‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 158 sur 186 · NOS · texte numérisé non relu

NOS

rctombo souvent, il faudra lui imposer quelque œuvre de raorlificatiOQ, pour l'aider è 80 corriger (>lus efficacement, comme le faisaient les saints désireux de lenravancement spirituel. Un disciple de saint Antoine, nommé Paul , | our se punir d*un défaut de tangue, quoique non coupable, s'interdit par pémtence Tusage de la parole pendant trois ans. £t saint Grégoire de Nazianze, pour se corriger du môme défaut, passa plusieurs fois quara.nte jours dans le jeûne et le sitence. Nous savons bien que le directeur ne peut ni ne doit infliger de telles pénitences )Our de tels défauts; cependant rien ne 'empôcbé d''imposer d'autres mortifications eu rapport avec les forces , les dispositions çl la vertu des pénitents. Par exemple , de leur prescrire de se retirer dans leur charnière pendant une certaine heure du jour, pour s'y tenir dans le silence en punition de leur amour excessif de parler; ou encore de s'abstenir de vin pendant un jour et de le remplacer par quelque boisson amère ; ou enfin de demander pardon aux personnes blessées par ses paroles, s'il a manqué à la charité, etc.

Quant au silence, le directeur doit exiger rigouireuseaieut des religieux de l'un et ue Tautre &exe, de le garder aussi stricteipenlque la règle le l^uir. prescrit. 11 doit mèïXie les exhorteiL à. demeurer solitaires dans leurs ceduies^ allant qiie le leur peripettent leurs dévora el leurs fonctions, à $'y livrer au travail des mains, à des études utiles, h la prière ou h la lecture de livres de piété. Car il est inctoyable combien le silence est avantageux à Tesprit, cojubien il lo nourrit et le fait croître. Le défaut de parler continuellement, au contraire, remplit l'âme de mille images de choses vaines, dissipe Tesprit, met obstacle U|. fecueillement, rend Thomme inc/ipable oè mé-ijÀiri lui fait perdre le goût des verluSf et le flfir çipite dans une multitude de fautes; ->|le . sorte que peu à j[)ei]i il se voit dépouillé diV^ tout le bien «pirJltuel qu'il a^ait acquis, et devient incapatde de le recouvrer. Aussi est-ce pour celte raison que les saints nonscLulement eurent une haute estime pour le silence, maj^ encore le pratiquèrent avec une telle sévérité, que quelques-uns d'entre eux paraissent être, tombes dans l'excès opnosé. Saint Romuald, vivant dans la solitude de la vie la plus austère, passa sept ans sans jamais parler à personne, au témoignage de saint Pierre. Pamien. Saint Jean, que sou silence a fait surnommer le 5t7encieuxy passa quaj*ai^le-sept ans dans un silence continuel et rigoureux, et ainsi do cjuelques autres. Nous ne rapportons point de tels e]^en)|)lL's, d^ns la pensée de les prp-

f»oser è l'imitation ; nous sav.oqs que les reigiaux des deux, sexes ont besoin de parler, lorsque leurs fonctions le demandent, ou lorsque la charité à Téganl du prochain l'exige, ou bien lorsque la règle le permet ou Tordonne pour. un honnête délassement. Ce que nous voulons dire, c'est que, s'ils aspirent h la perfection qui sied si bien à

leur état, ils doiveni aimer la retraite, la cellule, le silence et la solitude. Que le directeur surtout prenne garde de favoriser le penchant des religieuses à parler, sous le prétexte de les conserver dans la paix et le contentement, comme le font plusieurs en leur disant qu'elles peuvent parler entre elles, tant qu'elles voudront, qu'en cela il n'y a pas de mal. Il est bien vrai que dans ces entretiens non interrompus du matin au ibir entre les religieuses ne se trouve pas le mal déplorable qui résulterait, si ces entretiens avaient lieu à la grille avec les gexts du monde; mais cependant c'est encore là un grand mal, puisqu'il en provient une

f;rande dissipation pour l'esprit, une grande iberté pour les petites passions et un grand amas de défauts. Prétendre contenter ainsi par cette permission de toujours parler, une femme renfermée dans des murs resserrés, c*est évidemment se tromper. Il n'y a que Dieu qui puisse rassasier et contenter leurs cœurs par l'infusion de la paix, de la trauquilllté intérieure que produit la grâce : or on ne trouve point Dieu au milieu des amu* sements et aes entretiens frivoles, mais bien dans le silence et dans la solitude.

Pour ce qui concerne les personnes du monde, leur silence doit être en rapport avec leur état et avec leurs devoirs , autrement une imprudente taciturnité pourrait avoir de graves inconvénients. Et cela d'autant plus que Dieu demande de chacun une vertu gui soit en rapport avec son état particulier. Cependant il est certain que les femmes, étant plus ordinairement renfermées chez elles, peuvent se tenir dans la solitude plus commodément que les hommes, qui sont souvent appelés au dehors par leurs alfaires, ou sont chez eux chargés d'occupations. C'est pourquoi le directeur pourra prescrire aux premières de se priver de visiter leurs voisines, de ne point introduire chez elles des réunions de femmes, 'et, sauf les occasions de politesse ou de bienséance, de vivre contentes au sein de leur famille. Ce genre do silence sera excellent pour elles et les empêchera de tomber dans une foule de péchés par paroles. De plus, si ^rs occupations et les soins qu'elles doivent à l^eur famille leur permettent de se retirer quelques heures de la journée dans leur chambre pour s'v livrer à leurs travaux, on fera bien ae leur conseiller ce genre de solitude, comme un moyen trèspropre à les tenir dans le recueillement au milieu même de leurs occupations. De cette manière elles pourront se conformer h cette parole du Sauveur: Cherchez d*abord le royaume de Dieu et sa justice. {Matth. vi, 33.)

MOSCHUS (Jean), pieux solitaire et prêtre du monastère de saint Théodose à Jerusa- ^ lem,. visita les monastères d'Orient el d'Egypte, et alla à Rome avecSophrone, son disciple. Il mourut vers 619. Il dédia à Sophrone un ouvrage célèbre, auquel il donna le titre de Pré spirituel, où l'on trouve les sentences et les miracles des moines de différents p^js. Cet ouvrage, écrit en grec

H^l A^YS IMCT10.MUIRE

a élé Iraduit.ea fraoçnis par Aroauld d'An-

diily.

MDRATOIVI ( Louis-Aotoine) , prévôt de Sainte-Marie de Pomposa, écrivain célèbre, naquit à YignoLa dans le duché de Modènei eu 1672. Son savoir lui acquit une réputation européenne. Ses connaissances étaient immenses: jurisprudence, philosophie, théologie, poésie, éludes de Fantiuuilé, histoire» il avait tout embrassé, et il réussit en tout. Quaranle-six volumes in-folio sont le rét sullat de sa vie savante et laborieuse. Il mourut le 21 janvier 1750, avec le titre de bibliothécaire-archiviste du duc de Modène. Il a laissé deux ouvrages de piété : 1*" De Paradiso regnique cœlesUs gloria, etc.; — 2"* Delta rigolata divoxione de' Chriaiiani. Il y a dans, ces deux livres plus de science que de piété.

MUZZARELL\ (Alphonse], théologien de la Péniteneerie, naquit à Ferrare, en 17M. En 1809, il suivit en France le Pape Pie VU, et eut sa part de la persécution. Il mourut à Paris le 25 mai 1813. C'était un ecclésiastique saYAnt et vertueux, à qui sa piété, son a£àie et un heureux caractère avaient valu Vestîme générale. Ses ouvrages de piété sont : 1* Le bon usage des vacances pour la jeunesse êfudieuse ; — 2** £c carnaval sanciifié; — 3* Vannée de Marie; .sacré CŒur»

MYSTICISME. — Nous montrons h Tarticle Tbéologib mtstiqle, la nature, Tobjet, la fin et les avantages du mysticisme; aux M'ticles Moines et Ascètes, son origine et ses pratiques diverses : nons avons fait son histoire dans notre discours préliminaire; quMl nous suffise d'établir ici (a distinction urécise entre le vrai et le faux mysticisme. Les vrais mystiques, dit M. Gossefin, enseignent Que Taclede la conteir;plation, c'està-dire l'attention simple et amoureuse à la présence de l)ieu peut durer quelgue temp$, plus ou moins, selon la disposition habir

MTS

ilH

principe sur la contemplalion perpétuelle et pon interrompue des parfaits , que ceux-ci sont dispenses de tous les actes explicites distingués de la charité, de toute réflexion sur eux-mêmes et sur les vérités de la religion ; que, par conséquent, ces actes et ces réflexions ne sont que pour les commençants et les imparfaits (328).

Les vrais mystiques enseignent que la plus parfaite contemplation est ceHe qui regarde la nature divine selon les notions les plus générales el les plus abstraites, comme celles d'ôtre, de Térité, de perfection ; parce que ces idées» étant plus intellectuelles et moins resserrées, représentent mieux la perfection de l'Etre divin, et exci* tent davantage l'admiration de Pâme contemplative; mais ils reconnaissent en même temps que tout objet de la foi peut être l'objet de la contemplation, et que, dans la plos parfaite oraison, quoiqu'on ne pense pas directement à Jésus-Christ, ni aux attributs divins, cela n'a lieu que dans le seul temps de cette manière d'oraisona.M même sans exclure jamais positivement et è dessein les idées particulières de la foi. Les faux roy&r tiques, au contraire, semblent n^ recoin naître de vraie contemphtioQ que celle qui s'attache à Dieu seul. Bien plus, ils préiteak'' La dévotion au , deni que cette coonaissance générale et indistincte de Dieu est la seule et perpétoeUt action du par||U. contemplatif. « Que ces faux contemplatifs apprennent enfin , dit Bossuet, que d'établir des oraisons, où, ptr étal et comme de profession, on cesse de

Îenser à Jésus-Christ, à ses mystères, èli rinité, sous prétexte de se mieux perdee dans l'essence divine, c'est une fausse piété et une illusion du malin esprit (329). »

Dans le langage dos vrais mystiques, la sainte indifférence des parfaits el leur entier ^^ll^ndon aa bon plaisir de Dieu, au milieu 'mèn^e des plus grandes épreuves, consistant mtiquement à ne rien désirer qiie pour la

tiuelle de l'Ame contemplative, et surtout S4H .J^loire de Dieu, et par coqfojrœité à sa vo-

Ion la force de la grAce qui l'attire à la contemplatiop. Les faux mystiques, non. contents de cet acte passager, ont prétendu qu'il pouvait durer des années entières, et môme toute la vie, sans nul besoin de réitér,ation, perfection chimérique et incompatible avec la fragilité de notre nature en cette yie, où il y a tantdc sujets de distraction et . de dissipation (327).

Les vrais^ mystiques enseignent que la contemplation, le regard amoureux de Dieu, étant un actiB de la pure charité, qui croit tout, qui espère tout, qui supporte tout, qui demande toul^ il contient éminemment tous les actes de la religion, sans pourtant nou3 décharger de l'obTigalion de les produire d*une manière plus expresse au temps convenable. Les faux mystiques, au contraire, prétendent, et il suit évidemment de leur

Ibnté sainte. Les faux mystiques, au contraire, à force dQ rafliner et dé renchérir sur les expressions souvent exagérées de quelques pieux auteurs, en yiennent à exclure absolument tout désir du salut et toute coopération de l'âme aux inspirations de la grâce (330). Il est bien vrai que l'amour do Dieu peut embraser une âme, au point de rcmpccher, pour l'ordinaire, de penser k ses propres intérêts; mais exclure positirement de l'état des parfaits le désir et la demande du salut éternel, et généralement tous les actes explicites distingués de la charité;faire profession de ne s'y exciter jamais; les repousser même lorsqu'on s'y sent intérieure ment porté ; voilà un excès inconnu à loos les vrais mystiques, contraire h tous les principes de la saine théologie, et particulièrement au précepte qui oblige les piss

(527) Cr, Bossuet, Etats d'oraison, iiv. i , u"*» 14, (5i9) Bosslxt, Eiat d'oraison, liv. n, n** 7, lli SK), n. 17. 26.

(528) Cf. Bossuet, Etats d'oraison, liv. ii, n'»» 1 (530) Cf. Bossuet, Etat d'or atson^ liv iv,ii*J; 6;liv. 111^ n» 1, etc.; liv. V, n«M, 5, 8, li. iiv. x, n"» 17, 18,

fil?

MYS

D*ASCfiTI$ME.

KVB

parfaits aussi bien que les eomrneiiçaiits, h espérer, à désirer et à demander leur salut éternel.

Les vrais mystiques enseignent que, parmi les i^preuves de h vio intérieure, la partie inférieure de Fftuie est séparée de la supérieure, en ce sens que l'imagination et les sens peuvent être troublés parles tonlations, sans que Tentendement et la volonté y prenpeut aucune part, ils «goûtent cependant qu'en cette vie la séparation ne peut être entière, et qu'il reste toujours assez de liaison entre les deux parties, pour que la supérieure soit obligée de régler Tinférieure et d'en réprimer les mouvements désordonnés. Les faux mystiques, au contraire, ou du moins plusieurs «d'entre eux, à la suite des anciens gnosti^ues, ont prétendu que, dans les âmes parfeites, la séparation Jus deux parties est entière et absolue, en sorte que ce qui se passe d'irrégulier dans l'inférieure ne peut plus être imputé à la supérieure. On verra les affreuses conséquences que plusieurs hérétiques ont tirées de ce faux principe (331).

« Dès le !!• siècle de l'ère chrétienne, dit M. Tabbé Gosselin , les valentiniens, et quel-

Îues autres sectes, connues sous le nom B gnostiques, enseignaient une espèce de quimisme tout à fait semblable à celui des philosophes néoplatoniciens (332), et présenté peut-être sous des formes encore plus obscures (333). Un des points les plus constants, «t en même temps les plus répréhensibles de leur doctrine, était la conséquence qu'ils tiraient de leurs principes, pour autoriser, dans ceux qu'ils appelaient spirituels ou parfaits, les plus grossiers excès. Ils distinguaient tous les hommes en trois classes, les matérieU^ les psychiques ou animaux^ et los gneumatiques ou spirituels. Les premiers no doivent point es|iérer de salut; les seconds pouvaient se sauver par la foi et les bonnes œuvres ; les spirituels seuls, du nombre desquels se mettaient tous les gnostiques, de* vaient infailliblement être sauvés, quelques crimes qu'ils pussent commettre, la gnose pu contemplation de l'Etre divin leur tenant lieu de toutes les bonnes œuvres. Ces principes n'étaient point une pure spéculation, et la plupart des gnostiques y conformaient leur conduite, Voici comme un de leurs chefs prétendait justifler lus principes et la conduite de sa socle : « J'imite, disait-il, ces

(351) GossBLUi, Bïsioire linérairs de Fénelon , Analyse de la cooiroverse du quiéiîsme.

(^2iSur le quiéiisme des iiéoplaioniciens, cl. II. bi-HiLAiRg, Du m9f$iicisme ei de Ucole d'Alexmdm; GosSEUN, Histoire lilUrairp.

(353) SaiiU iRÉNÉE, Advershn^re»; libr i, c, 6;Ci4- ME»T D'AiEXANDmE, S/romfl/e^ lîv. II, p. 407; elc. ; Si* EpiPDArfE, haeres, 2<5, n» 4,clc.; Fleurt, Hiii. ecctès., loni I. liv. m, n«» «0, 26; D. Cbillier, Hisi. des miteurseecl.iouien,pA^, eic.;i,VIII,p.e38,cic.; Pm- QUET, DiciionMes hérésies, ariide» Gnosliques^ BasUlides, Vtf/«ffiiii,etc,NçusrÊittan|ueroiis,en passaiii,que le fiem de gnosiiqtfes, désigu^U, dans roiigine, di*s liomiiies vnûmeui s|)iriiueUeiparraiis; il u*eâi devenu odieux avec lu temps que par suite de labus 4u*()Q eu a i^it. 11 ne faut donc pus confondra lei

HU

« transfuges qiiînassenidaBsIebMmi} ennemi « sous prétexte de lui rendre service, mais en « effet pourte perdre. Un vrai snoslique doit % tout coonatire» car, qnehmériley a-l-il à « s abstenir d'une cboseqn'on ne connattpas? « Le mérite ne consiste pas à s'abstenir des « plaisirs, mais h tenir la volupté sous son « empire, lors mftme qo'eNe bous tient en-. « treses bras. Pour moi, c'est ainsi que î'bu « use, et je ne Tembrasse que pour l'élouf^ <^ fer (334). »

On ne doit pas s'étonner, après cela, que saint Irénée, Clément d'Alexandrie, saint Epiphane et les autres saints docteurs, qui ont parlé de ces anciens hérétiques, le;s re.présentent comme des hommes au3si décriés

Par la corruption de leurs mœurs ^(^ pac infamie de leur doctrine, et d*autaut plus condamnables, qu'ils cachaient ordinairement leurs erreurs sous une apparence de piété et de perfection. Ces excès sont d'autant moins étonnants, que les guostiques, aussi bien que plusieurs autres hérétiques des premiers siècles, avaient puisé, en grande partie, leurs erreurs dans la philosophie païenne, dont ils prétendaient allier la doctrine avec les dogmes du christianisme.

Mais quelle qu'ait été l'origine de ces excès^ il est certain qu'ils ont été depuis renouve*^ lés par différentes sectes hérétiques, dont les principales sd^l les hésychastes chez les Grecs, au xi* siècle, e^ les bésuards chez les tatins, au xiv* (335L Ces derniers furent solennellement condamnés par le concile général devienne, qui réduisit leurs erreurs à un certain nombre de propositions, dont plusieurs ont un ri^pport manifeste «vec la doctrine des anciens gnostiques et avec celle des quiétistes modernes. Voici quelques-unes u-* ces propositions : « l"" L'homme peut acquérir, dès cette vie, un tel degré de perfection, qu'il devienne impeccable, et ne puisse plus profiter en grlce. 3^ Dans l'état de periection, on ne doit pltis jeûner ni prier. d"" Dans ce même état, on est affranchi des lois ecclésiastiques, des lois humaines, et même des commandement^^^ Dieu, h* L'exercice des vertus n'est que pour l'homme imparfait, l'ftme parfaite en est exempte (9!3<). »

MYSTIODS ( ThAologib ). — DftnmTion »

DIVISION, OBJBT, FIN BT AVANTAGES. — IW-

finition. — La théologie mystique est une science qui procède de la révélation, et qui

hérétiques oonnus sous le noiu coromun de gnas*^ tiques avec les gnostiques ou futrfails Chrétiens, donl^ Clément d'Alexandrie fait un si lieau portrait' dans, ses livres des Strcmntes, (Voie Fleurt, Hist ecclés.^^ toin l'sllv. IV, n*40, etc.; D. Ceillies;//»!. des aic*^ leurs eccl., tom il, p. 266, $70, etc. ; Bossuet, /n«^. irurt. sur les éinti a*oraison, liv. x, ii« S. (584) Clément a'ALCx., Stromates, lîv. ii, p. 4fK (855) Pluquet, fiictlonnaire dté hérésies, arlicleft. déêgckasles et Déguofds; UoêkVEj , iMlracf. sur léi^ éiai% d'enison, Irv. x. n** I, 4.

(336) CUmjbntici, livre v, titre 3, eb. 3 Ad nth» sirum; TAULÈRE,serm. 2 /» domin. pnm* qùadreg.i DossuET, ubi supra; éslairci^ments des phrans mtfSm. térieu$es de Saint-Jean de la Croix, v partie, cb» 8». à la suite de ses UEii;vn£Si iii4% Paris^ 1664

il»

OICTiONNàlRE

MYS

fJU

ensetgae les moyens d'arriver k la verlu parfatle.

La théologie en général est \a science de Dieu. Les spéculations qui ont ]>ieu pour objet s*appellent théohgie naturelle, qvtand elles ne soiit éclairées que par les seulos lumières de la raison ; et théologie révélée y quand elles sont éctoirées pnr la lumière du la révélation divine. Cette science prend le ixom de théologie dogmatique quand elfe con.siste dans la simple expositrion de$ principes révélés; de théologie polémique, ou controversiste , quand elle s'aUache à défeuiire ces mômes principes contre les ennemis de la foi ; de théologie morale ^ quand elle règle les mœurs conformément aui; préceptes ut a^ux défenses de réterneile loi de Pieu; cte théologie scoln$tiq^e, quand, par le raisopoement^elle déduit des mystères révélés toutus les vérités moj^ehnes; de théjlogi/s symbolique^ quand elle explique les sy m botes sacrés, et qu'elle dévoile les mystères contenus sous ces flgures apparentes; de théologie mystique enQn, quauJ elle ne pro^ cède ptus par spéculation, mais qu'elle nous (Jiiigeel nous conduit, conformément aux vérités f)raliq^ucs révélées, et par loulc soi-le de perfeeiion morale, k connaître et h aimor Dieu de plus en plus. Elle dilT^redo ta théologie sro'aslir^ue, parce qu'elle no s'occuup que d.e la pratique, de la théologie moralo,

i>arce qu'elle enseigne les moyens d'arriver I la perfection, et que sans s*arrâ(cr & là fuite du péché, elFô va beaucoup plus loin, elle chercUo à perfectionner les mœurs jusqu'à Tunion de la volonté des créatures avec la vo'onlé de Dieu, même dnns les plus hautes régions do la perfectibilité humaine. C'est du V* siècle que date celte division do la théologie eu symbolique et mysiiquo,. à l'époque où parurent les livres attribués h saint Denys TAréopagite. Parmi ces livres, nous avons encore celui qui traite do la théologie mystique. ( K. Dkîiis l'Aréo- PAOïTfc.) Snint Haiimc, Pachymère etquci- (lues autres l'ont enrichi de leurs commentaires; saint Thomas et d'autres tliéologiens fnnl le nliis grand cas (Fo cet ouvrage. Les autres divisions furent successivement établies au XII* siècle, principalement par l'dvèque do Paris, Pierre Lombard» dit le itaitre 4^ eejitfnceê^

La Rhéologie mystique est réellemeoi une science i car elle se déduit d'une série de raisonnements avec autant d'éiidenco que les autres sciences humaines, surtout h raison de son objet, puisqu'elle repose sur des vérités de foi divinOi, bien qu'elles ne soient pas d'évidence rationnelle. Elle est en même temps une science pratique f car elle tend tout entière h faire arriver de. plus en plus à l'union intime avec Dieu, et ceux qui commencent, et ceux qui ont fait quelques progrès, et ceux qui sont arrivés à la perfection; d'ailleurs tous ses principes révélés sont pratiqués • comme , Yoîis aimerez le Se gneur votre Dieu^ etc. ; cntin ses moyens le sont éj^alemeiit, tels que la prière, là raortilication, etc., etc.

Division, — La théologie mystique se divise en doctrinale ou subjective; c'est celle que nous avons détinie; et en expérimentait ou ofr;ec(if?e : celle-ci, certains auteurs la définisécnt une élévation de Tftmo en Dieu par le désir de l'amour; d'autres, un mouvement anagogique, c'esl-5-dire, qui dVn haut nous côntiuit en Dieu par l'acnoar pur et fervent ; (faiitros une connaissance expérinientalo de Dieu, qui nous est. procuré» par l'amour unitif; G^rson (Tract, 7 sup, Magn^ , I. m ) , la définit en ces termes : C'est kl connaissance très-divine de Dieu, connaissance que Tignopance acquiert^ par une union supérieure à l'esprit, alors que l'esprit, se détachant de toute chose , s'aliaodonnnnt lui-même ensuite, s'unit aui payons de la splendeur divine, et reçoit la lumière de cette sagesse, dont on ne peut so.nder les profondeurs. » Cette Ihéologia. n'est [wis enseignée par les hommes ou (lar la parole, commue les autres tliéologies ; eHe s'apprend par l'expérience et par les sensation^ internes, elle n'est enseLignée que p.ir Dieu soûl, selon les paroles de saint Deny!^, au début de sa théologie mystique.

11 résuile de ces détlnilions (|ue la théoloeie mystique doctrinale ou subjective a pour fonction : l*" de considérer |>armi les acte5 expérimentaux de la Uiéologic mystique; ceux qui sont parfaitement ou iinparfaitoment unitifs, et d'exaniiner les pmpriélés et les effets de ces dilTércnls actes^ d'a|)rè$ Pautorité de la sainte Ëcriturc, et les écrits dei; saints Pères et des mysti<|ues. â° De donner aux conteinpJalifâ (les règles certaines [vuir s'avancer sûremeit et uiilomcDt dans lour5 élévations vers Dieu-, et assigner cPanini règles à ceux qui, n*étant pas encore |iârvernis à l'était de la contemplaiion, se (li<(M». sent eux-môiues à acquérir uu drjii si précieux.

Objet et fin. — L'objet et la tin do la tii4k>logie mystiuue consiste à conduire IMmo. par la voie ue la perfection, jusqu'à l'union de la charité- parfaite avec Dieu.

Il ne faut pas restreindre uniqueniPiU l'objet de la théologie mystique au degré de la parfaite union conLemptative; QÏIe s'étend encore soit à ceux qui commençant, ^ ccui qui progressent et à ceux qui sont parfaits, c'est-à-dire à la yoie purgati^e^ illuminativr et unitive, dont nous parlerons plus tard. Ainsi saint Denys„ au premier chapitre de sa théologie mystique, s'efforce de prouvt^r que la pratiffue de ces préceptes conduii U< Ames bien purifiées et illuminées jusc]ti'a l'union do la charité parfaita; et il conclut i h fin par l'exemple de Moïse [Exod^ jlw] « Ce n'est pas sans raison, dit-il, que le divîii Moïse reçoit de Qieu l'ordre défaire d\'ibi»nl des expiations (c'est là la voie purgative), ci ensuite de se séparer de ceux qui n'ont fN^^ été puriGés; ces. expiations terminées, \\ entend des trompettes retentissantes, et >e> yeux sont frappés de mille rayons d'une éfincelante lumière (c'est la voieitlaminative'-. enfin il est séparé de la multitude, et avei les prêtres d'élite» il parvient au faite de U

lltT

MYS

DAS€ETIb»E.

MYS

monlagne divine (c'est la voie unirfve). Gerson (Je mftmc, en énuméranl les diseipJcs do la théologie mystique, dit : « Nous comptons d'abord ceux qui commencent, ensuite ceux qui progressent, entin ceux qui sont parfaits. » On peut reconnaître toutes ces divisions dans les autres théologiens mystiques. 11 ne fiiut pas en conclure que la théologie mystique ne soit pas dltTérente do la morale, laquelle consiste à préserver Iqs hommes de tout péché. La théologie mystique supplée et perfectionne la morale. Elle s'occupe non-seulement de ceux qui sont piirfails, mais encore de ceux qui tendent et aspirent à la perfection, Uœuvredo la théologie mystique est donc de perfectioimer; ce qui suppose nécessairement les trois degrés de commencement, do progrès et do perfectionnement : et tous reçoivent do la ihéologie mystique leurs lumières et leurs forces.

Les sources qui fournissent à la théolosie inystique ses règles et ses .T^ri tes sont les mômes que celles de la IhéoUme dogmatique, polémique, morolo et scGdlaiiiqae : à savoir, VEcrUure sainte f ta irilÊUim^ c'està-dire, Tunanimilé des Pères à reconnaltro toujours le même do^me ; VEglUe^ soit quand elfe est n ssemblée sou$ la présidence do son chef, dans les conciles oscuméniaues, suit quand elle adhère, tout en restant dispersée, au dogme défini [>ar son chef; enfin les Décrets des S(Mt>erains Pontifes.

L*Kcriture sainte, la trauition, l'Eglise^ les décrets des Souverains Pontifes, sont appelés /fs lieux thiologiqacs internes nécessaires; quant aux lieuQc internes n(m nécessaires^ source de principes d*où sont déduites dos propositions plus ou moins probables, ce sont Vautorité des conciles provinciaiix et nationaux, des saints Ptres^ on tant que considérés isolément, et des théologiens dogmatiques^ polémiqjues^ moraux et mystiques. Le lieu externe^ destfn^ à éclaircir les vérités do la théologie tpjfmuue, est ou la raison^ ou V autorité dei pkmsophes et des historiens f ou V expérience. daiks les choses mystiques,.

L'expérience et la pratique sont très-utiles et nécessaires pour acquérir la perfection (je la théologie ruystique. En effet: 1** Le but de la théologie mystique est la pratique. Or c'est le prOjTO de tout art, ou de toute science pratique, de perfectionner les enseignements par les actes, jusqu'à ce qu'on ait appris par sa pjopro expérience h faire une juste application des règles et à éviter (outc erreur, t'est en forgeant qu'on devient forgeron : Fit fabricando faber. 2" Nous connaissons, mieux les opérations intérieures et les alfectrops du cœur par notre propre expérience, que par nos recherches ou par le témoignage, d'aulrui. Et comme c'est leur perfectionnement que se propose surtout la théologie mystique, il est clair que nous avons besojn de notre propre expérience pour rétudier ou pour renseigner. « Autrement ce serait comme si quelqu'un, dit Çassien, voulait raconter par des paroles la douceur du miel à quelqu'un qui n'aurait

jamais rien goûté de doux; on n^ pei^t assurément faire éprouver h Toreillc les suaves impressions que ressent la bouche, et la parole ne peut rendre la douce joui&> sance du goût. » (Cass., Collât, xu, c. t3.) 3^ Les mystiques les plus parfaits ont aussi toujours été los plus saints par leur propn^ expérience, selon les ensei^Hemonts qu'i's avaient reçus de Dieu; témoins saint lean do la Croix, sainte Thérèse, etc. Aussi c'est h leste titre que Gerson refuse d'admettre au. mysticisme, surtout parmi le& directeurs « ceux oui s'enorgueillissent d'une vaii^ie philosophie qui les aveugle, qui foulent nonteusoment aux pieds ce qu'ils ne peuvent goûter, et qui déchirent d'une deiit vorace ce qu'ils ne peuvent comprendre [Tr. de mtfst, tnéoL<,cons.Si)x » seloa ces paroles do saint Paul (Rom. viii, 5) : Ceu^ qui sont charnels goûtent les choses- de la c^aù*, mais, ceux qui sont spirituels, goûtent les choses de Vespnt.

En disant que la pratique et l'cxpérienco

, sont indis|)eiisables a Télude et i)[ l'enseignement parlait de la théologie ipystique, il ne faut pas comprendre que les maîtres ou Iqs disciples doivent nécessairement être parfaits et avoir reçu de Dieu le don d'une extraordinaire contemplation; ^il Leur sufÇt d'entrer et de s'avancer avec ferveur dans la

. voie du Seigneur, et do chercher h expliquer ou à comprendre de mieux en mieux les vérités mystiques propres h la vie spirituelle.

La pratique et l'expérience ne sont pas tant dans le mysticisme i elles doivent s'y subordonner à la mystique doctrinale, qui par les règles de la foi et des. docteurs expérimentés, dont l'Eglise regarde le témoignage comme certain, jpréserve les hommes do toute erreur. D'après Geràon, il ne faut ni mépriser, ni rejeter sur-le-champ les personnes que l'esprit conduit par des voies extraordinaires, il ne faut pas non plus les croire à la légère, mais les examiner avec soin, suivant les règles de la tradition de l'Eglise, afin de séparer l'or du plomb.

Nous en tirons pour première conclusion que, outre la théologie mystique expérimentale, nous devons admettre comme néctssaire la théologie mystique doctrinale ^ eh tant que science acquise et procédant à 1^^ manière scientifique. Eh effet, 1** quoique la théologie mystique doctHnale soit en partie

. révélée de Dieu dans la sainte Ecriture, en partie transmise par les Pures, en partie révé-

. lée particulièrement à l'âme conlcm()lalive, sans aucun autre maître qu'une lumière intérieure; elle tire cependant de ces principes •différents des règles sûres, pour conduire les âmes au faîle de la perfection chrétienne. Or la nécessité de ces règles entraîne la

' nécessité de la théologie myNliuue doctrinale. 2' Privée de la doctrinale, la théologie mystique expérimentale tombe facilement dans les erreurs de Tesprit privé, source de toults les hérésies spéculatives et de toutes les cireurs mystiques. C'est pourquoi rEglise,soit dans les jugements de l'inquisition i soit

lilf

Page 1