‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 48 sur 186 · GAN · texte numérisé non relu

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«le Saint-Jean de Latran; les ordinaires de Ja chapelle papale, les procureurs généraux des ordres mendiants, les camériers en robe y tous les fonctionnaires de la cour pontificale précédaient une nombreuse musique, qui exécutait VAvt marit ttella; après eux paraissaient les bannières de saint Pie et des trois saints qui Turent canonisés avec lui. Après une longue file composée des généraux d'ordres, des abbés, des évègues, archevêques et patriarches, venait le sacré Collège des cardinaux avec le connétable et le gouverneur de Rome.

La chaise ou sedia gestatoria du Pape était portée par les officiers chargés de cette fonction. Le Pontife y était assis sous un magnifique baldaquin. La procession était fermée par les protonotaires apostoliques, les ordres mendiants, etc.

Quand le Pape entre dans Saint-Pierre, les chantres entonnent Tantienne : Tu es Petru$. Il descend de la chaise, pour se prosterner devant le Saint-Sacrement, et puis se place sur son trône où il est entouré de toute sa cour. Le cardinal procurateur de la canonisation, accompagné de Tavocat consistorial, et des autres avocats qui doivent faire la demande, se mettent à genoux devant le Pape, et la demande est faite en ces termes : « BetUiaime Paier^ Reverendissimut cardinalis N» hic prœsens instanter petit per Sanetitatem Yeitram catalogo sanetorum D. N. /. C* oicribi et tanquam ianetum^ ou Monctos^ab omnibus Christi fidelibus pronun» tiari foenerandum^ ou venerandost beatum ou beatos^ 2V2V... Très-saint Père, le cardinal N. ici présent, demande avec instance que N. soit incrit par Votre Sainteté au catalo-

giie des saints de Notre-Seigneur Jésushrist, et que son vénérable nompuisseétre } prononcé comme celui d*un saint par tous es fidèles chrétiens. » Le prélat secrétaire des brefs aux princes répond, au nom du Pape, que les vertus et les mérites de ce bienheureux sont bien notoires, mais qu'il faut encore invoquer Dieu par Tinterces-r aion de la sainte vierge, des saints apAtres Pierre et Paul et de tous les autres saints. Alors le Pape se met à genoux, et les chantres entonnent les litanies des saints en les poursuivant juspu'à VAgnus Dei. Une seconde instance est faite au Pape selon la formule précitée. On répond de mëine, et le cardinal-diacre ajant dit : Oremus et Levate^ tout le monde se lève, et lé Pape, un cierge dans sa main , entonne Thymne Yeni Creator. Celle-ci est suivie du verset et de Toraison ordinaires. Le Pape s'assied encore sur son trône et le cérémonial de Tinstance est répété pour la troisième fois. La première instance est dite instanter; la deuxième, instantius; la dernière, tfM/antissime. Ici le prélat secrétaire des brefs répond que Sa Sainteté, étant bien persuadée que la canonisation de tel saint est agréable h Dieu, va prononcer la sentence ; alors le Pape, assis sur son trône, et couvert de la mitre, la prononce en ces termes, au milieu d*un silence solennel . « Ad honorem

sanctœ et individuœ TrinttatiSj ad exaltation nem fidei catholicœ^ et christianœ religionis augmentum^ auctoritate D, iV. J* 6\, beatorum apostolorum Pétri et Paulin ac nostra matura deliberatione prohabita et divina ope imptorata^ ac de venerabilium fratrum noslrorum 5. R. E. cardinalium^ patriarcharum^ archiepiscoporum^ episcoporum in Urbe existentium consilio , beatos DfN. sanctos et sanclos^ ou bien beatum N. sanctum decemimus esse et definimus^ ac sanetorum catalogo ascribimus : statuentes ab Ecclesia tiniversali eorum memoriam quolibet anno^ die eorum natali^ nempe beati N. die^ etc.^ pia devotione recoli aebere^ in nomine Patris f et Filii f ^^ Spiritus f sancli. Amen. A l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et l'augmentation de la religion chrétienne; par Tautoriléde notre Seigneur Jésus-Christ et des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et la nôtre, a|)rès une mûre délibération, et après avoir imploré la protection divine, ainsi qu'anrès avoir pris I avis de nos vénérables Trères les cardinaux de la sainte Egliseromaine, les patriarches, archevêques et évoques qui se trouvent dans la ville, nous définissons et décrétons que le bienheureux N. est saint*, et nous l'inscrivons au catalo^e des saints. Nous statuons que sa mémoire doit être honorée [lar l'Eglise universelle avec dévotion, le jour de sa naissance, au nom du Père, etc. »

Après cette sentence l'avocat consistorial remercie le Pape, et le conjure de faire expédier les lettres apostoliques, ce qui Ini est promis ; il y a poor^la quelques formules peu importantes que nous omettons.

Le Pape dépose la mitre et entonne le Te Deum que poursuit la musique pontificale; en ce moment les trompettes de la garde noble se font entendre, et k ce signal on met en branle les cloches du Vatican. Les tambours roulent, on tire des bottes d'artifice placées près de l'c^^glise. L'artillerie du château Saint-Ange et la grosse cloche du Capitole répondent à ce signal, ainsi que toutes celles ae la ville, et cela d)ice au moin» l'espace d'une heure. Quand le Te Deum est fini, le cardinal premier diacre entonne le verset Ora pro nobis iV., ou s'ils sont plusieurs saints canonisés, il s'exprime au pluriel. C'est la première fois qu'une invocation liturgique est adressée au nouveau saint. On fait la réponse ordinaire : Ut digni efficiamur...; puis le cardinal second diacre, se tenant à la gauche da Pape, chante le Con/Ueor dans lequel, après les apôtres saint Pierre et saint Paul, le nouveau saint est nommé. Enfin le Pape, après l'absolution qui suit le Confiteor^ donne la bénédiction solennelle, et ajoute à la formule ordinaire : Precibus et merttis beatœ Mariœ^ etc., le nom du saint qui vient d'être canonisé. La cérémonie de la canonisation est terminée. On peut placer la canonisation parmi les plus solennelles et les plus magnifiques cérémonies deTEglise romaine. C'est là que brille da.is tout

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