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DASCETiSME.
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— 5* V Année affective^ ou Smtimenis sur Vamour diéin^ tirés du Cantique des canltques, in-12 ; — 6' Réflexions théologiaues , morales et affectives sur les attributs de Dieu^ in-12 ; — 7' Commentaire affectif sur le grand précepte de f amour de Dieu, in-.12 ; — 8* Réflexions pratiques sur ta divine enfance de //«.- ^Wist^ in-12; — 9" Sentiments d'un ^ retraite pendant l'octave du Saint-
Sacrement, in- 24; — 10" Traité de l'amour de Dieu à l'égard des hommes, et de l'amour du procAatfi, iul2 ; —11" Penséessur divers sujets de morale, in-12. Tous ces ouvrages s(»nt très-eslimés par les hommes versés dans les voies spirituelles et dans la connaissance des cœurs. Ils sont écrits avec beaucoup d'onction, d'une manière attachante et persuasive. Le style est clair» noble et naturel.
BACCHIARIUS» philosophe chrétien, florissait au v* siècle. On a de lui une lettre écrite è l'évèque Januarius, touchant Tincontinence d*un moine. On y voit autant de prudence que de zèle, autant de sévérité que de charité.
BACON (Jean), provincial des Carmes, docteur de Sorbonne, appelé le docteur Résolu, naquit h Baconthrop, dans la province de Norfoick, en Angleterre, et mourut à Londres vers Tan 1346. Outre ses Commentaires sur le Maître des sentences, on a de lui un Traité de la règle des Carmes.
BAIL (Louis), docteur de Sorbonne, et sous-pénitencier de Paris, né à Abbeville, est auteur de plusieurs ouvrages fort peu estimés : 1" VÈxamen des confesseurs, livre rempli d'inexactitudes; — 2* une Bibliothèque des prédicateurs, en latin, sous le titre pompeux deSapientia foris prœdicans; — 3* Summa conciliorum, 2 vol. in-foK
BAKER (David), Bénédictin anglais, né dans la religion jprotestante, 1575, dans le comté de Kent, nt ses premières études à Oxford, et vint ensuite à Londres où il fit son droit. Ayant embrassé la religion catholique, il se rendit en Italie et entra dans ^l'ordre de Saint-Benoît. Ses supérieurs le 'renvoyèrent à Londres en qualité de missionnaire, sous Charles I". 11 y mourut en IGii^l. Il publia une explication de Walter Hilton y intitulée : L'Echelle de perfection^ ouvrage de spiritualité qui prouve les progrès que David Baker avait faits dans la science de la vie intérieure. Il était d'ailleurs très-érudit, et il a !aisséd*immenses recueils.
BABRY (Paul de), provincial des Jésuites do la province de Lyon, mort à Avignon, en 1661, publia plusieurs ouvrages de t)iété où il y a plus de bonne morale gue de )on goût. La plupart furent traduits en latin, en italien et en allemand. Voici \es titres singuliers de quelques-uns : l"* Les saints accords de Philagie avec le Fils de Dieu; — ^ La riche alliance de Philagie avec les saints du paradis ; — 2r La Pédagogie céleste; — W' L instruction de Philagie pour vivre à la mode des saints. Paul de Barry est aussi l'auteur du Pensex-y bien,
BASILE, pieux et savant évéquo doSéleuc\\)t fut déposé au concile de Chalcédoinn, en hoi, pour avoir souscrit au concile d'E*
phèse; mais il reconnut sa faute et fut rétabli. Nous signalons plusieurs de ses sermons, son travail sur l'oflice des pasteurs, sur rhuniilité et ses exhortations aux pécheurs. Ses ouvrages conviennent à ceux qui ont des âmes à conduire.
BASILE, qui de mendiant devint empereur et empereur assez sago et vertueux, ce qui était rare en ce temps-là, nous a laissé des Avis à son flis, où l'on trouve de bonnes maximes de piété chrétienne.
BASILE (Saint), surnommé le Grande naquit en 329, à Clésarée en Cappadoce. 11 alla continuer ses études è Gonstantinople, où il profita des leçons des plus célèbres philosophes, puis à Athènes, où il cultiva l'amitié de saint Grégoire de Nazianze. Il revint de là à Césarée, où il plaida
3uelques causes avec succès. Hais bientôt, écouté du barreau et du monde, il alla s'ensevelir dans un désert de la province du Pont, oùsa sœur Macrineetsa mère Emilies'étaienl déjà retirées. Saint Grégoire et plusieurs autres vinrent se former à la vertu dans la solitude de Basile. Après la mort de l'évèque de Césarée, en 369, Basile fut élu, contre son gré, pour lui succéder. L'empereur Valons, partisan fanatique des ariens, essaya do l'engager dans cette secte, et employa auprès de lui les prières et les menaces. Mais ce fut en vain : ni la crainte do subir Texil ou la perte do ses biens, ni la menace de la mort, rien ne fut capable d*ébranler le saint évoque. Cette grandeur d'âme désarma Valens. Basile mourut en 379, laissant de volumineux écrits. On y trouve des Homélies ; des Commentaires ; des Traités de morale, et enfin des Lettres où les fondateurs des monastères occidentaux ont puisé bien des points de leurs constitutions, et où l'on admire plusieurs avis fort judicieux que la plupart des moines ont pris pour leur rèjjlo. Dans ces divers ouvrages de saint Basile, tout respire une élégance, une pureté que la solitude n'avait pu altérer. Son styfe est élevé et majestueux, ses raisonnements profonds, son érudition vaste. Ses écrits étaient lus de tout le monde, môme des pViens. On lo comparait aux plus célèbres orateurs de l'antiquité, et on doit le mettre au rang des Pères de l'Eglise les plus éloquents. La Vie de saint Basile a été écrite par Godefroi lier-
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manl, doclcur de Sorboniic, 2 vol. in-i", 167 V.
BASTIDE (Warc), Bénédiclin de la congrégaiîon de Saint-Maur, nnquit à Saint- Benoîl-du-SauIt, en Berry. Il fil profession h Saint-Auguslin de Limoges, en 1616. 11 [}assa par toutes les charges de son ordre, ce qui ne l'empêcha pas de composer plusieurs ouvrages, tous traitant de spiritualité, parmi lesquels on remarque : !• Des Dircctions pour les novices ; — 2" des Méditations: — 3* Traité de Vesprxt de la congrégation de Saint'Maur; — le Carême bénédictin. Marc Bastide mourut à Saint-Denis, le 7 mai 1668, dans de grands sentiments de piété.
BAUDRAND (Barthélemi), Jésuite, né à Vienne, en Dauphiné, entra jeune dans la société, et après sa suppression se retira à Lyon, oii il s occupa de la composition d'ouvrages de piété bien connus et estimés des I ersonnes religieuses et des ecclésiastiques qui les dirigent. Ces ouvrages sont : 1" Uista ires édifiantes et curieuses tirées des meilleurs auteurs; — 2" rAme contemplant les grandeurs de Dieu^ avec VAme se préparant à l'Eternité, Lyon, 1775, in-12; — 3* IWme élevée à Dieu, etc., Lyon, 1776, in-12; traduite en Allemand, Ausbourg, 1790; — 4" VAme éclairée par les Oracles de la sagesse, dans les paraboles et béatitudes étangéliques^ Lyon, 1776, in-12; — 5* VAme affermie dans la foi, Lyon, 1776. in-12; — 6* VAme intérieure ou Conduite spirituelle dans les voies de Dieu, Lyon, 1776, in-12;— 7* Gémissements d'une âme pénitente ; — 8* Réflexions, Sentiments et Pratiques de piété; — 9" Panégyriques des saints, etc. Le pieux Baudrand, qui n'est connu que par ses ouvrages, auxquels il n'avait pas mis son nom, et sur la vie duquel on n'a pas de détail, est mort le 3 juillet 1787.
BÉATIFICATION. — Voy. Canoi^isatio».
BEATITDDE (Motifs de). —On sait que les faux mystiques ont prétendu qu'il y avait un certain amour pur tellement désintéressé qu'il excluait tout motif de béatitude; c'était pour eux le beau idéal de l'amour des parfaits; or celte doctrine ensei gnée par 1 école quiétiste, est certainement contraire à l'Ecriture.
En efftl, ce motif de béatitude est également proposé h tous dans les termes les plus généraux sans aucune restriction, de sorte qu'on n'en peut excepter personne. 11 n'y a point de restriction dans les huit bé?.litudes; il n'y en a point dans cette parole. Réjouissez-vous, parce que vos noms sont écrits dans le ciel, ni dans toute VEpitre aux lîébreuXf où la cité permanente nous est proposée, ni en aucun des endroits de l'Ecriture, où toute l'Eglise, sans distinction de parfaits et d'imparfaits, est mise en mouvement vers le ciel.
Ce motif nous est proposé avec le grand cl premier commandement, qui est celui d'aimer Dieu; ce qui parait par ces paroles du Deutéronome : Ecoute, Israël, et prends garde à observer les commandements que te donne le Seigneur ton Dieu, afin que lu sois
heureux (ul bene sit (ibi), que iu sois mulii^ plié, et que tu possèdes la terre où coulent le tniel et le lait, comme le Seianeur te Va pro^ mis. Cette (erre où coulent Te lait et le mie), est pour nous la patrie céleste, qui est la terre des vivants et le royaume de Dieu, à quoi lo Seigneur attache le coromandemenl en ces termes : Ecoute, Israèt, le Seigneur notre Dieu est un seul Dieu. Tu aimeroM le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur^ de toute ton âme, et de toutes tes forces.
11 n'est pas ici question de discuter les motifs de l'amour de Dieu spéculatifs, généraux, immé<liats , subsidiaires , ou autres dont on dispute dans l'école; mais seulement de considérer les choses que Dieu veut unir ensemble en «quelque manière que ce soit; qui sont d'aimer Dieu è titre de Seigneur; ce qui est uu titre relatif à nous : à titre de notre Dieu, Deum tuum^ d'un Dieu qui veut être à nous en toutes manières, et autant par ses bienfaits que par son empire naturel : et enfin , avec le motif de désirer d'être heureux, et de posséder la terre qu'il nous a promise.
Ces annexes, inséparables du premier commandement, ont la même étendue que le commandement même, et entrent dans les motifs, sinon spécificalifs , dont il ne nous importe pas à présent, du moins excitalifs de i'amour de Dieu, comme il parait encore dans ces paroles du Deutéronome : Regarde que le ciel, et le ciel des deux, est au Setgneur ton Dieu, avec la terre et tout ce
Îu'elle contient ; et toutefois le Seigneur ton Heu s^ est attaché et collé à tes pères (couglu* tinatus est), et les a aimés et leur postérité après eux : pour en venir à conclure» Aime donc le Seigneur ton Dieu, ce qui montre que l'union de Dieu avec nous pour nous rendre heureux, et son amour bienfaisant» entre en quelque manière que ce soit dans le motif de Taimer, et ne peut en être absolument séparé. Bossuet.
Ce motif de notre béatitude n'entre pas . seulement dans le culte de l'Ancien Testament, comme il paraît par ces passages : Heureux Vhomme qui ne marche point dans le conseil des impies : heureux ceux dont les péchés sont remis : heureux ceux qui marchent sans tache dans la voie du Seigneur ; et. cent autres de cette nature : mais il est encore présupposé , comme un fondement do la nouvelle alliance, dès le sermon sur la montagne , où Jésus-Ciirist commence à établir la loi nouvelle par les huit célèbres béatitudes, qui sont le fondement de ce grand édifice.
, Jésus-Christ, en proposant ce motif, n'use pas de paroles de commandement, mais il procède en présupposant que de soi il est voulu de tout le monde, et le donne aussi pour motif commun de tous les commandements qui doivent suivre dans les 5*, 6* et 7' chap. de saint Matthieu.
Ces commandements regardent les parfaits comme les autres, et même plus que les autres, puisque Jésus-Christ y établit rcxcellence de TEvangilo par-dessus la loi ♦:
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ainsi les béalitudes, qui en sont les fondements et les motifs, les regardent aussi.
Le motif de la récompense est clairement exprimé par ces paroles adressées à tous : Quoi I vous ne vouleijoas venir à moi pour avoir la vie? (Joan.) Qu'est-ce que venir à lui, sinon s*unir h lui par une foi vive, ce gui revient à cette parole : Alaitre^ que ferai'je pour posséder la vie éternelle? [Luc.) Celui qui parle ainsi, déclare assez de quel motif il est poussé; et loin de Ton détourner, le maître céleste, après lui avoir fait réciter le commandement de la charité, le confirme dans son intention en lui disant : Faites cela^ et vous vivrez.
Pour exclure toute exception, ce motif est proposé nommément aux plus parfaits, h ceux qui font les plus grands miracles, lorsqu*on leur dit : JSevous réjouissez pas de ce que les démons vous sont assujettis^ mais de ce que vos noms sont écrits dans le ciel : il est proposé à ceux qui souffrent persécution pour la justice (Matlk.)^ qui sont au plus haut degré de la perfection chrétienne^ auxquels on dit néanmoins : Réjouissez-vous et tressaillez de joie ^ parce que votre récompense est grande dans le cietf ce que Jésus- Christ confirme, lorsqu'il promet le centuple avec la vie éternelle; il est proposé h ceux qui ont pour lui un si grand amour, qu'il leur fait quitter pour son nom leurs maisons, leurs frères, leurs sœurs, leur père, leur mère, leur femme, leurs enfants, leurs terres ; ce sont sans doute les plus parfaits : et toutefois, il ne trouvD pas indigne d'eux, ni de lui, demies exciter par la récomoense éternelle.
Si on répond que ce motif doit être proposé à tous les justes, et môme aux plus f>arfaits, mais non pas précisément comme e motif de la charité; on oublie cette parole de saint Paul : La fin du précepte est la charité; ce qui montre que Dieu se pro[X)se, dans tous les préceptes, de la faire régner on nous déplus en plus; et c'est aussi ce qui a fait dire à saint Augustin « que !'£criture ne défendait que la convoitise, et no commandait que la charité : Non vetat nisi cupiditatem, non prœcipit nisi chnritatem.
Les exem[)les secondent les préceptes :
Abraham est le père des croyants et le modèle de la justice chrétienne, môtuc dans les plus parfaits. Son premier pas a été de tout quitter pour Tamour de Dieu, et de le suivre aveuglément; et néanmoins Dieu ne juge pas indécent d'attirer par la ricompcuse un homme si parlait, en lui disant : Je suis tan protecteur et ta trop grande récompense {Gen,)', à quoi Abraham consent en disa it : Seigneur, que me donnerez-vous? parce qu'on ne peut mieux répondre à la liberté de Dieu ^'en Tacceplant.
Moïse est si parfait, que lorsque Dieu lui promet Jésus-Christ, il se sert do ces paroles : Je leur donnerai un prophète comme vous, (sicut te) [Deut,], ce qui montre qu'il devait élre la plus parlaile image de Jésus- Christ, cl néanmoins saint Paul no croit pas se rabaisser ea disant que s'il préférait à
tous les trésor s de V Egypte V opprobre de Jésus- Christ, c'est parce quil regaraait à la récompense. {Hebr.)
Si Ton répond que lorsqu'il agissait par cette vue, il n'était pas encore si parlait, ou qu'en tout cas, ce n'était pas là sa plus parlaite action, il faudrait rendre raison pourquoi c'e>t ce!le-lh que saint Paul remarque, et demander s'il voulait par là dégrader Moïse, un si parfait ami de Dieu, qui dès lors, étant devenu grand, ne voulut plus élre le fils de la fille de Pharaon (Uebr.), ni changer pour cette naissance royale, la sienne, si méprisée et si haïe dans l'Egypte. Il faudrait aussi expliqu r si ce n'est pas au plus haut état de la perfection qu'il disait à Dieu : Sifai trouvé grâce devant vos yeux, montrezmoi votre face (Exod.), et encore : Montrezmoi votre gloire : et Dieu répondit : Je vous montrerai tout bien, [Exod.) Que ne disait-il une fois à ces parfaits qu'ils étaient encore trop intéressés, et que contents de rainier sans rien désirer de lui, ils ne devaient pas demander de voir sa face.
J'en dis autant do David, cet homme selon le cœur de Dieu, qui confesse qu'il a incliné son cœur à observer les commandements, à cause de la récompense. {Ps. cxviii.) Je me suis souvent étonne de quelques auteurs scolastiques, qui, pour éluder ce passage, remarquent qu'il est cité dans I hébreu un peu autrement, sans considérer qu'il est indiqué nrécisémcnl selon la version Vulgale pour le concile de Trente, pour établir le motif de Ja récompense. Les Septante y sont conformes; saint Jérôme en traduisant selon Phébreu, et pour en mieux prendre l'esprit, a mis, propter œternam retributionem; cotte version eit conforme à l'esprit de David, qui dans ce psaume, l'un des plus parfaits et des plus profonds, ne cesse de s'exciter par tous les motifs à aimer Dieu, comme on le voit par ces mots : Ketribue servo tuo, récompensez votre serviteur; et par ceux-ci, dans la sécheresse : Quand me consolerez-vous? quando consolaberis me? et autres semblables pour ne pas parler des autres psaumes, où il disait : Le Seigneur est mon partageetmonhérilage.. : Je ne lui demande au une chose que je ne cesserai de lui demander,... Que désirai-je dans le ciel, et qu'ai-je voulu sur la terre? Vous êtes le Dieu de mon cœur^ et Dieu est mon partage vour jamais; et autres endroits sans nombre. Il ne reste plus qu'a dire qu'Abraham, Moïse et David étaient de ces saints qu'il fallait laisser dans ces motifs imparfaits et intéressés.
On ne peut donner un autre sens h ces exemples de Moïse et de David, sans encourir la condamnation du concile de Trente qui les rapporte expressément pour montrer qu'on peut « exciter la paresse, etsVncourager par la vue de la récompense, quoique ce soit principalement pour gloiiOer Dieu, » ce qui montre qu'il reste toujours dans la nature, et même dass les plus grands saints, un fond do paresse qu'il faut exciter par le motif de la recompense. ^'
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Il y n donc plusieurs motifs craimcr Dieu : rcicellence de sa nature, comme quand on dit : Le Seigneur est grand, Magnut Dominus: sa bonté communicative, ou, ce ;qui est la mémo chose, sa magnificence, comme quand on dit et qu'on répète a?ec un Tîf sentiment : Louez le Seigneur parce qu*ii est bon, et sa miséricorde est éternelle,
Juoniam in œtemum miserieordia ejus; le ienfait particulier de la création, comme quand on dit : H nous a faits, et nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes : Ipse fecit noSf et non ipsi noi : tous les bienfaits réunis, lorsqu'on dit : Je vous aimerai^ Setgneur^ qui êtes ma force; le Seigneur est mon appuis mon refuge^ mon libérateur^ mon DieUf mon secours , et f espérerai en lui : où l'on prend pour motif de son amour, les grâces reçues, et celles qu'on en espère.
C'est un grand motif surtout de l'aimer pour la rémission de ses péchés, et si elle n'était pas un des motifs des plus naturels d'un grand amour, Jésus-Christ n'aurait pas dit que celui à qui on remet plus aime plus^ et que celui à qui an remet moins^ aime moins. {Lue.) Il s'agit certainement de l'amour de charité, puisqu'il s'açit de l'amour à qui les péchés sont pardonnes : Plusieurs péchés lui sont pardonfUsfdU'iUpareequ^elle a beaucoup aimé: c*est donc s'opposer directement a l'intention et k la parole de Jésus-Christque d'ôt^r ce motif k la charité.
Cest encore un grand motif d'aimer Dieu, que d'être préTena de son amour, et le disciple bien-aimé dont Tamour était si parfait en est si ému, qu'il s'unit k tous les fidèles pour dire arec eui d'une seule Toix : Aimons donc Dieu, puisqu'il nous a aimés le premier, quoniam ipse prior dilexit nos; quoniam par cette vue, par ce motif. La charité a donc plusieurs motifs nécessaires en tout état, elle en a une infinité, puisqu'elle en a autant
Îu'il y a, pour ainsi parler, de grandeur en lieu et de bienfaits envers l'homme.
Tous ces motifs sont compris dans l'oraison dominicale, qui n'est pas moins l'oraison des parfaits que des imparfaits; et l'on y joint l'excellence de la nature divine k la grandeur de ses bienfaits, d'abord sous le nom de Père, ensuite en le regardant dans les cietêXf oii il jouit de sa grandeur et où il en fait jouir ceux qu'il aime : toute la tra« dition reconnaît que, par la première demande, son nom saint en lui- môme devait être sanctifié en nous : que son règne en luimême toujours invincible devait nous arriver; que sa volonté, toujours accomplie dans le ciel, le devait être en nous et par nous, en sorte que nous fussions saints et heureux; et ainsi du reste, où la charité
Ëarfaite nous fait joindre la grandeur de ieu k notre bonheur et k ses bienfaits. Quand donc, en considérant tous ces motifs de la charité, on demande, en théologie, quel est le premier et le principal, ou, ce oui est la même chose, quel est l'objet spécilique de celte vertu, on demande quel est l'objet sans lequel elle ne peut ni être, ni $tre entenduei l'objet qu'on ne peut séfarcr
d'elle, pas même (>ar abstraction et par la peiséc; et on répond que c'est l'excelleiioe et la perfection de la nature divine; mais eo pratique on ne prétend pas dire qu'on doive négliger les autres motifs, ou les regarder comme faibles, ou, ce qui serait encore plus faux, les exclure d'entre les motifs de la charité; ce serait contredire directement l'Ecriture. On peut bien n'y pas penser toujours, et le seul objet qu'on ne peut pas séparer absolument des autres, même par la conception et la pensée, c'est celui de l'cxcellence et do la perfection divine: car qui peut songer seulement k aimer Dieu sans songer que c'est k l'être parfait qu'il se veut unir? C est la première pensée qui vient k celui qui l'aime; et sans elle on ne connaît même pas les bienfaits de Dieu, puisque ce qui en fait la valeur est qu'ils viennent de cette main divine et parfaite qui donne le prix k ses présents.
BEATITUDES. — Los huit béatitudes sont comme le fondement de cette morale sublime dont Jésus-Christ a posé les principes dans son premier discours sur la montagne. Ce sont les règles de la perfection chrétienne, et les dispositions habituelles de l'Ame qui marche k la poursuite de son bonheur éternel.
Pbbmière BéiTiTUDB. La pauvreté d^$sprit. — Par cette pauvreté d'esprit, nous nous affranchissons de tous les embarras du siècle, qui sont comme autant d'entraves k l'Ame chrétienne ; nous aspirons uniquement k être riches des biens de Dieu, et nous prenons la voie qui mène k la vie des anges. Cette vertu ne suppose pas seulement qu'on a su vaincre tous les désirs criminels et qu'on est convaincu de la vanité de toutes les choses de la terre, mais elle est encore une preuve que Thumililé règne dans le cœur, et que la vaine gloire y a fait place k la basse opinion de soi-même; disposition qui est le fondement de toutes les vertus, et attire infailliblement les dons de la grAce. Les plus hautes et les plus sublimes leçons nous ont été données par le Fils de Dieu sur cette double pauvreté d'esprit, que l'on retrouve dans sa doctrine et dans ses exemples.
Sbgondb BÉATiTUDB. Lcs larmcs. — Par les larmes de la componction nous purifions nos cœurs, nous les ouvrons au règne de la grAce, k la joie, k la paix intérieure, et nous y allumons toutes sortes de saints désirs pour le ciel.
TaoïsikME BÉATiTUDK. La douceur, — Par la douceur, nous asservissons la colère et toutes les passions qu'elle irrite en nous. La morale et la conduite du Sauveur nous apprennentque, parmi les vertus chrétiennes, oiie tient un des premiers rangs, et qu'elle est d'une extrême importance pour le salut. Il n'en est point, en effet, d une pratique plus étendue, et qui contribue davantage à assurer la paix de notre Ame, soit avec le prochain, soit avec nous-mêmes. Il n'en est point qui nous aide davantage k soumettre notre orgueil, k réprimer l'ambition, k étouffer Tenvio, k nous guérir de la vanité,
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de Tamour-ppopre, de la curiosité, des mauvais soupçons, do la trop grande crédulité, de la précipitation, de la négligence et de la légèreté ou irréflexion de l'esprit. Elle semble être la seule béatitude à laquelle Notre- Seigneur promet expressément les récompenses de la terre avec celles de Téternité. Heureux les hommes doux , parce quHls pos^ séderont ia terre. Paroles qu'il ne faut pas entendre des biens ou des richesses de ce monde, qui ordinairement embarrassent et
f possèdent plus l'homme ({u'il ne les possède ui-même. Ce qu'elles signifient, c'est que ceux qui possèdent les biens de la terre en jouissent avec consolation, avec plaisir et tranquillité d'esprit, parce qu'ils savent en jouir et en user selon les vues de Dieu. Avec cette paix intérieure, on goûte vraiment toutes les jouissances que l'on tient de sa providence toute paternelle; elle nous assure les bénédictions du ciel, nous gagne l'affection du prochain; elle triomphe enfin de la malice et de la méchanceté même, en apaisant les hommes les plus emportés, et (pielquefois en nous rendant chers à nos
f)ropres ennemis. C'est ce que nous enseigne e saint roi Prophète, lorsqu'il dit : La terre tombera en héritage à ceux yui sont doux^ et ils se verront comblés de jote, dans Vabondouce d*une paix constante et invariable. Un bien médiocre vaut mieux au juste qui jouit de cette paix^ que les grandes richesses des péd^eurs.
QuàTBifeMB BiATiTUDB. La faim et la soif delà justice. — Par la faim et la soif de la justice, c'est-à-dire, par les désirs ardents, {Mr la demande fervente et la poursuite continuelle de toutes les vertus, par les efforts que nous faisons pour croître en sainteté et en grâce, nous dilatons la capacité de notre cœur, nous sentons croître en nous le goût des choses spirituelles, nous jetons les iondéments d'une immeqse fortune pour l'éternité, et chaque jour nous multiplions nos trésors pour le ciel ; car, le commencement de la sagesse, c'est de la désirer avec ardeur. Plus nous dilatons notre cœur par la véhémence de nos soupirs, plus Dieu nous remplit de ses dons et de ses grftccs dès cette vie, el dous remplira un jour des biens de la gloire.
GiNQUiÀMB BÉATiTUDB. La miséricordc. — Par la miséricorde, c'est-à-dire par le sentiment de compassion qui nous inspire la volonté et la résolution de secourir tous ceux qui gémissent sous le poids des misères temporelles ou spirituelles, et par la disposition à pardonner toutes les injures personnelles, nous imitons le Père des mfsérioordes et nous l'engageons à se montrer miséricordieux envers nous; c'est là le seul fondement de toute notre espérance et de tous les droits que nous avons de pouvoir prétendre à sa grâce et à sa gloire. Nous ne voyons qr.e misères en ce monde, soit en nous-mêmes, soit dans tout ce qui nous en* viroune. Telle est la bonté de Bleu, que dans une si triste condition, nous ne trouvons de remèdes à ngs pro^ires maux que dans la
pratique dâ la miîjéricordo envers les autres.
SixiftMB BÉATITUDE. La pureté du cœur. — La pureté du cœur ou le détachement de toute affection aux choses qui passent, attire sur nous les srâces par lesquelles Di^u manifeste les richesses de son amour en celte vie, en attendant qu'il se découvre à nous face à face dans sa gloire pendant toute l'éternité. Cette vertu n'est pas une condition moins essentielle pour être saint que pour être heureux, soit dans ce monde, soit après cette vie. Klle porte Dieu, la sainteté même, à venir habiter en nous par sa çrâce, pour commencer ici-bas l'union spirituelle qui doit nous consommer en lui éternellement dans le séjour de sa gloire. Ainsi, tout homme qui a le cœur pur verra Dieu, selon la promesse du Sauveur, en ce sens que, durant les jours de son pèlerinage, il aura une connaissance plus parfaite do sa bonté et de ses mvstères, en ce sens qu'il mettra ses délices a les contempler dans la lumière de la foi, en attendant qu*il les contemple éternellement lui-même dans sa gloire.
Septièmb béatitude. Vesprit de paix. — Par l'esprit pacifique, nous devenons l'imago de Dieu lui-onême et nous portons sur nous un caractère de ressemblance avec Dieu, ce qui est le propre de ses enfants. Il est le Dieu de la paix, et Jésus-Christ son Fils est appelé l'ange et le prince de la paix. 11 a légué la paix à ses aisciples, comme le dernier présent de la tendre charité qu'il leur portait, et la dernière prière qu'il fit avant sa passion, fut pour la paix et l'unité de son ^lise. Si nous chérissons cette sainte paix, et si nous prenons soin d« la cultiver, nous la conserverons premièrement dans nousmêmes, en résistant au péché et en subjuguant nos passions. Secondement, avec les autres, par une conduite chari!able, douce et souverainement ennemie de tout ce oui pourrait altérer l'union etlaconcorde. Tâchez d'avoir la paix avec fout le monde^ dit saint Paul, et de conserver la sainteté^ sans laquelle nul ne verra Dieu. Vivez en paiXi si cela se peut^ dit-il encore, et autant qu*il est en vous^ avec toutes sortes de personnes. Il dit, si cela ss peu/, parce que, malgré la disposition où nous devons toujours être, pour le bien do la paix, de nous dépouiller de nos propres droits, nous ne devons cependant pas abandonner ceux de Dieu, en renonçant à notre foi ou en violant sa sainte loi, et en trahissant la vérité, ne fût-ce que dans un seul r>tnt. Les méchants veulent-ils nous forcer des actions incompatibles avec nos devoirs essentiels, nous devons leur résister, au péril même de notre vie; mais nous devons aussi les traiter en esprit de pa x, autant qu'il est en notre pouvoir, c'est-à-dire, leur pardonner tout le tort qu'ils nous font, et leur rendre le bien pour le mal; montrant ainsi combien nous désirons sincèrement conserver la paix à quelque prix que ce soit.
Cette disposition suppose qu'on a déjà su établir dans son âme le fondement de beaucoup d'autres grandes vertus, comme ia
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parfaite liumilil<S In liouneur» la effrité et la piété; car oMa (*$t un des plushaftls îlegrés do la perfection chrélienno et un des plus beaui traits do l'iinago do la divinité formée en nous par l'esprit de Jésus-Christ. Il nVst donc pas étonna!it que Tadorable Trinité se plaise à habiter dans une âme si riche en vertus, et déploie en elle les trésors de sa toute-puissance et de son infinie i)onlé,qu*clle la comlile de ses grâces, et qu'elle répande en elle ses chastes délices. L'esprit de paix qui règne en elle est une sorte de titre à ses faveurs les plus chères , et particulièrement h la dignité d'enfant de Dieu , par la resse:nblance avec Dieu , et par les prérogatives do grâces dont il Thonoro.
HtiTiÈUE BÉATITUDE. La pa/i>nre dans Ifn persécutions. — Le dernier et le degré le (dus parfait de béatitude est réservé à ceux (pii souffrent persécution pour la justice, avec l>atience, douceur, résignation et charité. Los souffrances, nrises dans l'esprit du christianisme, appellent à leur suite toutes ces vertus avec beaucoup d'autres et les élèvent jusqu'à l'héroïsme. Elles sont le remède le plus efficace contre toutes les maladies de r âme , et nous assurent un poids immense de gloire dans le ciel. C'est le sens de ces paroles : Le royaume des deux leur appar^ lient. L'homme , en elfot , no peut otfrir à Dieu un sacrilico plus parfait de lui-môme , f»uisqu'ile.Ht accompagné des vertus les plus sublimes et du degré do ferveur le plus (parfait , ou de tout ce aue le divin amour peut ins|jirer déplus généreux ; car nos sacriQces n'ont de merito devant Dieu , qu'à proportion de celte ferveur ; il no lui manque donc rien pour prétendre au plus haut degré do gloire. Do là cette doctrine de saint Jacques : Considérez^ mes frères ^comme un grand sujet de joie les diverses afflictions qui vous arrivent • sachant que répreuve de votre foi produit la patience. Or la patience est parfaite dans ses œuvres ; pratiquez-ta fidèlement , et vous serez des hommes parfaits , des chrétiens accomplis , en qui Dieu trouvera tout ce quit récompense dans ses élus.
Les vertus renfermées dans les huit béatitudes sont autant de vertus morales d*un ordre sublime et héroïque ; mais pour appartenir aux béatitudes, il faut qu elles aient des motifs surnaturels pour fondement, qu'elles soient infuses dans Tâme par une grâce spéciale , qu'elles découlent du pur amour uo Dieu, qu'elles soient par conséquent élevées à un ordre supérieur et conformes à la dignité de leur source.
Los vertus morales peuvent bien s'acquérir jusqu'à un certain degré par les forces naturelles et à Taide des motifs que suggère la simple raison. Mais dans les hommes d*oraison , remplis do ferveur et de charité, elles deviennent infuses ^ et s'obtiennent de nouveau d'une manière bien plus noble et bien plus parfaite que par les efforts et les arles répétés , cjui en laisaient auparavant des vertus acquises. Wiisi riiumililé, quand elle est in fuse ^lïontiQ à l'âmo une vue bien plut profonloi et une connaissance bien
plus vive de sa l»a<:scsso et de son néant , qu'elle ne pourrait l'acquérir pardes nioj'cns naturels, r|uand même elle serait assistée des grâces actuelles ordinaires. De là il {arrive qu'il lui semble être transportée dans une nouvelle région do lumières, où elle voit et ofi elle sent les plus importantes vérités avec bien [dus de clarté oue jamais, selon la remarque de saint Thomas , et qu'e:lo s'élève beaucoup plus haut dans la voie de la perfection , par des actes bien supérieurs aux voies ordinaires.
BEAUMONT ( Guillaume-Robert-Philippe- Joseph de ), curé de Saint-Nicolas de Rouen, SI ville natale, mourut au mois do septembre 17G1 , regretté do son troupeau qull éiiitlait et instruisait. On a de lui quelques ouvrages ascétiques, qui ne sont pas du p: emier ordre : 1* De V Imitation de la sainit Vierge ; — 2* Pratique de la dévotion du divin Cœur de Jésus; — 3* Exercice du parfait chrétien; — i* Vie des saints , en 2 vol. ; — 5" Méditations pour tous les jours de Pmih née , etc.
BEAUVAIS ( Vincent de ) , Dominicain , ainsi appelé du lieu de sa naissance, s'acquit Testimeduroi saint Louis et des princes de sa cour. Ce pieux monarque l'honora du titre de son Icaeur , et lui donna inspeotion sur les études des princes ses enfanta. Vincent mourut en 126i. On a de ce savant religieux : i** Spéculum majus , vaste collection divisée en quatre parties : Speculumno' turale^Speculumdoctrinale^ Spéculum Mom/e, Spéculum historiale; — 2r Un Traité de Nésh cation des princes , et quelques autres traités on latin écrits d'un style assez barbare. La collection de ces ouvrages a été publiée à Douai en 162^.
B£DË (Le Vénérable), docteur de l'Eglise, le plus savant homme de son temps en Angleterre et peut-être la plus vive lumière de TEglise universelle au viii* siècle, passa presque toute sa vie au monastère de Jarrow, au diocèse de Uexham. 11 écrivit sur la philosophie, l'astronomie, l'arithmétique, le calendrier, la grammaire, l'histoire ecclésiastique, etc. Ses œuvres théologiques composaient cependant la principale partie de ^es ouvrages. On trouve dans ses écrits beaucoup do clarté et de précision. Il y règne une aimable simplicité, avec un ton de franchise» de (ûélé, do zè!e, qui intéressent vivement le lecteur. La candeur et l'amour de la vérité caractérisent ses livres historiques. Personne ne sanctifie mieux ses études par une vie innocente et le plus pur désir du bien et de l'utilité du prochain. Aussi Dieu s'en est-il servi nour éclairer l'Eglise dans un siècle où la lumière commençait à faire défaut par suite des invasions des Barbares. 11 a eu la gloire do compter parmi les plus brillants flambeaux qui éclairaient le monde dans ces siècles malheureux ; il fit des efforts inouïs pour renouer les anciennes traditions de la science avec le monde nouveau. Une de ses gloires fut d'avoir formé Alcuin, le précepteur des Gaules. On nous pardonnera de donner uno