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sein la divine Eucharistie. Toutes ces opinions ne s'appuient sur aucun fondement solide, et ont été réfutées par Raynaud. {HeléroclU. spiril.^ p. i, sect. 1, punct. 7.)
Pour être attirés par Jésus-Christ, dans la sainte Eucharistie, à une union de plus en plus intime avec lui, nous devons nous disposer avec la jAns vive dévotion. La première de ces dispositions consiste à s*en approcher avec une conscience pure de tout ancien péché mortel, qui n'aurait pas été bien confessé. La contrition ne suffit pas sans la confession, et si Ton no peut user de celle-ci, il ne faut point communier. En effet, 1* Que Vhomme s'éprouve soi-même, dit rÂpôtre, et qu*il mange ainsi de ce pain^ et qu^il boive de ce calice; car quiconque mange ce pain et boit ce calice indignement^ mange et boit sa propre condamnation^ ne faisant jpas le discernement qu*il doit du corps du 5etgneur. (7 Cor. xi, 28, 29.) 2" C'est ce que nous enseigne la tradition : « Ceux qui s en approchent avec le péché, dit saint Cypriei, font violence au corps et au sang de Jéisus- Christ. » (De lapsu.) 3* L'Eucharistie est le sacrement des vivants : l'état dé grâce est donc nécessaire pour sa réception : or, cet état ne peut s'acquérir par la foi seule et' par l'attrition
Bien que notre conscience ne nous ropro* che aucune faute grave, nous devons cependant nous éprouver avec soin et humilité avant de recevoir ce sacrement d'amour»
surtout sur l'amour de Dieu, et nous demander, si Jésus-Christ nous faisait cette ques* lion, comme autrefois è saint Pierre : Af'atmez vous {Joan. xii, 17)? si nous pourrions lui ré(>ondre avec autant de sincérité que ce saint apôtre : Seigneur^ vous connaissez toutes choses^ vous savez que je vous aime» Ensuite, sur la charité du prochain, selon ce précepte de l'Evangile : Si lorsque vous pr/senlez votre offrande à Vautelf vous vous sou» tenez que votre frire a quelque chose contre vous, taissez-là votre offranae devant Vautel^ et allez vous réconcilier auparavant avec voire frire. [Matth. v, 23, 24.)
La seconde disposition pour s'approcher do la communion est, dans l'intervaile d'une communion à l'autre, de s'efforcer, autant «qu'il est donné à l'homme, d'éviter les péchés r^Ateh, surtout par la fuite des distractions ei de toute miarque irrévérente dans l'acte vnème de ia sainte communion, l** Jésus- Christ nous le montre lui-même, comme l'observe, après les Pères, le Catéchisme ronurin : « En effet, avant de donner à ses apôtres Je sacrement de son corps et de son sang précreux, il voulut laver leurs pieds, quoiqu'ils fussent déjh purs, afln de nous montrer combien de soins et d'attention nous devons apporter à rendre à notre Ame l'état de pureté et d'innocence, avant de recevoir ces sacrés mystères. • (De SS. EuchO' rist,). C'est ce qui a fait dire à saint Jean : Celui qui sort du bain n'a besoin que de se forer tes pieds, (xiii, 10.) 2* Les saints Pères recommandent souvent cette disposition.
(Saint ÀvBRoisE. I. m De sacr., c. 1; saint
Bbbii ASD, Serm. in cœn. Dom.) C'est pourquoi^ dans les rubriques et les cérémonies de la messe, il est prescrit de se laver les mains avant d'approcher de l'autel, c'est-à-dire de puriQer nos actions par un sentiment do componction ; et, pendant la messe même, le prêtre se lave le bout des doigts, pour se rappeler, selon saiatDenjs et saint Thomas, qu'il doit être exempt des moindres défauts; ces paroles de la messe : Elevons nos cœurs, nous invitent à repousser la tiédeur et les distractions. 3"* Ce qui nous excite à cette disposition, c'est surtout la grandeur et la dignité de cet auguste sacrement, et les fruits abondants dont nous priverait toute affec* tion vénielle; c'est encore la crainte et la respectueuse terreur avec laquelle nous devons nous approcher d'un Dieu si puissant et si élevé.
La sainte Eucharistie, pour augmenter en nous la grâce habituelle, n'exige pas une dévotion actuelle, excluant toute faute vénielle, mais seulement Tétat de grAce habituel qui exclut tout péché mortel. Cependant les péchés véniels empêchent l'effet de la spirituelle douceur; de sorte que celui qui communie avec tiédeur, à cause de ses habiliides vicieuses et des secours dont il se prive, empêche que la grâce de ce saint sacrement opère avec plus d'intensité ; bien plus, la iréquence des communions tièdes fait craindre de tomber dans le péché morteh
La troisième disposition pour s'approcher de la sainte table, consiste dans la morliiication des passions, et surtout dans la mortification extérieure. « Rappelons-nous, dit saint Grégoire, ce qu'est pour nous ce sacrifice, qui, pour l'absolution de nos fautes, imite touiouri la passion du Fils unique de Dieu. » fL. IV Dia/., c. 58.) « Qu'il purifie sa bouche de toute cette farine du siècle, celui qui désire goûter la céleste nourriture: s'il reste infecte de quelque passion terrestre, Dieu ne viendra pas dans son cœur. » (Saint Thomas de Villeneuve, couc. 1 De corp. Christ.) En voici la raison : de même que, dans le corps, pour qu'une médecine soit efficace, il faut sq débarrasser par la diète ou par des herbes purgatives, de tout aliment et de toute humeur nuisibles et su-
f»erflus, de même, à plus forte raison, dans 'âme, pour que ce céleste remède soit efficace, il faut purifier et repousser par la mortification les aliments des objets sensuels et les humeurs des passions coupables.
Il est très-vrai que la sainte Eucharistie apaise en nous les passions désordonnées et la concupiscence, parce que, selon saint Bernard, « ce sacrement produit en nous deux effets : il diminue le penchant aux fautes légères,|et tend à supprimer complètement le consentement aux fautes plus graves. Si VOU& ne ressentez plus aussi souvent, et avec autant d'amertume qu'autrefois, les mouvements de la colère , de l'envie , de la luxure, etc., rendez grâces au corps et au sang du Seigneur, de ce que la vertu du sacrement opère en vous, et réjouissez-vous
EtC
D'ASCETISME.