‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 27 sur 186 · PROPRE · texte numérisé non relu

PROPRE

AMBKOISE (Saint) naquit vers l'an 3i0»

Fils d'un préfet des Gaules, il suivit d'abord la carrière du barreau. Après la mort d'Auxcnce, évoque de Milan, il fut élu peur lui succéder, par le peuple, qui le proclanja d'une voix unanime, et ce choix fut confirmé par l'empereur Valenlinien. Ambroise lui sacré Ie7 décembre 37fc, Il se montra inflexible contre l'hérésie des ariens. On connaît scu ferme résistance à l'empereur Théodose qu'il refusa de recevoir dans l'Eglise, après lemassacre de 7,000 habitants de Thessaloniquc, cl auquel il imposa la pénitence piibli-que. Il vendit ses vases sacrés pour racheter les captifs que les Goths, dans leurs dévastations, enlrainaient de toutes parts. En* fin après avoir donné à l'Eglise l'exemple des plus sublimes vertus, il mourut la veille^ de Pâques, l'an 397, âgé de cinquante-sept ans. Ses œuvres ascétiques sont : le W Livrede Caïn. — Isaac ou lAme. — Des avantagesi de la mort. — Jacob ou la vie bienheureuse, — La faite du siècle. — David pécheur et pénitent.—Elit ou £ç jeûne. —Interpellations de Job en deuxMivres. — Discours sur les^ Psaumes. — Chap. a,el k sur Jonas, ou Lesaint Traité du Jeûne et de la Pénitence. — Doux livres sur. la Pénitence. —Trois livres Des devoirs.^ Plan de conduite pour \me vierge. —Livre â une vierge sage. — l.îvi^ à une vierge tombée, —De la dignité du sacerdoce. — Sermons : le l**, sur la charité; les. 25% 26% 29' et 3/*' du jeûne quadragésimal : les 36% 37% 38' 39% W,M' kS^des larmes de- Pierre; le *à^' de la manière de faire pénitctif^^

AMI

mciiONiNAIRE;

AMI

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— Livre de h Vie e( des mœurs des prélaU. — Un V livre sur divers sujets, utile surtout ^UI jeunes gens et aux personnes affligées.

AME, ses divers états dans l'oraison. — Foy. Oraison,

AMES (Direction DBa}.-^Foy, Dirbgtkur.

AMENDEMENT DE LA VjE. — toy. Mortification, PÂNITBNCE.

AMITIÉ, - L'amitié, en général, sedéflnit : une bienveillance réciproque, connue et Il désintéressée entre des personnes qui se veulent du bien mutuellement et désirent se combler de bienfaits réciproques. Il ré* suite évidemment de ces paroles: 1"* qu'il y a upe différence extrême entre Tamour pro* prement dit et Tamitié : en effet, Tamour peut n'être pas réciproque, il peut être même inconnu de la personne aimée : 4*où il arrive que l'amitié renferme toujours l'amour, et que l'amour ne suppose pas toujours l'amilié ; 9r que pour l'amitié, il faut une réciprocité de rapports honnêtes et de vertueuse bienveillance, sans auoi elle ne pourrait exister et serait plutôt une liaison corruptrice qu'une amitié réelle; 3* que cet amour mutuel doit être désintéressé et gratuit : rechercher son intérêt particulier, son utilité ftropre» serait non le rôle de l'amitié, mais e caractère du mercenaire. Ainsi, une société contractée entre des négociants, dans l'espoir et la rechcrchi^ d'un gain mutuel pour les associés , un traité conclu entre des princes, dans l'intérêt mutuel de leurs Etats, nedoivent point être considérés comme des rapports d'amitié, mais comme des rela* Uous qui ont pour base et pour motif un (ivantage, un gain quelconque. De même encore, uneliaison fondée sur leplaisirmêmo innocent qui a sa source dans la beauté du corps, daus la bonté de caractère, dans un rapport sympathique entre deux personnes de môme sexe ou de sexe différent, ne peut être non plus considérée comme une amitié réelle ; et si cette liaison dégénère en un amour honteux et impudique et amène un mutuel Consentement à des actes obscènes, loin d'être une amitié, elle n'est plus (|u'un faux amour, qu'une fausse amitié , qu'une baiqe véritable, puisc^u'eile cherche, non pas ce qui est bon, mais ce qui est mauvais. P'ou il faut conclure que l'amitié honnête seule est véritable, et que celle-là seule est ]^onuêle, qui tend à rendre l'ami meilleur ; et elle sera plus oq moins une amitié véritable, selon qu'elle sera plusou moins honnête. L'amitié est naturelle ou surnaturelle , gé* nérale ou particulière. L'amitié naturelle est celle qui se fopde sur une honnêteté morale, naturelleou philosophique: c'est de cette amitié que s'aiment mutuellement parTinclinaiîQu de la ùature, les frères et sœurs , les parents et les enfants, l'époux et l'épouse, les membres d'un même corps d*état, d'une société littéraire, etc. L'amitié .surnaturelle et théologique estcdlequi, ayanlsasourcedans un principe et un motif surnaturels, tend aussi ^ une tin surnaturelle, comme dans le cas où iamiiié entre les personnes que nous ve- «UMsUo désigner I serait jointe à la clarilé

chrétienne, principalement si elle portait des amis unis entre eux par la charité pariaite, si elle les portait et les conduisait a la per» fection et à l'avancement spirituel. L*amitié générale ou universelle est l'amour de charité par= lequel nous aimons tous nos sem* blables. Cet amour peut être appelé une vé'* ritable amitié, en ce sens qu'il est un amour d*amitié et non d'intérêt propre , quoiqu'il lui manque plusieurs caractères de l'amitié

f)roprementdite, comme la réciprocité dans 'affection» le don et le retour d'actes de bienfaisancot etc. L'amitié particulière esl l'amour de la charité par lequel une personne en aime une autre de préférepce à toute autre ; par exemple, un parent , un concistoyen, etc.

L'amitié universelle et l'amitié particulière peuvent être également naturelles ou surnaturelles. L'amitié particulière peut être bonne ou mauvaise : bonne, si elle a un principe et une fin honnêtes; mauvaise» dans le cas contraire; et alors elle n'est point pro* prement une amitié. Dans ce dernRr cas, elle n'est pas autre chose que l'association de quelques personnes unies entre elles par 6e» intentions perverses et conspirant clan« destinement, sous la maligne influence du démon, pour porter atteinte à la loi.

I. Cette amitié mauvaise doit être évitée avec le plus grand soin, et surtout dans les communautés religieuses : car une amitié de la sorte portant au mal, quand même ce ne serait qu*indirectement , ne doit point être qualinée du beau nom d'amitié et n'en a point les aimables caractères, puisqu'elle veut le mal et non le bien. Aussi lisonsnous dans saint Matthieu : Si votre œil droite c*est«à-dire, selon saint Augustin, si votre ami^'ous scandalise , rejetez-le et éloianex-h de vous {Matth. y, 30), Les Pères de I Eglise et les maîtres de la vie spirituelle s'élèvent hautement contre cette amitié mauvaise.

Voici ce que dit saint Basile : i^ La loi de la charité ne permet point que, dans cette communauté, il se contracte d'amitié ou d*unian particulière, puisqu'il est inévitable que ces atfections ne portent plus au mal qu'au bien, et ne causent un préjudice considérable à l'union générale. » (Basil., Serm. 1 Ascet,) Selon saint Jean Chrysostome, se lier iatimement à deux ou trois, pour se séparer dés autres, ce n'est point là la charité, mais la division de la charité. (Cbrysost., m II ThessaU^ homil. 2.)» Nous devons éviter soigneusement, njoutc saint François de Sales, de nous laisser séduire par ces .sortes d'amitiés, surtout entre personnes de différent sexe, sous quelque prétexte que ce soit : car le démon corrompt souvent l'amitié de ceux qui s*aiment de la sorte. On commence par un amour honnête et vertueux, puis, à moins d'une extrême prudence , on en vient à un amour frivole: de là à un amour sensuel, et enfin à un amour charnel et grossier. (S. François de Sales. /n/r.d/artea^v. III, p.,c. 20.)

II. On doit éviter, surtout en religion, do faire amitié parliculiùre avec ses parents, soit sOtulii-'i'i^, suit luCmc religieux. Si quel-

AMI

D*ASG£T|MtS.

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Îi$*un vient à moi^ dit Noln'-^Seigçeur» et ne att'poifU son pire et sa mire^.,. et ses frères et ses saurs^ tl ne peut être mon disciple [Luc. iiTy 26). — Et ailleurs : Suivex-'moif dit-il encore, et laissez les morts ensevelir leurs morts (Matth. viii. 33). Telle est aussi la doctrine des Pères, «t entre autres de saint Basile qui s*esplique à ce suyet de la maniàre la plus précise ; « Si l'on trouve gue quelqu'un témoigne une trop grande inclination pour un frère en religion» ou pour un parent, ou pour qui que ce soit» 0ur quelque prétexte qu'il fonde cette ami«> tiéy il faut lui infliger un châtiment» une

funilion, à raison du préjudice qu'il porte la charité commune. » f Serm. 1 Ascet. ) Il est, en effet, facile de voir que l'amour de la chair et du sang ne peut que nuire ex«trémement k l'amour spirituel qui doit animer particulièrement les personnes de religion. Une amitié excessive et trop tendre pour les narents remplit d'inquiétude, et distrait «nécessairement le cœur et l'esprit des devoirs de la vie monastique et spiri-' tuelle. De là tant de religieux , entraînés par trop d'attachement pour leurs proches» recherchent leurs intérêts matériels, s'occupent de leurs affairef« songent à faire avancer dans le monde uo frère, une sœur» un neveu , toujours au préjudice de leur âme à eux-mêmes, et de leur propre vocation quelciuefois. De là cette anxiété ln« quiète qui rend certains religieux trop sensibles aux diverses chances de succès ou d*infortune, d'adversité ou de prospérité qu'ils voient éprouver à leurs proches. Un religieux est mort pour le monde, il est crucifié pour le monde; que peut-il donc avoir de commun avec les gens du siècle, auxquels il a renoncé en renonçant au monde? III. On doit éviter encore", surtout en religion, l'amitié particulière pour les personnes de même pays, de même nation.

Car, bien que cette amitié particulière entre

(^ens de même f.ays puisse, retenue dans es iim'tes d'une sage modération et dans les règles de la nature et de la grAce, être quelquefois fort louable, comme nous avons lieu de l'admirer en ceux qui se sacrifient au bien spirituel Je leur patrie, souvent cependant elle ne prend sa source et ne fait que consister en une tendre et douce inclination pour le sol natal ; et elle devient faeilement excessive et déréglée, si on ne lui met un frein, si on ne la retient dans de justes bornes, ainsi qu'il convient à un Chrétien et particulièrement à un religieux de le faire. // n'y a point de distinction entre te Juif et le Grec, comme dit saint Paul, car c'est le mime Dieu que tous invoquent {Rom. X. 12). « Savez-vous, dit saint Grégoire de Nazianze, quelle est ma patrie? Toute la terre est ma patrie, et ma patrie n'est nulle part sur la terre. » (Orat. 28, n. 35.) En vérité, il n'y a rien de plus contraire à la raison et à la sainteté do la vie religieuse, que de se laisser emporter par une aveugle préférence nationalo, et de s'attacher à une personne, de la préférer à toute autre, uni-

quement parce qu'elle est de la mém^^ nation» de la même province, de la même ville

IV. L'afbitié particulière doit être évitée entre personnes âgées et jeunes gens, ai elle n*a sa source que dans une affection toute naturelle et toute humaine» si elle n'a sa raison d'être que dans un principe frivole» comme la Donté du caractère» ki beauté du visage, ou quelqu'autre avantage physique. Aussi saint Jean» en tête de sa deuxième épltre qu'il adresse à une dame nommée Electa et à ses en&iita» a-t-il soin de dire qu'il les aime» les chérit dans la vérité» Senior Electœ domines ei natu e^s^ fMoa ego diligo in veritaie^ pour faire comprendre qu'il ne veut avoir d'amitié avec cette dame et ses enfants que dans le Seigneur. Ajoutex à ce!a la cliute du roi David A la vue de Bethsabée» le crime des vieillards qui cherchaient à séduire la chaste Suzanne dont l'aspect avait allumé en eux le feu d'un amour iniïme. — La beauté extérieure des jeunes sens, fussent-ils des anges, doit suflire pour détourner les personnes plus Agée^ de contracter imprudemment avec eux aucune amitié particulière. « Ordinaireeient, dit saint Basile, les jeunes gens, même les plus chastes, ont je ne sais quellç fleur de jeunesse, quelle fraîcheur de teint» qui excite le plus souvent l'aiguillon de la chair et des sens en ceux qui les regardent • (Serm. 1 Ascet. ) — € jSvitez» autant que vous le pourrez décemment, dit saint Bernard, la compagnie et l'amitié des jeunes gens, et surtout de ceux qui ont encore la figure en^ fantine. » (Form. hon. Yit.^ n. 6. )— « Si l'on s'aperçoit, ajoute saint Pacôme dans la règle qu'il donne à ses moines » si Ton s'aperçoit qu'un frère s'amuse volontiers à jouer et à badiner avec les enfants, â leur faire des caresses d'amitié, on l'avertira par trois fois de renoncer à de telles liaisons» de se rappeler la crainte de Dieu et de revenir à des habitudes plus honnêtes ; s'il ne veut pas cesser, il sera puni du châtiment le plus sévère, ainsi qu'il le mérite. » (Pachom. Reg.^ c. 90. )— Quant à ce qui concerne ces sortes d'amitiés entre per^ sonnes de différent sexe, voici ce qu'en dit saint Bonaventure : « Si vous ne dédaigner pas mon avis, je vous conseille de ne jamais contracter d'amitié particulière avec aucune femme, quand ce sérail une religieuse, (luand ce serait une sainte; car outre le (langer des tentations de la chair qu'une telle liaison amène toujours; outre les soupçons et la mauvaise idéequ'elle suggère aux autres sur la pureté de ceux qui s'y laissent prendre, une telle aflection particulière engendre toujours une excessive inquiétude dans le cœur. » (Opusc. de inform. novit,^ 39. )

y. Los jeunes gens doivent également éviter de contracter entre eux une amitié trop particulière. La raison en est que, si les glaces de la vieillesse ne suiTisent point pour résister au feu de la jeunesse, à plus forte raison les rapports intimes déjeune homme à j^unc bumme scroul-ils dangereux. S*il

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