GHA
BIGTIONNAIRE
CÉk
ite
iôt pour eux une source de plaisir ^ comme ia pécne et la chasse... Car qtjumd on aime, on ne souffre aucune petite, ou bien on aime la peine qu'on endure.
Si cfooc le direoteur Toit ses pénitents se donr^.r beaucoup de mal ei de peine pour arriTér à la perfection et pour rendre ser** vice à leur prochain , et n^épargner pour le soulagement de leurs besoins corporels ou spirituels ni peine, ni fatigues, ni tra* vauxt ni difficultés, ni argent; n*agif énûn dans aucun motif d*utililé personnelle ou de vanité, mais pour Dieu seul ; il peut ]«<ir<dire alors que la vraie charité rè^e dans leurs cœurs. Mais si le contraire arrive, si cette femme, qui vient souvent se jeter aux pieds du directeur, aime peu le travail, et s'efforce peu de s'occuper de ses affaires domestiques ou de venir en aide à ses compagnes; si elle ne s^inquiète que de fréquenter les églises ei de réciter des prières vocales ; le directeur peut lui dire sans hésitation avec saint Jean, quelle aime de bouche et non en action el en vérités Si le pénitent, ecclésiastique ou séculier, no s'applique pas àmortiQerses passions, et ne veut endureraucune incommodité pour le soulagement de ses frères; mais s'il se repatt seulement de pieuses affections dans ses prières et de soupirs poussés au pied de l'autel ; il peut lui dire encore qu'ti aisne de bouche €t non en action et en vérité. 11 doit ensuite graver dans leurs esprits ces paroles de saint Augustin et de saint Grégoire : L'amour véritable^ dit le premier (tu Joan.^ tract. 75), pour ne pas être un ratn nom^ doit se prou* ver par les œuvres. La marque de Famour^ dit saint Grégoire ( in Reg.^ 1. ii, c <► ], consiste non dans Vaffection de Cdme^ mats dans le zèle de Vaclion.
L'au tre mesu re d'or, avec laquelle il faut mesurer la charité des pénitents, c'estde voir s'ils y souffrent avec ioie pour Jésus-Christ. Cette mesure est infaillible. En effet là où l'amour propre ne peut pénétrer (comme dans l'amour des souffrances), ii.nepeutyavoirdeplace que
Îour l'amour divin. « Il n'est rien, dit saint eau Chysostome (Hom. 64. adpopuL)^ que ne surmonte i'amouravec le désir. Or, comme cet amour est le désirde Dieu, c'est l'amour le plus sublime; et ni le feu, ni le fer, ni la pauvreté, ni les infirmités, ni la mort ne sembleront pénibles à quiconque possède cet amour; méprisant tous les obstacles, il volera vers le ciel, et se conduira en toute chose comme ceux qui y habitent; ni le ciel, ni la terre, ni la mer n'occuperont son esprit, il ne considérera uniquement que la beauté de la gloire du Créateur, et m la tristesse de la vie présente ne pourra le décourager, ni les douceurs et les consolations spirituelles l'enorgueillir. » Saint Augustin en dit autant en quelques mots : « Il n'est rien de si dur et de si difficile que ne puisse surmonter le feu de Tamour. Si TAme sur les ailes de ce feu s'élève en Dieu, elle volera libre et digne d'admiration au-dessus de tous les supplices. » {InJoan.y tract, 48.) Vuulez-Yous avoir sous les yeux un exem-
ple de cette chanté forte et robuste, invincible au milieu des adversités, Toycfz l'A poutre des nations. Considérez-le, tantôt chargé d'entraves au fond d'un cachot, tantôt succombant sous le poids de ses chaînes, tan^ 'tôt poursuivi à coups de pierres par la multilude, déchiré à coups de fouet par les tj«rans, mis à mort par ses persécuteurs* et écoutez ce qu'il écrit aux Corinthiens (/l Cor. VII, k) : Je suis rempli de consolation^ je surabonde de joie au milieu de mes adven^ silés. Entendez l'apôtre André s'écrier à Vn^
Eect de la croix où il va être attaché : < O onne croix, depuis si longtemps l'objet de mes désirs, de mon amour le plus ardent^ que j'ai rechercliée sans cesse, maintenant enfin mes vœux sont accomplis et je viens à toi sans crainte et avec allégresse. » {Brev, Rom.^ in fesl. S. Andreœ, 30 Nov.) Ecoutez Sainte Thérèse de Jésus qui refuse de vivre sans douleurs et qui désire ou souffrir au mourir pour son bien-aimé. Et sainte Madeleine de Pazzi, qui souhaite de vivre afin de souffrir davantage pour son bien-aimé» et qui s'écrie : Non mourir^ mais souffrir.
Donc si le directeur voit que son pénitent supporte avec plaisir, nar amour pour Dieu, les douleurs et les iourmités; lui offre avec un cœur*satisfait les calomnies, les iijjureset lei persécutions; supporte avec patience la perte de ses biens, ae son honneur, de ses proches et de ses amis les plus chers; aime la mortification et pratique la pénitence; il doit alors se réjouir, parce que cette Âme est pleine de charité. Mais si le pénitentse mon* tre ennemi de toute affliction, de toute ad* versité et de toute mortification, et que toute la force de son amour consiste en de tendres affections, et s'il n'aspire dans son amour qu'à éjprouver la douceur des couaolutions sensibles, si enfin, lorsqu'il s* en voit comblé, il s'y complaît, tout comme s'il était élevé è l'amour des Séraphins, le directeur doit s'attrister, parce qu'un tel disciple est encore faible dans la charité; et il est hors de doute que, malgré ces consolations sensibles, il n'aime Dieu que d'un amour languissant.
Je dirai plus: celte âme, en aimant Dieu, s'aime plutôt elle-même que Dieu, car elle recherche plutôt dans cet amour une satisfaction personnelle que le goût de Dieu.
Il est encore une autre mesure de la charité, c'est la conformité en toutes choses à la volonté de Dieu. Cette conformité est Tacte principal de la charité, et par conséquent la marque la plus certaine du véritable amour de Dieu. (V. Confoemité.)
Conseils pratiques sur l'amour de confort mité; ses fondements^ ses motifs et son utilité. — I. La bonne direction d'un Père spirituel est d'une grande utilité pour le pénitent qui veut acquérir une véritable conformité à la volonté de Dieu, et par conséqueiot une charité véritable, puisque c'est surtout dans cette conformité que consiste la charité. Quand le directeur remarque dans une Ame exempte de péché mortel q/ielques sentiments d'amour qui s'y matûfcstent peu à peu, il d lit rappliquer à eu saint exercice.
lit
CHA
D'ASCETISME.
CHA
afin de transformer ces sentiments en un amour solide et fécond en œuvres. Aussi doit-il lui proposer souvent la considération des motifs exposés plus haut, afin que sa Tolonté prenne la détermination de ce sou-> mettre surtout dans ^M^choses pénibles à la faiblesse de notre natârCà 11 faut donc lui enjoindre de prendre et de répéter plusieurs fois dans la journée» comme oraisons jacu« latoireSy certaines paroles de rEcriture, où se trouve exprimé un désir ardent de conformité à la volonté de Dieu. Ainsi : Que votre volonté se fasse et non la mienne. — Non comme je veux^ mais comme vous voulez. — Que votre volonté se fasse sur la lerrexomme an ciel. — Seigneur ! que voulez 'Vous que je fasse ? — // est écrit de moi en tête du livre^ que je fasse votre volonté. — Mon Dieu ^ je le veux. Sainte Gertrude répétait jusqu'à 365 fois par jour ces paroles : Mon aoux Jésus!
Îue votre volonté se fasse ^ et non la mienne. le pieux exercice aura pourfruit» eu inspirant au pénitent des aspirations fréquentes d'accomplir la volonté de Dieu, de conserver toujours vivant dans son cœur ce saint désir; de sorte que s'il se présente quelqu'une de ces adversités et de ces tribulations, qui ne manquent jamais dans cette misérable vie, il sera toujours prêt à se soumettre aux ordres divins.
II. Que le directeur instruise aussi son disciple à joindre à cette conformité la confiance en Dieu. Ce dernier sentiment disf»ose au premier et le rend plus facile. Si 'homme^ en butte aux tribulations provoquées soit par les hommes, soit par les démons, soit par des causes nécessaires, croit avec une loi vive que tout a été ordonné de Dieu pour son plus grand bien, il espère aussi fermement que le résultat de toutes ces épreuves ne peut que lui être avantageux, et il se confie en Dieu avec un généreux abaudon. Par ce sentiment d'espérance, il se conforme facilement è la volonté de Dieu, et supporte avec patience et résignation toutes les adversités qui lui arrivent, en ré(>élant ces paroles de David : Je dormirai et me reposerai dans la paix que je trouve en vous^ parce que voiu m*aveZf 5eigneur^ affermi dans l'espérance d*une manière toute singulière (PsaL ly, 9, 10). Au contraire si l'homme est dépourvu de cette eonflance dans la providence divine, s'il craint un fâcheux résultat des adversités
Sji lui surviennent» il se conformera difiilement à la volonté de Dieu, et môme n'y parviendra jamais, à moins de posséder une Ybrtu à toute épreuve.
C'est ce que prou veadmirablement l'exemple du moine Martin, rapporté par saint Grégoire (DtW., Km, c. 16). Ce digne ser- Yiteur de Dieu habitait une caverne pratiquée dans une montagne : Dieu pour montrer la bienveillante sollicitude qu'il lui portait, en fit jaillir une source, qui lui fournissait sa boisson. Le démon, supportant avec peine la sainte vie que Martin menait dans cette caverne, tenta de l'effrayer par U'hur4'ibles visions. Pendant que le saint
rooin^ était ro omison, il lui apparut sous la forme d'ttn affreux serpent, qui s'approchait de lui comme pour le dévorer et s enlaçait autour de ses membres, afin de le détourner de ce saint exercice. S'il se préparait à se livrer au repos, le serpent, pour troubler son sommeil, s'étendait a ses côtés. Mais si grande était la conformité de Martin è la volonté de Dieu, que dans sa contiance que ce serpent ne pouvait lui faire aucun mal, « ce saint homme, comme le raconte saint Grégoire, approchait ses mains ou ses pieds de sa gueule, en lui disant : Si tu as reçu le pouvoir de me (aire du mal, qui te retient? je ne m'y oppose pas. » Celte tentation diabolique dura trois années consécutives. Enfin, vaincu par tant de constance, le monstre infernal se mil à pousser d'affreux sifllements, et vomissant feux et flammes, se précipita du sommet de la montagne, entraînant aveclui les arbres,les rochers, tout ce qu'il rencontrait sur son passage. Le saint docteur termine ainsi ce récit : « Pensez combien il fallait de confiance è cet homme du Seigneur, pour vivre ainsi trois ans sans crainte, au sommet d'une montagne, avec un serpent. » Tant a de force la conformité è la volonté de Dieu, quand elle est soutenue par une vive confiance que Dieu viendra à notre secours et fera tourner à notre avantage les maux qui nous arrivent. Le directeur doit donc, dans les adversités, exciter dans le cœur du pé;aitent cette pensée, que Dieu ordonne toute chose en vue de ;son plus grand bien. Celte eonfiance aplanira les difficultés de la nature, et déterminera sa volonté è se conformer facilement à la volonté divine, et à lui témoigner toute la soumission qu'il lui doit.
ill. Un moyen très-utile d'arriver à cette sainte conformité, c'est de s'habituer h faire ^ toutes ses actions, quelle que soit leur importance, en vue de nlaire a Dieu, et d'avoir toujours pour motii^ et raison d'agir le bon plaisir de Dieu et l'accomplissement de sa sainte volonté. Si l'homme en effet dans les œuvres de son propre choix se propose habituellement ce. bon plaisir divin, il se dispose fortement è se proposer le même but dans hBS œuvres qui ne dépendent pas de son libre arbitre, et même dans celles qui arrivent par la permission de Dieu et qui sont contraires à son caractère et è son inclination naturelle. De cette sorte, dans ces circonstances, il s'y conforme avec plus de facilité, et il n'a pas de répugnance à vouloir ce que Dieu veut. Remarquons à ce su- *et que'cette sainte disposition qui préside
nos actions, doit, pour produire l'effet désiré, être tellement pure qu'on n'ait jamais en vue dans ses opérations autre chose que la volonté de Dieu, et si souvent répétée, qu'elle ne puisse 6tre souillée par le contact des autres iliis humaines et inte. liions terrestres.
IV. Le directeur doit amener peu è peu ses pénitents à cette sainte coniormilé de l'âme, de manière à les faire passer d'un degré l\ l'autre, jusqu'è ce qu'enfin ils aspi-
afE
DICTlONNAiRE
aiR
renl au degré le plus subtil et lo plus parfait. Qu*il s efforce d*al>ord de leur persuader de 8upf)ortcr avec patience les tribulations qui leur viennent de la main de Dieu. En effet, le meilleur moyen de soumettre sa volonté propre à la volonté divine consiste à comparer entre elles ces deux volontés, et à considérer quelle audace i! y aurait à vouloir préférer è la volonté suprême et dominatrice de Dieu celle d*un homme qui n'est que bassesse et néant. Sainte Ludivine s*écriait au milieu de ses cruelles infirmités : « Seigneur, je vous remercie infiniment de ne pas ofépargner les douleurs et les afflictions : car la pensée que votre volonté s'accomplit en moi est |)0ur moi une source d'ineffables consolations. » Que le directeur remarque aussi, quel que soit le degré de conformité auguel aspire le pénitent, qu'il est toujours nécessaire de le demander insiamment à Dieu; car si, pour acquérir quelque vertu, il e^t besoin cle prières ferventes et continuelles, à plus forte raison, pour arriver à la conformité parfaite, qui est la reine de toutes les vertus, ces prières seront-elles indispensables. Aussi le pénitent, désireux d'unir sa volonté h la volonté divine, devra-t-il s'écrier souvent en présence du Soigneur : Enseignex-moi à faire votre volonté^ parce que vous éte$ mon Di^u {Pi.
CXLIl, 10).
V. Le directeur rencontrera des personnes pieuses, qui, dans les maux terrestres, comme dans la perte de la santé, des honneurs on des ncnesses, savent se conformer à la volonté de Dieu; mais il en rencontrera bien peu qui sachent sy soumettre pleinement, quand elles sont privées des consolations sensibles, quand elles sont on proie à la sécheresse ou à l'abandon spirituel. Il doit donc leur persuader que cette sécheresse et cet abandon viennent de Dieu, et qu'elles sont tenues de s'y conformer, non moins que dans les autres adversités.
CHARTREUX.— Foy. Discoubs phélimi-
NAIBE.
CHAUCHEMER (François), Dominicain, né à filoisen 16M, et docteur eu théologie, se distingua dans son ordre par son talent ,pour la prédication. Il prêcha souvent à la cour, et y recueillit des applaudissements mérités. Il fut provincial de Paris. 11 mourut dans cette ville le 6 janvier 1713, dans le couvent de son ordre, rue Saint-Jacques. Ses œuvres ascétiques sont : 1" Sermons sur tes mystères de la religion chrétienne^ Paris, 1709, in-12; — 2- Traité de piété sur les avantages de la mort chrétienne^ ibid. 1707, a vol. in-12.
CHEMINAIS (Timoléon), Jésuite, né à Paris en 1652, fit admirer son talent pour la chaire è la cour et à la ville. Il mourut en 1689, â^é de trente-sept ans, en digne ministre de cette religion qui l'avait animé pendant sa vie. Sa carrière fut courte, mais bien remplie. Outre ses sermons, on a de lui Les sentiments de piété ^ 1691, in-t2, ouvrage qui se ressent un pou trop du style
brillant de la chaire, et pas assez du langage affectueux do la dévotion. ^^
CHEVASSUS (Joseph ), curé de Roqssm dans le diocèse de Saint-Claude, mort i Saint-Claude, sa patria, le 25 octobre 1758, âgé de 78 ans, était Feiemple du troupeau qu'il instruisait. On a de lui des MédUaiionê ecclésiastiques^ 6 vol. in-12, 176^, où il y a des choses solides et peu de touchantes
CHOEUK.— Parmi les devoirs de la TÎe reliKieuse, un des principaux est Tassiduité au chœur. Sur la fidélité a ce devoir on peut mesurer la ferveur et la régularité d une communauté; et lorsquK n*est point rempli, c'est une marque certaine, dit Bourda* loue, du dépérissement de la discipline. Les supérieurs doivent donc, sous peine de faute grave, veiller à l'exacte observance de cette grande obligation. Nous nous contentons ici de faire remarquer quelques abus qui doivent être soigneusement corrigés pour le bien de la religion ; nous voulons parler des motifs frivoles qu'on allègue souvent pour s'exempter de l'assistance au chœur. Clément VIII et Urbain VIII ont ordonné qu'aucun réçuljer, quel qu'il soit, et nonobstant tout privilège, ne soit exempté du chœur, pas môme .Tes généraux, ni leB provinciaux, ni les autres supérieurs quelconques, à moins qu'ils ne soient actuellement occupés aux fonctions de leur charge. Sainte Thérèse s'élève avec force contre les
religieux qui, sous prétexte de quelque indisposition légère, se dispensent facilement du chœur et des autres exercices de la règleelle ne voit dans une telle conduite qu'une lâcheté honteuse, une affligeante tiédeur et un piège dangereux du démon, qui, sous le frivole nrétextede la santé du corps, attaque l'âme d'une maladie mortelle. Quant à la durée des offices, D. Calmet remarque que leur longueur démesurée n'est pas toujours avantageuse à la religion. Les prières vocales trop longues et trop multipliées, nonseulement n'entretiennent pas la dévotion et l'esprit d'oraison, mais elles l'épuisent et l'éteignent, pour ainsi dire. Ces longues prières, souvent, n'engendrent que l'ennui et le dégoût, et donnent lieu de nouveau h ce reproche du prophète: Ce peuple m'honore des lèvres, et son cœur est loin de moi. Il sera donc plus utile, pour les communautés religieuses, de partager le temps entre les evxercices du chœur, l'oraison mentale, les lectures particulières ou publiques de piété, et l'étude ou le travail des mains.
CHIIODEGAND (Saint), évoque de Metz, mort en 766, fut employé par le roi Pépin en diverses néçociations. La plus honorable est celle de Tannée 753, ou il fut chargé d'amener en France le Pape Etienne III, qui lui accorda le pallium avec le litre d'archevêque. Il institua une communauté de clercs réguliers dans sa cathédrale, et leur donna une Règle, qui a été publiée par le P. Labbe, dans sa Collection des conciles. Ce* saint évèf|ue est regardé comme le restaurateur de la vie commune dos cirns, et 'comme i'instilutour des chanoines réguliers.
as