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notre patience par une plus grande abon^ dance de consolations. Donc on doit rechercher la dévotion même accidentelle. En effet, comme, dit saint Laurent Jtustinien (Dr
Î}erfect. mon.^ c. 18) : « Si la vénérable maesté de Dieu daigne visiter Tflme qui ne lui témoigne que de la froideur au Heu d'amour, et que de l'indifférence è s*entretenir avec lui, combien à plus forte raison répandra-t-il le goût des célestes délices dans l'Ame fervente et qui le cherche avec sollicitude? »
11 est deui movens de se procurer la dévotion substantielle et accidentelle, spirituelle et sensible. Le premier consiste dans une humble prière à Dieu : c'est h elle seule de nous exciter d'abord è la dévotion par une lumière et des inspirations spontanées. Le second est la mortincation ^ qui doit accompagner la prière. Car notre coopération est nécessaire; mais nous ne pouvons la joindre que par le secours et la présence de la grAce deDieu. Que votre grdce^ nous vous en supplions 9 Seigneur ^ nous prévienne et nous suive toujours , et qu'elle nous rende sans cesse appliqués à la pSratique des bonnes œuvres. (Collecta Dom. xvi, post Pentec.) Saint Augustin fait cette prière : « Seigneur, mon Dieu, prêtez l'oreille à ma prière, et
Îue votre miséricorde exauce mon désir... • ccordez-moi quelque chose que je puisse vous offrir; donnez-moi ce aue j'aime : car j*aime et c'est à vous que je fe dois. Je vous en conjure par notre Seigneur Jésus Christ, par qm vous nous avez cherchés , nous qui lie vous cherchions pas; et vous nous avez dierchés pour que nous vous recherchions. » (L. II Confess.f t. 2.)
Saint Grégoire remarque < que quaiHd les fidèles recherchent h s instruire plus pro« fondement, c'est qulls ont déjà une grande dévotion; et cette dévotion devient ulus grande encore après la prédication. » (L. i jReg.y k.) Eli effet, le désir de connaître la volonté de Dieu dans la prière, désir etcilé de Dieu, est déjà une marque de dévotion, laquelle s'accroît et se (rerfeétionne davan^ tage par la méditation, la jirière et les œu« Vres, qui nous animent' ir laire la volonté de Dieu. Il y a de la dévotion dans cet effort par lequel Dieu aime à prévenir et à être prévenu, et la créature se trouve prévenue et aspire à l'être. Dieu prévient notre désir" avant qu'il naisse en nous, et il aime h être prévenu par les désirs les prières, les considérations et la purdè de la vie, afin que, quand la créature f pense le moins, ce dé* sir se trouve rempli au delà de son attente, par la grâce de Dieu qui la prévient, la se-* coure et raccompagne.
Oi*, fa dévotion substantielle doit être demandée h Weuei reclierchéed'une manière absolue par la prière et la mortification, avec la ferme espérance4e l'obtenir. En effet,elle est nécessaire et utile au salut éternel ; il faut donc la demander absolument à Dieu. Comme elle consiste dans l'empressement h plaire à Dieu, Dieu est toujours-disposé à nous venir en aide; et nous pouvons toujours ; arriver
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avec le secours de la grâce iHvine. Toujours, môme au milieu des désolations, nous avons la lumière de la foi et des dons de TEspril- Saint, nous avons des secours qui nous éclairent et nous inspirent; et par eux nous pouvons et nous devons toujours être affermis dans la résolution de plaire à Dieu, soit parles consolations, soit par les désolations, avec une pleine résignation dans la volonté do Dieu. C'est en cela que consiste la dévotion substantielle, au témoignage de Blosius : « La véritable dévotion consiste dans la véritable soumission, résignation, abnégation, et dans le véritable mépris de soimôme, plutôt que dans une douceur et un charme sensible. » (In conclav. an., p. i,
La dévotion, même substantielle, entraîne toujours avec elle quelque plaisir à la fois substantiel, intellectuel ou rationnel; car les vérités solides de la perfection chrétienne ont une douceur inséparable au-dessus de toute amertume. Denys le Chartreux rappelle douceur habituelle. (L. i Degaud. spir,^ a. 21). Les justes la possèdent habituellement, selon le degré de la grftce qui leur est accordée. Les marques de cette douceur sont une modération et une retenue continuelle dans la prospérité^ la patience dans ^*adversitéj une constante volonté de plaire à Dieu et de lui obéir en toute chose. Il faut donc prier sans cesse, et sans condition, pour obtenir cette douceur habituelle et nécessaire. L'âme désolée doit se contenter de n'avoir pas perdu le désir spirituel de plaire à Dieu et de le servir en tout temps; et si elle n'éprouve pas ce désir, qu'elle déplore humblement, et avec toute ia ferveur dont elle est capable, son imperfection; qu'elle aspire à désirer avec l'ardeur du Psalmiste, et qu'elle répète avec lui: ilf on dme a désiré en tout tempSf avec une grande wdeur^ vos ordonnances qui sont pleines de iustice. (P^.cxviii, 20.)
On doit rechercher et demander à Dieu la dévotion accidentelle^ mais sous la condition ou limite tacite ou expresse, qu'elle est utile à la dévotion substantielle.
V Nous le prouvons par le témoignage des saints. Saint Bonaventure (I. ii De prof, rel.f c. 69), ne permet de demander cette dévotion qu'à celui qui est depuis longtemps exercé. Sainte Thérèse dit qu'elle no convient uniquement qu'aux personnes déjà disposées. Saint Jean de la Croix s'efforce de nous prémunir contre ce qu'il appelle la
f:ourmandise spirituelle, c'est-à-dire, contre 'excès où toml>ent ordinairement les commençants dans les exercices spirituels, et qui dégénère pour eux en graves imperfections; car, en l'absence de la dévotion sensible, ils sont torturés par d'excessifs remords. «Quand ils ne ressentent pas leplaisir decette dévotion, iiss'attristcnt dans la pensée qu'ils n'ont rien obtenu. Us perdent ainsi la véritable dévotion et son véritable esprit qui consiste h persévérer avec patience et Iiumililé, et à se défier de soi-même, pour plaire à Dieu. » ( L. i Noct. obsc, c. 6.)
Saint Pierre d'Aicantara (p. ii De dévot. ^ cl) recommande, il est vrai, la dévotion accidentelle ; mais il conseille de ne la demander qu'avec discrétion, et d'y rechercher moins les consolations que la volonté de Dieu. Saint François de sales (p. iv Yit.dev.^ c. 13), tout en louant ces douceurs spirituelles, nous avertit d'y éviter avee soin l'orgueil : car elles ne rendent pas justes par elles-mêmes, elles sont comme le miel et les friandises qu'une mère donne à son enfant chéri.
2" Les ascètes tiennent le même langage, «r 11 faut s'efforcer, dit Denys le Chartreux, d'acquérir cette douceur actuelle et actuellement perceptible, non toutefois comme une chose nécessaire au salut, mais comme une sorte de secours pour triompher plus facilement des adversités et des joies méprisables; et sous la condition de s'en rapporter à la volonté divine, en disant : Non comme je veux i mais comme vous le voulez^ 6 DieUj notre Père (i. i De gaudi, spir.f a. 21 ). Blosius, tout en admettant qu'on puisse pieusement demander les consolations sensibles, ajoute pour les commençants : a 11 y a toutes fois quelque imperfection secrète dans une demande de cette nature, laquelle n'est pas tout à fait conforme à Tabnegalion qui doit l'accompaçner. » {Inst. spir.f c. 7.)
3^ La raison confirme les témoignages précédents. £n effet, la dévotion accidentelle est une de ces grAces surabondantes qui d'elles-mêmes, il est vrai, sont utiles à la vie spirituelle, comme l'action de maneer avec appétit est utile à la vie corporelle ; mais souvent par accident il nous est avantageux que cette dévotion nous soit refusée, au moins pour quelque temps, de... crainte que nous ne tombions dans l'excès ou la gourmandise spirituelle; c'est ainsi que l'appétit qui dégénère en gloutonnerie se corrige par l'abstinence. Donc c'est seulement sous condition que là dévotion accidentelle doit être demandée à Dieu.
Ce que nous venons de dire de la dévotion accidentelle doit s'entendre autant de celle qui est simplement affective ou spirituelle, que de la dévotion sensible^ de telle sorte cependant qu'on doive mettre plus de soins à la recherche de la dévotion spirituelle. Quant à la dévotion sensible, même en tant qu'elle se rapporte à la véritable dévotion, il ne faut jamais la demander que sous condition : ainsi l'Eglise, dans le Missel, a placé parmi les collectes ad libitum celle qui demande le don des larmes. Parmi les autres dispositions requises pour obtenir les consolations divines, la principale est de se priver des jouissances charnelles, comme le montre saint Bonaventure, d'après saint Bernard ^collât. 6): « Si vous voulez vous réjouir dans l'amour de Dieu, que votre âme renoncîi à chercher ailleurs des consolations. Car la consolation n'est jamais accordée à ceux qui recherchent des consolations étrangères. Celui dont l'âme est ainsi à la recherche de consolations étrangères, et ne renonce pas comoléteraenl aux consolations
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caduques et Iransitoires» se ravit à lui-môme la grâce des célestes consolations. C'est se tromper que de croire qu'il soit possible de mêler la douceur céleste avec la douceur charnelle» ce baume divin avec cette herbe vénéneuse. » Sainte Thérèse rend le même témoignage dans l'histoire de sa vie (c. 2i ); et elle affirme que toutes ses consolatiors lui vinrent à la suite du renoncement aux consolations humaines » quelque innocentes qu'elles lui parussent.
DÉVOTION (Exercices de). — I. Tout le monde sait avec quel soin les saints s'appliquaient à offrir à Dieu l'hommage d'adorations nombreuses et réitérées, puisque plusieurs en étaient venus jusqu'à faire chaque jour des centaines d'actes d'adoration. Si donc le directeur ne découvre pas dans le cœur do son pénitent cette haute idée de la Majesté divine, qui le porte à ces actes fréquents d'adoration et de vénération, qu'il s'efforce de l'exciter h faire ces actes au moins lorsqu'il se met en la nrésence de Dieu, ou qivil se trouve dans l'église devant lo saint sacrement, ou encore quand il se dispose à s'entretenir avec Dieu par la méditation, par Texamen de sa conscience, par la récitation de roffice,du chapelet ou d'autres prières. Car s'il convient end autres temps de faire des actes d'adoration, il est nécessaire d'en faire dans les circonstances que nous venons d'énumérer, si l'on ne veut pas s'exposer à manquer au resoect qui est dû à la divine Majesté.
II. Quant aux actes d'adoration qui se font par des gestes extérieurs du corps, 1^ directeur ne doit point permettre à son pénitent d'en faire publiquement d'autres que ceux qui sont conformes à l'usage ordinaire des ûdèles. Car se livrer en public h des actes inaccoutumés, quoique |)ieux, ce serait non-seulement s'exposer soi-même à la vaine complaisance, mais encore donner aux autres l'occasion de rires moqueurs. Nous exceptons cependant le cas où le directeur jugerait à propos de le permettre pour briser l^orgueil de celui qui montrerait en cela une répugnance particulière; et encore, dans ce cas même, il ne doit agir ainsi qu'après les plus grandes précautions. Si le pénitent vaque à l'oraison seul en particulier, il faut lui conseiller tous les actes du culte extérieur, qui sont les plus propres à exciter en son cœur le respect pour la présence du Très-Unut, puisque, au témoignage do saint Augustin, ces actes corporels ont pour but particulièrement d'excitor le respect intérieur. Or, pour éviter toute crainte d'erreur en celte matière, nous allons indiquer les actes du culte extérieur auxquels on peut se livrer avec fruit pendant l'oraison, et qui ont un rapport certain avec la nature du vrai culte.
C'est un acte du culte extérieur que de prier à genoux, et quelquefois même debout, baronius affirme, en ses Annales (an. 58), que les fidèles avaient coutume de prendre 1 une et Taulre de ces postures; et il s'appuie sur le témoignage de Tertullien, selon
lequel, d'après l'usage établi par l'Eglise, les Chrétiens doivent prier et adorer quel-
âuefois debout, quelquefois à genoux, aronius ajoute que son Eglise avait l'usage de prier h genoux six jours de la semaine, et debout le dimanche, en mémoire de ia résurrection du Seigneur. Mais comme il convient plus à un pécheur de prier à genoux, et que cette posture humiliante est plus propre à toucher le cœur de Dieu, il vaut mieux la prendre plus souvent.
C'est un acte du culte extérieur que de
fïrier les mains jointes. Nous lisons dans * Exode (chap. xvii) que, pendant que Tarmée israélite combattait contre les Amalécites. Moïse monta sur le sommet d'une colline, et, pour obtenir de Dieu la victoire, leva vers lui les mains, en les tenant jointes, selon le commentaire de Corneille de la Pierre. La prière de Moïse, accompagnée de cet acte extérieur de vénération, fut si agréable à Dieu, qu'il voulut en faire dépendre tout le succès de la bataille. Car lorsque Moïse levait les mains, Israël était victorieu^L ; et pour peu qu'il cessât de les tenir levées, la victoire tournait du côté des Amalécites. C'est pourquoi il fallut, à raison de la lassitude qu'éprouvait Moïse, qu'Aaron et Hur vinssent à son aide et lui tinssent les mains levées, jusqu'à ce que les Israélites eussent remporté sur les ennemis une victoire com • plète. Baronius rapporte dans ses Annales (an. 58) une épitre ae saint Nicolas, Souverain Pontife, dans laquelle il répond aux Bulgares qui l'avaient consulté sur cet usage de prier les mains jointes, qu'il approuve cette manière de prier, à raison de ce qu'elle exprime l'humilité, l'anéantissement du cœur en présence de Dieu; et il ajoute que, comme les réprouvés doivent être jetés dans les ténèbres extérieures pieds et mains liés, de même celui qui tient les mainsjointes devant Dieu semble lui dire ces paroles : « Seigneur, ne permettez pas que j'aie les mains liées pour être précipité dans les ténèbres extérieures, parce que voici que je les lie moi-même, tout disposé à recevoir vos coups, selon cette parole de saint Paul : Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas ju^és. t»
C'est un acte du culte extérieur que de prier les mains levées vers le ciel, ou étendues en forme de croix. Ainsi pria Salomen dans le temple, lorsque la construction eu fut terminée : // se leva de devant Caulel, dit l'Ecriture, car il s'élaU mis à genoux sur le
f)nvé et avait étendu les bras vers le cieL [Il Reg. VIII.) Ainsi priaient les Chrétiens de la primitive Eglise, comme l'indique ce mot de saint Paul : Je veux que les hommes prient en tout lieu, en levant des mains pures. {I Tim. H.) Ce conseil de l'Apôtre fut parfaitement suivi par le Père des anachorètes, saint Paul : car saint Jérôme rapporte qu'il mourut à genoux et les mains levées vers le ciel, position que son corps même conserva après sa mort.
C'est un acte du culte extérieur aue de prier le corps prosterné jusqu'à terre, comme
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DICTlONiNAlRE
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le fii JudâS'Mâchabée avec ses compagnons d^armes, au momeDt de combattre contre rarmée formidable de Ticnothée, pour demander à Dieu le gain de la bataille. Mâchabée et ceux qui étaient avec /uî, â Vapproche de r ennemi f priaient^ le Seigneur^ en si couvrant ta tête de poussière^ revêtus de ciliées et pros-^ temés au pieA de Vautel. (il Mach. i.) Ainsi pria encore la face contre terre une légion chrétienne de l'armée de Tempereur Marc- Aurèle Antonin » et une glorieuse victoire en résulta pour les Romains, selon le rapport que l'empereur lui-même en fit au sénat. Du reste, le Sauveur Jésus a donné lui-même le noble exemple de celte manière de prier, lorsque priant son Père céleste dans le jardin de Getbsémani , il se prosterna en tombant ta face contre terre : Procidit in faciem suam arans. [Matth. xxyi, 29.)
CTest un acte du culte extérieur que de prier en se frappant la poitrine, ainsi que le publicain le fit dans le temple : // frappait sa poitrine^ en disant : SeiffneuTf ayez pitié de moi qui ne suis qu*un pécheur. [Luc, xvin, 13.) Le Pape Nicolas, dans son EpUre aux Bulgares^ loue aussi celte manière de prier et en donne l'explication en ces termes : « Nous nous frappons la poitrine pour signifier combien nous éprouvons de doufeur d'avoir péché, et que nous voulons nous en punir par une digue pénitence, avant que pieu nous frappe, avant que vienne le jour des dernières vengeances, i» (Bar., foc. sup. cit.^ an. 58.1 Aussi saint Jérwne se livrait-il si. souvent a e& pieux exercice « qu'il nous dit de lui-même : « Je me souviens que je poussais des cris, quej,e passais les jours et les nuits h me frapper la poitrine, jusqu'à ce que la tranquillité me revint par la grace du Seigneur. » (Ep. 22 ad Etist.)
C'est un acte du culte extérieur que de prier les yeux pieusement élevés vers le ciel, è l'exemple du Sauveur, qui, comme nous te lisons dans saint Jean, teva les peux au cîef, et dit : PirCfje vous rends grâces de ce ùuevousm'avezécouté{Joan^ ii«lV^ ; etailleurs, tes yeux levés vers le ciel, il dit :' Père^ l'heure est venucy glorifiez votre Fils. (Joan. xvii, 1.) C'est de même encore un acte du culte extérieur que de prier les yeux humblement baissés, comurie nous le remarouonsi dans la prière du publicain de l'Evangile, f tit, se tenant éloigné^ ne voulait pas même lever les jfeuxau ciel. (Lue. xviir, 13.)
Ceci posé, il est facile de voir quels sont les actes du culte extérieur qui s'appuient sur les exemples des saints et sur l'autorité de l'Ëglise, et qui, par conséquent, peuvent être louablemeut mis en usage, non-seulement sans danger de superstition, mais encore sans péril de vaine gloire et d'affectation. Il faut donc examiner pour lesquels de ces actes extérieurs de dévotion les pénitents ohtleplusd'inclination,etque)ssontceuxqui excitent eu eux plus de resoect^de soumission, de vénération, de douleur. Et alors ie directeur engagera ses pénitents à s'^r livrer fréquemment dans le secret, lorsqu'ils peuvent donner un libre cours aux sentimenis
qu'ils éprouvent, sans crainte d'être observés par les autres. Car, par ces actes souvent répétés intérieurement et extérieurement, ils acquerront bientôt la véritable dévotion, en témoignant ainsi pour la Mqesté divine une vénération profonde.
Dans les premiers siècles de l'Eglise, les fidèles avaient coutume de prier le visage tourné vers l'Orient» ainsi que nous l'apprennent saint Justin, Origène et saint Jean de Damas. De là saint Antoine» qui avait coutume de passer la nuit en prière, se plaignait, les matins, au soleil, de ce que« frappant son visage de ses rayons, il venait trounler le repos et la paix de ses douces contemplations. Au témoignage de saint Justin, cette coutume de l'élise venait des apôtres eux-mêmes. Du reste, cette manière de prier n'est plus en usage. Mais nous n'avons pas voulu la passer tout à fait sous silence, afin que, si un direeteur rencontre des personnes qui y trouveraient des sentimenis de piété et de dévotion, il ne les condamne pas sous prétexte de vaine ol>servanee; mais
Ju'il sache que cet usasea eu lieu longtemps ans l'Eglise de Dieu.
III. Le directeur s'appliquera avec zèle it inspirer la dévotion envers les églises, les autels et le saint sacrifice , surtout aux personnes du sexe, qui, tout en paraissant avoir une grande piété et un profond respect pour ces choses saintes, commettant cependant souvent des irrévérences k ce sujei. Elles sont assidues h l'église, y passent de longues heures et assistent k plusieurs messes; en un mot, elles paraissent toutes spirituelles et remplies de piété et de religion envers Dieu. Hais si l'on considère at* tentivement leur manière d'agir, on s'apeicevra qu'il y en a beaucoup qui sont attirées à l'église moins par l'amour du culte de Dieu que par l'ennui et le dégoût de la soli* tude. Elles viennent dans la maison de Dieu pour y chercher un aliment à une vaine cu-^ riosite qu'elles ne peuvent rassasier dans leur propre maison. Aussi les voit-on attentives à examiner ce qui se pa^^se, k observer le maintien et la toilette aes autres; appliquées k de futiles entretiens avf'C leurs voisines; occupées k s'informer des nouvelles, ouk parler de leurs affaires doinestiq^ues; et elles se livrent même k ces sortes d irrévérences, pendant Timmolation du redoutable sacrifice de nos autels. Un sage directeur doit corriger ces abus, et se rappeler la conduite de saint Ambroise, qui, un jour, célébrant les saints mystères, avertit publiquement le peuple qui y asssistait, non-seulement d'éviter de causer et de rire, mais même de tousser et de cracher, en un mot^ de faire le moindre bruit qui pût troubler le pieux silence du sacrifice. Qu'un directeur ne craigne donc pas de faire en {particulier ce oue ce saint archevêque ne craignait pas de faire en public.
IV. Le directeur doit êlre convaincu que c'est un des points importants de son ministère de savoir bien diriger la dévotion sen^ sjble ; car il est rftre de trouver des personnes
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D*ÂSCET1SME.
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spirituelles qui sachent se conduire convelablement dans 1 abondance ou la priVation je la grâce sensible. On en voit qui» lorsque 3es affections sensibles leur manquent» sMma- {ineot que tout est perdu pour leur atanceiient spirituel» se plaignent de devenir »noins parfaites de jour en jour et de reculer Jans la voie de la perfection » et, ce qui est .e plus déplorable, tombent ordinairement Jans le découragement. En ces circonstances, le directeur doit examiner avec soin s'il n'y i là qiie le défaut du sentiment de la dévoiion, et non le défaut de la dévotion même; et il pourra en juger facilement, en considérant attentivement la 'conduite du pénitent dans cet état de froideur. Si le pénitent aime les exercices spirituels, et s'il s^applique comme d^habitude à la mortiQcation et aux œuvres de pénitence, il ne faut point s'inquiéter de la disparution de la ferveur et de la grflce sensfble» puisqu'il existe toujours la véritable dévotion tout entière, laquelle consiste dans l'inclination de la volonté à faire le bien. Mais il faut ranimer le courage du pénitent, et l'empècber de tomber dans l'abattement et l'inquiétude. Si» au contraire, le directeur s*aperçoit gue nonseulement le sentiment de la dévotion, mais la dévotion elle-même manque, à raison de ce que les pénitents sont négligents et lâches pour les œuvres de la perfection, se répandent avec empressement dans les choses extérieures, recherchent auprès des créatures la consolation qu'ils ne trouvent pas dans les exercices spirituels, omettent facilement les pratiques de piété et de dévotion, se livrent à leurs mauvaises inclinations et tombent dans des fautes qu'ils ne commettent pas ordinairement : en ces cas, il doit les reprendre avec force, parce que nonseulement ils manquent du sentiment de la dévotion, mais s exposent encore à perdre jla dévotion elle-même. Il doit les reprendre avec force» avons-nous dit, parce que ceux qui sont tombés dans cet état d'imperfection ne pensent point ordinairement à déplorer cette dureté de leur cœur, mais l'aiment sans vouloir s^en délivrer. Le di recteur leur fera donc de vigoureux reproches, et leur montrera combien ils s'exposent à tomber bientôt dans un état plus triste encore, et même à encourir le danger de leur perte étemelle, s'ils fie se font violence et ne se recommandent h Dieu avec ferveur, pour revenir^à leur premier état.
V. Le directeur' rencontrera des personnes pieuses, qui, se voyant privées des effets sensibles* (le la dévotion, tout en conservant leur dévotion intacte, tomberont dans l'abattement , et dans un découragement (el , qu'elles se croironl entièrement perdues. Cfar en se rappelant les menaces que Dieu adresse à la tiédeur, elles s'imagineront, dans leur douleur amère, qu'elles sont réprouvées de Dieu, et que leurs nonnes œuvres ne lui sont plus agréables ; elles se diront qu'elles feraient mieux de se conduire comme le commun des hommes , et de renoncer è une vie si austère, remplie de
mortifications et d'exercices spirituels. Ces âmes ont besoin d'être relevées et ranimées, d'autant plus que ces pensées de défiance el de découragement intérieur sont ordinairement des inspirations du démon. Il faut leur répéter ces paroles consolantes de saintBonaventure: «Gardez-vous de tomber dans la défiance , lorsque vous ne sentez plus la douceur des consolations intérieures, sous prétexte que Dieu vous a abandonné , ou que vos bonnes œuvres ne lui sont point agréables; mais réfugiez- vous, consolezvous dans cette pensée si vraie , que vous devez mettre votre conQance et espérer en Dieu , tant que vous ne vous éloignez pas de lui par le consentement au péché, parce que, lui, il ne vous abandonnera pas dans sa miséricorde. » ( De Procès, relig. cl; k proc.) Si ces âmes, dans leur abattement, voulaient s^éloignerdela sainte communion, le directeur devrait, au contraire , les y. encourager et même les y contraindre, selon ces paroles de saint Laurent Justinien : «Celui qui mène une vie sainte et vertueuse, (;^ui est humble, qui se confesse avecsincénté et s'approche avec respect de la table du Seigneur, ne doit pas s'éloi^or sous prétexte qu'il n'éprouvé pas une dévotion sensible; cette insensibilité ne l'empêchera pas de trouver, sans qu'il s'en aperçoive , la vie dans ce sacrement auguste. »(l>fper/!. mon.f 19. )
VL Le directeur trouvera certaines femmes qui paraissent remplies d'une dévotion sensible etqui, si l'on examine plus attentivement leur conduite, sont néanmoins totalement dénuées de la véritable dévotion. On les voit s'abandonner aux soupirs, aux larmes, aux entretiens pieux ; elles récitent un grand nombre de prières vocales; elles veulent s'asseoir fréquemment à la table sainte. Mais à quoi bon ? Chez elles »e tourmentent, s'irritent, s'emportent; ne connaissent point la soumission, ni l'humilité; recherchent sans cesse les biens temporels et leur propre intérêt; sont toujours livrées è l'impatience, et n'ont pour autrui que d'injurieux soupçons et une langue médisante. La dévotion de telles personnes est plutôt l'effet d'un lem|)érament sensible et délicat que d'une grâce énergique et forte'; et elle est souvent remplie de t)eaucoup d'affectation. Aussi pouvons nous dire qu'elles n*ont pas la dévotion véritable et solide. Car la vraie dévotion consiste dans la sou^ mission, dans la résignation, dans Tabnégation et le mépris de soi-même, plutôt que dans une douceur, une délectation sensible. Le directeur doit donc éviter de montrer jamais la moindre estime pour cette dévotion apparente , et faire tous ses eflbrts pour donner h ceux qu'il dirige une idée vraie de la dévotion solide, et leur en inspirer la pratique. En un mol, il faut estimer les dévotions sensibles , quand eljjss produisent des fruils de vertu , et n'enftire aucun cas, quand elles sont vides de bonnes œuvres.
DEVOTIONS FAUSSES. - On entend par
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