‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 160 sur 186 · HY · texte numérisé non relu

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possîblô en celte vie, dans ia voie unitive, en s*umssant avec Dieu; il s'élève jusqulL la contemplation à laquelle Dieu le conduit par diverses voies, et s'unit enfin de différentes manières avec Tâme parfaite. On doit donc expliquer quelles sont ces manières.

Celui qui recherche la perfection^pourne pas s'écarter do la voiedireete qui y conduit, a besoin d'un directeur soirituel. Quel doit être ce directeur spirituel pour les âmes qui aspirent è la perfection; comment ce directeur doit-il s^accommoder au degré d'avan^ cément des uns et des autres; comment doit-il aider les commetiçànts» ceui qui progressent et ceux qui sont parfaits et corriger leurs défauts; comment peut-il, parle di^cernement des esprits, distinguer les bons de ceux qni sont méchants ou égarés, etpurifler les esprits corrompus ;comment peut-il reconnaître et apprécier avec certilude les révélations, les prophéties, les apparitions, les visions, les ravissements etles extases,queDiea accorde pariois h l'âme parfaite; comment enfin le supérieur d'une communauté peut-il saintementet habilement diriger lesreligieux qui lui sont soumis, et quelles sont les qualités que doit surtout réunir un bon supérieur, telles sont toutes les questions dont s'occupe encore la théologie mystique.

Maintenant il est aisé de comprendre que cette théologie ne peut pas plaire aux protestants. Comme ils ont intérêt de persuader que la doctrine de iésus^Christ ou le vrai christianisme a commencé à dégénérer dés le ir siècle, et que le mal est allé toujours en empirant, jusqu'à Ih 'naissance de la réformaiion qu'ils y ont faite, ils ont cru trouver une des causes de cette cori'nptîon dans tes rêves de la théologie mystique j et ils se sont donné carrière pour la couvrir de ridicule. Mosheim, en particulier, dans son Histoire chrétienne et dans son Histoire ecclésiastique^ n'a rien négligé pour y réussir. Il n'est presque pas un seul siècle sou^ lequel il n'ait lancé des invedtives contre la vie des contemplatifs. Il rappelle MélHnco' lie, démence , fanatisme, exlravagûhce, âéilte de l'imagination, etc. On est presque lente de douter s'il n'a pas été lui-même atiélïh de la maladie dont il a voulu guérir les autres.

Avant d'examiner l'hisloiro satîriqiie qu'il en a faite, voyons si les principes et les motifs qni ont dirigé la conduite des conlemplatifs, sont aussi chimériquës'et aussi mal fondés qu'il le prétend. Ndb% éroyon^ les trouver dans l'Écriture sainte*, et puisque les pidleslants ne veulent p6iiit d'autf'es preuves, nous avons de quoi les safisiaire.

l** Jésus-Christ dit(prt/ faut toujours prier et ne jamais se lasser. (Lue. xviii, inila confirmé celte leçon parson exemple; 'libiA lisons i]u'il passait tés nuits entières à pfièr. [Luc, VI, 12.) Lorsqu'il demëUtti qWattïiJte jours et quarante nuits dans le déSéi't, nmfs présumons qu'il employa principalement ce temps à la prière et à la contemplation. Pendant la nuit qui précéda sa passion , il

se TQixT^ySuitani ia toutumê, ùtarxs le jardin et sur la montagne des Oliviers ; il y reCotn roença sa prière Jusqu'à trois fois : il rof/rit ses apôtres de ce qu ils ne pouvaient refiler et prier une heure avec lui. [Matth. nxvi ^ k\ ; Lue, xxiT, 39. ) Saint Paul répète aux fidèles les leçons de notre divin Maître; il les exhorte à priet* en tout temns^ à multiplier leurs orniS^ons è\ leurs aemandes, à veiller et à prier surtout en esprit {Ephes. VI, 18) ; à prier sans relâche (/ Thess. v, 17 ^ jRom. XII, 11 y; à joindre les veilles et les actions de grâce!) à leurs prières {Coloss. ty, 2 ) ; à prier jour et nuit (/ Tim. v, 5). Il faifail lui-même ce qu'il prescrivait aux au-* très ( / Thess. m, 10) ; saint Pierre tient le même langage. (Epist. /, ly, 7.)

2** Quant a la manière de prier, Jésus- Christ nous enseigne à rechercher la solitude ; pour le faire, il se retirait dans les Heusù déserts {Luc. y, 16); t7 allait sur lés monta" gnes (-Liic.,yi9l2; ix, 28) ; il priait dans le silence de la nnrft. Lorsque vous voulez prier, dit-il, enfrexdans votre chambre, fer^ fnex la porte e$ fffiex votre Pire en secret. \Matth. yi, 6.)

3* H nous fait 'entendre que'là prière întérlc^bre, la prière mentale, est la meilleurOf pVi^^Iti'il dit: Lorsque vous prie» , ne parlez pas beaucoup. {Matth. vi, 7.) Saint Paul, de son côté, nous donne la môme instrtiction : Priez en tout temps et en esprit. (I Cor. xiv, 15.) ^

V L'Ecriture nous apprend encore que la prière doit elfe accompagnée du jeûne; c'est Tavis do saint hônonie Tobie. ( xii, 8. ) L'Évangile fart Téloge d*Anne la propMtesse, qui no sortait pas du temple, qtii s'exerçait à la prièfe et au jeûne le jour et la nuit. (lue. ii, 37.')t<ous ne répétons pas la foule des passagé^'cilés à l^rticle MortiiPiCATTON, dans lesî^uels Jésus-Christ et l(^^ Qpôtrestotit réloge de la vie retirée, austère, pénitente et'mortitlée.

5* S'il était besoin de consulter encore l'Ancien Testament, nous y verrions qUe les psaumes de David sont remplis d'exhorfationis à la prière, non-seulement à là prière vocale, mais à la prière mentale, h la prfëre de l'esprit et du coeur, h la méditatidh et à la contemplation ; que ces leçons divines sont confirmées par les exemples de Bavid lui^ètiae/de Tobie, de Judith, de 9nnlel et deis 'autres'propbètes , ainsi que par ceiitde^iit Jean-Baptiste, d'Ande >a pro-* phétes'se,' des apôtres dans le Cénacle, du centurion Corneille, etc.

Nous*n^ demandons pas si les protestants tro\rveftnit'dés explications et d¥S sulHerfugés pmir tordre le sens de tOtis ces pas« sages et pour en esquiver les conséquences, ils n'ëh'itianqiiént jamais ; mafs nous de-* m^ndoift si lies Chrétiens tJu 'ifet du ni* sièete, t[tfi n^étfliem prf^ ati^i hMHles, ont éti ibrtde-p^éndhô l^Béritnre è la l'étfrc^et d'en'concldfe, !• q^i'utre 'vte/ consacrée éh grande pdftio à la'f)riftre, est agréable à Die'u ; â"" que la meilleure prière^est l'oraison mentale ; 3' que, comme il est à peu près

loa^i^âsiilo d'y ôtr'o dans ic monde, il vaut mieiix iSo retirer dans la soliludo pour y vaquer avec plus de liberté; 4** qu'il faut lOindre «^ la prière une vie austère et mortifiée. S'ils se sont trompés, c'est Jésus-ChrisI, ce sont les afi^tros et les autres écrivains sacrés qui les ont induits en erreur, comme le soutiennent les incrédules. S'ils ont eu raison, il y a de l'impiété h déclamer sans :iucune retenue contre les ascètes, les anacliorèlos, les moines, et contre tous les con-' templalifs.

Leibnitz, plus sensé que le commun des protestants « ne blAme point la théologie iiiysli(|U(». « Cette ihéologie ^ dit-il ♦ est \\ la liiVfologie ordinaire «^ peu nrès ce qu'est la poésie à l'éloquence, c'est-a-dire elle émeut davantaj^c, mais il faut des formes et de la modération en tout. » (Esprit de LeibnilZf t. II, p. 51.) Pour 1rs autres qui ont eu peur sans doute d'être trop émus par le langage de la piété et de l'amour de, Dieu, ils n ont pas poussé les réflexions si loin, ils ont trouvé plus aisé d'avoir recours au ridicule, aux railltTios, aux sarcasmes, et d'objecter de prétendus inconvénients. «Si tout le monde embrassait la vie solitaire et contemplative, que deviendrait la société?» Nous avons déjà répondu plus d'une fois que la Providence y a pourvu ; Dieu a tellement 4iiversitié les talents , les goûts^ les inclinalions, les vocations des hommes, qu'il n'est jamais à craindre qu'un trop grand nombre 4*mhrassont un geire de vie extraordinaire. Mais la question est toujours de savoir si Dieu n'a pas pu donner a un certain nombre de personnes, du goût et de l'attrait pour la vie contemplative » et s'il n'a pas pu récompenser par des grâces particulières celles qui ont été tidèles à suivre cette vocation do Dieu, qui se sont occupées constamment à méditer ses perfections , à exciter en elles le feu de son amour, à étouffer toutes les atfoctions gui auraient pu affaiblir ce sentiment sublime, tant exalté par saint PauL Nous déOoQS nos adversaires de le prouver jamais.

Après cas préliminaires, nous pouvons examiner en sûreté les imaginations de Mosheîm.

Il rapporte Toriginede la théologie myêtiaue au u* siècle et aux principes de la nbylosophie d'Àmmonius , qui sont les mômes que ceux de Pythisore et de Platon. Comme ceux-ci ont vécu longtemps avant Jésus^ Christ, il en résulte déjà que cette théologie est plus ancienne que Je Christianisme.

Aussi Mosheim suppose que les essénicns et les thérapeutes en étaient déjà imbus , et que Philon le Juif a contribué beaucoup à la répandre. Elle était, d'ailleurs, dit-il, analogue au climat de TE^ypte, où la chaleur et la sécheresse de l'air inspirent naturellement la mélancoliet le goût pour la solitude, pour l'inaction, le repos et la contemplation. H déplore les conséquences pernicieuses quecette disposition des esprits a produites dans la religion chrétienne. {UM,€hri$t.^ sect. ii, S 25; Hi$t. eccles.^

hlCTtONNAlRE MYS im

secK 11, p:iirt. ii,ch. 1, §12.) On a réfufé toutes ces visions aux mots Ascètes, Ana-

CHORàTES, MOINB^ MORTIFICATION, OtC. 11 est

bien ridicule de supposer que le commun des Chrétiens du m' -et du ir siècle étaient des savants et des philosophes imous des principes de Platon, d'Ammonius et de Philon^ et qu'ils les ont suivis plutût que l'Écriture sainte : il ne restait plus à Mosheim Îu'à dire, comme quelques incrédules, que ésus^hrist lui-môme et son précurseur étaient prévenus des mêmes erreurs, qu'ils n'ont fait qu'imiter les essénicns et les thérapeutes.

A l'époque du m' siècle, il prétend qu'OrigèneaJoptale sentiment de ces philosophes, qu'il le regarda comme la clef ue toutes lus vérités révélées, qu'il y chercha les raisons de chaque doctrine; H imagina i comme

Platon^ que les âmes avaient été produites, et avaient péché avant 4*dtre unies à dos corps, que cette union était un châtiment

f>our elles, cfue pour les fair^n retourner et es unir à Dieu^ il fallait léiji4tacher de la chair et de ses incJ i nations iJ^.puriQer par des austérités, par le silence» pur la prièrei par la contemplation. Sur cette fausse hypothèse, Mosheim prèle à Origène un plan de théologie au'il a forgé lui-mémo , et dont l'absurdité est révolta'iK». (ilist. christ,, sec. III, § 29 ; Hist. eccles., m* scCi, ii' jMirl., ch. 5. § 1.) Si Origène en était vraiment l'auteur, il faudrait le regarder, non-seult^ ment comme un visionnaire insensé, mais comme un apostat du christianisme

Heureusement il n'en est rion< 1" Il est faux que ce Père ait regardé le système de Platon comme la clef de toutes les vérités révélées. Après avoir proposé Popinion de ce philosophe touchant la préexistence des âmes {Deprincip.t I. ii, ch. 8), il dit, n'k: « Ce que nous venons de dire, qu'un esprit est devenu une âme, et tout ce qui peut tenir à cette opinion» doit être soigneusement examiné et discuté par le lecteur : que l'on u*imagine pas que nous l^|in(;ons comme un dogme, mais comme itmrquestion à traiter, et comme une recherche à faire. » Il Je répète, n'5. 2' Origène a Admis formellement le péché originel (BoQii/. 8 m Levit., nH; homil. 12, ir k; CanUra Cels.^l. ly, n* kO; homil. 14 in Lueam ; Comment, in Epist. ad Rom.y liv. v, pag. 5U, 547.) 11 a pensé que ce péché avec sa peine a passé dans tous les homnies, parce que toutes les âmes étaient renfermées dans celles d*Adam, opinion incompatible avec celle de Platon. S'' Il fondais nécessité die mortiGer la chair, non sur la raison qu'en donnaient les platoniciens, mais sur celle qu'en apporte saint Paul, savoir que les inclinations de la chair nous portent au péché, et il cite à ce sujet plusieurs passages de cet aj)ôlre. (Comment* m Epist. ad Rom.^ iiv. vi, n" 1.) 4° Origène a eu, pendant sa vie et après sa mort, des partisans et des ennemis, des accusateurs et des apologistes : ni les uns ni lés autres ne l'ont regardé comme l'auteur ou le propagateur de la théologie mystique; Mosheim le

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sait-il mieuj. qu'eux? 5' D'autres critiques fint attribué cette invenlion h Clément d'Alexandrie, sans lui préférer pour cela toutes les rêveries que Mosheim veut mettre sur le romnte (l'Ori^çône. Son prétendu [tian de la -théologie de ce Père est dont faux à tobs égards. (rotrOai6èr«B.) 6" EiiUn il se réfute Itii-mème» en disant que les csséniens et les thérapeutes avaient puisé leurs principes tlans la philosophie orientale , que les solitaires et iesnioines-n'ont fait que les imiter. {Hiit. tkrisi., Prolegv, ch. 2, § 18.)

Au xiY* siècle» suivant son opinion , les philosophes hectiques , ou les nouveaux f)lalonicieus de Técoic d'Alexandrie» cultivèrent la iMotogie mystique sous le nom de science secrèie. Un fanatique ifilposleuri qui prit le nom de saint Denys rAréof)aaite« la i-éduisit en système et en prescrivit les rè* glos. Notre critique déplore de nouveau les erreurs, les superstitions» Jes abus aue cette prétendue science introduisit dans le christianisme^ {Hisi. dt VEglitti iv' siècle^ ii'

Nous répondons qu'il n'y avait rien de commun entre la science secrète des éclectiques, fondée sur un paganisme grossier, €t la ihéoiogie myêtiaut des docteurs chré>tiens, si ce n'est quelques termes ou quelques expressions que les premiers empruntèrent du christianisme pour tromper les ignorants. A cette époque , la religion chrétienne était établie , non -seulement chez les Arabes , chez les Syriens , les Arméniens et les Perses, mais en Italie, ^en Espagne, sur les côtesd*Afrique, dans les Gaules et en Angleterre. Nous fera-t-on «croire que les platoniciens d*Alexandrieoiit envoyé des émissaires dans ces différentes régions, dont les langues leur étaient étrangères, pour y répandre leurs principes ol ieur science secrète , pour y introduire les superstitions et les abus dont Mosheim prétend qu'eilea été la cause? Nous |)ersuaderat^n que Lactance (Julius Firmicui Mater* fiuff), Ëusèbe et Arnobe, qui dans ce siècle ont écrit contre les philosophes païens, qui en ont combattu les principes et les conséquences, qui ont démontré les absurdités, les superstitioos, les abus auxquels la doctrine 06 ces rêveurs avait donne lieu, et qui n'ont pas mieux traité Platon que les autres, ont cependant vu de sang'^froid introduire dans le christianisme ces mêmes abus sans «n témoigner aucun regret , ni aucun étoonement? Voilà le phénomène absurde que les nrotestauts ont entrepris de prouver.

Plusieurs écrivains ont contesté raulben* ticité des œuvres de saint Denys; nous renvoyons sur ce point le lecteur à l'article

DbRTS L'ARÉOPiieiTB.

Mosheim renouvelle, au v*siècle« irpart., cb. 3, § 11, ses plaiutes et ses invectives contre la multitude des moines contemplatifs qui fuyaient la société des hommes, et qui s'exténuaient le corps par des macérations excessives; cette peste, dit-il, se répandit de toutes parts. Ce n'était (fonc plua la chaleur de l'atmosphère de TEgypte qui

produisait cette contaffioii. dWa avait déjh pénétré chez les latins , puisque Julien Pomère, abbé et professeur de rhétorique i Arlesv écrivit un traité De Yilatontemplalira; et bientôt elle gagna les pays du Nord. (Fo^^ejsMoRTiFicATioN^ Stylites^ etc.)

Notre sévère senseur avoit oublié ces faits, lorsqu'il a dit qu'au ix* siècle les Latins n'avaient pas encore été séduits parles charmes illusoires de la dévotion mystique, mais qu'ils le furent, lorsqu'en 62fc^ l'empereur grec, Michel le Bègue, envoya à Louis lo Délmnnaire une copie des ouvrages de Deiiys rAréop«igile. (ix' siècle, 3* part., ch. 3, § 13.) 11 est cependant certain qu'au vr et au vn* siècle, les moines des Gaules et de l'Angleterre étaient pour le moins aussi np))liqnés h la vie cootemfhitive que ceux du IX' et du x'

tfn des abus que ce critique filit remarquer dans les théologiens du xii' siècle , est leur affectation de rechercher dans TEcriiure sainte des seYis mystiques, et d'altérer ainsi la simplicité de la ^parole de Dieu.

in* part., ch. 3, S S.) Mais les lettres de saint iarnabé et de saint Clément, disciples des apôtres, sont tontes remplies d'exniicalions mystiques et allégoriques de r£criture sainte; Mosheim lui-même le leur a reproché comme un défaut; ils exhortent les fidèles à la méditation et h la mortification : étaient-ils platoniciens? Il reconnatt (§ 12) que les my$tique$ de ce même siècle enseignaient mieux ta morale que les scolastiques; que leur discours était tendre , persuasif el touchant; que leurs sentiments sont souvent beaux et sublimes , mais qu'ils écrivaient sans méthode , et qu'ils mêlaient souvent la lie du platonisme avec les vérités célestes. Fausse accusation. S'il y eut an X4I* siècle un excellent maître de théologie mg^tique^ c'est incontestablement saint Bcr« nard; mais il puisait ses leçons dans l'Ecriture sainte, et non dans Platon ; ce philosophe était profondément oublié pour lors,* les scolastiques mêmes ne connaissaient qu'Aristote.

Au xin* siècle (u' part. , c. à, S 9), notre historien s'adoucit un peu à l'égard des mystiques ; comme il avait dit beaucoup do mal des scolastiques, il a su bon gré aux premiers de leur avoir déclaré la guerre, d'avoir travaillé h inspirer au peuple une dévotion tendre et sensible, de s'être fait

fo(Uer au point d'engager les scolastiques se réconcilier avec eux. Mais saint Thoma.s d'Aquin ne fut jamais dans ce cas ;. pendant toute sa vie, il sut allier à une étude assidue la piété la plus rarcel la plus tendre, et il eut au plus hautdeçré le talent de l'inspirer aux autres. Mosheim parle à peu près de même des mystiquei au xiv' siècle , il semble leur accorder la victoire au xv* el au commencement du xvi* , parce qu'alors la barbarie et le philosophisme des scolastiques avaient beaucoup diminué, comme nous l'avons remarqué on pailant d'eux; mais ce censeur malicieux n'oublie jamais de lancer

fin

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