‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 83 sur 186 · Un esprit puéril ne peut que faire rire les autres · texte numérisé non relu

Un esprit puéril ne peut que faire rire les autres

26. Un esprit qui se platt à rechercher ks délices est incapable de pénitence et de perfection.

27. L'esprit s*accom mode aux qualités naturelles du caractère» quelque surnaturel qu*il paraisse.

DISCIPLINE.— Foy. HairEjMortification.

DISTRACTION DANS LA PRIÈRE. — La distraction est une des imperfections de la prière. Elle consiste dans un éloignement deTesprit relativement à la matière ou à Tobiet de la *prière, lorsque rimnginaliou se préoccupe de choses inutiles.

La distraction est un obstacle à toutes les espèces de prières, et elle enlève Tatlention qui leur est requise. Elle nuit surtout è la méditation ; et si Ton no s'efforce de chasser les distractions qui surviennent penJant la prière, celle-ci est nulle et infructueuse. Et môme quand Taitention actuelle, sans qu'il y ait de notre faute, vient à manquer en quel(]ue partie de l'oraison, nous n avons plus de part è la nourriture et à la joie spirituelle t dont parle saint Thomas (2-2,q.83, a.l3). Aussi,ditsainllsi4iore(l.iii. Sent,^ c. 7) : a Nous ne prions véritablement que quand nous ne pensons à rien autre chose ; mais il y en a très-peu qui peuvent prier ainsi, et encore ces derniers ne le peuvent-ils pas toujours. »

Les sources des distractions sont : 1^* /'tmo-

Îlination, puissance plus libertine ( 168 ) que ibre, qui, secouant le joug et l'obligation de la raison, s'attache à l'objet qui lui plaît davantage, surtout s'il est conforme à quelque passion prédominanie. Ainsi quand c'est la colère qui prédomino, les distractions seront des images de vengeance, de disputes, de

querelles» de rixes Quand c'est la gour-

roandise, les distractions consistent à se représenter des festins et des mets recherchés. Si o'est l'appétit sensuel, l'imagination se porte sur des objets honteux, qui distraient, tourmentent et contfistent Pâme.

2r La seconde source de distractions consiste communément dans le peu de soin à veiller sur les sens extérieurs^ dont les opérations entraînent rimagination, et parcellecj, riutelligence.

3* Là troisième consiste dans les passions^ qui jettent l'âme dans l'inquiétude, toutes ÏQs fois qu'elles s'appliquent k leur objet, ainsi, quand l'ambitieux recherche les honneurs, (]uand le débauché recherche les

plaisirs sensuels. Si Ton no s'éloigne des lieux, des personnes et des circonstances qui peuvent nous jeter dans le trouble* nous serons toujours inquiets et distraits.

4° La quatrième source est ordinairement un caractère étroit, inquiet, curieux, et trop adonné aux affaires extérieures et séculières. Les hommes de ce caractère sont pour eux-mêmes un sujet perpétuel de distraction.

J^" La cinquième source est, en matière d'oraison et surtout d'oraison mentale, un maître spirituel peu expérimenté, qui veut s'imposer lui-même, ainsi que sa méthode d'oraison, comme une règle fixe pour les autres, et qui rend ainsi son disciple sujet à des tentations et à des distractions perpétuelles.

6*" La sixième source consiste dans les distractions que Dieu permet pour éprouver les siens, afin qu'ils soient animés de plus d'amour pour lui que pour ses dons, et qu'ils se porfeciionnent en. patience et en humilité.

7" La septième source est la suggestion et la tentation du démon. En effet, comme dit saint Nil ( c. &7, De orat, ) , a Toute la guerre entre le démon et nous n'a d'autre cause que la prière. Car la prière lui est contraire et odieuse, autant qu'elle nous est salutaire et favorable. » Saint Marcellin, abbé, entendait retentir la trompette, et comprenait que les démons allaient lui livrer bataille, à lui et à ses religieux, alors (]ue le son de la cloche les appelait à chanter les psaumes divins. (Roswbidus, Vit.

PP., I. XVIII, c. 152.)

Saint Moïse, abbé, au rapport de Cassien (coll. I, c. 17], remarque qu'il est impossible que l'esprit dans l'oraison ne soit pas en butte à toutes sortes de pensées ; mais qu'on peut les accueillir ou les repousser, avec la grâce divine. Car il ne faut pas tout attribuer aux suggestions des esprits malins.

L'auteur du traité de Famour de Dieu^ qui se trouve dans les œuvres de saint Bernard, nous propose à ce sujet l'exemple d'Abraham : « Soucis, inquiétudes, anxiétés, peines, fatigues, servitudes, attendez-moi là avec l'âne, c'est-à-dire avec ce corps, jusqu'à ce que je revienne à vous avec mon fils, c'est-à-dire la raison avec l'intelligence, après avoir été faire notre adoration ( Gen. XXII, 5). »

Pour déraciner avec plus de facilité les distractions, nous proposerons les remèdes suivants.

1* Quand la distraction provient des écarts d*une imagination iilessée par le péché et tellement affaiblie, qu'emportée vers les objets qui se rapportent à la passion prédominante, il ne nous est pas même possible de dire sans distraction une seule oraison dominicale, il faut alors nous humilier de notre intirmité et faire l'humble aveu de notre faiblesse; cette humiliation sera la meilleure des prières, si notre imagination

(108) Nouspronoiiscc mot dans sou sens vestrcini cl li^iéial.

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DASCETISME.

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est

se porte au dehors sans qu*il y ait de notre faute, et si nous nous efTorçons, autant que possible, avec la çrâce, de la purifier de ces vains objels de distraction.

2^ Si la distraction provient d*une négîi* gence h veiller avec soin sur les sens extérieurs, il faudra y mettre un frein par la mortification.

3° Si elle provient des passions, il faut également s'attacher à les mortifier, en écartant les objets qui peuvent les oxciter.

4' Quand elle provient d'une trop grande application aux affaires extérieures eC séculièresi il faut abandonner ces affaires, si elles ne sont pas nécessaires ; si elles le sont, ou si Ton est obligé de mener une vie mixte, comme de consacrer un soin particulier à Tétude, h la lecture ou aux entretiens avec le prochain, il ne faut pas quitter ces occupations, mais éviter de s'y livrer avec excès. En les remplissant avec une juste modération, on sera dans d'excellentes dispositions pour prier plus souvent et avec plus de soin.

5' Si le maître spirituel a un disciple déjà d'un certain âge, d'une intelligence peu développée, et qui ne puisse pratiquer l'oraison mentale sans distraétious, il faut lui prescrire la prière vocale du Rosaire ou d'autres pieux exercices, dans le temps que les autres se livrent à l'oraison. Car mioux vaut une prière quelconque qu'une prière nulle.

6' Si c'est Dieu qui permet les dis'lractions pour nous éprouver, si Ion ne peut les éviter dans ses prières, qu'on s'occupe de chasser, comme autant de mouches importunes, les pensées qui surviennent, et On se rendra très-agréable è Dieu. On sera comme l'esclave qui tout le temps du repas chasse les mouches de la table, ou comme Abraham qui chasse les oiseaux de proie du sacrifice. {Gen, XV, 11.) Qu'on offre à Dieu son désir d'imiter les ferventes oraisons (\e.s saints; qu'on soit dans la volonté de rendre hommage à Dieu, disposé à tout sacrifier pour lui; qu'on s'humilie d'autant plus, qu'on se trouve, sans doute à cause de quelque faute secrète, moins capable de le prier. Qu'on prie avec patience, et avec pleine résignation à la volonté de Dieu. Qu'on s'écrie avec Blosius -.(Inst. spir., c. 7, n" 1) : « Seigneur, quand^môme tous les jours de ma vie et jusqu'au jour du dernier jugement, je devrais, par votre ordre, rester sans aucune consolation , je n'en voudrais pas moins, par votre grâce, être prêta souffrir les plus grands maux pour votre amour. »

7* Si la distraction provient de la tentation du démon, résistons lui^ en demeurant fermes dans la foi. (/ Petr. v, 9.) Crions aveô raveugle, selon le conseil de saint Gréjçoiro (hom. 2, m evang.) : Jésus, Fils de David, ' ^y^x pitié de moi. El si les passants nous réfirimindent pour nous faire taire, c'estk-dire si le trouble des désirs charnels et le tumulte des vices emportent notre esjprit loin de notre méditation, crions encore (wîs

fort : Jésus, Fils de David, ayez pitié dt moi. Lorsque nous redoublons d'instances dans notre prière, nous fixons dans notre esprit Jésus h son passage. Car pendant que nous étions livrés au trouble de nos vaines pensées, dans l'oraison, nous tentions en quelque sorte Jésus-Christ qui passait. Et en redoublant de ferveur, nous le voyons s'arrêter, pour nous rendre la lumière. Car Dieu se fixe dans notre cœur, et nous retrouvons la lumière que nous avions perdue.

Outre ces remèdes contre les distractions, les ascètes en assignent encore d autres, dont nous avons déjà cité quelques-UiiS, et qui se tirent des circonstances du temps» au geste et du corps, de la préparation par la lecture spirituelle, de la présence de Dieu, du recueillement, d'une nouvelle lecture de la matière à méditer. On peut y ajouter la mortification du corps, sans laquelle l'oraison est bien difficile; car elle ne peut lésidor dans l'habitation de l'âme, si celle-ci n'a été bien puriûée par la pénitence et embellie par la mortiflcation. Régnera remarque (Théol. myst., t. I*', p. 354, n" 1051) qu'il n'est pas besoin de poursuivre les objrls qui nous causent de la distraction ; au'il vaut mieux, malgré toute leur difformité, les nrépriser comme des chiens qui aboient sur le chemin. Le combat le plus décisif est de se remettre à la prière. Il n'est pas de meilleure manière de prier, que de revenir h la prière, mille fois s'il le faut, après en avoir été éloigné par la distraction. {Voy. Dévotion.)

DIVKRTISSKMFNT. — Voy. Eutrapéi.ie.

DONS DU SAINT-ESPRIT. — Voy. Esprit- Saint.

DORÉ (Pierre), Dominicain, docteur de Sorbonne, professeur de théologie, naquit à Orléans vers la fin du xv* siècle^ et mourut en 1569. Il n'est connu que par des ouvrages de spiritualité écrits bizarrement et intitulés de même; c'était le goût de son siècle : Ou remarque : !• La tourterelle de viduité^ 1574; — 2" Le passereau solitaire; — 3" Les neuf médicaments du Chrétien malade; — 4* Les allumettes du feu divin. — 5"* Le cerf spirituel; — 6° La conserve de grâce; — 7* Uanatomie des membres de notre Seigneur Jésus-Christ.

DOROTHEE (Saint), évèque de Tyr, s'est rendu célèbre par ses écrits contre Porph>;re et Origène. Il vivait au iv* siècle. Saint Jérôme rapporte qu'il reçut la couronne du martyre;- et Théophane, qu'il souffrit do grands tourments, d'abord sous Dioctétien , puis sous Licinius, et fut condamné à mort par les officiers de Julien l'Apostat, vers 3G5. Il était âgé de plus de cent ans. Outre sos écrits contre Porphyre et Origène, on a do lui le Banquet des vierges.

DOROTHÉE, disciple dit moine Jean, fut Ma lôte d'un monastère en PahîSliiKi vorsDiîO. On a rif>lui i\o^ Sermons ou Instructions pour les moines, qui ont été traduites en fran^^ni* par l'abbé de- Rancé, 1686, in-8" ; et des Lettres en grec et on latin. Le style en cj^t rempli d'onction. Quelques-uns cepo-^dant attribuent CCS ouvrages a Dorothée le Jeune.

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