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btlude les entraîne» et que leur dissipation les empoche de veiller sur leur intérieur. Leur aveuglement est semblable à celui de Bavid qui , après son adultère et son homicide, fut longtemps sans se reconnaître.
2* La seconde espèce d'aveuglemf*nl, c'est d'ignorer le bien qu'on pourrait faire pour la gloire et le service de Dieu. Les lumières naturelles ne découvrent ordinairement que ce qui flatte l'amour-propre; et quand on les prend pour guides, on cherche à se faire valoir, a pousser ses prétentions, h s'attirer Testime des hommes. Mener une vie cachée, èire abandonné des créatures, prendre pour soi ce qu'il' y a de plus incommode, faire fonds sur l'humilité, sur la pauvreté d'esprit et sur la souffrance, toutes ces maiimes évangéliques, où la lumière du Saint-Esprit découvre de si grandes richesses aux saintes Ames, ne présentent au commun des hommes que pauvreté et disette, parce qu'étant dans l'obscurité, les vérités les plus lumineuses ne sont pour eux que ténèbres. C'est pour cela que saint François Xavier, parlant de cette sentence de l'Evangile : Celui qui en ce mondt hait sa vie, i*en aaure pour la vie éiemelle {Joan. xii, S5), dit que rien n'est plus clair que cette vérité pour ceux qui la contemplent dans l'oraison, et que rien n'est plus obscur dans la pratique, pour ceux qui n'en ont pas l'intelligence et le goût.
3* La troisième espèce d'aveuglement consiste à ignorer ce qu'il y a de plus profond et de plus secret dans le cœur. Il y a des personnes qui paraissent vertueuses, qui se croient telles, et qui le sont au jugement de bien des gens : il s'en faut pourtant de beaucoup qu'elles le soient autant qu'elles le paraissent, parce qu'elles n'ont pas poussé la mortification assez loin, et qu'en attaquant leur orgueil, leur vanité et l.eurs autres vices, elles' ne sont pas allées assez ayant pour les détruire jusqu'à la racine. Ces vices demeurent cachés au dedans, à la faveur de leurs ténèbres intérieures; il faut que quelque occasion imprévue les fasse paraître, et alors ils se montrent, du moins aux yeux de ceux qui sont éclairés.
On paut comparer les âmes plongées dans ravouglemehl spirituel, à des étangs dont I eau paraît claire et tranquille. Pour ragiter et la troubler, il ne faut qu'y jeter quelque appât : on voit alors des poissons monstrueux monter jusqu'à la surface de l'étang, et se replonçer incontinent dans le fond d'où ils sont sortis; c'est dans ce fond bourbeux qu ils habitent, et ils ne le quittent que pour courir à quelque proie. Ainsi en est-il dés vices cachés : ils demeurent tranquilles dans le fond de l'âme, et on ne les connaît point ; mais que quelque accident, auquel on ne s attendait pas, vienne à les exciter, ils se montrent tels qu'ils sont, et on commence à les connaître. Or il importe beaucoup aux âmes, que ces sortes d'accidents leur arrivent, et qu'elles trouvent des gens qui les exercent et les éprouvent, pour leur appren-
dre à se connaître. On peut encore comparer les personnes dont nous parlons à ces mers pleines d'écueils dangereux, cachés dans le fond, et qu'on ne découvre que lorsqu'on s'en approche» et que le vaisseau vient à toucher.
La plupart des hommes ne connaissent pas le fond de leur cœur ; leurs vices s*y tiennent cachés sous une montre de vertu et sous une tranquillité apparente ;* il faut qu'on les heurte pour les leur faire connaître. Comme la connaissance des écueils cachés est la grande science du pilote, on peut dire que l'ignorance des vices occultes est le plus funeste aveuglement et le plus grand malheur d'une âme. On ne peut remédier à ce mal qu'avec le secours de la grâce et par la conduite ferme d'un directeur éclaire : deux moyens gui doivent concourir ensemble pour opérer une entière guérison. L'âme est ensuite capable des dons extraordinaires de la grâce, qui demande beaucoup de pureté dans le sujet qui les reçoit. {Yoy^ l'art. Abandon.)
AVILA (Jean d'). né à Almodovar del Campo, bourg de 1 archevêché de Tolède, dans la Nouvelle-Castille, vers l'an 1500, fut surnommé VApôtre de l'Andalouêie. Il eut
r^ur maître de philosophie Dominique Soto, Alcala. Après la mort de ses parents, il distribua tous ses biens aux pauvres. Il exerça le ministère de la parole avec un zèle admirable, et opéra de nombreuses conversions. François de Borgia et Jean de Dieu lui durent la leur. Sainte Thérèse lui fut aussi redevable d'avoir décidé sa vocation. On peut le regarder comme le père de tant de saints qui édifièrent l'Espagne au xvi* siècle. C'était un génie universel, un directeur éclairé, un prédicateur célèbre, un homme révéré dé toute l'Espagne, connu de tout l'univers chrétien; sa réputation était parvenue à un tel point, que les princes se soumettaient à ses décisions, et que les savants lui demandaient le secours de ses lumières ; enûn il mérita par sa doctrine, par son zèle et par ses autres vertus, d'être l'édiflcation, le soutien et l'oracle de l'Eglise. Il mourut le 10 mai 1569. On a de lui des Lettres spirituelles et des Traités de piétés traduits en français par Robert Arnauld d'Andiil v. Jean d'Avila a reçu l'honneur de la béatincafion. Louis de Grenade, Louis Munnûz et Martin Ruiz ont écrit sa vie.
AVRILLON (Jean-Baptiste-Elie), né à Paris en 1652, Minime distingué par ses sermons et par sa piété, mourut à Paris en 1729, âçé de soixante-dix-huit ans. On a de lui plusieurs ouvrages ascétiques. Les principaux sont : V Méditations et sentiments sur la sainte communion, in-i2; — ^ Betraite de dix jours pour tous les états ^ in-12; — 3* Conduite pour passer saintement le temps de l'Avent, in-12 ; pour passer saintement le temps du Carême , in-12; pour passer sainte' ment les octaves de la Pentecôte, du Saint-So" crement et de lAssomption, in-12; — k'^Commentaire affectif sur le psaume Miserere, pour servir de préparation à la mort, in*12}