EXE
surtout au coromeDcementy parce que, d'ordinaire, ils ont un côté scandaleux, et sont, du moins , d'un mauvais exemple pour le prochain ; et , en outre , parce qu'ils sont plus faciles à corriger que les défauts intérieurs, qui sont comme une partie de nousmêmes. Il est facile , du reste, de voir qu'il faut commencer par les choses plus faciles , afin d'ouvrir la voie pour les plus difficiles.
IV Le directeur demandera compte à son
fiénitent du progrès qu'il fait sur ce qui est 'objet de son examen particulier. Il lui indiquera des œuvres d'expiation et de pénitence en rapport avec les défauts dans lesquels il est tombé, et lui suggérera les moyens de remporter sur lui à I avenir une victoire plus complète. Et s'il remarquait en lui une trop grande négligence ou un manquement trop grave , il pourrait, en ex* piation de ces négligences, lui interdire la sainte communion; supposé cependant qu'il ait assez de vertu pour recevoir en paix et avec humilité ce genre de punition.
y. Le directeur prendra garde à ce que les pénitents, au lieu de profiter de ces examens pour leur avancement spirituel, n'y puisent , au contraire, un sentiment de d^ couragement fort nuisible h Tâme, ainsi qu'il arrive souvent chez les femmes, crain* tives de leur nature, surtout si à cette timidité naturelle vient se joindre l'action teoifilrice du démon. Car voyant que , malgré tant d'examens, elles avancent peu ou du moins n'avancent pas selon leur désir, et retombent de temps à autre dans les mêmes fautes, elles perdent courage et se persuadent que la perfection ne leur convient pas. Le directeur chassera de leurs cœurs ces ombres d'une vaine crainte ; il leur apprendra à supporter avec patience et sans perdre courage ces sentiments d'abattement , à en profiter pour voir combien elles sont fragi- Jes encore, et à mettre on Dieu seul toute leur confiance, il leur fera remarquer que )e Seigneur permet qu'elles retombent dans les mêmes fautes et qu'elles soient vaincues parles mêmes inclinations mauvaises, uniquement pour les convaincre de leur misère et les porter à en faire l'humble aveu, et surtout pour qu'elles se défient d'ellesmêmes et soient dans l'heureuse disposition non-seulement de n'attendre leur délivrance que de Dieu, mais aussi de la lui demander avec une grande confiance. Il s'attachera encore à leur faire comprendre que, quoique nous devions mettre tous nos soins à détruire nos défauts et à vaincre nos mauvaises inclinatious, cela cependant est un don de Dieu et une œuvre de la bonté; en outre que Dieu n'enrichit point ordinairement de telles grâces ceux qui perdent courage et se laissent aller à l'abattement, mais ceux-là seuls qui se défient d'eux-mêmes et mettent leur confiance en Dieu.
EXEMPLE DES SUPÉRIEURS. — C'est
Sarticulièrement au point de vue de Tinuence des exemples des supérieurs et des vieillards dans les communautés^ que nous
nous proposons de dire quelque chose sur cette matière, quoique ce que nous en dirons puisse également avoir son application dans le siècle. Tous ceux qui sont constitués en dignité de pouvoir, ou qui ont la dignité de l'âge, ce qui est aussi une puissance, sont tenus plus que les autres à donner bon exemple.
Commençons par nous appuyer sur des autorités: Nous lisons dans le ii* livre des Machabées que le vieillard Eléazar aima mieux mourir que de scandaliser plusieurs jeunes gens par une prévarication. Saint Cyprien, parlant des abus du siècle, dit ces paroles : Le second abus est de voir un vieillard sans religion, car plus les membres corporels s'usent, plus les membres de l'homme inlérieur doivent prendre de force. Saint Bonaventure dit do son côté que la seconde cause de relâchement dans les monastères, c'est le défaut de bons exemples dans ceux qui doivent diriger les autres: «car, dit-il, les nouveaux venus se laissent façonner par les anciens comme la cire reçoit l'impression d'un cachet. »
Trilhème fait cette réflexion tout à fait conforme à la raison : que les vieillards peuvent causer un grand scandale par une seule parole peu mesurée ou peu religieuse: les jeunes sont plus fa*cilement entraînés au relâchement et à la corruption par ceux qui doivent être naturellement leurs tuteurs et leurs guides.
Nous empruntons ici les paroles de Schram adressées à tous ceux qui ont le signe de l'âge ou de la prélature : « Nous avons, dit-il, des choses particulières à dire à ceux qui sont constitués en dignité :
« 1" SI par hasard des vieillards ont assez d'incommodités pour ne pouvoir se soumettre â toute l'étendue de la règle des monastères, du moins qu'ils servent Dieu et qu'ils remplissent fidèlement les devoirs de leur état en tout ce qui est en leur pouvoir : qu'ils donnent de bons conseils, qu'ils parlent un langage mesuré par la sagesse, car ceci est digne de leur âge; car nous li' sons dans Job : La sagesse est dans les an^ cienSf et la prudmce dans les années. » Saint Ambroise nous fait souvenir que dans les premiers siècles de l'Eglise, chaque Eglise avait ses anciens sans le conseil desquels on n'entreprenait rien d'important. Que les anciens se donnent donc de garde de donner dé mauvais conseils, soit par insuffisance d'instructions, soit par mauvais vouloirs qu'ils se gardent de donner occasion d'introduire le relâchement par certaines réflexions qui puissent être mal interprélées. Ils assumeront sur leur tête la responsabilité des plus grands maux futurs de la communauté.
« â"" Que les anciens et les supérieurs* soient doux et humbles. Il faut qu ils fas-sent effort sur eux-mêmes pour conquérir cette qualité de douceur et ae bonté, parce que leur âge et souvent leurs infirmités les. portent au contraire à la mélancolie et à la dureté. D'ailleurs leurs cheveux blancs
EXO
DICTLONNÂmE
EXO
semblent les autoriser à critiquer ce que font les autres, à se plaindre de tout, à se préoccuper de ce qui concerne leurs besoins, et les petites consolations de la vieillesse ; mais ils doivent se souvenir qu'ils doivent se surmonter eui-mômes, se mettre au-dessus et de leurs infirmités et de leur humeur» et se posséder complètement pour ne pas démentir la dignité de leur âge, conserver la douceur et la bonté du caractère, afin d'être indulgents sans laiblesse et de reprendre avec charité. Voici comment Innocent 111 leur parle : «c Le vieillard loue les a anciens, méprise les jeunes gens, prend « en haine le siècle présent, relève les temps « passés. Il est prudent qu*un vieillard s'abs- « tienne de ces comparaisons, qui blessent « la science et diminuent la confiance qu'ils <c doivent inspirer : Ils se font passer comme « des témoins infidèles ou passionnés d*un « temps qni n*est plus. VÈcclésiasle nous • avertit aétre prudent en ceci, car voici « comment il nous parle : Ne dites point que « les temps anciens furent meilleurs que les a nouveaux^ car cette réflexion est insensée. « Et voici pourquoi ajoute Innocent 111 : « c'est qu*on suppose comme certaine une « chose qui est douteuse, car il est difficile « de comparer avec équité et exactitude des c temps éloignés. »
« 3* Que les vieillards ne s'écartent point sans de très -fortes raisons des exercices communs de la communauté, qu'ils ne passent point les limites de la tempérance dans le boire et le manger, de peur de nuire et à leur santé et à l'édification qu'ils doivent aux plus jeunes. »
Voilà les avis que Schram donne aux anciens, nous les laissons dans leur] brièveté et leur sage gravité.
EXERCICES DE PIÉTÉ. — Voyez Orai- SON, Lecture spirituelle. Présence de Dieu.
EXORCISME. — Voir Possession. — L'exorcisme consiste dans le pouvoir qu'ont les hommes de commander aux démons, au nom du Seigneur, de sortir du corps des , possédés. Ce pouvoir a toujours été et est encore dans l'Église, soit d'une manière ex* traordinaire, comme grdee gratuitCf et il rentre alors dans la classe des miracles ; soit d'une manière ordinaire, entre les mains iÏQS ministres de l'Eglise qui sont revêtus de l'ordre de l'exorcisât.
L'Ecriture sainte le démontre. En eO*et (Matth. X, 1; Marc, m, 15; Lw:. ix, 1) Jésus-Christ a donné et a confirmé aux apôtres le pouvoir de chasser les démons. [Luc. x, 17. ) 11 a offert ce pouvoir à tous les fidèles en général, [Marc, xvi, 17.) Saint-Paul adjura et chassa le démon d'une pythonisse. ( Act. XVI, 18. ) Ce pouvoir a été donné nonseulement aux apôtres, mais aussi à leurs successeurs et h tous ceux qui croiront par eux, non en vertu de leur sainteté personnelle, mais comme une grftce miraculeuse ; car nous lisons en saint Matthieu (vu, 22) que beaucoup chasseront les démons, à qui
le Seigneur dir*» au jour du jugement : Jt ne vous connais pas. Ce n'est pas qu'il soit permis à tous indifféremment d'exorciser les démons, mais h ceux-là seuls que Dieu destine extraordinairement à cette fonction, ou que l'Eçlise y appelle ordinairement par
I ordre de l'exorcisât. Les Actes des apôtres (xix, 15)nous montrent la sévère punition de quelques exorcistes intrus. — Les conciles et les Pères ont suivi la même tradition catholique que l'Eglise a conservée jusgu'ici dans ses Rituels. Saint Cyprien écrit en ces termes à Démétrianus, proconsul païen : « Oh I si vous vouliez voir et entendre, quand nous adjurons les démons, quand nous les tourmentons par des flagellations spirituelles et par les supplices de nos paroles saintes, quand nous les chassons du corps des possédés? Ils poussect dos hurlements affreux; la puissance divine leur fait sentir les coups de fouet et de verges, et les force, avec une voix humaine, de rendre témoignage au Juge qui doit venir,>
Selon l'opinion commune des théologiens, l'eflic^cité des exorcismes à chasser le démon résulte non -seulement de l'œuvre de celui qui opère [ex opère operantis)^ mais aussi de l'œuvre opérée elle-même [ex opère operato); ce sentiment doit surtout être celui des personnes qui prétendent que l'exorcisât, comme les autres ordres mineurs, est uu véritable sacrement.
Pour que le remède des exorcismes soit efficace, il est certaines conditions que doit nécessairement remplir l'exorciste. On les trouve détaillées dans l'Instruction de Vexorciste^ du P. Pinamonti.
I. El d'abord l'exorciste doit faire usage des exorcismes approuvés par l'Eglise et contenus dan:» le Rituel romain, de Paul V.
II faut donc non-seulement un ministre établi spécialement par l'Eglise, mais encore les paroles prescrites par le Vicaire de Jésus-Christ, d autant plus que les autres formulaires d'exorcismes renferment bien des choses apocryphes, vaines et d'une orthodoxie douteuse; nous ne fai sons pas même d'exception pour les exorcismes qui se trouvent à la fin du Sacerdotal romain ; cette collection n'a pas reçu l'approbation spéciale du Souverain Pontife, et elle n'emprunte pas toujours à des auteurs certains et approuvés.
II. La vertu des exorcismes, d'après l'institution de Jésus-Christ, repose tout entière dans la plénitude de foi, tant de celui qui exorcise que de celui qui est exorcisé au
' nom de Jésus-Christ. L'Evangile nous démontre ei^pressément que cette condition est nécessaire et suffisante. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru. (Mare. XVI, 17.) Saint Matthieu (xvii) attribue au peu de foi des disciples leur impuissance à chasser un démon. Cest à cotise de votre incrédulité, (t. 19.) 0 race incrédule^ sécric t-il encore! (^ 16.) Jésus-Christ dit au père d'un démoniaque, en lui reprochant
EXO
D'ASCETISME.
EXO
son incrédulité (Marc, ix, 22) : Si vous pouviez croire^ car tout est possible à celui qui croit. Il n*en faut pas conclure que la prièrei le jeûne et les exorcismes sont superflus» puisque tout le succès est attribué a la foi. L'exorcisme est indispensable, pour que cette disposition de la foi produise son effet ex opère operaio : La prière et te jeûne forment une disposition médiate, car la prière augmente la foi. Aussi le père du démoniaque dont nous venons de parler 8*empressa-t-il de répondre à Jésus : Je croiSf Sdgneury aidez mon incrédulité. Les apôtres priaient le Seigneur d'augmenter en eux la foi. {Luc. xvii, 5.]
IIL II faut procéder dans les exorcismes par voie de compulsions avec un air de supériorité et de menace, et non par voie déprécaloire, qui dénote le moins du monde quelque infériorité ou familiarité. Jésus-. Christ nous en a lui-même donné Texemple [Maith. XVII ,^ 17) : Jésus le menaça et le démon sortit de ce corps. « Il y a, dit saint Thomas (2-2, q. 90, a. 2j, deux manières d*a(^urer : Tune par voie de déprécation, qui sent la prière et le respect; fautre par voie de compulsion. Il ne nous est pas permis d'adjurer les démons de la première manière; car elle semblerait témoigner de quelque sentiment de bienveillance et d*amitié envers le démon, ce qui est formellement interdit. »
fV. Dans les exorcismes, il faut faire usage de ce mode d^adjuration que nous venons d'indiquer; mais seulement dans le but de chasser les démons : car c'est seulement en vue de cette fin que Jésus- Christ a promis et accordé son pouvoir aux ministres désignés par l'Eglise, selon ces paroles (Matth. x, 1) : Il leur donna pouvoir sur les esprits immondes ^ afin qu'Us pussent les chasser. Saint Thomas ajoute à ce sujet (loc. et/., a. 2j : « Il n'est pas toutefois permis de les adjurer pour en apprendre ou pour en obtenir quelque chose; car ce serait la marque de relations illicites avec le démon.... Au lieu que les adjurer, pour les chasser, c'est repousser Tidée do toute nlliance avec eux. »
^ V. 11 faut user avec discernement des ^*iioyens qui tendent à l'expulsion du démon ; c'est-à-dire, il faut distinguer en quoi consiste la force principale des exorcismes, force qui réside dans Tadjuration faite avec foi, au nom de Jésus ou de la très-sainte Trinité.
Par cette foi requise pour l'efticaciié des exorcismes, on entend : l** cette foi qui, par un acte actuel, nous fait croire que Jésus- Christ, comme Dieu, peut toutes cnoses, et qu'il nous a promis l'expulsion du démon toutes les fois qu'elle nous est avantageuse et qu'elle est faite en son nom par ses ministres; 2° sous la dénomination de /bt, prise dans une large acception, est aussi comprise la confiance et Tespérance, et de plus un acte de la volonté, par lequel nous certifions effectivement en Jésus-Christ notre Seigneur que Texorcisme sera suivi
d'elîct. 3" Quelquefois h cette idée de foi est jointe une certaine inspiration, résultant d*un instinct spécial, bien qu'elle ne soit pas nécessaire, que l'effet doit se produire abso« lument ; mais il suftit communément de la /bt, sous condition tacite, que reflet soit utile, et que nous ne manquions d'aucune des dispositions requises ; &** quoique la foi ne puisse être sufusante, sans la charité, comme le déclare l'Apôtre (/ Cor. xiii, 2), souvent néanmoins la charité est utile à l'effet, en facilitant la plénitude de la foi ; 5° bien que la foi soit communément requise de la part de l'exorciste et de celle du possédé, souvent cependant la plénitude et la surabondance de la foi, soit dans l'exorciste seul, soit dans le possédé seul, soit môme dans son père ou dans un autre, supplée à ce qui viendrait à manquer dans l'exorciste ou le possédé.
L'adjuration prescrite par voie de compulsion doit être grave et sévère, mais non au point de dégénérer en colère, fureur ou orgueil. Ce n'est pas par orgueil qu'on peut chasser le superbe, mais par une humble supériorité. Aussi le Rituel ne parle-t-il ni des soufflets, ni des flagellations, ni de toutes ces autres manières de tourmenter le démon en lui crachant au visage, en le foulant aux pieds, en faisant brûler des herbes ou des matières nauséabondes, etc., etc. Car de la sorte c'est le possédé plutôt que le démon qu'on fait souffrir. Ce serait d'ailleurs une superstition que d'attacher à ces pratiques
auelque propriété spéciale pour Texpulsion u démon. Si l'on ne veut en faire qu'un usage modéré, et qu'on ne les regarde que comme de simples cérémonies, pour exprimer tout son mépris pour le démon, ilest préférable et nlus efScace, à l'exemple de Jésus-Christ, de su contenter de paroles me* naçantes. Quant aux moyens employés dans certains cas par quelques saints, ils leuront été suggérés par une impulsion spéciale: Ainsi Tobie chassa le démon par la fumée d'un poisson qui lui avait été particulièrement désigné. {Tob, vi, 8.) Selon l'opinion générale, ce moyen était tout symbolique, et seulement applicable dans ce cas : d'ailleurs il est probable que Dieu avait inspiré au démon, comme punition, une horreur toute particulière pour cette espèce do poisson» par un motif qui nous est inconnu. QuanI au cercle de Salomon, et à cette herbe qu'on place sous le nez du démoniaque , en récitant la formule d'adjuration , pratiques ra« contées par l'historien Josèpbe ( I. vin Antiq.^ c. 2), elles ne méritent pas grande confiance» Comme les exorcismes n'ont d'autre fin
3ue l'expulsion du démon, le Rituel réprouve 'une manière tacite, et les autres auteurs expressément, les abus suivants : 1° Il faut éviter toute vaine curiosité d'apprendre quelque chose du démon, et de voir quelque spectacle extraordinaire. Ce serait commettre un péché grave, si peu importante qu'en pourrait être la matière; car ne pouvant con* traindre le démon à dire la vérité, ou s'expose au danger de tomber dans une grande
EXO
EXO
erreur ou de couiiuetlre quelque mal. 2^ 11 faut éviter d'adresser aucune question au démon, môme en vue d*un grand bien. Ces
auestions ne sont d*aucune utilité pour la n de Texorcisme; Texorciste d'ailleurs n*a aucun pouvoir pour les adresser. 3^ 11 faut éviter de demander frivolement au démon s'il possède réellement Tbomme du corps duquel on veut le chasser. 11 est d'autres marques sufiUsamment caractéristiques pour faire reconnaître la possession. 4° Il faut éviter de laisser Je démon discourir sur des choses étrangères, et lui ordonner., selon le Rituel et d'après l'exemple de Jésus-Christ, de répondre uniquement aux questions qu'on lui adresse. (Marc, i, 25; Luc, iv, 35.) TaiS' ioii lui dit le Seigneur, et sors dé cet homme. On peul toulel'ois demander le nombre et le nom ies esprits qui tourmentent le possédé, répoque où ils y sont entrés, la cause de la possession et la manière dont elle s'est opérée: por exemple, si c*està la suite d'une conjuration magitjue : et dans ce cas il faut brûler tout ce qui a servi à la conjuration. 11 faut leur ordonner aussi de marquer par un signe certain le jour et l'heure de leur sortie, ainsi par l'extinction d'une lumière. Toutes ces pratiques nous sont prescrites
f>ar l'Eglise et par Jésus-Christ lui-même Lucm VIII, 30), qui demanda au démon : Quel est ton nom? Qui fit celte question au père d*un démoniaque: Combien de temps et depuis quand estril dans cet état? Elles ont pour effet de faciliter et de rendre plus naturelle l'expulsion des démons. On peut avoir l'espérance de contraindre le démon à dire la vérité: si néanmoins il refuse de répondre à ces particularités, de peu d'importance au fond, il faut se garder ay insisterplus longtemps, et procéder par des moyens plus substantiels. Au reste, il faut s'interdire absolument toutes les pratiques vaines et frivoles indiquées par quelques formulaires d'exorcismes ou par le Sacerdotal, et omises par le Rituel; comme d'exiger un serment du démon , de lui commander, sous peine d'excommunication, de l'envoyer pour un siècle dans un étang de feu, de l'adjurer par les noms de Dieu les moins usités , ou par des créatures couine soient point d'une sainteté toute particulière ; de brûler dans un feu nouveau le nom du démon écrit sur un billet; d'éprouver si c'est véritablement le démon, par des reliques supposées et de fausses adjurations, etc., etc.
11 est encore quelques considérations importantes pour le légitime emploi des exorcismes: le P. Régnera les a résumées dans sa Théologie mystique (t. 1", p. 737).
1. 11 n'est pas permis d'adjurer un démon supérieur, atin qu'il chasse les démons inférieurs. Car si ce démon est hors du corps du possédé, le pouvoir des exorcismes ne s'étend pas à proprement parler jusqu'à lui; s'il est dans le corps du possédé, l'exorcisme a assez d'eiticaciié pour chasser à la fois, et sans besoin d'un secours étranger, le démon supérieur et les inférieurs. (F. Pi-
WÀMONTI, c. 7.)
11. L'exorciste ne peut adjurer le démon de se rendre en tel ou tel neu où son in-^ fluence soit moins nuisible ; car , ni son ordination, ni TEvançile, ni le Rituel, ne lui ont conféré un semblable pouvoir. Il peut tout au plus prier à cet effet le Seigneur» quoiqu'il soit préférable de s'en remettre sur ce point à la divine Providence. L'exemple de l'archange Raphaël , qui relègue le démon dans les déserts de la haute Egypte {Tob. VIII, 3), et de quelques saints, ne peut servir de règle pour tous les fldèles : on doit seulement se contenter de lui interdire tout retour, selon le Rituel et l'exemple de Jésus^ Christ {Marc, ix, 24) : Je te commande de sortit de cet hommcy et de n*y plus jamais rentrer. Il faut aussi se garder de tout arrangement avec le démon , comme de lui permettre d'entrer dans un autre corps, h condition au'il sortira de celui d'où on veut le chasser. Car ce serait faire injure au pouvoir de chasser les démons, accordé À l'élise d'une manière absolue. 11 ne faut pas d'ailleurs faire le mal pour qu'il en résulte du bien. On ne doit pas même leur accorder la faculté d'entrer dans un troupeau de porcs : car , si Jésus-Christ leur en a donné la permission, c'était dans une fin spéciale de sa divine Providence.
m. L*exorciste ne peut, par l'adjuration» précipiter le démon dans Venfer^ ni lui accorder sur sa demande, et à la condition qu'il sortira du possédé, Tautorisation de ne pas retourner en enfer. Tout cela dépasse son pouvoir et n'appartient qu'à Dieu seul, le souverain juge. On ne doit point s'autoriser de l'exemple de Jésus-Christ (/. c, 31] ; car seul il a les clefs de la mort et de t en fer lApoc» i , 18). D'ailleurs, à la demande qui lui était adressée, Jésus-Ghrist, pour notre instruction, ne voulut rien répondre, et se contenta d'ordonner à l'esprit immonde desortir de cet homme (viii, 28). Enfin il pouvait faire cette concession, lui qui, par un privilège spécial de Dieu, avait reçu le pouvoir d'envoyer le démon où il voulait.
IV. L'exorciste ne peut infliger aux démons possesseurs de nouveaux châtiments:
la peine substantielle de la damnation qu'ils endurent est infinie : ils ont dépassé toute limite, et ne peuvent plus encourir aucun accroissement de souffrances. On peut néanmoins quelquefois au moyen des exorcismes les tourmenter terriblement par des châtiments accidentels; soit parce que l'esprit superbe a la plus vive répugnance à se soumettre au ministre de Dieu ; soit parce que dans Texorcisme il est rudement menacé, méprisé et foulé aux pieds au nom de Jésus; soit enfin parce au'on lui rappelle le jour du jugement, pour lequel il a la répugnance la plus ppolonde, et qu'on le contraint, malgré sa résistance , de Quitter le corps du possédé. Voici ce Que le Rituel prescrit à ce sujet : « Quand 1 exorciste est arrivé à la formule comminatoire , qu'il la répète à diverses reprises, en ayant soin de toujours augmenter le châtiment , s'il voit que sa menace fait impression, qu'il y per-
EXT
D'ASCIETISME.
EXT