‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 157 sur 186 · HOR · texte numérisé non relu

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péchés et de leurs vices, soit pour acquérir les vertus illuminatives et pour s'uuir à Dieu. Car toute la perfection, à tous ses de-

£és, consiste dans un degré correspondant charité, qui s'accroît en proportion de Taffaiblissement des passions par la mortiiication. En effet, selon saint Augustin, la [diminution de la passion est raliment de la charUé. (Xt6, LIXXIJI Quœst., 3,6.) Le pré- *texte de la perfection acquise ne dispense personne du soin d'affaiblir ses passions et de se puriGer d'une manière active et passive; car le Seigneur, après avoir dit qu'il ^st la vigne, le Père, le laboureur, et que les justes sont les branches, ajoute : // taillera toutes celles qui portent du fruits afin mii*tlles en portent davantage, [Joan^ \y, 2.) saint Thomas dit aussi : « Thomme doit se mortiRer quand même il serait pur, parce .qu'il n'est personne d'assez pur en cette vie, pour n'avoir pas besoin de se purifier en- 'core. » (Lect. 1.) — a Croyez-moi, dit saint Bernard, les branches coupées repoussent, 'le feu que l'on croit éteint se rallume, ce qui n'est qu'assoupi se réveille. C'est peu d'avoir coupé une fois, il faut couper sans cesse; car vous trouverez toujours, si vous le voulez bien, quelque chose à couper. Quelaues {)rogrè8 que vous ayez faits, vous êtes dans 'erreur, si vous croyez le vice tout à fait déraciné de votre cœur. »(6erm. 58, in Cant.)

I. Après avoir parlé de la mortification en général, nous allons traiter des différentes espèces de mortification, et tout d'abord do k mortification intérieure j qui réprime les sens et les puissances internes, c'est-à-dire, les mauvaises habitudes, les passions, la mémoire, l'intelligence et la volonté.

Les actes répétés du péché engendrent en nous les mauvaises habitudes^ qui nous disposent et nous inclinent au péché et deviennent en quelque sorte une seconde nature : il faut donc travailler à mortifier et à extir- , per radicalement ces habitudes mauvaises et vicieuses. Nous le prouvons par tous les mo^ tifs déjà cités pour démontrer la nécessité de fuir le péché mortel et véniel ou la tiédeur. (F. VOIE Purgative et Tiédeur.) Nous ajouterons ici qu'il est impossible de faire gerraor les vertus dans le jardin de notre , âme, si nous n'avons préalablement arraché , l'ivraie du vice. C'est pour cela que Dieu conseille à Jérémie d'arracher, de détruire, de perdre et de dissiper, pour édifier et pour planter. [Jer. i, 10.)

Comme (es sept péchés capitaux sont en quelque sorte les racines de tous les autres péchés, c'est surtout contre eux qu'il faut, au commencement de notre conversion, tirer au nom du Seigneur le glaive de la mor- , tification : une fois ces racines coupées, les rameaux des autres vices qu'elles produi- , saient, seront en même temps détruits.

Pour déraciner les mauvaises habitudes, il est nécessaire de mortifier les passions. (Foir le mot Passions.) Mais comme même dans la partie supérieure de l'homme, c'està-dire dans la mémoire, l'intelligence et la volonté, il peut y avoir en quelque sorte des

passions toutes intellectuelles désoraonnées« ou au moins de graves excès, par exemple, dans la mémoire, les pensées vaines et inutiles; dans V intelligence, les jugements erro* nés sur une vérité apparente; dans la roïonté, les complaisances déplacées et les désirs touchant le bien agréable, au préyndice du bien honnête et raisonnable ; il faut remédier à tous ces abus par la mortificatioo. (Voyez MÉMOIRE, IntIblugengb, Voloitté*) C'est la mortification purement intérieure,

11. Quant à la mortification extérieure, elle consiste dans la répression de notre corps et de nos sens externes. Les ^ens externes du corps sont au nombre de cinq, selon les différents modes dont les choses extérieures affectent le corps et peuvent produire dans l'âme cette modification i)arlicQUdre, qui s'appelle sensation. Le premier sens externe est la vue, dont l'organe ou Tinstrument est l'œil. Le second est Vouîe^ dont l'organe est l'oreille; le troisième est Vodorat, dont l'organe est le nez; le quatrième organe est le goût, dont le principal organe est la langue, le cinquième est le taeÈ^ dont l'organe est en général la peau et sa particulier les mains. Outre ces sens, les philosophes distinguent aussi dans le corps la faculté loculive, la faculté locomotive, la &culte nutritive, la faculté augmentative, et la faculté générative. Toutes ces facultés, pour ne pas dépasser leurs limites et ne pas devenir une source de péchés, doivent être assuietties à la mortification extérieure, {f. Appétit.)

Il nous faut mortifier notre corps en luimême quant à ses sens externes et à ses autres facultés. On le démontre :

l"* Par l'Écritui^ sainte : Ceux gui sont à Jésus-Christ, ont mortifié leur chair avec ses vices et ses convoitises. {Gai. v, 24.} Saiot Paul ne manquait pas de le faire : Je châtie mon corps et je le réduis en captivité. (I Cor. IX, 27.) Portant toujours en noire corps la mort de Dieu, [Il Cor. iv, 10.) Mof$ifiez ves membres. [Col. ui, 5.) Montrons Jiiijii les mtnistres de Dieu par nos ieùméhnos veilles^ etc. [II Cor. VI, 4, 5.) Quant à la mortification des sens et de la langue, l'Écriture nous la recommande en beaucoup d'endroits, comme nous le verrons plus tard , et, entre autres dans ces passages : J'ai conclu un pacte avec mes yeux^ afin de ne pas même penser à une jeune fille. {Job, XXXI, 1. ) Entourez vos oreilles dTueu haie d'épines. lEccli. xxvui, 28. ) La prière accompagnée du jeûne est excellente. (Tob III, 8.) La Genèse (xxxvii, 3^) fait mention du cilice, quand elle nous montre Jacob s'en revêtant lui-même parce qu'il s'imagine qoe son fils Joseph a été dévoré par les bêtes sauvages. David fit un fréquent usage du cilice. Je me couvrais d'un cuice. IPs. xiin, 13.) Saint Jean-Baptiste était velu de poils de chameau, et %me ceinture de peau ent$¥^ rail ses reins. ( Matth. m , 4. ) Celui qui «* met pas un frein à sa langue, n'a quuiu vaine religion. (Jac. i, 26.}

2° Par les saints Pères. « Cbètiez voire ,

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corps et vous (noiupherez da démoD : c'est ainsi que* seloa saint Paul, nous pouvons lutter contre lui.» (Saint Augustin» in I Car* IX.) « Afin de conserver la pureté de noire coeur, il faut faire observer à nos sens ex-» ternes une sévère discipline. » (Seint Gfiir GotRK, liv. XXI Mor.fiAï. 2. ) C'est pour ceU que tous \e$ saints mortffiaient leur corps avec le plus graod soin, et le li*aitaieiit durement, comme leurs aeiions le font Voir. « Conformez-vous, dit le cardinal Bon^,à cette utile et salutaire méthode de conduite^ de n*aecorder au corpe que ce qu'exige la santé. II faul le traiter durement , afin dé Tempédier de se Bronlrer rebelle à l'esprit. » i^Manmd. tMl oœl., ch. 10, n. 1.)

3° Saint Thomas en dooneia raison. « La diair est la sourc^edes vicee : donci si nous Toulons éviter tes vices, il faul dompter la chair. » (Lect. m £p. nd Gatatas.)

iMS pseudo^mystiques de noire temps »

par une fausse interprétation de ce passage : Lee ewercices t4mp0rd$ servent à peu de ek9w (I Tim, iv, 8), nient que la mortiucatioQ du corps soit utile à l'esprit. Mais ils sont loin de donner le sens légitime du texte cilé, qui, selon saitit lean Cbrysostome, désigne les exe>rci^s du st(Kle, ou, selon saint Thomas , indiquent que la mortification du corps est de peu d'utilité, si elle est faite saris piété et sans la mortification de l'esprit, qui est préférable. Quimd elle réunit toutes les conditions requises» la mortification est très-utile pour comprimer la concupiscence, si toutefois elle est recherchée, comme dit saint Bôoavefiture {l,i De prof, relig.j c. 4), non pour eUe^nême, mais à cause de la piété.

lies mortifications corporelles consistent dans l'abstiDence , le jeûne, le cilice et les veilles; de m6me c'est se mortifier eorpo* reilement que de coucher sur la dtire, se frapper Toiotitairement, se donner la discipli ne. Les anciens Pères et les plus antiques monuments de l'Église ne font, il est vrai, aucune mention é^verbératiom volontaires; aussi certains auteurs doutent qu'on doive les compter au nombre des moyens de mortilier la chair^ approuvés par l'uiglise. Morin admet l'usage de la flagellation par une personne tierce. Selon Jacques Boilean, nous devons l'usage de s'infliger soi-même la disciplin43 , am bienheureux Dominique , Vencuirassé ^ et au bàënbeureox Pierre Demi en. Avant eux on se servait de fouets, mais il fallait alors réclamer l'assistance d'une auJtre personne. Il prétend aussi que }es flagellations volontaires ne doivent pas être toujours approuvées, parce qu'ellea sont coniraires à la modestie, ^ qu'infligées sur les parties inférieures du corps, elles provoquent quelquefois des sensations voluptueuses; e'est rc^rnian de Meimbonius et de Bartbolinus. — M ais , selon le cardinal Baroniua, le biraheureux Pierre Damien n'aurait que propagé l^isage de la discipline. 11 a , en'^ effet , réfuté plusieurs moines opposés à cette pratique de mortification. Il est certain, du reste; que

Guido Pomposejanus et saint Poppe, abbé» en ont fait usage ; ce qui suffit pour montrer que ni Dominique, ni Damion, n'eu sont les auteurs, comme le fopi remarquer Mabillon et Graveson« Quoi qu*il en soit sur l'institulion de celte pratique, les plaa anciennes règles monastiques ont prescrit la fustigation poq^r les moines pécheurs , et , selon les livres pénitentiels , les pénitent^ se jetaient quelquefois aux pieds de leur confesseur, qui les frappait de verçes. Nous voyons un trait semblable dans la vie de saint Louis, roi de France^ (BolUind.^ 2g Aug.| C'est pourquoi nous devons, aveo Mabillon (Prai. 1 ad sffîc; v< Bened^, regarder les flagellations spontanées, comme un usagepieux etlouable, d'autant plos qu'ellea: ont été pratiquées par le bienheureux Pierre Damien et d'autres saints remarquable^^ Sigonius rai^orte aussi qu'elle? furent^ d'après les conseils de l'ermite Régnier, pratiquées par les habilaais de Pérouse, d'ImoLa et de Bologne. On doit mépriser les ot^etions fondées sur ce qu'elles blesseraient la modestie ou exciteraient à la volupté. Elles ne sont pas défendues par la constitution de Clément YI : cette oonstitutiaa était, en effet, dirigée contre les FlageUaiMy hérétiques dontSpondanus etBingham rapportent la doctrine et les moeurs corrompues. ( F. FLA6ELLàT9TS.) Ou n*en peut donc rien conclure contre cette pieuse habitudedes saints, de se flageller pour dompter la cancupiscence : c'est l'opinion de Grstser , qui reproche à Gerson d'avoir condamné cet usage. Mai^ Théophile liajrnaud le justifie ; saos proscrire complètement la flagellation , tl craignait seulemont que sous préteste de faire pénitence en «e flagellant, à l'exemple de saint Vincent Ferrier » «n ne fit revivre l'hérésie de flagellante. Au reste, ces flagdtations spontanées des saints sont rapportées avec éloges au nombre des motifs de leur canonisation. (F. BbnoitXIV, DeCttnon.^ L iH.) La mortification de la chair, à l'exception dn jeûne et des autres prescriptions de l'É* glise , n'est pas , selon Bellarmin { De sept^ verb. Dom.. 1. ii, c. lOj, nécessaire au salut, mais seulement à U perfection chrétienne. Qn peut être doué de la tempérance chrétienne, dit Rossignoli , sens s'abstenir pour cela de tous les plaisirs permis; mais pour atteindre le eommet de la perfection chrétienne, la mortification du corps est nécessaire. C'eat ce que prouvent les exemples des saints, par exemple celui de saint Pau1« ermite , rapporté par aaînt Jérôme, et celui de saint Antoine rapporté par saint Atbanase. Qoand» dans un procès de canonisatira, on s'aperçoit que le personnage dont il s'agit s'est abstenu de la mortification, a en trop d'amour pour son corps et l'a entouré de plus de soins qu'il n'était nécessaire, raffàire de la canonisation s'arrétOi quel que soit l'édat do sa vertu ou de ses actions. Saint Grégoire de Nazianze s'ex primo formellement sur ce sujet. ( Or. U>.) Ceux mêmes qui, sans avoir montré trop de complaisance pour leur corps, ont négligé les

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macérations nécessaires pour atteindre le sommet de la perfection chrétienne, ne sont pas inscrits sur la liste des saints dans TÉglise militante. Car, selon Gerson, sans cette mortificalion,il est bien difficile de se frayer un chemin vers la contemplation, qui est si utile è la sainteté. (F. Benoit Xiy, De Canon. 1. ih.}

Il faut donc mortiSer la chair , l*" par la tempérance dans le boire et le manger : nous ne aevons rien accorder au corps au-delà' de ce qui est absolument nécessaire à la vie et aux besoins de notre état. S"" Par la tempérance dans le sommeil^ ne lui refusant pas le nécessaire, mais supprimant le superflu , pour éviter l'indolence, la mollesse, la perte du temps. 3" Par la tempérance dans le vêtement^ le choisissant simple et conforme à notre position, n'en faisant jamais un objet de mollesse et de vaine gloire, k" Par un usage discret du jeûne, du ct/tce, de la fla^ gellation^ etc., afin de vaincre les passions de la chair et les tentations, et d'imiter Jésus-Christ qui a souffert pour nous. 5° Il faut mortifier la vue, afin que nos regards no voient rien de honteux ou d'indécent, de curieux et d'inutile, mais ne se dirigent que sur les objets qui peuvent les porter à l'amour de Dieu et à la dévotion. 6' Il faut mortifier l'ouie, pour que nos oreilles n^entendent ni scandale, ni calomnie, ni conversation honteuse, vaine et inutile. 7" Il faut mortifier le goût, pour qu'il ne fasse aucun excès dans le boire ou le manger, pour qu'il ne désire pas avec trop d'ardeur la recherche, la délicatesse, etc. 8° il faut mortifier Tch dorat, en le privant de tout parfum suave et délicat. 9" Il laut mortifier htact^ et ne jamais toucher indécemment ni notre corps, ni celui des autres sans nécessité. lO*" IV faut mortifier la langue et lui interdire toute parole méchante, oiseuse, deshonnête , calomnieuse, scandaleuse, etc. 11* Il faut mortifier la faculté locomotive, afin d'observer dans notre démarche une gravité pleine de modestie. En un mot, il faut diriger tous les sens et toutes les facultés de notre corps en vue de notre salut éternel et de celui du prochain.

Pour que. la mortification nous soit salutaire, il laut la pratiquer avec discrétion, et par conséquent observer les règles suivantes.

1. Naus devons éviter tout excès dans la mortification extérieure. L'Apôtre demande qu'on la pratique d'une manière raisonnable {Rom, xtif 1), c'est-à-dire, selon saint Thomas (Icc. 1), qu'on offre à Dieu avec discré" lion son corps en sacrifice. En effet, ajoutet-il, « les actes intérieurs sont comme la fin que Thomme se propose et qu'il recherche pour elle-même, tandis que les actes extérieurs produits par le corps, sont toujours comme les moyens destinés à tendre à une fin. Or, la fin qu'on se propose, ne nous engage à aucune mesure. Au contraire, moins on y met de mesure, mieux on arrive au but. Mais il n'en est pas ainsi des moyens que l'on prend pour arriver à une fin. Il

faut en agissant y mettre toujours des limites proportionnelles à la fin qu'on se pro- Êose. » C'est aussi Tavis de saint Basile (I. i e virg,)^ de saint Grégoire (I. xxx Mor.^ c. H), de saint Bernard (serm. 49, in Cant.) de saint Pierre d'Alcantara ( p. ii De orai. c. 7). Gerson remarque, k ce sujet, que le jeûne indiscret, selon l'avis des médecins et des théologiens, serait plus nuisible qu'un repas intempérant : on peut guérir l'un j l'autre est souvent sans remède. Et cependant il faut bien peu de chose à la nature, à moins que la gourmandise ne s'en mêle. » {Tr. de myst. TheoL^ cens. 10.) Souvent il arrive en effet que, sous prétexte dé soigner une santé ruinée par les excès, Taustérité fait place à la mollesse. Il n'y a d'exception que pour le cas où un esprit extraodinaire, bien éprouvé, nous donnerait des forces pour soutenir les excès ; ce que le directeur reconnaîtra si la santé ne souffre aucunement des |pénitences extraordinaires.

II. Il ne faut pas admettre les afflictions du corps qui mettent obstacle à notre devoir ou à la pratique des autres vertus. C est une règle admise par tous les saints Pères. Saint Jérôme (Ep. 125, ad AtM^tc), saint Grégoire (I. XXX îdor.j c. 18, n. 63) et saint^Thomas (5, a. 18), sont unanimes sur ce point. C'est un péché, dit ce dernier, que de se rendre,

Ear les jeûnes, les veilles et autres semblales mortifications, incapable de vaquer aux obligations de son état. Guigo ahbé, et saint François de Sales, expriment la même idée.

III. Dans les mortifications extérieures^ il faut éviter le défaut de la singularité, auquel prêtent surtout les pratiques extérieures :et publiques. « Fuyez, dit saint Bernard, l'obstination et le vice très-funeste de la singularité.» (vi Post. Pentec.f serm. 1.) Saint Basile {Reg., p. 138) et Cassien (1. y, c. 23) tiennent le même langage. Le moineDaniel écrit, à propos de saint Jean Climague : « A table il ne refusait rien de ce qui n était pas contraire aux prescriptions de la vie religieuse. » Au reste cette règle n'est bonne à observer que dans les communautés gui ont conservé dans leur intégrité toutes les prescriptions de leur règle; dans une communauté relâchée, la singularité en ce genre serait digne d'éloges.

lY. La discrétion évangélique» par rapport à la mortification, doit nous Tenir surtout de la sagesse et de la discrétion du directeur. C'est pourquoi saint Basile {Reg. brev.j p. 138), et saint Benoît (Reg., c. 49), ont prescrit aux moines de ne jamais praf tiquer aucune abstinence ou morlifioatioa volontaire, sans le conseil et Tas^eiitimeot de leur père spirituel. L'abbé Platon aisait lApud ffallad.) : a Les aiBictions corporelles, les nuits passées sur la dure, les veiUes, etc., sont en elles-mêmes dignes de louanges; cependant elles causent souvent la ruine de ceux qui les pratiquent d'après leur propre volonté, sans consulter leur directeur et se soumettre à ses avis. )>

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V. La véritable discrétion» dans la morlificationintérieurei consiste à ne passe contenter de peu de choses, maiâ à avancer toujours d^ plus en plus, fin effet la perfection ne consiste pas formellement dans la mortification extérieure; elle n*est qu*un instrument pour y arriver, et souvent elle tfst impuissante à y atteindre. La mortitication intérieure^ qui consiste dans l'abnégation de soi-même, est elle-même la perfection, et elle est praticable pour lousles nommes.« Les vertus qui son t du ressort de l*esprit, dit saint Basile^ comme la douceur, etc., obligent également tous les hommes; ce sont les vertus particulières de rflme; le corps ne concourt avec PAme à leur acquisition et à leur pratique, au*«n étant en quelque sorte le théâtre de leurs délibérations. » {Canst. mon.i. c. S.)

VL Pour 8*é)ever, avec la grdce de Dieu, à une mortitication intérieure plus grande, i! faut de ta discrétion daM la maniirey c'està-dire, procéder peu à peu et par parties; mortifier d*abord la passion dominante, ne pas s'attendre h arriver de suite è la perfection, ni è pouvoir, en cet^e vie, parvenir à cet état où t*homme est impassible et inaccessible à toute passion.

Il faut de la discrétion dans la mortlHca^ lion extérieure, avons-neus dit; mais cette discrétion doit être déterminée, non par lamour-propre de la chair^ mais selon iW prit de TEvangile; car la sageae de la ehair têt ennemie de Dieu. {Bom. viii, 7.) « Vous m*avez enseigné, dit saint Augustin, à pren»dro des aliments tfvec la même mesure que des médicaments. » (L. x Conf.^ c. 18.) Il montre ainsi que ce qu'on regarde comme une nécessité se transforme imperceptible* ment en plaisir. « Rappelez-vous, dit saint Bernard a ses religieux, que vous êtes moines et non médecins, et quo vous ne devez juger que de votre profession et non de votre complexion. » ^erm. 30 inCant.)

II n'est pas nécessaire, même pour la canonisation» que tous les serviteurs de Dieu pratiquent, au même degré, la mortification du corps. Personne ne prétendra qu'on ne doive canoniser et regarder eomme saints aux yeux de Dieu ceux qui n'ont ni jeûné pendant quarante jours sans boire et sans manger, coiume Moïse et Elie, ni accompli, d'autres austérités du même genre, que d'autres saints ont cependant pratiquées par une faveur toute spéciale de Dieu, et que la tradition nous rapporte, non pour que nous les imitions, mais pour que nous reconnaissions et que nous glorihions en eux la puissance et la sagesse infinie de Dieu? Il est des saints qui se sont toujours abstenus de vin, d'autres de l'usage de la Viande; fiiut-il, pour cela, faire un crime au serviteur de Dieu qui ferait un usage raisonnable et modéré de vin et de viande? L'Apôtre ne permet-il pas l'usage modéré du vin^ à cause de la faiblesse de l'estomac? (/ Tim. V, 23.) Saint Antoine lui-même fit usage de viande aussi è cause de la faiblesse de son estomac* (Boli.ai«d«v t^ I,!2Maii.} Peuton exiger les flagellations volontaires d'un

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serviteur de Dieu, qui, comme saiJD( Gré^ goire le témoigne de lui-même (1. x, ep.35)^ ne pourrait se lever de son lit? Pourrait-on> enfin, faire une obligation des mortifica-» tîons corporelles è aes vieillards, en qui^ selon saint Jérôme, totAes h$ facvdiés du corpe s'affaiblissent^ et qui^ à mesure qu'ils eroisheni en sagesse^ deviennent de plus en plus incapables de jeûne ^ de veilleêy elC; (E|). 52 ad Nèpoi.) Toutefois les Religieux doivent toujours observer les austérités près* érites par la règle, tant que les forces le leu^ permettent.

. Que faut-il penser de ceux qui affligent tellement leur corps, que, non-seulement ils se rendent incapables de vaquer aux oc^ eupations qu'ils sont tenus de remplir, mais même accélèrent le moment de leur mort% comme un certain abbé M^rosène, dont il est parlé dans le Pré spirituel de Sopbro^ nius (RoswrrDis), et comme saint Bernard s'excuse de n'avoir pas agi ? (T. II, 1. 1, c. 8.) Notre vie a des limites différen* tes. Les unes surnaturelles ont été éiabliei par la divine Providence, et ne peus^em être franchies {Job xiv, 5); les autres natUK^ relies sont en rapport avec la complexion de chacun do nous. L'art peut les reculer jusqu'à un certain point, d'autres résultent de cas imprévus; aucun intervalle ne leé peut restreindre t Âvicenne les appelle abrëgéeSf et Codronchius enseigne que rien ne peut les prolonger. Ceci posé, les théolo^ giens nous montrent, 1" que c'est un grave péché de se livrer à d'excessives austérités» de manière % causer sa mort» ou àavan*^ cer les limites naturelles de la vie. S'il est seulement probable, et nullement certain, que ces austérités abrègent la vie, comme le montre Hippocrate, et comme le prouve l'exemple de saint PauU premier ermite, et de beaucoup de pénitents très-aus-^ tères, qui sont parvenus è une extrême vieillesse. (Voyez lart. Jsunb.) 3" Il est permis et même méritoire d'embrasser» dans une fin surnaturelle, un genre de vie très-sévère, tout en prévoyant devoir ainsi avançait sa mort, pourvu qu'on ne le cherche pas. C'est là iWnion d'Azorius, de Lugo, etc«> . qui citent l'exemple des saints et des com- . munautés régulières approuvées par TEgliseé C'est pourquoi on ne doit pas se montrer facile à porter un jugement sur l'excès des mortifications ; car, comme le dit Alvarez de Paz : « Certaines, personnes sont appelées à un genre de vie extraordinaire et à degran*" des mortifications corporelles | la grftce les rend capables d'efforts au-dessus de la nature et du commun des hommes i il faut donc les distinguer avec soin, afin de ne as les enchatner parles règles communes. » T. III,iol. 1247.)

Il nous reste à prescrire des remèdes gé-> néraux pour la mortification des vices, des passions, de la mémoire, de l'intelligence^ de la volonté» du corps et des sens externes, etc. Le premier est la prtVre, soit sous forme de demande , soit sous forme de méditation. La mortification» étant uneœuYird

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difficile et au-dessas dos forces de la nature déchue, réclame le secours de la grâce; et ce secours n'est promis qu à ceui qui le demandent, selon ces paroles du concile de Trente : Demandez ce que vous ne pouvez pas. (Sess. VI, c. 11.) Celte demande n'est faite d'une manière convenable, et n'a d'eflicacilé ^K)!I^ ta grâce, qu'autant que s'y joint la méditation.

Le second remède est la présence de Dieu, selon ces paroles : Le voici qui se tient der^ riêre notre mur^ qui regarde par les fenêtres,

ifui jette sa vue au travers des barreaux, Cant. Il, 9.) Louis Du Pont dit à ce sujet : L. V Exhort., xi, § 3.) « Le Prophète sei^- )le leur dire : Uemarquez, d mes yeuxl (^ que vous regardez; oreilles, ce que vous entendez; esprit, ce que vous pensez ; appétit, ce que vous désirez; car c'est Dteu lui-même^ c'est noire époux, qui se tient derrière notre iBur, aBn de voir ce que vous faites, et, quand le temps viendra, de rendre à chacun «elon ses œuvres. Si vous répétiez ces paroles à chacune de vos actions, vous ne pécheriez jamais. »

Le troisième remède est Vexamen de chaque jour, soit général, soit particulier^ selon ces paroles : Je mettais à mort, dès le matin^ tous les pécheurs de la terre. (Ps. c. 8.) Je me suis épuisé à force de gémir. Toutes les nuits furroserai ma couche de mes pleurs. (Ps. w, 1.) Car c'est par les bonnes résolutions qu'on prend le matin, et par la douleur qu'on témoigne le soir, qu on triomphe des passions et des vices. Remarquons toutefois ce que dit Cassien au sujet de l'abbé Sérapion: « Nous nous préparons une victoire sûre et complète, en attaquant tout d'abord les vices les plus redoutables, et ensuite ceux gui ont moins de gravité. Il ne faut pas toutefois s'imaginer que celui, qui no lutte que contre un défaut principal, sans se mettre en garde contre les autres, puisse être plus facilement blessé d'un coup imprévu : cela ne peut pas arriver. Il est impossible en effet que celui qui, rempli de sollicitude pour la reforme de son cœur, s'arme surtout contre les attaques d'un certain vice, ne soit pas en même temps animé d'une horreur générale pour tous les autres vices, et pareillement en garde contre leui;â efforts. » (Coll. xv,c. 1^.)

Le quatrième remède est le soin de se mortifier dans les petites choses. Car, celui qui est fidèle dans les petites choses, t'est aussi dans les grandes. (Luc xvi» 10.) Nigronius [Opusc. ae Cura minim.) traite à fond cette matière. « Lorsquci même dans les petites choses, dit aussi P. de Blois, on résiste pour Dieu à la sensualité et à sa volonté personnelle, et qu'on se mortifie, on se rend plus agréable à Dieu, que si l'on rappelait plusieurs morts à la vie.»(/nf<r. spir.^ c. 2.) * Le cinquième remède est l'amour de Dieu et des choses spirituelles. Car cette maxime de Jéfus-Christ est bien vraie : Venez à moi, vous ious qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et je vous soulagerai. Prenez mon joug sur vous... et vous trouverez te repos de vos Ames. CcÊT mon joug est dot^ et mon fardeau est

léger. (Matth. xi, S8-30.) QueHe peiii^ l'amour ne fait- il |>»$ trouver douce et légèr^ à un amant profnni*? Que ne fait pas affronter au marcliaiid l'amour des richesses, au soldat celui de la gloire? Qu'y a-l-il donc d'étonnant, dit saint Augustin, si celui qui aime Jésus-Christ, et qui veut le suivre, est conduit par son aniour h faire almé>;Qtion de lui-môme? (Serm. hl, De div.)

Le sixième remède consiste à pratiquer la mortiQcation par des œuvres, et non |)oinl seulement par des désirs ; en effet, et non point seulement par affection. Car ce ne sont point ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu; mais ceux qui gardent ta toiser ont justifiés. {Rom. u, 13.) « Si quelqu'un, dit saint Basile, prétendait oue, pour régler toutes les affections de son âme, et pour se conduire avec justice et sainteté, il suffisait de connaître les divines Ecritures, il serait semblable à celui qui apprendrait à construire, sans jamais élever aucun bâlimenl, sans jamais mettre en pratique ce qu'il aurait appris, h (Reg. fus,, int. 7.)

Pour que tous ces remèdes deviennent pratiquement efticaces, i\ faut éviter, par Tordre de la volonté, toute action mauvaise, et en produire fréquemment de bonnes. C'est ainsi que nous arriverons à effacer nos fautes légères , k triompher des vices et des passions, à acquérir des vertus , à tourner nos pensées vers Dieu, h maintenir dans le devoir nos facultés et nos sens internes et externes, à éloi^ttT la concupiscence et à faire dominer ramétir de Dieu dans nos cœurs.

Que celui donc, qui veut marcher dans la voie de la perfection, se livre à la prière el à la mortification. Qu'il aille à la mwitagne de la myrrhe, c'esl>-è-dire de la mortification, et à Vautel de l'encens, c'est-à-diro de la prière. (CanL iv, 6.) « C'est en pratiquant ces venus, dit saint Grégoire, que TBglise des fidèles, que toute âme, devient pure. Par la mortification des plaisirs, elle résiste aux yices, et par de fréquenles prières, airosées de larmes, elle efface ses souillures, afin de plaire à son époux, et de riarâitre belle à sm yeux. » Alors, en effet, elle montera par% désert, comme une petite vapeur d'aromateSf de myrrhe et d'encens. {Cant. iii,-6.) Car« selon saint Bernard (seruu 50, Ex parv.), la confession dpU toujours être accompagnée de myrrhe et d'encens, c'ost-àHlke de la mortification de la chair et de llL^Éfifte (ta cœur : l'une sans l'autre n'est iTOffpÉQ oq point utile. 81 «quelqu'un mortifiefir^iair et s'abstient de prier, c'est un orgueitleoii et le Seigneur lui dira : Est-ce qu€ jf^ mumgerm la chatr des taureaux? ou boirat-jetêB-sanf des boucs? {Ps. xlix, 13.) De mèmttjBJ prie et néglige de mortifier sa chair, iMpîeadn ces paroles : Pourquoi mecriez-vousSeigneuft Seigneur f et ne fa%tes»vous pas ce que je vous dis? {Luc. VI, 46.) Et comme nous avons tous eu part au pécijé d'Adam, nous devons tous prendre part è sa pénitence et i ses mortifications. Il n'est pas d'exception pos^ s'Me. Si nous avons bien pu trouver la force, la manière et le secret de pécher, pourquoi

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bASCEtIâMË.

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ne tes feriùm-nous pai servir maintenan^i à la fusiice pour la juilification ^ de noire vie? {Ùom. VI, 19). On voit au milieu du monde ' (tes personnes cherchera trouver des relrai- (es pour châtier leur corps. Qui les empoche (le détourner leurs sens de toute chose vaine? de supprirafer toul raflineroenl dans le boire et le manger^ le lîl, le sommeil et rhabillement? el surtout de supporter patiemment les adversités» sorte de ciliées et tle disciplines dont le monde fourmille? Ce(ii-là ne sont pas même excusables qui, nu dehors coûime au dedans du cloître, se croient dispenses de toute môrtificaliod sous prétexte do santé. En effet, un régime austère est plus favorable li la santé qu'une vie de délices, comme le prouve Lessi us (Opu^c. de VaUtud. conserv.); d'ailleurs, Citons k ce sujet une remarque de Hugues de Sainl-Vîctor : « C'est le démon qui dévient notre médecin; il allègue la faiblesse de notre tempérament, il énumère toutes les infirmités qui résulteront pour nous dé Tobservation des préceptes de la religion. Mais dans quel but? ce n'est pas pour nous guérir, mais afin de pouvoir tious tuer ; ce n'est pas pour porter remède à nos souffrances, ùiais àûn de nous frapper plus sûrement d'un coup mortel.» (L. I, De claus. an.t c. 2.) Assurément le véritable repos s'obtient , non en satisfadsant ses passions, mais en les surmontant et en faisant abnégation de soi-même, selon la promesse de Jésus^Christ : It recevra le cenluple et possédera la vie éternelle, {Matth, lix, 29.)

Pratiqub.—I. a l'égard des pénitences et des macérations corporelles, le directeur ne doit les permettre qu'avec prudence. Cependantil nefautpas(][u*ill6srefuse entièrement, moins encore qu'il s'y montre systématique^ ment opoosé, ainsi que plusieurs directeurs le font, un voit quefqueiois des pères spirituels de religieuses qui ne leur permettent jamais aucune macération corporelle, bien que leur règle ne soit pas d'une telle austérité qu^on n*y puisse ajouter quelque [œuvre de mortification. D'où il arrive que, malgré leurs désirs île châtier leur corps, elles n osent plus en demander la permission, sachant que toute demande de leur part en serait inutile. Pour nous, nous ne comprenons pas de quel droit un directeur peut ainsi priver les Ames qui lui sont connées d'un moyen de perfection si profitable et si familier aux saints, d'où elles pourraient tirer tant de fruit. Nous le comprenons moins encore s'il s'agit de personnes à la fleur de la jeunesse ; car alors, à raison de la vivacité des esprits et de la chaleur du sang, les macérations corporelles sont souvent d'un besoin extrême. On veut, dit'^on, ménager la santé : ce soin est louable, mai^r il faut en coûclure seulement que ces sortes de pénitences doivent être refusées aux personnes de mauvaise santé ou de tempérament faible, et non pas à celles qui jouissent d'une santé florissante et vigoureuse. On dit encore que l'on a plus à cœur les vertu intérieures et l'exacte observance des règles.

en quoi consiste l'eissence de la perfection religieuse , et que l'on fait peu de cas de ces sortes de choses extérieures, sans les- QueHes une religieuse peut être saiate.

Nous ne tiions pas que la perfection, soit religieuse, soit, chrétienne, consiste principalement dans les Vertus intérieures. Mais qu on prenne garde de tomber ici dans l'erreur. Pour arriver à cette perfection, là mortification delà chairetdes sens extérieurs est nécessaire^ parce que, si le corps n'est réduit en servitude, l'esprit ne sera plus le maître et ne pourra exercer en paix les Vertus doût le directeur a raison de faire un tel cas, d'autant plus que, faute de ces maôéralions, l'âme se prive des secours plus efficaces el de la grâce plus abondante qu'elle aurait obtenus de Dieu, par la mor«tification, pour la pratique des vertus intérieures.

En un mot; que le direcleuk* se rappelle ce que dit à ce si^get saint Grégoire cle Naj^iauze, à savoir, que traiter mollement sou corps, c'est jeter de l'huile siir le feu, c^est nourrir avec soin une bête féroce et cruelle. {Orat. kk.) C'est pourquoi s'il veut voir dans ses pénitents un esprit vigoureux»

qu'il sache briser la force exubérante du corps par l^exèrcice d'une macération modérée.

II. Or, pour que le directeur, à l'égard de ces œuvres de iSénitence, se tienne dans leâ bornes d'une sage modération, il doit faire attention è deul choses : 1* à la qualité des personnes, et 2*" à la qualité et au nombre des macérations qu'il prescrit. Quant è l'éliat des personnes, il est certain que les jeunes gens d'un âge encore tendre, ainsi que les vieillards d'un âge fort avancé, sont bien peu capables de ces sortes de pénitences, puisque leurs forces ont plus besoin d'être augmentées que d'être affaiblies. Cependant on doit les permettre aui^ jeunes gens et aux jeunes personnes comme un moyen avantageux contre la trop grande vivacité des esprits et contre la chaleur excessive du sang, et il feut leur eu permettre un pfus fré*

auent usage qu'aux' personnes mariées, uant aux religieuses, le directeur doit leur en permettre davantage encore; car comme elles sont plus strictement obligées de tendre è la perfection, elles sont plus tenues aussi de se servir de ce moyen si propre à les y faire parvenir. Cependant il est nécessaire d'avoir toujours égard à la santé et à la force du corps, afin de se montrer plus ou moins facile, selon le plus ou le moins de force. Pour ce qui concerne la qualité des œuvres de pénitence, nous pensons que la discipline [ou flagellation) prise avec modération, ne peut nuire & la santé, parce que la douleur qu'elle procure n'affecte que l'extérieur du système cutané et disparaît presque aussitôt que les coups, surtout si la discipline se fait, non pas sur le dos, mais sur les autres parties moins rapprochées de l'estomac ; car, de cette manière, il y a moindre dissipation des esprits animaux nécessaires à la digestion des aliments.

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D'ailleurs, ce genre do pénitence est trèspropre à mortifier la chair par le sentiment de douleur qui est diamétralement opposé aux brûlants désirs de la coucupiscenee, et en môme temps il contribue puissamment à exciter la dévotion. C'est pourquoi le directeur peut permettre pliis facilement ce genre de mortification, non pas cependant au point que la discipline aille jusqu'au sang, et cela pour deux raisons : premièrement , parce que le corps peut lrè3-bien être châtie sans aucune effusion de sang (ce qui, du reste, est fort souvent nuisible ala santé); secondement, parce que c'est un moyen demeitnpL. obstacle a un sentiment de vanité, qui s*0<f lève si facilement dans l'esprit de quelquesuns par suite de ces disciplines sanglantes, au point que quelquefois ils s'imaginent avx>ir fait une chose héroïque, et se croient élevés jusque dans les nues. — Le cilice de fer est ordinairement moins nuisible aue celui de crins, qui, privant le corps decnaleur, affaiblit l'estomac. Le directeur doit donc conseiller l*usage du premier plutôt que du second. Mais il no doit pas permettre aux personnes de faible poitrine ou de santé délicate, de l'appliquer sur les reins, mars seulement sur les bras ou ailleurs. Du reste, pour savoir combien de temps ou combien de fois il faut faire usage de ces instruments de pénitence, il est nécessaire de consulter avec soin les forces du corps et la ferveur du cœur de chaque pénitent. Cependant, il est bon de remarquer qu'il ne faut pas en permettre l'usage la nuit, de peur

3ue le sommeil n'en soit troublé ; ni imméiatement après le» repas, dans la crainte d'empêcher la digestion. Le temps le plus favorable, c'est le matin, pendant un temps proportionné à l'état du pénitent. — On peut permettre aux personnes d'une santé ro* buste de dormir sur des planches nues, ou sur de simplespaillasses, si elles sont d'une santé moins forte; et cela plus ou moins selon les forces de chacun, selon que le sommeil est plus ou moins profond, selon qu'il est plus ou moins facile de s'endormir et de continuer son sommeil, au milieu de ces œuvres de macération. Il est bon cependant de remarquer qu'il ne faut point mortifior ainsi son sommeil sans être muni de bonnes couvertures, de peur quele corps ne soit privé de la transpiration nécessaire. Mais on ne doit permettre è personne de dormir sur la terre nue, parce que le froid et les exhalaisons humides de la terre peu-> veni être excessivement nuisibles à la santé du corps. Il faut aussi ne permettre qu'avec une.extrême prudence de passer les nuits en ▼eilles, puisqu'il est d'expérience que ceux qui veillent toute la nuit sont ^leu disposés aux travaux du jour. Il est bien vrai que quelques saints passaient les nuits sans dormir, ou n'accordaient à leurs yeux qu'un très-court instant de repos. Mais cela n avait point lieu sans une grAcc particulière et Spéciale de la divine Providence, qui, en exigeant d'eux de telles austérités, les conservait sans qu'ils eussent besoin de se dé-

lasser par le sommeil. En outre, il faut observer que pour ces saintes âmes le sommeil qu'elles perdaient ainsi en veillant^ était compensé par Dieu même, qui les tenait abso(bées toute la nuit, le plus souvent, dans de sublimes contemplations, et qui par Ih, remplissant leur esprit de douceurs ineffables, soutenait aussi leur corps et Tempéc1>ait de succomber à de si accablantes fatigues. Quant à ceux à qui Dieu n'accorde pas de telles faveurs, et qui ne peuvent se promettre des secours aussi puissants, ils doivent se contenter de conserver, par un repos convenable, leur corps en étal de remplir leurs devoirs pendant le jour; et il leur suffira de se mortiner, en retranchant à leurs yeux une certaine partie de leur sommeil, parce que la prolongation du sommeil n est pas nécessaire pour la vie, ni pour l*ap.tiludé au travail, mais n'a d'autre résultat que la satisfaction des sens extérieurs. Il faut enfin rappeler aux pénitents qu'ils doivent accorder à leur corps ce repos modéré et convenable, non pas pour le goût, pour le plaisir qu'ils Y trouvent, mais uniquement par soumission à la volonté divine, qui en a disposé ainsi, et dans la pensée de se rendre plus propres au service de Dieu.

IlL Les règles que nous venons de tracer servent à la direction ordinaire des Âmes} mais pour les cas extraordinaires qui peuvent se présenter, ces règles soutirent exception. Dltna 4ous les siècles, Dieu a orné son Eglise de terlaines âmes qu'il a voulu faire briller par des œuvres de pénitence d'une rigueur tonte particulière; c'est-à-dire qu'il a voulu sanctiiier, par une pénitence au-dessus des iorces humaines, ainsi que nous pouvons le voir avec admiration à chaque page des annales ecclésiastiques. Et il ne parait pas vraisemblable que maintenant il ne se rencontre plus de ces Ames que Dieu veut élever à la perfection par ces voies extraordinaires. C'est pourquoi, si quelque personne de cette sorte se présentait aux pieds du din^cteur, il ne serait point libnp^, de la détourner de cette voie, par laqueUé Dieu rappelle à la perfection. Car nous ne sommes pas proprement les roattres des âmes; Dieu seul en est temattre; et nous ne sommes, nous, que,(^ ministres de ce grand Maître, èous la conduite dugitêl nous devons chercher constamment à m6% OiaP* cher nos pénitfsnls avec fidélité sur Mg'Iraces divines. Maii| Toi)^, dira-t-on, où élt le travail, où est la difficulté : de connaître la volonté de Dieu sur un poiritciUî se place en dehors de Tordre accoutumé,, et qéi, en même temps, si nous nous trôiidpod^ peut être une source de graves prèjml^yites, et pour la santé du corps et pour les progrès de Tâme. Quoi qu'ail en soit, il ne faut i^s perdre courage: car celui qui agira conformément aux règles de la jrudeuce et avec un sage discernement, quil faut demander constamment à Dieu, parviendra à obtenir sur la volonté de Dieu une connaissance de certitude morale. Or il y a deux règles à suivre ici.Premièrement, le directeur doit

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D^ASCETISME.

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considérer û 80D péniteni est poussé par de fortes îQspifatioiii à des auslérités graves. Mais cela ne suffit pas encore, parce que le démon peut très-bien se transformer en ange de lumière et inspirer de violents désirs de pénitence, r*ans le but non-seulement de fatiguer et d'affaiblir le corps, mais aussi de rendre Tesprit incapable de se livrer aux iBUvres dp la perfection. Il est donc nécessaire, en second lieu, de sonder peu à peu le terrain, en sorte qu'en permettant au pénitent plusieurs mortificatioDs considérables, on fasse en même temps attention à la manière dont il supporte le poids de ces macérations. Si le directeur s'aperçoit que ces pénitences, au lieu de détériorer la santé, la fortifient, comme ii arriva aux trois enfants hébreux à Babyione, qui, ne se nourrissant que de légumes et ne buvant que de l'eau, parurent cependant d'une santé plus robuste et plus fleurie que les jeunes gens qui étaient nourris des mets de la table du roi; si surtout, ainsi que ceia a lieu qi^eji|uefois, il remarque que telle personne, en renonçant aux austéritéi, en éprouve un affaiblissement, une détérioration dans sa saaté, c'est là une marque que Dieu veut la co duire par la voie é))ineuse de la mortiQcaiion, puisque, d'un côté, ij fait connaîtra sa volonté à cet égard par des inspirations intérieures, et que, de I autre, il la lui manifeste davantage encore par ce secours spél^ial, qui la soutient et l'einpôche de succomber sous le poids des austérités. Si Dieu fait connatte sa volonté par des signes manifestes, le directeur pourra agir avec plus de sécurité encore, et se montrer plus facile pour accorder l'usage de ces sortes^ de pénitences, auxquelles l'dme se sent poussée par l'£sprit-Saint. Cependant, même dans ce cas, il ne faut pas permettre au pénitent de se livrer à aucun acte de mortiucalion, de son propre mouvement et sans y être spécialement autorisé: car, de celte, manière, Tespril sera maintenu dans la soumission, en même temps que le corps. Mais si, par la suite, on sppercevait que les forces s'altèrent considérablement ou que la santé se détériore, il faudrait sur-le-champ retirer les permissions que Ton a accoruées, dans la crainte que le mai ne prenne de Taccroissement et ne rende, à h ûn^ le pénitent incapable des exercices de la vie spirituelle.

IV. Le directeur remarquera surtout que ces sortes de macérations doivent être accompagnées de l'esprit intérieur, autrement elles seraient fort nuisibles au corps et peu litiles à l'Ame ; bien plus, si une vaine com-

f plaisance, une bonne estime de soi-même es accompasiie, elles seront plutôt nuisibles qu utiles. C est pourquoi le directeur fera enlendre è ses pénitents qu'ils doivent se livrer aux macérations corporelles avec une intention droite, et dans un esprit de douleur intérieure et d'humilité véritable. Quant è ce qui regarde la pureté d'intention, on ne doit se proposer, dans les œuvres de pénitence, d autre but que do soumettre la chair à Fespriti de saliifairo pour ses propres

péchés, de plaire à Dieu et d'obtenir de lai des secours abondants pour corriger ses défauts et acquérir les vertus solides. Pour exciter la douleur intérieure, il faut, avant de mettre la main aux œuvres de mortiBcation, se remettre sous les yeux ses péchés présents et nasses, en concevoir une vive douleur au fond de l'Âme, et s'animer à un saint zèle pour satisfaire à Dieu , autant qu'il est en nous, par nos macérations: Pour obtenir l'humilité du cœur, nous devons unir nos pénitences aux douleurs et au sang précieux du Sauveur, et nous bien convaincre que, d'elles-mêmes, nos mortifications n'ont aucune valeur, etquil faut jeu rapporter, non-seulement tout le prix, mais encore l'honneur qui en découle, aux mérites iuQnis de Jésus-Christ. De cette manière nous offrirons à Dieu, sur l'autel de la pénitence, le sacrifice parfait de nos corps.

y. Le directaur ne doit pas facilemejit permettre aux jeunes gens ni aux jeunes filles déjeuner souvent, et beaucoup moins encore au pain et à l'eau , puisqu'une nourriture modérée est le fondement de la vie humaine, forme les esprits vitaux, fortifie le corps et entretient la santé. Ce qu'il faut exiger avec soin des pénitents, c'est que, prenant une nourriture suffisante, ils se mortifient dans mille choses agréables au palais sans être nécessaires à la conservation de la santé; c'est qu'ils se contentent de peu; qu'ils preHnent leur nourriture avec une fia droite, ne s'altachant point dans cet acte au plaisir naturel qui l'accompagne, et surtout se gardant de se plaindre si les mets sont sans saveur, désagréables au goût et mal préparés; copime de les louer, d'y prendre visiblement plaisir, s'ils sont exquis et bien préparés ; en un mot, mangeant ce qui leur est présenté, sans en faire l'éloge ni s'en plaindre : car rien ne montre mieux le détachement de î'flme.pour le plaisir naturel du manger, que l'indifférence avec laquelle on prend les aliments, bons ou mauvais. Le directeur s'efforcera donc 4'inspirer & ses pénitents l'amour et la pratique do la sobriété. S'il y parvient, qu'il soit convaincu qu'elle suffit pour contenir dans la modération le sens du goût et la passion de la gourmandise; mais potir y parvenir, illui faudra des efforts et des soins, parce çiu'il peut obtenir plus facilement de ses pénitents des jeûnes fréquents qu'une tempérance régulière et parfaite.

VL Le directeur doit encore accorder plus difficilement de jeûner à ceux qui ont une table commune avec d'autres , comme sont les religieux et les religieuses, tant parce que des jeûnes particuliers, dans cette circonstance, exposent au danser de la vaine complaisance, que parce qu'us peuvent être pour les autres qui en sont témoins la source de vains prc^os et de censures. Toici comme s'exprime saint Bernard au sujet do celui qui jeûne dans ces circonstances : « 11 se romplatt plus dans un jeûne qu'il fain lorsque les autres manjgent; que de sept

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BlCTlONNAiaC

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iours Je jeûne avec les autres. » {De grad. hum.y 5 ) L'homme qui veut se priver de uourrilure par pénitence, s*tl y est porté par l'esprit de Dieu, trouvera bien les moyens (te mortiQer la gourmandise sans que ses com-

f)agnons de table s'en aperçoivent, puisque 'esprit de Dieu sait inspirer à Tâme une pieuse précaution et une sainte adresse pour cacher ses bonnes œuvres. Aussi saint Jean Climaaue« parlant d'un moine nommé Daniel, disait à son éloge : « A table, il ne rejetait rien de ce qui n'était pas contre ks règles et l'institut de la rie religieuse; mais il mangeait si peu et avec une leUe sobriété, qu'il paraissait plutôt goûter les mets que les manger. Et ainsi , brisant la tête de l'orgueil, il sut, en même temps par sa sobriété et en se contentant de peu dans ses deux re« pas, dompter la tyrannique volupté, souvent si pernicieuse pour un grand nombre. » (fftblt^lh. vit. Pair,) Par là le directeur compt Ddra que l'homme qui vit en communauté doit suivre b la vérité les règles d'une exacte et sévère tempérance, et mémo faire dans SOS repas quelque mertitioation , de inanidre cependant à ne pas \e laisser apercevoir parles autres. Toutefois nous ne vou- JOA^s pas dire qu'il soit défendu de permettre è quelqu'un un jeâne plus rigoureux, surtout dans les temps consacrés au jeûne et à

. l'occasion de la vigile d'un saint patron.

' Vais avant d'accorder cette permission, le directeur fera bien d'examiner jsi cette personne s'expose par cette mortification corporelle au danger de la .vaine comi^laisance : c^r dans ce cis, il en résulterait plus de dpn^mage que de profit.

VII. Le directeur ne doit pas non phis ou* bjier que certaines femmes, et même quelqi^es. homuies simples, font consister toute leur perfection dans les jeûnes et dans la mortification de l'appétit, et s'imaginent ainsi avoir tout fait, bien que d'ailleurs ils soient pleins do colère, d*impalience, d'orgueil, et sans charité. Il faut leur dire franchement qu'ils se trompent énormément, et

. qu'ils sont dans une profonde illusion sur la véritable vie spirituelle. Il peut même arriver que le démon les excite lui-même à

' jeûner, afin de les tenir ainsi dans'-rillusion et l'epreur. « A quoi sert, dit saint Jérôme, de fatiguer son corps par le Ijeûne, si l'esprit est enflé d'orgueil? Quel mérite auronsnous de pâlir dans les jeûnes, si nous portons aussi sur notre visage la pftleur de l'envie? Quelle vertu y a-t-il de ne pas boire de vin, si tu t'enivres de haine et de vengeance? Oui, il est beau de jeûner, il est louable de mortifier son corps, lorsqu'en môme temps l'âme jeûne en s'abstenant de pécher. » {Episl. ad Celant.)

VIII. L'odorat, il est vrai, est le sens le moins nuisible et le moins contraire à la perfection , parce qu'étant le plus faible de tous les sens, il a moins de force pour nous nuire. Cepenc^'lnt ce sens peut être aussi nuisible à l'esprit, si une personne pieuse recherche les odeurs agréables, et s'en procure la jouissance par les fleurs, les parfums,

les pastilles odoi»férant(^, ete.; si elle en porte sur elle, en fait par^mier ses apparte* menis, et aime à en savourer les flatteuseai émanations, puisqu'il est manifeste qu»

toute délectation sensible, cherchée pour le

Blaisir seul àes sens, est illicite et coupable, ne telle mollesse ne sied même pas aux personnes du monde; et celui qui s'y lame entraîner avec une recherche démesurée, déplaît tellement à Dieu, que plus d'une fois il a montré par des châtiments terribles combien ses yeux en sont offensés. L'homme vraiment pieux ne doit pas se contenter de refuser à l'odorat le plaisir de ses parfums-.; mais s'il aime la mortification des sens, qiii sied si bien aux vrais serviteurs de Dieu, H convient encore qu'il s'attache h se mortifier même par des odeurs désagréables, an moins à supporter dé bon cœur celtes qui se présentent, à l'occasion du Heu qu'il habite, oa des personnes avec lesquelles il vit; et ct\R surtout, lorsque la cJiarité chrétienne-l'exige de lui et lui iait un devoir de porter.df s secours aux malades dans les hôpitaux ou daiis^ leurs maisons. En ces sortes de cas, il faut imiter les saints, qui, animés de eet esprit de charité et de mortification, se plaisaieat au sein des odeurs fétides exhalées par les malades, comme s'ils s'étaient trouvés daos * un jardin tout perfiuné de suaves odeurs. Ix. Quant à ce qui eoncerne la langue et la démangeaisoii'de (Mirler, le directeur doit veiller d'une manière particulière sur les femmes, attendu que, par suite de leur propension naturelle à s'y laisser entraîner, elles mettent un grand obstacle à leur propre perfection. Car comme en elles la raisoi^ est plus faible, et l'imagination plus vive, leurs entretiens, où l'imagination domine plus que la raison, sont dordinaire imparfaits et ooppables. Ohl que de femmes il y a dans l'ttiiivers chrétien , qui ser^iient des saintes si elles n'avaient pas de langue ! Mais^ parce que du malin au soir ellea abusent de cette faculté, elles apportent h leur perfection un grand obslaole, et souvent mémo perdent leur salut éternel. Si donc le directeur a des femmes à conduire dans les voies, spirituelles, il doit les faire veiller particulièrement à la garde de leur langue» leur montrer la gravité des fautes commises par la langue, les en reprendre souvent et leur suggérer des moyens propres à les en corriger. Le. directeur aura donc soin d'examiner dans quel défaut de la langue son pénitent tombe plus souvent. Si celui-ci est accoutumé à 1 exercice de la méditation, il lui enjoindra de consacrer une partie de sa wéditnlion à la considération de ce défaut, afm qu'il prenne une généreuse résolution de s'en corriger, et deviemie un gardien soigueux et vigilant de lui~raônie. Mais si le pénitent n'est point exercé h la méditatioa, il lui prescrira de [^rendre chaque jour dans sa prière vocale la ferme résolution de se défaire de ce défaut. Il fa.ul aussi lui recommander avec soin de demander sans cesse à Dieu la correction de ce défaut dans ses prières et dans ses communions. Si le vénitè:i\

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