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reproche aux prAlres de lire les corné- ^ dies dos anciens, les vers des bucoliques. Ensuite, lorsque Ton quitte un travail recommandé et licite pour courir après des connaissances fournies par des hérétiques. Enfin, lorsqu'on désire connattredes vérités qui ont pour objet des créatures sans rap-
Eorter la fin de son travail à Dieu. Il y en a eaucoup, dit dom Calmet, qui, incapables de se livrera des études élevées, n*ont cependant du goût que pour celles-là, etpeo« dant qu'ils se passionnent pour elles» ils per* dent la piété qu'ils avaient acquise pendant le temps d*épreuve... Il y a des esprits légers et superficiels qui s'embarrassent dans des difficultés invincibles pour leur faiblesse, et se croient cependant seuls capables de résoudre les objections qu'ils se créent , prenant alors leur ignorance pour le dernier terme de la science, ils tombent misérablement dans le doute. Il leur semble qu'il n'y a pas une vérité contre laquelle on ne puisse soulever des objections insolubles. En sorte que toutes les vérités leur paraissent des problèmes, et le chemin droit de la vérité leur échappe. Les conséquences de cet état de l'esprit sont faciles à tirer: on conserve dans la pratique un faible respect pour les vérités religieuses, lorsque dans la spéculation on ne les voit que daes un nuage : on conserve peu de respect pour les supérieurs, lorsqu'on sent la plus grande des autorités oui commence à s'ébranler dans son esprit. C'est de là que découlent cette liberté effrénée, cette licence sans bornes, ce mépris des directeurs, dus règlements et des conslitulions,qui n'apparaissent plus comme la volonté de Dieu, mais comme des inventions arbitraires des hommes: de là la facilité avec laquelle on viole toutes les lois.
Dans cet élal, on n'a plus de goût pour les éludes sérieuses, pour l'Ecriture sainte, les saints Pères, les auteurs ascétiques les
Plus accrédités . La solide nourriture de Ame qu'on trouve toujours à ces sources précieuses devient nauséabonde ; on n'a plus d'ardeur que pour les lectures stériles, pour les historiettes, lesrelations de voyages, de guerres et de batailles, pour les curiosités et les nouvelles. Mais, pendantqu'on se livre ainsi aux futilités, pendant que les vérités capitales ne sont plus que aes sujets de disputes subtiles, l'esprit de piété, et le vrai amour de Dieu sont déjà éteints dans le cœur. L'esprit religieux s'en est allé avec le respect des règles; et tout cela est étouffé sous le poids de l'orgueil engendré par des éludes mal dirigées. Pour éviter ces dangers, il convient de régler les études dans les monastères, selon le plan d'étude qui a été tracé par dom Uabillon ITract. destud. mon.) ; et d'exclure impiioyabiement de ces saintes maisons tous les livres dangereux ou sus-
Cects dont le monde est maintenant encomré.
ODON (Saint), n^ en 879, fut chanoine de Saint-Martin cte Tours en 899. Moine à Baume, en Franche-Comté en 909, et second abbi de Cluoy en 927. Sa sainteté et ses lu-
mières répandirent beaucoup d*éclat sur cet ordre. Le saint abbé était l'arbitre des princes séculiers et des prince:» de TEglise. Il fut le réformateur cTun grand nombre de monastères. Il a laissé un abrégé des JfortUes de saint Grégoire; — la Vie de eaini Gerand^ et divers sermons.
ODILON (Saint). — Cinquième al»bé de Cluoy; il naquit en Auvergne en 069. Le désir de mener une vie plus parfaite lui inspira la résolution de se retirer à Cluny. Saint Mayeul jeta les .yeux sur lui pour lui succéder : Odilon fut le seul qui désapprouva ce choix. La réputation que lui firent ses vertus vint jusqu'à l'empereur saint Henry qui le pria de raccompagner dans le voyase qu'il fit à Rome pour s'y faire couronner : le monarque jouit plusieurs fois depuis de ses
fMeux entretiens. L'humilité de saint Odilon ui fit refuser l'archevêché de Lyon et le Pallium dont Jean XIX voulut Thonorer.
Il mourut à Souvigny en 1049, après avoir répandu son ordre en Italie, en Espagne et en Angleterre. Son nom est Immortel dans l'Eglise par l'institution de la commémoration générale des trépassés. Cette pratique passa des^monastères de Cluny dans d*autres églises, et fut enfin adoptée par l'Eglise universelle. On a de lui la Vie de saini Mayeul et celle de sainte Adélaïde , impératrice, et plusieurs sermons qui marquent une connaissance approfondie de l'Ecriture sainte.
OFFRANDE DE SES ACTIONS. — Foyex Actions,
OfiIER (Joseph-Marie), prêtre du diocèse de Vienne, né à Cremieu, mort en fé« vrier 1821 dans sa soixante et onzième année, après une vie toute consacrée aux fonctions du ministère. On lui doit : Moyens de perfection pour une vierge chrétienne f 3* édition , augmentée de plusieurs chapitres , de roflice de la pénitence, des vêpres et compiles, Lyon 1820; — Moyens de salut pour les chrétiens des deux sexesy de tous la états et de tous les dgeSf elc, Lyon, 1817, in-12. C'est une traduction libre du Sapienm lia christiana d'Arvisenet. La 2* édition a pour titre Sagesse chrétienne , elc. — Bré-^ viaire du pénitent, Lyon, 1819, in- 18; — Préparations et actions de grâces à Vusage des personnes pieuses qui font leurs délices de ta fréquente communion; Paris, 1820, in-18, extrait du Sapientia christiana. Ce recueil renferme une préparation pour les troisiours qui précèdent la communion, et ensuite huit] préparations et actions de grâces différentes entre lesquelles les fidèles pourront choisir , ou dont ils pourront se servir successivement. — Conférences et discours sur divers points de morale à Fusage des ecclésiastiques: Lyon, 1821, 2 vol. in-12. Ce livre, écrit d'une manière simple, est très-utile aux fidèles qui ne peuvent assister aux instructions de leurs pasteurs. On y trouve dix conférences qui traitent des dispositions pour les sacrements et les différents points de morale, et six discours en forme d'ex^ODaeu sup la confession^ les cpm*
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mandements de Dieu et de l'Eglise et les péchés capitaux; des instruciions ptiur la première communion des enfants; des dis* cours pour le renouveliemenl des vœux de baptême, etc.
OLIER (Jean-Jacques), instituteur, fondateur et premier supérieur de la congrégation de Saint-Sulpice, naquit à Paris en 1008. Après avoir fait quelques missions en Auvergne, et refusé Tévèché de Châlons-sur- Marne, qui lui était offert par Richelieu, il devint curé de Saint-Sulpice en 1643. C'est alors qu'il jeta les fondements d'une nouvelle congrégation, qui, aujourd'hui encore dirige une grande partie des séminaires de France. Olier mourut, avec la réputation d'un saint prêtre, en 1657, n'ayant que quarante-neuf ans. C*était un homme d'une charité ardente et d'une piété exemplaire. Mous avons de lui quelques ouvrages de spiritualité, entre autres, le Catéchisme de la vie intérieure et des Lettres; Paris, in-13, 167&>, remplies d'onction et de simplicité.
OLIVE (Pierre-Jean), Cordelier de Serig^an dans le diocèse de Béziers, était un partisan zélé de la pauvreté et de la désappropriation des biens. Les religieux de son ordre , ennemis du joug qu'il voulait leur imposer, cherchèrent des erreurs dans son Traité de la pauvreté et dans son Commen-taire sur V Apocalypse. Ils crurent eu avoir trouvé plusieurs, qui furent censurées sur leur dénonciation. Olive expliqua sa doctrine dans le chapitre général tenu à Paris, en 1292, et ses accusateurs furent confondus. 11 mourut à Narbonne en 12U7, en odeur de sainteté.
OMPHALOPHYSIQUES. —Quelques écrivains ont dit que ce nom avait été donné aux bogomilles ou pnuliciens de la Bulgarie; mais il est plus probable que Ton a voulu désigner par lè les Hésichastes, faux mystiques du XI* et du XIV* siècles. C'étaient des moines fanatiques oui croyaient voir la lumière du Tbabor à leur uombril^ — Yoyex
HiSICHASTBS.
OONSELL (Guillaume van), religieux Dominicain, né en 1571 à Anvers. — 11 gouverna successivement les couvents de Gand et de Bruges , se distingua comme prédicateur, et mourut subitement en 1603. 11 a composé idivers ouvrages de piété parmi lesquels on remarque ; Consolatorium antmœ migrafUis.,. Brevis methodus visitandi ae eonsolandi agrotos.
IPÉRATIONS SURNATURELLES. -- Ces opérations ne sont pas seulement celles de la grAce ordinaire qui nous aide à produire des actes de foi, d'espérance, de charité, etc., mais encore les opérations extraordinaires que le Saint-Esprit fait dans les Ames où il veut faire paraître les'richesses et les trésors de sa miséricorde. On distingue deux sortes de ces opérations extraordinaires ; les unes viennent de Jé^us-Christ, les autres procèdent de Dieu par Jésus-Christ, qui s en dit lui-même 1<^ moyen et la voie. '''
Celles qui viennent de Jésus- Christ sont des impressions qu'il fait lai-ntême sur les
Ames, lorsqu'il les associe, pour ainst dire, à ses états et à s^s mystères dont il leur donne non-seulement la connaissance et le sentiment, mais encore la conformité et la ressemblance, ce qu'il fait quelquefois subi-* tement et par une agitation violente dans l'esprit et dans le corps, et quelquefois peu à peu et d'une manière imperceptible. En voici quelques exemples.
Notre-Sèigneur met certaines Ames dans nn état semblable à celui de sa divine enfance; et on voit alors des personnes d'un Age avancé réduites à une simplicité enfantine. Il fait part à d'autres de sa passion, par une forte impression de ses souurances : or en a vu qui étaient intérieurement crucifiées et qui souffraient les tourments de la croix et les douleurs de l'agonie. Jésus-Christ fait ces opérations dans les Ames, pour se les rendre conformes. On le voit dans sainte Madeleine de Pazzi qui, un vendredi saint, demeura pendant trois heures, en présrace de plusieurs personnes, les membres aussi roides que s'ils eussent été cloués sur une croix; ensuite elle fut élevée, pencha la lé'e comme quelqu'un qui va rendre l'esprit*. Durant tout ce temps-là, elle ressentit les mêmes douleurs que si elle eût été crucifiée. Il y en.aqui demeurent en cet état des mois entiers, sans Muvoir prendre aucun repos, comme s'ils étaient crucifiés, un pied sur Tautre, les bras étendus et attachés à une croix ; ils ne sentent alors en eux-mêmes que Jésus crucifié ; comme on l'a vu en sainte Catherine de Sienne , lorsque Notre- Seigneur lui imprima ses sacrés stigmates qu'elle portait non-seulement dans son in« térieur, mais encore sensiblement sur son corps, quoique d'une manière invisible.
Mais la plus signalée de toutes ces opérations, c'est celle qui a paru en saint Franffois, lorsque Jésus-Christ grava lui-môme es marques de ses plaies sur le corps de c« saint, ce qui produisit une impression con tinuolle de compassion et d'amour pour ce Dieu-homme.
L'effet et la fin de ces opérations sont d'unir l'homme à Jésus-Christ et de le transformer en lui de telle sorte qu'il ne se sente plus soi-même, mai$ seulement Jésus-Christ, qu'il ne voie plus en soi gue Jésus-Christ, et que voulant penser à soi, il lie pense plus qu'a Jésus-Christ. L'amour est si grand et runion si intime, que l'homme ne se distingue point de son aimable Sauveur. €e n'est pas à dire que ceux qui reçoivent ces sortes de grAces ne puissent en certains temps* se considérer eux-mêmes , se haïr saintement et se regarder comme ce qu'il y a de plus vil et de plus insupportable dans le monde. Mais c'est ce qu'irs ne sauraient faire durant le temps de ces opérations dont le propre est de leur mettre swr les yeux comme un bandeau qui les empêche de se voir eux-mêmes. Sainte Gertrude dit que, recevant ces faveurs durant le temps de ses infirmités, elle avait soin de se nourrir dans la vue que c'était Jésus-Cbrist même qu'elle nourrissait. L'abbé Rupert noua fiiurRHun
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•lemple tlo'ces impressions divines; car il dit, parlant de lui-môroey au livre xii sur saint Matthieu^ qu*une nuit il yii en Songe ux) homme descendre en lui e( s'unir à lui, et gu'à son réveil il se trouva dans des joies et des délices enexplicables. Cette union admirable ne se borne pas à Tintérienr, elle r>asse jusqu'à reitérieuk* de Thomme qiii peut dire avec vérité non-seulement qu*il est plein de Jésus-Christ, mais qu'il en est rerétu. Ce dernier effet est si sensible, que ceui qui l'éprouvent auraient beau dire dépouilles et conduits et) cet état par les rues, comme autrefois les mart^vrs , ils se sentiraient toujours revêtus et couverts de Jésus- Christ, et sans les règles de la modestie, que les saints n'oublient jamais , ils auraient
feine de s'apercevoir qu'ils sont dépouillés, ésus-Christ leur tenant lieu de vêtement. Elles ne sentent ni le chaud ni le froid, au moins jusqu'à y être très-sensibles, comme le sont les autres hommes. Jl est dit de sainte Catherine de Sienne qu'ayant donné sa robe à un pauvre, Notre-Seigneur lui dit? Je t'en donnerai une autre^ et que depuis ce ternps-là elle ne souffrit plus du froid jusqu'à eii être incommodée. Nous lisons aussi que saint François voyageant en hiver, se relira dans une caverne, pour y passer la nuit avec son compagnon, et que celui-ci Be pouvant se reposer parce qu'il était transi de froid, le saint ne fit que le toucher de sa main et lui communiqua une chaleur qui s'insinua dans ses njembres et le fit dormir à son aise. Il ne faut pas croire que ces effets «oient communs parmi tjeux qui pratiquent la vertu; c'est une grâce spéciale acconlée à peu de personnes. Ceux qui en sont favorisés la sentent au dedans d'euxmêmes, comme un esprit qui les anime.
C'est le même es|)ril qui fut communiqué aux apôtres, et qui s'est fait remarquer en plusieurs saints par des effets extraordinaires qui ont éclaté au dehors. Ouelques-uns, comme saint Vincent Ferrier, ont été vus le visage enflammé et semblable à un charbon ardent. D'autres ont été élevés de terre et suspendus en i*air dans leur oraison; tel parut saint Ignace à Barcelonne pendant plusieurs nuits, devant une image do la tîainlo Vierçe. Plusieurs ont été extasiés jusqu'à perdfre le sentiment, comme saint François Xavier que des matelots, après Bvoir bien cherché, trouvèrent au coin d'un bois, eh contemplation , aussi immobile qu*une pierre ; et comme le saint prêtre Bernard, qui tous les jours après sa messe était ravi en extase et sans mouvement pendant une heure, ce qui a fait l'admiration de tout Paris. C'est l'esprit de Jésus-Christ résidant dans l'homme qui fait toutes ces opérations.
Les opérations qui procèdent de la diviîiîlè par Jésus-Christ, sont des faveurs divines qu'on ne peut attribuera Ji^sus-Chrisl en particulier, mais qui viennent toujours par lui ; car il est la porte par laquelle on entre, et perisonne ne vient au Père que par te Fils. Cest la grâce du Rédempteur qui
prévient et conduit les âmes, ce sont ses mérites qui les enrichissent, c'est sa vertu qui les soutient, c'est à sa considération qu# Dieu les aime et leur fait |)art de ses dons et de ses miséricordes infinies. — La dÎTinilé opère dans les âmes par deux sortes de connaissmces dont l'une est distincte et l'antre indistincte et confuse. Le fonds de ces deux sortes d'opérations est toujours le ravissement ou l'extase, ou la perte de l'Ame en Dieu, avec cette différence que dans ia première manière d'opérer. Dieu donne des connaissances distinctes de quelques-unes de ses perfections, de ses grandeurs, ou de ses productions, au lieu que dans la seconde sorte d'opération, Dieu après avoir tiré l'homme hors de lui-même, Pabsorbe dans une lumière indistincte et dans sa doifbeur divine, sans lui donner ni goût, ni notion particulière. £n cet état, on ne voit ni on ne veut rien sur quoi on puisse s'expliquer; tout ce qu'on peut dire, c est qu'on est perdo dans deux abîmés sans fond, qui sont son propre néant et la grandeur de Dieu de qui on reçoit tant de faveurs et tant de lumiè-t res, qu*au sortir do cette opération on croit avoir beaucoup plus vu et plus reçu que si on avait acquis toutes sortes de connais^ sances particulières.
Mais d'où vient qu'une âme qui ne connaît rien de particulier reçoit de si grandes lumières? C est que la lumière surnalurellê, aussi bien que la luinière naturelle, lorsqu'elle n'est terminée par aucun objet par^ ticulier, est beaueout) plus pure et plus déliée, et ne saurait être aperçue distinctement par la faculté qui la reçoit. Cela est si* vrai que dans ces sortes d opérations on croit n'avoir aucune pensée. Sainte ThérJ^e le disait ainsi d'elle-même, eu expliquant la manière de son oraison; et comme ceux à qui elle parlait ne connaissaient pas ces communi«;alions divines, qui sont au-dessus de toute notion, ils lui répondaient qu'elle était trompée par le démon, et que sonorai* son était une illusion véritable. Voilà pour»' quoi saint Denis parlant de cette lumière mystique, dit qu'elle n'a pas de nom, qu'elle est au-dessus de tout être, et qu'on ne peut la connaître que comme on connatt Dieu» en disant ce qu'elle n'est pas; aussi donne* t-il à Tobjet de cette lumière les noms de céleste et de suressentiel , pour faire connaître qu'il n'est rien de particulier et qu'ii est confusément tout bien. Le môme saint Denis exhorte son Timothée à se mettre au-dessus de loutes sortes de connaissances pour aller droit au rayon divin. Ne pourraiton pas dire aussi de cette divine lumière et de son objet, qui est le plus parfait de tous les êtres, ce qu'Aristote a dit de la matière, le plus imparfait de tous, que pour en comprendre la nature il faut éloimer de ison esprit l'idée de tout être particulier, de toute dimension et de toute propriétét-^ Voy, Contemplation.
Pour faciliter Tiotelligence de cette doctrine, on peut comparer cette connaissance indistincte à la lumière qui occupe raîTi
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DASCETISME.
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laquelle reuil%les objets visibles saDS so laisser apercevoir elle-même, ou bien au rayon du soleil qui. ^ntre dans une chambre bien fermée: s'il trouve un corps qui rarrête,on verra ce corps et ce rajron ; mais si ce rayon n^est pas terminé et trouve quelque ouverture qui lui. donne passage, on ne le verra pas.datis la chambre, quoiqu'il y soit véritablement. De même pour la lumière divine . quand elle entre dans une âme et se termine à des objets particuliers, on distingue ces objets et la lumière qui les découvre; mais si la lumière est toute pure, c'est-à-dire si elle ne se fixe sur aucun objet distinct, elle ne se fait pas remarquer. Tout ce qu'on peut dire dans cette opération , c'est qu'on est abîmé en Dieu et comme englouti dans une lumière qu*on pourrait aussi api>eler ténèbres, parce qu'elle ne découvre rien à l'entendement dont on puisse dire qu'il ait acquis la connaissance. C'est pour cela que saint Denis parlant de ceux que Dieu favorise de cette sorte d'oraison, dit qu'ils entrent dans les ténèbres divines, ce qui est ordinaire è plusieurs saints. Mais il y a bien de la différence entra ces ténèbres mystérieuses et les ténèbres naturelles. C'est le défaut de lumière qui fait celles-ci, et l'abondance qui fait les autres; Dieu ne se communiquant à l'Ame qu'à la faveur d'une lumière indistincte et illimitée , demeure
f»lus caché que découvert par cette opération umineuse; et l'Ame qui reçoit cette abondance de lumière, dont elle est pénétrée et ébloui3, n'en découvrant le terme que comme un océan sans fond et sans rives, ne peut que s'y plonger pour ainsi dire, et s'y perdre heureusement sans y pouvoir rien distinguer ni comprendre. Elle peut dire qu'elle a goûté l'Etre inGni, mais elle ne'peut expliquer ce qu'elle a goûté, ni lui donner aucun nom , ni le renfermer dans aucune id'ée ; toutes les expressions qu'on peut lui suggérer et celles qu'elle peut inventer demeurant fort au-dessous de ce qu'elle a senti et de ce qu'elle n'a vu que confusément. Ce n'est pas que cette opération n'abonde en lumière, mais c'est que la lumière y est communiquée d'une manière indisilincte, et que l'Être infini qui estl'oi^etde cette opération n'est connu que confusément. Une Ame qui Va éprouvé peut dire qu'elle a goûté Dieu, sans pouvoir exprimer ce qu'elle a coûté, les expressions le« plus fortes qu'on lui suggère étantfort aunlessous de ses sentiments. Cette impuissance de s'expliquer sur ce qu'on a vu et «enti ne regarde pas seulement les ravissements, les extases et autres faveurs extraordiojaires, mais encore les moindres degrés de contemplation oik la lumière que Dieu donne est si déliée et si indistincte qu'on m saurait l'apercevoir. De là vient que ceux qui sont dans cet état d'oraison, s'imagioeot être oisifs, parce qu'ils n'ont aucune pen^e dont ils puissent désigner l'objet, et souvent ils Irouvjent des directeurs qui les confirment dans ce sentiment, qui, faute de connaître {excellence de cette lumière confuse^ tçou-
blent .e repos où Dieu les met, en les faisant recourir aux actes dislinctifs et à la méditation ordinaire. C'est Jà un véritable excès; mais comme pour l'éviter on pourrait tomber dans un autre, il faut savoir que la contemplation étant une opération de Dieu très-délicate, il est très-dimcile de la bien connaître autrement que par des effets
Dieu accorde ordinairement ces faveurs aux âmes simples qui ont le cœur pur, plutôt qu'aux savants et à ceux qui ont beaucoup de lumière naturelle sans avoir beaucoup d^humilité, comme Notre-Seigneur le dit dans l'Evangile . Je vous béniSf mon PirCf Seigneur du ciel et de la terre^ de ce que vous avez caché ces choses aux savants et aux sages, et que vous les avez révélées aux plus petits. {Malth. xf, 25.)
L'homme ne doit pas désirer de son propre mouvement ces opérations sublimes; il ne doit sy porter et y penser qu'autant que
Dieu l'y invite, lorsqu'il veut lui en faire part. On ne peut s'v disposer que d'une manière indirecte et éloignée, par la pratiqué d'une entière et continuelle abnégation, par un soin particulier de conserver la |>ai.x intérieure, de se maintenir dans un profond recueillement, de s'inslruire à fond de$ maximes, des actions et <lês vertus de Jésiis- Christ, pour y conformer sa conduite*
Car il ne faut pas oublier que Noire-Seigneur est la clef de tous les trésors célestes, et que tout ce que nous avons à faire de notre côté est de. l'imiter, surtout dans son humilité et son amour pour la croix, faisant état que c'est là le service le. plus parfait que nous puissions rendre à Dieu, et que le chemin jpour aller à lui est Jésus-Christ humilié, abandonné, méprisé, et non ces belles connaissances que nous fournissent la philosophie et les sciences humaines. On ne prétend pas dire que les savants ne puissent jamais avoir part à ces insignes faveurs; mais il faut auparavant qu'ils soumettent leur savoir et leur doctrine à la sainte enfance et aux humiliations du Fils de Dieu ; qu'ils comptent pour rien leurs talents naturels, et qu'ils ne s'en servent que pour la f;loire de Jésus-Christ, qui doit leur tenir ieu de tout. C'est ainsi que l'homme peut se disposer à recevoir cette lumière qui surpasse toute science, et cette paix divine Qui surpasse toute intelligence.
ORAISON DOMINICALE. — L'oraison dominicale est une prière que Jésus-Christ a enseignée à ses disciples^ {Matik. vi , 9.) Sainte Thérèse conseillait d'eu méditer souvent les paroles.
c Comme l'amour de Dieu, dit-elle, est le feu divin que nous prétendons entretenir dans nos âmes, il a besoin de beaucoup dft bois, et il faut tous les jours y en mettre de nouveau, parce que la chaleur de notre volonté est si agissante qu'elle le consume entièrement, et que quelque quantité qu*il y en ait, elle trouve toujours que c'es( pi^q. jusqu'à ce qu'entrant dans U parfaire pos session de ce bien infini, qui est seul capa ble de la satisfaire pleinement, ce même icQ
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d'amoiir qu^clle aura entretenu dans elle icibas devienne dans le ciel aa dWiiie et son éternelle nourriture*
« Or, puisqu'on peu! dire que Toraison du Sergneor esC te bois le plus profire pour enirefenir le feu du divin amour, il in*a sem- Ûé guei potti empêcher que I âme ne s'attiédisse par la répétition si fréquente de cette sainte prière, il serait i propos de chercher quelques moyens pour faire qu'en la redisant chaque jour, nous concevions de nouvelles pensées pour entretenir notre esprit et notre volonté dans une vigueur toujours nouvelle. On le pourra sans peine en partageant les sept demandes qui y sont contenues selon les sept jours de la semaine, afin que chaque jour ait la sienne, et en donnant à Dieu, en chacun de ces jours, un nom particulier qui comprenne tout ce que nous désirons et espérons obtenir de lui par cette demande.
« On sait assez quelles sont ces demandes. Et quant aui noms qu'on peut donner à Dieu, nous prendrons ceux cfe père, roi, époux , pasteur, rédempteur, médecin et juge. Ainsi, chacun réveillera son attention et s'eicitera de plus en plus à Taimer, en disant le lundi : Notre Pire^ qui êtes dans les eieux^ que votre nom soit sanctifié; le mardi : notre rot, que votre régne arrive ; lu mercredi : époux de mon dmf, que votre volonté êoit faite; le jeudi : notre pasteur^ donneznous aujourd'hui le pain aont nous avons besoin chaque jour ; le vendredi ; notre Rédempteur^ paraonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offenses; le samedi : notre médecin ne nous taissez pas succomber à la tentation ; et le dimanche : notre juge, délivrez-nous du mal, » lOEuvres de sainte Thérèse,) IVoy, Prière.)
ORAISON MENTALE. — L'oraison mentale est une prière qui se fait intérieurement sans proférer des paroles. On l'appelle aussi méditation et parfois contemplation^ ou simiilenient oraison; faire Voraison s'entend de l'oraison mentale. Elle consiste à se frapper d'abord J'esprit de la présence de Dieu, à méditer une vérité du christianisme, à nous en faire h nous-mêmes l'application, à en tirer les conséquences et les résolutions propres h corriger nos défauts, et à nous rendre plus fidèles à nos devoirs, soit envers Dieu, soit envers le prochain. — Sur ce simple exposé, il est clair que cet exercice est rame du christianisme, c'est l'adoration en esprit et en vérité que Jésus -Christ a enseignée h ses disciples ; il est dit que luimême passait les nuits à prier Dieu (Luc^ ▼in, 12 ), ce n'était sûrement pas à réciter des prières vocales. Je prierai en esprit^ dit saint Paul, et dans l'intérieur de mon âme (/ Cor. XIV, 15.) Le prophète Isaïe disait déjà (xxTi, 9) : Mon âme élève ses désirs vers vous pendant la nutï, e/, dès le matin^ mon esprit et mon cœur s'élèvent vers vous. C'est ainsi que les saints ont passé une partie de teur vie. — Yoy. Méditation.
Comme le plus grand nombre de nos lifules vient de la dissipation et de l'oubli
d^ grandi^ vérîiés de la foi» nous serions sûrement plus vertueux si noosenétiofis pkts
occupés. Nous avons péchéj dit Jérémie, nous avons abandonné le Seigneur , la justice et la vertu se sont enfuies du milieu de nous , parce que la vérité a été mise en oubli (lix, 12). La science du salut est si importante et si étendue, est-ce trop d'y donner chaque jour quelques moments ? Nous ne devons donc
fms être étonnés de ce que les Pères de 'Eglise ont fait des traités de la prière, l'ont recommandée comme un exercice essentiel au christianisme , de-ce que les auteurs ascétiques de tous les siècles ont fait tant d'éloge de la méditation, de ce que les personnages les plus éminents en vertu I ont iregarciée comme la plus douce et la plus consolante de leurs occupations ; une Ame sincèrement pénétrée de l'amour de Dieu peut-elle trouver de l'ennui à s'entretenir avec lui?
Voraison est spécialement recommandée aux ecclésiastiques , et , sans ce secours, il est fort à craindre que toutes leurs fonctions ne soient mal remplies ; elle est rigoureusement ordonnée à tous les religieux et aux re-> ligieuses par leur règle, et dans toutes les communautés régulières de l'un et de l'autre sexe, elle est faite en commun, au moins une fois par jour. On a multiplié Ws méthodes et les recueils de méditation, pour en rendre la pratique aisée et agréable. (Yoy, Méthode n'oRAisoN.) — Mais les ennemis de la piété ne ]X)uvaieutnianquerdetournercet exercice on ridicule, de vouloir même persuader qu'il est dangereux. Ce n'est, dit-on que, depuis cinq cents ans que l'en a fait consister la dévotion à demeurer à genoux pendant drs heures entières, et les bras croisés, cette piété oisive a plu surtout aux femmes, naïurellement paresseuses et d'une imagination vive ; de là vient que tant de saintes des derniers siècles ont passé la meilleure partie de leur vie en contemplation, sans faire aucune bonne œuvre.
Si cela est, ce n'est donc que depuis environ cinq cents ans que les femmes s'^nt devenues paresseuses et d'une imagination vive ; ce pnénomène serait singulier. Malheureusement on a aussi accusé de ces défauts les solitaires de la ThébAïde, de la Palestine et de l'Asie-Mineure, parce qu'ils méditaient aussi bien que les lemmes ; il faut ddnc que l'habitude de la contemplation soit plus ancienne qu'on ne le prétond. On peut s'en convaincre en lisant les Conférences de CassieUi qui a vécu au commencement du y* siècle, et surtout la neuvième. Saint Benoît, qui recommandait à ses religieux la lecture de ces conférences, forma sa règle sur ce modèle. Si l'on veut lire les traités sur la prière, d'Origène, de Tertullien, de saint Cyprien, qui sont du lu* siècle, on verra qu ils tendent à inspirer le Î;oût de l'oration mentalCf encore plus aue a prière vocale. Les auleurs ascétiaues des bas siècles n'ont rien dit de plus lort que ces anciens Pères.
U est fiiux que les saintes religieuses jdoot
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on blâme la contemplatioD, aient passé leur Yie sans faire de bonnes œuvres; elles ont rempli exactement tous les devoirs de leur élat, et ont été des modèles de toutes les yenlus, do la charité, de la douceur, de la patience, de l'Indulgence pour les défauts d*autrui, de la mortification, de la pauvreté évangélique, de la chasteté, de Tobéissance» de Tiiumilité, cela se peut-il faire sans bonnes œuvres ? — On dit que la vie contemplative conduit è Terreur et au fanatisme ; témoin les faux gnostiques anciens et modernes, les beggards, les béguins ; et dans le dernier siècle, les sectateurs de Molinos et les quiétistes. A cela, nous répoudrons que s'il y a eu des fanatiques parmi les contemplatifs, cela est venu de la mauvaise organisation de leur cerveau, et non de l'habitude de Foraison mentale; il y en a eu un plus grand nombre parmi ceux qui ne Tont jamais faiie. Ce n'est pas cet exercice qui a inspiré aux incrédules leur fanatisme chrétien et la haine qu'i4s ont jurée à toute religion. On a reproché un grain de f(»lie à plusieurs philosophes anciens et modernes ; faut-il en conclure que les méditations philosophiques sont dangereuses par elles-mêmes, et (]u'il faut s'en abstenir? — Nous sommes obligés de répéter, pour la centième fois, qu'il n*est rien de si saint ni de si utile dont on ne puisse abuser ; qu'il faut blâmer l'abus et respecter la chose. — Voyez MÉDITATION, PaiàRB, Contemplation, Théologie mystique au mol Mystique.
ORAISON ( Etats d' ). — Yoy. Médit a- TioN« Affections* Recueillement actif, Recueillement passif, Union, Thansfoi-
IIATION.
ORAISON ( MÉTHODE d' )• -^ Yoy. Méthode.