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sévère peDdani deux, trois» quatre heures et plus encore, autant qu'il lui sera possible, jusqu'à ce ou'il ait remporté une victoire complète. Qu'il dise dans son exorcisme : plus tu tarderas à sortir, plus ta punition sera rigoureuse, il doit aussi terminer chacune de ses prières, outre la formule habituelle, au nom du Seigneur Jésus, par cette conclusion : qui doit venir juger les vivants et les mortSy et purifier le siècle par le feu. » Saint Luc (viii, 28) nous le démontre par l'exemple de ce démoniaque, dont le démon dit à Jésus : Je vo%u conjure de ne pas me iourmen^er; l'évangéliste indique pour raison de cette prière, que le Seigneur ordonnait à Vesjprit immonde de sortir de cet homme. On est souvent embarrassé de comprendre
Ï)Ourquoi certains démons résistent plus ongtemps que les autres à l'efficacité des exorcismes. On peut répondre que cette résistance a pour cause unique et particulière l'absence de toutes les dispositions requises dans l'exorciste ou dans le possédé. Néanmoins, la puissance, la malice, la ruse, le nombre des démons possesseurs, et la longue durée de la possession, peuvent y être pour quelque chose. Mais comme la promesse de Jésus - Christ est absolue et qu'elle ne peut se modifier que par le défaut des dispositions nécessaires; comme d'ailleurs 1 expulsion du démon est toiyours utile, la cause principale de la résistance du démon n'est autre que l'insuffisance des dispositions. Or, la principale de ces dispositions, celle qui rend l'efiicacité de l'exorcisme plus prompte et plus facile, c'est la foi, comme nous l'avons déjà dit : nous ne devons donc omettre aucun effort pour exciter en nous la foi.
L'expulsion des démons par les exorcismes, avec toutes les dispositions requises, est fréquemment suivie a'effet, bien qu'elle ne soit pas absolument infaillible; car parfois la possession diabolique est utile à ravancement spirituel de l'âme: « Lorsque, dit saint Augustin (L. LXXXlll^ Quœst.^ q. 79), les puissancesde l'enfer résistent- à ces adjurations, c'est par un secret dessein de Dieu, qui juge la possession juste et utile,... soit pour confondre les méchants, quand il faut les confondre,... soit pour instruire les bons et augmenter en eux la foi. » (Foy.'O»-
SBSSION.l
EXPIATION. — Yoy. Péiutbiice, Mortification.
EXTASE, — Qu'est-ce que l'extase? Laissons répondre le docteur d'Uyppone à Simpiicius : c'est une élévation cie l'Ame audessus des sens du corps {Mentis alienaiio a sensibus corporis).
Les visions, les paroles intérieures, les révélations, les prophéties accompagnent souvent les ravissements et les extases.
Essayons maintenant de pénétrer plus avant dans sa nature : « Dans l'extase , dit saint Thomas ( 1-2, 28), on soutfre quelque chose, parce qu'on est entraîné hors de soi (et en ce cas l'extase est formelle), ce qui arrive selon la force appré-
hensive, et quelquefois selon la force appétilive. »
« Par rapport à la force appréhensive, continue le Docteur angélique, on dit quç quelqu'un est en extase quand il se trouve placé en dehors de la connaissance qui lui est naturelle, soit parce qu*il est élevé à un ordre de choses sublimes, comme lorsqu'il saisit des choses qui surpassent^ les sens et le raisonnement ordinaire; soit même lorsqu'il est emporté par une espèce de furie. Il v a extase dans la partie sensitive quand l'amour et le désir d'un être se porte totalement sur un autre, en sortant pour ainsi dire de soi-même. La première sorte d'extase est dispositivement produire par l'amour en méditant sur son bien aimé; or une méditation intense sur un objet éloigne de tous les autres, et l'amour pro-r duit par là directement la seconde extase. »
Dans l'extase, dit Alvarez, l'Ame est opdioairement privée de Tusage des sens : Elle ne jouit, selon Harpius, que d'une puissance végétative (c'est-à-dire animale) à faire ses actions, car elle ne connaît plus rien et si cet état durait, le corps succomberait d'inanition.
Qu'est-ce que le ravissement? C'est une espèce d'extase plus douce. Nous venons de voir que saint Thomas y suppose de la soulTrance ; mais il n'y en a pas dans le ravissement. Voici comment Scacchus saisit cette différence : « Dans l'extase il y a de la douleur, dans le ravissement de la force et une certaine violence. » Ce que les mystiques entendent d'une violente commotion corporelle, comme lorsque les aliénés sont ou se croient transportés dans les airs : Laurea pense cependant que ces deux états se confondent souvent. Nous suivrons ce dernier sentiment selon Laurea, Durand, et nous diviserons l'extase et le ravissement en, 1* naturel; 2* démoniaque; d*" divin.
h De V extase naturelle. — C'est celle qui est due à des causes naturelles, par exemple à la maladie, ou à un violent effort d^ l'imagination, à une violente application de l'ftme à des choses fort élevées.
Comment vient-elle de la maladie? d'abord de \a maladie que les médecins appellent la catalepsie; car dès que le patient en est saisi, il est privé de tout mouvement et sentiment, et il demeure immobile et roidement crispé, cemme il se trouve an début, par exemple, les yeux fixes et ouverts, conservant le raêm^e visage que s'il était éveillé, quoiqu'il soit évanoui. Lé médecin Zaccnias donne à ce sujet des explications tirées de la nature du cerveau»! de la quantité des esprits vitaux, pour peindre la nature de cette espèce d'extase naturelle, qui dérive en général de la* faiblesse dps organes. [Quest. méd. leg.p I. IV.) Ensuite Texlase naturelle peiit venir d*une imagination fortement préoccupée;, alors les esprits animaux adluelit au cer«* veau, et empêchent Texercice des sens extérieurs qui y ont leur premier moteur :
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DiCTIONNAlUE
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plus rimngination est follement préoccuj)éo, pjus TafQuerice dus esnrili est grande, plus oussi l*exlase est prolongée et forte : c'est une espècH d'extase de ce genre» prise de t'imagination qu'éprouvait sans doute saint Thomas à la table de saint Louis, lorsque, se croyant seul au milieu de toule la cour, il argumentait d'une manière irrésistible contre les manichéens.
K y a donc des extases naturelles, quoique ce ne soit en effet pas de véritables extases par comparaison aux extases divines; et toutefois les extases naturelles sont désignées dansl'Ëcriture sainte. Ainsi il est dit d*lsaac, qu'il fut saisi d'une véhémente stupeur^ tombant dans une admiration plus grande qu'on ne peut dire... Isaac fut emporté dans une granae extase. Ainsi : on dit de Nabal que son cœur se mourait intérieurement, et devint comme une pierre, parce que, dit Sanctius, il fut tellement surpris qu'il perdit l'usage de ses sens, ce qui arrive souvent dans les grandes commotions et la douleur.
On peut prouver la même chose par les saints Pères. Saint Augustin dit du prêtre llestitut, qu'on le priait souvent d'opérer certaines extases admirables , avec des tons de voix prodigieusement lamentable, et en même temps il était tellement ravi hors de lui-môme, qu'il tombait ensuite comme un mort. Alors il ne sentait plus rien, ni les coups, ni les tiraillements : on pouvait même le brûler sans le réveiller et sans douleur, si ce n'est après ce ravissement. 11 perdait jusqu'à la respiration; ensuite,
Juand il commençait à parler, on entendait es sons singuliers comme ceux d'une voix humaine qui arrive d'un grand lointain.
Saint Thomas dit que l'extase naturelle arrive de la même manière que si on tombait dans l'imbécillité mentale. Saint François de Sales rapporte que certains philosophes tombaient dans l'extase par suite d'une application extraordinaire à des objets forts élevés. Ainsi il dit de Socrate, que sa pensée s'étant un jour fixée sur un certain objet, il resta immobile dans la même posture pendant un iour tout entier. Marsilô Ficin rapporte d autres exemples qu'il serait peut-être difficiles de vérifier : Kpiniinide aurait dormi pendant cinquante ans, vivant comme sans le secours des sens; Pythagore pendant dix ans; Zoroastre resta enfermé pendant vingt ans. Il dit de Platon qu'il fut souvent ravi dans les hautes contemplations et succomba enfin à l'un de ces ravissements; Xénocrate était ravi tous les jours pendant une heure : Archimède était tellement absorbé dans ses démonstrations qu'il ne s'aperçut ni que sa patrie succombait ni qu'if succombait avec elle; Plolin sentait son corps comme se dissoudre, cl alors il avait des idées plus hautes qu'à l'ordinaire.
Selon saint Thomas la raison nous dit qu'il doit en être quelquefois ainsi. L'imagination étant une fois violemment tendue et fixement arrêtée sur un objet, tous les
esprits animaux,, destinés aux mouvements externes et internes du sens confinant vers le cerveau, il arrive que tous les sens semblent suspendre leurs fonctions et leur mouvement plus complètement que dans le som* meil. Même dans le sommeil il est des cas où l'engourdissement est si profond qu*il ressemble à de l'anéantissement. Ainsi aans l'extase ou le ravissement, soit par l'effet d'une chose fortement imaginée, soit par une infirmité naturelle ties principaux organes, peut-on être privé do mouvement?
D'où nous pouvons conclure que les états que nous venons d'examiner peuvent être réeliementappelé dos extases, maiselles sont imparfaites si on les compare, comme nous le verrons, aux extases surnaturelles. Le sommeil, en tant qu'il ne dépasse pas les limites d'un véritable sommeil, n'est pas un état extatique, car il n'a aucune pensée. Il en est de même des maladies qui ne sort qu'une suspension des opérations de l'esprit, aussi bien que du corps.
£n vertu de l'extase naturelle, il n'arrivera jamais que l'Ame quitte un seul instant le corps, comme l'ont soutenu queli^ues au leurs. Car c'est là un prodige que Dieu seul peutopérer, en suspendant les lois naturel les : il ne se rencontre donc pas dans Textase naturelle. S'il y avait réellement séparation» dit Tertullien, ce serait la mort, et rien de plus, et s'il n'y a pas mort, il ne peut y avoir autre chose qu'une vraie chimère.
Dans l'extase produite par une violente application de l'imagination , Tusege des sens est suspendu, mais non l'usage de l'imagination.
Le premier sisne d'une extase naturelle est l'état maladif d'une personne, un état d'infirmité habituelle. Telles sont, suivant Sacchii : l'apoplexie, l'épilepsie, la léthargie, la catalepsie, et d'autres maladies dites somnambules. Ceux qui sont affectés de ces dernières apparaissent dans un état qui est entre le sommeil et la veille. Mais les autres deviennent comme des êtres insensibles et inanimés; et on en a vu plusieurs qui, revenus à eux mêmes, se rappelaient (ravoir vu et entendu dans leurs évanouissements des choses inouïes et fort extraordinaires.
Le second signe, c'est l'époque des extases. Si l'extase a un temps déterminé et régulier dans ses retours, il est très-présumable que c'est une extase naturelle; car si elle dérive des humeurs et d'une certaine complexion, on comprend qu'il doit en résulter des crises périodiques, comme le mou^ vement même des humeurs maladives. Toutes les fièvres à peu près ont de ces intermittences qu'on peut généralement réduire à certaines périodes à peu près prévues.
Troisième signe : la souffrance qui suit. Si quelqu'un paraît avoir éprouvé une extase, etqu'ensuite il tombe en apoplexie, en paralysie, ou dans une autre maladie qui y ail du rapport, on peut conclure que cest là simplement une extase naturelle dans le genre de celles dont nous avons parlé, et qui se termine souvent par la n:o. t.
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Car sainto Thérèse nous assure» et elle en a le droit, elle a si souvent éprouvé un élat extraordinaire et d*nfte manière si variée ; elle assure^ dis^je, que Textase divine ne iTorle janoais au corps le dommage d une maladie corporelle^ quoiqu'on puisse être souffrant pendant Textase*; mais, nu confite, qu'aprte l^efltet est quelqaefois de rendre sain un corps qui était malade. Alvarez dans sa Vie spintudle assure aussi qu*il est bien merveilleux qu'en sortant de l'extase au lieu de sentir son corps faible, ce que l'on peut ))révoir après de telles commotions, au con* traire, on ie sentait fort, dégagé de ses infirmités habituelles.
Quatrième signe : One granite lassitude de membres. Si on éprouve cet effet, c^est un signe aue Textase qui a lieu a été purement naturelle. C*est dans cette différence que 2acchia place la séparation des deux extases divine et naturelle ; la première opère un effet de force, et l'autre ae faiblesse. Buraïad dit aussi « que ^e corps de celui qui est élevé à la contemplation extatique, ne tombt point par suite dans la débilité et la faiblesse, mais devient fort et acquiert une nouvelle vigueur. » Les auditeurs do la Rote ont aussi observé, à l'occasion de la vie des serviteurs de Dieu> que ceux rrai frersévéraient dans l^extase, une foisqu^ils revenaient à leurs sens naturels y revenaient souvent avec la plénitude de leur santé, et })rèt8 à supporter toutes sortes de travaux.
Cependant n^oublions pas que dans Tei»
tase elle-même le eorps est laible. Daniel iyi-mémeoous l'apprend: JTai pu u9u tision^ dit-il, ef i7 ne me re$ia ameune férce^ et ma face a changé; je maigrie^ et je perdais toute ma puissance. Toute Ta force de Tâme étant concentrée et appliquée aux choses divines, la chaleur vitale se précipite vers le cerveau |K)ur les fonctions de l'Ame, il en résulte un affaiblissement des forces du reste du corps ; il se refroidit, pâlit et finit par s'enflnmmer. Gassien fait ainsi parler Tabbé Jean : «Parla volon'édeNotreSeigneur Jésus* CIirist,jeraesouviensd'avoirsouventéprouvé dès ravissements tels que je ne me souvenais plus du fardeau de mon corps; j'étais comme un être privé do cette fragile enveloppe, et comme exilé hors de moi-même; ni mes yeux, ni mes oreilles ne remplissaient leurs propres fonctions, et alors I esprit se remplissait de méditations divines et de théories spirituelles , j'arrivais jusqu'au soir sans savoir queje n'avais pris aucune nourriture. » Et sainte Thérèse dépeint dans son Château de l'âme le même état; elle parie des souffrances de celui qui est ravi en extase, et le peint comme privé de chaleur, manquant de respiration, n'éprouvant pas le moindre mouvement, ni le moindre souffle : ajoutons à cela la rigidité des membres, le froid et la nftleur du visage, et tous les symptômes des mourants et des morts.
Cinquième signe : L'oubli des choses passées. Si, après l'extase, après le ravissement de l'esprit, on a oublié ce qui s'est
DiCTiONN. d'Ascétisme. I.
passé, c'est encore une marque que l'effet est purement naturel. Ce n'est pas à dire que dans les extases surnaturelles on se souvienne toujours de ce qui s'est passé, et dans ce cas, on a recours a d'autres signes peur découvrir sa vraie origine, mais la règle générale est que, dans l'extase naturelle, on ne se souvient de rien, et dans l'extase divine, Pêsprit conserve le souvenir de ses impressions.
Sixième signe : L^amour des choses terrestres. Si pendant que quelqu'un tombe en eltase> il était occupé de choses terrestres, de soins mondains^ c'est une marque que Tex tase est naturelle; car l'extase divine ne peut prendre son origine que dans le pur amour, dans l^amour surnaturel.
Septième signe : Si elle vient de la peur. Lorsquec'estparsuited'un événement triste, qui accable l'Ame, qu'arrive Textase, c*est encore une marque qu'elle n'est que l'accomplissement d'une loi de la nature, comme cela s'est vu dans Jacob et Nabal.
Huitième signe : Quand elle arrive par suite d'une musique qui charme les sens. La musique exerce une puissante influence sur nos sens. Il est certaines organisations surtout sur lesquelles elle opère des effets prodigieux ; il n'est pas surprenant que , dans certaines circonstances, les sens en soient complètement endormis et paralysés, comme l'attestent Cassiodore et bom Calmet.
11. Arrivons maintenant à la seconde espèce d'extase ;. c'est celle que nous appelons démoniaque, lorsque les démons reçoivent le pouvoir de lier les sens extérieurs.
Pour savoir comment cela peut arriver, nous laisserons Delrio nous l'eipliquer.
« L'extasci ou le ravissement , dit-il, peut être causée par le démons en liant ou en relâchant les sens extérieurs, et cela, par deux moyens. Il produit le premier effet en obstruant les conduits par où les esprits du cerveau arrivent aut sens extérieurs, et alors se produit le môme phénomène que dans le sommeil. Le second effet a lieu lorsgue le démon rappelle avec violence les esprits ré^ pandus dans les extrémités, dans les ép> nouissements nerveux vers le centre, et les y retient. Alors il y a embarras et confusion dans le centre, et tous les mouvements et toutes les pensées sont troublés ou suspendus. » Le même auteur soutient que « celte cause du ravissement naturel ne surpasse point la puissance du démon. »
11 existe des extases démoniaques. Voilà une proposition qu'on peut établir. Mais observons d^aborJ que ce ne sont pas, à proprement parler, des extases, si on les compare aux divines. Prouvons-le par l'Ecriture sainte. Au livre du Deutéronome^ on reprend sévèrement ceux qui consultaient les Pythonisses, ou les personnes en qui se trouvait l'esprit pythonique. Si nous con-> sultons saint Augustin, outre l'exemple que nous avons rap|)Orté, que Durand fait servir 5 prouver les extases démoniaques, ce Père dit encore, en parlant de l'extase, que, lors«
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que Tesprit est complètement emporté hors des sens et absorbé dans une pensée qui vous emporte et vous étourdit, cela peut arriver par Topération du démon. Dans un nuire lieu, le même Père parle encore des hallucinations des fantômes intellectuels qui ne sont qu*un jeu malin de Satan.
Saint Thomas prouve que des extases peuvent arriver par l'influence du démon, comme cela se démontre par les possédés. Et saint François de Sales {Traité de Vamour de Dieu) assure aussi que Tesprit malin peut entraîner rinlelligence comme en extase, el lui fournir la connaissance de choses admirables, qui la tiennent comme suspendue au-dessus des choses naturelles, et, par de telles connaissances, prouver en nous certains cCTetsd'un amourtendre, mais vain.
Ou poutrait fournir des exemples de [mïreils faits. Terluliicn rapporte qu'une certaine prophétesse avait coutume de prophétiser pendant la célébration des saints mystères» et ensuite tombait en extase.
Il voulait, sans doute, parler de Priscilla qui s'était attachée à l'hérétique Montan. Uelrio rapporte, d'après Olaïus, qu'un enchanteur donnait des réponses touchant des secrets et des choses futures, et dit qu'il paraissait à peine faire usage de ses sens.
Torrebianca dit qu'une certaine vierge de Cordoue, Madelaine de la Croix, avait acquis ]q réputation d*une sainteà force d'éprouver ties ravissements diaboliquesqui séduisaient les simples. Gerson ajoute deux autres exemples à ceux-ci, et beaucoup d'autres en fournissent un grand nombre. « Il ne doit pas paraître merveilleux, dit saint Frangois de Siales , que le démon, se transformant en ange de lumière, pour séduire les Ames et tromper- les hommes faibles, opère des ravissements dans ceux qui ne sont que faiblement confirmés dans la doctrine et la piété chrélienne. »
Au surplus, l'extase naturelle ne dépasse
fias les ibrciis du démon , comme nous 'avons vu : il peut lier les sens, et obstruer tes passages des esprits animaux, tandis
au'ils se portent au cerveau ou qu'ils en escendent, et cela mèuie médiatement en appliquant un esprit faible avec une violente attention à un olîjet, ou par une autre cause naturelle.
Voyons maintenant si dans Textase démoniaque le corps peut être élevé en l'air. Dans l'extase naturelle l'Ame ne peut abandonner le corps ni sortir pour y rentrer comme il arrive dans les véritables extases : cependant il peut se faire qie le corps soit élevé au-dessus de terre. On rapporte comme un fait notoire, d'après Jamblique, quePylhagorese trouva le même jour en Sicile et dans des régions éloignées de l'Italie; ce qui ne pouvait avoir lieu que par l'entremise du démon : Simon le Magicien fut aussi élevé très-haut dans les airs, Bir les démons, mais avec la permission de iea, en sorte qu'il paraissait voler; mais h la prière de saint Pierre , les démons le lâchèrent et il fut brisé dans sa chute. Mal-
§ré le silence d'Eusèbe, on ne peut douter e Tauthenticité de ce fait rapporté par tous lesautres écrivains ecclésiastiques du temps. Madeleinede laCroir fut élevéeeu l'air par les démons à la vue d'une foule de spectateurs. Il s'est trouvé cependant que dans certains cas d'ascension il n'y avait qu'un prestige pour la vue : mais ces faits n'inCrment pas par eux-mêmes la véracité de ceux que nous venons do rap))0rter.
Il y a plus : il peut arriver quelquefois que contre la règle générale qui veut , d'après la sentence uivine, que les corns morts soient, peu de temps après, livrés a la corruption, et qu'ils retournent à la poussière, les démons préservent certains cadavres de la corruption pendant (quelque t< rops , soit en recourant à certains principes cachés dans la nature qu'ils distinguent mieux que nous et dont ils se servent comme do condiment et de préservatif de ta corruption , soit en usant d'autres précautions comme suggérant à certaines personnes l'usage d'aliments particuliers qui peuvent donner aux cadavres une certaine force contre la dissolution en de.<sséchant les parties après la mort. On conçoit, en effet, aue ce que les hommes peuvent obtenir à force d'art, en interrogeant les secrets de la nature, les démons, toujours avec la permission de Dieu, peuvent, h plus forte raison, l'obtenir, car ils connaissent beaucoup mieux les vertus secrètes de certains corps , leurs elfets dans les combinaisons chimiques ; et Benoît XIV nous apprend que dans la discussion dos causes de canonisation, on s'applique à discerner les cas qui, dans les faiis de cette nature, doivent être attribués soit à Dieu, soit au démon, soit à la nature seule. Les Gri'cs sehismatiques ont trouvé quelques cadavres non corrompus, mais horribles, dont ils ont tiré un argument en faveur de leur déplorable schisme. Mais ie& BoUandibtcs ont démontré que souvent ils mêlaient le vrai au faux, cependant qu'il pouvait fort bien arriver que le démon produisit sur quelques-uns de leurs cadavres des effets naturels, mais inexplicables, tels que ceux dont nous avons parlé.
Signes de Vextase diabolique, — Le premier : Une mauvaise vie... Par exemple, si un homme entrait en extase dans le moment même où il se rendrait coupable d'une mauvaise aclion.
Le second signe d'une extase dial>olique est l'indécence dans les mouvements du corps. Si pendant que dure cet état on remarquait un grand désordre, une agitation comme furibonde daus les membres, dans les manières et dans les poses; ce serait un signe que le démon est un des moteurs du l'accident. Voici comment le cardinal C«ijéta'n parle à ce sujet : < Comme la grâce , selon sa nature, sa Qn et ses effets connus* tend à perfectionner et non à détruire, à diminuer ou à violer , on peut dire que si dans l'extase il y a violent désordre de la nature physique , il n'jr a rien du Saint-Esprit. De même s'il arrivait, pendant l'acci*
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D'ASCETISME.
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dent, que la personne , aliénée de ses sens, se Iroavatt dans une position à offenser la pudeur, à moins que les assistants n*interposent leurs précautions, la mauvaise origine de ce que le patient éprouve le fait imputer au démon. Dès qu'on pourra donc remarquer quelque chose d^indëcenl, soit dans les mouvements intérieurs, soit dans les mouvements extérieurs du patient, quelque chose qui blesse la nature ou qui blesse les mœurs, on peut déduire, à coup sûr> cu^il y a ou infirmité ou illusion diabolique, mais qu*ii n'y a rien de 5»urndturel ou de prophétique. » Gravina tient le môme sentiment que Cajétan.
.^joutons i ces remarques, qu*il faut user de prudence et de réserve dans Tappréciatiou de ce signe. Il ne faudrait pas prendre tout mouvement du corps inusité pour indécent et désordonné. Richard de Sa int-Victor compare l'extasié à un poisson jouant dans l'eau et sautant même par-dessus les eaux. On rapporte de saint Philippe de Néri que pendant qu'il célébrait la messe il était si vivement agité de corps que l'autel tremblait, et que sa joie était si véhémente à l'offertoire qu'il ressemblait à un paralytique, et il ne pouvait verser l'eau dans le calice qu'en appuyant son bras sur l'autel. De m^me encore pendant Télévation ses bras restaient roidement étendus et il ne pouvait les ramener, et à la communion sa foie élait telle qu'appuyé sur Textrémité de ses pieds, il paraissait danser. On pourrait aussi rapporter certains traits de la vie de sainte Madeleine de Pazzi, qui font comprendre que tous les mouvements insolites et singuliers du corps ne doivent pas être pris pour indécents : mais ceux qui sont gravement malhonnêtes sont un signe certain d'extase diabolique.
Troisième signe : Si quelqu'un éprouvé l'extase quand et comme il lui platl ; car ni la nature seule, ni la grâce, ne se urêlc à cette complaisance. Gonsalve Durand combat l'opinion de ceux qui prélondend qu'il est des sujets tels qu'ils peuvent éprouver à leur gré des extases. On rite i exemple d'une ieune fille d'Augsbourg qui avait cette faculté, mais l'évoque du lieu flnit par découvrir la manœuvre du démon, et le chassa.
Quatrième signe: Si l'on peut faire cesser l'extase à sa volonté, à un certain signal, par exemple & la voix impérative d'un assistant, à moins que ce ne soit la voix du su- 'périeur qui appelle son inférieur à l'obéissance, car alors on peut supposer que la grAce, qui ne peut rien inspirer contre la règle, lui laisse la liberté de sortir de l'extase ; ^nais dans les autres circonstances, il faut tirer la conclusioi contraire ; car le démon ne fait des choses extraordinaires que pour l'ostentation et pour exciter une vaine ad- Diiration, et non pour TédlUcation.
Cinquième signe : Si l'extatique parle avec des paroles décousues et un esprit troublé , comme s'il ne parlait pas par luimême, mais par une action étrangère. Saint Thomas fait cette remarque, que si une
)ersonne extatique se donne le loi de parer au nom même de Jésus-Christ ou d'un saint comme si elle tenait sa place, c'est une séductrice ou une séduite : et cependant te monde admire et les paroles et les personnes. Cependant on doit admettre une exception a cette règle, et nous en trouvons la raison dans ce qui arriva à sainte Catherine de Sienne. C^est lorsque la personne extatique prend physiquement la forme de la 'personne de Jésus -Christ* C'est de cette manière aue la sainte dont nous parlons apparut a son confesseur, et celuici lui demanda : Qui est celui qui me regarde, et celle-là. répondit : C'est celui qui est. On sait aussi «^ue sainte Madeleine de Pazzi a souvent dicté des paroles comme si c'était le Père éternel ou le Verbe, ou le Saint-Ksprit qui portassent la parole.
Sixième signe : Si le patient ne se souvient nullement de ce qui s'est passé pendant l'extase; s'il no peut répéter les choses qu'il a dites; si, avec cela, on remarque
3a('laues-uns des signes précédemment in • iques, c'est une marque qu'il y a opération (lu diable.
Septième signe : Si le patient entre en extase et souvent dans les lieux publics, où il y a grande affluencede monde, c'est une marque d'extase diabolique, selon l'observation de Benoit XIV, {De beat.) Car c'est le propre du démon de courir après la gloire extérieure et lixer les yeux des nommes.
Huitième signe : Si le falient pousse des clameurs brutales, qui inspirent l'horreur parce qu'elles n'ont rien d'hu main, il faut s'en défier, dit le cardinal Laurea, parce qu'il a appris par expérience qu'elles sont un etfet diabolique.
Mais il n'en est pas de même si les cris sont décents. Gravina dit que parmi les extatiques, on distingue les joyeux qui dan-f sent pendant l'extase et poussent des cris; et le cardinal Laurea cite saint Joseph dé Cupertin, qui avait coutume de jeter quelques cris lorsqu'il était élevé en extase; et ces auteurs regardent les cris légers comme un signe de joie qu'inspire la divine communication.
m. La troisième espèce d'extase et de ravissement est l'extase divine que le P. Alvarez définit ainsi : Une élévation de /'dmed Dieu^ avec abstraction du sens extérieur, provenant de la grandeur de cette élévation. Le cardinal Bona et les mystiques ou général la définissent de la même manière; ils ont suivi le sentiment de saint Augustin qui enseigne que l'extase est une séparation (a/tenatto) del'Ameavecles sens corporels, ou l'espritderhorame eslemporté par Tespritdivin. Comment a-t-elle lieu 7 Pour connaître quel- Que chose clairement et intrinsèquement, 1 abstraction des sens est tout à fait nécessaire, car la variété des choses sensibles di<isipel'espritetrafrection, et la détourne deTobjet que l'on veut saisir j)ar la conuais.sauceou l'amour. D'un autre côté, l'intensité de la connaissinco et de l'amour ralentit et eni- DÔche les opérations de rAuic sur les autres»
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objets : Tâmc étant une puissance limitée, plus elle est attentite à une opération, moins elle s'applique aux autres, surtout si les choses secondaires,auxquelIesrespril se distrait, ne sp rattachent pas directement à la principale! Quand la connaissance et l'amour surnaturels, excités en nous par Dieu dans la contemplation, sont très-forts, ils produisent une abstraction très-parfaite des sens, et l'extase peut être frès-parlaite. Deux choses sont nécessnirespourqu'il y ait véritablement extase divine ;celle-ci s'appuie sur lesdeux parties de la conlemplation» Il faut premièrementque,ducôtéde l'intelligence, il y aitillumination extraordinaire, quiexcilefortement Kadmiration, et par suite serve d'un motif à l'amour; il faut que, du côté de la volonté, elle soit tellement enflammée qu'elle excite un ardent amour, et un désir véhément de connaître toujours de plus en plus. Car Tainour ne pourrait s'enllammer davantage s'il ne lui arrivait de nouvelles connaissances de l'objet aimé, et la connaissance ne serait pas provoquée sans un progrès de l'amour. Cependant on appelle one extase ou intelkeeluelie, ou affective, sek)n que >'un de ces deux éléments domine, sans néanmoins qu'ils soséparent.
Hâtons-nous cependant d'obaerver que les extases ne sont pas toujours en rapport avec la perfection et l'ardeur de la contemplation. Elle n'arrive ni dans toutes les contemplations à peu près parfaites, ni selon des degrés marqués et prévus, li y a des personnes très-contemplatives qui n'éprouvent aue rarement ou jamais d'extases. Il y en a 'autres qui sont peu contemplatives^ qui ne sont qu'un peu méditatives, qui enéprouvent: on a même vu des pécheurs en avoir, parce que les extases sont des grâces gratuites que Dieu donne quand il lui plaît» comme l'enseigne Laurea : Qn»ad Dieu veut suspendre l'opération du sens par l'extase, il lui sutlit d'accorder le don d'une contemplation telle, qu'elle porte tous les esprits vitaux et animaux vers le cerveau ou vers le cœur, d'dii il résulte que quoique la contemplation soit en elle-même surnaturelle, même miracu^ leuse^ la suspi^nsion de l'exercice des sensest seulement surnaturelle quant au mode, mais non quant à la substance, comme procédant d'une contemplation divinement excitée : c'est ainsi quon pourrait dire d'un aveugle qui aurait merveilleusement recouvré la vue, quHf dans le miracle, il a reçu la puissance de voir, et, par cette puissance, il passe à l'exerciee de la vue actueUe. Or la suspension de l'usage des sens dans lextaseest tantôt totale» tantôt partielle. Cependant 1a perfection de lextast ne se juge pas par l'étendue de la perte des sens; souvent même dans des extases parfaites on a vu parler, gémir, verser des larmes^ etc., ce qui favorise, plus qu'il n'empêche, l'union avec Dieu. Lorsqu'une extase a pour objet la contemplation d'objets matériels, ou d'images sensibles, l'usage des sens n'est point et ne peut être suspendu, parce qu'une telle extaae dépend des images mêmes. Si,, au con-
traire, elle dépend d'une contëtnplation purement intellectiTelle, alors les sens internes ne fonctionnent plus, en vertu d'une grâce extraordinaire, quoique d'ailleurs il reste des vestiges de choses sensibles dans Textase. L'extase peut arriver même dans le sommeil, comme il paraît par le sommeil extatique d'Adam , quand Eve fut miraculeusement tirée de son côté. «Il y a cette différence entre le sommeil naturel et l'extatique, que celui-ci lie les sens avec violence, ne permet pas le repos, et laisse l'activité nécessaircr pour recevoir tes divines coramunications^ tandis que le sommeil de la nature est doux, paisible, lepose, etse termine sans secousse comme il avait commencé.
De toutes ces prémices nous tirons les con-» clusions suivantes:!* Quand les sensexternes sont privés de leur usage et qu'il en est de même des sens internes et de toutes les puissances,, c'est un signe, non d'extase, mais d^une maladie. 2* Il faut non-seulement que les sens né soient pas en action, mai»
au'ils ne soient pas aptes h y être , coromo ans le sommeil. 3* Il ne suîfit pas non plua 3u'une vague pensée, qu'un vague sentiment 'affection se fasse sentir et accompagne la suspension de l'usage des sens pour qu'il y ait extase: elle demande des actes positii'a d'inteiligence et d'amour. 4*11 n'y a pas non plus extase sainte et dtvine si les actes, quel-* que spirituels qu'on les suppose, ne sont j as^ surnaturels, c'est-à-dire provoqués par Xii pour être en plus grande union avec l'âme- Dieu accorde souvent des estases et de» ravissements proprement dits et surnatureb à ses âmes privilégiées, de manière h ce que, élevées au-dessus des sens, Diov parle direttement à l'oreille de Tesprit et di» cœur. Cela se prouve parrEcrituresainle ; oi» •lii dans la Genèse ^ Ùiêu envoya tin fommeit à Adam. Les Septante disent une extase. {Gen^ n.) Dieu envoyaun sommeil (LXXII, ea:iasé)à Abraham (fffn.xv). Le prophète Daniel décrit ainsi son extase : J'ai perdu toutes mes forcés^ monvisageachangé. Dans les As tes des^fâlresp on dit de saint Pierre, qu'il <fproura fin ra-^ vissement d^esvrit^Sàiniraul dit lui-niême: Je connais un nomme fut, soit dans son corps». soit hors de son corps^je ne le sais^ a été ravi paY le Christ jusqu'au troisième ciel ; je saisque ccihommef soî4 dans son corps^ sott horsde son corpsy Dieu le sait^ a été ravi au pa* radis ; il a entendu des paroles mystérieuses^ quil n'est point permis à un homme de redire^ Et saint Jean [Apoc^i) : Et quand je le rt>,^ tombai à ses pieds comme un mort. Tous i«'S interprètes entendent ces paroles d'une véritable extase.
L'autorité des saints Pères conBrme aussi ce point de doctrine. Saint Augustin,, écrivant à Simplicius, a défini l'extase commenous l'avons vu un peu p'us haut. Saint Isidore compte Textase ou le ravissement da- Tesprit comme des espèces de prophéties. Voici comment saint Bernard en parle : t Cette espèce de sommeil vif et léger illumine les* scnsin(érieurs,euen chassant la mort, donne une vie éternelle. » En effet, c'est un vrai
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D'ASCETISME.
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sommeil qui n'endort pas les sens» mais qui mel.l^omme aundessus des sens. Saint Tbomas enseigne qu'outre Texlase naturelle et diabolique, il existe Tettasc et le ravissement divin : « 11 arrive, dit-il, par la vertu divine; et nous parlons du ravissement en tant qu*on est élevé par TEsprit-Saint à des objets surnaturels avec Tabstraction des sens. «On peut consiilter saint Bonaventure» Gorson, Harpius, 5aint Jean de la Croix, sainte Thérèse, saint François de Sales, qui tous parlent fort au long de cette matière. La raison confirme cette doctrine. Si, j)ar la soûle contemplation naturelle, en appliquant fortement son esprit à ces objets» on interrompt quelquefois Tusage des sens exté« rieurs; si encore le démon peut, par remploi de certains moyens naturels, mais secrets, produire cet effet, combien plus facilement devons-nous concevoir qu en appliquant notre esprit à des choses surnaturel- .os par une attention forte et un amour trèf^ ardent, nous arrivions entin à une parfaite extase, avec la suspension de Texercice des sens.
Dans Textase divine, Tflme quitte-t«elle le corps? 11 est certain que Dieu le peut permettre, et saint Paul a doutés*il avait éprou* vé cet effet; il peut se faire môme que cela soit quelquefois arrivé; mais on ne doit pas facilement le supposer, puisque cette supposition n'explique rien, attendu que Dieu, par son immensité, étant partout , il peut s*unir surnaturellement à TAme dans le corps comme hors le corps, et cela sans l'intermédiaire des organes. Et le cardinal Laurea dit qu'on n'a jamais reconnu qu'aucun des saints personnages qui ont eu des ravisseinents aient pour cela quitté momentané* uient leurs corps.
Autre question. Les extatiques acquièrentils des mérites dans cet état. Le cardinal l^aurca enseigne qu*on mérite dans les actes qui précèdent Vexiase, lorsqu'ils sont libres dans leur objet, leur fin et les circonstances du bien qu'on fait, comme sont les actes de foi et de religion. Suarez soutient la complète liberté de ces actQs, et les accepte comme méritoires, avec Antoine et Gravina. « La grâce divine, dit Suarez, ne détruit p(is la nature, mais la perfectionne. Ainsi, quoique dans les contemplations éle«* vées Dieu excite et émeuve Tesprit et la volonté vers lui par les*inspirations, que nous appelons grâces excitantes, qui sont des ac« tes nécessaires, en tant que l'esprit touche nos cœurs, cependant ces «races no détruisent pas le libre arbitre et le consentement de l'amour parfait La litterté est nécessaire dans cet exercice d'amour, afin qu'il soit parfait, et par là il est un acte méritoire, il nest pas vraisemblable que Dieu prive un juste du mérite qu'il pourrait acquérir en luicommuniquantsesfoveurs^etenrélevantà une si parfaite contemplation, j»
Diverses faveurs et grâces parliculièresac- (tompagnent l'extase. Et d'abord le ravissement ou l'élévation des corps en l'air, comme il est constaté dans l'examen des
causes de canonisation des saints. Lor^^rdinal Laurea a été témoin oculaire du ravissement du bienheureux Joseph Cup. Sainte Thérèse assure la chose positivement d'elle^ même ; cela est aussi évident par le témoignage de saint Paul; car son doute n'infirmepasla chose, et Corneille de la Pierres l'entend de son ravissement comme d'une véritable;ascension.
Selon le témoignage de l'Ecriture sainte, ces ravissements ne sont souvent quimaginaires, comme lorsqu'Ezéchiel fut conduit à Jérusalem depuis Babylone. (vin, 3.) Ceci se comprend bien par saint Jean (Apoc, vu) : Moniex tci,... et il ajoute: et aussitôt je fus en esprit^ non localement, comme marque Corneille de la Pierre. Souvent, cependant, ces ravissements sont miraculeux, soit par Dieu directement, soit par le ministère des anses. Ainsi en arriva-t-il à Hénoc, à Elie, k. Habacuc, à Philippe : ce qui arrive par une certaine participation delà quotité d'agilité dont les corps seront doués après la résurrection ; selon cette parole : Nous serons en-levés avec eux dans les nuies^ avec le Christ, dans les airs.
Ou peut demander ici, si les ravissements se font par miracle, ou en recevant quelques-unes des qualités des corps glorieux : ce dernier sentiment implique sans doute aussi un miracle; cependant dans cette opinion les corps, en s'elevant dans les airs, ne violeraient pas si directement les lois de la nature ; puisque ces corps, devenus presque glorieux par une abondante communication de la grâce dans l'âme, échapperaient comme naturellement aux lois delà pesanteur, d'a-
f»rès ce principe de Suarez, que la grâce per* èctionne la nature et ne la contredit pas ; • mais alors il serait difficile de no pas admettre un miracle dans le principe , c'est-à-diredans le moment où le corps extatique reçoit, dans une certaine mesure, la qualité des corps glorieux. D'après l'autre sentiment, les corps n'auraient aucune qualité des oorps^ glorieux, et tout te merveilleux serait le fruit d'un pur miracle; ce serait la puis^ sance de Dieu qui soutiendrait les corps dans l'air pendant l'extase, comme Jésus soutenait celui de saint Pierre sur les eaux : c'est le sentiment de saint Thomas. Les extatiques sont environnés de lumière. Voilà une seconde merveille , qu'on remarque communément dans l'extase divine : leurs corps sont environnés de rayons lumineux; ils brillent comme d'une auréole de splendeur. Il serait troptonçd'énumérer tous les saints personnages qui furent favorisés de cette distinction pendant leur vie. Moïse, descendant du Sinaï, tenant dans les mains les deux tables de la loi, apparut avec deuK rayons lumineux sur sa tète, et saint Ambroise pense que ces cornes lumineuses durèrent jusqu'à sa mort. Bozius, Corneille do la Pierre, les Bollandistes et Benoit XIV, rapportent une foule d'exemples de saints qui apparurent lumineux pendant leurs extases. Comment cela se fait-il? c'est ceqtienous
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DHiriONNAIRE:
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allons essayer de montrer^ d'après des sontiments respectables.
Théophile Raynaud regarde tes effets lumineux qu*on remarque dans les saints comme de simples apparences qui n'ont rien de réel» et qui n'existent que dans les yeux de ceux que Dieu veut édiner. D'autres pensent arec Pignatellus, que cps lueurs sont des qualités physiques que Dieu ou les aii\^es impriment aux corps des saints, pour laisser manifester leurs mérites. D'autres ont pensé que le démon lui-même a pu opé* rer ces effets, et cite les prodiges qui arrivèrent un peu avant la mort de Jules César.
Mais hftlons-Qou& de consulter les autorités vraiment compétentes, et en premier lieu Benoît XIV. Voici ce qu^il dit du fait lui-même: « 1*11 faut d'abord le constater par des témoins dignes de foi et capables» qui aient vu de leurs propres yeux; car il est arrivé que quelques personnes se sont dites elles-mêmes illuminées de corps, et qui é(a eut dans une hallucination, ce que tes médecins expliquent par une grande abondance de sang et par les esprits animaux qui'seï vent Torgane de la vue, qui sont sans doute trot> abondants, ou qui tombent sur un organe malade. Il faut encore observer que le corps maladif de certaines personnes peut être affecté de telle sorte, qu il peut y avoir en eux une combinaison chimique si anormale, qu'ils répandent, naturellement et sans miracle, quelque lumière.Il faut donc, avant d'admettre l'auréole miraculeuse, s'en-
auérir de Tétat de santé de la personne ont il s'agit. C'est ainsi qu'Aurélius Baccus a fait beaucoup de contre-épreuves pour s'assurer qu'ail n y avait point d'hallucination dans Taureole qui envirotmait saint Philippe de Néri pendant la célébration de la mess.*. 2* H faut .«'enquérir de la nature de celte lumière. Elle peut être regardée comme un miracle si elle est plus resplendissante et plus durable que les autres lumières qu'on l>eut regarder comme naturelles; si, le plus souvent, elle apparaît pendant que la personne vaque à de saintes occupations, comme au sermon,^ la sainte messe; si celui qui est lumineux brille par de saintes mœurs; s'il en r<^*sulle la conversion des spectateurs, ou quelque bien spirituel notable; si, enfm, il y a d'autres signes aussi concluants que cette illustration n'est qu'une conséquence de la sainteté de la vie, et de la volonté de Dieu de rendre hommage à son fidèle serviteur. »
Les extatiques peuvent rester longtemps sans prendre de nourriture , ni pour le manger ni pour la boisson. On en a vu prolonger leur jeûne absolu jusqu'à une longueur de temf)S qui dépasse les forces de la n-iture. Le bienheureux Nicolas de Flué, ermite, resta pendant vingt-deux ans sans prendre aucune nourriture, h ce qu'on rapporte. Les auteurs ecclésiastiques citent beaucoup d'exemples déjeunes extraordinaires et'surhumains. Les Bollandisles citent plusieurs personnes qui ont passé le c«îrême entier sans prendre aucune noniTlture ipje
ïà sainte Eucharistie, et d'autres qui ont poussé cette abstinence à pfusieurs années. Saint Thomas dit qu'on ne jpeut récuser le miracle à cause de la perception des saintes çspèces, parcequ'elles sont si ténues qu'elles ne peuvent être considérées comme une nourriture corporelle.
• Tous les théologiens regardent comme miraculeux les jeûnes de quarante jours de Notre-Seigneur, de Moïse et d'Elie. Hippocrate assure que celui qui passe sept jours sans prendre de nourriture est incapable d'en prendre, car Testomac la refuserait. On cite néanmoins un ^rand nombre de jeûnes prolongés de plusieurs mois qui parais* sent, vu h qualité des personnes et leur état, n'être pas miraculeux. Nous nous dis* pensons de les désigner. On peut tenir pour certain que parmi les jeûnes prolongés, il y. en a qui sont au-dessus de la nature, et les autres dans la nature. Mais ceux qui ont écrit touchant la matière de canonisaiioo^ déterminent certaines circonstances qui indiquent le jeûne surnaturel, comme lesi suivantes : si le jeûneur souffre son abstinence pour soutenir quelque article de foi^ s'il l'endure sans perdre ses forces; s'il se distingue par des vertus kéroïques ; sll se soutient seulement en prenant les espèces eucharistiques; alors on peut regarder I» jeûne comme miracaleuxv Voici commenl Benoit XIV détermine les conditions d'un jeûne prodigieux : 1*" La durée du temps et l'entière abstinence. 2* Si le jeûne a commencé par suite d'une maladie; on a va, à la suite de certaines maladies, des exemples inexplicables d'abstinence. .3* Voir comment le jeûneur s'est trouvé de son jeûne, par rapport à sa santé. 4'' Il faut chercher la cause de son jeûne; il faut que le motif soit digne de cette action extraordinaire. 5* Voir s'il continue de vaquer à ses bonnes œuvres» s'il se conduit moins bien pendant le jeûne; car le jeûne, disent les mystiques, doit soutenir les' bonnes œuvres, et non les empêcher. &" Il faut connaître les mœurs et les vertus du pénitent, sans lesquelles touto mortification ne sert de riun.
Il y a quelques extatiques qui ont eu des stigmates, et c est encore un signe certain du caractère surnaturel de l'extase. Ils ont eu' les cinq plaies de Notre-Seignc ur Jésus- Christ imprimées sur leur corps. L'exemple le plus célèbre est celui du séraphique saint François, rapporté par saint Bonaventure. Le même saint fait connaître que le Pape Grégoire IX, qui avait vécu familièrement avec saint François, doutait de ses stigmates, et il eut une apparition du saint, qui lui montra la plaie qu'il portait. D'autres auteurs du temps ont parlé de ce fait, qui a été confirmé par plusieurs souverains Pontifes.
Théophile Uaymond, confesseur de sainte Catherine de Sienne, et d'autres, rapportent aussi de cette sainte que, pendant qu'eNe demeurait à Pise, e'Ie fut ravie en extase et vit Jésus-Christ crucifié. De ses cinq plaies sortirent cinq rayons de couleur de sangi (jui se dirigeaient vers ses mains, ses pieds
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DASCËTISMB.