‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 70 sur 186 · DEM · texte numérisé non relu

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DAGUBT (Pierre-Antoine-Alexandre)) né à Baame-les^Dames en 1707, enira dans la Compagnie de Jésus. Lors de la suppression de celte société, il se retira à Besançon, où il mourut en 1775, laissant la réfutation d*ttn homme estimable et d'un ecclésiastique édifiant. On a de lui les ouTrages ascétiques snirants, tous comjposés pendant au*il était encore jésuite 1 1* Camidiraiiont cnrétiennes pour dliofue jour Al ffieif, Lyon, 1758, in-lS; — 3* Exercietê ûiê€hrétienf Lyon, 1759, in-12; — 3** Exèrcicei chrédens aes gens de

Îfuerre, Lyon, 1759, in-12; — V La como^ cUion du Chrétien dam les fers, ou Manuel des ehiourmes^ ibid., in-lSL

DÉBONNAIRE (Louis), né à Troyes, entra dans la congrégation de l'Oratoire, dont il sortit dans la suite. Il mourut en 1753. Ses œuvres ascétiques sont : 1* Une /mt^o/ton, avec réflexions, in-13 ; — 3" Leçons de la sagesse^ 3 vol. in-13, bon livre; — dr La re- /tatou chrétienne méditée^ avec le P. Jard (K. ce nom), 6 vol.; — i*" ,£a Règle des de* voirsy k vol. in-13.

DÉLECTATION. — Voy. Tentation.

DEMEURES MYSTIQUES DE L'AME. — Par ces demeures on entend les différents états où se trouvent les ftmes par rapport à leurs puissances intellectuelles et à l usage

au'elles font de ces puissances, selon les ifTérentes opérations de la grâce. {Voy. la noti(^e de sainte Thérèsb sur son CMUeau de rdme.)

En comparant TAme à un palais, et les états dont nous parlons è divers appartements, on peut y distin^er quatre étages ou demeures. La première est au rez-deràAussée; tout peut y entrer aisément, ntaie les animaux. La seconde, au-dessus de la première, sert de logement aux sages et aux vertueux. La troisième, au-dessus de la seconde, est pour les personnes parfaites et distinguées par la {pice. La quatrième, au-dessous de la première» est comme une cave profonde.

La première demeure est l'état ordinaire du commun des homiMS qui, suivant les inclinations des sens, et n aspirant à rien de parfait, permettent l'entrée de leur Ame è toute sorte d'objets. Mais surtout ils y laissent établir l'amour-propre qui leur fait chercher avidement leurs intérêts, la passion qui favorise Tamour-propre, et le démon qui fomente la passion.

La seconde demeure est l'état de ceux qui ont quelque vertu au-dessus du commua des bommesgrossierset terrestres. On trouve dans celte demeure la raison, la veiiu et la grAce. J'entends par la raison l'infclinalioit naturelle au bien. La vertu comprend^-^ei habitudes acquises qui perfeetioonenlJa nir son, comme sont la prudenbe, la force, la justice, la tempérance et les autres vertus

morales» J'entends par la cprAce les mouvements du Saint-Esprit, qufélèvent la vertu, et qui, par les principes de la foi et de l'E»' vangile, conduisent un Chrétien èjyperfiection dont on est capable en cette vie. Lét Ames de cet état sont en petit nombre^ eti comparaison des premières.

La troisième demeure est un état où Yan trouve la grAce présupposant la raison natu* relie et les vertus morales, mais une grAce fort relevée, laquelle renferme trois choses s la sagesse divine, l'amour divin et les avant* goAts du paradis. La sagesse consiste en des lumières sublimes qui découvrent beau» coup, et qui découvrent de l'oin. L'amour divan comprend, avec le feu céleste qui embrase les saints, l'onction du Saint-Esprit, la paix et la joie. Les avant-goûts da paradis sont les communications qui tiei^ nent quelque chose de l'état des bienheu^ reux. Dans cette demeure tout est or et azur; on n'y voit que peintures admirables, et 'on y respire un air si pur, qu'il n'y a aucune langue qui puisse en parler dignement ; aussi est-ce le séjour des Ames singulièrement tàr vorisées de Dieu.

Le démon peut sans doute entrer dans cette demeure ; car tandis qu'on est sur la terre, onn'estpoint inaccessible àla tentation. Job parlant du démon dit qu'Une voit rien que de haut et de sublime [Job xu, 15;, pour nous faire entendre qu'il en veut surtout à ceux qui sont plus élevés que les autres, et

S[u'il leur tend toute sorte de pièges pour les aire tomber dans le précipice.

La quatrième demeure, que nous avons comparée à une cave profonde , renferme quelquefois les caresses de l'époux céleste* et les délices de sa sagesse et de son anrour. Ces délices sont désignées par ces paroles du Cantique des eanttques ^ Le roi nCa faH entrer dans ses appartements secrets* [Cani. I, 3.) C'est aussi ce que Job a voulu nous faire entendre lorsqu il a dit, en parlant du sage, que son bien vient d'un lieu profond.

Quelquefois aussi cette cave est un abtme de maux et une espèce d'enfer où Dieu permet que les Ames saintes tombent pour y souffrir une espèce de martyre, comme nous l'apprenons de sainte Madeleine de Pazzt* qui fut, dit-elle, cinq ans dans la cave aux lions. C'est là que régnent . les ténèbres dont nous avons parlé ailleurs ; le trouble causé par les tentations presque continuelles; la désolation qui accable et qui esi incompatible avec le repos. On peut dire que cette demeure sombre, par rapport aux effets qui s'y opèrent, est très-proche de là troisième, c est-à-dire dé la plus élevée^ puisqu'on passe sans, milieu de Tune à Yvâ^ tre» et que Dieu a coutume d'introduire les personnes vertueuses daus ce lieu téné-

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