‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 82 sur 186 · CI · texte numérisé non relu

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DiCTIONNAïaE

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esprits bons et quelles sont (es inspirations; si elles viennent rraiment de Dieu.

Il fautqa*ensuifant ces règles TAme puisse distinguer doctrinalen^ent en elle-même, et ]e directeur dans les autres, ce qui vient de pieu, afin de l'approuver et de le retenir. Ces règles sont appuyées sur la doctrine du cardinal Bona (Dtêcemem. de$ esp. c. 6.), de Louis Du Pont (Corn, «p., tr. 1, c. 21), d'Alvarez (De la vie «p., t. 111), de Godinez ITheoLmysl.^ liv. ix), de saint Ignace (Exercit.f ^' sem.).

Première règle. — Les bonnes inspiration^ se connaissent par leurs fruits.

Cette règle est la plus universelle et fondamentale. £lle est fondée sur la parole de Noire-Seigneur {Math. xii). Vous les connaiirez par leurs œuvres. Saint Paul reproduit la pensée de Jésus-Christ, en disant {Galat. y, 22) : Le fruit de V esprit est la chatitéf et la jote, etc.

De môme que nous connaissons un bon arbre par ses, fruits , ainsi nous distinguons avec certitude une bonne inspiration» une inspiration divine , si elle fait produire de bonnes œuvres. Sur quoi il faut observer que quand on parle des bonnes œuvres qui sont une indication des inspirations , nous entendons parler, non de telles ou telles actions en particulier, mais des bonnes œuvres prises en général, considérées en somme. Car, pour toile œuvre particulière, il peut y avoir illusion, maisTiliusion ne peut alTecter un ensemble de conduite, un temps prolongé.

Saint Bernard conGrme cette règle en di^ sant : « Ce sont les actions et non les paroles qui séparent les enfants de Dieu des enfants de la malice. Je veux que vous vous appliquiez ces paroles de Jésus- Christ , et que vous en montriez en vous l'application : Les œuvres que mon père m'a données à faire rendent témoignage de moi. (Joan. v, 36.) >» Ainsi» en réalité» l'esprit de Jésus-Christ rend témoignage à notre propre esprit que nous sommes les enfants de Dieu , lorsque, par sa vertu, des œuvres de mort il nous élève aui œuvres de vie.

Gerson dit de son côté : Il faut que nous sachions prendre des signes dans les œuvrer. D'où il faut conclure : 1"* qu*il a un bon esprit, le chrétien Ûdèle qui observe la lot de Dieu et les obligations de son état ; 9r le Chrétien fervent qui vaque pieusement è l'orâison, à la fréquentation des églises, à l'audition de la parole de Dieu dans les sermons, qui fréquente les sacrements; 3* c'est un bon esprit, celui qui aime à eiercer la charité, à donner l'auraône, k faire les œuvres de miséricorde corporelle et sf)irituelle, en enseignant, en préchant, eu confessant ; h*' c'est un bon esprit, celui gui est austère, aimant te silence et la pénitence, quoiqu'il soit encore légèrement souillé par le venin de la propre volonté, si d'ailleurs il s'adonne avec humilité à l'oraison mentale : manu qu'il prenne garde à lui, car il est exposé au péril de la vaine gloire ; 5* c*est un bon esprit que celui qui pousse à

la solitude, & a rocollectlon, aux habits pauvres, h une habitation chétive, mais con* venable, à une nourriture grossière, mais suffisante; 6** c'est un bon esprit que c»lui

a ni aime de longues et de douces méditaons, quoiquMI ne se livre qu*avec réserve h la pénitence et à la mortificatioh, si cela se remarque dans les commençants et dans les privilégiés : en d*autres, il laut le tenir pour suspect. Il serait préférable de remarquer le contraire, c'est-à-dire que la |mortiGcation l'emportât sur l'oraison.

Seconde règle^ tirée des bonnes cnwres tntérieures.— On doit regarder comme certain que l'on est mu par un t)on esprit^ lorsque non-seulement on produit de bonnes osuvres extérieures, mais encore qu'à ces bonnes œuvres s'ajoutent les bonnes œuvres intérieures, c'est-à-dire un grand goût intérieur; ainsi l'on ne peut méconnaître l'inspiration divine lorsque^ par exemple, an pécheur, en même temps qu'il pratique une pénitence extraordinaire, change en même temps de vie et de sentiment, lorsqu'un tiède devient fervent et ardent , lorsqu'on commençant ou on progressant et mftme on parfait font des proccrès rapides dans la pratique des vertus.

Saint Bernard, dans son vingt-troisième sermon, donne cette règle. « Ne doutez pas, dit-il, que vous avez 1 esprit de Dieu, qui TOUS parle par lui-même ou par votre ange, lorsqu'en châtiant votre corps, en humiliant votre cœur, en conservant la charité parmi les frères, et dans la pratique des autres vertus, vous ne sentez dans votre âme que des mouvements pfeux et des pensées salutaires. »

Saint Ignace nous dit : « Croyez que vous avez en vous une consolation spirituelle, lorsque, par un mouvement intérieur, vous sentez augmenter sensiblement votre amour pour le Créateur, et que vous sentez également que vous n'aimez plus les créatures que pour Dieu ;1orsque vous répandez des larmes qui provoquent cet amour, qu'elles soient excitées, ou par le regret du péché, ou par la méditation de la Passion, ou bien qu'elles proviennent d'une autre muse qui se rapporte à l'honneur de Dieu. » On peut encore regarder comme une faveur du ciel tout ce gui augmente la foi, l'espérance et la charité : de même toute joie qui élève rflme à la méditation des choses célestes, au zèle pour son salut, à la tranquillité et à la paix dans le Seigneur. Gerson l'enseigne en s'appu^ant de l'autorité de saint Grégoire et de saint Augustin

Cependant , comme ces choses se passent dans l'intérieur de TAmc, elles ne sont connues que médiatcment par le directeur, qui n*eii peut faire usage pour les autres qu en éprouvant la sincérité et la véracité de celui qui lui allègue ces impressions.

Voici les conséquences qui suivent des

E oints précédemment établis. 1* Lorsque les onnes œuvres extérieures sont accompagnées de louables sentiments intérieurs ou

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(tes bonnes œuvres inlérieures, aui sont YérilableittQDt le principe et rème des extérieures, alors elles procèdent évidemment d*an esprit bon. 3**L esprit bon est un esprit de componction et de contrition , car un cœur contrit et humilié est même dans un pécheur le commencement de toute perfection. 3* Un esprit fervent, humble et zélé nour la charité du prochain, quoique sa rerveur excède quelquefois les justes bornes de la prudence, est bon au moins dans sa substance. 4* Un esprit qui se recueille volontiers, qui trouTe du charme et des consolations dans la présence de Dieu, gui s*accuse TOlontiers, s'abaisse et se méprise, [qui se considère d'ailleurs devant Dieu comme infirme, misérable, inconstant et ingrat, celui-là est un esprit bon, sûr et capable des plus grandes faveurs. 5* Un esprit contemplatif, jetant par intervalle ses regards sur ses péchés, méditant quelquefois sur la mort et sur Tenfer, faisant son occupation . ordinaire de la méditation sur la passion et la mort de Notre - Seigneur, satisfaisant aui obligations de son état, est aussi un esprit bon et sûr, puisque Jésus-Christ est la voie et la vie. Nulle personne d*une vie sainte, d'une gracde oraison, ne peut entrer que par cette porte et elle y trouve la vérité dans l'humilité. Allons donc tous à Jésus-Christ, et nous y trouverons tous les trésors des biens spirituels.

Troisième ri§U : Vhumiliti du ccsur, -« Un des signes (es plus assurés de l'esprit de Dâcuest celui qui s*imprime dans l'humilité du cœur. Les preuves en sont ds^ns l'Ëcriture sainte (Isa. lui, 15) : Voici ee que dit le erand et le sublime qui habite Vétemité^ dont le nom est saint dans le ctf/, ^t habite la sainteté, qui est avec l'esprit contrit et humilié^ afin qu'il vivifie un cœur humilié et quil vivifie un cœur contrit. Et c. lut, 2 : Sur qui jetterai'je mes regards^ si ce n'est sur celui qui est pauvre^ contrit de eistir, et craignant ma parole? ^Ps. cxxxvii : Le Seigneur est grand, son regard tombe sur les choies humbles. — Luc. i: il a regardé rhumUité de sa «ervan^f.Saint Bernard s'exprime ainsi dans son 69' serm. in Cant. Cant. : « Si je vois mes sens s'ouvrira l'intelligence des saintes Ecritures et dés discours de la sagesse, tout mon être s'enflammer pour ainsi dire, et pénétrer les mystères avec une nouvelle lumière, et ui'ouvrir en quelque sorte un coin du ciel, en faisant tomber sur mon Ame Tabondanle rosée des douces méditations, alors je ne doute point que l'époux est présent. Car voilà les richesses du Verbe, et nous recevons de sa plénitude. Si en même temps je sens le charme d'une humble dévotion, qui engendre la haine de la vanité par la découverte ae la vérité, de peur que la sciencene vienne m'enfler, et que les visites fréquentes et intimes ne me poussent à l'orgueil, alors je comprends que l'on tient envers moi une conduite paternelle; je ne doute plus que mon père ne soit près de moi. > JSt Gerson avoue aue ce seul signe suffit pont reconnaître les esprits bons.

DiCTIONN. d'AsCÉTISIIE. 1.

« Tous les avertissements intérieurs, tûus les mouvements véhéments... toute notre opération intérieure ou extérieure^ si elle est précédée de rhumililé, si l'humililé raccompagne et la suit, si rien ne s'y ajoute oui lui nuise, croyez-moi, c'est une marque évidente que ces choses viennent de Dieu ou de son ange, et vous ne vous trompez pas. »

En effet l'esprit malin, qui est tout d'or» gueil, ne peut enseiguer l'humilité.

Concluez de là : l** qu'un esprit qui, à mesure au'il est favorisé des consolations célestes, aes larmes, des visions, des extases, devient par là même plus humble, timide et reconnaissant, et qui en même temps parait plus petit et plus vil à ses propres yeux, s'en rapportant en tout à son père spirituel , écarte la volonté propre et la confiance en soi, celui-là est nn esprit bon» saint et sûr; ^ qu'un esprit dont les divines faveurs tombent sur le fondement solide des vertus morales de l'obéissance, de la chasteté, de la pauvreté, de l'humilité et de la patience, surtout si ces vertus s'accrois* sent et se perfectionnent avec la réception même de ces faveurs, est aussi un esprit bon, solide et sûr. S'il craint les louanges humaines comme engendrant la vanité : ou bien s'il peut écouter les louanges sans dan*

f;er , sans affaiblissement pour son humi* ilé, c'est une marque de la solidité de ses vertus. S"" Les esprits extraordinaires qui font même des miracles, s'ils fuient Tapplaudissement humain, se cachent eux et leurs faveurs, ont horreur des louanges, support» tent le mépris avec sérénité, fuient les dë>^ lices et les commodités, l'impatience et la singularité, sont do bons esprits; si ceperî* daut après coup ils donnaient dans quelques singularités, s ils retieniient de la volonté propre, s*it s n'ont pas horreur dc^s louanges» qu'ils fuient et se cachent, autrement ils sa perdraient; concluez^* qu*un esprit pauvre, et humble, qui prend les honneurs pour un déshonneur , I applaudissement populaire pour le démon, qui cache comme il peut les faveurs diviaes, qui se plait dans les ré* (iuits obscurs loin de la place publique, est un esprit qui vient de Dieu, se perfectionne par le don de la contemplation, ei s*humilie de ses faveurs elles-mêmes : si cependant iliouit du don des miracles, qu'il prenne garue de ne plus jouir de lui-même. Un tel esfirit

f)eut bien être assez fort, pour porter les ouanges qu'il n'a point recherchées, mais s'il les recherclmit, elles deviennent peut être des coups mortels; S*" que no point désirer les choses extraordinaires, soit dans les vertus, soit dans les révélations, mais plutôt les fuir, autant qu'il se peut, et ne songer

3u'à s'avancer dans la perfection chrétienne; e plus se juger indigne des faveurs reçues, tout reporter à Dieu, craindre un grand compte à rendre dans les révélations ex* traordinaires, ne se préférer à personne, el no révéler les faveurs que par la vertu d'obéissance ; c'est avoir un bon esprit. Quatrième règle : Aimer la souffrance et ($

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mépris. -^Désirer de tout sou ]^œur souifrir ttl être liumilié, se réjouir au milieu des f^ouiTrances et des afTronts, est un signe évident d'une profonde humilité et de la présence de Tes^prit de Dieu. Ceci est souvent exprimé dans TEcriture sainte IMatth. iv) : Heureux ceux qui souffrent persécution pour ta justice: — Act, y : Les apôtres sortaient joyeux de rassemblée^ parce qu'ils furent jugés dignes de souffrir quelaue chose d'humiliant pour le nom de Jésus-Christ. — / Petr. iv : Si vous eus injurié pour le nom de Jésus-Christ y vous êtes heureux^ car son esprit repose en vous. — Galat. vi : A Dieu ne plaise que je me glorifie enautres chosesqu'enla croix de Jésus- Christ. Saint Jean Chrysostome dit dans riiomélio sur le don de souffrir pour Jésus: « G*est un don g'^atuit, et plus digne d*adlûlration que de ressusciter les. morts et d*ppérer de grands prodiges^ car ici je suis débiteur et là j*ai Jésus-Christ pour débiteur. Il ne faut donc pas alors avoir de honte» lâaisse réjouir comme d*un don gratuit, p ¥a saint Bernard dit dans son sermon 25 in Cant. : « L*épouse met ingénieusement sa gloire dans ce qui doit Thumilier aux yeux de ses rivales; elle ne dit pas seulement qu'elle est belle, mais qu'elle est noire. Elle ne rougit pas de cette désagréable couleur qu'elle reconnaît avoir existé dans son époux. Elle ne conçoit rien de plus glorieux pour elle que do porter Topprobre du Christ. »

Tirez de là d*importantes cojséquences : l^'quec^est un bon esprit, celui qui se réjouit de passer pour imparfait, hypocrite, ou imposteur, pourvu qu'il ne lournisse h cela aucune occasion coupable ; 2"" qu*il est bon encore, res[)rit qui se réjouit de ce que son confesseur a do lui une petite idée, mais 6ans sa faute, et qui le croit dans Tillusion; 3** c'est un bon esprit, selon saint Ignace, de répugner non en partie, mais en tout, à ce que le mondt) aime et poursuit, et de désirer et d'embrasser tout ce que Jésus-Christ notre Seigneur a désiré et embrassé... de telle sorte que si cela se pouvait sans offenser la divine Majesté et sans préjudice pour lo prochain, les personnes qui ont cet esprit voudraient souffrir les injures, les faux témoignages, les accusations, et enfin passer pour folles, pourvu qu*il n'y eut pas de leur faute, H quand même il n'en reviendrait pas |;)ius de

f;loire h Dieu, mais. pour leseul molifde suivre ésus-Christdc plus près. Elles préfèrent être civeclui pauvres, mé{)risées, endurant toutes satio de privations, et passtr encore pour ifisensées, que d'être dans les honneurs et jouinie l.'i répiiUUion do sages.

Cinquième règle : Résignation à la volonté de Dieu et de son directeur, — La règle capitale pour le discernement de» esprits est la résignaiioti de son pro()re jugemt^nt, do sa pro[)re volonté surtout, h la volonté et au lugemeiit de ceux qui tiennent la place de Dieu dans la conduitede l'Âme. Cette double soumission est clairement indiquée dans TEcrilure. D'abonl dans 75aic, lx: Le Seigneur Dieu m'a ouvert Ventendcment^ et je ne

le contredis point : je ne suis pas retourné en arrière. —Ad. ix : Seigneur ^ que voulez-vous que je fasse? — Luc. \ : Celui qui vous écouit mWcoute. Quoi de plus clair que ces paroles adressées à Paul ( Act. ix } : Levex-vouSf en^ trez dans la ville , et là vous. apprendrez par Ananie ce que vous avez à faire.

De là saint Bernard s éerie: » Heureux celui qui dit : Et moi je ne eonêredis pomê^ Voilà la formule de la vraie obéissance. »

Les Pères de l'Eglise d'Eg:ypte, vouhai»! éprouver l'esprit de safnt Siméoo Stylite, ordonnèrent qu'il descendit sur-le-champ de la colonne, sur laquelle il menait une vie si austère. Aussitôt il se mit ea devoir de descendre et d'obéir aux Pères; ce que vo;^ant, ils s'empressèrent d>pprouver I es- [mi qui ranimait, et lui permirent de<^oûtinuerson genre de vie,jugeant par son obéissance qu'il vivait en Dieu.

D*où nous concluons qu'il est mû par an bon esprit: 1* celui quiv dans toutes Jes fortunes bonnes ou mauvaifes, se. soumet à ia volonté de Dieu, comme un enfant à son père, qui ne fait pas attention à l'élégance des vêtements, à la commodité de sa demeure, aux attentions ou à l'indifférence dès personnes qui sont avec lui; 2* celui qui, même dans. la poursuite delà perfection et dans l'acquisition des vertus, se conforme à l'impulsion des inspirations de la grâce du Saint-Esprit, et ne va ni plus vite ni plus lentement qu'elle fui commande»

car chacun doit- marcher selon la mesure de grâce dont il est favorisé, et non selon la mesure des autres; 3* celui qui en tout point se conforme à la volonté de son guide spirituel, se confie en lui avec abandon, se* Ion tous Ses avis et conseils, et cela avec tidélité et humilité.

Sixième règle : Il ne faut pas approuver facilement les inspirations extraordinaires. — Il y a des insj)iralions au dessus et même contre les lois orii laires de la Providence : en suivant les règles ci-dessus posées, ou

Peut l('S approuver, coiuine on Ta vu dans exemple de saint Siméon Styliie. Mais communément parlant, il n'est pas aisé d'appliquer ici à coup sûr les règles du discernement.

Saint Augustin nous ra|>pelle qu'il est prudent de nous en tenir aux choses ordonnées par les règles qui sont selon l'ordre établi, et saint Bernard, qiril faut user d'une grande modération et discréiion, là où l'on ressent une ardeur extraordinaire.

En effet, un esprit discret et tempéré ne nous pousse qu'à ues choses ordinaire^!» accommodées sans miracles aux forces de chacun, et ces \o\iis sont plus sûres que les voies extraordinaires et inusitées, dans lesquelles il y a plus (io péril, et où Tesprit malin se plaît à livrer ses assauts, parce qu'il y obtient du succès.

Il faut que le directeur delà vie spirituelle prenne garde d'approuver trop làcilemeni des inspirations Irès-véhémenles, de les ac^ ccpter trop vile comme divines, à moins qu'elles ne s'a<laplent as.*îez bien aux forces

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du corps» à Tétat et à la condition, h Tédification publique» aui habitudes entin de la personne; ce qui est surtout vrai pour la pratique etlérieure des vertus. Dieu inspire à tous deprogresser de plus en plus dans les vertus intérieures d*hua)ilité, de patience» d'obéissance» d'amour de Dieu et du prochain» Mais dans la pratique e&térieure de CCS vertus, quoiqu'il convienne h tous de les luetlre en œuvre» cbocun selon ses forces» cependant il convient de le faire avec mesure ; car si souvent Dieu nous excite à des entre-* prises qui sont Teipression d'une haute vertu, comme l'entrée' en religion, le martyre,les missions étrangères ; il se plaît ausisi souvent h mettre des obstacles à ces élans dans l'eiécutioD; il se contente de notre désir; et alors il faut, pour que l'esprit soit» qu'il se soumette à ce qui parait moins parfait» parce qu'une autorité légitime nous arrête.

Il n'est pas moins nécessaire dediscerher les mauvais esprits que les bons, car autant il importe do suivre les inspirations, autant ri est dangereux de suivre les suggestions. Malheur, s'écrie Isa«e (vj, à vous qui appelez le mal un 6ten, et le bien un mal ; et les Proverbeê (xvii) : Celui qui justifie l'impie et 9.141 condamne le juste est abominable devant Dieu: et saint Paui: Je crains qu'ainsi qu'Eve fut séduite par le serpent et son astuce, ainsi vos sens ne se corrompent et ne perdent leur simplicité, qui est dans le Christ..,, Satan se transforme en ange de lumière. — / Tim, iv» 1 : L esprit annonce manifestement que dans les derniers temps quelques-uns s'éloigneront de la foi, écoutant t esprit d erreur et la doc* trine des démons, parlant avec mensonge la langue de l'hypocrisie. Il faut donc éviter d^appeler le mal un bien» c'est-à-dire de justiQer l'impie» de laisser corrompre ses sens par l'astuce du démon, de prendre Satan pour un ange de lumière. Il faut se garder de l'esprit d'erreur et de mensonge» et pour cet'etfet, il est nécessaire de s'exercer au discernement des mauvais esprits.

Les saints Pères enseignent cette doctrine. Saint Chrysoslome, reprenant ses auditeurs de la paresse à repousser les insinuations de l'esprit malin, dit : « Ayez soin de vous environner de toutes paris d'armes spirituelles» de découvrir ses pièges et ses artifices» de peur que» taudis que vous lui échap? pez» |VOus ne l'appeliez vous-même en discutant ses perfides propositions. »

« Gardons-nous» dit saint Jérôme, de prendre la vérité pour le mensonge et les ténèbres pour la lumière. » Saint Cyrille de Jérusalem nous avertit « que nous avons besoin delà grâce divine, d'un esprit prudent, d'un œil exercé pour ne pas confondre la zizanie avec le froment, le loup avec l'agneau, le démon avec le bon ange ; » etsaint Grégoire dira que « ce iéviathan tente d'une manière les âmes religieuses et bonnes, et d'une autre les mondaines ; car il offre ouvertement à celles-ci les objets qui charment leurs goûts, mais aux âmes pieuses il ne pré- Mute le mal que déguisé et avec les cou-

leurs de la sainteté. » Saint Laurent Justiiiiendit : « 11 importe beaucoup que l'amené soit pas ignorante des célestes inspirations; il faut qu'elle use d'une grande vigilance eii ce point; autrement elle accueillerait bien des propositions du séducteur et résiste-^ rait à l'arrivée de l'époux. ■

La raison nous dit la même chose. Le démon, là chair et le monde font une ligue de tentation pour nous entraîner dans la perdition; il faut donc être vigilant et tout œil pour ne pas se méprendre dans leur$ suggestions, et ne pas tomber dans le mal par surprise ou par efitrainement. Le discernement des mauvais esprits est donc absolument nécessaire.

C'est pourquoi on a sagement établi des règles d'aprùs lesquelles on connaît les suggestions <ies mauvais esprits pour les éviter.

Première règle: S'il suggère quelque chose contre la foi et les mœurs. — Si un esprit vous p^iusse h entreprendre quelque chose contre la foi et les bonnes mœurs, c'est une marque infaillible qu'il est mauvais, parce qu'un bon arbre ne peut pas porter de mitivais fruits (Matth. vu, 11), el aussi selon ce que dit saint Paul (Eph. i) : Quand un ange du ciel vous évangéliserait des choses contraires à celles que nous vous avons annoncées, qu'il soit anathème. Le Saint-Esprit ne peut pas se contredire lui-même» ni ms^ pirer ce qui est démenti par l'Ecriture sainte» les conciles et les décisions solennelles des vicaires de Jésus -Christ. Ceux qui s'écartent de cette règle sont trompés par Satan : ils prennent pour régulateur, non la voix de l'Eglise et ce que Dieu a révélé» mais leur propre instinct, leur coupable crédulité, et dès lors ce ne sont pas des esprits éclairés, mais des esprits ténébreux.

En conséquence, sans parler de l'esprit deâ gentils» des Turcs et des Juifs, 1* reconnaissons pour un esprit très-pervers celui du Chrétien qui se sert des choses qui sont à son usage dans le monde, pour violer la loi de Dieu par une suite de fautes graves, et avec obstination ; 2*" celui des hérétiques, des faux illuminés, des schismatiques, qui se se* parent du chefsouverain de l'Eglise, comme des membres mourants ou morts ; qui ensei*. gnent des dogmes pervers ou contraires aux bonnes mœurs ; 3° il n'y a qu'un esprit: pervers qui pense mal et parle mal des images des saints , des indulgences » des saintes reliques, etc., moyens pieux et saints par lesquels l'Eglise nous conduit doucement comme par la main » pour nous élever insensiblement aux choses et aux idées qui sont représeiitées par ces objets.

Arrêtons - nous un instant à présenter quelques considérations sur les images. Quoi^ qu'elles soient, comme nous venons de le dire» des moyens de nourrir la piété» la méditation, u faut se garder cependant de laisser pénétrer des abus dans l'usage que nous en faisons. Saint Jean de la Croix a sur ce point fait des remanjues (rùs-judicieuses. (inani à ce qui coaccrno les ima*

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ges« dil-il» il peut y entrer une grande vanité ou une vaine complaisance. Eueiïel, quoiqu'elles servent au culte divin et nourrissent la piété t eomme le prouve Tusage l'instant et l'approtMitîon qu*en donne no* tre mère la sainte Eglise» cependant il y a un bon nombre de personnes qui s'attachent aux imaees par un goût mondain, soit à raisoD de leur élégance, du prix de la matière, de la perrection de Tart, plutôt que l»our s'élever à l'idée et k Tobjet saint et chrétien qu'elles doivent nous rappeler.

C*est pourquoi saint Jean de la Croix conseille d'avoir pour son usage plutôt des images simples et qui suffisent pour nous rappeler les pensées utiles, que des images

3ui parlent à notre imagination par le coté 0 la vanité ; il ne veut pas qu on en ait un trop grand nombre, qu'on f mette trop «te soin et de curiosité ; particulièrement, il défend d'en avoir beaucoup attachées à son rosaire*

Sainte Thérèse ayant lu ce passage oans les œuvres du saint, penchait pour empêcher ses religieuses de s'occuper des figures et des autres embellissements (}ui ornent les livres de piété. Mais Dieu lui donna Une explication en lui demandant : « Lequel des deux vaut le mieux, on la pauvreté ou ta charité? Si donc la charité vaut mieux, laissez vos religieuses s'occu* por de ce qui nourrit leur saint amour. »

Cependant il faut prendre garde que le démon ne trouve dans ces objets, et par la curiosité qu'ils inspirent, une voie pour entrer dans l'âme, surtout lorsque ces images ont des accompagnements singuliers qui conviennent peu au sujet.

Seconde règle : £ le fond des pensées ou des u/feetions n*est pas moralement bon. — Si le fend de la pensée ou des afîections est vicié en quelque chose, dans un sens contraire à la foi et aux bonnes mœurs, soit dans son commencement, soit dans ses progrès, soit dans son but, alors croyez que vous avez affaire avec un esprit mauvais. Il ne faut pas perdre de vue qu'une chose bonne cesse de Tôtre si elle ne l'est pas intégralement. Le moindre défaut ou la moindre imperfection gâte une bonne œuvre; et un acte de vertu doit être irréprochable sous toutes ses faces et sous tous les rapports ; ce que le Saint-Esprit nous enseigne dans le ps. xxxvi : Ecartez le mal et faites le bien.

Il suit de là, l** que c'est un mauvais es-

!>rit en religion que de pervertir en la transormanl la manière de vivre parfaite et spirituelle, qui consiste à ne pas chercher ses aises et ses commodités; que d'introduire des goûts mondains qui respirent plus la sensualité que la sainteté. Chargés de péchés secrets et publics, ces mauvais esprits abusent des liensde la religion pour opérer leur propre dnmnntion.S^C'est un mauvais esprit quecelui qui abuse de certains sacrements et de certaines pieuses pratiques ou coutumes, pour arrivera un bénéfice temporel et s'enrichir. 2r Cest un mauvais t$Drit, celui qui sème la

désunion et la discorde. 4* C'est un esprit mauvais, selon saint Ignace, celui qui se transformant en ange de lumière, inspire aux âmes d*at>ord de bonnes pensées, puis insensiblement les détourne k aes objets criminels. Selon le môme saint, il faut soigneusement discuter toutes ses pensées et ses projets» par rapport k leur principe , à lenrs moyens d'exécution et à leur fin; car si on les trouve irréprochables sous ces trois rapports, c'est une preuve que tout vient du bon ange, et qu'il nous a inspirés. Si au contraire nous avons trouvé quelque chose, soit d^ns te

Crincipe, ou dans l'exécution, ou dans le ut, non-seulement qui soit mal, mais qui soit défectueux, et qui ait une tendance au mal, alors il faut penser que cet esprit pervers s'est môle dans votre projet , surtout si vous remarquez la queue du serpent, c'està-dire si la un de l'action n*a pas une tendance assez pure, quandamème le but serait bon et nonnôte, ce qui est cependant un signe assez marquant d'une louable action. Cependant il faut encore voir si la matière, l'objet et les moyens y correspondent dans toutes leurs circonstances ; s'ils n'empèchont pas un plus grand bien : alors il faudrait tenir Taetion, bonne en apparence, pour suspecte.

Troisième règle : UinterveniionAVorgueit.

— De toutes les causes qui peirveni vicier un esprit, môme bon d'ailleurs, la plus active est l'orgueil même caché et spirituel en ap^ parence. Si en effet l'humilité seule, une profonde humilité, est un signe qui décèle un bon esprit, de même l'orgueil seul est la marque du mauvais esprit, et cet orgueil peut atteindre môme les hommes déjà avancés dans la perfection et dans l'esprit d'oraison, ou qui ont reçu des faveurs célestes assez considérables. Le Prophète {ps. cxxx) a signalé ce danger : Seigneur ^ mon tœur ns s'est point enflé, et mes yeux ne se sont pas élevés.

De là saint Augustin nous dit : «Combien donc devons-nous craindre Torgueil dans les dons de Dieu, quoique nous dussions tant y porter notre amour, n — «t Le faux ange de lumière, dit Gerson, sème d'abord l'esprit d'enflure, et le pousse à désirer être dans ces distinctions, afin qu*il se croie sa^e et se regarde avec un œil de complaisance : ce qu'ayant obtenu, il le conseille et l'illusionne, le pousse et le joue comme il le veut, à moins d'une grâce particulière : bientôt l'homme est un démon pour lui-même; il se trompe, s'envdoppe de fantômes séducteurs; et de sage qu'il était, la propre adulation en fait un insensé. »

Le corollaire de ces principes est : 1" qu'il faut regarder comme un esprit mauvais celui qui introduit l'illusion et Terreur au moyen de cérémonies pieuses, de paroles dévotes, de vertus apparentes. Los hommes parlent bien, agissent mal , et ils r^orgent intérieurement de péchés ; ^ qu*il faut prendre pour un mauvais esprit celui qui rend certains hommes vains, superbes, ambitieux, simpliquant dans toutes sortes d*af-

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fairos, turbulents, qui, avec trois ott quatre vertus apparentes, cherchent à couvrir deux ou trois douzaines de vices secrets et publics, et qui dégénèrent en personnes fort vicieuses; 3* qu un esprit qui a de l*apprôr, qui use de petits mensonges, de petites duplicités, qui est cérémonieux, est un esprit liypocrite; et, qu'à travers la splendeur de ses vertus extérieures, il court après sa propre estime, et est blessé intérieurement de bien des vices; 4* qu*un esprit austère et fort pénitent, qui devient vain et plein de jactance, dès qu*il a écouté les approbations populaires, est un esprit mauvais: sa pénitence est une fabrique de vaine gloire et de superbe; 5" que c*est un esprit mauvais, celui qui se persuade qu'il a acquis la sainteté par sa propre sagesse, qui exagère sa vertu, la met au-dessus de celle de ses voisins; celui qui désire des dons extraordinaires, ou qui s*en glorifie s*il lui envient, ,qui s*agranait en rapetissant les autres, sous prétexte d'un bien, et trouve tougours quelque motif spécieux de préférer son sentiment par orgueil.

Quatrième règle : La grande ' tristesse dans le mépri§. -^ Si quelqu'un est attristé, se sent l'Ame abattue, parce qu'il est méprisé, c'est un indice, sinon d'un mauvais esprit, du moins d*un esprit imparfait, surtout s'il a eu Ilhvantage de quelque faveur particulière de Dieu. Car ceux qui sont bien se réjouissent moins des dons de Dieu et de ses faveurs que des chagrins et du mépris ; et ils travaillent, par la mortiScationt au renoncement d'eux-mêmes. C'est ainsi que i'Apdtre parle, malgré lui, de ses sublimes communications {il Cor. xti) : Je ne me glorifie de rim, sinon de mes infirmités. — ...Je me glorifie volontiers de mes infirmités, afin que la vertu du Christ demeure en moi. C'est pourquoi je me complais dans mes infirmités, dans les mépris, dans tes nécessités, dans les persécutions, dians les embarras, pour Jésus- Christ.

Ce qui fait dire à saint Augustin : « L'Apdtre pouvait dire : Je me complais dans la sagesse de Jésus-Christ, et il eût été vrai,; dans sa majesté, et il eût été vrai ; dans sa puissance, et il eût été vrai ; mais il a mieux aimé dire : Je me complais dans sa croix : là ou le philosophe mondain rougit , TapAtre du Cnrist trouve un trésor. »

Celui-là donc a un esprit mauvais qui répugne à Thumiliation ; de même celui qui souffre les peines avec humilité, mais qui ne travaille pas par la mortification au renoncement de lui-mêmey n'a qu'au esprit et une vertu suspects.

Cinquième règle : K'étre point soumis à la volonté de Dieu ni de ses supérieurs. — C'est la marque d'un mauvais esprit. Il en est qui, gous prétexte d'une inspiration particulière^ s'écartent de la volonté de Dieu exprimée à tous par les movens ordinaires et réguliers, même quelquefois confirmée formellement par leurs supérieurs. Aussi saint Bonaventure, combattant la dangereuse interpréta-

tion de ce texte de saiut Paul : « Lhoipmc spirituel juge tous, et il n'est lui-même jugo par personne ; » paroles dont les faux illuminés se paraient, disait: 0 peste I ê mort cruelle et cachée 1 elle chasse Dieu, appelle la détestable présomption; elle déchire la charité fraternelle ; elle précipite la joie spirituelle dans la tiédeur; elle reporte au démon tous les honneurs dus à Diou seul ! Homme misérable ! est-ce que vous êtes élevé dans la sublimité de la contemplation, pour vous faire le juge des autres, et leur creuser un précipice plus profond?

L'absence de la conformité à la volonté de Dieu découvre plusieurs mauvais esprits.

1' D'abord l'esprit vertueux, mais adonné à sa propre volonté, quoique livré à la pénitence et à de longues oraisons, est uh esprit imparfait et court le risque de devenir mauvais : en effet il ne donne à Dieu que l'action extérieure,et il garde pour lui la volonté qui l'anime : la volonté propre est le venin de la perfection. 2* L'esprit de grande pénitence et de petite obéissance est imparfait et tend au mal. 3*" L'esprit imprudent devient souvent importun et livré à sa propre volonté; s'il se fie à lui-même, il périt; mais il se rachète s'il se confie à son père spirituel. &*Un esprit excentrique, qui affecte la solitude dans la communauté, ou qui étant ermite, se permet des rapports familiers avec le monde. C'est là un esprit paradoxal et artificieux qui a plus d'enflure que de dons du Saint-Esprit : il s*éloigne du Christ et ne médite point sur sa vie et ses vertus ; fit-il des miracles, il n'est pas digne ie confiance; Jésus est notre voie : ne pas le suivre, c*est s'égarer.

Sixième règle : Rechercher les choses extraordinaires. ^ Il suffit de dirode quel^ qu'un qu'il a un penchant pour les choses cxtraorainaires pour conclure qu'il n'est pas conduit par un non esprit» à moins qu'il ne soit d'une vertu privilégiée, fondée sur Thumilité et l'obéissance. « Or, dit Louis Du Pont, comme Dieu a établi une voie ordinaire et commune pour conduire au ciel, voie par laquelle il a conduit nos pères, il nous invite à suivre la même voie, et à ne pas outrepasser les bornes établies, qui ont marqué le chemin frayé par les anciens. Il n*y a que le démon qui puisse nous porter à les outrepasser en nous suggérant des choses singulières, nouvelles, curieuses, prodigieuses, inusitées, qui excitent l'éton nement et pdstulent les honneurs de la sainteté. Il faut donc se garder de ce mauvais esprit , faute de quoi, à Texempte de tant d'autres, nous tomberions misérablement. » Gerson place ce penchant parmi les tentations du démon. « L'ennemi nous exhorte souvent à des actes de vertu d^cih^ et extraordinaires, comme des jeûnes rigoureax, des pèlerinages, ou des choses de ce genre, ou pour nous faire succomber à la peine et nous décourager, ou pour nous susciter quelque autre grave inconvénient; par exemple, la mélancolW, la tristesse par suite du jeûne; rimpèiewa et la dissipa-

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DICTlONNAmE

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tlon des pèlerinages; ou bien encore un esprit de secte et d'hérésie pour youfoir donner aux autres un enseio^nement relevé et sublime. »

Tirons de là les conséquences suivantes : V C'est un esprit mauvais celui qui, n'étant pas solidement fondé dans l'humilité, Tobéissance et les autres vertus, sous prétexte d'imiter les saints dans ce qu'ils ont fait de plus digne de notre admiration que de notre imitation, se livre à une vie extraordinaire d'oraison, de contemplation et de ieûnes. 2" Un esprit de beaucoup de révélations» «le visions, de ravissements et d'autres faveurs, mais avec peu de pénitence, d'humilité cl d'obéissance, a plus d'illusion que de vérité, si toutefois ces choses se peuvent rencontrer. Car c'est un eflfet non de l'esprit divin, mais du démon, d'édifier des châteaux dorés sans le fondement solide des vertus morales. 3" On ne doit pas considérer comme un bon esprit, fltil des miracles, fût-il environné d'ailleurs de toutes les œuvres de la sainteté, celui qui court après les louanges, l'estime publique, l'applaudissementdes hommes, les ovations ; car on doit penser alors que si c<.*t homme a élé saint, il cesse de l'être dès qu'il suit les goûls de la vanité et de l'orgueil, k'' Si un esprit fait des révélations, pénètre les secrets du dogme, mais qu'il révèle quelque chose de contraire k l'Ecriture sainte, n'y croyez point, les extases mômes ne suflirnient plus pour prouver que c'est un bon esprit : il n'y a que le démon (^ui puisse inspirer quelque r^hose contre 1 Ecriture sainte.

On a un grand ocsoin ae posséder le discernement lorsqu'il devient douteux si un esprit est bon ou mauvais. Nous lisons dans les Proverbes : « Il y a une voie qui « paraît droite aux yeux de l'homme, mais

« elle aboutit è la mort Toute voie pa-

« ratt droite à l'homme, mais Dieu sonde les « cœurs. » Dans Jérémie : « Si vous savez sé- « parer ce qui est précieux de eequi est vil, « vous serez commeia bouche de Dieu.» Dans tf l'é pitre aux Thessaloniciens: « Eprouvez « tout, retenez ce qui est bon ; abstenez- vous « do l'apparence môme du mal. » Qu'importe donc h l'homme que sa voie lui paraisse bonne; puisquelle peut conduire èla perte, et que Dieu seul, qui sonde les cœurs, sait comment nous marchons.

Los saints Pères nous confirment dans ce sonliiiienj. « Eprouvez tout, dit saint J(*au Chrysostome, afin que vous discerniez avec certitude, de manière à séparer le bien et h y adhérer. Vous abhorrez le mal, vous aimez le bien si vous avez su diligemment et exactement les séparer l'un de rautre. » Saint Ambroise, rapportant le jugement de Salomon entre les deux mères, ajoute : « Ce fut un effet de la sagesse de lire dans les consciences cachées, d'arracher la vérité du fond des ténèbres, et de pénétrer avec le glaive de la prudence et de la sagesse jus-

qu'au fond des âmes. » Saint Grégoire dit : « Notre première pensée doit être d'exercer une sévère inquisition de notre cœur» de peur d'être dirigés dans nos actions par des mouvements de la chair, et qu'avant connu les secrets motifs de l'esprit malin, nous ne les repoussions pas. La seconde pensée est de considérer comme les plus grandes fautes celles qui se cachent sous la forme des vertus : car celles qui apparaissent comme telles inspirent la confusion et la pénitence, mais les fautes qui se font passer pour vertus élèvent l'âme et {'égarent en iaflattan.t. > Voici les paroies remarquables du cardinal Bona : « Toute la doctrine du discernement des esprits repose sur ce fondement, sur ce

f>oint capital, non-seulement de distinguer es bons des mauvais, mais de bien caractériser les esprits douteux et incertains, et de reporter chaque mouvement intérieur au principe dont il procède. > La raison confirme ces autorités. L'amour -propre aveugle Tesprit d'un grand nombre et leur fait penser qu'ils marchent avec sécurité dans le chemin du salut, tandis que le reste des hommes court à la perdition. Il y a en effet une telle ressemblance entre certaines vertus et certains vices, qu'il est facile do les confondre; ainsi on prend la colère pour du zèle, l'opiniâtreté pour de la constance, l'amour de soi pour l'amour de Dieu. Cet amour propre est nourri par les suggestions fallacieuses de la chair, par l'entraînement des affaires, par la faiblesse de la raison, d'où vient que nous prenons ta lumière pour les ténèbres, les ténèbres |>our la lumière, l'amer pour le doux, le doux pour l'amer. C'est là une profondeur où personne ne pénètre, si ce n'est avec la grâce de Dieu.

Après les règles établies plus haut il convient encore do donner sur cette matière Suelqufs avis au directeur spirituel, tirés es exercices spirituels de saint Ignace. Il avertit, sur la première règle, queledémon a eoutumc de répandre du charme sur les péchés mortels de ceux qui en commettent facileiiioiit, afin qu'ils ajoutent péchés sur péchés; tandis que l'esprit bon en représente la laideur pour inspirer des remords et en détourner. Sur la seconde : qu'à ceux qui se purgent de leurs péchés et qui travaillent à l'acquisition des vertus, le démon suscite des scrupufes et. des troubles pour empêcher leur avancement; tandis que l'esprit bon a coutume de donner de l'âme et des forces à ceux qui entreprennent le bien, et les console. Il avertit encore que le démon , semblable à une femme en dispute avec un homme vigoureux et courageux, tourne le dos dès qu on lui offre uiio vigoureuse résistance, mais qu'il est plein d'audaceavecun hommetimide.il est indi]gné, dit^il, toutes les fois qu'un homme spirituel conGe toutes ses peines et les ruses de son ennemi à son confesseu^r; attaque l'âme comme un général habile, par l'endroit-le plus faible, pour prendre la place. L'esprit boiicntre dans l'âme doucemeut et Icnlenicnt, cl l'esprit

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D'ASCETISME.

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mauvais avec violence et iucipélliôsité.

Maintenant nous allons résumer toute la matière précédente dans quelques règles principales, afin de discerner les bons des mauvais esprits, particulièrement dans les cas douteux.

La première est tirée de la parole du Sauveur : Vous les connaUrex par leurs fhiits; parole cependant qui dans son application pratique demande du discernement. Si en effet une œuvre est erronée ou vicieuse en quelque point, elle participe, en cela du moins, du mauvais esprit : car l'esprit du bien souverainement vrai et saint ne peut rien inspirer de faux et de mal, môme si léger et si accidentel au*il paraisse. Les mauvaises opérations n excluent pas les bonnes; un péclieur peut faire de bonnes <Buvres et un nomme bon peut faire du mal. C'est môme ce qui arrive le plus souvent. Car un pécheur sans la grâce habituelle fait souvent des choses bonnes moralement, non-seulement de Tordre naturel, mais encore de Tordre surnaturel, par la

f;râce sanctifiante : ainsi le publicain est oué de la douleur de ses péchés comme faisant une œuvre qui le dispose à la justification. Or, se disposer è la justification est une œuvre bonne qui s*élève au-dessus de Tordre naturel. Jésus-Christ confirme celte doctrine en parlant de ceux qui siégeaient dans la chaire de Moïse : Failes fout ce qu'ils vous disenlj mais n'imilez pas leurs œuvres. (Luc. xxiii.) Voici comment saint Augustin concilie ces textes : « Cueillez un raisin, mais évitez Tépine, car souvent ce raisin est suspendu dans un buisson d'épines. Il j a du vrai dans le faux, du sarment dans la broussaille; choisissez prudemment le raisin h travers les épines, de peur (ju'en cueillant le fruit vous ne vous blessiez la main. »

Concluez 'de là : l** qu'un esprit qui sait juger et parler de TexcéNence de la vertu et de la perfection, mais dans Toccasion ne la met pas en pratique ; qui sait en quoi consiste la patience, mais se plaint et se fâche quand on lui manque; qui connaît bien Thumilité, mais ne sait se garantir de la vanité, v]|u'un tel esprit ]est en vérité bon en spéculation, mais il est pratiquement mauvais ; ^ qu'un esprit qui a quelques vertus mêlées de vices, étant recueilli et modeste, envieux et poussé par un zèle indiscret, adonné aux jeûnes et médisant; doit être approuvé dans ce qui est bien et condamné dans ce qui est mal. di^ Il faut regarder comme un bon esprit celui qui le plus souvent agit bien, quoique çiT et là. il a^sse mal. k' Il en est de môme de celui qui fait le bien avec quelques imperfections comme les commençants. 5** 11 est mauvais celui qui tombe àans une petite erreur ou un pelildéfaut,mais ose Tattribuer à Tesprit bon.

Secondement: Il faut considérer Vintention et ra/fection intérieure, 11 faut considérer avant loul Tétai des atleclions intérieures conforme au bon esprit, si elles se déploient

en efforls extérieurs; il faut s'assurer de la pureté d'intention qui ne fait rien que pour Dieu. Nous en sommes avertis en saint Matth. ch. VI : Si votre œil est simple, tou$ votre corps sera lumineux; si votre œil est méchant^ toui votre corps sera ténébreux^ et ces paroles s'appliquent à la bonne intention, et en sont une image admirable. Saint Bernard nous dit : « La beauté de TAme éclatera au dehors si elle est au fond sans duplicité : on peut simuler la franchise du sentiment intérieur, sans que les œuvres en procèdent. » — « La nature est subtile» dit Tauleur de l'Imitation, et en trahit plusieurs, elle les séduit et les trompe, et c'est elle-même qu'elle propose pour fin: la grâce au contraire marche simplement, se détourne de toute apparence de mal, n'use d'aucun genre de séduction, et fait tout pour Dieu en qui elle se repose finalement. » La raison nous dit aussi qu'un esprit bon nous conduit à une bonne fin, c'est-à-dire à la gloire de Dieu, sans aucun mélange d'intention mauvaise ou tortueuse On peut dire que Dieu atout fait pour lui-même et pour sa gfoire, tout ce qu'il inspire va à ce l)ut et tout ce qui n'y va pas est suggéré par un mauvais prmcipe.

Voici quelques points qui restent établis en conséquence de ces principes : 1*" Môme dans les dons célestes, dans les douceurs spiriluclles, ou venant de Dieu ou simulées par le tentateur, si l'âme se complaît en olle-môme et non en Dieu, elle s'éloiguô visiblement de Tesprit do Dieu. 2° Souvent le démon provoque une grande consolation avec sentiment de dévotion, afin que Ton se repose doucement dans cette quiétude, comme si l'âme n'avait rien à prétendre au delà ni à s'occuper d'aucun autre devoir. 3" Sainte Thérèse nous enseigne que souvent les âmes sont séduites, même étant déjà fort avancées dans la perfection, par l'astuce du démon, qui à force de subtilités les entraîne à quelque chose de moins bien, puis d'un peu mal, sous prétexte de bien, et insensiblement d'infraction en infraction, Taraour-propre, la propre satisfaction arri-.vent à loul empoisonner, h'' Saint Jean de la Croix nous dit aussi que le démon, soit en abusdnl d*une consolation venant véritablement de Dieu, soit en en présentant une fausse, entraîne l'âme à la gourm.-ndise spirituelle, afin qu'étant allécliée par co miel spiriluel, et dévouée par ce goût flatieur, elle fixe son attention plutôt sur la douceur ellemême que sur l'amour de Dieu.

Troisièmement : Distinguer de quel esprit procède rhumilité du cœur. Comme Tesprit de Dieu a coutume d'humilier le cœur, même en distribuant ses dons, Tesprit pervers de son côté en prend occasion de le porter à la présomption. Louis #u Pont prouve la première partie de cette proposition ainsi : Les doiis de Dieu internes et extraordinaires ont coutume d'apporter avec eux une grande lumière : et celte lumière donne une profonde connaissance de notre néant et de noire intligdUÔ, en même temps

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qu*uDc grande honte et confusion de nos péchés : et cette honte excTut'Ia gloriole et les vaines complaisances.nLa bienheureuse Angèledo Fulginio étant dans une grande perplexité au sujet de Tesprit qui ranimait, reçutduSeigneurcettemarquequ*iI était bon, c'est que pendant qu*el)e recevait les divines laveurs» elle ne pouvait penser à autre chose

Sti'à ses péchés qui lui ayaient mérité Tenfer. lui était impossible dès lors d*avoir une pensée de vanité. La seconde partie de la proposition que nous avons émise plus haut se aémontre par ce fait, que le démon a osé porter à la présomption Jésus-Christ luimôme, lorsque le plaçant au-dessus du temple, il lui dit : Si eu es le Fils de Dieu^ jet ie- toi en btu^ car il est écrit : Il vous a confié aux anges de peur que votre pied ne heurte contre la pierre, saint Bernard en commentant ces paroles dit : « Si quelqu'un abandonne Téminence de la vertu pour s'abandonner h la vaine gloire et à ses désirs^ il n'est point douteux que le Dieu des vertus, qui a soufTert ces choses parmi nous, pour nous former à la sainteté, lui donnera la confusion |U)ur les grAces mépri* sées. »

« Le faux ange de lumière, dit Gerson» nourrit quelauefois ses familiers d*uoe nourriture tres-délicate» qui ne paraît pas être charnelle; ceux-ci en tirent vanité et ^*écrient dans leur orgueil : Qui est notre Dieu? Nous ne sommes pas comme le reste des hommes. » Et sainte Thérèse nous avertit des stratagèmes très<subtils des démons : ils nous inspirent la pensée, dit-ellct que nous avonsau moins une vertu solide lorsque nous Q*en avons aucune et que nous sommes dignes de l'enfer, et ces fausses vertus engendrent la vaine gloire. Il n'y a que les solides vertus que DicM anime oui sont pures de ce détestable vice. Saint Jean de la Croix donne des moyens de connaître s'il se rencontre de la superbe dans les dons spirituels que Dieu nous fait : c'est devoir si nous sommes de inauvi^ise humeur quand des personnes spi* rituelles n*approuvent pas notre esprit, ou si nous entendons avec déplaisir que Dieu ait fait à d'autres les mômes faveurs ou de plus grandes qu'à nous.

Quatrièmement : L'esprit de mortification ftêt un moyen de discernement. L'esprit de Dieu est toujours l'esprit de Jésus-Christ, c'est-è-dire l'esprit de la croix et de la mortiflcation, que'fuit toujours l'esprit du démon, môme lorsqu'il cnerche à imiter l'esprit bon. Jésîis-Christ nous dit {Joan. xiv) : VEsprit'Saint que mon Père vous en* verra en mon nom vous inspirera et ensei* gnera toutes choses^ et vous inspirera tout ce qui est selon mes paroles. II ne peut donc pas arriver que 1 esprit inspire quelque chose qui soit contraire au genre de vie assigné par Jésus-Christ pendant qu'il était sur la terre et sur la croix, c'est-&dire h une vie mortifiée. C'est pourquoi TAl>ôtre (/ Cor.) disait qu'il ne connaissait rien autre chose que Jésus-Christ et Jésus crucifié.

Sainte Thérèse conQrme cette doctrine.

Elle enseigne aue c'est un sig^e de perfection et de parfaite contemplation, d^aimer mieux non-seulement en spéculation, mais en pratique, être méprisé qu'honoré» de préférer le travail et les Angoisses à la joie et au repos ; de telle sorte que les vrais contemplatifs fassent un plus grand prix des peines que des pierres précieuses;

Ear là ils sont assurés de s'enricnir véritalement. C'est une marque qu'une âme n'est encore qu'imparfaitement unie k Dieu, si elle porte avec peine les injures; mais s'en réjouir, c'est tellement le propre d'une» âme parfaitement unie à Dieu, qu'il y a à craindre que, sans cela, môme les faveurs spirituelles ne soient que des tromperies du démon. La même sainte ajoute que c'est le propre de l'âme parfaite, de ne pas môme demander d'être délivrée de ses chagrins, de ses tentations, de ses combats» mais plutôt de les désirer, de les demander et de les aimer. Voilà un signe non équî« voque que les faveurs spéciales que l'on reçoit viennent vraiment de l'esprit de Die». Les âmes qui se conduisent ainsi sont de vaillants soldats, qui préfèrent la guerre parce qu'elle apporte du profit. Nous sommes avertis par Gerson que i'ange tentateur cache la ruse de sa malice sous les formes de la croix de Jésus-Christ, de la religion, de la piété envers les saints; mais le superbe ne peut plaire à Dieu, s'élevàt-il jusqu'au ciel par I attrait de sa dévotion, de sa piété envers les saints, de son amour de la croix. Pourquoi cela? parce qu'il cherche, non la gloire de Dieu, mais la sienne. Le môme Gerson observe que le démon, quelquefois sous prétexte d'humilité et pour se contenir^ fait qu'on sarde le silence par mépris, par orgueil et d autres motifs pareils, lorsqu on devrait parler.

Cinquièmement : La docilité de Vesprit.

Nous avons déjà proposé cette règle, et nous la rappelons comme très-importante, surtout dans les cas difiipiles et douteux. C'est une marque excellente que l'esprit vient de Dieu, s'il est docile, soumis à l'autorité de l'Eglise, de son directeur ; si ses inspira tiens sont discrètement conformes à ce qui cen^ vient à son état, sa position et aux choses qui s'y rapportent : mais s'il a horreur de ces rèçles, sous prétexte d'inspirations pri* vées plus excellentes, c'est une marque d esprit pervers.

Le cardinal Bona dit à ce sujet que c'est une marque d'un esprit bon que d'avoir des inspirations qui sont accommodées à l'âge et au temps où l'on vit, et qu'on suive non par goût, mais par convenance. Car il arrive souvent que Dieu inspire à chacun les choses

Îui conviennent aux divers temps de la vie u monde. Ainsi dans les premiers siècles il conduisait les hommes par la lumière de la raison, ensuite par la loi écrite et par les cérémonies de la religion de ce temps ; enfin depuis le temps du Christ, il les conduit à la

Pratique des vertus évangéliaues, c'esl-à-diro éroïques : et on effet dans les premiers s'è-

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des de l'ère chréiienne la mission de TEsprit-SaiDt avec tous ses dons étaU visible. On vit apparaître la force des martyrs contre les tyrans, ensuite le zèle et la sagesse des docteurs contre les hérétiques, I austérité des anachorètes et des moines éclata ensuite. Depuis on a vu s^établir un genre do vie conforme à Tesprit de notre iemps^ qui consiste h ne point chercher à se distinguer par des choses singulières et inouïes, a ne pas courir après les grandes austérités, à s'en éloigner même quelquefois si on le ju^e utile pour le biçn des âmes et le motif d*appeler les pécheurs h la pénitence. Nous faisons nos réserves cependant pour certaines âmes que Dieu se platt dans tous les temps à conduire dans des voies eitraordinaires, et celles-là trouveront ailleurs qu*en cet endroit les avis qui les concernent.

« Dans le doute si une inspiration est bonne ou mauvaise, dit Louis Du Pont, il ue fapt suivre que celles qui sont manifestemont bonnes sans aucun soupçon ni remords, et ainsi on restera toujours dans la sécurité, et pnur plus grande sécurité encore, ajoute-t-il, il faut voir kî, après que vous avez manifestement reconnu qu^une inspiration est de Dieu, vous la suivez avec un vif empressement, et lorsque vous la reconnaissez pour être sûrement de Tesprit malin, si vous la repoussez avec le même empressement. »

Enfin n faut en sixième lieu prier pour êoo directeur, afin qu'il puisse connaître , avec la grâce de Djuu, les inspirations que nous avons. Ainsi Salomon demande un c€9ur docile, afin qu'instruit et éclairé par le Seinaeuril puisse sagement juger le peuple «t discerner le bien du mal. Le roi Josapnat a la même pensée : Qut nous reste-t-il à faire lorsque nous doutons de ce qu'il y aà

Ibire, sinon d" élever nos yeux vers vous? li selon le concile de Trente, Dieu n'ordonne jamais les choses impossibles; mais en commandant il nous invite à faire ce que nous pouvons et à demander le reste.

Saint Laurent Justinien nous dira à son tour : Gomme nous ignorons le plus souvent ee qui est expédient, il faut implorer le suflfraffe du Samt-Bspnt, il dut diriger tous ses désirs et ses intentions vers lui, et lui crier bien haut ees paroles : Venez , Esprit' Saint f etc..

Il y a nn grand péril à nous tromper dans tel ordre de choses , et le don du Saint^B»prit pour ce discernement des esprits n'est pas accordé k tout te monde. La raison ooos avertit donc de nous livrer à la méditation et k la contemplation, k la fervente prière, afin que la lumière du Saint-Ksprit Arrive jusqu'à nous et nous dirige dans le chemin de la perfection.

Apkorismes pour le discememeni des ea- JP^f» — 1. La vertu est le fbndement de tout bien ; et Ik où manque la vertn, il n'y a ni perfection ni sainteté.

^ 2. Celui qui ne veut point se tromper dans Texamen de la oerfection de vie, doit cop-

D'ASGETISME. DIS (54

mencer par examiner si l'on rcmpiil exac^toment ses devoirs et ses obligations.

3. L'esprit d'un ignorant peut être mauvais sous le rapport de l'intelligence, et t>on en même temps quant k l'intention, ce qui est le principal.

k. On se repentira d'agir trop précipitamment et de qualifier trop tôt un esprit douteux.

5. Une multitude de révélations, qui ne sont ni utiles ni nécessaires, offrent beaucoup de variétés dans les âmes faibles.

6. On ne doit rejeter une révélation que pour ^ne raison suffisante : car ce serait agir légèrement que d'approuver ou rejeter des choses extraordinaires, sans apporter au préalable un mûr examen.

7. Un esprit de vertu médiocre et de révélations nombreuses doit être, au jugement (le là saine raison, considéré comme étant dans l'illusion.

8. Un esprit droit, qui s'en rapporte k son propre discernement, est peu éloigné de son entière perdition.

9. Tout esprit oui est la source de divisions et fait ffrand bruit au dehors, est ordinairement dangereux k cause d'un secret orgueil.

10. L'esprit qui est porté k la recherche de nombreuses commodités, quelque vertueux qu'il soit, ne sera ni pénitent ni parfait.

11. L'esprit plus ami de sa volonté pro* pre que de l'obéissance n'aura de la perfec* tion que l'apparence.

13. La recherche de quelque avantage peut exister simultanément avec quelque degré de vertu; mais un avantage, avec I affection qu'on y porte, est incompatible avec la pauvreté et la perfection.

13. Quelque affection déréglée peut coexis* ter avec une vertu médiocre; mais rien d'ambitieux n'est compatible avec l'humilité.

ik. Un esprit de contradiction, quelques bonnes qualités qu'il ait d'ailleurs, est toutefois en ce point un esprit d'illusion.

15. Le tumulte, les discordes, les con-^ testations et les di^seibsions ne sont point les effets de Dieu, nais If^ œuvras du démon.

16. fJn esprit qui se oac|ie sous le voile de la ruse et de 1 artifice se reconnaît facilement pour l'esprit d'un hypocrite.

17. Une sainteté ^ui aime les a()plaudissements, la popoianté et l'ostentation, quelque vraie qu'elle soit, n'est pas éloignée dosa perte.

18. Les révélations des personnes mélan-coliques sont quelquefois des effets du démon.

19. Eprouver des grâces extraordinaire^ sans une vertu solide et véritable n'^ |«otnt l'indice de l'esprit deDieu, puisque ce. serait essayer de bâtir une tour sur le s|ib|e,

90. L'esprit de Dieu doit apporter avec lui la piété; au contraire l'esprit mauvais n'amène que doutes, soupçons et troubir.

SI. Dm âmes trè»-sa^ltcs , qui ont de

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DICTIONNAmE

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bonnes rôvélalious, ont la douleur de les ▼oir quelquefois mêlées d*i!lusionSy comme rivraio avec le bon grain.

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