‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 33 sur 186 · TION PASSIVE DE LA PARTIE SENSIBLE · texte numérisé non relu

TION PASSIVE DE LA PARTIE SENSIBLE

AQUAVIVA (Claude) , de la famille des ducs d'Atri, au royaume de Naples, devint général des Jésuites on 1581, et mourut en

DiCTiONN. d'Ascétisme. I.

1615, i\gc de soïxantc-^louze ans. On le regarde avec raison comme l'un des généraux de la société qui ont montré le plus de fermeté et de prudence dans le gouvernement. Ses œuvres ascétiques sont : 1" des Lettres sur divers sujets spirituels ; 2** des Méditations en latin sur les psaumes kk et 93; 3' Oratio de Passions Domini ; 4* Industria ad curandos animi morhos, 1606, in-12: cet ouvrage qui annonce une grande connaissance du cœur humain, a été traduit en français sous le titre de Manuel des supérieurs, Paris, 1776, in-12.

ARCANES. — Les alchimistes désignaient sous le nom d'arcanes certains remèdes secrets, dont la composition n'était connue que de l'inventeur, et quipossédaient,disailon, des propriétés toutes merveilleuses. Les auteurs ascétiques se sont emparés de cette expression pour désigner les moyens secrets qu'ont pratiqués les maîtres les plus expérimentés de la vie spirituelle, pour conduire les âmes dans les voies de la perfection. C'est ainsi que nous donnons d'après eux les arcanes de l'abandon et des différentes voies de la vie spirituelle. {Yoy, les mots Abandon, Perfection, etc.)

ARIAS (François) , Jésuite de Séville , mourut en 1605, âgé de soixante-douze ans, en odeur de sainteté. Ses ouvrages de piété avaient le suffrage de saint François de Sales. Ils ont été traduits d'espagnol en latin, en français et en italien. Nous signalons eu particulier: 1** Son Traité sur l avancement spirituel; — 2** un autre sur la Défiance de soi'-méme ; — 3** sur la Mortification , — 4' sur la Présence de Dieu ; — ^'^ sur la gravité du péché : — 6* une Imitation de Jésus-Christ.

ARNAULD, abbé de Bonneval, ordre de Saint-Benoit, diocèse de Chartres » nommé aussi Arnauld de Chartres, était ami de saint Bernard, qui lui écrivit sa dernière lettre, peu do jours avant sa mort. Arnauld est auteur du second livre de la Vie de saint Bernard, attribué mal à propos, comme Ta prouvé dom Mabillon, à un autre Arnauhl , abbé de Bonneval, en Dauphiné. 11 passo pour être le véritable auteur des douze traités De operibus Christi cardinalibus, attribués par quelques-uns, sans fondement, à saint Cyprien. Ils sont adressés au Pape Adrien I V. On a encore de lui : i* Tractatus de septem verbis Domini in cruce ; 2" Sermo de laudtbus B. Mariœ, dans la Bibliothèque des Pères : le P. Titelman, cordelier, et le P. Scholt, Jésuite, les ont publiés l'un et l'autre ; 3** Tractatus de operibus sex dierum, publié par Denys Pertounet de Melun , théologal d'Auxerre.

ARVISENET (Claude), chanoine et vicaire général de Troyes, puis archidiacre dé Langres, sous Mgr de La Luzerne, naquit à Laugres, le 8 septembre 1755, et mourut à Gray le 17 février 1831. Forcé par la révolution de se retirer àLucerne, Arvisenet composa dans l'exil plusieurs ouvrages de piété, et entre autres le Memoriale vitœ sacerdota-^ 1(5, répandu dans toute l'Europe catholique,

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et qui a nférilé à l*auteur les éloges du Pape

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ASCETES, du grec àtntnriiç, mot qui signifie, à Ja lettre, une personne qui s'exerce, qui travaille. Ce nom a été donné en générai à tous ceux qui embrassaient un genre de vie plus austère, et qui par là s'exerçaient plus h la vertu, ou travaillaient plus fortement h l'acquérir que le commun des hommes. En ce sens, les esiéniens chez les Juifs, les pythagoriciens entre les philosophes,

Î>ouvaient être appelés ascêlei. Parmi les Chrétiens , d&ns les premiers temps , on donnait le même titre à tous ceux qui se distinguaient.des autres par l'austérité de leurs mœurs, qui s'abstenaient , par exemple , de pain el de viande. Depuis, la vie monastique ayant été mise en honneur dans l'Orient, et regardée comme plus parfaite que la vie commune, le nom d'ascf/e^ est demeuré aux moines, et particulièrement à ceux qui se retiraient dans les déserts, et n'avaient d'autre occupation que de s'exercera la méditation, à la lecture, aux jeûnes et aux autres mortifications. On Ta aussi donné à des religieuses ; c*est pourquoi on a nommé asceieria les monastères, mais surtout certaines maisons dans lesquelles il y avait des moniales et des acolytes, dont l'office était d'ensevelir les morts. Les Grecs donnent généralement le nom A*asciiesii tous les moines, soit anachorètes et solitaires, soit cénobites.

M. de Valois dans ses Notes sur Eusibe^ et le P. Pagi, remarquent que dans les premiers temps , le nom di'ascites et celui de moines n'étaient pas syuonimes. Il y a tou- |ours eu des ascètes dans l'Eglise , et la vie monastique n'a commencé à y être en honneur que dans lenr' siècle. Bingham obs^erve plusieurs différences entre les moines anciens et les ascètes; par exemple, que ceux-ci Tîvaient dans les villes, qu'il y en avait de toute condition, même des clercs , et qu'ils ne suivaient point d'autres règles particulières que les lois de l'Eglise, au lieu que les moines vivaient dans Ta solitude, étaient tous laïques, du moins dans les commencements, et assujettis aux règles ou constitutions de leurs fondateurs. De là , on a nommé vie ascétique^ la vie que menaient les fervents Chrétiens. Elle consistait, selon Fleur^, à pratiquer volontairement tous les exercices de la pénitence. Les ascétiques s'enfermaient d'ordinaire dans des maisons, où ils vivaient en grande retraite, eardant la continence, et ajoutant à la frugalité chrétienne des abstinences et des jeûnes extraordinaires. Ils pratiquaient la xérophagie et les jeûnes de deux ou trois jours do suite, ou plus encore ; ils s'exerçaient à porter le cilice, à marcher nu-pieds, à dormir sur la terre, à veiller une grande partie de la nuit, à lire assidûment l'Ecriture sainte, à prier le plus continuellement qu'il était possible.

Jl est souvent parlé des ascètes dans Origène et dans les autres auteurs ecclésiastiques. Les plus célèbres dont ils fassent mention, sont : saint Sdrapion,élu évéque d'Antioche sous Commode (S. Hier., Catal.)\

Piérius, prôlre d'Alexandrie [76td.); saint Lucien, martyr (S. Athan., vel atius, Synops. sacr. scriptor. , in fine, p. 2M, 7, â); saint Pierre, martyr en Palestine (Eus., ife mort. Palesi., c. 20} ; saint Pamphile et saint Seleucius, martyrs (/6id., cil) ; saint Justin, martyr (S. EpiPH.,hœr. M); saint Cyrille de Jérusalem (Synax, grœe. mss, coHeg. Jesuit. Paris,, et Bolland., t. II, marl.yAppend^^

K. 7^8); saint Basile et saint Grégoire de azianze,avant qu ils eussent embrassé l'état proprement monastique ; saint Chrysostome, saint Amphiloque , saint Athanasc, saint Martin, saint Jean d'C^nte, saint Sulpice- Sévère, saint Paulin, Héliodore, Népotien, Finien (Pallad., Laus., c.8^,12i, 122, etc.). On appelaitquelquefois les ascètes, abstinents (RuFiN,£fts^, t. Il,c. \6), solitaires (S.Epiph.» or. 2; S. Cyr., Hier., cat. i^, 12 et 16)» cf^ vots (S. Jac. NisiB., Or. de devotis)9naxaréens (S. Greo. Naz., or. 20, 32, etc.] , enfin confesseurs, parce que leur vie était une confession perpétuelle de la foi dont ils pratiquaient les œuvres avec un zèle vraiment héroïque (Du Carge, Gtossar, , v. Confess.). C'est de là qu'est venu le nom de eonfessenr à saint Martin, le premier qui l'ait porté dans les calendriers , et ensuite aux autres saints qui n'étaient pas martyrs (Foy. M. Ar-

TONBLLl , C. %, p. 13i).

Parmi ces ascètes, il y en avait qui étaient solitaires, et qui menaient une vie purement contemplative ; d'autres s'appliquaient aux travaux du ministère ecclésiastique » et à l'instruction du peuple. (Foy. S. GmfeoimB de Nazianze, or. 23, p. i^ll ; or. 12 , p. 191; or. 20, p. 358 ; S. Basile, ep. 9, ol. M , ad Maximum, etc.) Saint Sérapion saint Justin , Aristide, Quadrat , Athénagore , Panthène , Clément , Origène , Héraclas, etc., furent du nombre de ces derniers.

Il est clair, par saint Ambroise (Ep. 58 ad Sabinum episCf n. 3, t. Il),que les ascètes avaient des habits différents de ceux des personnes du monde ; et ces habits étaient pauvres, et ordinairement de couleur noire ou brune. (Stnes., ep. H6, p. 282, etc.) Les uns se. consacraient a Dieu par des vœux, et les autres sans vœux. Saint Jacçiues de Nisibe (or. 6» De devotis, p. 203) distingue formellement ces deux sortes a*ascètes. Tous ceux qui avaient embrassé la vie ascétiaue vivaient dans une grande pauvreté, et taisaient profession d'une continence perpétuelle. fORi6.,l.i, contra Cels., n. 6, et I. vu, n. 48 ; S. Cyril. Hierosol., calech. k et 12; S. Basil., ep. 1184 ; S. Greg. Naziàkz., or. 12, p. 191; Carm. 18, p. 218; S. Chrts., De virginil., etc.) Ils ne mangeaient point de viatKie, et pratiquaientdes jeûnes rigoureux. (Orio., 1 contra Cels., p. 264, ethom. 19 in Jerem., n. 7.) Leurs veilles étaient longues, et leurs autres mortifications fort austères. (Clem. Alex., Pœdag,, et Strom., 1. m, p. 538; Eus., Hist., I. v, etc. ; m , etc.) Enfin, la lecture, la prière et le travail, faisaient toute leur occupation. (S. Basil., ep. 3 ad Greg. Naz.) Le nombre des ascètes était très-considérable à Nazianze. (S. Greg. Naz.,

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