‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 50 sur 186 · CAT · texte numérisé non relu

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Après la récitalioQ de chaque psaume^et de Tantienne* loua les assistants se levaîent« M après avoir ainsi prié quelques iostanU {Ibid.f c. 7) , lis aè mettaient k genoux et ne se releraient qu'au signal du célébrant qui recueillait la prière» c*est-h-flîre récitait la collecte, qui était une prière résumant d'une manière générale toutes les prières particulières.

Dans les Gaules (Cass., D$ ùulit.f lib. if« c* 8) on arait la coutume de réciter après cha-

2ue Dsaume la doxolc^ie Gloria Pairi $ etc. In orient , on ne la disait qu'après l'an* tienne (190); Cassien établit sans doute A Saint- Vielor la coutume gauloise.

AuiTéprasda samedi, le dimanche, cl tiepuis Pâques jusqu'à la Pentecôte (Quinquagésime)^ on ne se mettait pas à genoui pendant romce(lSl).

Le dimanche, on ne se réunissait qu'une Ibis pour l'office du jour, k l'heure de Tierce. L'office y était plus long k cause de la communion (Cass., De tfulil., lib. iiit c. U), et on disait des psaumes et des leçons qui tenaient jieudeSexte et de None. (122). Quand i*oiiice était terminé, chaque moine devait se retirer dans le recueillement et en silence. Celui qui manquait k cette prescription (Cass., Ih jnsltt., lib. ii, c. 15 et 16) était interdit de la prière publique , jusqu'à ce qu'il eût demandé, à genoui, pardon à ses Irères et obtenu sa réconciliation de l'abbé. Celui qui , à l'office de la nuit , n'arrivait pas avant la génufleiion qui suivait le deuxième psaume (/6ftd., lib. m, c. 7), et à roffice du jour avant celle du premier psaume, ne pouvait entrer dans I oratoire. Il se mettait a genoux k ia porte, et, quand les frères sortaient, il leur demandait pardon de 80 négligence. Sur tout autre point, la discifiline du monastère de Saint-VictOi* n*était pas moins sévère.

Lorsqu'un postulant se présentait pour y être admis, il devait, pendant dix jours C4S9.. De infiii.f lib. ly. acap.3 ad cap. 7], rester à la porte et y implorer la grâce d*6ttre reçu. S*il supporti^it cellu première épreuve, on le dépouillait de ses liubits séculiers, on le revêtait de l'habit monastique, et,*f)endan( un an, son occupation était do servir les hôtes. 11 devenait ensuite novice, et entrait sous la conduite d'un moine qui avait le litre de senior, et auquel il devait découvrir toutes ses pensées. Si, (>cndant le noviciat, il ne donnait pas de preuves de vocation, on lui remettait ses habits séculiers. et on le renvoyait dan^ le monde. S'il était admis, on ne lui permettait pas de donner son bien au mpnastèro , de peur c)u'il ne s'estimAt plus qu'un autre. Il ne pouvait plus rien posséder en propre, et était obligé a une obéissance parfaite. (/&td., lib. iv, a cap.7 ad tin. passim.)

(120) Antienne, en latin antiphona, vient du grec ianifwifàf QUl emporte Tidée d'un chant alternatif.

^i2i) 1) après rétymologie du mot antienne^ et ce quon en trouve çà et là dans les auteurs liturgisles, eUe devait avoir une grande analogie avec ce i|u*oiMippellc anjoiinlliui rrpon» bref.

Tels fijreni les règlements établis par Cassien à Saint-Victor de Marseille, et que suivirent, en tout ou en partie, la nluuart des monastères des Gaules, Jusqu'à l'aiipp^ lion de la règle de Salnt-Benolt.

GASSIODORE (Maçnus- Aurélius), Calatirais, d'une famille illustre , princi[ial mi'nistre du roi Théodoric, consul en 5ii, puîa préfet du prétoire, quitta le monde vers SU» et se retira* âgé de soiiante-dix ans, dana un monastère qu'il avait i>Ati , pour ne s*j occuper que de son salut. C'est dans cette retraite qu'il mit au jour son Commentaire $ur tes psaumes et ses/m^t/ulîons des divineê Ecritures^ recueil de règles pour ses moines sur la manière de les étudier. 11 indique les principaux auteurs de la science ecclésiastique, tnéologiens, historiens, ascétiques. Ou* Ire ces ouvrages, op a encore de lui desTraj* tes philosopkiq%êes. Celui de l'dme est un des meilleurs. Cassiodore mourut en B63 , Agé de plus de quatre-vingt-treize ans. Sa Vie a été écrite par le P. de SainterMarthe, supérieur général de la congrégation dç Saïut-s Uaur.

GASTANNISA (lean de), religieux Bénér dictin de la congrégation de Yalladolid eu Espagne, peut être regardé comme un de ceux qui, par leur piété et leur savoir, ont le plus honoré l'ordre de Saint-Benoit au xvr siècle. Ses talents pour la chaire le firent nommer prédicateur général de Tor^ dre, et l'éclat de son mérite parvint jusqu'à Philippe II, qui lui donna une place dans son conseil do conscience, le fit son aumô^ nier, et censeur de théologie auprès des juges apostoliques do la foi. Ce prince voulut l'élever à des dignités plus éminentes encore, mais riiumble religieux s'y refusa. 11 mourut à la fleur de l'âge à Salaroanque en 1598. Ses œuvres ascétiques sont, outre la Vie de plusieurs saints : l"" /ns^'/ulionufii divina pietatis libriquinquey Madrid, 1599, hi''h>%'—%' Deelaraeion delpadre nuostro flWk; —3* De la perfeceion de la vida christiana. C*est l'ouvrage si connu sous le titre de Combat spirituel , et plusieurs auteurs prétendent que c'est l'orJiginaL Cependant les Jésuites et les Théatins en revendiquent l'honneur pour leur ordre, l'attribuant, les premiers, à Achilie Gagliardo, et les autres, au ThéatinScupoli {You. l'art. BaiGNOsi). Mais le P. Gerberon, qui 1% traduit en français sur Toriginal manuscrit^ en 1675 ; Nicolas Antonio, auteur de la Bibliothèque d'Espagne» ainsi nue les savants dom Mabillon et dom Luc d Achéry, prouvent que dom Cas* tanuisa en est le véritable auteur.

CATHERINE de Sienne (Sainte), née en 1347, embrassa, à l'âge de 20 ans, Tinstitut des sœurs de Saint-Pominique. Ses révélations, son zèle et ses écrits lui firent un nom célèbre. Elle réconcilia les Florentins avec

(122) Cass., De inttiL, lib. ii , c- 18. — C*cst encore la coutume , après chacune des panies de roflOoe, de faire des prières à gen^x en cerlains temps de Tannée, parUcuUémueht' pendant le Carême. Ces prières se terminent par la collecte ot\ oraisen.

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Grégoire XI, qui résidait k AvigDOIi, Elle joua un graod rôle daof toutet les qûepeUes du schisme; elle écrivit de tous oAléseo faveur du Pape Urbain, et mourut en ISMi à 83 ans. Bile avait paru partout avec éelatf et joui d'un «rand crédit par son émineote piété. On a d elle quelques traités de dévô* lion et des lettres spirituelles, qui sontécri^ tes avec pureté en ital ien. Toutes ses Œuvres* ont été publiées à Sienne, en t7t3, en h voU in-^*.

CELEBRATION DE LA MESSE.— Il cos* vient que tous les prêtres, généralement parlant» célèbrent cnaque iour la sainte messe. Les paroles du concile <ie Trente à ce siyet sont dignes de remarque : « Que l'évéque tienne la main, dit-il, à ce que les prêtres célèbrent la messe au moins les jours sle dimandie^ et les fêtes solennelles ; et s'ils ont charge d'imes, aussi souvent que leur charge leur en fait un devoir. » (Sess. XXIII, c. 13, D$ riformJS D*où il suit que le concile ordonnant la célébration de la messe, au wkoim pour les dimanches et fêtes, con* seille implicitement et d*une manière clairç la célébration 'quotidienne. Aussi écoutons le langage des Pères de TEglise: « En céJébrant chaque jour le sacrifice de Dieu, dit saint Cyprien, préparons pour Dieu des hosties et des victimes, » entendant par cette dernière parole les fidèles gu'il fallait préparer au martyre parla particmation à la divine Eucharistie. (£p. 5i, ad Corn.) « Le Christ, ajoute saint Augustin, n'a-t*il pas été immolé une fois en lui-même, et ne l*est-il pas, non-seulement à la fête de Pâques, mais encore chaque jour dans le sacrement? » (Ep. 23, ad Bontjf.) Saint Grégoire loue en plusieurs occasions saint Cassius, évÀque de Narni, de ce qu'il avait la cou*tume d*offrir chaque jour te saint sacrifice, < eu sorte, dit-il, qu'il n'y eut presque aucun jour do sa viçqu'u n'immolftt au Dieu tout-

Suissant la victime de propitiation. » (Hom. 7 in Evang.: et pial.^ I. iv, c. 56.) Le grand tierson s'eiprime à cet égard d*une manière fort précise : « Toutes choses égales, dit-il^ et sauf un empêchement légitime, il est plus louable de célébrer chaque jour. ¥ (Afcjr.fnor.; et 7r. deprœp. admiêt.^ consid. 4.) il sufiit. ilu reste, de considérer tous las précieux avantages qui en résultent soit pour le célébrant lui-même, comme communiant et comme!

sacrifiant; soit pour l'Eglise universelle, ^ c'est-àndire, tous les fidèles vivants et trér] passés, pour reconnattre combien est avan-^ ' tagcuse et louable la célébration quotidienne. Enfin le prêtre qui agit autrement, manque aux saintes fonctions qui lui sont imposées, et enfouit dans la terre le talent qup Dieu lui a confié. Ajoutons encore que la célébrih tion quotidienne est plus conforme è Tinstitution de l'Eucharistie et à l'intention, à l'esprit de son divin Instituteur, quia voulu

Sue ce sacrement soit le pain quotidien des dèles et surtout des prêtres.

Mais pour que les prêtres soient dignes de célébrer chaque jour, ils doivent s^appliquer ^ vivre saintçm^t et se préparer è l'offrande

de cet auguste sacrifiée. Si les prêtres de ia loi ancienne devaient être saints, Sanetife^ mini qui feriiê vam Domint, pour immoler à Dieu des sacrifices qui n'étaient que l'ombre du plus grand de nos mystères, k combien

Elus forte raison les prêtres de la nouvelle .oi doivenUls être saints, eux qui sont chargés d'immoler le Saint - des saints 1 c Pour comprendre^ dit le concile de Trente, avec quel aentiment de religion, de piété et de respect on ddt célébrer le Irès-saiot sacrifice de la messe, il sufiit de se rappeler que les saintes Ecritures appellent maudit celui qui bit l'œuvre de Dieu n^ligemment* Or, comme il faut nécessairement résonnai* Ire qu'il n'y a dans la religion «farélienne rien de si saint, de si divin que ce redou* table mystère, où les prêtres immolent tous les jours sur nos autels la victime vivifiante qui nous réconcilie avec Dieu le Père, il en résulte évidemment que nous devons appor* ter tous nos soins, toute notre attentioot pour que ce haut mystère soit célébré avee la plus grande pureté de cœur, et avee l'extérieur le plus pieux et le plus respec«tueux qu'il est^ possible. » (Sess. xxii, Ik telebr. mi$e.) Le prêtre doit donc s'elforcer d'acquérir la sainteté que réclame son sublime ministère, et par conséquent vivre de telle sorie, se préparer avec tant de soin à ce divin mystère, qu'il soit digne de le célébrer chaque jour.

Nous allons maintenant établir les règles pratiques pour la célébration quotidienne ou fréquente de la messe.

1" Le prêtre, avant de eéléhrer, doit iVprouver lui-mémef examiner s'il n'est imis en état de péché mortel ; célébrer en cet état serait commettre un horrible sacrilège. Par conséquent, quelque urgente obligation qu'il y ait pour loi de célébrer, ou il doit s'abstenir et satisfaire à son obligation en se faisant remplacer par un autre, ou sortir de son état a'îndîçnité par la confession sacramentelle, ou bien, h défaut de confesseur, par la contrition parfaite avec l'intention rormelle de se confesser au plus tôt. C'est ainsi que le veut le concile de Trente, en rapportant ces terribles paroles de l'Apôtre : Celui qui mange et boit indignement le corps et le sang du Seigneur^ mange et boit sa propre condamnation. (J Cor. ii, 29.) • Co qu il y a <lu plus afi'reux, dit saint fionaventure, c'est que quelques-uns en sont venus de nos jours à une telle perversité» qu'ils iiensent, les malheureux I expier par la célébration quotidienne , sans pénitence et sans confession, leurs crimes et les i>échés ignominieux dont ils remettent la coniession Je jour en jour. » {Tract, defrœp. ad miss.^ c. (.) « Ce nesont(H)intlàdesprêtres,ajouie t«il, mais des sacrilèges ; ce ne sont point des Chrétiens, mais des hérétiques; car s'ils avaient ia foi, ou ils éviteraient de pécher, ou ils cesseraient de célébrer. » (Ibial)

S* Pour célébrer la messe cliaque jour avec fruit, le prêtre ne doit pas seulement se contenter de se confesser anyaravant de seB péchés mortels, mais il doit aussi tia-

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cailler eflliBacoinent k Vammde$MKi de ta vt>, en évitaot avec soin de tomber dans le péché mortel, au moins d*y tomber fréicfoemment. N'est-il pas honteux au plus haut point, et de la dernière indécence» de célébrer fréquemment et chaque jour, et de tomber en même temps dans des fautes graves fré« quemment, presque chaque jour? D'ailleiirs fbabitudè seule de rechutes graves, du moins quand cette habitude ne diminue pas moralement, est une preuve morale qu'il n*y a pas eu pénitence suffisante, et Hja'il y a par conséquent célébration sacrilège. Aussi saint Paul a-t-il dit : Je ne veux p&ini qtêe vous soyez en iociité avec les démons; Vous ne pouvez boire le calice du Seigneur et le calice des démons. Vous ne pouvez parti*' eip&r à la table du Seigneur et à la table des démons. (I Cor. x, 20.)

3* Pour célébrer avec fruit la messe cha<que jour, le prêtre, bien que sa conscience lui reproche rarement des fautes graves^ doit en outre s'efforcer efficacement de sortir d'uoe vie tiède et négligente» et éviter 1» rechute fréquente dans les fautes vénielles» Autrement agir, ce serait déchoir de l'état de perfection sacerdotale, et se rendre moins d^ne de ce ministère auguste par lequel lé prêtre . consacre et reçoit le corps et le sang de Jésus-Christ. Et en outre, ily aurait juste sujet de craindre que l'on ait commis quelque faute grave par l'effet d'une ignorance coupable, qui n excuserait point d une consécration et d'une communion sacrilèges. « 11 faut éviter, dit saint Bonaventure^ non-seniçment les péchés mortels, mais aussi les péchés yéniels, qui, multipliés par la négligence et la tiédeur, rendent l'homme appesanti, le remplissent de ténèbres, et le privent des dispositions saintes qu'il doit apporter à la célébration de la messe; à moins, ajoute-t-il, que par la ferveur du cœur et par la considération de sa propre indignité et de sa misère, il ne fasse disparaître la poussière de ces fautes vénielles au buffle de l'esprit, et qu'il n'en brûle les mauvaises herbes au feu de la charité. » ( De prœp. ad miss.t c. 5.) •

4" Pour célébrer avec fruit chaque jour, le prêtre ne doit pas seulement éviter la tiédeur, mais il doit encore tendre avec zèle à la perfection de son état, tant par sa conduite que -par sa préparation au saint sacrifice. « Voyez quelle est votre intention en célébrant, dit saint Bonaventure; prenez .garde de le faire par avarice, ou par habitude, ou dans l'espoir d'un gain temporel, comme plusieurs le font de nos jours pour leur propre perte. » {De presp. ad miss,, c. 8.) De là le conseil que le pieux Avila donnait à un de ses disciples, d'employer

Eour préparation à la sainte messe deux eures et demie de méditation, et pour Taclion de grâces une heure ou au moins une demi-heure. Il y a, sans aucun doute, exar •gérntion dans ce conseil ; mais il montre au moins ce qu'il faut penser de la triste préparation et de la pauvre action de grâces de certains prêtres, qui, ne discernant point le

corps du Seigneur, ne célèbrent que par habitude, et peut-être mêmequepourrhonoraire.

S"" Le prêtre qui a la perfection de son état doit célébrerchaque iour avec confiance, afin de se sanctifier de plus en plus, de sorte cependant que l'amour lui fasse mettre en Dieu toute sa confiance, et que d'autre part la crainte ne lui laisse point oublier sa pro* pre indignité. « Qu'il y ait dans les prêtres, dit saint Laurent Justinif ni, conformité entre la vie et la dignité, entre la science el la piété, entre la charité et la foi. Si celte conformité existe en eux, ils seront aimés de Dieu, glorifiés par Jésus-Christ, protégés par les anges, yénérés par les peuples, enrichis des dons de la grêce, comblés des consolations spirituel les, associés aux choBurs des bienheureux, et quelquefois ravis dans ka contemplation des choses célestes... Quel-

3ues progrès qu'ils aient fait dans la vertu, it-il encore, quelque haute que soit leur sainteté, qu'ils sachent bien qu ils sont encore indignes de leur sublime ministère« puisque les anges eux-mêmes n'en seraient pas dignes. » (Serm. de Euch.)

6* La pollution pleinement involontaire dans le sommeil ne doit pas empêcher de célébrer chaque jour, pas même è titre de conseil, à moins qu'il n'en reste quelques effets, quelques inquiétudes, et qa'il n'y ait

Kint espoir d'avoir de la dévotion dans cte mêoi» de la célébration. Telle est la doctrine-de saint Bonaventure, de saiut Tho^ mas, de saint Pierre Célestin, de Gerson, et d'une foule de maîtres de la vie spirituelle. « Dès là, dit saint Bonaventure, que roua n'atez donné ni sujet, ni occasion k une telle pollution par des actes précé^lents de concupiscence ou par des excès d^intempérance, et qu'il n'en est point résulté pour TAme de notable souillure, par l'effet de la réminiscence ou de Tillusion fantastique produite par les impressions sensuelles, je crois, sauf meilleur avis, que vous pouvez monter à l'autel, surtout si vous y êtes porté par une dévotion particulière, à raison de quelque grande fête ou pour quelque autre motir seinblable. » {Deprcep. ad misSn^Q* k*) « Q ue J'horome s'accoutume, ajoute Gerson, à juger spirituellement des choses spirituelles , et par iè il saura s'absoudre luimême d'une foule de sensations impures nées do fantômes et d'illusiX)ns involontaires. Par là il s'inquiétera moins de ce> qui en effet ne doit point l'inquiéter, je veux parler des souillures purement corporelles. Par là enfin il mettra plus sa confiance dans la pureté du cœur que dans celle du corps. » {De prœp. ad miss.^ cons.7.) Et à c» sujet GersoQ rapporte une vision qu'eut saint Pierre Célestin. Ce pieux Pontife étant dans une profonde anxiété au sujet de la célébration quotidienne, à cause de cette misère de la nature et des avis différents de plusieurs docteurs qu'il avait consultés, adressa à Dieu une prière fervente, et vit en songe que, au moment où il essayait de monter jusque dans le palais du souverain Boi. l'Ane. sur lequel il était couvrit le chemin

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D'ASCETISME.

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de ses ordures» et que eraiçoapt pour cela d*approcber du Seigneur, il eotendît cette parole : « Approche, approche; pourquoi irapproches-tu pas? Est-ce pour ce que ton âne a fait, selon sa coutume? Que t'importe? approche, approche. » (Gers., i6td,)

7° Toutes les fois qu*il est permis aux prêtres de célébrer, on doit leur conseiUér de célébrer chaque jour, ordinairement parlant, eu ayant toujours soin cependant qu*ils aient une parfaite disposition, prochaine et éloij^née, autant qu'ils le peuvent avec la gr^ce de Dieu. La raison en est, selon saint Bonaventure, que le prêtre qui s'abstient de célébrer, se privede tous les fruitsque produit la fainte communion, qui sont : la rémission des péchés, lecalmedes passions, la lumière de l'esprit, la réfection intérieure, Tincorporation de Jésus-Christ et de son corps mystique ; en outre elle fortiGe la vertu, elle est une arme contre le démon , elle anime la foi, elle élève Tespérance, elle excite la charité, elle augmente la dévotion et nous fait participer au banquet des anges* De plus, le prêtre qui s'abstient de célébrer ne remplit point le devoir que lui impose sa haute dignité, il manque de rendre h Dieu rhommage qu'il lui doit ; sans reconnaissance pour les bienfaits de Dieu, il lui reRise, autant qu'il est en lui, le culte et l'adoration. Efforcez-vousdouc, de tout votre pouvoir, par l'exercice des bonnes œuvres, \}àT les larmes du repentir et par le feu de la charité, de rejeter loin de vous toute tiédeur et toute négligence, et de ne point dédaigner les trésors de tant de grâces.

8" On peut sagement conseiller à quelques

Erêtres dé s'abstenir quelquefois de la célération quotidienne, pour leur inspirer un plus profond respect envers les auj^tes tnystères, pourvu que cela ne provienne fioiot de négligence ou de paresse, et qu'il n'y ait point quelque circonstance qui soit un obstacle à cette abstention. C'est ainsi que l'enseime Louis Dupont : « Sit dit-il, l-babitude de célébrer souvent le saint sacritice diminuait dans un prêtre le respect et la vénération qu'il doit à une action si sublime, il ferait bien de s'abstenir quelquefois par le motif d'une sainte crainte, afin de s'on approcher ensuite avec plus de ferveur et plus d'amour« » (Perf. Christ.^ tr. 2, c. 15. }

9" Pour la célébration quotidienne, il faut non-seulement une convenable dévotion intérieure, mais encore la dévotion extérieure. Car ce serait un abus intolérable , .qu'un mipistre de Dieu se conduisit avec indécence et sans respect dans l'acte le plus auguste, dans le mystère le plus sublime du christianisme. Aussi le concile de Trente a*t-il ordonné d'apporter au sacrifice de la messe la plus grande pureté intérieure qu'il est possible, et en même temps l'extérieur le plus dévot, l'attitude la plus pieuse. (Sess. XXII, De eelebr. mi$$^) Les paroles et les actions que l'Eglise a voulu que les prêtres emploient dans le sacrifice de la me^se, sont de la plus haute importance^ et

l'on doit s'y conformer sous peine de péché grave; par conséquent, il faut observer avec le plus grand soin, avec le plus de décence et de gravité possibles, toutes les règles qui concernent les vêtements, le lieu, le temps, les cérémonies, les vases sacrés, etc. , et en même temps éviter cette précipitation indécente, contre laquelle s'élèvent tous les maîtres spirituels, et qui est loin d'être compatible avec la dignité du saint sacrifice.

10* Si l'avancement spirituel ne répond pas à la célébration quotidienne ou fréquente, il est fort à craindre que le célébrant, qui se croit en état de grâce, ne soit réellement, aux yeux de Dieu» en état de péché. Il y a. surtout lieu de lo craindre en ceux qui retombent habituellement dans dos fautes graves, car alors la contrition et le bon propos sont bien suspects. Il faut aussi le craindre en ceux qui sont fort tièdes, qui, habitués à ne point s'inquiéter des fautes vénielles, tombent facilement, et sans s'en douter, dans les fautes mortelles, et quel- .quefois pendant l'acte même de la célébration. Enfin, il faut le craindre dans les imparfaits, qui, en ne s'appliquant pas à faire des prmrès ,. s'exposent peu è peu à tomber dans rabtme, car si une communion bien faite suflit pour rendre une âme fort parfaite, que faut-il penser dn tant de communions, de tant de célébrations, avec peu ou point de progrès ?

CÉLIBAT. — Le célibat est l'état de ceux qui ont renoncé au mariage par motif de religion ; c'est une des conditions inhérentes à la vie ascétique.

L'histoire du célibat, considéré en luimême, l'idée qu'en ont eue les peuples anciens, les lois qui ont été faites pour Tabolir, les inconvénients qui peuvent en résulter dans les circonstances où nous ne sommes point, sont des spéculations étrangères h l'objet de. I& théologie mystique. Nous devons nous borner à examiner si l'Eglise chrétienne a eu de bonnes raisons A'y assujettir ses ministres, et d'en autoriser le vœu dans l'état monastique, si les prétendus avantages oui résulteraient du mariage des prêtres et clés religieux sont aussi certains et aussi solides qu'on a voulu le persuader de nos jours.

Déjà les censeurs do cette discipline de l'Eglise conviennent que le célibat, considéré en lui-même, n'est point illégitime, lorsqu'il est établi par une autorité divine ; que Dieu, sans doute, [teut témoigner que la pratique de la continence lui est agréable; or il l'a témoigné en effet.

Jésus-Christ, après avoir dit : Heureux lee cœurs pun^ parce qu*ils verront Dieu (Matlk. V, 8 ) , ajoute ailleurs : Il y a des eunuques qui ont renoncé au mariage^ pour le royaume aes deux; que celui qui peut le concevoir y

fasse attention Quiconque aura quitté

sa famille f son épouse ^ ses enfants ^ ses pos^ sessions à cause ae mon nom^ recevra le cmlupUf et aura la vie étemelle. ( Matth. xix, là, 29. ) Si celui qui vieni ù moi n*est pas

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