‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 43 sur 186 · DIE · texte numérisé non relu

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\llcma?;ne, ot délcrmina remporcup Conrad m è prendre a-ussi la croix. On sait que cottesecoudecroisadeéciiouacompléteroenl.

Cet échec n'empôcha pas le saint religieux de jouir de la confiance de toute l'Europe. Il fut de nouveau consulté dans toutes les grandes questions ot forcé à chaaue instant de quitter sa vie studieuse du cloître pour se mêler aux débats du monde. Mais fatigué de ses courses et de sa vie active, il résolut enfin de se retirer complètement dans la solitude de son elotlre ue Clairveaux, et il y succomba, en 1153, h ses austérités, è TAge de soixante-deux ans. Il fut canonisé vingt ans après sa raorf, en 1173. C'était un de ces hommes puissants d'intelligence (lui ne sauraient passer h travers les siècles sans y laisser des traces profondes de rinllupncede lour génie. 11 fut également un grand écrivain. La vivacité, la noblesse, Téiiergie et );i douceur caractérisent son style. Il est plein de force, d*onclion et d'agrément. Ses sermons surtout respirent cette éloquence tendre et douce, ()ui touche le cœur et charme Tesprit. Saint Bernard est regardé comme lo dernier des Pères de l'Eglise. Villefort, le Maistre et dom Clémencet ont publié sa Vie. Ses ouvrages sont nombreux, mais on remarque principalement ses livres ascétique<s, qui sont : l** Le Traité de la Considération^ ouvrage écrit à la demande du Pape Eugène; saint Bernard y enseigne éloquemment aux Papes l'importance et l'étendue de leurs devoirs, expose avec vigueur les désordres du clergé, et, en traçant au Pane Eugène les règles morales qui doivent le diriger, offre en même temps h tous les hommes les meilleures règles à suivre; — 2* Le Traité des devoirs et des mœurs des évéques; — S* Le Traité de la conversion des mcsurs des religieux; — b*" Des degrés de Phumilité et de Vorgueil ; — 5" Apologie de la vie et des mœurs des religieux: — 6* Traité de l'amour de Dieu; — 7* De nombreux sermons; 8" Une foule de Lettres spirituelles.

BERNARD (Claude), dit le Pauvre Prêtre, et vuljçairement le Père Bernard, naquit à Dijon lo 2G décembre 1588. Il se consacra entièrement au service des pnuvrcs et des malades de THôtel-Dieu et de rhôpital de ]a Charité, à Paris. Il mourut en odeur de sainteté le 23 mars ICM. On a imprimé le Testament du H. P. Bernard^ et ses Pensées pieusesy Paris» 16il, in-8^. Plusieurs biographes ont écrit sa Vie.

BERNARDIN DE SIENNE (Saint) naquit en 1380» à Uassa-Carrara , d*nnc famille distinguée. Après sa philosophie, il entra dans une conlrérie de Thôpitai de la Seala, k Sienne. Son courage et sa charité se firent admirer pendant la peste de ll^OO, Deux ans après il prit l'habit de Saint-François, réforma l'étroite observance et fonda près de trois cents monastères. Son humilité lui fit refuser les évôcbés de Sienne, de Ferrare et d'Urbin, qui lui furent successivement proposés. A|)rès une vie laborieuse, il mourut à Aquila en Whk, Il fut mis au rangdes saints six ans après. Il a laissé plu •

BERTHIEft I Guillaume-François), célèbre Jésuite, ne k Issoudun en Berri, le 7 avril nWh, professa les humanités k Blois • la philosophie k Rouen , et la théologie à Paris. Ses supérieurs fui confièrent la eon/tnuation de V Histoire de l'Eglise gallicane ^ et la direction du Journal de Trévoux. Il mourut le 15 déceu)bre 1782. Il a« outre plusieurs ouvrages, laissé des ouvres spirituelles, en 5 vol in-12, 1790 et 1811.

BÉRULLE ( Pierre ), né en 1575, au château de Serilly, près de Troyes en Champagne» se distingua dans la fameuse conférence de Fontainebleau, où Duperron combattit du Plessis-Mornay, qu*on noipmait le pape des huguenots. Il fut envoyé en Espagne par Henri IV, dont il était aumônier, pour amener quelques Carmélites k Paris. Ce fut par ses soins que cet ordre fleurit en France. Quelque temps après il fonda la congrégation de l'Oratoire de France, dont il fut le premier général. Urbain VllI récom« pensa le mérite de Bérulle d*un chapeau de cardinal. Henri IV et Louis XIU avaient voulu inutilement lui faire accepter des évëchés considéra blesi L'autorité qu'il avait dans TEglise et TEtat ne lui fit point abandonner son premier plan de vie. La simpltcité,la modestie, la pauvreté, la tempérance, furent toujours ses vertus favorites. Il ne passait aucun jour sans offrir le saint sacrifice. 11 mourut d apoplexie à Tautel, le 2 octobre 1629, k rage de cinauante-cinq ans. saint Ftançois de Sales, César de Bus, lecardindî Bontivoglio, etc., avaient été ses amis et les admirateurs de sas vertus. Sos ouvrages ascétiques, qui respirent la plus grandb piété, sont: un livre sur l'état et la grandeur de Jésus; — des Elévations x Lettres à ses prêtres \ divers petits Traités.

BESSE ( Pierre de), docteur de Sorhorne, prédicateur de Louis XIII, naquit au bourg de Rosiers, en Limousin, au milieu du xvr siècle, et mourut k Paris en 1639. Outre ses Sermons, il a laissé les ouvrages de piété qui suivent: 1** Des qualités et des bonnes mœurs des prêtres. — 2* Triomphe des saintes et dévotes confrairies. — 3" La royale prêtrise. — k" Le démoçrite chrétien. — 5* Le bon Pasteur, — 6" Vhéraclite chrétien.

BEUVËLET ( Matthieu), prêtre du séminaire de saint-Nicolas du Chardonnet, k Paris, y fit fleurir la science et la piété. Il est connu particulièrement par ses œuvres ascétiques; 1** Méditations ^ m-k*, sur les principales vertus chrétiennes et ecclésiatiques ; — 2** 3fanuelpour les ecclésiastiques. Matthieu Benvelet mourut vers 1660.

BIENS (Communauté des). — La vocation religieuse repose sur les trois vœux de pauvreté, d'obéissancH et de chasteté.

Le vœu de pauvreté ne peut se pratiquer qu'en renonçant k toute propriété personnelle. Mais k moins de vivre exclusivement d'aumônes, il en résulte la conséquence que la communauté monastique doit pouvoir

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poss<iiler re qii*ii rfcsi point permis à un siiiifilc rcligieiii cl*avoir en son nom. Le fruit même do snu travail quotidien n*csl pis è lui; ce qu'il consomme de nourritures et de vètemf*ats, fiU-ii Tœuvre de ses mnins» est un don de la communauté pour laquelle chacun travaille»

Afin de mieux entendre la communinté des biens dans la vie religieuse , rappelons sommairoannt les princip4.*s évangiliques,

3 ni démontrent la perft^ction et les avantages e la pauvreté, matière qui sera traitée selon son ironortance dans Tarticle Pauvreté.

Bienheureux les pauvres d'esprit^ nous dit le Sauveur, parce que le royaume de Dieu est à eux.

Pouvcz-vous faire un marché plus avantageux que de changer tout ce que vous possédiez, contre un trésor de si grand prix ?

Il dit encore : Le royaume du eiel est sem^ blable à un marchand qui cherche de belles perles 9 et qui^ en ayant trouté une^ s'en va et rend tout ce quil avait ^ et Varhête, Or de niéme, dit Rodrignez, nue cotte perle est h ce marchand, parce qu*il Ta achetée de son argent , de même le rovaume du eiel est à vous, parce que vous ravez acheté de tout votre bien.

Saint Pierre ayant dit un jour à Jésus- Christ : yoilà que nous avons tout quitté y et me nous vous avons suivi ; quaurons-nous donc pour récompense ? — fjn vérité^ je vous dis 9 répondit-il, aue dans le temps de la régénération, quand le Fils de VHomme sera assis sur le siège de Sa Majesté ^ vous qut m*avex suivie vous serez de même assis sur douze sièges pour juger les douze tribus d^ Israël.

Ces paroles doivent s'entendre non-seuleroent (les apôtres , mais aussi de tous ceux, qui imitent leur esprit de pauvreté.

Voilé donc le royaume du ciel promis ^ la pauvreté, et m£me des distinctions lui Sfint réservées dans ce lieu de félicité.

Ce n*est pas encore tout. Le Sauveur promet encore dès cette vie dos compensations £onr les sacrifices ipi'on fait en son nom. ^uiconque^ dit-il, quittera sa maison^ ou ses frères f ou ses sœurs^ ou son pére^ ou sa mire^ ou safemmct ou ses enfants^ ou ses terres pour tamour de moU recevra le centuple et possédera la vie étemelle: et afin qu*on no se trompe pas sur le sens du centuple, saint Marc dit le centuple dans le temps présent.

Sans dcute cette expression désigne, selon linéiques interprètes, les biens spirituel's, les richessesdumcritemoral;cppendanld*autr(S, avec Gn.ssien, entendent le centuple dans le sens du bonheur de ce monde, mais non du bonheur grossier des sens. On peut Tentendre de la paix du cœur, des jouissances de la pureté de la conscience, des faveurs particulières que Dieu fait à ceux qui se donnent à lui sans réserve.

Ces paroles n'onl-elles pas une application assez juste dans les comm unantés reli- Stcuses où les bons religieux sont heureux e Icurdépouillement, et è qui le nécessaire de la vie est d^autant plus doux qu'il est plus modeste» qu*ils n ont besoin d'aucun

souci, d*aucuDe crainte fatigante pour se le procurer? Ils sont délivrés ne la soif de Tor qui consume les séculiers, et toute Taffec* tion et les désirs que le mondain accorde aux biens terrestres, le religieux les fait monter vers Dieu. Ces réjouissances, que Ton trouve dans les communications intimes avec Dieu, sont plus délicates et plus durables

aue celles que fournissent les fragiles biens e la terre.

En partant de ce principe si bien établi dans 1 Evangile, que les richesses sont un grand danger pour le salut, et que la pauvreté volontaire est une des plus belles victoires qu*un chrétien puisse remporter sur SOS mauvais penchants, que les plus magnifiques bénédictions y sont attachées, tous ceux qui ont aspiré à la perfection ont dû commencer par rompre avec les biens du monde.

Les premiers Pères du désert, comme saint Antoine, commençaient par abandonner tout avant de se consacrer a la vie contemplative ; ils s*abandonnaient è la Providence au point de ne compter que sur le travail des mains, travail simple et peu lucratif, comme de faire des nattes, pour Tentretien de la vie, et se contentaient des choses les plus grossières, et pour la nourriture, et pour le vêtement, et pour Thabitation.

Plus tard, lorsque les moines se réunirent en monastères, ce qui d*après Texpérience des saints est la manière la plus parfaite de vivre des religieux, on trouva le moyen de

f posséder, tout en affranchissant chaque reigieux des liens de la propriété. Ce qui est à tous u'est à personne, et profite néanmoins h chacun. Les besoins sont satisfaits, et non la cufiidité; car la cupidité aime à dire : Ceci est à moi; je puis en disposer pour mon agrément ou mes plaisirs. Il va sans dire que sons prétexte que .1rs biens de la communauté ne sont è personne, il ne convient pas que ces monastères deviennent opulents. 11 V a h cela plus d'un danger. D*abord les Chrétiens du siècle ne sont pas édifiés; ensuite il est difficile de se toin'r alors sur la ligne tracée par la règle qui veut qu*on donne rigoureusement aux pauvres ce qui passe le modeste nécessaire du religieux. L\isa{;e le moins répréliensible quNiu puisse faire alors do ses richesses est de les prodiguer en bâtiments som|)tueux, ce qui s*écarte visiblement do la vocation rf'ligieuse. On ne peut citer aucun fondateur d ordre qui ait eu des vues pareilles : tous, au contraire, ont recommandé la simplicité. In pauvreté pour la commuiiaut<^ cumme pour les particuliers.

Le premier eiemple fameux delà communauté des biens est celui qui a été donné par les premiers Chrétiens : exemple d*autant plus étonnant qu'il a trouTé son application dans une société composée d*une grande diversité de rangs, de fonctions et d*états. On avait vu auparavant quelques essais de communauté; mais entre personnes de même condition^ comme quelques

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