‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 103 sur 209 · PX · texte numérisé non relu

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DICTlONNAItlË

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les marchands de R(»me. Pour ce qui est de la colle, comme les Egyptiens en connaissaient l'usage, il est vraisemblable qu'ils l'ont appliquée à celui du papier, dont remploi était également varié et étendu.

Les papiers d'Augustej de Livie, de Fan- Dius, a'Amphithéatre, enfin tous ceux qui portaient les dénominations romaines »

étaient constamment faits avec le papyrus d'Egypte, mais préparés et t^availlés de nouveau h Rome Le plus grand avantage de ces papiers ne consistait que dans la façon dont ils étaient battus, lavés, etc. Oh aperçoit, par le récit de Pline, une grande différence dans les grandeurs de chaque feuille^ en les comparant au papier fabriqué en Eçypte. On voit même que les papiers travaillés à Rome, sont de mesures variées, mais en général plus petites. Enfin il ne faut pas douter que la manufacture du papier d'Egypte n'ait été beaucoup perfectionnée en Europe. Cassiodore fait 1 éloge des feuilles de papyrus eraplovées de son temps. Il dit qu'elles étaient blanches comme de la nei^e et composées d'un grand nombre de

{)etites pièces, sans qu'il parût aucune joinure. Il avait perfectionné l'art dont parle Ovide dans le liv. i des Tristes de polir le papier avec la pierre-ponce.

Mais comme, malgré tous ces soins, on ne pouvait éviter que les feuilles de papier trop fragiles pour se contenir, ne vinssent a dé-

f)érir en peu de temps, surtout quand on es employait à faire des livres, on s'avisa de les entremêler de feuilles de parchemin sur lesquelles récriture était continuée; de sorte qu'avec quatre, cinq ou six, ou quelquefois sept feuilles de papier d'Egypte, on mettait deux feuilles de parchemin. On conserve'à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés une partie des épîtres de saint Augustin, écrites de cette manière sur du papier d'Egypte, entremêlé de feuilles de parchemin. C/est un vieux manuscrit auquel on donne environ onze cents ans. Les lettres y sont encore en bon état, et l'encre, sans s'éteindre, a conservé sa noirceur.

Les Egvptiens faisaient dans tout le monde un grand commerce de leurs papiers. Ce commerce augmenta sur là fin de la république, et devint encore plus florissant sous le règne d'Auguste : aussi, comme le débit de ce papier était prodigieux pour les nations étrangères, on en manquait quelquefois à Rome ; c'est ce qu'on vit arriver du temps de Tibère. Comme on ne reçut à Rome qu'une petite quantité du papier d'E-

{;ypte, cet événement causa du tumulte, et e sénat nomma des commissaires pour en distribuer à chacun selon ses besoins, autant que la disette le permettait. Plutarque fait voir combien le trafic de ce papier était grand, quand il dit, dans son traité Colores: « Ne faudrait-il pas que le Nil manquât de papyrus avant que ces gens-là cessassent d'écrire? » L'empereur Adrien, dans sa lettre à Servien, consul, que Yopisque nous a conservée, met entre les principaux arts qu'où exerçait à Alexandrie, celui de faire

des feuilles à écrire. « C'est utie ville riche et opulente, dit-il, où personne ne vit dans l'oisiveté.. Les uns travaillent eh verre, les autres font des feuilles à écrire, d'autres de la jtoile; on les voit tous vaquer à toutes sortes de métiers. Il y a là de l'ouvrage pour les* goutteux et pour les aveugles, ceux mêmes qui ont la chirague ou la goutte aux màins^ n y manquent ])as d'exercice. » Sous les Antonins ce commerce continua dans la même forme. Apulée dit, au commencement de ses Métamorphosts ^ qu'il écrit sur du papier d'Egypte, avec une canne du Nil ; car c'étaient le Nil et Memphis qui fournissaient la plupart des cannes dont on se servait^ comme où se sert aujourd'hui de plume.

Les empereurs se servaient des feuilles de papier d'Egypte pour écrire leurs lettres et leurs mémoires. Domitien, dit Dion, écrivit les noms de ceux qu'il voulait faire mourir sur une feuille double de phylire; car, selon Hérodien, ces sortes de feuilles simples étaient fort minces. Le commerce de ce papier était si grand vers la fin du iif siècle, que le tyran Firmus s^étanl empard de l'Egypte, se vantait qu'il avait assez de papier et de colle pour nourrir son armée. C'était apparemment du prix qu'il retirait de la venté de ce papier^ que Firmus prétendait être en état de nourrir son arnaéCi

Saint Jérôme nous apprend que l'usage de ce papier d'Egypte était toujours le môme dans le v* siècle, où il vivait. Le papier ne vous a pas manqué, dit-il dans sa lettre à Chromace , puisque l'Egypte continue son commerce ordinaire. Les impôts sur le papier étant trop grands sur la On du même siècle , ou au commencement du suivant, Théodoric, roi d'Italie, prince modéré et équitable, en déchargea le public. Ce fut sur cela que Cassiodore écrivit la Irentebuirième lettre de son livre xi, oii il semble féliciter toute la terre de la décharge de cet impôt sur une marchandise si nécessaire au genre humain.

Le vi* siècle, selon les PP. Monfaucon et Mabillon fournit aussi des monuiuenls écrits sur le papier d'Egypte : ils citent une charte appelée Charta plenariœ securxtaiit de l'empereur Justinien. Le P. Mabillon l'a fait imprimer peu de temps avant sa mort avec la forme des caractères ; ce monument singulier est à la bibliothèque du roi de France.

Le P. Monfaucon dit aussi avoir vu, en 1698, à Venise, dans la bibliothèque du procureur Julio Justiniani trois ou quatre fragments de papier d'Egypte, dont l'écriture était du même siècle, mais dont on ne pouvait rien tirer, parce que c'étaient des morceaux rompus où l'on ne trouvait aucune suite. Le P. Mabillon parie dans sa hxfio^ matiqucj d'un autre manuscrit qu'il croit être du même siècle, et qui était autrefois de la bibliothèque de M. Petau ; mais le P. Monfaucon n'a jamais pu voir ce manuscrit. Il cite en échange un mani»^^^ en papier d'Egypte, qu'on conserve à •»

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liblioCMqQC de Saint-Ambroise de Milan, e{qoi contient quelques livres des Antiqui" ià jtdaiques de Joseph en latin. Il donne à cemaouscrit à peu près la même anticjuitév oaMil Ta trouvé en assez mauvais état.

Le même Père dit avoir vu dans la bibliu- {bèjue de Saiut-\Iartin de Tocirs, les restes i*uD fieax livre çrec, écrit sur du papier «E^rpte, et qui lui parut être du vu* siècle. Ëe maouscrit D*avait ni accents ni esprits. li croit encore que TEvangile de saint brc, ^a 00 garde aans le trésor de Venise, tHkni sur des feuilles.de papier d'Egypte ^iltti ont paru cependant beaucoup plus «Tirâtes qu*ancune autre. Il pense que e*est kplustneien de tous les manuscrits, et f)on ne liasardo guère en disant qu*il est tû plos tard du iv* siècle. Ce manuscrit est fftiaoe tout effacé, et si pourri, que les inilies étant toutes collés l'une contre Taudp*, on ne peut tenter de tourner un feuillet m^ que tout s'en aille en pièces. £ntin, frate-t-il, on n'y saurait lire deux mots de iDtf.

()n se servait, selon le même Père , en oce, en Italie et dans d'autres pays de rope du papier d'Egypte pour des letetdes actes publics. Il en reste eneoro, il, oa assez grand nombre dans les al>-

E' esetdans tes archives des églises, comme liot-Oeois, à Corbie, à Tabbayede Grasse, Iteod'iutres endroits. *

Éest vraisemblable que l'invention du er de coton a fait tomber i*usage du er d'Egypte ; mais c'est une grande (tioD de savoir dans quel temps on a fait de faire le papier égyptien ; car à pré* mkpapyroiecknia œgypiiacoj la manulackre du papier égyptien, est mise au nomkedesarts qui sont perdus. Ëustachius, le Hvut commeotAteur d'Homère, assure que lêine de soo temps, savoir en 1170, il n'ébt plus en nsa^e. Le P. Mabillon soutient 1 II Térité que rusage en a duré jusqu'au HT siècle après Jésus-Christ. 11 cite un cerko Frédegaire, moine* poète du x* siècle, |oi en parle encore comme d'une chose gui Mftistait le siècle auparavant, c'est-à-dire ^ le ix" ; mais le P. Mabillon s'efforce K prouver que l'usaze en a duré plus loogiMDps par plusieurs bulles de papes écrites t^r le papyrus dans le xv siècle. (Mabillon, f^rtâipUmat., lib. i,c.8J Cepeudant le comte Mafiei soutient dans »f^iitor. dipUmeU., 1. u.BibL tloi., t. II, p. «^Ij.avecplus de probabilité que lepapvna j|«iUit déjà plus en usage avant le v* siècle. I! oe regarde pas comme authentiques, les ttt^oioires écrits sur ce papier, et datés pos- Meoremeat à ce temps. Les bulles des i«pes cités par le P. Mabillon paraissent à <«^vaot avoir été écrites sur le jiapier de (oioQ; mais les observations que nous fail^tt» ne se rapportent qu*k l'usage général ^hiWic du papier d*Egyple ; oar il ne se- '"^ P*» étonnant que quelques particuliers «wjenl continué de l'employer quelques *>*«ine$ d'années après qu'on avait c^ssé •^ieo servir communément.

l>ICTÎ0?r». DES l2fVE!>ITI0IfS. IL

ES INVENTIONS. PAP 618

Le même savant italien est dans la p%f* snasion que l'Evangile de saint Mare, qu'on conserve à Venise, est écrit sur du papier de coton; et au contraire, le Josèphe de la bibliothèque de Saint-Ambroise deMilant lui i)araît au premier coup d'œil écrit sur du papier égyptien.

Voilà les principales observations des savants de ce genre. 11 n'est guère possible aujourd'hui d'ajouter quelque chose de nouveau sur le papier d'Egyûte, à ce qu'en ont dit parmi les anciens, Piine, liv. xui , Théophrasle, liv. iv, chap. 9, et parmi les modernes Guillardinus, Scaliger, Saumaise, Kirchmayer, Nigrisoli, le P. Hardoin dans son édition de Pline, le P. Mabillon, dans son ouvrage De re diplomatica ; D. Monfaucon, dans sa Palœograp. et dans le Recueil de littérature; l'illustre Maffei dans son letor Diplom., et dernièrement M.^ le comtH de Cavlus, dans le> Uém. de VAcad. dee inscrip. t. XX VL

Guillardini {MdchA Papyrus, h. c. cùmmentarius intria C. PUnii majorie de papy» ro capita, scilicet^ lib. xiii, c^p. 11 , 12 , 13. Ce traité vit d'abord le jour à Venise, en 1572, in-4.' et ensuite à Amberc, en 1613» in-i% par les soins de Salmulh. C'est le plus savant commentaire qui ait été publié sur celle partie de l'ouvrage de Pline, et^ on n'en a point encore sur aucun autre livre du grand naturaliste de Rome. Guillardin en a restitué très-heureusement plusieurs passages, et par ses propres lumières, et par l'autorité des anciens auteurs grecs et romains. II s'est sans doute trompé quelquefois; mais il a réussi très-souvent dans ses restitutions. H parle de ce qu'il a vu ; il a fait ses observations dans le pays même où il a examiné la plante dont il s'agit ; c'est un grand dommage , qu'après son examen il n'en ait pas donné de hgure, et môme qu*il ne l'ait pas décrite; il eut levé par là tous les doutes des botanistes modernes.

Scaligeri [Joseph' Just.) animadversiones in Melch. GuiÙardini comment, depapyro. Les animadversions de Scaliger ont ()aru pour la première fois dans les Lectiones Biblio' thecariœ memorabiles Rudolphi Capelli^ k Haraliourg, en 1682. Elles distillent le fiel, la violence et la dureté ; mais elles n*ont pas pu faire tomber un ouvrage Irès-eslimable par les recherches et l'érudition qui s'y trouvent. Enfin le savant et ingénieux Maffei a vengé Guillardinus, de la plupart des critiques de Scaliger, de Vossius et du P. Hardoin.

Saumaise est très-bon à lire au sujet du papier égyptien, dans son commentaire sur la vie de Firmus par Vopiscus, un des historiens qu'on met au nombre des kistoriœ augustœ scriptores.

Kirchmayeri (U. Leb.} dissertatio Philo»

logica de papyro veterum^ Wilteberg 1666, tnk\ C'est uiT simple extrait de Guillardin, où I auteur aurait dû mettre plus do méthode et de ^oût;

i^ dissertation de Nigrisoli , de Charta

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WCTkhNNAlKE

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veterum ejuique usu^ est insérée dans la galerie de Minerva.

Maïs le mémoire curieux de M. le comte de Caylus sur le papyrus d*£gv|ite , a répandu des lumières sur une chose que le temps rendait déjà fort obscure, et à Tintelligence de laii^ielle on ne pût mieux arriver aue par la connaissance de la pratique de Vart.

Papier de coton. — On croit que c*est Tinvention du papier coton qu*on appelle Charta bombicina qui a fait tomber le papyrus d'Egypte en urèce. Ce papier est incumparabfement meilleur « plus propre à écrire, et se conserve bien plus longtemps. On ne saurait dire précisément quand on s*est avisé d*en faire de la matière* Le P. Montfaucon prouve, par des autorités assez claires que le papier de coton était en usage cnltOO.

Ce papier s'appelle en grec xâpr^ç |Sof«6vxtyoc ^ ou jSa^Aecbttvor ce qui signifie papier do coton, quoique fii^i^vq se prenne dans les auteurs pour de la soie, il s» prend aussi surtout dans les bas temps, pour le coton aussi J>ien que j^BftÇa;. De là vient que les Italiens appellent encore aujourd'hui le caton bam^ baccio

Ce fut au IX' siècle ou environ, que Ton commença dans Tempire d'Orient à en faire du papier. Et voici les preuves : 11 y a plusieurs manuscrits grecs, tant en parchemin ou velin, C|u>n papier de coton qui portent la date de Tannée où ils ont été écrits; mais la plupart sont sans date. Sur les manuscrits datés on juge plus sûrement, par la comparaison des écritures de l'âge de ceux qui ne le sont pas. Le plus ancien manuscrit de papier de coton que le P. Montfaucon ait vu avec la date, est celui du roi, numéroté 2889 qui fut écrit en 1050. Un autre de la bibliothèque de l'empereur, qui porte aussi la date, est de 1095; mais comme les manuscrits sans date sont incomparablement plus nombreux que ceux qui sont datés, ce Père s'est encore exercé sur ceux-là ; et par la comparaison des écritures, il croit en avoir découvert quelquesuns du X.' siècle, entre autres un de la Mbliollièque du roi, côté 2^26. Si l'on faisait la môme recherche dans toutes les bibliothèques, tant de l'Orient que de l'Occident, on en trouverait apparamment d'autres environ du même temps.

Il juge donc que ce papier bombycon ou de coton peut avoir été inventé sur la fin du ly siècle ou au commencement du x*. A la fin du XI* ou au commencement du xu% Tusage en était répandu dans tout l'empire d'Orient, et même dans la Sicile. Roger, roi de Sicile, dit dans un diplôme écrit en 11^5, rapporté par Bocchus Pirrhus qu'il avait renouvelé sur du |)archemin, une charte qui avait été écrite sur du papier de coton, m charta cuttunea, l'an 1102, et une autre qui était datée de 1112. Environ le même temps, l'impératrice Irène, femme d'Alexis Comiiiène, dit dans sa règle faite pour des religieuses qu'elle avait fondée à Constantino-

le, qu'elle leur laisse trois exemplaires do a règle, deux en parchemkn et un en papier de coton. Depuis ce temps-là, ce papier fut encore plus en usage dans Irjut Tempi-ra do Constantinople. On compte aujourd iiui par centaines les manuscrits grecs de papier bambycipn ^ui se trouvent dans les bibliothèques curieuses.

Cette découverte fut fort avantageuse dans un temps où il parait (lu'il y avait grande disette de parchemin et c est eu même temps ce qui nous a fait perdre plusieurs anciens auteurs : voici comment. Depuis le xii' siècle, les Grecs plongés dans l'ignorance, s'avisèrent de racler les écritures des vieux manuscrits en parchemin, et d'en ôter, autant qu'ils pouvaient, toutes les traces» pour y écrire des livres d'église; c'est ainsi qu'au préjudice de la république de.s lettres» lesPolybe, les Dion» les Diodore de Sicile et autres auteurs que nous n'avons plus, furent métamorphosés en triodious, en peuteca^taires» en homélies ei en autres livres d*élise. Après une exacte recherche faite })ar e P. Montfaucon, il assure que des livres écrits sur des plarchemios, depuis le xu* siècle il en avait plus trouvé dont on avait raclé l'écriture que d*aulres; mais que comme tous les copistes n'étaient pas également habiles à effacer ainsi ces premiers auteurs, il s'en trouvait quelques-uns où on pouvait lire au moins une partie de ce qu'on avait voulu raturer.

Ce fut donc l'invention de ce papier de coton qui fit tomber en Orient le papier d'Egypte, s'il en faut croire Euslacbe, qui écrivait vers la fin du xu* siècle, Tusage <io ces feuilles du papier d'Egypte qu*il appelle «uXo^cEATisc avait cessé peu de temps avant qu'il

écrivit, av « nx^n ^ptc cbAgXcîirrftff. li 06 faut

pas croire cependant que le papier de coton ait d'abord détruit l'usage de celui d'Egypte. Ces sortes de choses nouvellement inventées» ne s'établissent ordinairement que peu à peu.

Le savant grec» qui fit du temps de Henri H, un catalogue des manuscrits ^recs de la bibliothèque du roi, appelle toujours le papier l)ombycien ou de cotou charta da^ mascena^ le papier de Damas; serait-ce parce qu'il y avait eu cette ville quelque célèbre manufacture de papier de coton?

Quoi qu'il en soii, voyez Montiàucon, Pa* lœograph. grœc.^ lib. i, c. 2; lib. iv, c. ^ et Matfei, llistor. diploniat.f lib. ii, ou Bibliotk* italiq.^ tom. 11.

Papier n'écoRCB. — Ce pa|iier des anciens, improprement nommé, était fait du UbtTf ou de la pellicule blanche la plus intérieure qui est renfermée entre l'écorce et le bois de différents arbres; comme l'érable, le plane, le hêtre et l'orme ; mai^ surtout le tilleul, dont on se servait le plus communément à ce dessein.

Les anciens écrivaient des livres sur c^tle pellicule après l'avoir enlevée, battiv? et séchée : on prétend qu'il existe euoore quelques-uns de ces livres. Jl faut consulter Pline, Hist. nat.f lib. xiii^c. 11; Hardoious»

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Di:S INVENTIONS.

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!f»l.ci,eund. Suîd. Lex, în voce Papyrus; hifï.,Ong , ). VI, c. 13; ÂlcxanderabÂIeiaajro.f.iitC. 30; Salmulh., ad Pancirol.^ 1. ii,

I XIII. p. 25Î et seq.

If^ PP. Mabillon et Montfaucon parlent soorent des manuscrits et dipIAmes écrits «iiréitirce, et font une distinction bien pontire entre le papyrus dont les Egyptiens ^^^erraient et le liber ou écorce qui était roulage en d*autres pays. Ces deux espèces

lîéraieni en ve que le papier d'écorceélait l>iu> épais et plus fragile que le papyrus, et nmème temps plus sujet à se fendre et à * Pisser; an ir.oyen de quoi récriture s'é- «Itiit quelquefois; c'est ce qui est arrivé h quaiAouscrit sur écorce qui est à Tabbaye de^ainl-Gennain, ou le fond du papier est rtfié; mais la surface extérieure sur la- (|ieile les lettres ont été tracées, est enlevée ttbeauiDup d*endroils. (Monlfaucoa, PakûQT.grœr.j 1. 1, c.2, p. 15.— Mabillon, Dere ifylomt,^ 1. 1, c. 8. — Remuiy Ideasyst. antiq, fc<r.,D.31f.)

Vais le savant Maffei combat tout le sys- Éne des manuscrits et des chartes écrites hrrécorcc, tomuie une erreur populaire,

II soutient une les anciens n*ont jamais krii de diplômes sur Técorce; que la disbrliuii que 1*on fart des papiers faits de ppuus et d'écorce est sans aucun fonde- ■eiii; i{u*on ne se servait d*écorce de tiltel que pour faire des tablettes, pour les llttickaj ou porte-feuilles et tablettes de

Ehe, sur lesquelles on écrivait des deux i5 comme cela se fait parmi nous; avan- S que Ton n'avait pas sur le papier égyp- ^ cause de sa finesse. Chambers.

f APiEd DE Là CHINE. — De tous Ics peuples fclaierre, celui chez qui le papier paraît <^ le plus ancien, ce sont les Chinois; ils t&oni de temps immémorial et de très- ^iu; ils en ont d*une grandeur à laquelle toi»* l'industrie des ouvriers européens n'a |u encore atteindre. Leur beau papier a tsssi cet avantage qu'il est plus doux et lus uni que celui de l'Europe. Le pinceau toii^e servent les Chinois pour écrire, ne Nrraii couler facilement sur un fond un Knrabotteux, et y uxer certains traits dé- Ns. Ils ont de tant d'espèces de papiers ^pi uous en connaissons en Europe plus ^quarante, toutes curieuses parues cir- "'•toiances particulières. Enfin, ils en ont ;|e toutes sortes de matières ; les uns sont •^j^ de pellicules internes ou d'écorce ^^tbre, jirincîpalement de ceux qui ont ''^'ucûup de sève, comme le mûrier et "^ijie, mais particulièrement le bambou 'tl arbre de coton. A la vérité, chaque i^^ioce a son papier particulier; celui '«^-Chewen est bit de chanvre; celui ;^ fChKieu est fait de jeune bambou ; ^luidooion sej^ertdans les provinces sep-

I ^ûoales est fait de ]*écorce du mûrier; '^k la province de Che-Kiang de paille ''«wwftt iierixj celui de la province de ^^^%Naru, d'une peau qu*on trouve dans

' «>ques de vers à soie ; enfin, dans la W'Qccde Hu-Quang, larbre Chu ou Ko-

chu fournit la principale matière dont on fait le papier.

La manière de fabriquer le papier des diverses écorces d'arbre, est la môme que celle du bambou, qui est une espèce de canne ou roseau creux et divisé ipar des nœuds; mais beaucoup pluslarçe, plus uni, plus ckir et plus fort que toutes les sortes de roseaux.

Pour faire le papier de bambou, l'on prend ordinairement la seconde pellicule de i'érorce qui est tendre et blanche, on la bat dans l'eau claire jusqu'à ce (|u*elle soit ré« duite en pAte que l'on met dans des moules ou formes très-larges, de sorte que cela fait des^euilles longues de dix ou douze pieds. On le perfectionne en le trempant feuille par feuille dans de l'eau d'alun, qui leur tient lieu de la colle dont nous nous servons, et qui non- seulement empêche le papier de boire l'encre, mais de plus lui donne ce lustre qui le fait paraître au premier coup d'œii, argenté, ou du moins verni.

Le papier qu'on fait de la sorte est blanc» doux et serré, sans qu'il y ait la moindre inégalité qui puisse arrêter le mouvement du pinceau, ni occasionner le rebroussement d'aucun des poils qui le composent. Cependant quand il est fait d'écorce d'arbre, il se casse plus facilement que le papier d'Europe. Joignez à cela qu'il est plus sujet à prendre l'humidité; que la poussière s*y attache, et que les vers s'y mettent en peu. de temps. Pour obvier à ce dernier in<Jonvénient on est obligé de battre souvent les livres et de les exposer au soleil. Outre cela, la finesse le rendant sujet à sturer, les Chinois se trouvent souvent dans la nécessité de renouveler leurs livres en les faisant réimprimer souvent. (Le Comte, Nout\ tnem.sur la CAtne. — Kust.,^i6/. nov, Hb. an 1697. — Lettr. édiff. et cur„ t. XIX).

Il est bon de remarquer que le papier de bambou n'est ni le meilleur ni le plus usité h la Chine. Par rapport à la qualité, il cède la primauté au papier fait de rarbri.«seau qui porte le colon, qui est le plus blanc et le plus fin et en même temps le moins sujet aux inconvénients dont nous venons de ])ar- 1er; ciir il se conserve aussi bien etdurn aussi longtemps que le papier d'Europe.

Le docteur Grew croit qu'on trouverait en Angleterre beaucoup de plantes qui renferment un duvet, lequel très-probablement'ferait du papier aussi fin que celui que les Chinois font avec le coton : ce discours fait voir que Grew s'est imaginé mal à propos que le papier chinois est fait non pas de l'écorce de l'arbrisseau de coton, mais du duvet ou du colon même. (Grew.,lfti5. reg, $oc.^ part. ]1).

Le papier dont on se sert le pins communément à la Chine est celui que l'on fait d'un arbre appelé chu-ku ou ku-chu^ que le P. Duhald compare tantôt au mûrier, tantôt au figuier, tantôt au sycomore, et enfin Ï^our augmenter l'embarras d'autres fois au railler . en sorte que nous connaissoiïs

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moins cet arbre que sUI n*en avait rien dit du tout. Cette façon d^écrîre est familière à cet auteur, qui est souvent d*une séclieresse extraordinaire au milieu de la plus urande prolixité» et qui n*est jamais plus diffus et moins roétliodique que quand il se propose de mettre de Texactitude et de Tordre dans ses écrits. Mais pour revenir au ku-chu» voici la manière de le préparer

f»our en faire le papier : on ratisse d*abord égèrement l'écorce extérieure de cet arbre qui est verdâtrc» ensuite on enlève la peau extérieure en longs fllets minces, qu'on fait blanchir à Teau et au soleil : après auoi on la prépare de la même manière que le bambou.

Il ne faut pas oublier d'observer que dans les autres arbres ce n*qst que Tihtérieur qui sert à faire le papier; mais le bambou aussi bien que ladire de coton ont cela de particulier que non-seuloment on emploie leur écorce, mais même toute leur substance par le moyen des préparations suivantes.

Outre les bois des plus larges bamboux on cheisit les rejetons d*une année qui sont à peu lires de la grosseur du gras de la jambe auu homme ; on les dépouille de leur première écorce verte et on Us fend en petites baguettes de six ou sept pieds de long ; on trempe ces baguettes ainsi fendues dans un réservoir d*eau bourbeuse, jusqu'à ce qu'elles soient corrompus et attendries à force d'être trempées. Au bout de quinze jours on les retire, on les lave dans l'eau nette, on les étend dans un grand fossé sec et on le couvre de chaux pendant quelques jours. On les retire ensuite, et après les avoir lavé une seconde fois, on les partage en filaments qu'on ex()Ose au soleil pour les sécher et les blanchir. Alors on les jette dans de grandes chaudières où on les lait bouillir tout à fait ; entin on les réduit en une pâte liquidq par Taction de plusieurs grands marteaux.

Ensuite, on prend quelques rejetonsd'une plante nommée kotheng^ on les trempe quatre ou cinq jours dans 1 eau jusqu'à ce qu'ils soient en une espèce de suc onctueux et gluant qu'on ^êle avec la pâte dont on veut faire le papier, h peu près de la même manière que les peintres délajeut leurs couleurs, aj^ant bien soin de n'en mettre ni trop ni trop peu parce qu6 la bonté du papier en dépend.

Quand on a mêlé le jus de kotheng avec le bambou, broyé et battu le tout jusqu'à ce qu'il paraisse seiublable à de l'eau épaisse et liqueuse, on jette le tout dans un grand réservoir fait de quatre murs élevés jus(ju*à hauteur d'appui, el dont les c6lés et le lond sont si bien cimentés que la liqueur né peut pas en sortir, ni s'imbiber dedans.

Ensuite, les ouvriers étant placés aux côtés du réservoir, ils trempent dedans leurs moules et enlèvent la superficie de la liqueur, qui dans l'instant devient papier parce que le jus gluant et liqueux de koiheU;^ lie les parties et rend le papier com-

pact doux et luisant; qualité que le papier européen n'a pas sitôt qu'il est fait.

Pour rendre les feuilles fermes et les mettre en état de supporter l'encre on les trempe dans de Teau d'alun : celte opération s'appelle faner du mot chinois fan qui signifie alun. Voici qu'elle en est la préparation.

On met dans différentes écuelles pleines d'eau six onces de colle de poisson, coupée bien menue ; on les fait bouillir en les remuant de temps en temps pour empêcher qu'il ne s'y forme des grumeaux : auand le tout est converti en une substance liquide, on y jette trois quartrons d'alun calciné que l'on mêle et qu on incorpore avec.

On verse ensuite cette composition dans un grand bassin à travers lequel est attaché un petit bâton rond, alors on serre l'extrémité de chaque feuille avec un bâton fendu d'un bout à l'autre, et dans cet étal on trempe la feuille, en la tirant promptement aussitôt qu'elle est humectée, et la glissant

{»ar-dessus le bâton rond. Quand toute la èuille a passé à travers la liqueur le long bâton qui tient la feuille par l'extrémité est nttaché dans un trou à la muraille et la feuille suspendue pour sécher.

A regard du moule avec lequel on fait la feuilre, c*est une forme inventée de façon qu'on peut le hausser et lebaisser à volonté, le fond n'en est pas fait de fil de laiton comme les nôtres, mais de petits filets menus de bambou passés de distance en distance h travers des trous pratiqués dans une plaque d'acier ce qui les rend aussi fins comme s'ils étaient de fil de Taiton. On les fait ensuite bouillir dans l'huile jusqu'à ce qu'ils en soient impreignés, afin que le moule entre plus légèrement dans 1 eau el n'enfonce pas plus avant qu'il ne faut pour prendre de la matière su£Qsamment pour une feuille. Pour faire des feuilles d une grandeur considérable ils ont soin d'avoir un réservoir et un moule proportionné. Ce moule est soutenu par des cordons qui glissent sur une poulie. Au moment que le moule est élevé, les ouvriers placés a côté du réservoir, sont prêts à en oter la feuille, travaillant ensemble et chacun ayant se:» fonctions réglées. Pour sécher les feuilles qui sont tiréesdu moule, ils ont une muraille creusée, dont les côtés sont bien blanchis ; à un côté de ce mur est une ouverture par où, au moyen d'un tuyau, se communique la chaleur d'un fourneau qui est auprès ; et à l'extrémité opposé, est un petit Tent qui chasse la ftimée. Avec le secours de cette étuvo, ils sèchent leur papier presque aussi vite qu'ils le font.

La manière d'argentcr le papier est mi autre secret qu'ont les Chinois dont la pratique est de peu de frais et ponr laquelle ils ne se servent pas d'argent; mais ils pre&nent deux scrupules de glu faite deeuirtie bœuf, un scrupule d*alun et une pinia d eau claire, ils mettent le tout sur un f^i leiH, jusqu'à ce que l'eau soit consumée, c'est-àdire qu'il n'en sorte plus d'exbalaisous ;

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ijois ils étendent Quelques feuilles de papitf sur uoe Uble bien unie et appliquent 40101, irec on pinceau, deux ou trois couckesdé celle glu; ensuite ils prennent une pMdreiaile d une certaine quantité de tali booilli, el mêlé avec le tiers de cette quantJir d'aloo ; ces deux droj^ues sont broyées dueiflble, passées au tacnis, et mise sur le Il avec de l'eau où on les fait bouillir de Nche( ensuite on les fait sécher au soleil et il les broie. Cette poudre étant passée par un in>i5 fin, on Tétend également sur les feuil les «tjiifiier préparées comme deyanl; ensuite 4 iesélend à l'ombre pour les sécher; cela àii,eo les remet encore sur la table et on ieiiis5epromptenientavec un morceau de vida net pour enlever le superflu du tali, ^f<n une seconde fois au même usage ; HK cette poudre délayée dans Teau et ifelée arec la glu et lalun, ils tracent tou- «sortes de flgnres de fantaisie sur le papier. (Le P. Dubalde, Du^ript. de la Chtne^ Ibel.)

Aocieooement les Chinois écrivaient avec • pinceau de fer sur des tablettes de bamtn; ensuite ils se servirent du pinceau pour kriresur le satin ; enfin, sous la dynastie des has, ils trouvèrent l'invention du papier, ftivaot Jésus-Christ, suivant le P. Marm. Cette invention se perfectionna insentieiD<»nt, et leur procura différentes sortes Ipipier.

In général le meilleur dont on se sert fcr écrire ne peut^uère se conserver long* fep^ dans les provinces du sud et même Il livres d'Europe selon le P. Parenninne hoeot guère à Canton contre la pourri - 1^1 les vers et les fourmis blanches, qui, kto quelques nuits, en dévorent jusqu'aux HTertores ; mais le même Père assure que Ifes les parties du nord, surtout dans la vo^inceile Pékin, le papier, quoique mince, (conserve très-longtemps.

Les Coréens eurent bientôt connaissance lia fabrique du papier des Chinois, et ils hisirent a le ISibriquer d'une manière plus Me et plus durable ; car leur papier passe ttir être aussi fort que de la toile ; on écrit ^sus a?ec le pinceau chinois. Si l'on von- A user des plumes d'Europe, il faudrait Bpararant y passer de l'eau d'alun sans «ûi récriture serai tbaveuse.

^ttl en partie de ce papier que les Cotes payent leurs tributs à IVmpereor, ils ^fournissent cbaaue année le palais; ils t apportent en même temps une grande ^iiié qu'ils vendent aux particuliers; nu-ci ne rachètent pas pour écrire, mais l'Iir faire des châssi^ i leurs fenêtres, parce °ils résistent mieux au vent et à la pluie ^ ^ leur. Ils huilent ce papier et en font B grosses enveloppes. Il est aussi d'usage [^irb tailleurs d habits, ils le manient et '^oi^sent entre leurs mains, jusqu'à ce ^'1 soit aussi maniable et aussi doux que Hoilelapius fine et ils s'en servent en j»^«1ecoton pour fourrer les habits. Il est »nïc meilleur que le colon, lequel, lors-

qu'il n'est i>as bien piqué, se ramasse e: se met en une espèce de peloton.

Papier du Japon. — Le papier est fait au Japon de Técorce du morus papyrUeraiaiha ou véritable arbre à papier, de la manière suivante, selon Kaempser, à qui seul on en doit la connaissance.

Chaque année, après la chute des feuilles qui arrive au dixième mois des Japonais, ce oui répond communément à notre mois de décembre, les jeunes rejetons qui i^ont fort gros, sont coupés de la longueur de trois pieds au moins, et joints ensemble en paquets, |)our être ensuite bouillis dans de 1 eau avec des cendres. S'ils sèchent avant qu'ils bouillent on les laisse tremper vingtquatre heures dans de l'eau commune. Ces paquets ou fagots scmt liés fortement en^ semble, et mis debout dans une grande . chaudière qui doit être bien couverte. On les fait bouillir jusqu'à ce que l'écorce se retire si fort qu'elle laisse voir à nu un bon demi pouce du bois à l'extrémité ; lorsque les bâtons ont bouilli suffisamment, on les retire de l'eau et on les expose à l'air, jus-

Îju'i ce qu'ils se refroidissent ; alors on les end sur la longueur pour en tirer l'écorce et on jette le bois comme inutile.

L'écorce séchée est la matière dont ensuite on doit faire le papier, en lui donnant une préparation qui consiste à la nettoyer de nouveau et à tirer la bonne de la mauvaise» Pour cet effet, on la fait tremper dans l'eau trois ou quatre heures; étant ainsi ramollie» la peau noirâtre est raclée avec la surface verte qui reste, ce qui se fait avec un couteau qu'ils appellent Kaadsi Kusaggi^ c'est- • à-dire le ravoir (/e iï'aadat, qui est le nom de l'arbre ; en même temps aussi l'écorce forte qui est d'une année de crue est séparée de la mince qui a couvert (es jeunes branches. Les premières donnent le meilleur papier et Je plus blanc ; les dernières produisent un pafuer noirâtre- d'une bonté passable; s'il y a de l'écorce de plus d'une année mêlée avec le reste, on la trio de mémo et on la met à part, parce qu elle rend le papier le plus grossier et le plus mauvais de tous : tout ce qu'il y a de grossier, les f>arties noueuses, etcequi paraît défectueux et d'une vilaine couleur, est trié en même temps, pour être gardé avec l'autre matière grossière.

Après que l'écorce a été suffisamment nettoyée, préj:arée et rangée selon s^ différents degrés de bonté, on doit la faire liooillir dans une lessive claire; dès qu'elle Tient à bouillirt et tout le temps qu'elle est sur le feu, on est perpétuellement à la remuer avec un %vos roseau, et l'on verse de temps en temps autant de lessive gu*il en faut pour abattre Tévaporisation qu'il se fait et pour suppléer à ce qui se perd par là : cela doit continuer à bouillir» jusqu'à ce que la matière vienne si mince» qu'étant touchée légèrement du boutdu doigta elle se dissolve en matière de iKwrre comme un amas de fibres. La lessive claire est faite d'une espèce de cendres» de la manière sui*

PAP

DICT10NNA1ll£

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tante : on met deux pièces de bois en croiii sur une cuve ; 011 les couvre de paille sur quoi ils mettent des cendres mouillées; ils y versent de Teau bouillante qui» à mesure qu elle passe à travers de la paille, pour tomber dans la cuve, s'imbibe des particules salines des cendres» et fait ce qu*ils appellent lessive claire.

Après que Técorce a bouilli delà manière qu'on vient de dire» on la lave; c'est une afTairequi n*est pasd'une petite conséquence en faisant du papier et qui doit être ménagée avec beaucouj) de prudence et d'attenlion. Si Técorce n a pas été lavée» le papier sera fort h la vérité» il aurad-u corps» mais il sera grossier et de peu de valeur : si au contraire on Ta lavée trop longtemps» elle donnera du papier plus blanc, mais plus - sujet à boire, et peu propre pour écrire. Ainsi cet article do la manufacture doit être conduit avec beaucoup de soin et de juge* ment, pour lâcher d'éviter les deux extré« mités dont nous venons de parier. On lave dans la rivière» et l'on met l'écorce dans une espèce de van et de crible au travers duquel l'eau coule, elon la remue continuellement avec les mains» les bras jusqu'à ce qu'elle soit délayée à la consistance d'une laine, ou d'un duvet doux et délicat. On la lave encore unefois pour faire le papier le pi us fin» mais l'écorce est mise dans un linge au lieu d'uncrible»àcausequepluson lave plus l'écorce est divisée» et serait enfln réduite en des parties si menues qu'elles passeraient aux travers des trousdu crible et se dissiperaient. On a soin en même tempsd'ôter les nœuds ou la bourre et les autres parties hétérogènes grossières et inutiles que Ton met à part avec l'écorce la plus grossière pour le mauvais papier. L'écorce étant sumsammeut et entièrement lavée est posée sur une table de bois uni et épais pour être battue avec des bâtons de bois dur kusnoki ce qui est fait ordinairement par deux autres personnes jusqu'à ce qu'on l'ait rendue aussi Tine quMi le faut : elle devient avec cela si déliée qu'elle ressemble à du i)apierqui,àforce de tremper dans l'eau est réduit en bouillie» et u'a quasi plus de consistance.

L'écorce ainsi préparée est mise dans une cuve étroite avec l'infusion glaireuse et gluante du riz et celle de la racine arens qui est aussi glaireuse et gluante. Ces trois choses mises ensemble, doivent être déliées avec un roseau propre et délié» jusqu'à ce qu'elles soientparfaitement mêlées etqa'elles forment une substance liquide de la même consistance. Cela se fait mieux dans une cuve étroite» mais ensuite la composition est mise dans une cuve plus grande» qu'ils appellent en leur langage fine : elle ne ressemble pas mal à celle dont on se sert dans nos manufactures de papier. On tire de cette cuve les feuilles une par unedans leurs moules qu'on fait de jonc ou bien de fll d'archal : on les appelle mtïo.

Il ne reste plus qu'à les faire sécher à propos : pour cet effet on range les feuilles en pile suf une table couverte d'une double

natte, et l'on met une petite pièce de roseau qu'ils appellent Aramtf&tira, c*est-à-dire cous* sin» entre cha(|ue feuille. Cette pièee qui avance un peu» sert ensuite à soulever les feuilles et à les tirer une à une ; chaque pile est couverte d'une planche ou dun ais mince de la grandeur et de ta Ggure du papier, sur laquelle on met des |ioids léi^ers au commencement» de peur que ces feuilles encore humides et fraîches ne se pressent si fort Tune contre l'autre qu'elles fassent une seule masse; on surchagedonc la plia* che par degrés» et Ton met des poids plus

{pesants pour presser et expnoier toute 'eau; le jour suivant, on ôte les poids, les ieuilles sont alors levées une à une avec le petit bâton kamakura^ dimt on vient de ptr^ 1er, et avec la paume de Fa main on IcsjeUe sur des planches longues et raboteuses faites exprès pour cela : les feuilles n y tiennent aisément à cause d'un peu d'huin'h dite qui leur reste encore après cette pié* paration : elles sont exposées au soleil, el lorsqu'elles sont entièrement séchées, on les prend pour les mettre en morceau, ou les rogne tout autour et on les garde imur s'en servir et pour les vendre.

J'ai dit que l'intusior* Uuriz avecunlé(^r frottement est nécessaire pour celouvraîçc, à cause de sa couleur blanche et d'uneier* taine graisse visqueuse» qui donne au papier une bonne consistance et une couleur agréante La simple infusion de la fleur de ri£ n'aurait pas le même effet, àcausequ'elle manque de cette viscosité» qui est une qualité fort nécessaire. L'infusion dont je parle se fais dans un pot de terre non vernissé» où les grains de riz sont trempés dans l'eau; ensuite le pot est agité doucement d'aboni, mais plus fortement par degré; à la tiu ou y verse de l'eau fraîche, et cela est ré|)étéuiu( qu*il reste quelque viscosité dans le riz. Le riz du Japou est le plus exreiteut pourceu étant le plus grv^s et le jdusgras qui croiâi2»e eu Asie.

L'inl'usion de la racine oreni se fait de h manière suivante : la racine, pilée et (xju{»éc en petits morceaux est mise dans de Teau iVaiche; elle devient glaireuse dans la nuit et propre à l'usage deslim^ après qu'un Ta passée à travers un liu^e. Les ditféreiiie» maisons de l'année demandent une quantité ditférente de celte infusion, mêlée avec le re^te. ils disent que tout l'art dépend enlièleiuent de cela ; eu été» lorsque \^ chaleur de l'air dissout cette colle et la rend piu^ Uuide, il en faut davanta^^e et moins à pruportion en hiver et dans le temps froid. lue trop grande quantité de cette infusiuu mêlée avec les autres ingrédients, rendrait ce papier plus mince à pmportion cl tro{>peu, au contraire, le rendrait é[»ais, inégal et set*. Une quantité médiocre de cette ratine e^l nécessaire pour rendre le papier bou e( d'une égale consistance; pour peu (iu'(»n lêf t; de feuilles, on peut s'apercevoir aisément m l'on en a mis trop ou trop peu. Au lieu delà racine oreni» qui (pielquefois, surtout au j commencement de l6té, devient fort rareté* ,

fi»

DES INVENTIONS

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|iapetiers se servent d*un arbrisseau rampiflL nonooé iane-ibufoura, dont les feuilles rtoJeotuae gelée ou t^lu semblable à celle jé U racioe oreoi, mms qui n*est pas tout àfiil bonne.

On a lemarqué cî-ilessus que les feuilles

lie papier» lorsqu'elles sont fratchement

Icfées (le leurs moules, sont mises en pile

sor uoc table couverte de deux nattes. Ces

deiii nattes doivent être faites différem-

oieot : celle de dessous est plus {grossière et

relie 4]ui est au-iessus est plus flaire, faite

<Je joncs plus lins qui ne sont pas entrela-

(t^ trop près Pun de fautre, atinde laisser

Dfl lissage libre à Teau, et ils sont d'eues

pour ae point laisser d'impression sur le

japier. Le papier grossier» destiné à servir

iTeoTeloppes et à d'autres usages est fait de

Técorcede l'arlirisseau kaadre kadsuraavcc la

même méthode que nous venons de décrire.

Ltr papier du laiton est très-fort; ou pourrait

fc& îàin des cordes. On vend une espèce de

pipier fort épais à Syriga : c'est une des

Hs grandes villes du Japon et la capitale

y'uae province du même nom. Ce jiapier

t»i peint fort proprement et plié en de si

^rajifJes feuilles» qu'elles suffiraient & faire

uùiAbiL II ressembles! fort à des étoffes

de>aiue et de soie, qu'on (ourrait s'y mé-

pt&Jre.

Fwir rendre complète l'histoire des ma* aaki>ires de papier du Japon, Kœmpfer j fiiÈi la description suivante des quatre i/tT» et des filantes dont on le fait.

I* Larbre à papier, eu japonais Kaadsi ^ f»i )e principal. Kaompfer le <:aractérise ^nàz papyrus fniclu mori ceUa^ sice morus Kéittt^ foliis urticŒf mortuœ^ cortict panriftro.

Dune racine forte, brancbue et ligneuse, s*éi¥e un tronc droit, épais et uni, fiirt rameui, couvert d'une écorce couleur de cliâ* ^^'ô^^ grosse dedans, où elle lient au bois qui est mou et cassant, plein d'une moelle jjas&e et humide. Les branches et les reje lûos sont iort gros, couverts d'un petit uu- ▼et on laine verte, dont la couleur tire sur le {lourpre brun ; ils sont cannelés jusqu'à ce que la moelle croisse, et sèchent dès qu'ils sont coupés. Les rejetons sont entourés irr^uiîèrement de feuilles à cinq ou six pouces de distance l'une de l'autre, quelquefois davantage; elles tiennent à des pe«iicules minces et velus de deux pouces de ion^ueur, de la grosseur d'une paille, et 'june couleur tirant sur le |x>urpre brun. Us feuilles diffèrent beaucoup eu figure et en grandeur ; elles sont divisées quelquefois en trois, d'autre fois en cinq lobes dent^ comme une scie, étroits, d'une profonucur inégale et inégalement divisés. Ces feuilles ressemblent en substance, figure et i^ttdeur à celles de l'urlica mortua, étant (''aies, milices, un peu raboteuses, d'un vert oii^or d*aia côté, et d'un vert blanchâtre •>: i'autre. £lles se sèchent vite dès qu'elles ^^lit arrachées» comme font toutes \qs autres H''t<es de i'arljre. Un nerf unique, uni j»>>e un grand sillon du côté opposé, s c-

tend depuis la liase de la feuille jusqu'à sa pointe, d'où partent plusieurs petites veines quasi parallèles, qui en poussent d'autres

f dus petites, tournées vers le bord des leuiles, et se recoarliant vers elles-mêmes. Les fruits viennent en juin et en juillet des aisselles des feuilles aux extrémités des rejetons. Ils tiennent à des queues courtes et rondes, et sont de la grosseur d'un pois et un peu plus, entourés de pois pourpres; ils sont composés de pépins qui sunt verdâ-* très au oommeocemeat, et tournent ensuito sur le pourpre brun lorsqu'ils mûrissent. Le fruit est plein d'un jus douceâtre. Je n'ai pas observé si ces fruits sont précédés par des fleurs.

Cet arbre est cultivé sur les collines et sur les montagnes, et sert aux manufactures de papier. Les jeunes rejetons de deur fieds de long sont cou|)és et plantés à terra uneu édiocre distance, environ le dixième mois; ils prennent d'abord racine et leur extrémité^ extérieure, qui est hors de terre^ séchant d'at)ord, ils poussent plusieurs jeunes jets qui deviennent propres à être cou- |)és vers la fin de Tannée, lorsqu'ils sopt jiarvenusà la longueur d*une brasse et demie, et à la grosseur u'un homme médiocre. Il y a aussi une sorte de Kaadsi, ou arbre de papier sauvage qui vient sur les montagnes désertes et innultes; mais, outre qu'il esi rare, il n'est pas propre à faire uu iiapier, c'est pourquoi on ne s'en sert jamais.

2* Le faux arbre à papier que les Japonais nomment Kaizi Kadara^ est appelé par Kaempfer, en latin : Papyrus procumbens^ lactescenSf folio longo ianceaiOt cortice char» taceo.

Cet arbrisseau a une racine épaisse, unique, longue, d'un blanc jaunâtre, étroite et forte, couverte d'une écorce grosse, unie, charnue et douceâtre, entremêlée de fibres étroites. Les branches sont nombreuses et rampantes, assez longues, simples, nues, étendues et flexibles, avec une fort grande moelle entourée de peu de bois. )}^ rejetons fort déliés, simples, bruns et velus aux extrémités, sortent des branches. Les feuilles y sont attachées à un pouce de distance, plus ou moins, l'une de l'autre» alternativement. Elles tiennent à des pellicules petites et minces, et leur ligure ne ressembla pas mal au fer d'une lance s élargissant sur une iiase étroite, et finissant en pointe longue, étroite et aiguë. Elles sont de/lifférentes grandeurs, les plus basses étant longues d'un empan, larges de deux pouces, taudis que celles du hautde l'arbrisseau sont à peine un quart aussi grandes. Elles ressemblent aux feuilles du véritable arlire à papier, en substance, couleur et superficie; elles sont prjfondémcnt et également dentées, avec des veines liées au dos, dont les plus grandes s'étendent de(mis la base de la feuille jusqu'à la pointe, partageant la feuille en deux parties égales; elles produisent plusieurs veines transversales qui sout croisées encore par de plus petites veines. Je ne puisnoii

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dire des fleurs ni des Iruits, n*ayaiil pu les

Yoir.

3* La plante que les Japonais appellent Oreni est nommée par Kœmpfer Alua^ radie e viscosQf flore ephemerOf magnOf punico.

D'une racine blanche, Rrosse, charnue et fort fibreuse, pleine d un jus visqueux transparent comme le cristal, sort une tige de la nauteur d'une brasse environ, qui est ordinairement simple et ne dure au^un an. Les nouveaux jets, s*il en vient après un an, sortent des aisselles des feuilles ; la moelle en est molle, spongieuse et blanche, pleine d'un jus visqueux. Sa tige est entourée h distance irrégulière de feuilles qui ont quatre ou cinq pouces de longueur, cambrées, d'un pourpre détrempé : les pédicules en 9ont ordinairement creux, charnus et j)leins d'humeur.

Les feuilles ressemblent assez à Valua de Mathiole, tirant sur le rond d*environ un empao de diamètre, composées de sept lobes divers par des anses profondes, mais inégalement dentées aux bords, excepté entre les anses. Les créneaux ou dents sont grands, en petit nombre et à une moyenne ttislanee Tun de l'autre. Les feuilles sont d*une substance charnue, pleines de jus ; elles paraissent raboteuses i rœil et sont rudes au toucher, d'un vert obscur. Elles ont ÙQS neri's forts, qui partagent chaque lobe également, courant jusqu*aux extrémités en plusieurs veines traversières, rondes et cassantes, recourbées en arrière vers le bord de la feuille.

. Les fleurs sont à l'extrémité de la tige et dos rejetons, et sont d'un pouce et demi de longueur, portées par des pédicules velus et épais, dont la largeur augmente à mesure qu*ils finissent en calice. Les fleurs sont posées sur un calice composé de cinq pétales ou feuilles verdAlres, avec des lignes d'un pourpre brun et vêtues d'un bord. Les fleurs sont aussi composées de cinq pétales ou feuilles d'un pourpre clair, tirant sur l<3 blanc. Elles sont grandes comme la main et souvent plus grandes : le fond en est fort grand, d'un pourpre plus chargé et plus rouge. Les feuilles des fleurs sont, couime on Va dit, grandes, rondes et rayées : elles sont étroites et courtes au fond du du calice qui est étroit, court et charnu. Le pistil est long d'un pouce, gras, uni et don», couvert d'une poussière couleur de chair, jaunâtre, couchée sur le pistil. Le pistil finit par cinq caroncules couvertes d'un duvet rouge et arrondies en forme de globe.

Les feuilles ne durent qu'un jour et se fanent à la nuit ; elles sont remplacées peu de jours après par cinq capsules séminifères pentagones, faisant ensemble la forme d'une toupie, qui ont deux pouces de longueur, un pouce et demi de largeur, membraneuses, épaisses, tirant sur le noir au temps de leur maturité, que l'on distingue en cinq capsules, où est contenu un nombre incertain de graines, dix ou quinze dans chacune, u'uD brun fort obscur, raboteuses, plus ])e-

titos que des grains de poivre, un peu comprimées et se détachant aisément.

Le EulO'Kadsura des Japonais est nommé par Kœmpfer, frutex viêcosus procumbens^ folio Itlephii tulgaris (tmulo^ fruciu mcemoso,

Cest un petit arbrisseau garni irrégulièrement de plusieurs brancncs de la grosseur du doigt, d'où sortent des rejetons sans ordre, raboteux, pleins de verrues, gercés et d'une couleur brune. L'arbrisseau est couvert d'une écorce épaisse, charnue el visqueuse, com})osée d*nn petit nombre d* fibres déliées qui s'étendent en longueur; si peu au'on mflcbe de cette écorce, elle remplit la bouche d'une substance mucilaçineuse. Les feuilles sont épaisses et attacheies une à une h des pédicules minces, cambrés, de couleur pourpre; elles sont placées par ordre et ressemblent aux feuilles du /e/ehium vulgare : étroites au fond, elles s'éar^issent,finissentenpoinleetsontdedeox, trois ou quatre pouces de longueur^ un pouce de largeur au milieu au plus^ un fieu raidesquoique grasses, quelquefuis plis^ées sur le dos, ondées, douces au toucher, d*on vert pâte, avec un petit nombre de pointes en forme de dents ae scie à leur boni, coupées sur la longueur par un nerf traversé jiar beaucoup d autres d'une petitesse imperceptible.

. Les fruits pendent h des queues d'un nonce et demi de longueur, vertes et déliera t ils sont en forme de grai^pes composées fl« baies (quelquefois trente ou quarante) disposés en rond, sur un corps tirant sur le rond qui leur sert de base. Les baies ressemblent parfaisement aux grains de mtsin, tirant sur le pourpre en hiver, lorsqu'elles sont mûres. Leur membrane, qui est mince» contient un jus épais, quasi sans goAt et insipide : dans chaque baie on trouve di'UX graines, dont ta figure ressemble à un oignon, un peu compriirtées là où elles se touchent réciproquement. Elles sont de la grosseur des pépins des raisins orfiinaires, couvertes d'une membrane, mince et grisâtre : leur substance est dure, blanchâtre, d'un goût âpre et pourri, très-désagréableau

Iialais. Les baies sont disposées autourd'une )ase tirant sur le rond ou l'uvale, d^ine substance charnue, spon^ense et molle, d'environ un pouce do diamètre, ressem* blant assez à une fraise rougeâlre, d'une rayure relevée en forme de crête, dont les niches paraissent moyennement profondes quand les baies en sont détachées.

Papier de liwge. — C'est là le papier européen ; il est nommé papier de iinge, parce qu'il se fabrique avec de vieux linges qu'on a portés, qu'on ramasse même dans les mes et que par cette raison les Français appellent vulgairement chiffons. Les manufacturiers nomment ces morceaux de vieux lio^ drapeaux, drilles, peilles ou pattes.

Ce papier donc se fait avec des htilloos de toile de lin ou de chanvre, pourris, broyés, réduits en pâte dans l'eau ; ensuite moulés en feuilles minces, carrées, qac»D

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DES INVENTIONSL

otlie, qu*OQ sèche» qu'on presse et qu'on luelen rames ou en mnlns pour la vente.

Il but d^abord obserrer que les anciens n'ool jamais oonou cette sorte de papier. lAslihri leniei dont parle Tite-Live (Décad. I, tir. rn), Pline (xiii» c. 11) et d'autres écri- Tiins romains, étaient des livres écrits sur ^ morceaux de toile de lin ou de caneYas* [céparés à ce dessein, de même que nos peioirM s*en servent toujours ; c'est ce qu'a démontré Guiflardin dans son commentaire nr nine, Allatius et d'autres savants. [Voy. iiiMVTEt Ad paneirvlum^ liv. u, til. 13.)

Vais ce n'est pas assez d'6tre*sûr que le l«pierde linge est une invention moderne ; ofl voudrait savoir par quel peuple et quand cette invention a été trouvée. Polydore T\r^\k [De inventoribus rerum^ I. ii, c. 8) noue n avoir jamais pu le découvrir. Scaber en donne, sans preuve, la gloire aux Aliemands, et le comte Maffei aux Italiens. l'iuires en attribuent l'honneur à quelques Brecs réfugiés h Bâie, à qui la manière de tire le papier de coton dans leur pays vn »{géra ridée. Le P. Duhalde a cru mieux RQcoDtrer en se persuadant que l'Europe mit tiré cette invention des Chinois, les- |Dfl5, dans quelques provinces, fabriquent l«ec le chanvre du papier à peu près de la ■èroe manière que l'Occident ; mais r£u- ^ n'avait point de commerce avec les fenois, quand elle employa le chiffon en

Cner. D un autre côté, si Tinvention en ildaeà des Grec^ réfugiés k BAIe, qui s'y mirèrent ai)rè$ le sac de Constantinople, il lodrait qu elle fût postérieure à ranni*p iiS, dans laquelle cette ville fut prise. Ce-

EKiant la fabrication du papier de linge en tope est antérieure k cette époque. Ainsi le jésuite Inchofer; qui la place seulement« i^ec Milius, vers l'année 1^70, se trompe certainement dans son opinion.

il est vrai qu'on ne sait rien de précis sur le temps auquel l'Occident commença de hire son papier de chiffon. Le P. Mabillon tfoii que c'est dans le xu* siècle, et, pour le prouver, il cite un passage de Pierre de Cluoy, dit le Vénérable, qui naquit vers Uu itOO. Les livres que nous lisons tous le^joursydit cet abbé oans son Traité contre kl iui/i, sont faits de peaux de bélier, ou de veau, ou de plantes orientales, ou enflri ex f^iturii veterutn pannorum. Si ces derniers laou signifiaient le papier tel que nous l'employons aujourd'hui, il y avait déjà des ^^resde ce papier au xn'.siècle; mais cette ^ii^tion, unique en elle-même, est d*autant i'ius suspecte que le P. Montfaucon, qui la rt|>porle, convient que, malgré toutes ses |>enjuisilions, tant en France qo'en Italie, ^1 na jamais pu voir ni livre ni feuille de pipier qui ne fût écrite depuis la mort de uiul I^uis, c'est-à-dire depuis 1270.

Le comte Uaffei prétend aussi que l'on ne ^Qve point de traces dans l'usage de notre i^pier, antérieures à Tan 1300. Corringius à eailirassé le même sentiment dans une '•tireuù il lâche de prouver que ce sont les Ariits qui ont apporté riovenlioa d« ce

papier en Europe. (Voy. Acta erudii.^ Lira* an. 1720.)

Je sais que le P. Hardouin croit avoir vu des actes et diplômes écrits sur le papier européen avant le xin' siècle; mais il e>t très*probable que ce savant Jésuite a pris ces manuscrits sur papier de lin. La méprise était facile à faire, car la princi|)ale diffé* rence entre ces deux papiers consiste en ce que le papier de lin est plus fin ; or on sait que nous avons de ce même papier de diffé* rentes finesses, et que c'est fa même chose du |iapter de coton. (Yoy. MArPBi, Uiet. di^ plom.j lib. ir, ou la Bibtioth. tia/., tom. 11.)

Mais enfin on cite trop d'exemples de manuscrits écrits sur notre papier dans le xiv* siècle, [KHir douter que sa fabrication n'ait été connue dans ce temps-là. Le jésuite Balbtai parle de manuscrits sur notre papier, qu'il a ▼us et qui étaient écrits avant mO.Un Anglais rapporte, dans les Troniac/iona pAt/oaophiques^ que, dans les archives de la biblio« tbèque de Caiftorbéry, il y a un inventaire des biens d'Henri, prieur de l'église du Christ, qui mourut en 18M, lequel inveufaire est écrit sur du papier. Il ajoute que dans la bibliothèque Gotonienne il y a divers titres écrits sur notre papier, lesquels remontent jusqu'à la quinzième année d'£« ëouard 111 ; ce qui revient à Tannée iSSS. (Voy. Philoioph. iramact.t n. 888.)

Le docteur Prideaux nous assure avoir vu un registre de guelqpei actes de Jean Cranden, prieur d'Ëly^ fait sur papier, et

3ui est daté de la quatorzièffle année d'E« ouard 111, c'est-à-dire l'an de Jésua-Ghrial 13!20. ( Voy. Pbidbaui^, ConnecUf part, u t. Vil, pag. 710.)

Le niême savant penche à croire que TiiH Tention du papier de linge nous vient de l'Orient, parce que plusiéors anciens ma* liuscrits arabes ou en d'autres langues orien* taies sont écrits sur cette sorte de papier, et que quelques-uns d'entre eux se trouvent plus anciens que les dates ci-deiisus mentionnées. Enfin, M. Prideaux juge qu'il est probable que les Sarrasins d'Es|)agne ont apporté les premiers d'Orient l'invention du papier de linge en Eurone. {Encyclopédie méthodique^ t. XXIV, art. Papier.)

DBLAFABaiCATlONDV PAPIBB BNmAlICB* —

De tous les pays de TEurOfie.celuioùla papeterie avait le plus de moyens de sedéveloi»per était sans doute la France, OÙ la matière première est abondante. On reprocliait à nos papiers d'être faiblement eollés. La macération des chiffons était |)eut-être pf»usstVe à l'excès ; cette opération rend le chiffon plus facile à triturer, et donne une pAte plus blanche, plus moelleuse, et un pa|iier jilus propre à l'impression de la gravure en taille-douce; mais, lorsque la macération a été prolongée trop longtemps, le papier est moins fort et pins diiGcile à coller. Nos papetiers se sont éclairés sur cette pratique, et, sans renoncer aux aYantages que procure la macération,-tls ont appris à ta conduire tic manière qu'elle n*influe pas désaveu tageuseuieut sur la force d« parier «t

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DlCTIQiNNAIRE

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sur le collage.. Aujourd'hui les produits de nos premières papeteries offrent une éloQ^e d*une belle pfliei d'une fabrication plus régulière* et ils sont très-bien €ollés« On coinmeaça* en 18t0« d«ns auelaues fabriques», à coller à la cuve. Cette methoae qui éitargne de laiiuiin«>d*œuvre en augmentant la qualité du papier, se perfectionne de plus en plus» et finira ftar être généralement adoptée. Les fabricants de papiers ne doivent jamais perdre de vue que le collage est une opération de la plus haute importance pour leur réputatioflf.et que c*est surtout d'après la manière dont elle a réussi que leurs produits sent jugés par les consommateurs.* L*iDlrodution en France des papiers supersfins. étrangers a exoité Témulatiou de nos fabricants: les prixtrès-favoraUesauxquels tes consommateurs ont consenti de payer ees beaux firoduits donnèrent aux chefs d'établissements Tassuranee d'être iadein* nisés des frais d'une fabrication qui demandait des soins extraordinaires. On atteignit bientôt une perfection égale à celle des plus beaux painers étrangers. On y parvint d'àbord» il est vrai, eu faisant des tours de force; mais, par l'effet de la pratique et dé l'exercice* ces tours de force sont devenus uue fabrication habituelle et courante.

. L*art de la papeterie est en progression ; chaque année* les papiers que ies'iùanufao* turetf mettent dans le commerce se foutremanquer par de meilleures qualités» et les |»rocédés du travail se perfectionnent de jour en jour. La première idée de faire le papier à la jnécanique est née en France pn Tan Yl. H. Robçrt prit» à ce.te énoque, iin brevet d'invention pour une machine h ftire du {wpier k grande dimension , il obtint même un encouragement du gouvernement; mais ce n*est qu'en 1811 qu'il a été formé un établissement otl la fabrication courante est entretenue par des machines* C'est cet étatilissement dont on a vu les papiers en grandes dimensions, qui attiraient fattention du public, sans doute à .cause de la nouveauté ; car la grandeur des dimensions n'est pas Tobjet principal de l'art. D*abord les produits de l'art n'attei-

Ï fuirent {)as9 pour les qualités superfines, a perfection des papiers faits è la main par les ouvriers les plus habiles; cependant ils étaient déjà constamment bons pour les qualités «les plus usuelles. Une émulation favorable aux progrès de l'art s établit entre Jes deux modes de travail. Plusieurs artistes s^occupèreni avec succès du perfectionnement des raachinesi ou d*en créer de nouvelles; des mécaniciens sont parvenus k faire à la machine, par un procédé simple et sûr, du papier à vergoures.^(ilnn€i/e5 de chimie et de phyêique^ t. XJII, p. 378.)

M. Désétables qui, en l'an xi, a obtenu une médaille de la Société d'agriculture et de commerce de Caen pour sqs éuiblisse* ments et la beauté de ses produits, a communiqué à celte même Société une notice infiniiiient intéressante sur ce genre do Uiouufacturo. M. Désétables y prouve que

si les papiers du département du Calvados n*étaient pas en concurrence avec les plus beaux papiers de France, de Hollande et d'Angleterre, c'est que jusqu'alors on n*avaîi fait usage que de moulins à maillets. La travail des cylindres, dont Tachai est coûteux, dédomu^age amplement des premiers frais. H a "prouvé i^ue remploi des cylindres est. par résultat, economigue, puisque, sur un quintal de cluffons, les maillcls donnent quarante livres de déchet, tandis que le cylindre n^en occasionne que dix. Il est également plus expédilif, triture les chiffons uon pourris> et donne une pAte aussi blanche que ferme. Ce fabricant est parvenu & donner de la douceur et de la souplesse aux papiers d^enveloppe pour les produits de nos manufactures, papiers dont M. Bésuchet de Marum était parvenu ii. imiter la couleur boue de Paris. 11 fabriquait également des carions à presser le drap, qui, rivalisant avec ceux d'Angleterre, résistent non-seulement à l'effort de la presse, mais réagissent contre la surface de l'étoffe et lui donnent un lustre flatteur à l'œil. Il a poussé ses expériences jusqu'à faire, plusieurs années avant M. de Deiille de Buges, des papiers d'enveloppe, assez, forts pour remplacer le parchemin qu'on., emploie aux gargousses de mer. M. Désétables a aussi inventé une machine à l'aide de jaquelle il fabriquait des papiers dans les dimensions essentielles à quelques usages, quisimpliQe les procédés de fabrication, et substitue au mouvement des bras un mécanisme qui produit le iuême effet et que Ton dirige a volonté. A l'aide de cette mécanique, la forme destinée è faire le papier descend et se tourna obliquement dans le bassin contenant la pdle où elle se précipite. Klle reprend ensuite le nivQau, remonte et paraît chargée de la quantité de pâte nécessaire à former la feuille de papier. Un double balancement, gradué d'une manière convenable au dessèchement de la pâte, étend, rapproche, resserre les molécules de cette pâte, el forme l'espèce de feutrage qui constitue le papier. L'eau s'égouttc; ensuite l'on déga^^e la forme du châssis qui la soutient; ua couche la feuille sur le lange; on remet li forme dans le châssis qui, d'un léger couji de main, pari aussitôt et va chercher uoe autre feuille. Le mouvement uniforme de la machine détermine l'égale épaisseur des feuilles, et un agitateur, toujours en mouveuicnt, lient aussi suspendues les molécules de la pâte. Il faut quatre personnes pour ce service, tandis que trois sufliseiil pour une cuve ordinaire. Mais elles sont prises indistinctement parmi toutes les classes d'ouvriers, même parmi les femmes et les enfants, car c'est la machine qui fait le papier, les ouvriers ne font que la desservir. Le peu de fatigue qu'ils éprouvent leur permet de travailler toute la journée, tandis que les ouvriers (-.apetiers tiiiissaient souvent leur travail à midi. On peut aussi garnir la machine de trois ou quatre châssis, sans cmjiloyer un plus j^^rand nom-

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DRS INVR.\TI(MSb

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brcde brasv et le produit du travail est trots iiH$ plus considérable que celui d*une cuve omioaîre. Cette machine présente au cou* nerce et aux arts un papier très-bien fait* ri d'une dimension beaucoup plus étendue que celui bbriqué jusqu'à présent. {Soeiélé imtmragemeni^ tome VI, page 129.)

httntiom d$ MM. Léorier^ Dtliêlt el Cut/* JK- Ces fabricants ont obtenu un brevet dr diiaos pour la fabrication d*un papier iilinc où se trouvent ûviS caractères de cou* \m, (Diciifmnaire d€$ découvertttf i. XII« I». 575 à 577.)

Uonrhimini de la pàit du papier. — Le ftlaochimeat de la pÛte du papier par le ^K^édeM. BertboUet, ne peut être réfoqué ea doute : son appiicaiion au papier des assignats a donné les meilleurs résul* iib. U. loyse\ , cor^ointement avec une «Komission spéciale, a cherobé à appliquer iQg< néral cet utile procédé à Tari de Ja pa«

CKerie. Il a été reconnu que Tappareil de . Weiter réunissait toutes les qualités re* fiises pour cette opération. Le but de cet lipi>areil est de multiplier les surfiices par b'jiielles le gaz se trouve en contact avec ïm, psrce que oe n*est qu'aux points de MM que la combinaison peat s*opérer.

b^asequi est intermédiaire entre le ton* fevu pneomatiqae et le maires distillatoire, K^iestiné k retenir la partie de Tacide mu* ■tique qui ne s*e8t pas oxygénée. On met lus ce vase un pend eau, dans laquelle on ^i (ilonger un tube de verre qui doit sur* ^r en hauteur la colonne d*eau que le (Raè vaincre dans le tonneau. Le gaz qui ^Di du inatras comprime Teau qui est dans b Tase, avec une force égale k celle qui hçi\me à son dégagement, de manière que fn\ï s'élève dans le tube de sûreté* et j brme une colonne égale à celle de Teau |ui prnsse sur le tube par lequel le gaz |iar* neoi dans le tonneau ; mais si, pendant Togalion, il se fait un refroidissement sou* Bin ou une absorption rapide du gaz, l'eau redescend dans le tube, et Tair atmospbénque rentre et empêche qu'il ne se forme ■a vide qui produirait la résorption de la ^ueuret qui ferait casser le vaisseau di»- Idlateur; ce tube de sûreté, dû également k M. Weiter, peut y*appliquer avec suct;ès lui autres dtstillaiions pneumatiques. Ainsi ^1 appareil est applicable à toutes les mé- Mis qu*on peut employer pour se procu* f^ les diverses espèces de liqueurs blan* hissantes, soit que Teau du récipient contienne oo non un alcali tixe en dissolution, y[ que dans la distillation on emploie i'acide inQriati<|ue sur j'oxyde de manganèse, f^nenQn que le gaz s'obtienne pour Tacide kuifiirique sur un mélange d*oxyde de man* pnèse et de muriate de soude. 11 est parti- ^lièrementpré.érable k tous les autres, dans l'^cas où leau du récipient ne contient point '^«leali, parce que Tabsorption du gaz s'y Jf^'ite favorisée en la mettant en contact avec «"ausur un grand nombre de points. Mais, '•^commission s'étant déterminée k employer ^^^ dissotution de pistasse, on dut faire

quelques modificatiofis k TapiiareH :'l* Les trois cuvettes intérieures du récipient, furent réduites k une seule; le nouveau fut formé d'une cuve qui en contenait une autre renversée, toutes les deux recouvertes de lames de (ilomb ; 2" la grosseur des toboa de communication met à l'abri des engagements )tendant le cours de la distillation; 3* par suite d'une manipulation bien en« tendue, on peut supprimer le vaseintermé« diaire en n ayant qu'une seule ouverture k luter. M. Loysel donne la description de l'appareil qui a servi k la préparation do l'ai^ide muriatique oxygéné, pour le blan*^ chiroent de la pAte du papier-assignat. Il se compose^ 1* de huit fourneaux ayant, deux k deux, une cheminée commune en t6le ; 2* de huit chaudrons en fereoulé^ contenant des bains de sable; dr de huit matras, ballons oi^ cruches de terre bien cuite et compacte^ destinés k contenir les matières qui doivent fournir le gaz. Chaque matra3 ne doit être rempli que jusqu aux deux tiers de jsa ca^mci té, tout au plus. On peut également se servir de ballons de verre de peu d'é|)aisseur; hr de tubes de verre pour conduire le gaz dans le récipient. On peut aussi en employer de plomb ; 3' d*un récipient composé d'une cuve extérieure, recouverte de lames do plomb bien soudées, et garnie près du fond d*un robinet, pour tirer la liqueur lorsqu'elle est préparée ; et d'une autre cuve aussi couverte de lames de plomb en deliors et en dedans. Cette seconde cuve est renversée dans la première pour contenir le gazk mesure qu'il se déga^^e, et pour retenir en contact avec Teau du récipient ^ partie qui n a pas eu le tenjps de s'y dissoudre en la traversant; un trou est pratiqué k la partie supérieure de cette seconde cuve, et sert au pasaage de l'air atmosphérique, lorsqu'on met l^au dans le récipient. On le ferme ensuite avec* un bouchon de plomb ou de liège, recouvert de papier trempé; l'amidon est assujetti avec un linge ou une vessie Ucelée avant de commencer l'opération. On pourrait employer également des cuves carrées, et ranger tous les fourneaux sous une cheminée commune On met dans le récipient 1,000 litres d'eau tenant en dissolution 50 kilogrammes de potasse blanche, purifiée et calcinée. Lorsque le dégagement du gaz a lieu par l'acide mu* riatique, ou emploie les doses suivantes ;

0\ydc de manganèse, ^4 kll.

Aeide murialique à ^ degrés de dt^nsité à raréomèiie de Baittiiié, 6H

Total. 9i kU.

Ce qui fait pour chacun des nuit ballons il i kilo, de matières. Ou commence par lutter le récipient chargé de ses 1,000 litres d'eau alcaline. On place chaque ballon dans son bain de sable; on y introduit le manganèse pulvérisé; on verse l'acide niuriaii- Ïue sur le manganèse ; on place les bouchous es ballons traversés par les tubes de communication, Ou lute avec du papier trempé

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liaos ramidon ; on laisse secoer le loi pendant diirà doose bearesi puis on allome on feu de charbon dans les fonrneanx. La dis* lillatîon dure dix à douze heures. Quand eii« esl finie, on délaie les tubes, on éteint le fra, et on laisse refroidir les liallons dans leurs bains de sable jusqu'à ce que la tempéralore de ces mêmes bains soitdescendre à M OQ 70 degrés ; alors on verse dans les ballons de Teau chaude au même degré. On V délaie le résidu de la distiliation; on vide les ballons et on les laisse refroidir dans des paniers garnis de paille. La précaution d'introduire de Teau cliaude sur le résidu est indispensable, sans cela il prendrait une telle consistance, quand on o|)ère a?ec Tacide solfurique, qu*on ne pourrait le détacher qu'avec beaucoup de peine. Si le déga* geroent du gaz a lieu par Facide sulfurique, un emploie les doses suirantes :

Oi jtle de manganèse» 25 kil.

Nurîace de sonde, 78 Acide solfariqoe à 50 degrés de den^

sUé, U

Total. 1^ kil.

On étend Facide suifurique avec un volume d'eau égal au sien, ce qui' réduit sa densité à 31 degrés. La huitième partie de ces matières est de tk f kilog. pour chaque matras. Plus la liqueur blanchissante a de force, plus elle décolore de parties de dissolution d*indigo; et i*on peut, par cette épreuve, déterminer les doses de chaque espèce de liqueur blanchissante k employer

Cur la mêler avec Teau et composer les ins dans lesquels la substance k blanchir doit être plonsée. D'après M. Descroisilles il but mettre aans un matras de verre :

Adde sulfariqne conceutré k 66 degrés de

densité, 7 |Mirties en ooids.

Indigo iNilvérisé,

On agite le mélange; on plonge k demi la boule du matras dans l'eau nn peu plus

Ïue tiède, en l'agitant de temps en temps, ^eux heures suflisent pour opérer la disse*lution que l'on étend dans neuf cent quatrevingt-douze parties d'eau. Une mesure (en volume) de la liqueur blanchissante, préparée ainsi qu*il a été dit, anéantit communément la couleur bleue de neuf (larties de dissolution d'indigo 8er?ant d'épreuve. Si l'on a pour objet d'obtenir un papier d'un blanc éclatant, s il doit être mince, de manière qu'une rame fabriquée sur la forme du papier connu sous le nom de raisin, ne doive peser que i k 5 kilog., c'est-k-dire environ le tiers du papier du commerce fabriqué sur la même forme, et si l'on a employé des chiffons blancs, il suffit de les faire passer au cylindre effilocheur, de leur donner* un bain de liqueur blanchissante, puis un bain d'acide suifurique, les passer au cylindre affineur pendant sept a huit heures, et enfln mettre cette pâte en œuvre. Dans le cas de chiffons écros ou non blanchis, et pour conserver au papier tout le oeuf conrenablei on fait subir au chiffon un

degré de fermentation plus ou moins avancé, enle mettant an poorrissoir. Danscette opé^ ration, la matière colorante éprouve une combnstion lente, passe k nue sorte d'état savonneux, et se laisse enlever par reatt,*en lavant le chiffon dans la pile du cylindre effilocheur. Une seule lessive, deox liains de liqueur blanchissante et un d'acide suifurique suffisent alors pour blanchir complètement le chiffon écru ou les coidages. On range sur une seule ligne, pour chaque

Ïilée, huit k neuf baquets de liois propres contenir 600 litres d'eau en totalité. Ou v verse iSO litres d'eau pure, et Ton y ajotiie 90 litres de liqueur blanchissante, parla^^éc également entre tous les paquets ; enfin on met, par portion é^àle dans chacun, les 90 kilog. de chiffon effiloché; on le laisse ajourner pendant environ douze heures dans ce bain, en Fartant de temps en temps : on le lave ensuite complètement dans l'eau claire et on lui donne un bain d'acide suifurique composé comme il suit :

Eau,

Acide k 50 degrés.

900 litres.

5kiL

Ce bain donne k peu près quatre degrés k l'aréomètre de Baume. L'immersion dans le bain doit durer de trois quarts d'heures k une heure. On lave ensuite parfaitement l'effiloché dans de l'eau claire ; on le fiasse au cylindre affineur pour être enfin mis en œuvre. Si faction des bains de liqueur blanchissante n'est pas épuisée par l'immersion du chiffon, ce dont on s'assure par la dissolution d'indigo, on les fait servira d'autres effilochés qui les épuisent, sauf k saturer ce nouvel effiloché clans un bain neuf. Pour remédier k l'inconvénient produit par la liqueur simple dans l'opération îles bains, il suffit de ne plus agiter la toile ou la matière en bain découvert, mais de fer* mer eiactement avec un couvercle le bain de liqneur dans lequel la matière est plongée ; on l'y agite avec un volant qu'on fait mouvoir au moyen d'une manivelle

|)lacée en dehors de la cuve qui contient e bain. Le calcul fait des dépenses de l'opération, y compris l'établissement de ra|>pareil, n'a porte le litre de liqueur blanchissaflrte Kju'k neufcentimes,et en ajoutant les dépenses pour le reste de l'opération, et le bain sulHirique, on trouve que clia-

3ue kilogramme de papier occasionnera une épense de 27 centimes. Or, le papier ordinaire du commerce se vend ordinairement de 1 fr. 30 c. k 1 fr. kO c. le kilog., et afet* une simple augmentation de 27 centimes, il obtient la prér^rence sur celui qui se veutt 3, k et même S francs, qu'on ne peut même se procurer qu'en petite quantité k raison du choii qu'on est obligé de faire dans le chiffon orainaire. (iinnaief de cAtnita, tome 2, page 163, et tome 39, pge 137.)

Machines à fabriquer te papier. — /nraaiione de M. A.'t. Rooeri^ mécanieiem à Besene. — La machine pour laquelle M. Rolierta obtenu un brevet d'invention de quinze nus^ et qui est propre k fabriquer du papier d*ttttr

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DES INVENTIONS

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rat

loflgueor iodéfiuie« se compose ainsi qu*il

s«i(: oieUssis inférieur supporte toute la

Dichine; des jumelles dépressent partout

Wdeoi ojlindres de cuivre ; de petits mon*

ubU servent de soutiens au plancher qui

(ori« la eove; ils servent aussi de conduc-

iror5 à l4 traverse mobile» à iaquellesont

^ptésdeux ressorts qui servent à porter

1^ («Itfoder. Ces deux ressorts portent une

trteqoi s'emmanche dans les mortaises du

niiocier. Les supports du t)alancier por*

Uni une vis de rappel, et les autres portent

'jiKuii uoe vis à |K)inte. Une pièce de bois

«ride support à la vis de rappel. Cette vis

0A irarersee par deux barres de fer rondes,

cispo.^ en croix pour la faire mouvoir.

bterisi en tournant, fait monter ou des-

«udre entre Jes plateaux la traverse qui

ii|ipûr(e les ressorts. Une planchette est

)lft)ée immédiatement au-dessouj< des cylin«

Aespour rendre à la cuve l*eau qui s*é-

•ikdaos la pression du papier. Deux pou-

^ jointes ensemble par une traverse,

|i»eQi dans des mortaises ou coulisses;

tteiatre vis de rappel sert h faire aller el

iMir les deux poupées ci-dessus ; elle esl

■bioe par uoe goupille placée derrière la

iKgiede fer, dont l'objet est d'arrêter la via

énf^l. Uoe toile de cuivre, semblable à

iMedonton fiiit les formes dans les pape-

6 est cousue |)ar les deux bouts, ce qui 1 sans tin ; elle est supportée par deux Maux de iiois ; elle est mise en mouve-- Mau moyen de deux cylindres de cuivre

tb sous le chapeau , et entre lesquels est pressée, et, re|Missant sous le cylio - •iiBférieur, elle va s*étendre au-dessus de keuve où elle reçoit la matière du papier

Ei lui apiiorte cominueilement en abonce le f oiant qui est renfermé dans une Aile. Aux deux ^és de la toile sans fin iM( (les agrafes en cuivre qui y sont cou* ^ i éj^ale dislance« et la loile est ensuite kniétf, uessus et dessous, de peaux d'an* aiilie coupées en rubans, plies eu deux sur Klir^eur, et percés d'un petit trou à la HKe de chaque agrafe pour en laisser ^r seulement le crochet au dehors. Ces t^fes servent h tendre la toile sur sa largeur et à Tempécher de se déranger dans sa ^urse, au moyen de règles de cuivre, le ^Qg desquelles glissent ces agrafes. Un ^icau teud la toile sans fin au moyeu do i^x autres poupées qui la supportent, el ^ la seconde vis de rappel. Un autre rou- ^ souiieot le bout de la toile étendue sur ! taie : il est suspendu par on balancier, ^in^isièuie rouleau, «jui est en bois, presse ^reuieet sur la toile et $i$ri h lever le ^pi^» à naesure qu'il sort d'entre les cy- ^^ns où il a été pressé. Pour laciliter cette ^}Oùf les supports de ce rouleau sont ^*^liques. Chaque fois que ce rouleau esl l^oment chargé de papier, on le rem- ^1 sans rien arrêter, par un autre rouf^ éa bois qui a'empaure aussitôt de la "^O'equi suit. La seule attention qu'il '^Qiaroir esl que ces rouleaux soient tou* P^n mouillés avant de les placer; c'est

cette humidité qui les met en état de se saisir aussitôt de la feuille et de l'envelopper^ Des liens de fer empêchent le soulèvement du chapeau dans la pression. Une vis de pression appuie sur les tourillons des cylindres au moyen des coussinets dont ils sont garnis. Des tringles de cuivre carrées servent, au moven de trois mains, de supports aux règles de cuivre qui bordent la toile et sur laquelle elles ne font que poser. Ces tringles ontà chaque bout un enfourchement, pour recevoir un petit tenon arrêté [>ar une goupille. Ces charnières sont pour rendre plus facile le mouvement précipité de va-etvient que la toile doit continuellement avoir pour égaliser la matière à mesure qu'elle arrive dessus. Les petites pièces qui s*ajus» lent à la charnière h chaque bout des trin*

S les sont traversées chacune par une vis e rappel qui sert h écarter plus ou moins les tringles de cuivre, et en même temps les règles qui y sont fixées, ce qui maintient la toile plus ou moins tendue dans sa largeur. Comme le succès de cette machine dépend beaucoup du degré de tension donné i la toile qui doit présenter, surtout h Tarrivée de la matière, une surface parfaitement unie et de niveau sur sa largeur, il faut placer immédiatement au-dessous de la toile deux tringles minces, en bois de sapin, pour empAcher le poids de la matière chargée d'eau de faire creuser la toile dans son milieu. Ces tringles de buis portent, par leurs extrémités, sur les tringles de cuivre, où elles sont arrêtées par des goupilles, pour ne |ias gêner le mouvement horizontal de la toile. Mais, au contraire, cette toile, dans sa longueur, doit avoir une pente d'environ deux centimètres, à p&rlir ou rouleau, sans quoi la matière s'étendrait, aussitôt qu'erie arrive, jusqu'aux cylindres, et elle n'aurait pas le temps d'égoutter son eau, de se fixer, enfin, de faire, du papier. Cette |)ente n'est pas assez considérable pour empêcher la matière de se fixer sur la toile, parce que le îlot, qui arrive continuellement en forme de nappe, la retient et force le superfiu h retourner à la cuve en passant par-dessus les règles de cuivre. Enfin, cette machine se com()Ose des pièces ci-après : 1* d'un support pour eoi^iêcher l'arbre de fouetter, à cause de sa longueur; 2* des' supports de l'arbre de renvoi ; 3* d'une lanterne de huit fuseaux, placée au bout de Tarbre de renvoi; fc*d*une manivelle; 5* d'un arbre commandeur qui donne le mouvement à toutes les parties de la machine ; 6* de deux roues de viogtH(]uatre dents chacune ; 7' d'une autre lanterne, aussi de huit fuseaux ; 8" d*Qn frayon à huit pans, igusté sur Tarbre de renvoi et appuvant contre le ressort. qui porte le balancier. Ce frayon, è chaque tour de manivelle* fait éprouver vingt-qoatre secousses, en allant et venant, au balancier, et par conséquent à la loilCr ainsi qu'à tout ce qui y tient ; 9* d'un manchon qui forme i'arure de deux pièces, ppur donner la facilité d'ajuster le frayon ci-dessus ; 10* d'une roue de champ» de vingt-quatre dents, en-

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DlCTldNNAlRE

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grenatit dans une Iant(?rne de six fuseaux, ajustée au bout de Taxe d*un volant, qui est une espèce dé nianchon f^ît de cuivre laminé fort mince, soutenu intérieurement par de petites barrps de fer croisées sur son aie, et garni h sa surfdce de l]uit bandes en lames de cuivre ft/rt étroites, qui |)Iongent seules dans Peau de la cave; 11* de deux traverses en bois qui sont posées en travers sur la cuve pour supporter lé chapeau qui recouvre les volants; 12* de deux cylindres de cuivre entre lesquels passe la toile» et servant h presser le papier; ils sont enveloppés d'une élofîe en feutre de laine, comme ceux qui servent dans les papeteries. Cette étoffe sert à [lomper Peau superflue dans le papier, et à le mettre en élal d'être levé après la pression j 13" d'une planchette è charnière, posant d'un bout sur la (oile, et de l'aulro, aiustée au chapeau, au-dessus d'une petite lente par où s'écoule la matière sur la toile; 14* d'un réservoir qui reçoit la «ualière que lui apporte le volant en tournant lapidement; 15" d'une autre planchette placée sur les cylindres pour rendre à la cuve Peau qui s'écoule dans la pression dii papier; 16* enfin d'une crapaudine en cuivre qui reçoit ta vis de rappel. [Brettts non publiés^

M, Legrand a obtenu un brevet de quinze ans pour une autre machine.

M, Leistenichneider, — Au moyen de la machine dont il s'agit, on n'a plus t)esoin d'ouvrier ou plongeur, de coucheur, de leveur, de vireur, de nresse, dont on ne peut se passer dans les mécaniques en usage. Une fois qu'elle est en mouvement, des millions de feuilles viennent ainsi s'ac- Cumuler sans le concours de qui que ce soit, èi ne laissent plus au fabricant que le soin de les enlever et de les étendre. Le moment d'effectuer cet enlèvement, qyi doit, en cours de fabrique, avoir lieu aussitôt que le nombre des feuilles produites s'élève a une demi-rame, est indiqué par le son d'une petite cloche. On peut même livrer la ma^ chine à sa propre conduite, et s'absenter ])endaut Tes trois quarts d'heure qu'elle em-

Iiloie à produire celle quantité de feuilles; )n a observé que cet espace de temps pourrait encore être prolongé de beaucoup, si, {)ar suite de légères additions à la machine, a pièce qui supporte la demi-rame se déplaçait elle-même, et était mue en avant h Piustant où elle aurait reçu ua nombre de feuilles suffisant; perfectionement simple et facile, proposé par les membres de 1 académie de Dijon, desquels nous empruntons ce rapport. La mécanique nouvelle n'occupant pas un grand espace; ses mouvements etani dou^, mesurés et peu résistants, le fabricant l'Ourra en réunir plusieurs dans le même atelier, sous Pactiou d'une seule roue hy* c)raulique et la conduite de très-peu de personnes. On peut évaluer facilement Pénorme produit d'un semblable atelier, dont chaque machine confectionne en trois quarts d'heure une demi-rame de papier toute passée à la presse. Cette écoamie considérable de bras

et de salaire n'est cependant pas le pbs notable avantage du procédé; il en est deux autres bien plus importants encore : lun sous le rapport pécuniaire, l'autre sons celui de Pautonté qu'exercent les ouvriers sur le; propriétaires des fabriques. Le premier con* siste dans la suppression presque totale des déchets de fabrication. Tous les mouvemenls de la machine s'exécutant avec ienteur et avec la plus parfaite précision, el les feuilles n'étant pas soumises k des mani|)ulations réitérées, il n'existe pas de motifs pour qu'une d'elles soit détériorée plutôt qaune autre. La perte réelle occasionnée par les déchets dans les paiieteries est cénérale- Htent évaluée au dixième de la fabrication totale, et devient un véritable bénéfice en faveur de ce procédé. (Ànnaiei dea arts et manufaciureêf tome XLIX, page 302,) L'auteur a obtenu, pour sa machine à fabriquer le papier, un brevet de quinze ans.

MM. Bertkt et Grevenich, qui, dès 1811, ont pris un brevet de perfectionnement et d'importation de quinze ans, pour des machines propres à fabriquer le papier s«ins fin, ont obtenu en 1815 un autre brevet d'addition aux mêmes machines, qu'ils ont fait fonctionner cette même année devant M. Chaptal, directeur général des manufactures et du commerce; el ils ont fabriqué, sous ses yeux et en quelques niinutes, deux feuilles ou pièces de papier de 32 pieds de long sur k pieds de lat^e. La précision des mouvements et la panaite exécution du papier n'ont rien laissé à désirer. {Sociéié d'encouragement^ 1815, tome XiV, page li7.) M. Bidot Saint^Léger^ de Parù^ a perfectionné la machine dont la première idée est due à M. Robert; il a rectifié les idées primitives, et était sur le point d'en foire jouir la France, lorsqu'il fut forcé de- passer en Angleterre. Ce fut dans ce pays qu'il fit construire sa machine, et en revenant en France il rapporta le produit de ses travauit et prit un brevet d'invention, de perfectionnement et d'importation pour quinze années. La série de cette mécanique se compose de sept machines différentes, l>our fabriquer le papier vélin sans fin, et aussi dn papier vélin ou à vergeures sans fin, ou à feuilles séiMrées avec Uligrane.s,surdes moules séparés; de plus, l'éplucher, le relever, le sécher, le coller et le ressécher de suite. (Monileurt 1818, paee 1038; Sociéié d'eacouragemeiU^ tome XIV, page 137.)

MM. Berthe et Greveniehy de Sorel et Smuêaye (Enre-e^Loir). — Médaille d'argent, pour l'application de la mécanique dont ils sont les auteurs. Ces manufacturiers sont les premiers en France, et jusqu'alors les seuls qui aient établi ce genre de fabrication avec un certain déveiopoement: ils pratiquent le collage à la cuve. (Livre d'k^m* netir, page 35.)

M, Bidot Satnt'Léger a employé viogt années de sa vie et toute sa tartane au perfectionnement de la machitte ^%i moyexk de laquelle il fabrique sans ouvriers uœ longueur indéfinie, à la vitesse de soixante à

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DES ns^^ENTIO>'S.

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iinisceotspieûs carrés ae papier par minute: ;;«$ produits peuvent, à qualité supérieure, se rendre beaucoup meilleur marché que les «ires. L^eipériciice étrangère a déjh prouvé M5 tes avantages. Une médaiHe d'arj^ent a i\àd-\'\née à M. Didot Saint-Léger. {De Tin- Ltirie française^ par M. de Jody.J hunti(m de MM, P'orlier et Durieux, — L'eDseuiMe de la machine qui sert aux «iieursà fabriquer le papier à vergeures se cuiûjXise d*aQ corps d'environ & pieds 6 |Mices de longueur sur 2 pieds de largeur, éi peu près 3 pieds 8 pouces de hauteur; det'>tnon moins remarquable par la soli- Aé de sa rx)nstructîon que par la simplicité k m iiiétanisme. Mise en action par un ii)uvemenl circulaire vertical rontinu, elle tM Inlieurs disposée de manière que les iirenes opérations de la mise en forme» du «îoch«^e, de la presse « etc., qui, dans les

ffetenes oii Ton ne connaît que l'emploi ia nidiû, exigent le concours de trois pernod, ont été exécutées mécaniquement l^uccesMvoment avec une telle brièveté.

^Vd Djoins de six minutes, et avec deux •Tiers seulement, la machiné a fabri(]ué «bille d'environ soixante quinze pieds to^urur sur oeuf pouces de largeur. Si ce f^eût reçu les apprêts propres à sa con- «UMliGO, il aurait pu être converti en pa- ^l6llres. Sa quai ité, comparée à celle d un analogue obtcdu è bras, otfre cettQ cnoa in)portante, que la pâte en est e^sans plis, sans ondulations, et sans ces

f- es produites par des gouttes d'eau, dont ^ M)u?cnt sont empreintes les feuilles feilionnées par les procédés manuels.

;4|>ier a été fabriqué à froid, et Técono- He >]ui résulte de ce nouveau mode est Motive non-seulement au combustible, mais ^sj au temps nécessaire pour le réchaufbde la cuve, le brassage périodique de la Ite qu'elle Contient, etc. Le mécanisme des i^Qleurs et la forme sans fin qui lui est iwpre fayorisenl ce moven particulier. l\$ *pleQl,en outre, l'emploi des chiffons non jiorris.en ce qu'ils offrent une plus grande |B*^traiion du tissu non feutré et une plus ip&de éi^lité dans la dis.tribution de la m- Relativement à la comparaison du ^■^PSi trois ouvriers desservant une cuve 1^ les procédés ordinaires ne pourraient îouncrque moitié des produits obtenus par tt«x hommes avec la nouvelle machine, *^"i le même espace de temps. Jusqu'ici le Hpier à vergeures, gui est généralement le m employé, n'avait pas été fabriqué par << moyens mécaniques ; le papier vélin 'J^Ule seul dont on se fût occupé : l'un et ^'itre le seront désormais à volonté, è l'aide '" a machine dont il vient d'être rendu '"pic. [Sociiti éC encouragement ^ 1820,

^?in/ttre du papier. — On peut teindre '*^pa|»jers de différentes couleurs dans les ''*^dières mêmes; par exemple,en beau vert, '^w^ une dissolution alcoolique d'acétate de -i\re(yerdct). On a remplacé le tournesol, ^w Uifldre en bleu fonce le papier brouil-

lard des pains de sucre par le ba?n suîvisiht, qu'on prépare en faisant bouillir, dans une diaudière, vingt livres de nlfiure de boîff d'Inde avec quaranle seaux d'eau; lorsque la liqueur a aiminné de deux h deux pou* ces et demi, l'on ajoute à cette décoctiort une livre de bt)is de Fernambouc, àyk}C une demi-livre de graine d'herbe anx puces [psyssintn)^ et quand elle a bouilli près d'une heure, une dissolution de cinq tivrea d'alun : on fillre le mélange, puis on verse le tout encore chaud dans une chaudière, après y avoir ajouté une orice de carbonerte d'amïnoniaque. Kn Angoumoîs, on coloré le pa^

()ier azuré par le moyen du prussîate de br (bleu de Pruî«sej, préparé dans la papeterie même, et que l'on fait couler avea Keau, dans la chaudière, à travers un linge. Les Hollandais, iiour donner une teinte de bleu tendre au papier è lettre, y versent, sur la fin de la cuite, une lé^^ère bouillie d*amidon et d'azur. (BuUetin de la Société iTen^ couragentent^ n* h^ p. 9î.)

Application d'un principe colorant sur in papier. — Invention de M. Jf.-JR. Canson^ dé rirfa/on-/e«-AnnofMiy (Ardèehe). — Le pa* piep que l'auteur fabriquait parle proeédé pour lequel il obtint un brevet de cinq ans» présente entre autres avantages celui de no pouvoir être altéVé que par lés acides. Lea doses d'acide nécessaires pour efl'acer l'écriture font en même temps disparaître la couleur du papier; et, en faisant usage de ce papier, on met les écrits à Tabri des al^ térations et des falsifications. Le procédé de M. Canson consiste h saturer d'une dissolution de sulfate de fer le chifibn trituré pour la fabrication du papier. Le mélange d'une eau de chaux, avec cette même matière préparée comme il est dit plus haut, produit une couleur nankin dont les teintés varient en raison de l'abondance du \yciïi'^ cipe. ^retet9 non publiés.)

MM. Canêofi frèreê^ d^Annonay [Ardi^e), — Médaille d'or pour avoir expesé ud msortiment complet de papiers superfins, depuis le papier a lettre jusqu'au papier grand aigle, pour le lavis; on y a remarque dee papiers de diverses couleurs, du papier ft calquer, fait avec de la filasse et du chiffon écru ; d'autres, faits avec la même matière , imitant le parchemin , et destinés aux relieurs. Tous ces papiers, comparés aux plus beaux papiers étrangers, ne le cèdent sui^ aucun point, et l'emportent sur plusieurs. Les papiers à laver ont été essayes, et ou a reconnu qu'ils sont parfaitement collés.

[Livre d'honneur^ p. 75 ; Dietionnairt ée$ découvertes, t. XII, p. »3 et 554.)

Procédé pour rendre imperméables les pa^

Îiers. — Invention de M. J.^B, Mons , de *arîs. —Ce procédé, qui a valu è l'auteur un brevet de cinq ans, consiste à faire dissoudre deux onces de savon blano de pre-^ mière qualité dans douze pintes d'eau, et on laisse bouillir pendant un deniî-quan d'heure. On fait également dissoudre, dans douze pintes d'eau , douze onces de boa alun: un y ajoute quatre Oiices de cuito

DICTIOMNAIRE

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de Flandre et une once de gomme arabique, préalablement fondues dans une quantité suffisante d*eau; on réunit ce niélanf^e à Teau de savon* et on y trempe les

fiapiers après l'avoir légèrement chauffée. I est bon d'observer que, pour faire dessécher les papiers, il faut d'abord les mettre les uns sur les autres, et les presser légèrement avec un (K>ids de deux cents livres posé sur la planche qui termine la pile. Au bout de quelques jours, on les étend sur des cordes. {Brevets publiés^ t. II, p. 173.)

Moyen de refondre le papier écrit et impri* thé. — Découverte de madame Masion. — Le procédé |K)ur faire refondre le papier écrit, au moyen de Tacide sulfurique, ayant déjà été euinlo^é, nous ne donnerons C|ue celui dont elle lait usage pour le papier imprimé. Elle le met par feuille dans une cuve remplie d'eau de rivière ; après douze heures de macération, elle décante Peau colorée (lar la colle aue celte eau a dissoute ; le |«apier exprimé est mis sur le feu, dans une grande chaudière, avec une suffisante quantité d*eau pour former une pAte claire.

Après y avoir fait dissoudre deux livres el demie de potasse par rame de panier, on remue le tout, avec un bâton, itenuant une heure d'ébullition; la liqueur devient noire et é|>aisse par le repos; elle perd sa saveur alcaline, et la pAle, après avoir été lavée à grande eau, offre une substance blanche, qui, passée sous la presse et portée ensuite à la cuve, se débarrasse de 1 eau du reste des parties colorantes, et, enfin, se divise au point de présenter une substance susceptible de former du papier très -blanc, qui a conservé tout le uerl nécessaire. (5<i* €iété philomatique^ an XI, p. 69.)

L'iaée de cette opération a pris naissance en France ; mais il n'est pas connu qu'elle y ait été exécutée en fabrique, quoique la commission des subsistances et approvisionnemeots de la ville de Paris ait fait publier, en l'an XI, et répandre dan$ les départements, une instruction très-détaillée sur la refontedu papier. Les Anglais se sont em|)arés de cet te découverte. Leur moulina papier est mO psr une machine à vapeur. Ils font un secret des procédés qu'ils emploient; mais, selon toutes les apparences, ce sont les mêmes qui ont été publiés en France, et nous allons les rapporter successivement dans le traitement du papier manuscrit, le but priocipal étant de détruire l'encre dont le liapier est couvert et la colle qu'il recèle; on le met tremper dans une grande cuve remplie d*eau de rivière pure ; on y ajoute peu a peu, et en remuant continuellement, deux livres d'acide sulfurique concentre pour cent livres de papier. Le papier est mis feuille à feuille, le eu vicr ouvert, et le tout laissé en rectos jurqu'à ce que l'écriture ait eniièreinent disparu ; le (^pier est eoœpriaié dans la liqueur , au moyen d'une elaie eo bois qui entre exactement dans le ouvier. L'adde sulfurique détruit |MX)mptement l'acide gallique et le fer qui €Om|iQsent Teiicre è écrire ) cette opération

est facilitée en brassant fortement la pAle avec de grandes palettes en bois. Ensuite, on laisse écouler l'eau, en ouvrant une chante-pleure adaptée au fond ducuvier,on en ajoute une grande qtiantité après avoir replacé la bonde , et on brasse de nouveau , à plusieurs reprises, jusqu'è ce que la pâte ne contienne plus d*acide, et que la colle soit entièrement dissoute. Lorsque le pa^ pier est suffisamment purifié, on le porte sur le cylindre raffineur, et on le traite k la manière ordinaire; il a la même douceur et les mêmes qualités que le papier neuf.

Pour le traitement du papier imprimé, on emploie un procédé tout différent; car, ici, il faut détruire l'huile et le noir de ftimée qui constitue le noir d'imprimeur. Pour cet effet, on prépare une lessive caustique de potasse, contenant au moins dix parties d'alcali sur cent de potasse; on met le

Iiapier feuille à feuille dans un cuvler de lois sans le tasser, et on verse dessus aue quantité de lessive suffisante pour le pénétrer complètement. Mais, comme la lessive froide ne dissoudrait pas aussi facilement le noir d'imprimeur que l'acide sulfurique dissout l'encre, il faut l'employer chaude. Pour cet effet, on fait communiquer, an moyen d'un tuyau, le cuvier avec une chaudière de cuivre dans laquelle l'eau est tenue en ébullition. La vapeur de cette eau, en

t»énétrant dans le cuvier, suffit pour échaufèr la lessive et pour la rendra propre à dissoudre le noir d'imprimeur. On laisse le papier tremper dans cette lessive chaude pendant cinq ou six heures, au bout desquelles il est complètement débarrassé du noir d'imprimeur; ensuite on le soumet à l'action du cylindre raffineur, et on le traite à la manière ordinaire. {Société dTem^ couragement^ t. XIII, p. 290.)

Papier AGAA60USSE.— Jf.Deltfle, fiibricant àBugeStprèsMontargii.— Ce papier, imité de l'anglais, est d'une étoffe moins épaisse • moins cartonneuse, moins chargée d*alun ou nourrie de sel , mieux mêlé a la pâte et très-propre à recevoir la forme des moules à gargousses, ainsi qu'à prendre la colle qui nxe le contour des sacs. L'expérience a fait remaniuer qu'après l'explosion de la poudre, le papier était entièrement chassé , ou que les parcelles qui pouvaient en rester dans les pièces ne brûlaient plus après le tir, et qu'on pouvait de suite recharser sans inconvénient. Un premier essai de Tauteur avait produit Mes, papiers dont l'étoffe était trop forte et empêchait de donner la forme exigée; trop chargé d'alun, il n*était pas assez combustible ; et les fragments qui restaient dans l'tme des canons n'en pouvaient être extraits qu'avec le tire-bourre. Les commissaires nommés oar llnstitut ont demandé la diminution de I épaisseur ou de la force des papiers du premier essai» et qu'on conservât aux seconds tout lecurtonneux dont ils ont besoin pour résister aux inconvénients auxquels ils peuvent être exposés dans la charge des canons de ISk 3i et 36. Ces papiers peuvent être employés

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DK6 IN?£!fTK»IS.

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iTec on grand araotage pour le service de kmnne. {Moniieurn an vin, p. BàkA PiPisR DK^ÂiVLE. — Inveniion de M. Séguin^ k FItutitut de France. — Ce procédé, pour e>]uel l'auteur a obtenu un brevet de dix Df, consiste à meurtrir la paille et à la lisser tremper ; après Tavoir mélangée i Ml arec de leau che chaux, soit avec de la iode 00 de la potasse caustique, on la laisse (•iuroer jusqu'à ce gu elle soit sufBsam- ' KQi altérée pour faire une |)âie liante; rriiee à cet état, on la lave tH on la broie ij{ au pilon, soit au cylindre, et on la revit'-n feuilles de la manière accoutumée ; ircemoyen on obtient du papier coloré. Si OD veut avoir du papier encore plus beau, B sépare les nœuds et T^corce, dont on peut (Servir pour faire de la même manière du iioerplus comcnun. Pour obtenir du papier kiirepias beau, il faut passer. la pâtekl'ajieiDtiriatique oxygéné, jusqu'à ce qu'elle lii bien blanche , et la laver ensuite avec |pead*acide sulfuriane allongé û'e^a, £n biRl ce même procédé, dit M. 8éguin, on H faire du papier avec du liii,daa)anvre, piailles mortes, des aloès, des roseaux, binoes h sucre, des écorces d'arbre, et Upét&\ avec la plupart des végétaux ifila- Mni ; mais particulièrement avec les (iici^es, les graminées, les li4iacées, ies é^ et ïes malvacées. Pour rendre, IHiUéfaction, les chiflfons propres è faire ptefflcnt du papier, M. Séguin les fait |>er, soit dans i'eau de chaux, soit dans il soude ou de la potasse caustique, aoit 15 lie l'acide sulfitrique k ^, soit dans H5 les atitres acktes minéraux, à des de- ^ coQTeoables. 11 4es y laisse séjourner B^'à te qu'ils soient suffisamment altérés, I lare , après quoi il les réduit en pâte br en faire du papier. Pour l'avoir plus Hq, l'auleur se sert du moven décrit ci- ISSUS jK)ur le papier de paille. On peut à lioQié, sjoute-t-il, mélanger toutes ces pfl- ^daos dÏTerses proportions, pour ep obéir da ^lapier plus ou moins beau. {Mrewti *i^#, tome IH, pag. 266.) if. Pajot'Deêcharmei a présenté en 1789, [admiRYstration du commerce, des échanr m$ (le papier fait avei*/ des raclures de ^ et les filets des aigrettes du roseau, ei *^^oé la manière de préparer ces piles, ^L^'^ ouvrage sur le blanchiment des [jjttf imprimé en Tan vi. On en a pu con- «^^ ()ue la i^aille était plus commode pour ^%t. M. Harel et quelques élèves de ^^e potvtechnique ont fait de trèsrbeaa ||P»^ret plus blanc que celui de M. Séguin; BonitrouTé un moyen de blanchir la paille; |^9«i rendrait le papier moins cher que «m faiiavec des chiffons. [Moniteur, an iX,

uai6.)

l^iHEi BTBiEfi. -^Invention de M. Couder, wi#. --L'auteur se sert, pour rendre le 'P'^p ordinaire propre à recevoir la pein- ^ « Thuile , de gomme adragante qu'il ?Q" en poudre pour être dissoute k froid. || fecoffioiande de faire cette dissolution un Mse vernissé, afin de ne point al-

I^lCTiOBISlAUlB DES llfVBNTIORS. II.

lias

térer la fclanchenr et la netteté de la gomme, et d'avoir sein de la remuer beaucoup, soit avec une cuiller, soit avec un pinceau, pour que sa pureté ne soit altérée par aucun corps étranger, et pour dissoudre ies grumeiots qui se forment.) La dissolution ae fait dans une quantité d'eau suffisante pour former une gelée; on étend ensuite cette liqueur avec un uinceau ou une brosse aur le papier ou sur I étoffe sur lesquels on veut peindre ; on laisse sécher, après quoi Ton peut peindre dessus sans craindre que l'huile nes'étende ou ne dépasse les limites prescrites par le trait du dessin ; toutes les couleurs sont bonnes, excepté toutefois celles qui renferment des mordants. Le dessin fait, si on a lieu d'y vouloir changer quelaue chose, rien n'est plus facile : on preoa ioit une éponge, soit un pinceau, aeJon l'importance du dessin , on le lave promptement et ou enlève de suite d'une manière précise ce qui est à corriger. L'auteur prétend qu on peut employer ce procédé sur les gravures de

1)riK faites en taille douce, pour conserver a blancheur du papier en lui donnant une qualité de plus; il met, dit-il, entre Tair et lui une barrière, laquelle reçoit ses premiè* res influences. (Breveté non publiés.)

PAPiBas MAROQDiiite. — Iwvenlion de MM.

L. B^derer ei Bahm, de Strasbourg. — Pour faire €6 papier, il faut suivre le procédé ciaprès. On se procure une colle grasse animale, soit en se servant de la colle forte ordinaire blanche , c^u'on fait bouillir avec une quanti té proportionnée d'eau, en y ajoutant un peu de graisse ou d'huile, qui, lorsqu'elle sera fondue, surnagera, et que l'oii aura soin d'enlever avec une cuiller, soit «u emplovant toute ^atre matière animale propre à ^urnir une colle, comme raclures de parchemin, pieds de mouton, de veau, etc. Après une ébuUition plus ou moins longue* suivant la nature des objets qu'on fait buuiJr Jir jusqu'il la consistance d'une gelée, quand jœiie gelée est refroidie , on la ^-échauff^ pour pouvoir travailler; on se sert d*un pinceau ordinaire, on prend un beau papier |>lanc bien collé, et on y donne une couche légère. Cette couche bien séchée, on répète )a même opération quatre à cinq fois, toujours eu laissant sécher. Le p&pier ainM préparé, on y porte la coulej|:r, en .(e mettant sur une petite planche dans un baquet carré ; on prend un pinceau à peu près semblable à celui dont on s'est servi pour donner les couches décolle, on verse la couleur liquide sur le papier, et on l'étend avec le pinceau aussi également qu*il est possible. On continue ainsi jusqu'à ce que cette colle soit assez imbibée de la couleur, suivant qu'on veut l'obtenir claire ou foncée. Souvent on est obligé de faire sécher la première couche et d'en donner une seconde ; pour que la colle ne s*en aille pas étant trop mouillée, on prend alors une petite éponge suffisamment humectée avec de l'eau, et un eulève de dessus la feuille les parties de la couleur qui y sont restées sans y entrer; ensuite ou fait sécher en étendant le papier

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5ur des ficelles. Les couleurs se pré))areDt de la manière suivante t pour le ronge, on fait une décoction de bois de Fernarohouc, avec très-peu de graine d'Avignon, pour lui ' donner un œil d'écariate, et la quantité or- Èi> dinaire d'alun pour bien extraire les parties colorantes que Ton passe ensuite, ainsi que les autres couleurs, et on fillre. Pour le violet, on fait une semblable décoction de bois de Brésil, en y ajoutant un peu de vinaiere. Pour le bleu, on fait une dissolution ordinaire de Tindigo da:HS Tacide suifurique, que, après qu'elle est bien dissoute, on mêle avec une suffisante quantité d'eau, d'après les procédés connus ; on ^verse le tout sur une quantité proportionnée de craie pilée, afln a*absorber l'acide , jusqu'à ce que la liqueur soit douce sur la langue ; si on veut donner un œil violet au bleu, on y iijoute un peu de la couleur violette ci-dessus décrite. Pour le iaune, on fait une décoction de graine d'Avignon avec de l'alua. Pour le vert, on fait un mélange de bleu et déjeune ci-dessus décrit, suivant la nuance qu on désire. Pour le noir, en fait une dissolution de couperose dans l'encre, dans laquelle on trempe une éponge qu'on passe sur une feuille teinte en violet avec le bois de Brésil, jusqu'à ce que le noir soit assez vif. En portant cette dissolution sur des feuiHes teintes en rouge, mais en petite quantité, on obtient un brun. La couleur nankin de peau ou basane se fait par le mélange du rouge ei du jaune. Le gris se fuit par uii mélange de bleu, de violet et par une décoctioa de couperose avec beaucoup d^eaut à moins qu'on ne le désire bien fonce. Le papier colorié de la manière indiquée ci-<lessus étant bien séché, on y donne une couche de la même colle, aSn de le lustrer; après l'avoir fait sécher, on passe légèrerement dessus, avec une éponge, une dissolution d'alun, de nitre, de cristaux de tartre et d'eau à {parties égales, pour coaguler les parties gtutineuses et pour les rendre moins accessibles à l'action de l'eau. Ce papier étant ainsi humecté, ou prend une planche tJe cuivre gravée soit en lon^ue^, soit eu petites raies; on couche la feuille de i>apier .dessus, et on la fait passer ainsi entre les eylindres d'une presse ordinaire d'imprimeur en taille douce. De cette façon le papier acquiert le grain du maroquin. {Brevets non publiée.) M. Forgetf de Paris^ a obtenu un brevet . de cinq ans, pour ses papiers maroquinés de diverses couleurs qui ont été mentionnés honorablement à la Société d'encouragement. Pour la composition de la couleur rouge, l'auteur prend dix livres de l)ois de brésil moulu, dii onces de cochenille pilée, soixante pintes d'eau de rivière^ et fait réduire le tout à moitié ; il ajoute au premier bouillon trente gros d*alun de Rome; il tire cette première décoction à part et jette sur le marc du bois de Brésil et de cochenille quarante autres pintes d*eau, ajoute au premier bouillon trente autres gros d'alun de Home, fait réduire le tout à moitié, et tire

cette décpction dans le premier vase ; il recommence la deuxième opération deux fois, et à la quatrième, au lieu d'alun, il met trois onciBS de crème de tartre. Ces quatre décoctions faites et la bourbe extraite du fond, l'auteur verse huit livres d'eau-forle où Ton a fait entrer huit onces de sel ammoniac, huit pincées de sel marin dissous pendant cinq neures, et dans laquelle on a fait dissoudre peu à peu, deux livres d'étain fiié effilé. Deux heures après, et quand ou a ea bien remué la décoction, on en retire Peau claire surnageante, et on y met une méroe quantité d'eau de rivière; cette opération se renouvelle de douze heures en douze heures ; ensuite on jette la laque sur une toile pour en extraire Peau surabondante qui sert à colorer le papier. Pour préparer le bain pour l'encollage, on prend une livre damidon avec une livre de laque que Ton fait cuire dans un seau d'eau pendant une heure à petit bouillon ; on se sert de cet encollage pour colorer le papier des deux côtés. Pour le deuxième bain, deux fois répété sur le même côté, on prend quatre livres de laque, trois ouarts de vermillon, uu quart d'amidon et nuit pintes d'eau de gomme adragante légère ; on fait cuire le tout Tespace de dix minutes; il est mieux de se servir de cet encollage parce qu'il imprègne mieux les pores du papier.

Le troisième se fait avec trois livres de laque , un quart d'amidon et seize pintes de gomme adraj^ante cuite de la même manière, on donne la dernière couche et Toq passe au vernis. On peut, dans la préparation de la laque rouçe, supprimer la cochenille; à cet effet, on y ajoute un quarteron de bois de Brésil, en remplacement de l'once de cochenille par livre de bois ; on exécute le même procédé dans la cuisson de la décoction de couleur et composition d'eau forte et Ton obtient une laque rouge tirant sur le violtl. En suivant les mêmes procédés, et ajoutant trois grosses noix de galle pilées, on obtient une laque rouge plus rembrunie. On peut, en prenant deux livres de vermillon, quatre livres de laque de l'une des trois compositions, un quart d'amidon, seize pintes d'eau de gomme adragante légère, que l'on fait cuire pendant dix minutes , donner une couche de ce bain à chaud ou à froid sur un des côtés d'encollage; on donne ensuite une deuxième couche; pour le second bain on prend trois livres de laque, un quart d'amidon et seize pintes de gomme adragaole légère. L'eau de comme adragante se compose d'une demi-livre de gomme sur deux seaux d'eau de rivière. Le vernis se faitayec six douzaines de pieds de usoulon qu'on fait bouillir à petit feu pendaut douze heures dans quatre seaux d*eau, pour en tirer une forte gelée aue Ton passe à U chausse de laine; on fait dissoudre dans celte eau un quart de gomme adragante ei quatre livres de colle-forte très-blanche, on repasse le tout dans une chausse de laiue. On se sert de ce vernis pour couvrir des couleurs avec une éponge Une et à chaud»

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DES INVENTIONS

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^mie Von procède aa niaroquinage au ^Yen (l'ane planche de cuivre placée sous B^ presse à cylindre et dont le grain maro-

Cin |ieu( être ou plus fort ou plus faible. ir lehleu hirondelle, on fait les encolla- ^oniinaires comme pour le rouge, adap- B\ éàque couleur aux encollages ; on lrr|dre le premier bain en prenant dix ^ de bien de Prusse, deux livres de Ipe roQçe, deux pintes d'eau de goroirie infante légère^ six pintes d*eau de rivière |ni quart de bleu de vitriol ; le tout bien iri^mé ensemble, et l'on répète deux b ioccessivement le même bain sur un b lieux cètés de Tencollage ; on procède ■Bt(e aa vernis et on passe à la presse. f\am |>our le bleu de roi se compose, en lier lieu et après les encollages ordi- ^ de cinq livres de bleu de Prusse, ooces de bleu de vitriol et trois pintes ; (e deuxième bain, de cinq livres de de Prusse et trois pintes d'eau de ri* Le troisième et dernier bain se comde cinq livres de bleu de Prusse, trois de bleu de vitriol, trois pintes d*eau ière et une pinte d*eau de gomme Ile. Le bain pour le vert se fait toui|)rès les encollages, en prenant pour Ifsaier bain, la décoction de teinte de R d'Avignon , c'est-à-dire qu*on fait il:r trois livres de graines d*Avignon luiseaud'eau réduiteau moinsà moitié; jute au premier bouillon un auart iode Rome ; on passe au tamis, et lorsest froid on y ajoute trois livres de de Prusse, un quart de bleu de vitriol, , idoDiiedeux couches sur un des côtés ifencoljage; (K)ar avoir un vert clair, on I donne qu'une couche de ce bain sur Icollage; ensuite le vernis, et on passe à presse. Pour le bain du violet, après les mliages, on prend une livre de bois d*lnli sur six pintes d*eau, deux onces d*alnn kBoœe au premier bouillon^ le tout ré- A à moins de moitié, on passe la décoc- |l8u tamis, on y ajoute un tiers d'eau de ^lueadragonte, on donne deux couches lundes côtés d'encollage, et une couche Ipareille décoction sans gomme adragante *""la iroisièœe; on vernit ensuite et on à la presse. Pour avoir un violet plus If, on supprime une des couches où il y l'eau de gomme adragante. On fait le pour le jaune, en faisant bouillir huit ^*ï^ lait; on les jette sur une livre de ^ meriffl, on brasse et on laisse infuser teJeroi-heure, on passe ensuite au tamis Ij^rte, et on se sert de cette décoction wifois, après les encollages ordinaires; jl 'ernii et on passe k la presse. Pour ver-i » '«papiers chargés de couleurs, on prend iit^demi-iirre de gomme arabique fondue ^^ un verre d'eau de rivière, une once de }'^^ candi fondu dans pareille Quantité ''^«i Dû demi-poisson d*eau-de-vie à vingt- J^|««grés, un blanc d'œuf battu, le tout "**'g8ujé ensemble. Pour avoir un papier ^[ i">roquin et brossé à la manière an - '*>^f portant avec lui son vernis, on prend

une livre de noir d'Allemagne dissous dans un poisson d*eau^e-vie, une pinte et demie d'eau de rivière et deux onces de savon de Marseille, le tout bouilli une demi-heure dans un vase de terre vernissé ; après refroidissement, on broie cette pâte sur un marbre, avec un quart de colle de farine et de cirejaune fondues ensemble, une once de sucre candi fondu dans un verre d*eau, une once de gomme arabique et gros comme une noix de fleur de soufre; on igoute deux blancs d'œufs battus et un quart de colle de peau blanche ; on se sert de ce bain pour couvrir le papier des deux premières couches. Pour le dernier bain, on prend une demi-livre de noir de fumée très-fin^ bouilli avec l(*s mêmes ingrédients et eu même quantité ; on broie de même sur un marbre avec les mêmes ingrédients, et on donne la troisième couche. Les matières opaques pour les papiers de couleurs se préparent en prenant une livre de beau bleu de plomb, une once de talc de Venise superflu, une once de cire vierge fondue dans de la colle de farine, une demi-once de sucre candi fondu dans un verre d'eau. On broie le tout sur un marbre, et on ajoute deux blancs d œufs battus, avec une demi-once de gomme arabique blanche fondue dans un peu d'eau»

un demi-poisson d'eau-de-vie ou le jus d'un citron, et l'on ajoute telle quantité de couleur, soit rouge, rose ou violette, etc., suivant le goût des personnes, enfln on éclaîrcit le bain à volonté avec de l'eau de rivière. (Breveta publiés^ tome iv, page 28&.)

Papier d*iuiiortbllb. — Dans une rapide esquisse des articles déposés à l'exposition provinciale de Québec, en 185i^, le journal de cette ville contient le paragraphe suivant :

«i Une découverte va probablement cban-

f;er la face du monde en portant la richesse à où languit la pauvreté, et en donnant un prodigieux développement k Timprimerie.

On sait que le prix du chifibn est aujourd'hui excessivement élevé et élève d'autant le prix du papier. Le chanvre est coûteux, ainsi que le lin. Il fallait donc chercher une autre matière pleine de substance et moins coûteuse. On se rappelle que les propriétaires du Times de Londres ont offert 5,000 liv. pour une pareille découverte, et Ton sait que les savants et les industriels de l'Europe sont à l'œuvre. Plusieurs découvertes ont déjà même été annoncées, mais on ne voit pas qu'elles aient encore ré&olu le problème soulevé par le Times.

« La solution en était-elle donc réservée à un Canadien? Nous l'espérons. Nous avons sous les yeux un échantillon de papier fabriqué aux Etats-Unis, k la demande de M. Andrews de Montréal, qui a découvert que rimmortelle, dont on lait des lits k défaut de plume, est une matière excessivement propre à faire le papier, et la matière la moins coûteuse. L'ecAantiUon que nous tenons dans nos m'ains a beaucoup de corps et prend parfaitement l'encre. S'il n'est pai

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DiCTlONNAinE;

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encore assez blanc, c'est qu'il n'a pas subi le dernier procédé du blanchissage. D'ailleurs tout, dans celte plante, que Ton trouve en si grande abondance en Amérique et particulièrement au Canada, tout dans cette plante, la tige et la fleur, est matière à papier. La fleur isolée de la tige fera un papier filusfin, et le manufacturier américain, dans e certiGcat qu'il donne à M. Andrews, ne Diet pasde limitesà la perfectibilité du papier d'immortelles. »

Papiers pewts. — Nos fabriques de papiers peints sont arrivées à un haut degré de perfection. La France doit sa supériorité dans ce genre à la culture du dessin, qui est généralement entrée dans l'éducation des classes industrieuses, et dont la connaissance s'est répandue parmi les personnes aisées formant la classe des consommateurs, dont le Jugement finit toujours par déterminer la direction que les fabricants donnent à leur travail. Cette supériorité ae soutiendra, tant que les fabriques continueront à consulter les artistes les plus distingués.

Papiers, parcheiiitys, livres, etc. {Moyen de les préserver de la moisissure^ des ral«, des mites tl des vers) — Invention de Jf. Pajot la forêt. — Il faut construire les armoires, les bureaux et les boites de bois de pin le plus résineux et le plus odorant. Il faut qu'ils soient bien joints et mortaises à queue d'àronde, sans clous. On revêt l'intérieur et Textérieur de bon papier lavé dans une dissolution aqueuse de nitrate de mercure, et qu'on anpiique sur le bois avec une colle eomposée ainsi qu'il suit* On délaye de Tamidon et de la farine de froment et de seigle, parties égales mêlées et bien tamisées, dans une sorte de dissolution aqueuse de 4uuriate de baryte, quon lait cuire dans un vase vernissé, comme la colle ordinaire; on pile sept à huit gousses d'ail, on met l'ail pilé dans un sachet de linge bien lié; on en exprime le jus que Ton met dans le vase avec le sachet, en remuant jusqu'à la fin de la cuisson, c'est-à-dire lorsque la colle file et prend une consistance de bouillie. On emploie ce mélange à froid, et pendant que la eolie sèche, oq passe dessus un tampon bien uni et on laisse sécher à un air tempère. Les mites, les vers et les rats, qui rongent le bois ainsi préparé, sont frappés d une mort inévitable par le nitrate de ba« ryte et le muriate de mercure qui entrent dans la composition. {Archives des découver" tes et inventions* tom. Vj Pag. S!9â.)

PAPIER-MONNAIE. — C'est, comme l'indique son nom, une monnaie en papiar, ou [fins exactement un papier représentant une valeur monétaire réalisable en métaux ou en marobaiidises. Comme agent des échanges , le papier offre d'immenses avantages sur les metaui précieux. Beaucoup plua léger, il est facilement transportable; en outre, tandis que les métaux se tirent péniblement et en petite quantité des entrailles de la terre, on crée facilement du papier-monnaie pour les besoins d'un Etac, pour l'urgence du mo-

ment, et, quand l'état normal estréubU,' on peut le faire rentrer dans le néant. Mais en revanche, la différence entre sa ?aleur nominale ou de convention et sa valeur iotrinsèque, à peu près nulle, rend ce «igoe monétaire beaucoup moins stable; aussi jusqu'à présent le papier-moimaie n'est que le représentant de l'or. Peut-être une civilisalion plus avancée lui donnera-t-elle un jour la fixité qui lui manque.

Lorsqu'eu 1790, on agitait en France la question de la création des assignats, CéruUi s'ef primait en ces termes : « Le premier papier représentatif a été le papier de banque. D*abord, il représentait la rejui&e d'une somme équivalente ; telles furent les banques de Gênes et d'Amsterdam, £^^ui(e il représenta une garantie valable, une eautioiv mobilière et immeuble, telle fut la hanche d'Angleterre. Enfin, il représenta une nche espérance et une promesse solennelle: tels furent la banque de Laws et le papier de TAmérique septentrionale. Ces ditféreutes représentations ont produit trois papiers dir* férents, le papier infaillible, le papier probable et le papier îneertaio. » Dans ) eut actuel, le papier-monnaie ne règne (las tui jurist mais seulement comme représentant de Tor. C'est de la vérité plus ou moius exacte de cette représentation que dépeud la sûreté ou le danger de remploi dq papier-monnaie. Si sa valeur demeure sios faiblir au niveaa de la somme énoncée, les services quil rend sont quelquefois immenses; if évite les frais et les risques da transport du numéraire; il fait rentrer daoi les industries qui en font usage une portion des métaux précieux , il augmente II somme des capitaux disponibles, et la circulation en devient plus active ; la facilité des entreprises commerciales , industrielles et agricoles en donne le goût, les travaux pour Tamélioration de la vie matérielle sVxécuteut de toutes parts, et comme les produits du travail sont en définitive la seule vraie richesse , la prospérité publiqnie s'accroK. Par le papier- monnaie on remédie, dans un Etat, à l'inattendu , on pourvoit aux besoins d'un présent diificile , et les charges qui en résultent, étendues sur une grande portioo d'avenir et par 1^ peu sensibles, dispensent d'un sacrifice trop rude.L'émisslondu papiermonnaie peut n'être pas bornée à unesoiume égale à celle qui existe en numéraire ; il suflît que l'or réponde immédiatement à l'appel du papier, qu'il vienne appuyer de son autorité celledeson représentant toutes les foisque sa présence est désirée. Ainsi,au commencement de l'établissement de la banque de Law* quoiqu'il eût émis en papier près de dii fois la valeur de ce qu'il avait dans ses coflfrei de métaux précieux comme garantie, tout était bien encore, dit M. Tbiers, parre<]U0 ce papier était échangé k nréseotatioti car)tr6 du numéraire ; ce furent les opérations $ut>séquentes de Taveotureux financier qui produiairent la défiance suivie de tant de désastres. Du temps de la jeunesse de Franklin, la ville de Pbiladelpuie dut son accroi>^«'

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DEB INVENTIONS

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\i npide à une émission de papieF-inon-

k bien entendue* quoique relativemeot

isi lérable, psree qa elle répondait h des

m réels et s'sppuyait sur la coDriance.

contraire, lorsque Law eut mis du pa-

jocertatQ sur la même ligne que ie pa-

donné en échange de dépôts de valeurs,

Ipréciation et le désordre suivirent de

I». Dans la révolution, la valeur des biens

iooaui eicédait de beaucoup la somme

roiée par les premières émissions

ùgDsts ; mais ces valeurs en forêts et en

ii*élaienl ni facilem^t, ni prompte»

)( réalisables , ce qui est un point essen-

daos cette matière * on manquait de

iDce dans la stabilité de Tordra de

établi dans l'Etat : aussi les assignats

^Qt-ils bientôt tombés au-dessous de leur

ir nominale.

résultat ordinaire d'une trop grande mn de papier*monnaie, c'est sa dépré- ^on oui élève le prix nominal de toutes »$; l'absence d'une valeur réelle pour )i de comparaison jette la perturbation les fortunes des particuliers^ et souvent âordre passe de là dans l'ordre politil'émission du papier- monnaie doit toujours être restreinte dans des telles que l'or paraisse en échange (juil en est besoin. La règle de émission n'a rien d'absolu. Pour le monnaie national, c'est au législaà approfondir les données de la ques« La prudence n'exclut point une cerhardiesse, seulement if faut un jugesûr pour bien apprécier les eirconsîs dans lesquelles on est p4acé. Cette "ciatien est quelquefois fort difficile; toates les fois que la représentation métaux précieux par le papier a été \ il a toujours rendu à l'Etat des ser* signalés (i).

savant H« Klaproth nous donne à son

de précieux et curieux renseignements

Ifs premiers emplois du papier-mon-

' dans ses Mémo\re$ relatifs à la haute

U célèbre voyageur Marco PolodeVenise |B 1« premier qui ait fait connaître en Eu- NP^ leiistence du papier-monnaie dont les kHigols, maîtres de lit Chine, se servaient à iiUe époque.

!• (^es mêmes Mongols l'introduisirent poe- »i«urenent eo Perse, ou leurs assignats P« oa df'any mot évidemment dérivé du mm leAW, qui désigne la môme obosQ.

^fâraclère avec lequel on l'écrit est com- ■^ d« kin^ métal, et «Aae, pas, et il désî- ^'^mÊfiquidu mitai (monnajé). Quand ^le prononce IcMod, il signifie prendre pmr •''«1 9oUrf s'emparer du bien d'oulrtis.

• U eirconalance que les Mongols, tant en «'ne qu'en Perse, se servaient du patner- Buftiaie, a induit quelques auteurs à penser I» 1 s en étaient les inventeurs, et le cél^re ^^lofllier, de Gœttingue, a publié vue dis-

^itMAé^VEae^abfpmsàeêgm^du momk.

sertation sous ce titre : Les Mongols tnventeurs du papier-monnaie dans le xiii* siècle. Cependant, le savant eût pu éviter d'émettre une assertion aussi hasardée, s'il avait lu V Histoire de Tchinghiz-khan et de la dy* nastie mongole en Chine^ composée, d'après les auteurs chinois , par le P. Gaubel et

fmhliée en 1739, environ soixante ans avant e mémoire de M. Schloeizer. Dans cette Histoire (page 184) il est question de la sup« pression de l'ancien papier-monnaie qui fut en usage sous la dynastie de Soung, laquelle régna en Chine avant les Mongols; il y est aussi fait mention d'une nouvelle espèce d'assignats, qui furent substitués aux an* ciens, en 136», par le ministre Kia-Sovutao.

« Um'a pamintéressantde rechercher dans les auteurs chinois la date de l'invention du papier-monnaie. Le succès ayant couronné mon entreprise, j* eus Tbonneur de présen* ter à la âociélé asiatique le résultat de mes recherches.

« La plus ancienne spéculation financière imaginée par le ministère chinois, pour faire face aux dépenses devenues trop fortes pour les revenus de l'Etat, date de 1 an 119 avant l'ère chrétienne et clu règne de Tem-

Bereur Ou-ti, de la grande dynastie des [an. A cette époque on introduisit les phipi ou valeurs en peau. C'étaient des pièces de peau de certains cerfs blancs qu'on nourrissait dans le parc intérieur du palaisv £llles avaient un pied chinois en carré et elles étaient ornées de peintures et de bordures extrêmement fines. Chaque prince ou ^rand, et même les membres de la famille impériale qui voulaient faire leur cour à l'empereur, ou qui étaient invités i des ce*rémonies et à des repas dans le palais ,. étaient obligés de couvrir d'une de ces

fieaux la tablette qu'ils tenaient defaot eur visage en présence du fils du ciel. Le ministre ae la maison de l'empereur avait fixé le prix de ces phi-pi h 40,000 deniers,, ce qui revient à peu près k 300 francs. Ils avaient cours pour ce prix dans le palais et parmi les grands, mais il parait qu'ils n'ont jamais servi de monnaie parmi le peuple.

« Ma-touan-lin rapporte qu'après les années ^a-mt (605-617 de Jésus-Christ) jusqu'à la fin de la ay nastie des'Soui,le désordre général en Chine étant monté à son comble,, on employait toute sorte de choses en guise de monnaie, comme de petits morceaux de fer ronds, des habits coupés et même du carton.

« Au commencement du règne de Tempeceur Hian-tsoung, de la dynastie des Tbang, ou vers l'an 807 de Jésus-Christ, le cuivre monnayé étant devenu très-rare, on réitéra la défense de se servir des vases et d'ustensiles fiiits de ce métal ; l'empereur obligea aussi les marchands qui arriveraient dans la capitale, et en général les familles richesi de disperser leur numéraire dans les caisses publi(|ues; et pour faciliter le cemmeree, ils reçurent des bons qui eurent oniir^ uartiiul

fff»

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fi auxquels on donna le nom d(^ iey-thsiam ou monnaie volante. Cependant, trois ^ns étaient à peine écoulés que Ton fut forcé de supprimer dans la capitale l'usage de ce papier, qui n'eut plus de cours que dans les provinces.

« Thai-tsou, fondateur de la dj^nastiedes Soung, qui monta sur le trône en 960 de Jésus-Christ, permit aux marchands de dis* poser leur acquit et même des marchandises dans les différents trésors impériaux, et les bons qu'ils en recevaient furent appelés piau'thliau ou monnaie commode; on les re- ^ut partout avec empressement. £ti 997 de ésus-Christ, il existait de ce papier pour 1,700,000 onces d'argent, et en 1021 on en avait encore ajouté pour 1,750,000 onces.

« C'est dans le pays de Chou, qui est la province de Szu-lcnhouan de nos jours, qu'on a introduit pour la première fois un véritable papier-monnaie, c'est-à-dire des assignats, qui remplaçaient l'argent sans être garantis par une nypothèque quelconque, n certain Tcbang-goung l'introduisit pour remplacer la monnaie de fer, qui était trop lourde et trop incommode. Ces assignats furent appelés ^cAt-/W ou couDons^ sous le règne de Tchui-tsoung des âoung (depuis 997 jusqu'en 1022). On suivit cet exemple et Ton fit des assignats sous le nom de kiao-tsu ou changes : ils étaient payables sous les trois ans, de sorte, que dans l'espace de soixante cinq ans, il devait y avoir vingtdeux termes de payement. Chaque kiao-tsu valait une enfilade de mille deniers et représentait *une once d'argent pur. Seize maisons des plus riches dirigèrent cette opération tinancière; mais parla suite, ces entrepreneurs, n'étant pas en élat de remplir leurs engagements, furent forcés de faire banqueroute; ce qui donna lieu à beaucoup de procès. L'empereur abolit les assignais de celte compagnie et ôta aux particuliers la faculté d'émettre du papier-monnaie, en se réservant d'établir une banque d'assignats à Y-tcbeou. Vers Tan 1632 de Jésus-Christ il y avait en Chine pour 1,236,340 d'onces en KiaO'tsu; en 1068, on s'aperçut qu'il en existait de faux et Ton porta contre les contrefacteurs la môme peine que celle qu'on appliquait aux falsificateurs des cachets du gouvernement. On établit plus tard, et à différentes reprises, des banques de kiao-tsu dans plusieurs provinces de l'empire; les assignats d^une province n'avaient pas cours dans les autres. Souvent on changea les termes du payement et leur mode de circulation.

« Sous l'empereur Kao-tsoung, en 1131, on voulait faire un établissement militaire à Ou-tcheou,, mais comme les fonds néces-r saires n'arrivaient qu'avec beaucoup de difficultés, des mandarins chargés de la direction de cette entreprise proposèrent au hou^ pou ou ministre du trésor, d*émettre des Kouan^tsu ou des bons avec lesquels ils pouvaient payer les personnes qui fournissaient les vivres aux troupes. Ces bons étaient remboursables à un bureau spécial ; mais il

paratt qu'ils donnaient lieu h des abus et faisaient murmurer le peuple. Plus tard, et sous le même empereur, de semblables bons furent mis en circulation dans d'autres provinces dp la Chine.

« En 1160, toujours sous le règne de Kain tsoung, le Aott-pou créa un nouveau papiermonnaie appelé hou-tsu ou conttntmt»

Dans leur origine, ces nouveaux assignats n'avaient cours que dans les provinces de Tchi-kiang et dans le voisinage. Mais bientôt ils furent répandus dans les villes de Hou-tcheou et Tchhi-tcheou du Thiang-nan, plus tard on en tit aussi è Sching-tou-fou, dans le Sgu-tchhouan et à Sin-ngan-fou.

Dans la province de Tchi-kiangles premiers hou'tsu valurent une enfilade de mille deniers; mais sous le règne de Hian-tsoung, en 1163, on en flt de 500 à 300 et 200 deniers. En cinq ans, c'est-à-dire jusqu'à la septième lune de l'an 1166, on avait déjà émis pour 28,000,000 d'onces de ces assignats et le 1 V du onzième mois de la même année, celte somme se trouvait encore augmentée de 15,600,000 onces ; pendant le reste du règce de la dynastie des Sounç, le nombre des hou-lsu allait toujours croissant. Outre ces assignats, il y avait encore les kiao^su et quelques autres papiers particuliers des provinces; de sorte que l'empire se trouvait inondé d'assignats qui perdaient de jour en jour, malgré les différents changements et modiQcations que le gouvernement jugeait convenable d'y mettre pour faire hausser leurs cours.

« Enfin, sous le règne de Ly-tsoung, de la même dynastie, et en 136b, le ministre Riaszu-tao, voyant le cours des hou-tsu si bas et le prix deà denrées si élevé, crut devoir substituer en partie en billets de nouveaui assignais qu'il appela yn-kouan ou obligations d'argent. Les hou-lsu^ nommés de dixsept termes^ furent tout à fait abolis et on retira trois de ceux de dix-huit termes peur un des nouveaux assignats qui portaient le caractère kia. Mais quoiqu'on reçût mémo les billets déchirés dans le payement des impôts, ce ministre ne put parvenir à faire hausser le cours des papiers émis par la trésor ni à faire baisser le prix des marchandises.

« Pendant que les derniers empereurs de la dynastie des Soung étaient retirés dans le sud de la Chine, le nord de ce pays se trouvait sous la domination des Nui^tong, peuple de la race toungouse qui avait fondé un nouvel empire sous le nom de Kin ou royaume d'or. Leurs princes sont coooua des historiens arabes et persans sous le nom d'Altoun-khan. Les suerres continuelles qui dévastèrent la Chine entière avaient considérablement appauvri toutes les pr(v vinces de ce beau pays, de sorte qu'en 1155 de Jésus-Christ, le cuivre étant clevenu entièrement rare dans le royaume des KiUi ils furent obligés d'établir chez eux des banques d'assignats sur le plan de celles des kionrtsf^ des Soung; les assignats de deux, quatre, Luit et dix enfilades de mille deniers furent appelés

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