‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 61 sur 186 · CO · texte numérisé non relu

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tude* Nous ronYoyonâ à Tarticle Quiétismb, pour Teiposition et la réfutation de leurs erreurs en cette matière.

Afin de distinguer la véritable et sainte oraison de silence et de quiétude de celle qui est fausse et périlleuse, nous proposerons tes règles suivantes.

I. Tandis que Dieu parle & TAme dans le silence de l'oraison, celle-ci doit au moins iVcou/er, si elle ne peul s'entretenir avec lui. Car Dieu parle a T&me, éclairée d'une lumière surnaturelle, par nos actes intellectuels indélibérés, qui nous indiquent hi volonté divine ; par des inspirations persuasives, ou des jugements plus nettement exprimés ; mais comme ces actes sont des actes vitaui, ils ne peuvent se produire sans une coopération au moins indélibérée de notre part ; ainsi nous pouvons entendre les paroles divines et les conserver en nous sans aucun effort vojonlaire. Mais si nous nous y montrons volontairement attentifs, si nous nous efforçons de mieux

f>ercevoir les enseignements divins et de es mettre en pratique, si nous écartons tous' les obstacles qui pourraient nous en déiourner, alors nous coopérons, nous ouvrons volontairement en quelque sorte les oreilles pour mieux entendre , selon ce précepte [ Psal. lxiv ) : Ecoute , ma fille, et prête roreitle. Nous voyons ainsi de quelle manière Dieu nous parle, d'abord par des actes indélibérés, qui ne peuvent rester inaperçus pour l'âme, au moins in^ volontairement; l'&me alors, excitée par la dévotion, est saisie d'une admiration silencieuse, ou transportée du plus ardent amour.

H. L'Ame, quand Dieu lui parle et se manifeste clairement à elle dans l'oraison de silence, doit au moins lui répondre dévotement par des affections d*amour et d*admiration, comme par autant de paroles intellectuelles. « L homme doit parler à Dieu, dit le P. Suarez ( De orat., c. 13), quand il désire en obtenir quelque chose et qu*il lui exprime ce désir ; son langage alors doit avoir Dieu lui-même pour objet, et commencer par Dieu qui excite ses affections et dirige son intelligence. Et cependant ce n'est pas Dieu qui parle, bien qu'il soit le principe de son intelligence el de aes opérations ; c'est l'homme qui parle, ^ en tant que,'coop(^rant è la grâce de Dieu , il lui exprime ses sentiments... Ce langage de l'homme peut cesser dans la plus haute contemplation, alors que Pâme, par un acte simple et par une sorte d'intuition, su présente à Dieu et se le rend présent; elle s*unit à lui par une intime affection, et est en quelque sorte, tellement absorbée en lui, qu'elle uevient incapable de lui parler. On dit justement alors qu'il se produit dans TAme un silence intérieur et spirituel; et c*est ainsi qu'il faut comprendre les doc- .teurs mystiques et jes personnes spirituelles, lorsqu'elles parlent de Toraison de silence. »

m. Si donc tout acte d*inlclligence et

d*amour cosse dans la personne attentive aux paroles de Dieu, et lui répondant par l'amour et les autres affections que nous avons indignées, dès lors l'oraison mentalo ne peut ni commencer, ni persévérer, et encore moins la contemplation et Toraison de silence, pourvu toutefois que cette sus-

f tension soit délibérée. Car si elle est indéibérée et involontaire, l'oraison, bien que moins parfaite, peut encore f)ersévérer.

Mais la cessation volontaire et délibérée est coupable, et h ce titre empêche Télévation de l'Amo vers Dieu & Toraison ; par conséquent l'oraison de silence ne peut plus subsister.

IV. Quand Dieu appelle k Toraison do silence, il faut absolument lui obéir, comme pour la contemplation. « Si le Seigneur, dit Bios! os (Spect. epirit.^ c. 11), veut oiiérer en vous quelque merveille particulière^ ne l'en empêchez pas, conformez-vous doci*^ lement à sa volonté, et nourrissez sans cesse en votre cœur des sentiments de sainte humilité et de mépris de vous-même. »

y. 11 faut toutefois se bien garder, en l'absence do la vocation ou des dispositions requises, de s'introduire témérairementdans l'oraison de silence et de quiétude, sous peine de tomber dans les erreurs du quiétisme ; ce serait vouloir tenter Dieu , qui n'a pas promis de nous donner cette grAcOf toute gratuite. « Efforcez*vous, dit encore Blosius, de plaire à Dieu de plus en plus, et soyez toujours satisfait des grâces que daigne vous accorder le Seigneur. » (Loe. cit.)

L'exacte observation du silence de la bouche est une excellente disposition à Toraison de silence, comme aussi à toute méditation et è toute contemplation. « Le silence et l'oraison, dit Louis Du Pont (tr. 4 Duc. spir.^ c. 16, § 2), se prêtent un mutuel secours avec une merveilleuse familiarité : le silence dispose à l'oraison, et l'oraison nous invite au silence. » Rien en effet ne dissipe plus le cœur sur les objets terrestres que la loquacité, ainsi que 1 ex<périence le prouve. Si quelqu'un croU avoir de la religion et ne met pas un frein à ià langue 9. il trompe son propre cœur et sa reli^ gion est vaine. [Jac. i, 26.) Saint Grégoire (1. VII Mor.f c. 18), à propos de ce passage : Vous jetez vos paroles au vent^ compare l'esprit humain a de l'eau qui se soutieiit, tant qu'elle est contenue dans un vase^ mais qui se répand inutilement quand elle cesse d'être contenue. « Que de paroles inutiles, comme autant de ruisseaux qui l'entraînent au dehors, viennent troubler son silence et son recueillement l Bientôt il ne peut plus se connaître intérieurement luimême, parce que la futile. abondance des paroles a dispersé au dehors tous les fruits de sa dernière méditation. » Ce n'est pas seulement sur la langue, c'est aussi sur les oreilles que doit veiller avec soin quiconque désjre se disposer h l'oraison de quiétude. Celui qui ne ferme pas l'oreiMe aux choses inutiles pourra difficileiaent s'em[>4cher d*en parler, et aura de la peine

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