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11. Punir sans que le cœur monirc de l*<iffecttony est moins un remède qu'une blessure.
12. Si le roattre se montre irrité, il verra son disciple rempli de trouble; mais s*il se montre affectueux» il verra nattreen lai la paix et la tranquillité de Tâme.
13. En ce qui touche la conscience , que le matlre soit prudent; et autant le disciple témoigne de crainte, autant le maître doit montrer d'affection.
H. Si Ton veut être reconnu pour un père véritable, qu'on le montre par ses soins et qu'on imite une mère tendre.
15. Distinguer entre les mouvements de la grflce et de la nature, c'est le propre des houimes d'une haute sainteté et d'une grande pureté de vie.
. 16. Si l'on veut que le disciple fasse en peu de temps de grands progrès, qu'on lui permette d approcher souvent de l'Eucharistie.
17. Mais en donnant cette permission pour la communion, il faut avoir égard aux dispositions du disciple.
18* On doit donner rarement le conseil de la communion quotidienne» et deux communions par semaine suffiront au fidè!e môme le plus pieux.
19. 11 n y a point de règle générale sans exception; et pour ce qui est de hi communion, une sa^e discrétion est au-dessus de là règle.'(Fotr Cohuunion FRÉQUEffTs.)
20. La perfection qui a sa SQurce dans une influence étrangère, aura plus d'apparence que de réalité.
21. On marche hors de la voie avec sa perfection, quand on va troji à labflte;sl en effet on ne se hAte lentement, tout est en péril,
22. Une sainteté soudaine est peu éloignée de la chute, puisque rien de ce qui est permanent n'obtient un accroissement soudain.
23. Celui qui s'occupe de diriger lésâmes dans la voie de la perfection doit traiter avec Dieu de cette affaire par de fréquentes prières.
Arcanes. — 1. Les hautes et saintes fonctions de maître spirituel exigent une profonde sagesse avec beaucoup de science et d'expérience; d'où il suit qu'un ignorant, étant défiourvn de toute science, n'est point
Cropre a un tel ministère. Tel et tel sont ons pour parler de Dieu et des choses spirituelles, pour donner quelques conseils en niatière do spiritualité, pour diriger môme dans les voies ordinaires de la vie ascétique : qu'ils prennent garde cependant d'en sonder trop avant les profonds et mystérieux secrets, s ils ne veulent pas tomber dans l'abîme.
2. Les saints austères sont bons pour prêcher la pénitence et la crainte de l'enfer, ainsi que pour inspirer l'horreur du péché : ce qui est propre à la conversion des pécheurs. Jdais quant à la perfection, comme elle suppose d'avance la vertu et consiste principalement dans l'amour de Dieu et du prochain, ce n'est point la crainte» mais
l'amour qui la fait croître et augmenter. Par conséquent un saint austère sera propre à faire naître les vertus dans les cœurs; mais un saint humble, pacifique, doux et aimable, sera plus propre pour instruire et diriger dans la perfection.
3. Les grands docteurs scolastiques, s'ils ne sont pas spirituels ou s'ils manq^uent de toute expérience dans les choses spirituelle s» no sont point ordinairement propres à exercer le ministère de maîtres spirituels. Car la théologie scolastique n'est que la- perfection de l'intelligence et ne s'adressequ'à l'esprit ; tandis que la théologie mystique est la pei fectionderintelligenceetdela volonté en môme temps, et forme resfirit et le cœur. D'où il arrive qu'un bon théologien scolastique peut n'être qu'un mauvais théologien mystique. Cependant, dans les choses spirituelles qui sont difficiles ou douteuses, il vaut mieux consulter un théologien médiocrement spirituel qu'un spirituel ignorant.
k. Personne n'estime l'oraison mentale tiède, distraite et imparfaite. Mais les maîtres plus éclairés préfèrent singulièrement une heure d'oraison mentale sèche, sans goût et sans lumière, attaquée par diverses tentations qui sont toutefois repoussées, à quatre heures d'oraison tout inondée de larmes; et cela pour deux raisons : premièrement, parce qu'on y trouve le plus solide exercice de la vie spirituelle, qui est \hCharitipé' fui/e; secondement, parce que Ton doit éviter de faire consister la vie spirituelle uniquement dans l'oraison. Car il viendra un temps où TAme ne pourra plus s'y livrer, it surgiront à sa place I aridité, les pensées d'abandon, de mélancolie, de désespoir môme; et c'est alors que, avec la grâce divine, il faut pratiquer l'humilité, la patience et les autres vertus communes.
5. Tout maître de vertu doit tendre \\ la rendre plus parfaite; cependant tout maître d'une vertu ordinaire n'est pas toujours maître de perfection. L'un apprend à Tivrogne à devenir sobre; l'autre apprend à joindre à la tempérance le jeûne, soit obligatoire , soit volontaire. Le maître de vertu apprend It Celui qui est distrait le recueillement et l'attention dans l'oraison; le maître de perfection instruit sur ce qu'il y a de plus sublime dans l'oraison et le recueillement.
6. Les maîtres spirituels sont le plus souvent exposés aux persécutions et aux calomnies des mondains ; Dieu le permet, soit pour qu'ils ne s'enorgueillissent |>as de leurs dons; soit pour leur procurer l'occasion iPappuyor de leur exemple les bons conseils
qu ils donnent aux autres; soit pour ajouter à la pureté de leur innocence Téclat d'un profond esprit de pénitence ; soit enfin pour
{lunir leur imprudence à reprendre quelqueois les défauts des autres, sans au*ils aient aucune autorité pour cela.
7. Que celui qui est doué du don de la direction spirituelle se rappelle qu'il n'est pas un maître, mais un guide. Qu'il ne cherche point de disciples, mais se laisse chercher par eux. Qu'il ne forme point avec tant
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DASCËTISME.
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de zèle des associalion», des assemblées» des réunions nombreuses autour de lui. Qu*il veille à ce que ses disciples remplissent par^ faitement les devoirs particuliers de leur état» bien que les larmes, la dévotion sen* sible, etc.» ne leur soient point données. Si î*oraison manque» qu'une vertueuse occu* pation ne manque pas : car il viendra un temps où ce sera quelque chose de pénible pour le disciple que de vivre sans pouvoir vaquer à ToraisoiK Que Ton évite de parler souvent de ravissements, de visions ou d'autres grâces extraordinaires. Que Tobjet des exhortations soit rbumilité» la patience» le recueillement» ta pauvreté» l'obéissance» la fuite du monde» le renoncement à ses pa*rentset aux mauvaises amitiés particulières. Euûn que le maître spirituel s'cITorce de planter les vertus théolo^iaues et morales dans le cœur de ses disciples» afin que de leurs racines s*élève le bel arbre de la vie spirituelle» où Ton puisse voir s'épanouir les fleurs de la perfection, et mûrir les fruits d'une sainteté solide.
DISCERNEMENT DES ESPRITS. — L'un des principaux devoirs du mattre de la vie spirituelle lorsqu'il dirige soit les commençants, soit les progressditts^ soit fes parfaits, est de discerner les dilTéreuts caractères des esprits, afin que, par cette connaissance» il rende bons ceux qui étaient mauvais, meilleurs ceux qui étaient médiocres; afin qu'il élève encore les parfaits et les renlerme dans les vertus qui sont les fonde* roents de la perfeclioo et sans lesquels toute perfection apparente n'est qu'illusion.
Ici, nous entendons par ce mol e$prii une propension intérieure de l'Ame, ou une impulsion par laquelle on se sent porté vers un but, ou vers un genre d'occupation.
Ainsi on dit de l'homme qui a le goùl de l'oraison, de la pénitence» de la solitude» de la pauvreté, qu il a l'esprit d'oraison» de pénitence, etc. Celui au contraire qui so plaît dans les disputes et lescontensions» passe pour avoir l'esprit de contradiction. De là on appelle un nomme spirituel ou simplement tes spirituels ceux qui ont unepropen« sion ou des goûts décidés pour l'oraison» la modestie, le silence, etc., et qui ne parlent, ne pensent et ne s'occu|>ent avec plaisir que de choses spirituelles.
Il y aune différence entre un homme spirituel et un homme dévot. De ce qu'ur>e personne est dévote elle n'est point par le même spirituelle. Un homme dévot a de l'amour, de la ferveur, de la piété» et une inclination à tout ce qui est bien ; mais il a souveni une intelligence très-médiocre» qui ne jouit pour ainsi dire qu'à moitié de ses facultés.
Comme l'esprit» tel que nous Tentendons ici» consiste dans une certaine mesure de lumières intellectuelles assez élevées» unie à une pieuse et affective inclination vers le bien » de là nous disons que ceux-là sont spirituels qui sont en même temps et remplis de lumières intellectuelles dans Tintetligence, et d'affections dans la volonté. De là encore ceux qui l'emportent par la raison.
la discrétion et la prudence» font plutôt ce qui est plus expédient que ce qui est plus parfait. Un homme qui est seulement pieux et dévot est sujet à entreprendre à contre* temps des bonnes œuvres par imprudence et défaut de lumières. Un homme spirituel» au contraire, peut tirer un grand fruit de certaines œuvres purement naturelles» par considération de la fin qu'il se propose. 11 (^st intérieur, djscret, plein de douceur» ayant horreur du' bruit et des contestations» des applaudissements des hommes, des ver^ tus apparentes ; il parle peu» sachant beaucoup, prie sans ostentation et se mortifie sans artifices; sa dévotion concorde avec la raison» sa charité avec la justice; son intention est pure, sa conscience droite. Le dévot a beaucoup d'affection, peu de lumières, et pour cela il trébuche volontiers. Si sa dévotion s'accroît, il est fervent; il s'attiédit et se relâche quand elle manque. L'homme spirituel, au contraire, reste toujours semblable à lui-même dans la prospérité et l'adversité, dans la sécheresse et les consolations; il a les yeax fixés invariablement sur Dieu et sou devoir.
Comment se divisent les esprits? Il ^y a d'abord les bons et les mauvais esprits : c'est la division la plus générale» c est-àdire ceux qui incitent au Bien et ceux qui entraînent au mal.
Mais il j a des subdivisions nombreuses.
Saint Bernard, en méditant les saintes Ecritures» a trouvé six sortes d'esprits. Il f a Tespril» i"* divin, 2^ antfélique» 3*diaboli* que, «* humain» 5** de la chair, 6^ du monde.
Mais comme l'esprit angéliaue est gouverné par Dieu, et l'esprit de la chair et du monde par le démon, voilà cinc} classes qui sont réduites à deux: c'est-à-dire Tesprit de Dieu et l'esprit du démon , et en y ajoutant l'esprit humain, il en reste trois : le divin^ Vhwnain et le diabolique
Rossignol a suivi cette division
Godinez admet quatre sortes d esprits : le premier est l'esprit divin et bon qui nous sollicite, par la grflce, à bien vivre, a fuir le péché, à Iréquenter les sacrements, à assurer par des moyens convenables notre perfection et notre salut. Le second est l'esprit diai)olique ou mauvais, qui vous pousse à tous les péchés mortels auxquels peuvent donner occasion les différents états particuliers, ou bien en faisant régner dans le fond du cœur des intentions perverses. Il affecte de montrer au dehors les signes du mérite et de la bonté, et couvre ainsi ses vices du manteau de l'hypocrisie. Le troisième est Tesprit mondain, lequel, s'il se montre à découvert, est profane» vain, adonné aux délices et à la paresse; s*il est caché» il al* fecte de rhumiiité» il se méprise pour fournir aux autres une occasion de le louer ; il se conduit par respect humain et s'inquiète beaucoup de ce que les hommes dksent ou pensent de lui ; il est tiède et làcbe dans la pratique des vertus intérieures; il est ardent et attentif dans la pratique des vertus apparentes, afin d'attirer l'attention par sa vaine
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DICTIONiNAIRE
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humilité. Lo quatrième est un esprit d*amour-propre, qui se préoccupe beaucoup des commodités de la chair. Il a une certaine prudence pour accommoder les actions vertueuses selon les exigences de la sensualité etde ladélicatessede la chair. Dans l'oraison, il penche vers la méthode la plus facile et la plus douce; dans Tobéissance, vers les pratiques les moins laborieuses; dans la pénitence, vers les moins pénibles. Ce genre d*esprit joue, chez les commençants, le rôle de médecin qui veut prévenir la maladie ou les excès; chez les progressants, le rôle de la discrétion, qui prévient les inconvénients; chez les pariaits, le rôle de la prudence, qui, veut trop prévoir et orévenir les moindres inconvénients.
Mais ce médecin, celte discrétion, celte prudence ne sont autre chose que i'amourpropre qui se cache sous ces divins noms.
Comme Tesprit peut être envisagé comme une inclination intérieure de TAme, on peut le considérer, soit dans Pacte premier, en tant que TAme est attirée par des habitudes naturelles ou surnaturelles, ou d'autres dispositions permanentes; ou dans facto second, en tant qu'il est mu h Taction par des sollicitations iudélibérées. Or ces mouvements, quand ils nous portent au bien, s*appellent,tn^ptra/ioni;et instigations f quand ils nous portent au mal.
Ces inspirations ou ces instigations remplissent toute la vie spirituelle, soit active, soit contemplative ; surtout elles abondent dans le saint exercice de Toraison. Les inspirations sont comme le fond de Toraison , et c'est par elle que Dieu nous y parle ou bien nous répond quand nous lui parlons. Ces inspirations peuvent être telles dans un sens vague, et alors elles sont simplement des inspirations, ou bien des inspirations formelles, et alors on les appelle révélations. Nous traiterons d'abord des inspirations dans le sens le plus étendu et le plus vague.
. Précisons maintenant le sens do cette expression : Discernement des esprits.
Le discernement des esprits est un jugement par lequel un homme discerne, parmi plusieurs tendances de l'Ame dont les impulsions sont obscures, de quel esprit elles proviennent, du bon ou du mauvais.
Il y a deux voies pour arriver au discernement des esprits : il y a ta prudence humaine, et la grAce gratis data^ ou infuse par Dieu lui-môme. De là deux discernements des esprits: l'un acquis, comme quelquesuns rappellent, ou doctrinal , qui est un art ou une méthode qui s'acquiert par le travail et l'industrie humaine, en suivant les règles assignées par les théologiens, les ascètes et les mystiques; cet art discerne les esprits et les mouvements de l'Ame bons et mauvais, soit en nous, soit hors de nous. L'autre, infus ou de ^vàCQ^ gratis datœ^ que l'Apôtre désigne dans sa lettre aux Cor. i, et que le cardinal Bona décrit ainsi : C'est un mouvement particulier du Saint-Esprit, ou une illumination de l'esprit, pour discer-
ner, parmi les différentes impulsions do TAme, de quel esprit elles proviennent, du bon ou du mauvais, qu'elles regardent la doctrine ou les mœurs, que quelqu'un soit excité intérieurement et invisiblement , ou qu'il le soit extérieurement par les hommes, ou par les anges parlant sensiblement, ou apparaissant dans certaines circonstances.
Voilà la grAce du discernement des esprits, que saint Paul met en septième lieu parmi les grAces gratuites que le Saint-Esprit donne comme il lui plaît, et k qui il lui plaît, pour discerner les esprits non-seulement en soi, mais dans les autres, pour la commune utilité de l'Ëglise. Cette grAce, comme toutes les autres grAces gratuites, n'a existé comme habitude et de droit qu'en la seule personne de Jésus-Christ; mais elle est communiqui'o aux autres par un mouvement transitoire de la grAce, quand et comme elle le veut. Cette grAce est infaillible, mais non acquise; de plus, elle est accordée non pour la propre sanctiflcation , au moins directement, mais pour la sanctification des autres ; d'od il suit qu'on peut quelquefois la rencontrer chez les méchants. Cependant, comme elle a besoin d'ôtre accompagnée d'une infusion de lumière naturelle, qu'elle requiert cette tranquillité et cette paix intérieure, qu'on trouve rarement dans un cœur troublé des affections du monde, de là vient qu'on ne trouve généralement cette grAce que dans les justes. C'est le sentiment longuement exposé du cardinal Bona.
Il est difficile cependant de discerner les esprits par la voie ordinaire, c'est-à-dire par la prudence humaine. Gerson a exposé cette difficulté (Alphabet 17) : « Il y a un esprit de Dieu, dit-il, un esprit de I ange ; un esprit de l'homme, soit raisonnable, soit animal. La même inspiration peut procéder quelquefois de chacun de ces esprits, quoique d'une manière diverse. Mais il y a dans cette diversité une certaine similitude qui empêche de la saisir, lorsqu'on a peu expérimenté ces choses, lorsqu'on ne les connaît ni par la perspicacité du génie, ni pnr l'érudition des théologiens et des savanis, ou par une tradition bien éclairée. Il n'est pas étonnant que nous trouvions peu de personnes qui sachent parfaitement discerner les pensées et les affections de l'Ame raisonnable, en tant que raisonnable, des autres qui sont animales ou fantastiques. Où trouverez-vous, je vous prie, des hommes craignant Dieu et fuyant le péché, qui discernentclairement, pendant l'orage des passions, si l'objet sensible du péché est seulement dans le sens ou dans le consentement de la raison ? tant il est difficile de discerner lo sentiment du consentement. Combien plus grande devient la difficulté d'éprouver les quatre sortes d'esprit que nous avons distinguées; et puis une mauvaise inspiration peut prendre une forme qui la fasse ressembler à une bonne. Le sens de l'esprit humain a deux parties : l'une supérieure, l'autre inférieure. Nous trouvons dans l'Ecriture sainte uiM) uarole qui fait sentir cette séparation
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DASCETISME.
el qui pcnôlre jusqu'à la division de Tame el de 1 esprit, c'est lorsque Marie s'écrie : Mon âme glorifie le Seigneur^ etqu'elle ajoute : El mon esprit s'est réjoui en Dieu mon Sau-
C'est une obligation pour le Maître de la \ie spiritu^le de discerner les bonâ esprits, lie les approuver comme venant de Dieu. Les saintes Lettres nous l'enseignent ainsi dans Jérémie, x? 19: Si vous séparez ce qui est précieux de ce qui est rt7, vous serez comme la bouche de Dieu; et chap. vi, 17 : Je vous ai établi sur le peuple pour Véprouver^ afin de sonder leurs voies et de les connaître. Aux Thessalon., xix: N'éteignez pas les esprits^.., éprouvez tout et retenez ce qui est bon. Joan. IV, i : Eprouvez les esprits et voyez s'ils sont de Dieu. Les saints Pères établissent la même chose. Saint Chrjsostome a dit dans une homélie: D'épaisses ténèbres sont répandues comme un nuage sur toute la terre. Or, au milieu de celte nuit, qui n'a pas mémo un jour lunaire, Dieu a-allumé, par la grâce du Saint- Esprit, une lampe qui brille dans nos cœurs. C'est pourquoi saint Paul a dit : N'éteignez pas les esprits^ c'est-à-dire le don du Saint- Esprit. £t si l'esprit est éteint, vous savez ce qui nous reste à nous qui marchons dans celte voie ténébreuse. S'il est si difficile d'y marcher terre à terre, combien sera-t-il plus pénible de tenir le chemin qui conduit de cette terre au ciel, si nous ne sommes éclairés par quelques secours? Saint Jean Climaque (gr. 26), place un des modes du discernement spirituel dans le sens intellectuel discernant le vrai bien du bien naturel, et par conséquent le discernant de l'erreur. Il ajoute oue le démon s'efforce, avant tout, de nous laire négliger et méconnaître ce qui est bien. Voici comment s'exprime saint Bernard : « Quand l'esprit nous arrive-t-il ? Quand s'en va-t-il ? Voilà ce que nous ne pouvons ignorer sans péril. Cfar, lorsque vous n'observez pas les différentes opérations de l'Esprit saint, il vous arrivera ou que vous ne le désirerez pas absent, ou que vous ne le glorifierez pas présent. Car, s'il se relire pour être plus avidement recherché, comment soupirerez-vous après lui, si vous ne remarquez pas seulement son absence ? De même, s'il daigne revenir en vous pour vous consoler, comment le recevrez-vous selon sa majesté, si sa divine présence vous reste inaperçue? Donc l'âme, qui méconnaît l'absence, est ouverte à la séduction : et celle qui ne remarque pas le retour est ingrate pour la céleste visite. »
Le môme point se prouve par la raison, et c'est saint Thomas qui en fait les frais. (1-2, q. 68.) il nous enseigne que les Jons du Saint-Esprit, Iqui sont en nous par l'inspiration divine, sont nécessaires au salut, parce que la raison, en suivant le mouvement des vertus seulement, en tantqu'elles ne sont encore qu'imparfaitement formées en nous, n'a pas tout ce qui est nécessaire au SF.1ut, si l'impulsion du Saint-Esprit no s'y ajoute point. Cela est[évidont par la parole de saint Paul : Tous ceux quis^ laissent conduire
par r esprit de Dieu sont ses enfants. D'où on conclut de quelle importance il est de se laisser conduire parles inspirations divines, ce qui ne peut être, si on ne peut les connaître et les discerner comme telles.
Comment s'opèrent les inspirations? C'est Dieu lui-même, en tant que cause première
principaleetsurnaturelle, qui parleavec l'âme dans ses inspirations; c'est le sentiment de saint Denis et de saint Thomas.
11 y a plus, lorsqu'un ange nous inspire quelque chose à faire ou à éviter, il nous 1 inspire au nom do Dieu, qui daigne nous parler par le moyen des anges qui voient sa Jace et qui trouvent dans son Verbe les parolesqu'ils ont à nous dire Ce rôle leur appartient comme élant familiers et avec Dieu et avec nous, ce qui est vrai particulièrement des anges gardiens. Voici ce que dit à ce propos saintThomas : « Dieu illumine par lui-même les âmes pieuses, afin qu'elles comprennent les choses qui apparaissent et qu'on appelle divines. Mais si le ministère d'un ange e^t appliqué à ce but, l'ange pourra opérer quelque chose dans Tesprit de l'homme, afin qu'il saisisse la lumière de Dieu, ce qui arrive en effet. Si on comprend alors que l'ange donne Tintelligence à Ihomme et qu'il l'éclaire, on ne peut l'entendre que dans le sens où Ton dit qu'un ouvrier éclaire une maison et la remplit de lumière, lorsqu'il ne fait que percer des fenêtres par où passe la lumière; en réalité il éloigne simplement les obstacles oui empêchaient jusqu alors la lumière de pénétrer, t» Il n'est pas toujours facile de distinguer si Dieu inspire une âme par lui-même ou par un ange, baint Bernard dit à ce sujet : « Distinguer qui nous parle n'est pas chose facile, l'ignorer est périlleux, surtout lorsqu'il est constant qu*un ange ne parle jamais par lui-même; car c'est Dieu qui parle par sa nouche. »
Au surplus. Dieu trouve en nous, soit du côté de la nature, soit du côté de la grâce, de quoi nous inspirer ce que nous devons faire ou éviter dans la nature, par le dictamen de la bonne conscience appuyé sur la syndérèse. Saint Thomas l'enseigne ainsi : a Plusieurs disent : qui nous fera voir les biens ? La lumière de.voire visage est gravée sur nous. Seigneur, de là la conscience est appelée (lès l'origine un esprit correcteur, un pédagogue associé à l'âme, qui sépare le bien du mal. Toutefois, comme la lumière naturelle ne franchit pas la sfihère naturelle, et dans l'ordre de la béatitude naturelle, il a plii au Seigneur d'élever cette lumière par des moyens surnaturels, jusqu'au point où elle est utile dans l'ordre de la béatitude surnatuic le.Dieu semblejeter des semences de révélations supérieures, particulièrement la foi vive, selon cette parole (Act. xv) : Purifiant leurs cœurs par la foi et la charité; selon celte autre parole (II Cor. v, 14) : La charité de Jésus-Christ nous presse, i»