‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 64 sur 186 · CO.N · texte numérisé non relu

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chsrilé. qui Tiennent interrompre la contemplation, dont la durée ne saurait être coDtinuelh en cette vie; bien plui ces œuvres continuent cette contemplation, si elles sont faites en Tue de Dieu, car alors c'est qjitter Dieu pour Dieu» et s*uair plus întimement à lui par son amour*

1" Nulle personne réritablement cotitem- {•lative ne peut s^escuser d'exercer la charité envers le prochain. De même que le solitaire peut aider son prochain par ses exemples et ses ferrenles prières , de m^e les personnes du siècle, de Tun et l'autre sexe» sont tenu*;s aux œuvres de charité envers leurs domestiques» leurs supérieurs •t leurs inférieurs. Car comme toute Traie contemplation doit allumer l'amour de Dieu et du prochain» de même elle doit enflammer le zèle des âmes» par lequel elle s'etforcc de repousser tout ce qui est contre l'honneur et la volonté de Dieu. 2" Outre ces œuvres de charité» qui ne détournent pas celui qui les pratique de la vie purement contemplative» jparfois la contemplation ou la vocation excitent la personne contemplative à exercer envers le prochain des œuvres extérieures de charité corporel les et spirituelles; et même pour la perfection de ces œuvres» elles doivent être animées par une certaine contemplation. Les œuvres corporelles, telles que les aumônes, le rachat des captifs» le secours aux infirmes» ont besoin au moins d*une contemplation imparfaite» qui en élève rintention vers Dieu; aussi sont-elles du ressort de la vie purement active. Uais les œuvres spirituelles, comme la prédication» l'enseignement, Tadminislralion des sacrements» la direction des Aines, etc., ont besoin d'une contemplation plus parfaite» sinon entièrement parfaite » qui doit au moins être aidée par la méditation ; aussi ce genre de vie appartient-il, non à la vie purement active» mais à la vie mixte. -- « Qu'il soit donc liors de doute» dit Rosignoli (I. V De digcipl. Chriêt.^ c. W et 15)» que ceux qui sans le secours de la mortiu- Cdtiun et de la contemplation $*adounent à la Tie active, eu vue du salut des âmes (je ne dis rien ici de la nécessité qui résulte des devoirs], sont bien loin de l'état élevé de perfection où ils se pensent, et se bercent dans une funeste erreur. » 3' Il faut se garder ici de deux excès» dont l'un consiste à quitter» par amour de la contemplation, les œuvres S()irituelles ou corporelles de charité envers le prochain, même alors que la charité, Tobéissance» la vocation ou Taptitude |>articuliëre en font un devoir. L'autre consiste à se livrer tout entier à ces œuvres par un zèle de charité pour le salut des âmes» au point de s'inquiéter à peine d'ac(][uérir» de fortifier et de retenir l'esprit intérieur de mortification et d*oraison. « Lamour de l'éternelle vérité, dit saint Augustin (1. XIX De civ, c. 19), cherche le saint repos ; la nécessité de la charité fait entreprendre l'œuvre de lustice. Si personne ne nous impose cette charge, il faut s'attacher à la perception et à l'intuition de la vérité; mais

si elle nous est imposée» il but la porter pour la nécessité de charité. Cepenaanl il ne faut pas délaisser complètement la jouissance de la vérité» pour n'en pas perdre la douceur et ne pas être accablé par celte autre nécessité. »

L'amour du prochain, qui est le fruU de la contemplation, doit s'étendre jus«ia%ux ennemis et aux contradicteurs.

1* En effet» les maximes et les exemples de la sainte Ecriture nous enst-igneut que les personnages contemplatifs les plus par faits ont souffert les plus graves outrages de leurs ennemis et de leurs contradicteurs, et leur ont généreusement rendu le bieti pour le mal. Témoins» Jacob» Joseph, Job. Moïse» David et particufièrement Jésus- Christ lui-même et ses apôtres : Si ion

nemi afaim^ donne-lui à nuinger: '*>' a sot/*» donne-fui de Ceau à boire ; car lu OMostêrai aîmi de% charbonê sur sa téie^ et le Stignem fen tiendra compte. [Pror. xxt» SI.) Or je vous le dis : aimez roi ennemis^ faites du bien à ceux qui tous haïssent. (Lue. vi» 87.) faites du bien à ceux qui tous persicuient» bénissez et ne maudissez pas. {Rom. xii» i\.\ 2* Les saints Pères prouvent que le ca* ractère des parfaits et consêauemment des contemplatifs est d*aimer leurs eoBemis • Dieu, dit saint Jérôme (m c. v Bbrfk.}t nous commande, non ce qui est impossilde» mais ce qui est parfait. » Il le prouve par la conduite de David» de saint Etienne et de saint Paul» à Kimilation de Jésus-CtrisL Saint Jean Chrrsostome (bom. 18 in Matth.) enseigne que l'andour des ennemis est UB des plus hauts degrés de la perfection; « car celui qui agit ainsi ne peut être Tennemi de personne ; > il dit même : « ce qu'il y a de plus noble et de plus parfait dans celle conduite, c'est de se montrer l'ami de celui-lè même qui nous aoffensé.» — « La charité est véritable» dit saint Grégoire (bom. 38 m Eran^.), lorsqu'on chérit son ami en Dieu et pour Dieu» et qu'on aime ceuxmêmes, dont on sait ne pas être aimé.» (Voir Gassie!«, collât. 16» 26; S. BEK5ARDi!r» t. Il, serra. 50; S. Laurent Jcsti^iex» Do cAor.» c. 13» 1^; Blosius» Insi. spir.^ c 2» etc.) 3* La raison II est en effet du devoir d'un contemplatif, de s'attacher à la perfection et d'agir avec perfection ; or la perfection ne se pratique jamais mieux que par l'amour spécial des ennemis et des contradicteurs en vue de Dieu. Donc les âmes contempla* tives doivent spécialement s'attacher a la l'ntiquede cet amour.

Or les signes d'un amour véritable et parfait des ennemis sont : 1* de prier pour eux : Priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient. {Matth, v» h\.} 2* D*en dire du bien : Bénissez ceux qui vous maudissent, [Luc. VI» 28.) Bénissez ceux qui vous f)ersécutent ; bénissez et ne maudissez pas, Rom. XII, U.) 3** De saluer ses ennemis: Si vous ne salues que ro.< frères, que faitesvous de si remarquable? Les païens nen fontils pas autant? (Mlitth. v, U.) V De leui faire du bien: Faites du (fifn à ceux qui

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haïssent. (Matth. y» hk.) Si vous ne faites du bien qu'à ceux qui vous en font aussi, quel mérite avez-vous ? Les pécheurs agissent ainsi. {Luc. vi, S7.) S*" De leur prdter» s'ils emprunlent : Ne refusez pas celui qui vous demanie à emprunter quelque chose. [Matth. ▼, 32.) 5i vous ne prêtez qu à ceux, dont vous espérez recevoir^ quel est votre mérite? Les pécheurs prêtent ausêi aux pécheurs dans Vespoir de retjomr. {Luc. vi, 3*.) 6* Même de leur donner gratuitement : Donnez, à qui vous demande. {Matth. y, 43.) Donnez à quiconque vous demande ; et si ron enlive ce qui vous appartient 9 ne le réclamez pas. Agissez envers les hommes comme vous voudriez quHls agissent envers vous. {Luc. vi, 30.) Soyez mtV sérieordieuxt comme votre Pire est miséricordieux. {Ibid., 36.)

Enfin Tamour du prochain doit encore eicitor Tâme contemplative à prier et h sat sr^ire pour les Ames du purgatoire. Sous le prouvons:

1^ Par TEcritiire sainte : Sainte et salutaire est la pensée de prier pour les morts j^ afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés, {il Mat:h. XII. 46); précepte qui convient surtout aux contemplatifs.

2* Parles saints Pères. « Le prêtre, dit faint Denjs (c. 7 De eccl. Aier.)» aux funérailles des ndèlesy demande les ci^lesles récompenses pour ceux qui ont pieusement Yécu; se conformant lui-même k l!imilatioa de Dieu* il implore les dons el les grâces pour les autres avec autant dé ferveur que pour lui-même. » C'est ainsi que doit agir tout contemplatif. « Ce n*est pas eo vain, dit saint. Jean Chrysostome (hom. SI m Act.)^ qu'on offre pour les morts des sacrifices, des prières et des aumônes. C'est le Saint-Esprit qui l'a ordonné, afin que BOUS nous aidions les uns les autres. » — ^c Je me lèverai pour aller à leur secours, dit saint Bernard (serm. tâ de diverê,)^ je supplierai, j'intercéderai, jp satisferai pour eux par mes prières, mes soupirs et mes gémissements, par lé saint sacrifice de la

messe Parcourez, ftme fidèle, la région

de l'expiation, et yojez ce qui s'y passe; et faites-y provision d'amour et.de compassion. » (fotr aussi GEason et Blosius.) « Le Seigneur, dans sa douceur et sa bouté, dit ced'v'rnier (Enchir. parv., c. 4), chérit tellemQotles Ames de ses élus, qu'il achève de les.purifier après la mort de la chair, et il désire si ardemment leur délivrance, que si, par une bienveillante charité pour cette délivrance, nous le prions avec ferveur et nous lui offrons le saint, sacrifice de l'autel ou toute autre obîation salutaire et QxpiatQir^^ il nous en sait autant degré que si nous nous efforcions de consoler notre Sauveur lui-même retenu dans* les fers.

N*a-t4l pas dit lui-même : Tout ce que vous faites pour un de ces* petits^ c*eft. pour moi que vous le faites. {Malth. xxv, kO.) »

3* Par la raison. C'est un point de foi que tous les saints ou les justes ont entre eux une communion debienç spirituels. Or les Ames du purgatoire sont saintes et Justes ;

donc elles participent i cette communion avec les justes qui sont sur la terre; et comme elles sont dans le plus ^and besoin, les Justes vivants doivent venir à leur secours. Or c'est le surtout le devoir des personnes contemplatives, qui doivent de tous leurs efforts tendre à la perfection par l'amour de Dieu et du prochain, et surtout du prochain qui a le plus besoin de leur secours.Rien ne peut donc les excuser de cette obligation. {Voir Mansi* tr. 86; Boni, Div. psalm., c. 13; BbnoIt XIII, t. III, serm. 19.) Selon Popinion commune des. théologiens et celle de. saint Thomas {k, d. 45, q. 2, a. 3), les Ames du purgatoire peuvent être soulagées par toutes les bonnes œuvres des justes vivants, en tant que ces bonnes œuvres sont satisfactoires pour, l'expiation des peines. En effet : 1*" Les bonnes œuvres ({es vivants, sont toutes entourées de quel* que difficulté dont le triomphe est un mérite satisfactoire ; d'ailleurs, par leur union de charité, les fidèles vivants sont en quelque sorte les fondés de pouvoir des justes 3ui sont morts, et peuvent par leurs œuvres 'expiation suppléer en quelque sorte aux expiations de ces. derniers. Toutefois, se* Jon . l'opinion commune de TEelise et la remarque de Reguerà {Th. Myst., t. I^ p. 849}, cela dpit s^^tendre non des œuyres projetées, mais ({es œuvres menées h exécution; c'est-à-dire qu!élles ne sont utiles aux Ames du purgatoire qu'après leur eur tière réalisation. 2* Le meilleur moyen de les secourir est le sacrifice de l'autel. 3*" Les Ames du purgatoire peuvent être aussi soulagées par les indulgences et les aumônes. 4* Par le jeûne et toutes les œuvres extérieures de mortification, qui sont satisfactoires et applicables aux autres justes. 5* Par la prière publigue ou particulière, en tant que satisfactoire ou impétratoire. 6*" En général il vaut mieux, soulager les morts par zèle de charité envers le prochain, que de ne pas les soulager par zèle de la justice divine; car ce sentiment plaît davantage à Dieu, qui punit en père. 7** A proprement parler il est même préférable» par zèlci de charité pour ces Ames, de leur céder toutea nos œuvres satisfactoires qui peuvent leur être appliquées, que de nous les réserver à nous-mêmes; car c'est offrir.de voir différer notre propre béatitude pour que ces. Ames en jouissent plus vite; sentiment héroïque, qui nous es(.plus profital)le que toutes les satisfactions et.quipeut même nous obtenir Texemption du purgatoire, comme on le voit par l'exemple de sainte Gertrude (I. y, c. II). Toutefois cet abandon plein et entier ne doit pas être indistinctement conseillé à tous« mais, seulement aux plus parfaits, et en raison de Tinspiration divine;. car une telle libéralité dans les œuvres satisfactoires a ses inconvénients, quand on en néglige déplus essentielles, dont on aurait besoin

[)our sa satisfaction personnelle; aussi 'Eglise ne permet point d'appliquer, toutes les indulgences aux morts. De même on doit bien rarement aussi faire TabancloM

DICTIONNAIUE

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des secours qui doivent nous arriver après ta uiort, parce que co n*estpas toujours pour un plus grand bien {de meliori 6ono)^el que d'ailleurs, onn*a pas la libre disposition de ces suiïrages futurs, h moins que la donation n*eD ait été faite avant la mort du donatai e* Il ne faut pas non plus faire avec parcimonie cette distribution des œuvres satisfactoires, les calculer comme une monnaie courante, et tenir en quelque sorte h Pégard de Dieu une comptabilité par doit et avoir. Notre situation de su{)pliants nous dicte la conduite prudente et respectueuse que nous devons tenir. C*est avec la plus profonde humilité que nous devons otfrir a Dieu, avec les mérites de Jésus-Christ, nos faibles œuvres de satisfaction pour les âmes du purgatoire, soit en totalité, soit en partie, suivant la dévotion de chacun et l'avis du directeur, en suivant Tordre, 1* du devoir, s*il y a lieu, S* des liens du sang, et ensuite de la conformité d*esprit et du besoin plus ou moins Brand des Ames du purgatoire; laissant à >ieu le soin de faire l'application de ces œuvres satîsfactoires selon son bon plaisir, et comme il l'entend pour notre bien propre et celui des défunts. (Voy. Union d'infusion

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