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DICTIONNAIIIE
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elle d'Orange, tenu l'an 441; le vinglième ile celui d'Rpaone» tenu Tan 517, défendent de même d'en ordonner; et néanmoins il y en avait leneore du temps du concile in Trullo. — Alton de Verceil rapporte, dans sa huitième lettre, la raison qui les Ht abolir; il dit que dans les premiers temps, le ministère des femmes était nécessaire pour instruire plus facilement les autres femmes, et les désabuser des erreurs du paganisme ; qu'elles servaient aussi à leur administrer le Kaptème avec plus de bienséance; mais que eela n'était plus nécessaire depuis au'on ne tmptisait plus que des enfants. Il raut encore ajouter maintenant depuis qu'on ne baptise plus par infusion dans l'Eglise. Le nombre des diaconesses semble n*avoir pas été Tué. L'empereur Héraclius, dans sa let- 4re à Sergius, natriarche de «lonstantinople, Hnjonne que dans la grande église de cette Tille, il y en ait quarante, et six seulement dans celle de la Mère de Dieu, qui était au quartier des Blaquernes.
Les cérémonies que l'on observait dans la bé^ nédicliondes diaconesses se trouvent encore présentement dans l'ËucoIo^e des Grecs. Mathieti Blastares, savant canonistegrec, observe qu'on fait presque ta même chose pour recevoir une diaconesse que dans l'ordination d'un diacre. On la présente d'abord à révoque, devant le sanctuaire, ayant un petit manteau qui lui couvre le cou et les épaules, et qu'on nomme mafarium. Après qu'on a prononcé la prière oui commence par ces mots : La grâce d$ />ieu, etc., elle lait une inclînalion de tète, sans fléchir les genoux. L'évèque lui impose ensuite tes mains en prononçant une prière; mais tout cela n'était point une ordination, c'était seulement une cérémonie religieuse semblable aux bénédictions des abbesses. On ne voit plus de éiaconeisei dans TEglise d'Occident, depuis le xii* siècle, ni dans celle d'Orient, passé le xiii*. Macen, dans son Hieroloxicon^ au mot Diaeonesief remarque qu'on trouve encore quelque trace de cet oilice dans les églises où il y a des matrones^ qu'on appelle Veiulùfies^ qui sont chargées de porter le pain et le vin pour te sacrifice à l'offertoire (le la messe, selon le rite ambrosien. Les Grecs donnent encore aujourd'hui le nom de diaconesse aux femmes de leurs diacres, qui, 3divan( leur discipline ^ sont ou peuvent être mariés ; mais ces femmes n'ont aucuue fonction dans l'Ëgiise, comme en avaient les anciennes diaconesses. (Bingham, Orig, ^cclés.j tom. Il, 1. Il, ch. 22.)
DIADOCHUS ou Diadogub, évè<|ue de Photiaue en Illyrie, vers 460, lai.'isa un Traité de la perfection spirituelle^ qui a été inséré dans la Bibliothèque des Pires.
DIRECTEUR, sa nécessité, ses quali- Tfa, etc. -r- Quiconque s'applique k la perfection chrétienne a besoin d'un guide, a'un mattre spirituel, d'un directeur, en un mot, ff il ne veut point s*eipuser à faire fausse route. 9ârmi les difficultés nombreuses et
extrêmes dont est hérissé le chemin de la perfection, une des principales est le manque de mattres spirituels : des âmes ap}Mv lées par la erflce divine n'aspirent qujà s'élànçer sur 1 océan de la periection, ft elles ne trouvent point de pilote qui les conduise sur cette mer inconnue. Hameur cependant aux communautés ob de tels maîtres ne se rencontrent point, ou du moins y sont inconnus et ne sont pas appréciés 1 Or un mattre spirituel ou direeteur est celui h aoî l'on découvre toute sa conscience età oui I on se donne è conduire dans la voie de fa perfection, soit que l'on se fasse diriger par son supérieur ou par un autre particulier, soit que cette direction ait lieu an dedans ou au dehors de la confession.
1* Les flmes qui aspirent k la perfection ont besoin d'un maître spirituel. Cette vérité qui s*appuie sur le témoignage de l'Ecriture, sur celui des Pères, et sur l'expérience, a été admise par tous les auteurs spirituels, qui ont reconnu unanimement la nécessité d'un directeur. Le Seigneur, dit saint Paul, a établi des pasteurs et du doc-^ ieurs pour tratailler à la perfection des saints et à l'édification du corps mystique de Jésus-Chriêt. (Eph. i v, 11.) Matbcur a celui qui est seuU parce que^ s*il tombe^ il n'a perêonnc pour le relever. (Eccle. ly, 10.) Trouvez^vous souvent avec un nomme êaint^ qtu vous savez être rempli de la crainte de DieUf dont Vdme est selon votre 4me, et qui puisse vous con- #a/er, 51 vous venez à tomber dons les ténè^^ bres. {Eccli. xxxvii, lS-160 On trouve dans Thistoire du peuple de Dieu une foule d*exemples qui prouvent le besoin. la nécessité d'un directeur.
C'est ainsi que Dieu a donné à son peu-
f4e un ange et Moïse pour le conduire à ravers le désert. C'est ainsi que le jeune Samuel, appelé plusieurs fois par la voix du Seigneur, alla trouver le grand prêtre Héli, par qui il se croyait appelé , et mérita d'apprendre de sa bouche ce qu'il devait taire pour reconnaître si c'était le Seigneur qui lui parlait. C'est ainsi qu'un ange fut envoyé pour procurer l'inslriiclion d*un eunuque de la reine CaDdacet>8r le ministère du diacre Philippe; et qu'un ange encore, apparaissant au centurion Corneille, l'avertit de faire venir Pierre chez lui pour son instruction. Enfin, Jc^sus-Chrisl luimôme, apparaissant en personne à Saul sur le chemin de Damas, ne voulut pas l'instruire par lui-même, mais l'envoya a Ananie pour apprendre de lui ce qu'il devait faire. A ces exemples si frappants joignons quelques témoignages des frères, des docteurs et des mattres de la vie sprituelle. « Usez de la plus grande vigilance et d'une extrême circonspection, dit saint Basile, pour trouver un homme, un guide sûr qui vous conduise dans la vie dont vous avez fait choix , et qui sache indiquer la route droite à ceux
3ui veulent s'acneminer vers Dieu. » {Serm. e abd.)--€ Je suis d'avis, dit saint Jérôme à Rustique, que vous ayez société avec les saints, et que vous ne marchiez poin!,
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DASCETISMG.
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sur vos propres lumières et sans le conseil d'un maître» dans la voie où vous èXes entré» dans la crainte que bientôt tous n'alliez Y0U8 exposer à faire fausse route, à vous tromper de chemin i» (Ep. k,) — « Un I omme sans maître qui le dirige» dit saint Augustin» est comme un aveugle sans guide; comme lui» il aura bien de la peine à suivre la bonne voie. » (Serm. 112» De temp.) — Cassien prouve la même vérité par la pratique générale des religieux» et conclut en ces termes : « Par là il est prouvé de la manière la plus claire que le Seigneur n'enseigne la voie de la perfection à aucun de ceux qui» ayant moyen de se faire instruire» mépri:?ent et dédaignent la doctrine et les règles des anciens, i» (L. iv Inst.^ c. 9» et coll. II» c. 15.) -Saint Bernard» considérant que répouse cherchant son époux ne le trouve gu'après avoir interrogé les gardes de la cité» ajoute : «r qu*i!s méditent cette parole» ceH^ qui ne craignent pas d*entrer dans les voies de la vie» sans guide et sans
maître! Refuser de donner la main à
un maître c'est la donner au tentateur. « (Serm. 77» m Cani.) « Je dis plus» ajoute saint Vincent Ferrier» c'est que Jésus- Christ n'accordera jamais sa grflce, sans laquelle nous ne pouvons rien» à l'homme qui» pouvant avoir quelqu'un qui l'instruise et le dirige» s'en met peu en peine et ne se soucie pas de se mettre sous la conduite d'un autre» dans la pensée qu'il se suffit à lui-même et que seul il peut chercher ce qai68t utile au salut. » {De vit, spir.^ c. 4.) — € L'homme présomptueux et qui se fait son propre guide» dit Gerson, n'a pas besoin que le démon le tente ; il est luimême son propre démon» son propre tentateur j» {De aiitinct. ver. revel.^ signr» 3.) 2* Quoiqu'il soit» ordinairement» et généralement parlant» nécessaire de se procu-> rer un directeur spirituel» cette règle toutefois souffre exception» lorsque Dieu» par und providence extraordinaire ^ au défaut d'un homme capable ou par une faveur toi^te particulière» daigne conduire et instruire diyrectement une Ame par lui-même ou par te ministère d'un ange. Saint Grégoire s'exprime ainsi à ce sujets « Il y en a quelques-uns» dit-il» qui reçoivent intérieurement les enseignements et les leçons du Saint-Esprit» en sorte que n'ayant point extérieurement de maître ni de guide» ils ne sont point cependant privés des avis d'un maître intérieur* Or TAmequi est remplie du divin esprit to a les marques les f»lus certaines, les plus évidentes» dans es vertus et riiumilité : dès que les vertus et l'humilité se trouvent parfaitement et simultanément dans une Ame» c*est une preuve manifeste de la présence du Saint- Esprit en elle. » (L. i />ta/.» c. t.) Tels furent, ajoute-t-il» saint Jean-Baptiste» instruit dans le désert par le Saint-Esprit seul ; Moise instruit par un ange dans la solitude» el saint Honoré» abbé, qui n'eut pour maître que l'Esprit Saint. Et h ces exemples saint François do Sales (I. viii» De ramouf
de DieUf ch. 12) nioute ceux de saint Paul» ermite» de saint Antoine» de sainte Marie Egyptienne» qui» instruits par le Saint-Esprit seul» et guidés par l'amour de Dieu seul qui suppléait h tout» sont parvenus à une haute sainteté» non-seulement sans aucune direction humaine» mais même sans entendre la messe et sans le secours delà confession et de la communion. Ces rares exceptions » qui selon la pensée dd saint François de Sales» sont des inspirations qu'il faut plus admirer qu'imiter» n'empêchent pas cependant que la règle Kénérale ne soit vraie» et qu'on ne doive, ordinairenlênt parlant» s'y conformer exactement.
3° Les plus jeunes surtout et les commençants ont besoin d'un directeur d'une manière toute particulière. Qu'ils écoutent l'avis que leur en donne saint-Bernard: ' c Je vous en supplie» jeunes plantes du Seigneur» vous qui n'êtes point encore exercés h discerner le bien du mal» ne suivez pas le sentiment de votre cœur..., huitiiliezvous sous la main puissante de Dieu votre pasteur, et soumettez-vous aux conseils de ceux qui connaissent mieux les pièges de l'ennemi, instruits qu'ils sont par une plus longue expérience d'eux-mêmes et des autres» » (Serm. 3» in ps. Qui habitai.) — c Les commençants» dit saint Bonaveoture, ont besoin d'un maître pour apptren'dre ce qu'ils ignorent» h savoir les choses utiles ou nécessaires h leur salut et à leur avance ment» pour apprendre ce qu'ils ont à éviter» et à quoi ils doivent s'appliquer» ce qu'ils ont à faire» ce qu'ils doivent espérer, ce
au'ils doivent craindre, enfin pouk* savoir iscerner entre les choses plus ou moins louables, ou plus ou moins mauvaises, selon ce témoignage de l'Apôtre: Tous avez besoin d'apprenare les premiers éléments de la parole de Dieu. [Hebr. v» 12.) De même ils ont besoin d'être exercés daiis la pratique des bonnes œuvres» puisqu'il ne suffît pas de savoir le bien» et qu'il faut encore le
f pratiquer; et parce que les imparfaits ne se ivrenl ordinairement à l'exercice des vertus qu'avec nonchalance» il est bon qu'ils y soient excités de temps en lemps par ou autre. j> ( Desex alisseraph^ c. 1.) Et en vérité, ne serait-ce pas une folle présomption que de vouloir apprendre sans maître la science du salut? Ne serait-ce pas imiter la conduite insensée du voyageui qui» sans guide, suivrait une route qui lui est inconnue; ou de l'ignorant qui voudrait» sans leçon, apprendre les sciences humaines; ou du soldat inexpérimenté qui, sans chef et sans connaissance de l'art de la guerr-e» voudrait livrer bataille à une armée ennemie?
h"" Ceux qui sont plus avancés en Age et en perfection, les parfaits eux-mêmes , ont généralement plus ou moins besoin d'un directeur et de ses avis, selon la diversité des esprits. Malheur^ s'écrie le prophète Isaie, malheur à vous qui éter sages à vos propres veux et qui êtes prudents devant vousmêmes, (ha. V, 21.) — Ne soyez pas sages à
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blCTlOMNAlUE
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•J08 propres yeux, nous recommande sainl- Paul (Itom. xUj 16); sur quoi saint Jean Chrysostome fail celle remarque : a Ne soyez pas sages à vos propres yeux, c'esl-hdire, ne pensez pas que vous vous suffisiez h vous-niômes! Dieu a voulu que nous ayons besoin les uns des autres; il arrive le plus souvent que le sage a besoin d*un nu re; comme nous l'enseigne l'exemple de l^loïse suivant le conseil de Jetliro, il arrive souvent que le sage ne voit pas ce qui convient, et qu'un moins sage Taperçoit. »
(Hom. 22). Nous en trouvons encore un exemple admirable dans la conduite de s.iint Augustin, qui, comme il le dit luimême, était disposé, tout vieui évoque qu'il était, h recevoir les enseignements d'un évoque jeune encore, d'un collègue qui n'avait pas encore un an d'épiscopat. (Ep. 75.)
5' iSous devons remarquer ici aue îe directeur spirituel peut être précisément tel, oj en môme tem|)s confesseur, ou bien supérieur; que tous les supérieurs ecclésiasfL'](ies, surtout dans les communautés, doivent veiller à ce que ceux qui leur sont soumis aient un maître spirituel, qui soit oa le supérieur lui-même, ou un autre désigné par lui; que le confesseur ou le maitre spirituel ne doit pas consentir au vœu d*obéissance par lequel on voudrait se lier à leur égard, et principalement si l'on voulait s'obliger par vœu à ne prendre qu'un seul confesseur ou qu'un seul directeur, è Teiclusion de.lout autre. Aussi saint Jean de la Croix traile-t-il de iyran un ccjinfesseur qui refuse à ses pénitents la permission de s'adresser h d'autres confesseurs. Il est donc nécessaire que le confesseur doine toute liberté à ses pénitents; il doit môme quelquefois les exciter à cet égard, h s'adresser à d'autres, pour leur donner occasion, soit de se délivrer de quelques doutes qui les inquiètent, soit de s'aiïermir et de se confirmer de plus en plus dans la méthode de dévotion qu'ils ont embrassée, etc.
6" On doit rendre à son directeur spirituel un compte exact, sincère et entier, de sa conscience, d'abord pour toute sa vie passée, puis pour la suite de la vie, autant <iue le tlirectcur le ingéra à propos. « Chacun de ceux qui sont sous la conduite des autres, dit saint Bazile, doit, s'il veut faire quelque progrès notab'e et parvenir à la perfection et à une saititelé de vie conforme aux préceptes de notre Seigneur Jl'sus- Christ, ne déguiser aucun mouvement de son âme, mais, après un examen sérieux et attentif de lui-même, ouvrir son cœur avec ses plus secrètes afteclions à ceux do ses frères qui sont chargés de la direction des autres. » {Reg. fus, c. 26.) Il est clair, en effet, que le directeur, en sa qualité de médecin spirituel, ne neut rétablir ou forlitier la santé de TAme ue son pénitent, s'il n'a une exacte et entière connaissance de son état.
7** On doit se choisir un maitre spirituel qui soity autant que possible, d'une vertu
accomplie. Choisissez -tous un conseiller entre mille^ dit l'Ecriture. (Eccli. vi, 6.) Or saint Bazile énumère en ces termes les qualités du directeur : « H faut, dît*1l, qu'il soit orné de vertus, que toutes les actions de sa vie lui rendent témoignage, qu'il soit animé de l'amour de Dieu, instruit dans les saintes lettres, de vie intègre et d'une sage etfirofonde maturité, rempli d'affection pour ceux qui s'adressent à lui; plein de zèle pour leur instruction spirituelle, inaccessible à la vaine gloire et à l'orgueil ; qu'il ne se laisse point enfler ni abattre par l'adulation; qu'il soit austère, grave et toujours le même: enûn qu'il n'y ait pour lui rien au-dessus de l'honneur de Dieu. »
(Serm. de abdic.) Et de son côté, saint Laurent Justinien trace ainsi le portrait du maître spirituel : « 11 doit être discret, expérimenté, doué de bonnes mœurs, d'une mûre gravité, d'une vie honnête, instruit dans les divines Écritures, sévère pour luimême, compatissant pour le prochain , assidu à l'oraison, doux de cœur, et, s'il est possible, avancé en tout ce qui concerne la vie spirituelle. » {De obed , c. 20. ) EnQn saint François de Sales, réduisant ces diverses qualités h leur plus simple expression, veut que le directeur soit un homme rempli de charité, de science et de prudence ; et il ajoute oue l'absence d'une seule de ces qualités suflit pour mettre tout en péril. ( Vie dév.^ i p., ch. 5.)
Or, ce que nous venons de aire du directeur doit aussi s'appliquer au confesseur, principalement s'il s'agit d!un confesseur nabiluel, qui soit en même temps directeur, puisqu'alors il est à la fois juge, médecin et docteur. Aussi le Catéchisme romain engaget-il fortement les lidèles à se choisir puur ''confesseur un homme recommandable sous le triple rapport de la sainteté, de la prudence et de la doctrine. {De min. pœnit.) ,
8** Il est donc nécessaire que le maître spirituel réunisse la science, la j^iété et l'expérience dans les choses de spiritualité. En eflct, s'il est instruit , il porrra , le plus souvent du moins, faire le discernemenl des esprits ; s'il est pieux, il aura de grands sentiments à l'égard de Dieu, et il ne rejettera pas avec trop d'empressement ce qu'il n'aurait pas éprouvé en lui-même; et en outre il sera humble, petit h ses propres yeux, et partant il consultera volontiers ceux qui sont plus savants que lui. Enfin , s'il est expérimenté suffisamment dans les choses spirituelles, soit que cette expérience vienne de lui personnellement, soit qu'elle vienne des autres âmes, il sera capable d'en jugée" sainement, même dans les cas les plus rares.
9** On comprend facilement que l'humilité aussi doit être une des vertus du maître spirituel. Apprenez de mot, disait le divin Maître, </ac je suis doux et humble de cœur {Matth. II, 29). Et en vérité, il ne suffit pas au directeur d'avoir la science et la doctrine; il lui faut aussi la grâce de Dieu, el il CD a grandcmenl besoin pour la direction
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D'ASCETISME.
Jes âmes ; or, celle grâce. Dieu ne Taccorde qu'aux humbles : Uumilibus auéem dai gra- (iàm. {Jac.<, iv, 6.)
lOr Quant h la conduite du directeur envers les âmes, elle doit être différenle, selon quMl a à diriger des personnes qui commencentj ou d'autres qui ont obtenu déjà quelques progrrf's spirituelSf ou enfin Jes personnes parfaites. Pour ce qui concerne les commençants, on doit mettre tous ses soins à vaincre leurs inclinations encore vives et rebelles au joug de la raison, et ne point oublier qu'ils n'éprouvent encore ni facilité, ni joie dans la pratique des vertus. Quelquefois cependant un directeur trouvera des commençants si fervents dans l'oraison, si avides de mortifications corporelles, et si prompts à obéir et à se vaincre eui-mômes, que tous les vices paraissent morts en eux, et toutes les passions éteintes. Qu'il ne mette point en cela une confiance trop grande, et qu'il se garde d'y attacher trop d'importance, car tout ce qui brille n'est pas or. Tout cet empressement à se jeter dans les bonnes œuvres n'est pas autre chose qu'une belle apparence de vertu, mais ce n est point la vertu encore, puisque tout cela ne vient que d'une grâce sensible, de certaines consolations spirituelles qui excitent vivement au bien. La vertu est la facilité h produire de bonnes œuvres, mais une facilité acquise par un lon§ exercice de ces œuvres, et tellement enracinée dans Tâmo , qu'elle a déjà affaibli et dompté les inclinations contraires, en sorte que ces' inclinations n'ont plus, ou presque plus la force de détourner la volonté du chemin de la justice et de la piété où elle est entrée , en quelque état, ou de consolation ou d'aridité, que cette volonté se trouve. Or , ces heureux résultats ne s'acquièrent que par des combats, des travaux, des épreuves et de nombreuses victoires sur soi-même. Il est donc facile de voir que la véritable vertu ne se trouve pas chez les commençants qui ne se sont pas encore éprouvés à de nombreux et difficiles combats. C'est pourquoi le directeur devra se garder de porter un jugement faux sur ces commençants, et ne point trop se fier à la ferveur de leur début.
iV Ceux qui sont en voie de progrès ont déjà, en grande partie, vaincu leurs mauvaises inclinations, et sont tout entiers «nppliqués à l'exercicedes vertus. Cependant lo directeur en trouvera qui, dans cet état, sont plus violemment agités par les passions qu'ils ne Tétaient au commencement de leur vie spirituelle, à leur début même; et il remarquera en eux une immense difficulté, uie extrême répugnance pour l'exercice d'une vertu quelconque. Mais cela ne doit pas lui paraître étrange, puisque toute cette agitation n'est point le résultat de l'état naturel de ces sortes d'âmes, mais seulement des efforts extérieurs du démon , qui porte envie à leur avancement spirituel ; et Dieu ne le permet que pour une plus grande perfection de ces âmes. Un directeur doit donc savuir qu'il y a des âmes vraiment pijuses
et extrêmement fidèles à Dieu, que le Seigneur met dans un état rempli de douleurs et d'amertumes , qu'on appelle vuraation passive du sentiment^ afin que par là elles se purifient de plus en plus dans la vertu. Dieu donne toute liberté au démon, lui permettant de leur faire souffrir d'horribles tentations de tout genre, dont les autres fidèles sont ordinairement exempts , et en même temps il ôte aux passions leur frein et leur laisse toute leur fureur. Mais Dieu permet toutes ces choses uniquement pour que ces âmes, combattant courageusement au milieu de ces luttes terribles, soient enrichies des grandes vertus, à l'aide desquelles elles puissent s'élever ensuite à une perfection sublime, et souvent à un certain degré de contemplation infuse. Qu'on lise, dans la vie de sainte Madeleine de Pazzi,ce qu'elle a souffert dans la fosse aux lions où Dieul'avait placée (or, c'est précisément le cas de cette purgalion passive dont il est question ici); or, dans cette âme m bien disposée auparavant, qui avait eu tant de sublimes extases, et y avait reçu de Dieu les plus hautes faveurs, dans cette âme on trouvera un tel déchaînement de passions, un si horrible assaut de tentations, que la lecture seule attendrit et fait pitié. Le directeur évitera donc de se former une idée défavorable à l'égard des personnes ^éjà avancées, qui éprouvent les combats de violentes passions; il les estimera autant qu'auparavant; il les croira meilleures même , puisque l'âme retire do ces combats uiîe utilité immense. (Pour ce qui est des parfaits, voir Perfection.)
Aphorismes des directeurs ou maîtres de la vie spirituelle. — 1. La vocation au ministère de père spirituel est un don rare et précieux, qui opère beaucoup dans le secret, et a peu de retentissement et d'éclat au dehors.
2. Le père spirituel doit être le modèle de ceux qu il dirige dans les voies de la piété.
3. Il doit chercher à gagner l'estime et l'afTection de ceux à qui il veut inspirer le désir de la perfection.
k. Qu'il enflamme le cœur de l'amour de Dieu, et il fera de son disciple un homme d'oraison.
5. Qu'il supporte patiemment les imparfaits s'il veut les rendre parfaits.
6. Que le maître ne commande point d'une manière impérieuse, s'il veut que son discifilo soit parfaitement soumis.
7. Que le maître se contente d'obtenir plus ou moins de sainteté, selon les forces cl les dispositions de chacun.
8. Si le disciple est dirigé selon la règle de sa vocation et de son inclination, il arrivera bientôt à quelque degré de perfection.
9. Les pieuses attentions, jointes aux œuvres et aux solides raisons, sont comme un philtre divin qui remplit lo cœur du saint amour.
10. Celui qui se mortifie malgré lui et y étant forcé par un autre, ressemble à l'homme
3ui prend une nourriture que l'estomac no igère point.
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