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qac dans les nids des forêts du Paragu nlîn d'appriroiser ces nations indiennes î^ vivaient, comme des oiseaux, sur les btS ches d'arbres. C'est pourtant un culte qné colui-Jà qui réunit, quand il lui plaft, les forces politiques aux forces morales, et qui crée, par une surabondance de moyens, des gouvernements aussi sages que ceux de Minos et de Lycurgue. L'Europe ne possédait encore que desconstitutions barbares, formées par le temps et le hasard, et la religion chrétienne taisait revivre au nouveau-monde les miracles des législations antiques. Les hordes errantes des sauvages du Paraguay se fixaient, et unerépubliqueévangéliquesortait à la parole de Dieu, des pi us profonds déserts;
« £t quels étaient les grands génies qui reproduisaient ces merveilles ? De simples Jésuites, souvent traversés dans leurs desseins par l'avarice de leurs compatriotes.
« C'est une coutume généralement adoptée dans TA mérique espagnole, de réduire les Indiens en commande, et de les sacrifier aux travaux des mines. En vain le clergé séculier et régulier avait réclamé contre cet usage aussi politique que barbitro*)* Les tribunaux du Mexique et du Pérou,'|ir'cour de Madrid, retentissaient des plaintes des missionnaires. Nous ne prétendons pas, di« saient-ils aux colons, nous opposerau profit que vous pouvez faire des Indiens par des voies légitimes; mais vous savez que l'intention du roi n'a jamais été que vous les regardiez comme des esclaves, et que la loi de Dieu vous le défend... Nous ne croyons pas qu'il: soit permis d'attenter à leur liberté, à laquelle ils ont un droit naturel, que rien n'autorise à leur contester. '
« Il restait au pied des Cordillères, vers la côte qui regarde l'Atlantique, entre l'Orénoque et le Rio de la Plata, un pays rempli de sauvages, où les Espagnols n avaient point porté la dévastation. Ce fut dans ces loréts qu'ils entreprirent de former une république chrétienne, et de donner, du moins a un petit nombre dlndiens , le bonheur qu'ils n'avaient pu procurer à tous.
« Ils commencèrent par obtenir de la cour d'Espagne la liberté des sauvages qu'ils parviendraient ^réunir. A celtenouvelle, les colons se soulevèrent, et ce ne fut qu'à force d'esprit et d'adresse que les Jésuites surprireut* pour ainsi dire, la permission do verser leur sang dans les déserts du nouveau monde. Enfin, ayant triomphé de la cupidité et de la malice humaines, méditant un des plus nobles desseins qu'ait jamais conçus un cœur d'homme, ils s'embarquèrent pour le Rio de la Plata.
« C'est dans ce fleuve que vient se perdre l'autre fleuve qui a donné son nom au paj^s et aux missions dont nous retraçons l'histoire. Paraguay, dans la langue des sauvages, signifie le fleuve couronné, parce qu'il prend sa source dans le lac Xarayès» qui lui sert comme de couronne . Avant u'aller grossir le Rio de la Plata, il reçoit les eaux du Parana et de l'Uraguay. Des^ fbrftls qui renferment dan^ leur sein, d'au*
tresforôts lonibéns de vieillesse, des manis et dos plaines entièrement inondés dans la saison des pluies, des montagnes qui élèvent des déserts sur des déserts, forment une parlie des régions que le Paraguay arrose. Le gibier de toute espèce y abonde, ainsi que les tigres et les ours. Les bois sont remplis d'abeilles» qui font une cire blanche, et un miel très-parfnmé. On y voit des oiseaux d'un plumage éclatant, et qui ressemblent à de grandes fleurs rouges et bleues, sur la verdure des arbres. Dn missionnaire français, qui s'était égaré dans ces solitudes, en fait la peinture suivante:
cr Je continuai ma route, sans savoir à « quel terme elle devait aboutir, et sans « qu'rl y eût personne qui pût me Tensei- « gner. * Je trouvai quelquefois, au milieu « de ces bois, des endroits enchantés. Tout « ce que l'industrie des hommes a pu ima* « giner pour rendre un lieu agréable, n'ap- « proche point de ce que la simple nature « y avait rassemblé de beautés.
«Ces lieuxcharmant réalisant les idées que « j^avais eues autrefois en lisant les vies « des anciens solitaires de la Thébaïde, il mo « vint en pensée de passer le reste de mes « jours dans ces forêts où la Providence « m'avait conduit, pour y vaquer unique- « ment à l'aflaire de mon salut, loin de tout « commerce avec les hommes; mais, comme « je n'étais pas le mattre de ma destinée, et « que les ordres du Seigneur m'étaient cerfr tainement marqués par ceux de mes su- «-périeurs, je rejetai celle pensée comme « llneillu^ion. »
«ties Indiens que Ton rencon Irait dans ces retraites, ne leur ressemblaient que par le côté affreux. Race indolente, stupide et féroce, elle montrait dans toute sa laideur l'homme primitif dégradé par sa chute. Rien ne prouve davantage la dégénération de la nature humaine, que la petitesse du sauvage dans la grandeur du désSut--
« Arrivés à Ruenos-Ayres, les ^ïigsionnaires remontèrent le Rio de la Plata, ëtentrant dans les eaux du Paraguay, se dispersèrent dans les bois. Les anciennes relations nous les représentent un bréviaire an bras gauche, une grande croix à la maia droite, et sans autre provision que leur confiance en Dieu. Ils nous les peignent se faisant jour à travers les forêts, marchant dans les terres marécageuses où ils avaient de l'eau jusqu'à la ceinture, gravissant des rochers escarpés et furetant dans les antres et les précipices, au risque d'y trouver des serpents et des botes féroces, au lieu des hommes qu'ils cherchaient.
« Plusieurs d'entre eux y moururent de faim et de fatigue ; d'autres furent massacrés et dévores par les sauvages. Le P. Lizardi fut trouvé percé de flèches sur un rocher; son corps était k demi mangé par les oiseaux de proie, et son bréviaire éthit ouvert auprès de lui àl'ofiice des morts. Quand un missionnaire rencontrait ainsi les restes d'un de ses compagnons, il s'empressait de lui rendre les honneurs funèbres; et plein