‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 173 sur 186 · OCC · texte numérisé non relu

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dans des temps postérieurs, les religieux se sont beaucoup, éloignés de cette perfection, c*est parce que le silence, la solitude et le tiavail des mains ont été négligés ; et à leur place sont venues les ftililités. Ta dissipation et l'oisiveté. Des moines oisifs et d(^sœuYrés, dit dom Calmet, prennent en dégoût la vie letiiée; et, pendant qu'ils cherchent hors du

monastère un soulagement à leur ennui, ils convoitent d*abord les rapports séculiers, ensuite ils prennent leur esprit et leurs mœurs» ils prennent même leur laste, leurs délicatesses et les vices qui en dée tulent. Le même au« teur {Com, in reg. S. B. ) fait ensuite une peinture très-énergique lies graves dangers qui menacent et les moines et les communautés, par ces concessions qu'on fait à ia chair, et qui proviennent de ce point uniqu'% Tabandon du travail mantêeL « Il ne convient pas, dit saint Augustin ^De op. mon,}^ que là où les sénateurs deviennent lab«»rieux« les artisans y restent oisifs. » — « Je travaillais de mes mains, dit saint François {in Testam.)i et je veux travailler, et je veut absolument que tous les trères travailleiil d'un travail honnête, nue ceux qui ne savent pas apprennent, non dans l'espoir de recevoir le prix de leur travail, mais pour le bon exemple et pour chasser l'oisiveté, n Le concile d*Aix-la*Chapelle, de 817, statue, que « les moines travaillent de leurs propres mains dans les cuisines et dans les boulangeries, et dans les autres lieux où il y a du travail , et qu'ils lavent eux-mêmes leurs habits en temps opportun. » Le concile de Cologne de 1356, c. 16, ordonne « que les ré-

fuliers vaquent à la prière, k la lecture de Ecriture sainte, au culte divin, et qu'ensuite ils fassent quelçiue ouvrage manuel. » Voici les travaux [qui sont assignés aux moines dans le Cérémonial de l'ordre de Saint-BenoU : a Imprimer des livres, les corriger, les cataloguer et leur donner Tordre convenable; cultiver le jardin, planter, arracher la zizanie, faire des petits fouets de chanvre, distiller des herbes pour Tusage de la médecine, tracer et colorer des images pour orner les livres, » etc.

Cependant on peut suppléer le travail manuel par l'étude, ia prédication, la composition d'ouvrages utiles, ou par un autre travail d*une utilité incontestable pour la religion et utile au prochain.

Au premier rang des occupations des reli* gieux nous devons placer Tétude de TÉcriture sainte. Notre-Seigneur nous dit luimême dans Saim Jean^ x : Scrutez tes Eeri* tures; car vous pouvez y trouver la vie éternelle^ et elles rendent témoignage de moi ; et saint PauJ, aux Romains^ v, dit aussi : Tout ce qui a été écrite a été écrit pour notre nittruction^ afin gu*en recueillant avec patience les consolations des BcritureSt nous ayons Ves^ pérance. £t dans son EpUre à Tite^ il ajoute : Toute écriture divinement inspirée est utile pour instruire^ pour répondre et pour eorri* âmes ger^ pour éclairer dans la justice^^ afin que ce de f homme de Dieu^ devenu parfait^ soit préparé . Si, "^ d toute bonne auvre. C'est pourquoi le con*

ciie de Trente, dans sa session v. De ref.^ c. 1, a ordonné : « Que dans les monastères de religieux, où cela pourra se faire commodément, on fasse la lecture de r£criture sainte; si les abbés se montraient uégligetits sur ce point, les évêques du lieu, comme délégués du Saint-Siège en cela, les amène» ront à le faire par des moyens oonviruablea.

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Dans les couvents des autres religieux, où les études peuvent être en vigueur, il y aura la lecture de TEi^riture sainte : cette lecture sera assignée dans les chapitres généraux ou provinci-aux. » Si nous demandons Tavisdes saints Pères, saint Ephreoi (parsan. 1) nous répondra : « Que la lecture de l'Ecriture sainte soit l'exercice d*un moine : un moine qui n*y est point versé sera désœuvré. » Saint Jérôme, de son côté {Ep. ad F/or.)f dit aux moines : « Aimez les sciences des saintes Ecritures, et vous n*aimerez pas les vicea de la chair. » Il ajoute {Ep. ad. Rust.) : « Vi-^ vez de telle manière dans un monastère que vous méritiez de devenir un disciple ; mettez beaucoup de temps pour apprendre ce que vous devez enseigner un jour. Après les saintes Ecritures lisez les traités des hommes doctes, de ceux-là seulement dont la foi e;>t éprouvée, dont la piété n'est point vacillante. Que peut être la vie sans la science des saintes Ecritures par lesquelles nous connaissons Jésus-Christ? Quef'e est la nourririture, quel est le miel plus doux que do connaître la prudence de Dieu? Saint lsi« dore (De lib. gent.) dit aussi : Que sert-il d'avancer dans les sciences mondaines et de dçssécher dans la privation des sciences divines? de poursuivre des choses caduques et des images sur les mystères divins. Gardezvous des livres qui brillent par l'éloquence des mots, et qui intérieurement sont vides de sagesse ; évitez-les pour l'amour des saintes Ecritures. »

A On que l'étude des saintes Ecritures protiteaux religieux et tourne au profit de la religion, il faut noter les points suivants* qui sont tirés des saints Pères et des mystiques : c Pour arriver à la vérité et à la sainte sagesse, dit saint Augustin, ne vous préparez pas une autre voie que celle que vous montre celui qui raflfermit vospaschanoelants ; et, pour cela, il vous faut en premier lieu l'humilité, en second lieu l'humilité, et en troisième lieu l'humilité: et chaque fois que vous m'interrogerez je vous ferai la même réponse. »(Ep. 36 ad Diosc.) Hugues de Saint-Victor (tib. m Dean.) observe aue «pour arrivera une parfaite intelligence des saintes Ecritures on a plus besoinde componction quédo profondes investigations ; on a plus besoin do soupirs quo d'arguments, de fréquents gémissements, que de longues discussions: que les larmes sont plus utiles que les sentences, l'oraison que la lecture, le don des larmes que la science des lettres : la contemplation céleste vaut mieux que la préoccupation terrestre. » Voici ce qu'observe Jean de saint Samson: (De 5ftidi05cien/.) ; L'étude qui n'est pas ordonnée pour la ** plus grande gloire de Dieu est un chemin très-court pour aller en enfer: ce n'est pas l'étude qui conduit là, mais l'orgueil qu'enfante l'étude. » Il dit ailleurs: «Je ne reviens pas de mon étonneinent de voir certains prêtres tant séculiers que réguliers qui pensent que tout genre d'étude leur est permis, quelque léger, frivota et profane qu'il soit, donnait pour prétexte qu'ils doi

vent tout connaître et tout voir pour mieux, dénouer les difficultés qui naissent de la direction des gens du monde. » Ce n'est là que la recherche de soi-même et la mar-

3ue d'un sens pervers. C'est ravaler son état ans la corruption. Le même auteur ajoute : « Celui qui veut s'adonner auxétudes sacréesdoit constamment se dépouiller de vuei personnelles et tendre à Dieu seul . Ce n'est cas que ce sentiment doive exister sans interruption ; mais il faut au moins gue de temps en temps l'Ame dirige son intention vers Dieu, et ne se laisse point entraîner par le goût de la nature. »

S*il est vrai que l'étude des saintes lettres et des choses utiles à la religion alimentent la régularité et la friété dans les monastères ; il n'est pas moins certain, que la curiosité, ou un désir immodéré de savoir, une étude qui se porte vers les choses inutiles entraînent vers le relAchement. Ces sortes d'études engendrent l'orgueil, et l'orgueil ouvre la porte à bien d'autres vices. C'est pourquoi les moines doivent protiter de l'avertissement du Sage (fcc/t., iii): Nevouê efforcez pa$ de seruier de'milU manières le$ choses superflues : Il n'est point nécessaire que vous vouiez de vos yeux charnels bien des choses cachées. Ne vous disputez pas avec ardear sur des objets qui ne vous blessent pas; et réprimez votre curiosité sur beaucoup de choses. Etj'apôtre saint Paul leur dit (//for. Il) : Je n'ai pas prétendu que je savais autre chose au milieu de vous^ que Jésus-Christ et Jésw-Christ crucifié. Le même dit à Timotbée: d'exhorter les fidèles ; à combien plus forte raison les moines^ de ne point se passionner pour les fables et les généaloaies tnterminables , qui alimentent plutôt tes dis^ putes que V édification en Dieu qu'on trouve (fans /a ^ot.. Saint Augustin dans sa lettre à Dioscar, écrit: « 11 y a une certaine science qui est bien opposée à la salutaire humilité que Jésus-Christ nous a enseignée, c'est celle par laquelle nous nous gloriQons de savoir ce qu'Anaximènes>, Anaxagore , Pythagore, Democrite et autres , ont pensé sûr certaines questions, afin de paraUre doctes par celte érudition : et cependant cette vaine science est bienloinde lascience véritable. Les vers despoëtes, ia scienoeséculièrei la (K)mpe de parole de rétheurs est la nourri* ture du démon. Ce n'est point là que vous trouverez l'aliment de la vérité, la rè^le de la justice; vous sentirez là, au contraire, la faim du vrai et la pénurie des vertus/ Da reste, tous les hommes éclairés et respectables qui ont parlé de cette matière ont in** sisté sur le danger qu'il y a pour un monas-» tère, lorsque ses membres courent après les frivolités et les choses curieuses dans leurs études. » —

' On peut demander ici par quels degrés insensibles on passe de la solide éttfde ai; désir des choses curieuses. Saint Tho«^ mas (2-2, q. 166) nous répc*ndra que cela arrive ainsi lorsque Von abandonné un objet d'étude nécessaire pour un autre moins utile : c'est ainsi que saint iérOmè

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