TION , PÉNITENCE
CONCUPISCENCE. ^-Voy. appétit, non-
TIFICATION.
CONDHEN (Charies de), général de la congrégation ae TOratoire, docteur de Soi^ bonne, naquit à Vaubuin, près de Soissons, en 15S8. Il refusa constamment le chapeau de cardinal, l'archevêché de Reims et celui de Lyon. Apcis avoir travaillé longtemps dans son ordrrpour la gloire de Dieu et le salut du prochain» il mourut à Paris en 1641. On a de lui : Idée du $acerdoce d$ JéiUi'Ckrietf in-13, qui ne parut qu'aprda
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DICTIONNAmE
sa morl; et des Lettres et des Discoure en 2 vol. in-12. Le P. AmeloUe a écril sa fie, in-8*.
CONFESSION FRÉQUENTE. — Nous montrerons, en parlant de l*EucHâEisTiB, que la confession en est la préparation indispensable pour tout homme en péché mortel ; il nous reste ici à donner quelques avis pratiques sur la confession fréquente»
1* On ne doit nullement approuver' la conduite de certains confesseurs qui don-nent rarement Tabsolution à que Iques personnes d'une piété éminente. On en a vu qui ne raccordaient qu*une fois en six mois à des pénitents, qui, du reste, avaient une conscience fort délicate, tout en lus admettant fréquemment h la sainte communion ; et d'autres qui permettaient aux religieuses de toute une communauté de s'asseoir souvent à la sainte table, et en même temps ne leur donnaient que rarement l'absolution au tribunal de la pénitence. Il est difficile de comprendre comment il se fait que des prêtres aient le triste courage de priver les âmes de leurs pénitents d'un bien spirituel aussi grand que celui qui est produit par l'absolution sacramentelle. Car il est certain que l'absolution communique la grftce è Tftme qui Ta perdue , et augmente cette grftce sanctiGanle en l'ftme qui I a conservée. D'où il suit que, par l'absolution, cette Ame acquerra un nouveau degré de grftce sanctiflante, de sainteté et de justice, qui lui méritera un nouveau degré de gloire et de benbeur dans le ciel. D'ailleurs, cette augmentation de grâce produit en elle un nouveau degré de force pour ne plus retomber dans ses péchés d'habitude, et pour avancer dans la vertu et la perfection. Pourquoi donc priver ainsi l'ftme de ses pénitents de trésors aussi grands, de richesses aussi précieuses, lorsqu'on peut les en rendre participants par l'exercice d'un pouvoir qui n'a été accordé au prêtre que dans l'intérêt de ceux qui lui sont confiés?
En vain objectera-t-on que dans les confessions de ces sortes de personnes, il n'y a pas matière suffisante; que les défauts dont elles s'accusent sont do peu de gravité, et difficiles 2k corriger, comme étant le fond même du caractère, et par conséquent qu'il y a lieu de douter si ces confessions sont accompagnées des dispositions requises , à savoir, la contrition et le ferme propos. Car, premièrement^ les théologiens s accordent à dire que le même péché peut être la matière de plusieurs absolutions, en sorte que le pénitent, pourvu qu'il soit contrit et s'accuse d'un péché de sa vie passée, présente au confesseur une matière suffisante pour une absolution légitime et fructueuse. En second lieu, les théologiens enseignent que, pour la validité de la confession et de 1 ab-* solution, il suffit que le pénitent conçoive une douleur efficace sur un feul des péchés véniels dont il s'accuse, quoiqu'il detesle avec moins d'efficacité quelque autre péché véniel, à cause du grand nanger où il se voit d'y retomber. En fait do fautes légères.
il suffit de se repentir d'une seule, à la rigueur, pour fournir une matière certaine à rtibFOlution ; et une autre faute l^dre dool on n'a pas un repentir suffisant, ne rend pas l'absolution nulie. Que le directeur babitae donc ses pénitents à s'accuser d'un ou de plusieurs péchés de la vie passée, sur le repentir desquels il ne reste aucun doute ; et ainsi, quand même ils n'auraient pas un regret suffisant pour les fautes légères dont ils s'accusent, 1 absolution ne laisserait pas d'être bonne, et le sacrement ne serait exposé à aucun danger de nullité. De cette manière, la confession fréquente et même quotidienne sera bonne et utile. Je ne veiix pas dire cependant qu'un pénitent, qui doit recevoir la sainte communion plusieurs jours de suite, soit obligé de se présenter chaque jour au tribunal de la pénitence pour y recevoir l'absolution ; je ciis seulement que, si entre une communion et la suivante il y a plusieurs jours d'intervalle, et que le pénitent demande la grftce de l'absolution, on ne doit point la lui refuser, de peur qu'il ne soit privé d'une augmentation de grftce sanctiflante, et d'un nouveau deçré de force qu'il trouverait dans l'absolution sacramentelle pour se corriger de plus en plus de s^s défauts.
2* Hïi directeur doit éviter de s'en rapporter trop facilement è certaines ftmes méticuleuses , qui croient ne pouvoir concevoir aucune douleur de leurs péchés, et qui, par suite de celte crainte, tombent dans une profonde anxiété toutes les fois qu'elles s'approchent du tribunal de la pénitence. Avec des personnes de ce caractère, on doit se rappeler la doctrine de saint Thomas et de tous les théologiens è sa suite : «Dans la contrition, dit ce grand docteur, il y a deux douleurs difléreutes : l'une qui est dans la volonté et est essentiellement la contrition elle-même, puisque la contrition n'est autre chose que le déplaisir conçu pour les péchés passés , et l'autre qui e.t dans la partie sensitive, et vient de la douleur de la volonté ou de la nature du tempérament, selon que les forces de la partie inférieure suivent le mouvement de la partie supérieure. » ( Suppl. m part. , q. 3, art. 1, in corp. ) Nous devons donc nous rappeler toujours que la douleur essentielle à la contrition est celle qui est produite par la volonté, et nullement celle qui se fait sentir dans le cœur ou dans la partie sensitive. Cette dernière est indépendante de l'autre, et il arrive souvent que la volonté éprouve une douleur réelle et sérieuse, sans que cependant cette douleur se fasse sentir dans le cœur; d'où il suit que certaines personnes, qui n'éprouvent pas cette douleur dans la partie sensitive, s'imaginent, mais à tort, qu'elles n'ont pas de contrition, quoiqu'elles aient la contrition réelle dans la volonté. Si donc le directeur s'aperçoit que son pénitent demande à Dieu la douleur nécessaire, qu'il ne néglige rien pour s'exciter è la contrition, et qu il a le ^rme propos bien arrêté de ne plus retomber dans
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5es fautes passées, il doit le soulager de loute anxiété, et le rassurer sur la réalité de sa coDtrition, bien qu*il se sente le cœur plus dur que le marbre. Un directeur éclairé Veillera è ce que ces Ames craintives produisent les actes de leur douleur avec paix et sans inquiétude. Car ces angoisses, cette anxiété inquiète mettent obstacle à la lumière et au mouvement intérieur de l*£sprit saint, qui n'agit d'ordinaire que dans les âmes tranquilles, sereines et calmes.
8* La confession, pour ôtre un moyen d'arriver h la perfection, doil être d'une telle intégrité qu'elle s'étende à l'accusation des fautes même légères et peu graves. Hais il faut, dans cette accusation, éviter l'excès et ne point outrepasser les bornes de la prudence et d'une sage modération. Car on trouve de ces personnes qui sont pénétrées d'une douleur si vive pour leurs égarements
Kssés, qu'elles ne se rassasient jamais de s accuser en confession, et que, si on le leur permettait, elles voudraient s'en confesser chaque jour. Il faut les avertir que la Çénitence ne consiste point en cela. Saint bornas distingue deux sortes de pénitence; l'une intérieure, l'autre extérieure. La pénitence intérieure consiste dans la douleur et le déf)laisir des péchés commis ; et celle-là, dit saint Thomas, après saint Jean Chrysostome, on ne doit jamais la quitter, on doit la conserver pendant tout le cours de sa vie. La pénitence extérieure est celle par laquelle on donne, on produit des signes extérieurs de douleur, et Ton fait à un prêtre l'accusation de ses péchés pour en obtenir l'absolution. Or il n est pas nécessaire que cette pénitence dure jusqu'à la fin do la vie ; il suffit qu'elle ait une durée déterminée, selon la mesure et la gravité du péché.
g laint Thomas, m part., g. 25,art. 8, in corp.) 'après cette doctrine, si un directeur trouve de ces ftmes si vivement pénétrées de douleur pour leurs péchés qu'elles désirent toujours les effncer par de nouvelles accusations, il devra les exhorter à produire des actes de repentir, en leur particulier, au pied de la croix et en présence de Dieu seul ; à renouveler souvent leur douleur dans leurs méditations et leurs prières, et à se tenir constamment dans un sentiment de confusion intérieure, d'humilité profonde et de douleur amère au souvenir de leurs fautes, sans*qu'eiles aient besoin de les accuser tant de fois au tribunal de la pénitence, supposé toutefois qu'elles aient fait, à regard de ces fautes, ce qui était nécessaire pour en obtenir le pardon. De cette manière, non-seulement elles feront plus de progrès dans la perfection, . mais elles acquerront encore une confiance plus grande, une tranquillité plus parfaite à l'égard de la rémission de leurs péchés. (Voy. Eucharistie.)