‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 69 sur 186 · CRO · texte numérisé non relu

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D'ASCXnSMB

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grand que tous ceui qu^on peut souhaiter ei posséder daus le monde. Il y a, en effet, enlre le mérite des souffrances et eelui d'une vie tranquille» la môme différence qu^entm Tor et le cuivre, entre des cailloui ^t des pierres précieuses; et une grande reine n*.est jiasplus au-dessus d*unefemme de basse condition, que ne Test une personne qui souffre pour lUeu, à Tégard d^une autre qui ne souf^ ire point, quelque vertueuso qu'elle sojt. C'est ce que disaijt saint Pierre aux CJiréliens qui souffraiaut pçrséculion. Vous éU$ fieureuxyjparce- q^4 fkfmneurf la gloire, h pertu de Die^^ repoHnt pwr vous» Il n'est pas surprenant qi^e top.t.ep se trouvant dans )a joie, la consolation, la gloire môme, un )u)mme, pénétré de cette vérité, préfôri? la croix à tout ce qu'il j a de pi us jtrécieux et de pJus exquis sur la terril. Il sait que Jésus* Christ l'a laissée pour héritaj^e à ses disciples, et qu'ij s'en çst servi lui-môme [)our faire le plus grand couvre qui soit jamais Wtii des mains de fieu. Comment n'aime* rait-il pas la croix par-dessus toutes choses, jusqu'à vouloir sy attacher d'une m^ni^re inséparable, jusqu'à mettre son houheur à la posséder^ jusqu'à la chercher avec «m^ pressement, jusqu'à ne pouvoir pas s'en passer ? Il la regaixle, ^n effet, comme son appui, comme le remède à tous ses maux, comme son recours dans se^ perplexités, comme sa force dans la&iblesse, ^ un puissant secours dans les périls ei les accidents îe$ plus flche4jx.

Pour en venir là, il faut s'accoutumiT è racourir dans ses peines au souvenir de la croU Bt de Jésus^^ChrisI» 4}ui y ost attaché et

Soi y meurt accablé de douleurs et couvert 'ignominies. C'est par o^ souvenir que se communique la verJtu q«e Dieu a mi^e ^t^s cet instrument de notre salut ; mais cette yertu est cachée, et uni xi'en a Tidéo q;ue celui qui en a fait Texpérience. Ce qui est jèertain, c'est que tout fruit fde liaintjelé vjent de la croix comme d'une isoiirce intarisaa^ ble; que tous les grands .n'ont rien^éslr^ fk^QC tant d'ardeur que d'ôtpe iran^fofa>é3 en Jésus crucifié ; Qt qu'au prii de la croix, tout leur a paru, comme à saint JPaul, de l'ordure, des pertes et des désavantages. C'est elle, en effet, qui .doniele prix à iout^ non-seulement parce qu'elle est la eource de la grâce et clu salut en lésus-Ghrist et par Jésus-Christ, mais encore, parce que, si nous ne participons à la croix ne jiotre Sauveur, nous avons peu de force et peu de courage, et que la souffrance nous est nécessaire pour affermir nos vertus et pour les rendre solides. Saint Jérôme dit que Notre-Seigueur a confirmé et fortifié par la croix tout ce qu'il avait enseigné aux hom* mes : Omnem àocirinam suam ChrUtuê pâli" bûlo roboravit, c'est-à-dire que c'est par M crcfix qu'il a rendu sa doctrine efficace et qu'il nous a donné la force pour la mettre en pratique. Ce n'est pas merveille qujs ceux qui ont l'expérience de cette vérité estiment singulièrement la croix et qu'ils la préfèrent à toutes sortes de biens.

DiCTIONN. D*ASGÉTISMR, j.

La second degré consiste à passer de l'eslime è Tamour, et de i'amour à une étroite liaison; de sorte qu'on cherche pnrtoui la croix, qu'on désire de souffrir en tout temps et en tous lieux, à )a irille comme à la camip/igne, dans Taction comme dans le repos, et en toutes sortes d'occasions. On prend la croix pour com|>a^ne inséparable, enfuit ses délices d'être avec elle, on l'embrasse amour reusemeni, oh Tépouse comme l'objet des complaisances de Jésus-Ghiist, on se pialt daps les coi)iradictif>ns, dans les febuts H les mépris, les regardant comme la <^oie,la plus désirable du monde. Telle était la dtsr position de Tai^ôtre saint André, lorsqu'il a^écriait : 0 croinp, objet dt mesdé^ir»! U y a une grande diftjérence entre aimer une çhMe /¥trçe qu'où resiime, et l'aimer iusqu'à ne plus vouloir s'eQ séparer, jusqu^à la regarder x^mme l^e premier objet de sa tendresse. Ceux qui préiénUeut à la perfqctipn doivent aimer la souffrance jusqu^ik ce (K>int. Poui en venir là, i\ fauit qu'un bom'iie soit telie^ ment prévenu en faveur de la croix, que aon premier soin en tout ce qu'il eotre{>neûd soit d'Q(bserver js'il y aura quoique , chose à souffrir, que ce soit Jà pour lui un suget de joie et qu'il s'afflige lorsqu'il ne rencontre point de souffrances., tl faut qu'il trouve json repQs dans la croix, qu'il s^esjtime laibie« indigçnl et abandQiu[ié quand elle lui fnan*que, que ;to^t jui semble rie;i s-'us eije et qM*avec ellejes moindres choses Ini paiai^se^U de grand prj^. Qn raconte du B« Àiouia de Gonz^gue, ^u'il était tellement aituntir 9UX ocais4on$ d0 souffrir, qu*étani oblifli d'aller en carrosse, il relevait sa jpobe ej la repliant sQUjs \m de manière qvi'iil fûjt ama avec incommodité. Çeg^ qui n ont paa f.oaprit de J>ieu tKHaveront cette atjli^ntio^ jLfop gênante, mais celui qui connaît. In croix et qui s'^st uni ^ eUe ne la veut jamais quiUer; et lorsqu'il n'a à souffrir ni noid, ni cha#d« ni faim, ni soif, il supplée h ce dj^aqt par d^s pénitences volontaires, son, amouf pour la <^roix, ,<)u'^l a choisie pour i^a compare inséparable, ne lui peirmefftaut pasd.épaiv f^er ^00 corps et dP condescendre en rien aux inclinations de la nature.. Tout ce qu*ou peut iui dire ne le touiobe poipt et lui (tarait mépriçable^ s'il n'est relevé par ia souffrance. Tout ceci n'ei^.t jque l'açcomplissement de la |>rophétie de m\^e buveur; Ou^nijeMrai iUv4 de ierre, f attirerai t^ui à moi. {Joan. xii. Si.) Il est évident que par ces paroles il ypplait faireentendre de quel genre de mort il devait mourir, et qu!il noua proposait dans aa mprt le plus grand efliorC de S4 puissance , ooQime s'il eût dit qu0 toute la jorce qu'il avâil fait paraj^iire pendant sa vie u*^lait encore rienj et qu9 U vertu divine, gui devait dui acquiér^r taujt d'adoraleurs, ét^it dans son !SUi>|diGè eldpAS sa oiorl. infime. "Les imitateurs de pe di*vj|i Itlatir;^ mettent, à .son exiimpifi, tOM^ Iw^ force dans ia croix,, et a'^ppu^^t^ eup^ mêmes ces paroles de saut ^aul : €e q}i^i :$p dit de la croix est une folie à l'égard de peu^ Qui sont dans la voie de perdi:iionf mais à

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DICnOMmiRE

en

regard de ceux qui ioni dans la voie du êâluif e'eiê-à'dire pour notM, e*e$i h force de Weu. (/ Cor. i, 18.)

Le troisième degré de perfection et le i^mble du mérite en ce genre est d'aimer la croix jusqu'à un tel point et de la désirer si ardemment, qu'on en ait besoin pour pouvoir supporter la Tle. Sans elle alors point de contentement; on veut des peines, aût-on en être accablé. C'est dans cette disposition

JuaNotre-Seigneur, parlant de son supplicei isait : Tai à être baptisé d'un baptême; et em quelle contrainte ne suis-le point jusqu'à ce que cela s'accomplisse I Plusieurs saints ont eu le môme empressement : une vie sans souffrances leur paraissait la plus pesante de loutes les croix; ils se seraient crus morls s'ils n*eussent rien eu à souffrir. 9ainte Thérèse avait coutume de dire qu'il n'^ avait point de milieu pour elle : ou souffrir ou mourir, aut patiaut mori*

Ce désir si ardent des souffrances dans les maints vient de ce qu'elles procurent de si

gauds avantages, que, quand on les a une is goûtées, on ne peut pas s'en passer. On peut dire que les trésors et les délices de I>ieu sont dans la croii et qu'elle ressemble à e-es plantes qui, sous une écorce amère, cachent un suc merveilleux. On peut, au ireste, aimer passionnément à souffrir, sans sortir de l'état d'indifférence et de sainle désignation à tout ce qui plaît à Dieu, parce que la croix est le lit de 1 époux et qu il lui ^ très-agréable qu'on sounaite d*v mourir avec lui, si telle est sa volonté. Et Notre-Sei- ^eur lui-même n'a rien de plus précieux que sa croix pour récompenser ses plus grands serviteurs. Il imprima sur le corps de saintFrançois les marques de ses sacrées plaies, lorsqu'il voulut l'honorer d'un témoignage éclatant de sa tendresse, et le rendre vénérable à tout le monde chrétien.

CROIZET (Jean), Jésuite, fut longtemps lecteur du noviciat d'Avignon, et le gouverna avec beaucoup de douceur et de régularité. On a de lui plusieurs ouvrages ascétiques très-répandus.l"* Une Ann^e cnrétiennCf en 18 vol.— 2* Une Retraite^ en 3 vol. in-12. —3° Une Vie des saints^ S vol* in-fol.— ik* Des Réflexions chrétiennes, 2 vol. in-12.— S*" Des Heures ou Prières chrétiennes^ in-18. Le P. Croizet était un des plus grands maîtres de la vie spirituelle. Ses livres le prouvent et ses directions le prouvaient encore mieux.

CURIOSITÉ. — Voy. Mortification ds l'intbllioencr.

CYPRIEN ( Saint ) l Thascius Cœcilius Cy^ prianus ], naquit à Carthage de parents riches et distingués. Il donna, encore païen, des leçons d'éloquence dans sa ville natale. En 246, convaincu par les soins du prêtre Cécile, de l'absurdité du paganisme et de l'excellence de la religion de Jésus-Christ, il reçut le baptême. Son mérite et sa vertu le firent bientôt élever à la prêtrise, puis sur le siège épiscopal de Carthage, l'an 2M. Ses travaux pour son Eglise furent immen-

ses. 11 fût le père des pauvres, la lumière du clerffé, le consolateur du peuple. Pendant la sanglante persécution de l'empereur Décius, Cjprien fut obligé de quitter son troupeau ; mais, il fut toujours auprès de lai, soit par ses lettres, soit«par ses ministres. Lorsque l'orage fut dissipé, il se signala par la fermeté avec laquelle il résista h ceux qui avaient apostasie pendant la persécation. Il assembla un concile à Carthage, en 251, pour régler la pénitence qu'on devait leur imposer. En 257, le feu de la persécution b'etant rallumé, Gjpriaa fut relégué à Curuoe, à douze lieuMoe Carlbage. On Farrêta peu de temps après pour le conduire au supplice. Il eut la tête tranchée le 14 septembre 258. Saint C yprien avait beaucoup écrit pour la vérité, qu il scella de son sang. Outre quatre-vingt-deux lettres^ il nous reste de lui plusieurs traités profondément pensés et fort bien écrits. Ses ouvrages pure* ment ascétiques sont : 1* Liber de hàoiim virginum ; — 2* Liber de lapsis ; — S* JLi 6er de Oratione dominica; — V Liber de opéré et eleemosynis ; — 5* lt6er de bonopatieniiœ ; — 6* 1^ disciplina et bono pumeitim; — 7* De singularitate clerieorum ; — 8* l>e duo* decim abusionibus sœculi. Là Vie de saint Cy-

Erien a été écrite par le diacre Ponce et par >. Gervaise, abbé de la Trappe.

CYRILLE DB Jérusalru (Stfint) naqptt vers l'an 315, à Jérusalem ou dans les environs. Il s'appliqua de bonne heure è Tétude des divines Ecritures, et il se les ren<^ dit si familières que la plupart de ses discours eux-mêmes, qu'il, laisait sans préparation, ne sont qu'un tissu de passages où d'allusions à ciivers endroits des Livres saints. Il puisa une connaissance partiité de la doctrine de l'Eglise dans les écrits des Pères qui l'avaient précédé. Il fut témoin avec son troupeau de deux grandes mer* veilles pendant son épiscopat. La première est l'apparition miraculeuse d'une croix dé lumière qui dura plusieurs heures à la vue de tout le monde avec un éclat pareil à celui du soleil. Sa grandeur était telle qu'elle allait de la montagne des Oliviers a celle du Calvaire.

L'autre merveille plus grande encore, ce fut la tentative de reoAtir le temple de Jérusalem, à laquelle les Juifs de son temps furent pousses par Julien l'Apostat, pour donner un démenti à la parole de Jésus* Christ. C'est alors que des globes de feu sortirent des entrailles de la terre qui bouleversèrent les matériaux déjà poses et dispersèrent les travailleurs après les avoir maltraités.

Saint Cyrille fut l'objet de la persécution de Julien et de Valens.

Après son dernier exil, il trouva son peuple divisé, son zèle y ramena l'union ; 1 1 après avoir consumé son ardeur au salut de son peuple et son génie è la gloire de l'Eglise, il passa de cette vie à la glorieuse immortalité en 386. (Voyez au Catalogué la nomenclature de ses écrits ascétiques.)

D'ASCETISME.

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