‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 42 sur 186 · PEN · texte numérisé non relu

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les officiers pour le gouverpcmcnt du monaslère.

11 y en avait d*autrcs pour le service : comme le cellérier, rinArmier, Thospitalier» le portier. Le cellérier avait la garde des provisions et de tous les ustensiles, et dis^ tribuait h chacun» selon Tordre de l'abbé» ce qui lui était nécessaire pour les besoins de la vie ou pour le travail. L*abbé avait un état (le tous les objets appartenant au monastère» afin que rien ne se perdit, et la propriété était étroitement défendue jusque dans les moindres choses» un livre, une tablette» un stylet. Ceux qui se présentaient pour entrer dans le monastère n'étaient reçus qu'après de grand(*s épreuves. Pon-

persistait», on ie mettait pour quelques jours dans le lo^emetit des iiôtes» puis dans celui des novices» et on lui donnait un ancien pour examiner sa vocation» lui proposant combien te chemin du* ciel est ruue. Au bout de deux mois on lui lisait la règle» puis six mois après» et une troisième fois au bout de quatre mois. Après un an de persévérance» on le recevait. La profession se ÙLïSàit dana l'oratoire devaot toute la communauté» et i[ ne promettait autre chose que la stabilité» la conversion de ses mœurs et l'obéissance. U en faisait la cédùle écrite de sa majn, et la mettail sur l'autoL S'il avait quelque bien il le donnait aux pauvres ou au monastère par un acte solennel. Alors on le revêtait de l'habit du monastère, et on gardait le sien pour le lui rendre si par malheur il. sortait. Les pères pouvaient offrir leurs enfants en bas Açe |)0ur 6tre reçus dans le monastère. Us faisaient pour eux la promesse qu'ils envelop- Gientde la paile ou napi^e de l'autel, avec or offrande» de la main de l'enfant. Us ne pouvaient lui rien donner; mais seulement au monastère, pour lui Ater tout sujet de tentation. Si *un moine étranger demandait l'hospitalité, on le gardait tant qu'il voulait. On recevait ses avis, et si l'on était édifié de sa conduite» on le priait do demeurer dans le monastère. Uais on ne recevait |)oint un moine d'un monastère connu sans le consentement de l'abbé. On gardait dans le monastère le rang de la réception ; et les

fdus jeunes rendaient honneur aux anciens» es appelant nonnes^ c'est-à-dire Pères» se levant devant eux et leur demandant la bé« nédiction.

Il n'était pas permis aux Frères de se défendre Tuu l'autre» ni de se frapper» ou s'excommunier de leur autorité privée. Si quelqu'un manquait à la règle, ou désobéissait aux supérieurs, les anciens l'avertissaient en secret jusqu'à deux fois. S*il no se corrigeait» on le reprenait publiquement» |>uis on l'excommuniait» si on jugeait qu'il comprit la grandeur de cette peine : s'il était trop dur» on usait de punition corporelle, c'est-à-dire de jeûnes ou de coups de f'juet, et on traitait de même à [)rui)ortion

les enfants. Les moindres fautes étaient châtiées» mais plus légèrement quand ie coupable s'en accusait le premier.

La règle appelle excommunication tonte séparation de la communauté, plus ou moins grande» à proportion des fautes» comme do lie point entonner de psaumes ou d'antiennes, ou de ne [)oint lire de Leçons à l'oifice , de manger seul après les autres, d'être exclu tout ensemble de la table et de l'oratoire» de ne parlera personne, d'être séparé de tous» même dans le travail. Saint Benoît applique à cette entière séparation les paroles de l'Aoôtre, qui dit que l'excommunié est Jivré à Satan : ce qui fait croire qu'il parle d'une véritable censure ecclésiastique; mais il veut que l'abbé prenne un soin particulier do l'excommunié. Que si quelqu'un ne pruGtait point des corrections, môme corporelles , après avoir essayé tous les moyens de le corriger» on le chassait enfin du monastère de peur qu'il ne coçvompU les 'autres. Que s'il voulait revenir, fM^omcttcmb do s*amender> on le recevait jusquà. trois fqi^^ Telle estla règlede Saint-BenoU qjui prétend n'y mettre rien: de rude ni de difiicile». et ne la traite que d'un petit commencement», bien éloigné de la peifection qui est écrite dans, les conférences de Cassien, les Vies des Pères et la règle de Saint-Basil»*

BEBNABD (Saint)».né en 1091, dans le village de Fontame, en Bourgogne» d'une &-> mille noble» se fit moine a Lige de vingtdeux ans» à Clteaux, avec trente de ses com- Ragnons. Quoique à |)eine sorti du noviciat, ernard fut choisi pour être le premier abbéde Clairvaux en 1115. Son nom se répandit bientôt partout II eut jusqu'à sept cents novices. Le Pape Eugène 111» des cardinaux » uoe foule d'évêques et d'abbés furent tirés de son monastère. Du sein de son cloître» il était souvent prijsponr arl^itre desditTérends dans l'Eglise et l'Etat. En 1128, à la prière du grand matlre des Templiers, il redi^na les statuts de cet ordre religieux et militaire. En 1130» Louis le Gros le chargea do décider qui on devait reconnaître pour Pape d'Innocent II ou d'Anaclet. Bernard se prononça pour Innocent U» et l'Eglise entière se soumit à sa décision. Peu d'années après, il fut envoyé à Milan pour concilier le clergé de cette ville avec celui do Rome. Il réussit, et les Milanais, enthousiastes de ses talents supérieurs et de ses vertus» voulurent l'élever sur le siège archiépiscopal de saint Ambroise; mais il se déroba à leurs hommages et retourna dans son cloître. En IIM), il se signala au concile de Sens par sa véhémence contre les derniers écrits d'Abailard, et en poursuivit intlexiblement la condamnation. L'inlluence de son génie allait se faire plus universellement seotir. Le Pape Eugène 111» l'un de ses anciens religieux» l'exhorta à prêcher une seconde croisade. L'activité et l'éloquence de Ber nard subjuguèrent toutes les résistances ; et» maigre 1 opposition du sage abh.é Suger» Louis vil prit In croix, av^. une foule de seigneurs. De France, Bernard passa en

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