‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 47 sur 186 · CAL · texte numérisé non relu

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CACHET (Jean-Nicolas), Jésuite, originaire de Neufcbflteau en Lorraine; entra dans la Société en 1613 , flgé de 16 ans. Il écrivit la Vie de plusieurs saints. 11 mourut en iéSk^ n*a;ant que trente-sept ans. Ses œuvres ascélitiues sont : 1* Canférenees $pir%^ tuelUSf traduUe9 de Vespagnol du P. Nicola$ Amaya, Paris , 1630 , in4*; — 2» Vhorreur du péché, Pont-è-Mousson , 1634, in-4"; et Rouen, 1681, in-12.

CâLOYER ou Calogbr. — Moine, religieux et religieuse grecs qui suivent la règle de Saint-Basile. Les caloyers habileni particulièrement le mont Atbos; mais ils desservent presque toutes les églises d*Orient. ils font des vœux, comme les moines en Occident. Il n*a jamais été fait de réforme chez eux; ils gardent exactement leur pre^ mier institut, et conservent leur ancien vêtement. Tavernier observe qu'ils mènent un genre de vie fort austère et fort retiré ; ils ne mangent jamais de viande , et outre cela ils ont quatre carêmes et observent plusieurs autres jeûnes de TEglise grecque aTec une extrême régularité. Ils mangent du pain après Tavoir gagné par le Iravail dé leurs mains ; il jr en a qui ne mangent qu*une fois en trois jours» d autres une fois par semaine. Pendant leurs sept semaines de carême, ils passent une grande partie de la nuit è pleurer et à gémir pour leurs pé* chés et ceux des autres. --Quelques-uns disent qu'on donne particulièrement ce nom aux religieux vénérables par leur âge » leur retraite et Taustérité de leur Tie , et le dérivent du grec xiAôc beau, et ynpmif vieillesse. Il est k remarquer que quoiqu'on France tous les moines soient compris sous le nom de caloytrs^ il n'en est pas de même eo Grèce; il u'j a que les Frèrei qu'on nomme ainsi, car ceux qui sont prêtres sont appelés Jér<m0maquê$ (saeriQcateursJ. Lee jTurcs donnent quelquefois le nom de cahjferê à leurs derviches ou religieux. Les religieuses colayiru sont renfermées dans des monae* tères où elles vivent séparément chacune dans leur maison. Elles portent toutes nn habit de laine noire 9t. un manteau de même couleur ; elles ont la tête rasée t les bras et les mains couverts jusqu'au bout des doigts. Chacune a une cellule séparée t et toutes sont soumises à une supérieure ou abbesse. Elles n'obserrent pourtant pas une ciêture régulière» puisque l'entrée ae leur€0uvent« interdite aux prêtres grecs, ne Test pas aux Turcs qui vont j acheter de petits ouvrages h l'aisoille iaiu par elles. Celles qui virent sans être en communauté sont pour la plupart des veuves qui n'ont fiiit (f autre rma Sue de mettre un voile SMr leur tète, et de ire qu*elles ne veulent plus se marier. Les

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unes et les autres vont parieut où il leur plaît, et jouissent d'une assez grande liberté à la faveur de l'habit religieux.

CAMBRY (Jeanne) f nommée en religion Jeanne-Marie de la Priemtatian^ fille de Michel GambrY, docteur en droit, naquit à Tourna/. Elle était douée de tous les avantages qui rendent une jeune personne recommandable. Elle avait de la fortune, de la beauté , de l'esprit , des connaissances » tout ce qui peut donner l'espoir de faire un bon établissement dans le monde. Elle préféra se consacrer & Dieu , et entra dans l'ordre de Saintp-Augustin. En 1625, elle se fit recluse à Lille, et y vécut occupée de lectures spirituelles» de méditations et de la composition de quelques ouvrages de piété. On a d'elle : i* Jrail^ de la ruitu de VamowT"

Îrapre; — â* $àtiment de Vamour dipin.

eanne mourut le 19 juillet 1039.

CANONISATION DES SAINTS (1U}.~U «onom^to» dans la primitive Eglise consistait dans l'insertion simple du nom d'un confesseur de la foi dans le Cou»» de la mea^ se. Les noms que nous y lisons et qui* danv certaines Liturgies, sonten très-grand nombre , forment le seul acte de eanoniêaiimi des saints qui les portent » et cette insertion suffisait pour leur fiûre rendra !• culte de dulie* Bellarmin, en preotnl: m terme dans une plus grande latitude qoÊêê valeur étvmologique , Uil remonter la ei» mimlian a l'Ancien TeslaBieBl»elil le prouve par les paroles du chapitre xuy du livre de VEeclésioêtique : XotiMMi pHt^ ftorio^ $9$ 9 lesquelles exaltent les mérites des anciens patriarches et des prophètes ; tout ce chapitre en effet retrace les vertus de ces hommes glorieux. Les louanges des saints ne sont donc point une innovation dans l'Église caiholique, et la eanonieaiian n'a d'autre but que de leur procurer rhonaeur dont ils sont dignes.

L'acte par lequel on canoniaait était dont bien simple dans les premiers siècles : lors^ qu'un Chrétien avait souffert le martyre, on élevait un autel sur sa sépulture et Ton y offrait le saint sacrifice; aussi Ton appe<» lait ces oratoires Martyria, La foi des peuples a ainsi devancé la sanction solennelle de l'Eglise» parce que ces canonisations spontanées étaient inspirées par TEsprit- Saint à un peuple rempli de la pins ardente piété. Plus tard on dut prendre de sages précautions. L'évèque, dans le diocèse du« quel un Chrétien . avait subi le martyre* n*inscrivait eeluin^i dans le Martyrologe ou les Dyptiques qu'après s'être assuré qu'il avait souffert pour la foi catholique. Ilaia comme ce n'est pas seulement en soufljRani la m^l pour Jésus«Chrift que l'oci peut

DUitwmaife d'auMiem, la einsaisntiea est rapochëoie de la perfedieo ckiMeaiie,

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acquérir le ciel, et qu'il y a d'autres sortes (le témoignages ou martyres non moins agréables a Dieu, c*est-ài-dire une vie mortifiée, des travaux apostoliques, de grands services rendus à 1 humanité par amour pour Jésus-Christ, on inscrivit pareillement sur les Dyptiques les noms de ces autres martyrs ou témoins de la foi chrétienne. Les évèques étaient juges suprêmes du mérite de ces vertueux personnages , et une décision émanée de leur autorité sanctionnait le culte de dulie qui leur devait être rendu. On croit que c*est vers le iv* siècle que Ton assimila aux martyrs qui avaient répandu leur sang, ces autres martyrs noo moins vénérables.

Vers la fin du x* siècle, il fut jugé plus prudent de laisser au Pape le droit de canonisation. Le premier exemple d*un acte solennel de ce genre fut donne eil993, lorsque le Pape Jean XV canonisa Udalric, évéqae d*Augsbourg. Ce pontife était mort en VIS. Le second exemple est la canonisation de saint Siméon de Trêves par Benoît VIII, en lObS. Le dernier saint canonisé sans le concours direct du Souverain Pontife est saint Galtier de Pontoise. Cette canonisation fut faite par Tarchevéque de Rouen , en 1153. Une bulle d'Innocent 111 , en date du 3 avril 1200 , à Toccasion de sainte Cunégonde canonisée par ce P«pe , confirma pour toujours la constitution d'Alexandre III , qui avait réservé le droit de cammisation au Saint-Sié^e. La procédure fliite pour une • eaoonisation fut toujours acoompagnée d*UQe grande prudence et de scnipuleuses fbnnalitiB qui ne peuvent laisser aucun doute sur le mérite réel du personnage inscritdaoa le catalogue des saints. Ces formalités, bido loin de se simplifier, sont devenues au contraire plus sévères , et les hérétiques de bonne foi ont été forcés d'avouer que la prudence était poussée à ses dernières limites. On cite entre autres un gentilhomme anglais, auquel un prélat de ses amis communiqua un procès-verbal contenant la preuve de plusieurs miracles : «Si tous les miracles reconnus par TËglise romaine,s*écria-t-il,étaientaussi évidemment démontrés que ceux-ci , je n'aurais point de peine è y souscrire. » Le prélat lui repondit : « Eh bien I de tous ces miracles qui vous semblent si bien prouvés la congrégation des Rites n'en a pas admis un seul, parce que les preuves ne lui en ont pas semblé suffisantes.»

Pour nous renfermer dans notre plan, nous devrons nous borner au cérémonial de la canonisation, après avoir exposé succinctement les préliminaires. Lorsqu'une personne est décédée en odeur de sainteté, et Su'elle s'est rendue célèbre par des miracs, si un souverain, un corps, une communauté ou môme un simple particulier veut la faire placer authentiquement dans le catalogue des saints, une requête est adressée au PQpe, une commission est instituée pour instruire la cause, elle est ensuite examinée dans un consistoire secret,

composé des seuiscarainaux ; la mémo cause est appelée dans un consistoire publics et puis dans un troisième, qui na qu'une demi-publicité. Dans le premier, on domine la vie, les vertus et les miracles du saint qui est proposé; l'abrégé de cette procédure est adressé aux patriarches, archevêques et évoques qui devront être présents au consistoire à demi public. Apres avoir recueilli les voix et avoir entendu les avocats consistoriaux qui débattent la eause> 5[uoique le jugement paraisse devoir être avorable, le Pape ordonne des prières publiques pour demander les lumières da Saint-Esprit. Le Saint-Sacrement est exposé pendant trois jours dans les basiliques patriarcales de Rome; une indulgence pléuière est accordée à ceux qui, après avoir jeûné pendant trois jours et s être confessés, auront reçu la communion et visité ces églises^. Le Pape lui-même, les cardinaux, les patriarches, archevêques et évêques font ces visites. Ces grâces spirituelles s'étendent aux monastères, dont les membres s'unis» sent d'intention dans leurs prières pour la sainte Eglise et le Souverain Pontife. Aa consistoire où doit être votéela canonisation^ les cardinaux et les autres prélats votent individuellement en s'inclinent devant le Pape, assis sur son trône , en chape rooge et mitre de lames d'or. De nouvelles prièiiBS sont ordonnées, et enfin la canonisation est

Erononcée dans un consistoire h |demi pulic, par un décret solennel.

Le jour de la solennité de la canonisation est fixé. Le Pape concède une indulgence piénière k ceux qui assisteront k la cérémo^ nie. Elle s'étend même aux personnes qui seront légitimement empêchées, telles que les membres des congrégations religieuses qui observent la clôture, les infirmes, les

1)risonniers, pourvu qu'elles se soient con* essées et aient reçu la communion, et récitent, en l'honneur de la très-sainte Trinité, trois Puier et trois Ave, à genoux, au signal qui est donné par le canon du chAteau Saint-Ange et des cloches de la ville. La cérémonie commence par une procession très-solennelle. La description abrégée de la canonisation du Pape Pie V, en 1712* suffira pour en donner une idée. On dressa, au milieu de Saint-Pierre du Vatican, un vaste et magnifique théâtre, couvert de riches étoffes; un trône destiné au Pape Clément XI y fut placé; des deux côtés étaient les statues de l'Eglise et de la Justice; aux extré^ mités, celles de la Foi et de l'Espérance. L'église était illuminée d*un nombre prodigieux de cierges, et les murs étaient ornés de draperies chargées d'emblèmes propres à caractériser la fêle qu'on célébrait. '

La procession sortit de l'église. Elle était ouverte par les enfants de l'hôpital apostolique de Saint-Michel, qui portaient dos flambeaux; puis venaient les orphelins de tous les ordres monastiques de la ville; ensuite marchaient les membres du clergé séculier précédés des bannières^ lés chanoines de Sainte-Marie-Hajeure, de Saitit-Pierre et

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