaud, ensemble la sentence qui s'en est ensuivie ; et après que ledit Molinos, revêtu de l'habit de pénitent , aura abjuré publiquement les erreurs et hérésies susdites, nous avons donné pouvoir à notre cher fils le commissaire de notre Saint-Office de l'absoudre, en la forme ordinaire de l'Eglise, des censures qu'il avait encourues : ce qui aurait été accompli en tout point, en exé-* cution de notre ordonnance cfu 3 septembre de la présente année.

Et quoique le susdit décret, fait par notre ordre, ait été imprimé publié et afSché en lieu public, pour l'instruction plus ample des fidèles , néanmoins, de peur que >a mémoire de cette condamnation apostolique ne s'efface dans le temps à venir, et afin que le peuple chrétien, instruit de la vérité catholique, marche plus sûrement dans la voie du salut : en suivant les traces des souverains pontifes nos prédécesseurs : j^ar notre présente constitution , qui sera à jamais en vigueur, nous approuvons dé nouveau et confirmons, le décret susdit, et ordonnons qu'il soit mis & exécution couofk^

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U doit être; condamnant en ouire défiiiitivemenl, et réprouvant les propositions susdites, les livres et manuscrits au môme Jkîichel de Moiinos, dont nous interdisons «t défendons la lecture, sous lés mômes peines et censures portées et infligées contre les cou Ire venants.

Ordonnant au surplus que les présentes lettres auront force, sont et seront en vigueur perpétuellement et à toujours, sortiront et auront leur plein et entier effet : que tous juges ordinaires et délégués, et de

Quelque autorité qu*ils soient ou puissent Ire revôtus, seront tenus de iuger et déterminer, coi\formément à icelies, tout pouvoir et autorité de juger ou interpréter autrement, leur étant ôtés à tous et à chacun d'eux; déclarant nul tout jugement, et comme non avenu, sur ces matières à ce contraire de quelque personne et de quelque autorité qu'il vienne, sciemment ou par ignorance; voulons que foi soit ajoutée aux copies des présentes, même imprimées sousûgnées de la main d'un notaire public, et scellées du sceau d'une personne constituée ecclésiastique , comme on l'aurait h ces mômes lettres représentées en original.

Qu'il ne soit donc permis à aucun homme, par une entreprise téméraire, de violer ou de contrevenir au contenu de notre présente approbaliony confirmation, condamnation, réprobation» punition, décret et volonté. Que celui qui osera l'entreprendre, sache qu'il s'attirera l'indienation du Dieu toutpuissant et des bienheurelix apôtres saint Pierre et saint Paul.

Donné h Rome, à Sainte* Marie-Majeure, le vingiièntô novembre , Tan mil six cent quatre-vingt-sept de rincarnalion de Motre- Seigneur, et le deuxième de notre pontificat.

Signé: F. Dataire, e^piu^&a^, J. F. Albani,

Registre au secrétariat des Brefs, etc.

L'an de Notre-Seisneur Jésus-Christ mil 9ix ceni quatre-vingt-huit» indictionouzième, \q 19 février et du pontificat de notre saint pAre le Pape, par la*Providence divine, Innocent XI, Tan douzième, les présentes lettres apostoliques ont été publiées et afllchées aux portes de l'église de Sainl-Jean-de-Latran, de la basilique de Saint-Pierre, et de la chancellerie apostolique, et à la tête du Champde-Flore, et autres lieux accoutumés de la ville, par moi François Périno , courrier de noire saint père le Pape et de la très-sainte Inquisition.

MONTANÏSME.—Tandisqueleçnosiicisme menaçait de transformer le christianisme en une tbéosophie mystique; lemontanisme en faisait un monacbisme outré. Montan, son fondateur, né à Pépuse, en Phrygie (vers 170), d'abord vraisemblablement prôlredeCjrbèley £ut à peine reçu dans le sein (lu christianisme, C|u'il se fit passer comme particulièrement ^spiré par le Saint-Esprit, comme l'organe

(521) TfiRTULLiEN, DeVirginibus veland.y c. 2 : Una DOBis et mis fides, anus dominus, idem Clirisius , eadem spes, eadem iavacri sacramenta. Semel dixeriiB uHù eeclesië somus. ka nosiroin est quodnonrotuiii est ; dUcnni dividU corpus, r

le plus puissant du Paraclet qui t^t faroais paru, et menaga des iu^emeilts les plus sévères et les plus prochains, ceux qui s'élevèrent contre lui et le persécutèrent. L'inspiration dont il se prétendait doué n'était que momentanée ; c'étaient des ravissements passagers qui lui enlevaient toute réfiexion eV toute conscience de lui-même, disait-il. <(c Voici le Dieu, voici le Saint-Esprit qui parle,» s'écriait Montan : (Necesse esl excidat sensu). Mais la conduite du prétendu prophète était loin de ressembler à la vie pure et céleste de ceux qui, dans les temps apostoliques, recevaient les dons de vision et de proj)hétie. Ses révélations avaient principalement pour objet des préceptes moraux très-rigoureux, et dont la réalisation devait amener ]'£glise à sa maturité , à l'âge viril. 11 fallait renoncer à toute activité scientifique, fuir toutes les joies terrestres, rechercher le martyre. L'impureté , le uaeurtre, les secondes noces, excluaient h jamais de l'Eglise. L'esprit de prophétie devait ôtre permanent dans la vraie Eglise du Nouveau festamont, comme il l'avait été dans l'Ancien Testament; et les disciples de Montan en étaient, en effet , les dépositaires et les organes. Des apôtres, ce don avait passé à Agabus, Judas, Silas; aux filles de rapôlre Philippe a Hiérapoiis ; h Ananie de Philadelphie; à Quadratus, Montan, et aux deux saintes femmes, Priscille et Maximille. Tout en prétendant conserver la doctrine de Tfiglise catholique (321) , Montan disait : La morale doit se perfectionner; elle doit devenir plus rigoureuse; Dieu môme a prouvé et montré d'avance cette gradation! en passant de l'Ancien au Nouveau Testament , à travers les institutions et les moyens de salut progressifs de l'un etl'autreTestameiils. Les évoques catholiques, réunis en divers ^nodes, s'opposèrent à cet esprit d'illusion et de mensonge, à ce rigorisme moral. Alors Montan et ses adhérents se séparèrent de l'Eglise, et les m'ontanistes , pepusiens ou cataphrygiens (oc xeeT«c fp^jyoLç) , conati^iièrent une Eglise propre en Asie, et delà rarjgie, leur siège principal , se répandirent dans l'Occident. On vit en Afrique le sévère Tertullien (vers 205) se laisser séduire par Vaustérilé de ces principes moraux, exposer plus nettement ce que Montan entrevoyait dans son imagination fantastique, et faire positivement connaître l'erreur dogmatique du montanisme, qui méconnaissait la coopéra" tion du Saint-Esprit dans l'œuvre de Jésus- Christ (322). Le Christ , disait-il, consolant les apôtres par la promesse de la descente du Saint*£sprit, ne voulait certes point faire entendre par là que la révélation n'était point complète en lui et par lui » puisqu'il dit positivement : « II recevra de ce qui est à mot, et vous l'annoncera {^); il rendra témoignage de moi, et vous fera ressauvenk

(322)'CF. BiERMTER, Syst. des faits divins, T. H p. 206; TiLLEMONT, T. ni, p. 2H-220.

(525; CF. Joan, xvi, 15, U; xv, W; xvi, M; xfi •i» ...

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