‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 166 sur 186 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

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Humbert, personnage illuslrc, et général do Tordre des Dominicain^» rapporte qu'un religicui élan^ mort, apparut à un autre tout brillant degloire, et que le tirantde sa cellule» ii lui mon'ra un grand nombre d*hommes vôtus de blanc et enrironnés de clarté, qiii portant de très -belles croix sur leurs épaules, s*en allaient en procession au ciel. Il lui en fit voir d*autres ensuite qui marchaient dans le même ordre, mais qui étaient beaucoup plus éclatants de lumière que les premiers , et tenaient chacun à la main une croix beauroup plus belle et beaucoup plus riche. Après cela, il passa une troisième procession, mais incomparablement plus lumineuse et plus admirable que les deux autres ; toutes les croix y étaient aussi d'une beauté bien surprenante , et au lieu que les hommes dos deux autres troupes portaient chacun ta

leur, ou h la main, ou sur leurs épaules, ceux-ci avaient chacun ange qui portail leur croix devant eux , afin qu'ils marchassent plus facilement et suivissent avec plus de joie. Le religieux étonné de cette vision , en demanda l'explication à celui qui la lui avait montrée; celui-ci lui répondit que les premiers qu'il avait vus porter leurs croix su»' leurs épaules, étaient ceux qui étaient entrés en religion dans un âge avancé; que les seconds qulla tenaient i^ la marn, étaient ceux qui s'yétaientmislorsquMIsétaientencorojeuncs:

et que les derniers, qui marchaient si librement, étaient ceux qui, dès leur plus tendre jeunesse, avaient embrassé la vie religieuse et renoncé à toutes les vanilés du monde. NUDITE CONTEMPLATIVE. (Koy. Coif.

TËMPLATION.)

OBEISSANCE , son excellence , ses degrés, etc. — L'excellence de cette vertu , si in iispensable dans la vie ascétique, se fonde sur les divines Ecritures, sur l'autorité et l'exemple de tous les saints.

Eyt-ce Que le Seigneur] veut qu'on lui oSjre ^es holocaustes et des ylAïtimes, êl non pas plutôt qu'on obéisse à sa voix ? L*obéissanco vaut mieux que les victimes ; et il vaut mieux faire ce que Dieu veuf, (|ue de lui offrir la graisse des béliers. Saint Augustin demande en plusieurs endroits, pourquoi Dieu défendit a l'homme de manger du fruit de Tarbre de la science du bien et du mal ; et une des raisons qu'il en donne, c'est que Dieu voulait montrer aux hommes que l\)béissance est d'elle-même un grand bien, et que la désobéissance est d'elle-même un g[rand mal. En effet, ce ne fut pas le fruit de I arbre qui fut cause de tous les malheurs qui suivirent le péché d'Adam ; car, outre que cet arbre n'avait rien en lui de mauvais, puisque Dieu lui-même reconnut que tout 4!e qu'il avait fait était excellent, il n'est pas h présumer que Dieu eût voulu mettre quelque chose de mauvais dans le jardin des délices, Ce fut donc la désobéissance seule et la transgression de la défense qui furent cause de tout le mal : c'est pourquoi saint Augustin dit que rien ne pouvait mieux faire voir combien la désobéissance est mauvaise d'elle-même , que la punition du premier homme, pour avoir contre la déiense de Dieu , mangé du fruit qui n'avait rien de mauvais sans cette défense , et qui n'aurait pu faire aucun mal. Que ceux qui se dis- {>cnseut d'obéir quand il s'agit de choses Jégères, apprennent de là h connaître quelle est leur erreur et leur faute : car ce n'est pas la nature de la chose qui fait le péché , c'est la désobéissance qui est toujours mauvaise d'elle-même , soit que les choses soient importantes, soit qu'elles ne le soient pas.

Une autre raison quo saint Augustin donne de la défense que Dieu fit à Thomme, c'est que riuxrame ayant été créé pour servir Dieu, il était à propos de lui défendre quelque chose pour lui faire connaître sa dépendance, que sans cela il n'aurait pas si bien reconnue; et Dieu voulut, dit ce Père, que To^ béissance qui étailun acte par lequel l'homme reconnaissait celui qui Pavait créé, fftt en même temps un moyen par lequel il pût mériter d'être uni quelque jour b lui. Il s'étend ensuite sur les louanges de cette vertu, et il ajoute qu'une des raisons pour lesquelles le Fils de Dieu se fit homme , fut pour nous apprendre l'obéissance par son propre exemple. L'homme , dit-il , avait élé désobéissant jusqu'à la mort» c'est-à-dire jusqu'à mériter la mort en punition de sa désobéissance, et Jésus-Christ se fit liomme pour être obéissant iusqu'a la mort. La porte du ciel nous avait été fermée par la désobéissance d'Adam ; elle nous fut ouverte par Tobéissance de Jésus- Christ : car, comme par la désobéissance d'un seul homme, plusieurs hommes sout devenus pécAenrs, ainsi, par l'obéissance d'un seul, plusieurs sont devenus justes. Dieu a même voulu , dit encore ce Père , nous faire voir le mérite et Texcellence de lobéissance, dans la récompense et dans la gloire dont il a couron-» né l'humanité sacrée de Jésus-Christ, qui avait été obéissant jusqu*à la mort et même jusqu'à la mort de la croix. Car c'est pour cela , dit l'Apôtre, que Dieu l'a élevé, et lui a donné un nom au-dessus de tout autre nom, afin qu'au nom de Jésus tout ce qui est dans le ciel , sur la terre et dans les enfers, fléchisse les genoux. {Perfection ChréLf de Rodr.)

Les saints relèvent le mérite de Tobéissance par une infinité d'autres louanges; mais il nous suflira mainteniint de nous arrêter à un des avantages qu'ils lui attri-

or.f

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