DON
un décret du prince Cli.irlcs de Lorrnino ordonna que rélablissomenl des Bi»llantli.sles serait lransf«rré h Tabbnye de Caudcn-
oiit toule sa consistance. Le Ll* volume de Acta sanciorum^ qui était le (|natrièiiio du moisd oclol)ro, fiarut vers la (in du la même année. Les réd.icteurs de ce volume élaient h's abbés de Bye, de Bue et Hubeiis. Ei 1786, parut le volume LU*. Mais à peine cot iHnblissement élait-il ainsi constitué, que de nouveaux embarras vinrent arrêter ses travaux. Le 16 octobre 1788, le gouvernement notifia h la Chambre des comptes qu'il ava-t résolu (je faire cesser le travail des Bollandistes, et qu'en conséquence, h partir du f novembre suivant, on devrait se bor-ner à payer aux abbés de Bye, de Bue, Fonson, Ghesquière et de Smet, leur pension annuelle de 800 florins. La suppression répandit une véritable consternation parmi les amis des lettres. De toutes piarts arrivèrent au gouvernement des propositions pour l*acqiiisition de cet établissement. L*abbayo do Tongarloo remporta sur ses compétiteurs ; par une convention en date du 18 mai 1788, te gouvernement lui transféra la propriété de Télablissemont des BalJandisles, et elle reçut dans son sein les abbés do Bye, de Bue,*Sonton, Gbesquiôre et deSiueL Un dernier volume, le Llll'de In c dlection, et le V* du mois d'octobre parut «n 179b. Trois religieux de Tabbaye do Tongerloosout désignés dans le titre cimimo ayant coo^iéré avec les BollanJisles h sa rédaction L'entrée des Français dans la Belgique, qui eut lieu la même année, porta le dernier coup h cet établissement. Les moines de Toiigerloo se dispersèrent, et les rédacteurs de Acia sanclorum , réfugiés (ians différents pays, moururent succossi- Yenienl sans avoir pu continuer leurs travaux. La l)ibliolhèque royale de Bruxelles possède sous les n*"* 368 è 386, rangés dans un très-bon ordre, jour par jour, du 16 octobre au 31 décembre, tous les matériaux rassemblés par les Bollandistcs. II y a à peu près un an qu*un prospectus fut publié par Jrs Bénédictins de Solèmes, annonçant la i'ontinnalion des Acia ianc(orumf mais cette promesse n a pas encore élé suivie d'effet.
On a reprocbé h Bollandus de n*avoir pas élé assez en garde contre les légendes apocryphes et fabuleuses; Papebroch et ses successeurs ont eu une critique plus éclairée et plus exacte dans le choix des monuments dont ils se sont servis. Leur premier soin, dès le commencement de leur travail, fut d'établir des correspondances avec tous les savants de r£urope, de faire chercher dans les archives et bibliothèques les titres et les monuments qui pouvaient servir h leurs desseins; les matériaux rassemblés forment une bil>liolhèque considérable. Avant de faire usage d'aucun titre , tes Bollandistes en examinent rauthcnlicité, son degré d'aut.irité, et le rejèllenl s'ils y découvrent des
indicés do siipposition et de fausseté: s'ils le jugent vrai, ils le pulilient tel qu'il est avec la plus grande fidélité, et en éclaircissent les endroits obscurs [uir des notes; si c'est une pièce 'douteuse, ils exposent les raisons de douter ; s'ils n'ont que des extraits, ils en font une histoire suivie. Lorsqu'ils reconnaissent qu'ils se sont trompés, ouont été induits en erreur, ils le disent toujours dans le volume suivant et le rcctilient. avec toute la candeur et la bonne foi possible. On trouve souvent dans cet ouvrage ira* portant des traits qui intéressent noi seulement l'hisloiru ecrJésiaslique, mais ei.core, l'histoire civile, la chronologii', la géographie, les droits, les prétentions des souverains et des peuples; tous les volumes sont accompagnés de tables exactes et très-commodes. Les soins qu'ont ces laborieux écrivains de se former des successeurs semblent répondre au public que cet immense projet sera un jour conduit à sa fin. Comme 1rs premiers volumes donnés par Bollandus étaient devenus très-rares, on aréimp. imé à Venise toute la collection; mais celte édition ne vaut pas celle d'Anvers.
BONA (Jean), né à Mondovi en Piémont, l'an 1609, général des Feuillants en 1651, fut honoré de la pourpre, en 1669, i^ar Clément IX. Après la mort de ce Pontife , bien des gens le désignèrent pour son successeur, ce qui donna lieu è cette mauvaise pasquinade : Papa Bonn sarebbe un $oleei$» tno. Le P. Daugières répondit h Pasqiin, par Tépigramine suivante :
Grammalicœ Icges plemmque Ecclesia êpcrnii;
Foré erit ut lieeai dicere Papa Bona^ Yami solœcismi hc te coniurbel imago,
Eê$et papa bonus^ si Bona papa foret,
Bona, digne de la tiare, ne l'eut pourtant pas. II mourut à Uomc e:i 1671^, dans ^a soitante-cinquième année. II joignit a une profonde érudition et h une connaissance vaste de l'antiquité sacrée et ecclésiastique, une piété tendre et éclairée. On a de lui pla-^ sieurs écrits, recueillis à Turin en 17^7- 1753, k vol. in fol. Les principaux sont: !• De rébus liturgicis, plein de recherches curieuses et intéressantes sur les rites, les prières et les cérémonies de ta messe; — 2" Manuductio ad cœlum, traduit en français en 1771; — 3" Jfototogium asceticum; — k* De principiis viiœ chrislianœ^ traduit en français par le président Cousin et parTabbô Gouget ; — 5* PsuUentis eccleske harmonia ; — 6' De sacra Psalmodia^ et plusieurs autres bons ouvrages de piété, qui vont également a l'esprit et au cœur. Ses œnvn-s complètes {opéra omnia) ont élé publiées h Turin, avec des notes de Robert Sala.
BONAVENTURE (Saint), né, l'an 1221, t Bagnaroa en Toscane, entra dans l'ordre des Frères Mineurs, et fut disciple d'Alexandre de Aies. Son ordre le fil successivement professeur de [diilosophie, de théologie, et enfin général on 1256. Clément IV lui offrit Tarchevôrhé d'York, et le saint religieux le refusa. Après la mort de ce Souverain Pon-