‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 49 sur 186 · GAN · texte numérisé non relu

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son 6dài le principe «l'égalilé devant Dieu, en principe que la philosophie des hommes a Toulu établir par le meurtre et le pillage, et que la philosophie chrétienne sanctionne pnr la prière et la bénédiction. Ainsi en 1712 furent confondus en une mémo canonisation, et dans une égale pompe, le Pontifo-Hoi qui portait la triple couronne, et rhnmbic Fé1i\ de Cantalice qui avait porté It* simple et modeste froc de capucin.

Quand le Pape le juge h propos, il célèbre la messe solennelle ou la fait célébrer par D.i cardinal, et, en ce cas, il y assiste sur son trône. A TofTcrtoire de cette messe est anneié un rite que nous ne devons point omettre. Nous voulons parler de Toffrando qui est présentée par les personnes qui ont été désignées. La marche est ouverte nar deui massiers pontificaux suivis d'un maître des cérémonies, après lequel marchent deux gentilshommes du cardinal-évêque qui por^ tent chacun un gros cierge, dont le plus grand pèse soixante livres, et qui sont ornés de divei*ses peintures au milieu desquelles brille Timage du nouveau saint. Le plusanr/wn cardtnal-évêçiue, le cardinal procurateur de la canonisation et plusieurs autres officiers viennent h la suite. ËnGn, deux personnages choisis parmi ceux que la canonisation intéresse pius spécialeruent , portent, i*unun cier(^é beaucoup moins gros que les deux premiers, et Tautre une belle cage dorée, dans laquelle sont deux colombes. A ceux-ci succèdent deux gentilshommes du cardinal de Tordre dés prêtres, ponant deux pains, l'un doré et Tantre argenté et ornés des armes ponliflcales. Après ces gentilshommes vient le cardinal-prétro, suivi de deux personnes, choisies coipme les premières parmi celles qui ont provoqué la canonisation, et dont Tune porte un petit cierj^e et Taulre une seconde petite cage qui contient deux tourterelles. L ordre des cardinaux-diacres y est représenté comme les deux premiers, et les gentilshommes portent deux barillets de vin, dont Tun est doré, l'autre argenté. Ils sont suivis du car^ dinal-dlAcre et des autres personnes intéressées, dont Tune porte un cierge et Tautre une troisième cage contenant plusieurs espèces d^oiseaux. Chacun des personnages présente au Pape son offrande. Les cardinaux baisent seuls la main et le genou du Pontife, les autres baisent le pied. Les cier-

(;es et les autres offrandes sont reçus par e Pape, qui les touche de la main, et puis en les place sur les cr^iences. Un sens mystique est attaché h chacun des objets offerts. Les cierges figurent les actions vertueuses du nouveau saint, et ils sont placés sur des chandeliers comme pour répandre une lumière d'édification sur les fidèles. Le pain, symbole de toute sorte de nourriture, exprime, qxi'h l'exemple de Jésus-Christ, la principale nourriture du nouveau saint a été de faire la volonté de notre Père qui est dans les cieux. Le vin est Temblème de la

Srftce sanctiflante. Les colombes sont le signe e la douceur, les tourterelles celui de la

fidélité, les divers oiseaux celui de la contemplation céleste. Autrefois on lâchait ces oiseaux, mais comme l'empressement des assistants è les saisir occasionnait beaiicoup de tumulte; cette coutume fut abolie.

Le Pape Grégoire XVI a ajouté une nouvelle pompe h la canonisation. Comme cette cérémonie amène h Rome une grande quantité d*étrangers, il a jugé à propos de leur donner la bénédiction solennelle du haut de la loge du Vatican, comme cela se fait dans les grandes fêtes de Tannée. En outre, par ses ordres, la grande coupole du Vatican est illuminée le soir do cette mémorable

iournée. Pie VII avait déjà introduit cette >rillante innovation.

Les bannières ou étendards qui représentent les saints canonisés, et que Ton porte i la procession ou que Ton suspend aux voûtes de l'église, méritent une mention spéciale. Cotte coutume remonte à la canonisation de saint Stanislas, martyr, évéque de GracoTie. Le jour où se fit cette canonisation, sous Innocent IV, le 17 décembre 1253, au moment où le Pape venait de nrouoncer la sentence , on vit apparaître aans les airs une bannière soutenue par des anges. Elle était rouge , et au milieu pn voyait dépeint un évèque en habits pontificaux. Cette apparition frappa les resanis d*un grand nombre de fidèles qui s'écrièrent que la couleur rouse eiprimaitle sang du martyr et que l'image de l'évéquo représentait saint Stanislas, évoque deCracovio. C'estde lè,selon Papebrocke, c^ue tire son origine l'usage de pavoiser l'église de ces étendards sacrés et de les porter en procession, lorsqu'on célèbre une canonisa* tion.

U n'y a rien de réglé touchant le jour où doit avoir lieu cette cérémonie. On vient de voir que saint Stanislas fut canonisé le 17 décembre. Nous avons des exemples de canonisations fiiites les jours delà Pentecôte, de l'Epiphanie, etc.

Les postulateurs d'une canonisation doivent fournir au Pape et k ses principaux ministres les ornements et autres objets qui seront employés dans cette circonstance. Ils doivent être rouges, si le sainte été martyr; blancs, s'il a été confesseur; mais si le jour fixé pour la cérémonie est celui d'une grande fête de l'Eglise, les ornements doivent être de la couleur convenalile.

Pour ne pas foire un article spécial sur la béatification^ nous allons fournir ici ce 'qu'il est utile de connattre en cette matière qui se rattache i la canonisation. La béatification n'est point un jugement solennel en vertu duquel le Pape déclare , ex cathedra^ qu'un personnage mort en odeur de sainteté Jouit du Lionheur des saiuts dans le ciel. C'est une simple permission que le Pape acconle d'honorer, par un culte particulier, un serviteur ou une servante de Dieu. Ce culte se borne k une église, à une contrée, & un diocèse, tandis que la canonisation ordonne que le saint soit vénéré dans toute la catholicité. La congrégation des Rites, Instituée par Sixte V, en 1S87, est chargée de procéder

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iïàns des.causes de cette nature. L'ordinaire du lieu fournit tous les documents nécessaires, après avoir pris désinformations au* près des personnes qui ont pu connaître par elles-mêmes, ou par tradition certaine » le serviteur de Dieu mort en odeur de sainteté. La congrégation des Rites, munie de ces procès-verbnux , examine la cause et présente le résultat de cet examen au Souverain Pontife, qui décide s'il j a lieu de nommer une commission spéciale. Si la dé*cision est favorable, la commissioa destinée à examiner les documents reçoit son organi- •a'tion, el, dès ce moment, le titre de vénérable est donné au serviteur de Dieu ; mais on ne peut, en raison de ce titre, lui accorder aucun culte: La vie, les vertus, les miracles du vénérable sont examinés et discutés avec le plus grand soin, et sont l'obiet de plusieurs rapports en assemblée, où les avocats sont entendus pour et contre la cause. Quant aux miracles qui loi sont attribués, on consulte les médecins et les chirurgiens, qui donnent leur avis sur les cures opéi'ées. Après de nombreuses formalités, qui tendent toutes à bien constater la vérité, la cause est encore envoyée h la congrégation des rites. Si, enfin, de ces scrupuleuses recherches il résulte un jugement favorable, le jour de la solennité do la béatiflcation est fixé.

L'église où la cérémonie doit avoir lieu eet parée de draperies , et devant la porte principale est suspendue une grande bannière qui représente le bienheureux danjt le séjour de la {{loire. On y voit, aussi des inscriptions qui rappellent les principaux traits de sa vie et de ses miracles. L*ima{;e du bienheureux est aussi placée dans l'église au milieu d'un l^rillant luminaire, et si la cérémonie se fait & Saint-Pierre de Rome, cette image est fixée sur le magnifique transparent qui domine la tribune, sur les colonnes qui soutiennent celle-ci , sont des médaillons figurant les deux miracles approuvés pour la béatification. Les cardinaux de la congrégation des Rites, accompagnés (rentres prélats, ainsi que les chanoines du V<itican, prennent les places qui leur sont réservées. Un discours est prononcé, on y fait un court éloge du bienheureux, et Torâleur demande nu cardinal-préfet de la congrégation qu'il soit publie un décrut pontifical de béatification. Après quelques autres formalités du cérémonial , le secrétaire des brefs monte sur une estrade placée du côté de l'Epitre et publie le décret. Après la lecture, on enlève les voiles qui cachaient les bannières dont nous avons parlé , tandis que le château Saint-Ange fait tirer des salves d'artillerie et que Ton sonne hîs cloches du Vatican. On expose les reliques du bienheureux el lo Te lètum est cn- (ouné. Pendant ce temps on encense de trois coups les images du bienheureux , puis on cliante la messe qui est prise du commun des martyrs ou des conl'esseurs, selon la qualité. du bienheureux, liinsuite le Pape, accompagné du Sacré Collège , vient révérer

lesimagesetlesreliqucsdunouveaubieuheureux. Ce rite de béatification a pris l'extension que nous venons d*exposer brièvement, depuis le xvii* siècle. Anciennement . on se bornait h allumer une lampe et des cierges devant le tombeau du bienheureux ; . son imaçe était suspendue devant la porte de l'église a laquelle le Pa[)e accordait la permission de célébrer l'ofiice de la messe du même bienheureux. La première béalificftion solennelle faite ;dans l'église de Saint- Pierre db Rome est celle de saint François de Sales par Alexandre VUl , le ft janvier 1663. Un peu plus de trois apa w^s^ le même Pape canonisa le bienheureux évéque de Genève, dans la même basilique, lu 19 avril 1665.

La béatification n'est qu'un acta prépara* toire pour la canonisation. On an trouve des exemples dans les premiers siècles de relise ; non pas que le terme et lo cérémonial y fussent connus, mais è cause des équivalents. Ainsi, saint Pie 1", Pape, élu en 158, écrivait è saint Justde conserver les corps des saints martyrs, comme jes a|)ôtre8 avaient conservé celui de saint Etienne. Saint Gyprien, au lu* siède, recommandait à son clergé de consigner dans les registres le jour de la mort des confesseurs. C'est cequi sefaiaaitdanslesdyptiques.

Le culte de dulie rendu aux bienheureux doit être moins solennel que celui qu'on rend aux saints. On ne peut, sans un Induit apostolique, les prendre pour natrons d'un royaume, d'une cité, dune église. Leur oiltice ne peut avoir d'Octave , et le jour où se fait leur fête, ne peut Atre de précepte , etc. Ainsi, pour aussi grande et même aussi juste que puisse 6tfe la vénération prononcée pour un bienheureux , elle ne doit jamais dépasser les bornes qui sont prescrites par l'Église. Une neuvaine solennelle ou son honneur ^ avec offices chantés , ne saurait être célébrée sans méconnaître la sagesse des règles que nous venons d'exposer. La béatification ne peut et ne doit être (]u'un préliminaire de la canonisation. ( Traité de la canotiû., par Be^ioit XIV. )

CARCADO(MadamePoNGSTDSLA Rivière, veuve de), d'une famille noble' el ancienne, el parente de Mathias Poucet de la Rivière, évoque de Troyes, né h Paris, mort en 1780, a écrit un ouvrage de piété intitulé : L'Ame unie à J.-C. dans le saint sacrement de t'auleL L*aljbé Duquesne en a donné une édition après la mort de cette dame, vers 1780^ avec un éloge de sa vie.

CARMEL. — Il y a deux montagnes qui ont porté ce nom dans la Palestine, l'une au midi prèsd'Hébron, l'autre plus au nord , près de Plolémaïde. Saint Jérôme dit que c'était un lieu planté de vignes, très-fertile et fort agréable. *

Souvent ce nom est employé dans TEcriture {>our exprimer la fertilité et l'abondance. C'est sur la seconde de ces montagnes que le prophète Elie 01 son disciple Elisée ont habité; mais il n'y a aucune preuve que gaîl été un lieu de dévotion.

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mCTIONNàlBB

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LaMontéeduMont'Carmelf on^ragedepiélé coni|>ii$é|iarsaiDUeaD*de-la-Croix,e$tijnde8 [ilus profonds et des plus parfaits qui existent.

CARTHAGBNA (Jean de), Jésuite espagnol» sortit de la Société pour entrer chez les Mineurs ObservantinSf et professa la théologie k Rome et à Salamanquo, h la fin du xri* siècle. 11 mourut k Napîes en 1617. Outre plusieurs ouvrages, on a de lui : PraxU orch' tionÎM mentalis; Venise, 1618, in-13#.

GASSIEN (Jean). — Fondateur du monastère de Saint-Victor de Marseille, Scythe, ou plutôt Gaulois de nation; selon Thistoire littéraire de France , il sortit d'une famille illustre et chrétienne. Ayant été élevé parmi les solitaires de la Palestine et de TBgypte, il se proposa de bonne heure leur exemple à suivre. 11 s'enfonga avec Germain, son ami, son parent et son compatriote, dans les déserts les plus reculés de la Thét>aïde. Après avoir étudié et admiré les hommes merveilleux de ces déserts, il vint àConstantinople, et j fut fait diacre par saint Chrysostom», qui lui avait servi de mettre; de le, il passa k Marseille où il fut vraisemblablement ordonné prêtre. Il y fonda un monastère d'hommes et un autre de filles, leur donna une règle, et eut sous lui jusqu'à 5,000 moines. On ignore Tépoque précise de sa mort; il vivait encore en «33, selon la chronique de saint Prosper. Dupin recule sa mort jusqu'en UO, Baillet la porte en U»: l'un et l'autre le font mourir à quatre-vin^l-dix-sept ans. Dom Rivet pense qu'il termina ses jours en hSk ou i35. On a de lui : i" Douze livresd'/nsiitutions monaiiiçmeê et vingt-quatre Confé^ rences des Pêrn Aêdifari^ qu il composa k la prière de saint Castor, évéque d'Apt, en Provence. Elles furent traduites en 2 vol. in-S*, 1663, par Nicolas Fontaines; 3" un traité dt r/ncania^(on,contreNestorius, faite la prière du Pape saint Célestin. Le style des livres de Gassien, écrits en latin, répond aux choses qu'il traite : il est tantôt net et facile, tantôt pathétique; mais il n'a rien d'élevé ni de grand. Il y a, dans la treizième Conftrenety des propositions qui ne paraissent pas exactement conformes k la doctrine de l'Eglise sur la grftce; Cassien n*avait jamais pu goûter celle de saint Augustin : il pensait qu'elle avait des conséquences fâcheuses contre la bonté de Dieu et la liberté de l'homme ; mais, en voulant éviter une extrémité, il ne s*éloigna pas assez de l'autre. Saint Prosper, disciple et défenseur de saint Augustin, écrivit son ouvrage intitulé : Contra Collatorem^' pour le réfuter, c Mais du temps de Cassien, dit un critique, l'Eglise n'avait pas encore prononcé sur ce point; il ne fut décidé qu'au concile d'Orange, en 529; conséquemment, la méprise de Cassien n'a pas empêché que sa mémoire fût en vénération. » La dt^niere édition des œuvres de ce saint solitaire est de Leipsick, 17!22, in-fol., avec des commentaires et des notes. Il v en a aussi une édition (le Parié, 16^2, in-fol. On les trouve dans la Bibliothèque des Pères, Tous les écrivains qui

ont traité de la vie contemplative ont \)u\sé avec fruit dans ses Institutions monastiques et s^ Conférences sur forte cénobitique. C'est toutefois une mer immense où il faut plonger bien des fois avant d'en retirer des ri- j chesses utiles. Le savant Cassiodore n'en permettait la lecture k ses moines qu'avec discernement.

Le Pape Gélase avait mis ses livrea au nombre des ouvrages apocryphes. Saint Benoit les recomm^andait cependant k ses religieux. — Dans ses Institutions monastigueê^ Cassien déclar&d'abord qu'il ne parlera point des miracles des moines d'Egypte, quoiqu'il en eû^t entendu raconter un grand nombre, et qu'il en eût vu plusieurs de ses yeux; il entend seulement parler de leur règle de vie et de leurs maximes pour régler les mœurs.

Dans le premier livre , i) décrit leur habit; dans le second, l'ordre de leurs prières du soir et de la nuit; dans le troisième, l'ordre des prières que les autres moinei orientaux, c'est-k-dire de Palestine et de Mésopotamie, faisaient pendant le jour;, car les Egyptiens ne s'assemblaient que pour V6pres et pour les Nocturnes ; les autres religieux s'assemblaient aussi pour Tierce, Sexte et None. Il marque que l'heure de Prime avait commencé ae son temps , et dans son monastère de Bethléem, pour obvier k la paresse de ceux qui, après les prières de la nuit, dormaient jusquk Tierce, et pour masquer ainsi le commencement du travail ne. la journée. Dans le quatrième livre des Insti^ tutions. il parle de la manière d'examiner et de recevoir les moines, parlicalièrementk Tabenne, où il observe. qu'ils ne souffraient pas que le novice donnât de son bien au monastère. Dans les huitautroslivresdes/tulj/tt* tipnSf il traite de la manière de. combattre les vices capitaux , qu'il compte au nombre de huit : la gourmandise, l'impureté, L'avQcice, la colère, la tristesse, Vennui ou la

Saresse, la vanité et l'orgueil. A l'occasion e la paresse, il traite amplement de la né-, cessilé.du travail des mains.

Dans ses dix premières Conférenees^^ Cassien ne fait intervenir que des moines de. Scélix; dans les sept suivantes, adressées k saint Honorât, abbé de Lérins, et k saint Ëucher, moine , puis évoque de Lyon, il fait parler les moines qu'il avait vus a son premier voyage d'Egypte : l'un de s,es interlocuteurs, Chérémon, parle, entre autres choses, de la protection de Dieu, c'est-k-dire de la grftce, înais d'une manière peu orthodoxe. Les sept qui terminent sont adressées k des moines de Mars.eille. Ces vingt- quatre Con-^ firenees sont rangées, non selon l'ordre du temps, mais selon l'ordre des matières.

Sa ràole. -- Ce fut dans le monastère de Saint- Victor que Cassien entreprit de mettre ^ en pratique ce qu'il avait appris dans ses voyages parmi les cénobites et les anachorètes de l'Orient; autant du moins que les différences du climat et des mœurs le lui pouvaient permettre.

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D*ASCËTISME.

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L*habîl des moines de Saint-Victor (115) se rapprochnil beaucoup de celui des moines égyptiens; il consistait en une robe Iori|{ue*et une tunique à manches, serrées sur la poitrine par deux bandes de laifie (Tsséc (Ciss., De inslit.^ lib. i, c. 6^, en «ne cuculle assez ample qui couvrait la léte (Ibid., c. k et il), une ceinture (liid^ c. 2. — Episi. Cœleêtini pap.^ n" 1) , ot un man« teau. {Ibid.f c. 7. — Epiât. CœUstini pap., n* 1.) Cassien ne put adopter la chaussure égyptienne, è cause de la rigueur du climat de la Gaule (Ciss., De instii.^ lib. i, c. li), et la peau de brebis que portaient les moines orientaux dans leurs voyages eût été ridicule en Occident (Ibid.). Il ne donna pas non plus à ses moines le cilice (tbid.^ c. 31) que portaient les enfants de saint Ifartin, parce qu'il gênait pour le travail des mains et pouvait inspirer de la vaine gloire; car on le portait par-dessus tous les autres habits (SuLPiT. Sbv., dial. 1, c. 1).

Cassien recommande le travail des mains et le croit nécessaire au maintien de la discipline monastique. Il blAine les cénobites gaulois (Cass., Ife instii,^ lib. u) de ne pas travailler. Saint Martin- avait, en effet, établi à Marmoutier l'usage de consacrer tout le temps à la prière et h la méditation. Nous ue pouvons évidemment nous donner le ridicule de prononcer entre les opinions contradictoires de nos premiers législateurs monastiques, qui avaient sans doute l'un et l'autre de très-graves raisons en faveur de leur sentiment.

Le travail des mains n'absorbait pas cependant tout le temps qui restait aux moines de Saint-Victor aprèsJes prières communes, et ils s'appliquaient en outre à la lecture des livres saints et h ta théologie. C'est au monastère de Saint -Victor que Leporius avait conçu et organisé son système hérétique, et qu'il avait trouvé des adeptes. C'est encore ce monastère qui fut comme le foyer de toutes les discussions ardues sur lagrAce et le libre arbitre.

On peut donc croire que Cassien partagea la journée entre le travail des mains, l'étude et la prière.

- La prière commune, ou oflice canoaîque, se partageait en trois parties principales : 1* 1 office du soir ou les V'ôpres ; ^ l'office de la uuit,appelé depuis Matines ;3^rofficedu jour.

Cassien trouva dans ses voyages des usases bien différents relativcmei)tTll6) (Cass., Ve institua Mb. ii,c.9)au nombre a^s psaumes qu'on devait^réci ter è chaque partie, de l'office.

U établit a Saint-Victor la coutume des monastères de l'Egypte pour les Vêpres et l'office nocturne, et celle dos moines

(115) Ce fut Cassien parliciiiiércment qui apporta

des modiflcatioiis au cosUnne niuiiastique, qiii

différait peu, pour les choses essentielles, du ces-

j Uiuie des pauvres; il en fui bien différent dans la

suite, parce quii resta le même ; tandis que les

costumes civils subirent de continuelles variations.

. (116) Les Vêpres comprenaient ce que Ton appelle

loaintcnanl Vêpres et Compiles.

(117) L*oUicc du jour a encore ai!Jourd*!iui le

de Mésopotamie pour Toffica du jour.

Aux Vêpres (117) , on récitait douze psaumes ( Cass.« De instii.^, lib. ii , c. 6) , après lesouels on I isait des leçons ti rées, la première» de l'Ancien Testament, k seconde, du Nouveau. A Voffice nocturne, on disait également douze psaumes suivis de deux leçons. (Ibid.)

Aux Vêpres du samedi, le dimanche, et pendant la Quinquagcsime, c'est-à-dire pen« dant les cinquante jours de Pâques a la Pentecôte, les leçons étaient tirées, l'une et l'autre, du Nouveau Testament; La première» des Epltres ou des Actes des apôtres, la seconde, de l'Evangile.

L'office du jour se disait à trois heures différentes. A la troisième heure du jour ou Tierce (neuf heures du matin); à la sixième ou Sexte (midi) ; et à la neuvième (trois heures après midi) ou None. A chacune de ces heures, on disait trois psaumes suivis d'une prière. (Cass., De tiu/iï., lib. m, c. 2.)

Dans rOcciJent, on avait partagé en deux

f)arties l'office nocturne. (Cass., De in$iU.^ jb. III, c. k.) La première partie était comf»osée de neuf psaumes, et se disait au miieu de la nuit (118); la seconde partie, composée de trois psaumes, se disait à ■ la première heure du jour ou à Prime (six heures 'du matin); on avait établi cette coutume dans les monastères , pour empêcher les moines de dormir ^squ!a Tierce, ce qu'ils pouvaient tout naturellement être tentés de faire après avoir passé une partie de la nuit k l'office nocturne.

Cassien établit cette coutume de l'Eglise d'Occident à Saint-Victor» et les moines de ce monastère ne devaient donner au sommeil que le temps qui s'écoulait depuis l'heure du coucher jusqu'èiltoffloe nocturne, et depuis l'office nocturne jusqu'à Prime. 14 était- contraire à la règle de se coucher après celte heure. (Cass., 0«tfu(i^, lib. iiL,c.5.) Les jours de vigiles, ils ne se couchaient pas avant Toffice nocturne. Pour vaincre le sommeil, on divisait alors l'office en trois parties, entre lesquelles on mettait un certain intervalle (110). Chacune de ces parties était alors composée de trois psaumes et de trois antiennes. (Cass., De instit.,, lib. lu, c. 8.) On appelait alors antienne, un chant alternatif qui suivait la récitation de chaque psaume; le psaume était touiours chanté par un seul (Cass., de tnj/i(.,.lib. ii, c. 11), et les autres assistants devaient écouter assis et dans le plus profond silence. Lorsque deux moines seulement disaient Toffice, ils devaient réciter chacun la moitié des psaumes. S'ils étaient trois, chacun le tiers; s'ils étaient quatre^ le quart dans les offices des vêpres et nocturne. Au choaor, un- même moine ne pouvaUdiremoinsde trois psaumes.

même nombre de psaumes, et se compose des prières de Tierce, Sextcî et None.

(118) L'oflice nocturne a encore neuf psaumes et on dit Prime com|)osé aussi de trois psaumes.

(119) C*est là Porigine des trois nocturnes qui composent Toflte de la nuit au jour du rit double et au-dessus. Chaque nocturne est composé de trois psaumes, et on peut mettre un certain intervalle entre la récitation de Tun et de l*autre..

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