‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 90 sur 186 · ECC · texte numérisé non relu

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de voir se guérir la plaie bonleuse qui vous rongeait iotérieuremenl. » [Serm.in cœna.) liais pour obtenir cet effet, il nous faut coo* pérer à la grâce de Dieu. Si, tout en communiant souvent, on nes*exerce point h la pra-' tique de la mortification, on doit s'accuser soi-même de ne point avancer dans la perfection ; et si, tout en se nourrissant du Pain des anges, on prend toutefois plaisir à manger la nourriture des animaux, jamais . on ne pourra jouir d'une santé bonne et durable.

La quatrième disposition est de s'approcher de Ja sainte table avec réflexion, considération, ouméditcUion. C'est ce que montre ce texte : Celui qui mange et boit indignement^ mange et boit son jugement ^ ne faisant pas le iiiscememenl qu'il doit du corps du Seigneur, (i Cor. XI, 29.) Saint Jean Chrysoi>tome expliuue ainsi ces paroles : « C'est-à-dire, ne recnerchant pas, ne considérant pas, comme il le faut, la grandeur et la magnificence du présent que Dieu va lui faire. Si vous aviez soigneusement appris à connaître qui est celui que vous allez recevoir, et qui vous êtes vous-même, à qui il se donne, cette connaissance vous tiendrait lieu de toute autre d isposiiion, à moins que vous ne soyez le plus lâche des hommes. » (Hom. 28.) Aixs^i Alvarez de Paz nous dit : « Craignons, car beaucoup ne retirent que peu de iruit de la table sainte, parce qu'avant et après la communion ils ne veillent pas suRisamment sur eux-mêmes, et ne réfléchissent pas avec assez de resnect h celui qui va venir en eux, et après 1 avoir reçu, ne se pénètrent pas assez de la pensée .qu en ce jour le Saint des saints est descendu en eux. » (T. 111 De vil. spir.^ p. v, sect. 3» c. 2.) Saint Thomas {Opusc. lviii, c. 2) propose à ce sujet trois points do méditation accessibles à tous : le souvenir de celui qui nous a autrefois rachetés, qui maintenant veille sur nous, et qui daus l'avenir viendira nous juger.

Jean Avila(Enist. 2) pensait qu'il n'y avait rien d'excessif a consacrer une heure et demie à la méditation, pour se préparer h la célébration du saint sacrifice. Saint François de Borgia, comme beaucoupd'autres saints personnages, après la célébration des saints mystères, employait une demi-heure, et même une heure, à la méditation. Saint B ;oaventure (Reg. nov.^ c. k) veut que toute ia semaine soit une continuelle préparation à la communion du dimanche ; c'est ce que faisait saint Louis de Gonzague, qui consacrait trois jours à la préparation et trois autres jours à l'action de gnlces. L'Ecriture sainte.nous propose aussi rexenmle des premiers fidèles, qui persévéraient dans la doctrine des apôtreSf dans la communion de la fraction du pain et dans les prières. {Act xi, 42.) Nous devrions au moins vivre conti« nueilement comme ayant communié et devant communier souvent. Que le prêtre ne se contente jamais, pour préparation et pour action de grâces, de ces courtes et excellentes prières qu'il récite toujours pendant la messe. £n effet, selon la remarque du cardi*

Dictions. d'Ascétisme. I

nal Bona {Tr. de miss.^ c* 6)> autre chose est ce qu'il doit faire publiquement comme ministre de l'Ëgiise, et dont la mesure est réglée par l'Eglise même; autre chose est ce qu'on doit faire en particulier, selon la nécessité et l'intérêt de chacun, suivant ce conseil de l'Evangile : Entrez dons votre chambre, fermez-en la porte, et priez votre Père dans le secret. [Matth. vi, 6.)

La cinquième disposition pour s'approcher de la sainte table consiste dans une dévotion actuelle, aussi vive que la %vikv.Q de Dieu nous le permet. La dévotion, qui est très-importante et très-utile pour bien agir et pour bien prier, est surtout indispensable è l'usage salutaire de ce saint sacrement»; et si l'on ne peut toujours avoir une dévo-* tion sensible et accidentelle, qu'on ail au moins la dévotion spirituelle et substantielle : au reste, on doit les demander à Dieu l'une et l'autre par une humble prière. D'ailleurs il est certain que cette dévotion actuelle est nécessaire pour goûter la dou« ceur spirituelle, qui est l'effet de la sainte Eucharistie. Or ^ui ne désire la goûter» cette douceur qui contient toute sorte de délices et de suavité? Saint Bonaventure remarque q^ue, < si l'on ne ressent aucun sentiment de douceur dans la communion, c'est un signe de maladie ou de mort. Car elle a misle feu dans notre Ame et nous n'en ressentons pas la chaleur; elle a placé du miel sur nos lèvres, et nous n'en éprou* vous pas la douceur. Reconnaissons donc notre misère et réformons notre conduite. » ( Prmp. ad miss. )

Saint Laurent Justinien montre comment Dieu exige de tous les hommes un sentiment d'affectueuse dévotion, et comment»

selon le plus ou moins de charité qu'on possède, on éprouve d'une manière plus ou moins sensible l'effet de ce sacrement, de manière toutefois que le juste n'est jamais sans progresser dans la vie spirituelle. « Car bien que la dévotion convienne surtout à ce sacrement, il faut s'appliquer avant toiit à mener une conduite irréprochable, et re-* chercher ensuite la dévotion. Aussi ne doiton pas repousser de la sainte table du Seigneur un homme peu dévot, mais se con- Quisant avec justice, menant une vie vertueuse, reconnaissant humblement son infirmité, en faisant l'aveu sincère» et s'approchant avec respect de ce sacrement : un tel homme y puise insensiblement une nourriture et une vie spirituelles, y (L. de perf mon. , c. 19. ) ( Voyez saint Thomas db Villeneuve, 6'onc. de corp. Christs, et Rodri- CUEZ, p. II Exerc. perf. , tr. 8, c. 13. )

La sixième disposilion pour s'approcher de la lable sainte consiste dans la pratique de toutes les vertus et surtout de la chanté. L'Eucharistie est cette pierre blanche qui est donnée au vainqueur en même temps qu^ la manne cachée lApoc. ii, 17) ; celte pierre, disge, que le séraphin avait emportée do l'autel, et avec laquelle il toucha la bouche du prophète. ( Isai. i, 6. ) Elle est encore indiquée dans l'Agneau jiascal, figure de

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