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Que celui gui veut venir après mot» renonce à iui'méme, porte sa croix ^ et niê suive , il ea donne aussiiôt celte raison : Car celui qui voudra sauver son âme la perdra ; mais celui gui la perdra pour Vamour de mot, la trou-» vera ensuite. Saiut Augustin sur ces paroles « fail ce commentaire : « Voilà, dit-il, une
Srande et admirable sonteoce, que l'amour e Thomme pour son Ame soit cause de sa perte; que la haine qu'il lui porte soit cause de son salut. C*est, continue^t-il» que c'est la ba'if, en effet, que de Taimer d'une manière déréglée, et que. c'est l'aimer, en effet, que de la haïr comme il faut, parce que c'est la conserver, en effet, pour l éternité, suivant ces paroles de Jésus-Christ : Celui qui hait son âme en et monde, la conserve potir la vie étemelle. Bienheureux, poursuit le saint, ceux qui la haïssent en la conservant, de peur de la perdre en Taimant trop : c'est pourquoi gardez-vous bien de l'aimer en cette vie, de crainte de la perdre éternellement es l^autre. i Ces paroles peuvent s'entettdre aussi bien du renoncement k son propre esprit, à toutes les facultés de son Ame par l'abnégation, que du renonce** ment à la vie. {Voyez Mortification.)
ABSOLUTION. Voy. Confession.
ABSTINENCE. -* Le inolif général de rabstinenc<3 est de mortifier les sens et de dompter les passions ; Ton connaît assez les suites' naturelles de la gourmandise. Selon BuQon lui-même, la mortification la plus efficace contre la luxure, est Vabstinence et le jeûne. ( Hist. nat., tom. III, in-i2, cap. 4, pag. 105.) Dieu» après avoir créé nos premiers parents, leur accorda pour nourri* ture les plantes et les fruits de la terre; il ne leur parla point de la chair des animaux ( Gen. 1,29). Mais vu les excès auxquels se livrèrent les hommes antérieurs au déluge, il n'est guère probable qu'ils se soient abstenus d^aucun des aliments qui pouvaient flatter leur goût.
Après le déluge, Dieu permit h Iioé et à ses, enfants de manger de la chair des animaux ; mais il leur défendit d'en manger le sang (Gen. ix, 3 et suiv.). Par les termes dans lesquels cette défense est conçue, il parait que le motif était dMnspirer aux hom-> mes l'horreur du meurtre. L'habitude d'égorger les animaux et d'en boire le sang porte infailliblement les hommes à la cruauté. ; Moïse par ses lois défendit aux Juifs la chair de plusieurs animaux qu'il nomme i'mptfTx, il exclut nommément tous ceux dont . la chair pouvait être malsaine, relativement au climatt et à cause des maladies. Quelques philosophes ont rapporté au même motif l'usage des Egyptiens, de s^ahstenir de la chair de plusieurs animaux.
L'usage du vin était interdit aux prêtres pendant tout le temps qu'ils étaient occupés au service du temple, et aux Nazaréens pour tout le temps de leur purification. Les réchabites sont loués d'avoir observé la dé-' fense de boire du vin (Jer. xxx»6). A la naissance du christianisme, les juir3 voulaient que l'on assujettit les païens convertis à
toutes les observances de la loi judaïque, à toutes les abstinences qu*its pratiquaient. Les apûtres assemblés à Jérusalem décidé* rent qu'il suffisait aux fidèles convertis du paganisme de s'abstenir du sang, des viandes suffoquées, de la fornication et de l'idolâtrie {Act. XV ). Saint Paul dans ses Lettres a donné sur ce point des règles très-sages. Bientôt même cette abstinence se trouva su* jette à des inconvénients ; Tertullien noua apprend que les païens, pour mettre les Cnrétieus à l'épreuve, leur présentaient à manger du sang {ApoL, c. 9). Les âb" siinenees prescrites à Noé, aux Juifs, aux fidèles, démontrent l'abus que les protes* tants ont fait de la maxime de l'Evangile ^ que ce n'est point ce qui entre dans la bou-* che qui spuille l'hommel {Matth. iv, Il ). C'est en vain qu'ils contestent l'usage oe Vabstinence dans les premiers siècles de l'Eglise : Origène nous apprend que plusieurs Chrétiens fervents saostenaient pour toujours de la viande et du vin» afin de réduire leur corps en servitude (I. v Coiifra CeU.)^ Saint Jérôme constate contre Jovinleo le mérite de Vabstinence {Ad Jov. ]. Jésos- Christ n'a-t-il pas loué l'abstinence de saibt Jean? Cette répuenance manifeste des bérétiquesde tous les siècles pour une loi dont l'anli^i quité ne peut être mise en doute, devrait d'autantplusétonner,sironignoraittoutcequelesi appétits contrariés de l'homme peuvent ins-
f)irer d'injustes préventions. Admise par e plus grand nombre des philosophes et des médecins anciens, comme loi morale et bvgiénique de la plus haute importance, elle est, à ne la considérer même que sous oe point de vue purement humain, plus propre que toute autre à contribuer à la pertection et au bonheur de l'homme. Si Epictète a résumé toute sa doctrine par ces deux mots : Abstine, sustine ; sache f abstenir et supporter ; si Porphyre a laissé un traité complet sur cette matière, si les pythagoriciens et les orphiques ont chaleureusement pris sa dé-, fense, c'est que tous avaient compris quelle force donne à l'homme l'empire qu'il acr quiert sur ses passions par l'habitude de les modérer. Comme il est incontestable, en eSét, que plus on les satisfait, plus leurs exigences deviennent tyranniques, il est évident par là même que plus on les resserre dans des boraes étroites,t moins leurs caprices sont impérieux. Le domaine que Tesprit de l'homme acquiert ainsi sur la matière n'est-il pas d'ailleurs une de ses plus belles prérogatives? Et quand on voit cba-t que jour la profondeur du crime se creuser au sein des désirs d'autant plus immodérés qu'ils sont plus docilement satisfaits ; quand on voit, d'un autre côté, les passions d'autant
filus facilement comprimées, qu'on s'est plus onguement disposé à fermer l'oreille à leurs voii( impétueuses, ne doit-ron pas convenir que l'abstinence, si l'Eglise ne Timposait pas comme un devoir, devrait être pratiquée comme le plus puissant auxiliaire de la vertu, estimée comme l'arme la plus efiicaco ' contre le vice et les attraits du monde ? Slld
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est d*ailleurs la source des pensées chastes» des conseils salutaires, des résolutions sages et prudentes. Si elle contribue à réduire le eorps en servitude» suivant l'expression de Mint Paul (Galat., xxiv; tCorint. ix, 37)» ce n'est que pour donner plus de liberté à Tesprit» pour dteager TAme des liens trop terrestres oui l'étreignent et la dominent; elle agit k l'égard du corps» comme un écuyer prudent k l'égard d'un cheval fougueux dont U veut dompter les écarts» et got retranche
auelque chose à la qualité ou a l'abondance e ses aliments pour le rendre plus docile, et ne pas être précipité parlai dans la boue. -*• Deux excès doivent être cependant pré- Tos et évités, soit dans la pratique» soit dans les principes de Tabstinenco. Le premier est celui des hérétiques encratites, montanistes, manichéens» etc.» qui regardent Tusage de la chair comme impur» toujours illicite et mauvais en soi. Us ont été cx>ndamnés k l'avance par saint Paul (/Jim. IV, 8). Le second est celui de Jovinien» élo* quemroent refuté par saint Jérôme, et des protestants qui prétendent que l'abstinence de la viande, sans aucun mérite en ellemême» est superstitieuse» judaïque» absurde» etc. — Plus sage et plus raisonnable» l'Eglise catholique la regarde comme méritoire, quand de bons motifs en dirigent la pratique, etcomme obli^toire»auand aucune raison plausible n'en dispense. Elle l'impose A la milice chrétienne comme un bouclier contre les attaques du vice ; comme nne réparation du premier péché, source de tous les maux et de toutes les faiblesses de l'hu* manité; comme le moyen le plus efficace pour l'homme de racheter la liberté qu'il a perdue» et de reconquérir l'empire de luimême» dont il a si malheureusement abusé. Sôps tous ces rapports» et quoi qu'en disent les hérétiques anciens et les épicuriens modernes, la loi de l'abstinence est pleine de flaxesse et de haute raison. [Voir Jbunb. )
LA plilpart des ascètes ont pratiwé les phis rudes abstinences. Les ordres religieux ne se sont point contentés de la loi générale de TEglise, ils ont fixé dans leur rèele un grand nombre de jours consacrés k 1 abstinence. Nous ne voyons pas que ce régime austère si utile au point de vue de l'asser- Yissement des passions» ait été nuisible au
Ïoint de vue hygiénique. La Thébaïde» la rappe, Ctteaux, le Garmel ont offert et oflhent chaque Jour de nombreux exemples de longévité. Une longue vie est en effet la suite ordinaire et naturelle» non d'une alimentation succulente et confortable, mais bien du calme des passions el de l'asservisaement des sens k 1 esprit.
ABSTRACTION de L*ESParr. — Voy. Iw-
TIIXIOBNCB.
ABUS DES 6BACES. — Voy. Gbaces» Avbu-
6LBIIBNT SPIRITUEL.
ACHERY (Dom Luc d')» né en 1609 à
(67) Pour trouver plus de deuils sur les ouvrages aaoélli|oes, ik suffit de consulter le Cataloguegéaéral» <|b du t« 0; ou s'est cootcnté dans chaque noUc^
Saint-Quentin en Picardie, ilt profession dans la congrégation de Saint-Maur» ordre de Saint-Benoit. Il s'y rendit recoromandable par un savoir profond et une piélé tendre. Il mourut à Saint-Germain des Prés en 1685» Agé de soiiante-seizeans» atec la consolation dfavoir consacré toute sa vie à la retraite et è Tétude. Ses œuvres spirituelles et ascétiques sont : i* Son Spicilége^ en 18 vol. in-4% oà Ton trouve entre autrea choses, une foule de Vies de saints, de légendes, de lettres spirituelles inédites. Il orna ce recueil» fait avec choix» de préfaces pleines d'érudition. 2* fteou/a jo/t/ortorutn. S" Un catalogue in-V des Outrages aicétiquts des Pi^ rtê. Il a aussi publié les Œuvres de LoH" franc 1^1). [Voy. ce nom,]
ACORMÈTES ou AcÉiiàTES (qui nedor^ mmi potn<).~Nom de certains religieux fort célèbres dans les premiers siècles de TEglise, surtout dans TOrient» appelés ainsi, non qu'ils eussent les yeux toiyours ouverts sans dormir un seul moment, comme quelques auteurs l'ont écrit, mais . parce qu'ils observaient dans leurs églises une psalmodie perpétuelle sans Tinterrompre ni jour ni nuit. Ce mot est grec, composé d a privatif et de koi^» dormir.
Les Acœmètes étaient partagés en trois bandes» dont chacune psalmodiait à son tour et relevait les autres : de sorte que cet exercice durait sans interruption pendant toutes les heures du jour et de la nuit. Suivant ce |:)arlage chaque Acœmète consacrait tous les jours religieusement huit heures entières au chant des psaumes» è quoi ils joignaient la vie la plus exemplaire et la plus édiGaute : aussi ont-ils illustré l'Eglise orientale par un grand nombre de aaïuta, d*év£ques et de luitriarches.
Nicéphore donne (H)ur fondateur aux Acœmètes un nommé Marcellus, que quelques écrivains modernes appellent Marcellus d*Apamée; mais Bollandus nous apprend que ce fut Alexandre» moine de Syrie» antérieur de plusieurs années à Harcollus.
Suivant Bollandus, celui-là mourut vers Tau 330. Il fut remplacé dans le gouvernement des Acœmètes» par Jean Galybe, et celui-ci par Marcellus»
On lit dans saint Grégoire de Tours et plusieurs autres écrivains» que Sigismond» roi de Bourgogne, inconsolable d'avoir, k Tinstigation d'une méchante princesse qu'il avait épousée en secondes noces, et qui était fille de Théodoric, roi d'Italie» fait périr son fils Géséric» prince qu'il avait eu de sa première femme, se retira dans son monastère de Saint-Maurice, connu autrefoia sous le nom d'Agaune» et y établit lea Acœmètes, pour laisser dans l'Eglise ua monument durable de sa douleur et de sa pénitence.
Il n'en fallut pas davantage pour que le nom d'Acœmèteet la psalmodiej>erpétuelle, fussent mis en usage dans l'Oeeident, et
d*indiquer sommairetnent les éciiu les plus Lies.
f ««npje ^ StJ&i-lls.rH'.*. rrjv 7:3«$ 2»
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