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d'observer scrupuleuseinent la commaDicatioii du conducteur avec Teau. »
On voit dans les expériences électriques , lorsgu'on fait passer une explosion par un conducteur dont !es parties ne sont que faiblement contiguës» tel qu'une chaîne, des tiges de métal simplement accrochées, etc. , qu*è chaque point de contact il éclate une petite étincelle, qui indique un obstacle, et par conséquent un retardement dans le mouvement de Télectricité. « Toutes les fois donc, dit M. Barbier, qu*on voudra se procurer le plus grand degré de sûreté, je conseille d'établir la continuité la plus exacte entre les différentes parties des conducteurs; cela se fait très-aisément en coupant en bec de flûte les extrémités de chacune des barres qui le composent , en les appliquant Tune contre Tautre et en les serrant avec des vis. On peut môme, pour plus de précaution, interposer entre les joints des lames (le plomb qui rendront le contact plus parfait. »
Quelques physiciens regardent comme une condition indispensable d*unir et de lier toutes les portions de métal qui font partie d'un bâtiment, avec le conducteur qui doit le préserver des ravages de la foudre. Sui* vant eux, si la foudre vient attaquer les unes ou les autres de ces parties métalliques, elle se dissipera facilement et sans causer aucun dommage.
Le seul motif qui ait pu porter à isoler le conducteur, ce serait la crainte de Peffr^t latéral de l'explosion qui le traverse. £n effet, si le conducteur destiné à préserver un éditice pèche par un trop petit volume, par un défaut de continuité, il est possible qu'une explosion violente de la foudre produise un effet latéral, (|ui aille même jusqu'à endommager Tédiûce. On en a vu Texeniple plus d'une fois ; mais , comme roL>servo très-bien M. Barbier, un conducteur construit avec toutes les précautions dont nous avons parlé sera en état de transmettre librement et instantanément tout lu feu répandu par une explosion de la foudre, et ccini-ci n'éprouvant aucun obstacle dans son mouvement, ne fera aucun effort latéral et ne causera aucune altération aux corps qui environnent le conducteur.
Dans l'application des conducteurs aux édiQces, on peut se proposer drux objets : l'un de préserver uniquement un bâtiment de la foudre, en offrant a une explosion queîconoue qui viendra le frapper un chemin qui la conduise en entier dans l'intérieur de la terre, sans danger pour le bâtiment ; Taulre de diminuer réiectricilé que contient le nuage orageux, et par conséquent le danger de son explosion môiBe pour les édifices qui entourent jusqu'à une certaine distance celui qui en est armé.
Il est certain quapour remplir le premier objet, Tosage des pointes n'est point nécessaire. Lorsqu'un édifice sera garni d'un conducteur métallique d'une capacité suirisante bien continu, en contact parfait avec les eaux du l'intérieur du globe» et qui se pré-
sentera de tous les ofttés i la foudre, de préférence à toute autre parti3 du bÂliraent, quelle que soit la violence du coup qui
Sourra I assaillir, et quelle que soit la furme u conducteur, pointue ou obtuse, ce coup pourra bien laisser quelques traces de soo entrée dans le conducteur et quelques points de fusion ; mais une fois entré, il le traversera sans effet sensible et sans danger pour le bAtiment. Pourquoi s'en tenir à son premier effet, si, sans augmenter les risques, on peut se promettre de remplir jusqirà un certain point le second dont l'utilité ne |)eul être contestée ? or, il n'y a que les poiutes en état de l'effectuer. Un conducteur qui en est dépourTu n'a aucune action sur la nuée qui ne se trouve pas è sa portée assez pour lui donner une explosion ; les pointes, au contraire, agissent à une grande distance sur Télectricité du nuage, en la soutirant.
Quant à ce qui concerne l'élévation du conducteur au-aessus du t>âtiment, M. Barbier croit avec raison que lorsqu'il sera terminé en pointe, on fera bien de i'éldver autant qu'il sera possible; plus il sera éleié, plus il pourra déployer son pouvoir préservatif. Lorsque au contraire on fera son extrémité obtuse, x>n ne relèvera qu autaia qu'il est nécessaire pour qu*il se présente i la foudre, do préférence à toute autre |mrliQ du bâtiment, l'objet n'étant |>as alors d'aller au-devant de l'explosion, mais de lut présenter seulement une issue qui puisse la transmettre è la terre sans danger.
Il n'est guère possible de fixer la haniear h laquelle un conducteur pointu peut s'élfver ift étendre son pouvoir préservatif; elle déftcnd d'une infinité de circonstances variables, de la grandeur des nuages, de leur éloignement, de la quantité d'électricité qu'ils contiennent , de leur direction , de leur iiiouvement, de la manière dont ils se présentent aux pointes, car il est certain que Taction de celles-ci se trouve excessiferoent diminuée, lorsqu'elles ne se présentent point perpendiculairement aux nuages orageux, et c'est la raison pour laquelle on a terminé souvent les conducteurs par des pointes inclinées en différents sens. De ces pointes. Tune est verticale, et les autres soat disposées en croix, faisant avec la première un angle de 60 degrés, pour se présenter avantageusement aux différentes directions par lesquelles les nuages peuvent s'en approcher.
Pour un bâtiment ordinaire, on se contente de donner è la foudre un conduit et une issue ; on ne craint pas que ce conduit soit contigu au bâtiment ou passe dans son intérieur. Hais il n'est pas de même des magasins à poudre ; la plus petite éiinoeHe électrique qui éclaterait dans leur intérieur pourrait être la cause d*un accident terrible, et l'on doit y pousser les précautions jus-
au'au scrupule. Lorsqu'un conducteur est 'une capacité suffisante , bien coutiou et qu'il plonge exactement dans l'eau, ou pe conçoit pas qu'il puisse s'échapper la moindre étincelle électrique ; camuie cependant
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cela pcmrraîl arrÎTer par quelque caase in- »aDue« il sera préférable de placer le condudear extérieurement et d*en établir deux à €feaqu8 extrémité du bâtiment atec toutes les précautions demandées.
11 serait à dé>irer que les magasins à poudre n'eussent dans leur construction aucune partie métallique extérieure et saillante , et eiposée à être frappée par la foudre ; s'il sei trouTait cependant, il faudrait aToir S6ifi de les réunir au conducteur par un lien métallique dont on rendrait la contiguïté parfaitement établie avec l'une ou avec Tautre. M. Sarbier pense qu'avec ces précautions, les magasins seront préservés de la loudre.
Ainsi en construisant un édifice, on fera il en de disposer de suite les gouttières et ^ei tuyaux de manière à pouvoir remplir e^^lemcnt la double fonction de conduire les eanx et de décharger la foudre. Le bâtiment le plus coKpIéiement armé serait celai sur le sommet du toit duquel régnerait l6ut le long une bande de plomb servant de Ulière, communiquant à de semblables bandes qui en recouvriraient les arêtes et viendraient aboutir à des gouttières régnant loit autour, ayant aux angles des tuyaux de éécliarge qui viendraient jusqu'à terre, et et l'extrémité de ceux-ci, on pratiquerait nLefommanication métallique iusqu'à l'eau; ti n sommet de chaaue extrémité, on élèvenît une barre de ler haute et terminée par nne pointe d'nn métal qui ne peut se nMHller à l'air.
La seconde observation est que lorsqu'on voudra pratiquer un conducteur è un édifice, surtout pendant l'été, et que sa construction devra durer quelque temps, on fera bien de commencer par sa partie inférieure en remontant ; car on pourrait craindre en commençant par le haut qu'un coup de foudre b'endommageât l'édifice. Nous ajouterons à ces observations que s'il n'est pas toujours possible de faire communiquer un conducteur avec une masse d*eau telle que celle que présMite un puits, une citerne, on pourra à ce délant se contenter de faire communiquer avec la terre humide par le moyeu d*une barre de ler qu'on y enfoncera pro* fimdément. Mais on ne peut trop recommander que cette barre de fer soit éloignée des fondations de l'édifice. Celles-ci sont souvent baignées d'eau, et il serait à craindre que la foudre ayant suivi la barre de fer en terre ne se portât de préférence sur ces fondations, et qu'elles ne s'en ressentissent. On sera en sûreté à leur égard si la barre en est éloignée de 7 à 8 pietls.
Enfin les conducteurs proposés auront le pouvoir de dissiper en silence non-seulemenl la foudre qui vient des nuages, mais eocore celle qui vient de la terre.
Quelques nouvelles observations , que Dons ne devrons pas omettre, viendront à Tappai de cet art important.
Mouffettes obêerraiionê. — On a vu le tonnerre tomber avec un bruit épouvantable sur une maison armée d'un paratonnerre.
fondre ta pointe du conducteur de la longueur de six pouces, et suivre après cela le conducteur sans causer aucun dommage.
if. Maine ayant armé sa maison d*une pointe métallique, et n'ayant porté les barres conductrices qu'à trois pieds au-dessous dn terrain, le tonnerre se jeta de préférence sur la verge électrique, et suivit l'appareil préservateur, mais la matière fulminante, accumulée à l'extrémité inférieure, fit explosion; une partie laboura la superficie de la terre et T fit des trous, une partie s'insinua dans les londations et les fit sauter.
« Cela nous apprend, dit Franklin, èquoi on avait manqué en établissant cette verge; la pièce inférieure n'étant pas assez longue {lour parvenir jusqu'à l'eau pour recevoir la quantité de fluide qu'elle conduisait. »
M. de Morreau, académicien de Dijon, a observé, en 1773, que le tonnerre étant tombé sur le faite d*une maison, à Dijon, avait manioé sa route sur un des côtés du toit en brisant et dispersant les tuiles; qu'il avait suivi, après cela, les chatneaux de ferblanc, dans toute leur longueur, sans laisser aucune trace; qn'il serait descendu paisiblement le long du corps jusqu'à la terre humide ; mais le corps étant coupé, le tounerfe fit explosion et se porta sur une poulie d'un puits, et il suivit la chaîne sans causer aucun dommage.
La matière métallique est donc capable de conduire le fluide électrique, lors même qu'elle n'est pas en pointe; à ()lus forte raison déterminera-t-elle sa direction lorsqu'on lui aura donné cetle forme dont nous avons constaté la puissaAce. Il n'en faut pas davantage pour démontrer à tout homme raisonnable la sûreté des paratonnerres.
On établit deux espèces de conducteurs dont la coustruction est différente, suivant leur objet. Le premier ne sert absolument qu'à garantir de la foudre, c'est le véritable paratonnerre; le second sert à faire des ob« servations sur l'électricité atmosphérique, c'est le conducteur isolé. Pour construire le conducteur d'un paratonnerre, il suflit, comme on l'a dit ci-dessus, d'élever sur l'édifice qu'on veut préserver une barre de métal terminée en pointe. Il n'exige ordinairement qu'une élévation de quinze à vingt pieds, à moins que la maison qu'on veut armer ne soit dominée; dans ce cas, ou pose la barre métallique sur un mât ou perche attachée à une des aiguilles de la cbar[)ente. La pointe doit être fine; comme la rouille pourrait la détruire en très-peu de temps, il est plus sûr de faire souder une pointe en cuivre doré decing ou six pouces; on y ajoute aussi un grain d aident à l'extrémité supérieure. A rexlrémilé inférieure de la barre de fer oui se termine en pointe, on réserve une boule pour attacher la chaîne qui doit communiquer au t>arreau conducteur. On a observé que les tresses de métal étaient préférables, parce aue le fluide s'y éconle avec une plus grande lacilité; au lieu que, s'il se trouvait très-abondant, il pourrait laîre éclater quelques-ims des anneaux en
PAR
DiCTlONNAlRE
PAR
sautant de Tun à l'autre. M. de Saussure pense que les tresses de fli de laiton sont rjoins exposées à être fondues et calcinées qu^une tresse de fil de fer roéme beaucoup plus grosse; elles ont de plus Favantage aAtre moins sujettes è la rouille. Cette tresse s^écarte du mât qui porte la pointe, et vient s'attacher sur une barre de fer équarrie d'un pouce d'épaisseur, qui est surmontée d'un chapeau de fer blanc pour empêcher la filtratlon de la pluie, et qui se prolonge continuellement jusaue dans la terre. Les barres de fer conductrices doivent être portées jusque dans l'eau, Ou & une profondeur où là terre soit constamment humide. On ne doit pas craindre que le fluide électrique communi(^ue à l'eau une qualité nuisible. Les physiciens savent qu'il ne fait que la transmettre, et qu'acné n'en retient que ce qui est nécessaire pour son équilibre avec les autres corps. C'est sur ce principe que l'on a établi en Bourgogne beaucoup de conducteurs pour préserver les édifices, et l'on ne pouvait mieux faire que de prendre pour modèle celui qui a été posé sur l'Académie de Dijon, aux frais de M. Duplex, intendant de cette province.
Wous Tenons, d'après YEncj/chpédie mfikodique^ d'exposer la théorie première de Teffet des pointes sur \e fluide électrique. Les pointes, d'après les idées de cette époque, soutiraient le fluide répandu dans 1 atmosphère, et le déversaient au grand réser^ voir commun, au sein dé la terre. Due noiH relie théorie a surgi ; c'est celle qui indique comme base de la propriété préservatrice des pointes la répartition des fluides de mêmes signes, l'un dans le sol, l'autre àans Tatmosplière. Ce sont ces nouveaux principes que nous voulons faire connaître, ainsi que les dispositions adoptées actuellement pour la confection des paratonnerres, dispoisitions qui, bien que d*une construction plus achevée, ne diffèrent en rien d'essentiel de celles qu'avaient adoptées nos pères. Franklin conservera donc en son entier sa devise : EripuU cœlo fulmen.
Nous lisons dans les SKmoires de VAcad/mie des icisnces de 1790: Le célèbre Gray, Anglais, par un de ces pressentiments heureux qui n'appartiennent qu'au génie, annonça ver^ le milieu de ce siècle que le feu électrique et celui de la foudre n'étaient qu'un seul et même feu. De nouvelles expériences donnèrent bientôt à cette idée une nouvelle vraisemblance; néanmoins ce n'était toujours qu'une conjecture , lorsque Franklin prévit, en s'élançantau delà de la sphère des idées ordinaires, ce qu'on pouvait espérer d'une propriété électrique nouvellement découverte, pour faire cesser toute incertitude sur ce sujet. Cette propriété consistait dans le pouvoir qu'ont les pointes métalliques, comme une aiguille, un poinçon, etc., de tirer ou de pousser le fluide électrique des corps électnsés quoiqu'elles en soient fort éloignées. L'expérience que Franklin imagina était d'observer si une
longue verge de fer pointue établie sur ua lieu élevé, et isolée ou soutenue par des cordons de soie, la pointe tournée en haut, ne s'électriserait pas pendant tin orage accompagné de tonnerre. Il était réservée la France de faire la première cette curieuse expérience. Datibard, habile botaniste, fut, malgré le ridicule qu'on voulait v attacher, assez hardi pour Tentreprendre. 11 fit élever en conséquence Tappareil dont nous venoa^ de parler, dans les jardins du château de Marly-Ia-Ville, village situé & six lieues de Paris, sur la route de Flandre, lieu favorable à l'expérience. A peine son appareil était-il en place, que l'événement justifia son courage ; il eut la gloire d'avoir fait l'eipérience la plus grande et la plus hasardeuse qu'on eût encore osé tenter en physiaue; car le 10 mai 1752,un orage s'é tant élevé dans le canton, et le vent ayant poussé les nuages chargés de la foudre au-dessus de l'appareil, on vit, avec autant de surprise que d admiration, le feu du tonnerre passer dans cet appareil, et descendre sur la terre, non en éclats et portant partout répouvante, mais tranquillement et d'une manière graduée.
En proposant cette belle expérience, Franklin présenta en même temps an moyeu de profiter de son résultat pour garantir les édifices de la foudre. Ce moyen consistait i les armer d'un appareil composé d'une pointe métallique dominant sensiblement par sa hauteur sur toutes les parties de la couverture, et faisant corps avec une suite de barres, pareillement métalliqueSt réunies ensemble, et descendant du haut en bas de ces édifices dans la terre humide; enfin, il proposait ce qu'on appelle aujourd'hui un conducteur» ou plutôt uo paratonnerre. Il ajoutait que, par ce moyen, si le feu électrique et le feu de la foudre étaient les mêmes, cet appareil transmettrait la matière fulminante, ou le feu des nuages orageux du haut en bas d'un bâtiment, insensiblement et sans aucun danger, il est essentiel d'observer dans la construction des paratonnerres, pour qu'ils remplissent parfaitement cet objet : i* que la pointe du paratonnerre dépasse toutes les parties de rédiGce sur leauel i! est établi d une hauteur de douze a quinze pieds; 2* que toutes {■es pièces, ou parties métalliques doivent être bien intimement liées et unies les unes avec les autres, en sorte qu'elles fassent un tout bien continu; 3^ enfin que Textrémité inférieure des barres de transmission, ou qui descendent du haut en bas de l'édifice, doit s'enfoncer de cinq ou six pieds dans le sol et jusqu'à la terre humide, ou aller sa perdre dans l'eau. La pointe qui s'élève audessus du bâtiment doit être assez forte à sa base pour résister aux efforts du veot; elle ne doit être conique que seulement ea partant du tiers de sa hauteur. Afin d'évUer que l'extrémité sup(!'rieure se rouille, on la niiten cuivre que Ton dore. Cette partie tient à la barre par un pas de v4s. {Mem. d$ r Académie des sciences^ de 1790» page 583.) Quoiqu'aujourd'bui encore les paratoth
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DfiS INVENTIONS.
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nerres soient établis sur les mêmes principes de ceox adoptés dès le début, cependant '«près une nouvelle théorie soutenue par Oef sardats les plus compétents, les pointes PD>:yerrent en répartissant les fluides des jiéffles signes, l'un dans le sol, l'autre dans Tiuiosphère, et non comme on le supposai jusqu'alors, en soutenant tout le fluide r«j>andu \ians ratoiosphère, pour le déverftrauseiD de la terre.
PiRCHBMIN. — Ce mot vient deper^amena (l8rto;car on assure que la fabrication du
Siitbemin arait d*abord son sié|;e à Pergame ids l'Asie Mineure. C'est une peau prépara; pour récriture, le dgssin et plusieurs juires usages; dès les temps les plus reculés 00 s'en est servi comme matière propre à mm l'écriture. A Rome, on l'employait ttoslenom de membrana^ peau, pour les orDets, les livres et pour toutes sortes d'écnteaux. C'est aussi dans cette ville qu'on est IvTenu à le blanchir et même à le teindre tfMérentes couleurs. Le parchemin qui ttt M'écriture et è l'imprimerie se fait avec B peaux de chèvre et de mouton ; le vélin i<|iarcbefflin vierge, ne s'apprête qu'avec iBpeani d'agneau, de chevreau et de im Les peaux de bouc, de chèvre et de ^wrveQt pour les tambours lifabrication du parchemin commence Asie mégissier, qui tond les peaux, les lave ih dégraisse ; après lui le parcheminier kiend fortement sur des châssis pour eu- ««fies dernières parcelles de chair qui y «fil restées, et les soupoudre de chaux, «idabsorber Tbumidité; le parchemin qui ttj destiné à l'écriture, au dessin, a besoin J^^jre gratté avec un instrument tranchant, airollé avec la pierre ponce. L'emploi resveiot que l'on lait aujourd'hui du parche- Bnn'a()a$ empêché cette fabrication de
^m le mouvement général de l'ind usine (ij. ^
PASTEL [Culiure et extraction de l indigo w;2;].— La plante appelée pastel a la racine Creuse et pivotante, la tige lisse et ra- J^yse, les feuilles unies, larges, d'un beau 1^ et des fleurs iaunes disposées en pani- Jj"M a sa sommité ; sa graine de forme ovale » (le couleur bleue ou violette est renfermée f^ une silique oblongqe , presque plate et J^ ? même couleur que la graine. Ces ca- J«^wrei servent à distinguer le pastel bâ- T lT ^ ^^^ feuilles velues ; la deuxième ^néiéa les feuilles lisses et plus larges; ^^2 la troisième, les feuilles sont noirAtres
[woiies. etil convient de l'extirper des y^î d« pastel. Cette troisième qualité est j^pendani cultivée dans les départeoienU J^UIvadoset de la Roër. Le pastel réussit teu, . '^* terrains légers, secs, et dans M.! ^^^ ^^^^ compactes, argileux ou qui ^uenoeot l'humidité. Il vient très-bien d^ios
JJ) Kwrili de VEne^ciopédie de$ §0nt du mnnée ^»)« - Voy. pgAUx (préparation dtê). — Vny.
g^ljeiobïem lions suivanreR ontétépublice»i»ar ^ <ta Diiiiiire des miniififtciares (18 lî).
les terres d'une consistance moyeunet {Puasses et légèrement humides; il vient encore très-bien dans les terres graveleuses ^^oX de la profondeur qui laisse à sa racine la faculté de pivoter, et aux autres parties fibreuses latérales celle de s'étendre. Quel leque soit la nature du terrain, il faut le choisir exposé au soleil ; il faut éviter de répéter de suite la récolte sur le même terrain : des récoltes d'une autre espèce donnent à la terre le temps de s'imprégner de sucs favorâbles. Le nombre des labours est déterminé par la qualité des terres, mais il est essentiel de les bien diviser, d'en extirper les mauvaises herbes , et l'écobuage est un sûr moyen d'obtenir ce double ellet. Si l'on sème en automne, il faut préparer la terre eu juillet, août ou septembre, et en octobre, novembre, décem'bre, quelquefois même en janvier lorsau'on ne sème qu'au printemps. Les sillons doivent être disposés pour l'écoulement des eaux et espacés de manière que l'on puisse sarcler et effeuiller la plante. Les engrais varient suivant l'habitude deeulturede chaque contrée. Pour les semis d'automne, l'époque à peu près générale est du 15 septembre au ISoctobre, et pourceux du printemps depuis le mois de mars jusqu'au mois de mai. Lagrainesesèmesans préparation, de deux manières, à la volée comme les céréales, ou en la prenant à poignées et la laissant tomber successivement : de quelque manière que l'on sème, on doit tourner le dos au vent parce que la semence, extrêmement légère, serait facilement emportée : on ne doit semer ni trop clair ni tiop épais ; dix àdouze kilogrammes doivent suffire pour un hectare. On peut herser pour recouvrir la semence, ou se servir du râteau. S'il arrive que la graine ne lève pas ou que les insectes la dévorent, on peut, si la saison n'est pas trop avancée, donner un tour de labour et réensemencer. Par un temps favorable la semence lève en douze ou quinze jours ; lorsque la plantée développé six feuilles, m fait un premier sarclage, on enlève soigneusement les mauvaises herbes et le faux pastel, on écrase les^ mottes dé terre que la herse a laissées, ce qui garnit et garantit la racine. On arrache également les pieds de pastel qui se trouvent trop rapprochés, on les repique aux endroits ou la graine n'a pas levé, on peut même repiquer ces jeu*nes plants dans un terrain préparé exprès. Il y a peu de plantes qui demandent autaàni de propreté dans leur culture et avant la première coupe des feuilles, il faut répéter, une, deux, et même jusqu'à trois fois le sarclage ; aux autres coupes on le renouvelle seulement une fois, à moins d'une trop prompte reproduction d'herbes nuisibles.
Le pastel ne craint pas les rigueurs de l'hiver, mais il est sujet à un péril nombre de maladies et aux attaques de quelques insectes ; ses feuilles se couvrent parfois de pustules jaunes ou couleur de rouille ; ou doit les cueillir dans cet état, bien qu'elles ne soient pas parvenues à leur maturité : c'est le seul moyen d'arrêter les progrès du
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PAS
PAS
mal. L étiolement provient de la sécheresse : OD prévient ou on guérit cette maladie par des arrosemènts. De tous les insectes qui attaquent celte plante, le plus dangereux est un puceron assez ressemblant à une puce ; il dévore les feuilles tendres en fort peu de temps. L'expérience a démontré que ce puceron meurt lorsqu'on parsème le champ de cendres mêlées à la poussière de chaux. Les cendces de tourbe ou de genôt sont les meilleures. On signale encore un autre insecte moins dangereux, que Ton nomme pou, et qui se montre beaucoup plus tard. Des chenilles tendent également a détruire les feuilles du pastel ; on doit diriger tous ses soins à faire disparaître ces insectes. On juge que le pastel est parvenu à son point de maturité lorsaue les feuilles inférieures jaunissent et s affaissent, ou lorsqu'elles jaunissent et se couvrent de petits trous, ou lorsqu'en jaunissant elles présentent des taches violettes sur les bords, c'est alors qu'on les cueille. Mais soit qu'on veuille les réduire en pflte de pastel, soit qu'on se propose d'en extraire l'indigo, il convient de les cueillir plus tôt. Des expériences comparatives ont prouvé que les coques provenant des feuilles avant qu'elles jaunissent ou s'affaissent au moment oii elles offrent sur leurs bords une nuance d'un clair violet, produisent des couleurs plus belles et plus intenses que les coques provenant des feuilles cueillies plus tard. Dans plusieurs endroits, on cueille les feuilles à la main, en ayant soin de ne pas endommager le collet de la plante ; dans d'autres, on coupe les feuilles avec la serpe. Toutes les récoltes doivent être faites par un temps beau et sec, et après que le soleil a dissipé la rosée et les brouillards. Le nombre des récoltes varie suivant les contrées où cette plantese cultive. Dans les pays lesplus chauds de la France, les premières récolles ont lieu en mai ou juin ; dans ceux plus septentrionaux elles ne commencent qu'en juillet. On les continue ensuite de 20 en 25 ou 30jours suivant le climat, le degré de chaleur et Tétat de l'atmosphère. Ordinairement les
{crémières récoltes sont d'une meilleure quaité que les suivantes et surtout que les dernières , à moins que le printemps n'ait été pluvieux : dans ce cas, la première est moins estimée que la seconde. Dans quelques pays, les cultivateurs réservent la dernière pour la culture de leurs bestiaux, et il est a remarquer que les dernières récoltes diminuent graduellement de qualité.
Pour recueillir les graines, on est dans l'habitude de ne pas recueillir les feuilles des plantes qu'on destine à devenir porte-graines, du moins à chaque récolte. Cependant des expériences ont prouvé que l'effeuillage complet ne nuisait pas à la graine. Les plantes réservées passent Thiver et donnent leur graine fin mai et mi-juin dans les pays chauds, et un peu plus tard dans les pays froids. On juge que la graine est mûre quand elle est noire ; alors on coupe la plante près d9 la terre avec une faucille, on la laisse
quelques jours sur le terrain, on en fait do
Eetites gerbes la graine en dedans ; elles se attent sur l'aire ; la graine se vanne et se conserve sur un lieu sec. Les siliques qui renferment la graine, soit du vrai pastel, soit du pastel bâtard, étant toutes de couleur bleue ou violet foncé, il n'y a pas de signes certains pour distinguer la bonne de la mauvaise.
La graine du pastel conserve longtemps sa faculté germinative. On juge qu*elle dégénère lorsqu'elle ne lève pas, et lorsqu'elle produit beaucoup de pastel bâtard, sa dégénéralion est manifeste. Dans beaucoup d*eodroits on élève, dans un terrain à part et préparé exprès, les plus belles plantes pour porter des graines. Les graines qui ont produit le pastel, dans les départements oe la Roër et du Calvados, ont été apportées, en 1811 , du Piémont ; elles y ont produit le véritable pastel. On en a cueilli les feuilles jusqu'à cinq fois près de Cologne. Dans le département du Calvados, on prépare, par la fermentation , les feuilles de pastel, et le
I)rocédé est très-simple : on y entasse les éuilles en plein champ, les unes sur les autres. Dès que les tas ont fermenté au degré de chaleur nécessaire , on les ouvre , on en étend les diverses parties, ei on les fait sécher au soleil; quand elles sont sèches au point de ne plus éprouver de fermentation, on les réunit et on les porte dans desgre* niers. Dans la Roér, oi!^ l'on entasse les feuilles pour les l'aire fermenter , on les fait fermenter pendant trente à quarante heures dans une cuve pleine d'eau et élevée à une température de seize à dix-huit degrés Réaumur. Après la fermealation, on presse les feuilles avec les mains pour exprimer la liqueur qu'elles contiennent , et on leur donne en môme temps la forme depaias à coques. Les pains étant secs, on les casse , et les teinturiers en emploient les morceaux. Mais le pastel préparé ainsi, par la seule fermenlation, est d*une basse qualité; il naserl pas longtemps dans les cuves de teinture; il convient donc de lui faire subir plusieurs fermentations. A mesure qu'on coupe les feuilles du pastel, on les transporte en sacs au moulin. On les place sous une meule comme celles des moulins è huile de noix ou d*(»lives, qui doit les réduire en une pAte trèsfine, de manière qu'on n'en puisse plus distinguer les côtes ou nervures longitudinales. On juge qu'elles sont assez écrasées lorsqu'elles s^attachent fortement à la meule. Il faut que la feuille soit broyée immédiatement après qu'elle a été cueillie, parce gu'autrement elle s'échaufferait et répandrait ud<^ odeur infecte en se décomposant. La pAie doit être portée hors du moulin, sous des hangars en pente , pour faciliter l'écoulement du liquide. Ou en fait des monceaut que l'on bat, que l'on presse et que l'on unit avec la pelle dje bois. Le lendemain on dis* perse les morceaux, puis on les refait* ayant soin de les frapper et presser; et on répète cette opération jusqu*à ce que In pâte ne laisse plus échapper d'eau noirâtre : oa
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alors qu'elle est assez nourrie et qu*on \i là convertir en coques. On l'étend en éhlsar le carrelage du hangar , en mèles parties intérieures avec la croûte SCSI formée dessus; on pétrit forte- )( le tout avec les pieds. Quand on l'a pétri, un ouvrier en prend une poignée, ^rre et la frappe avec force ou sur le cariée ou sur une pierre unie; il la fait pasi un second qui répète celte manipula- ; i%lui<i la livre à uu troisième qui apla péte dans un petit moule creux, la et I*allooge en forme de poire. Ces pe* », nommées coques* sont déposées sur idaies, dans uo iieu aéré et à Tombre ; les grandes chaleurs elles y sèchent luinze ou vinçt jours. Elles sont noires Is la dessiccation, s'il a fait beau; si, au raire, le temps a été sombre, pluvieui Ikumlde, leur couleur est jaune. La qua- [fie diffère pourtant presaue pas, pourvu Iles soient noirâtres en dedans. Les plus j^essout celles qui, ayant du poids, réitii aoe odeur assez agréable, et dont Iheur présente une nuance violette. A jues exceptions près, cette méthode est généralement. Il convient alors de jer au raffinage. Pour exécuter cette âon, vers les premiers jours de janvier, isporie les coques dans une grande oblongue, n'ayant de fenêtres qu'au et dont le sol carrelé est disposé eu l 11 faut en réunir une grande quantité, qu'on n'opère pas avep succès sur une masse. On réduit les coques en mor- :;oa range les débris parcoucht-s succès i;on arrose à plusieurs reprises chaçiue '^eavecde l'eau de rivière ou de fontaine. couches ainsi superposées forment de niooceaux d*un mètre environ de hau- FfUQ peu inclinés en dos d'flne, et assez pour que la chaleur de la fermentation ibtisse et s'y conserve. Quand ils ont foieoié pendant quelques jours, on les re- ^aussitôt en les arrosant comme la préfère fois. Cinq ou six jours après le deuxièlêrrosement, on détruit les monceaux, et
reo forme d'autres sans les mouiller ni presser. Ce travail se renouvelle de trois Mrois jours pendant le premier mois , une H la semaine pendant le second, et ensuite (quinzaine en quinzaine» jusqu'à ce qu'on .^i^rcoive plus dans la masse ni humidité t chaleur. Alors on remet le pastel en mon- *tiiiet on l'y laisse l'espace de deux mois lH^t de le vendre aux teinturiers. Dans mues départements, les cultivateurs metl^t les coques dans un tonneau « lorsqu'ils «oot brisées, et les y font fermenter penwt huit a dix jours, après quoi ils les enn^Qt dans une chambre où la fermentation tooQiinue. Dans quelques endroits , on se Wdeviû au lieu d'eau pour les arrose- «ws.Ce sout les deux diiférences les plus ^arquables entre la méthode de raffiner le J*el dans le Languedoc et quelques parties *>lWie française.
àm\ le XVII* siècle, le pastel ser- 'uv& temdre en bleu les étoffes de laine.
Jusçiu'h ce que cette matière ait remplace entièrement Vindigo, elle servira toujours è fixer la couleur des cuves où l'on emploie l'indigo. On est entré ici dans deerands dé* tails sur les différents procédés, ann que les cultivateurs puissent du moins Iransiurmer le pastel en coques, et le livrer ainsi aux teinturiers, qui se chargeront de l'opération du raffinage. Tout annonce qu'on renoncera aux méthodes de fermentation adoptéesjusqu'ici. Déjà deux de nos teinturiers les plus habiles (M. Pavie, de Rouen, et M, Rouquès, d'Alby) ont reconnu qu*en se bornant a en faire sécher les feuilles, elles deviennent préférables , comme servant dans le traitement d'une cuve à chaud, à celles converties en coques. Les expériences qui les ont conduits a ce résultat seraient seules déterminantes pour engager les teinturiers è ne demander aux cultivateurs que les feuilles de pastel simplement réduites à un état complet de dessiccation I
L'art d'extraire l'indigo du pastel contribuera encore plus à éloigner tout autre moyen rival; il y contribuera ipar les avantages et les bénéfices qu'il promet. MM. Giobert et Puymaurin ont observé que les feuilles doivent être cueillies pendant l'été après seize è vingt jours de végétation; en automne entre le vingtième et le vingt-quatrième jour de végétation, époque où cette plante fournit le plus d'indigo. Le moment le plus favorable à la cueillette se reconnaît : 1" Lorsque la surface de là feuille est recouverte d'une espèce d'enduit cris bleu&tre, qu*on peut enlever par le Irottemeut. 2* Plus la feuille est grasse, plus elle donne d'indigo. 3*" Les feuilles provenant du pastel sur lequel on a répandu du plâtre sont plus riches en indigo, i* Les feuilles dont les bords commencent è jaunir ou qui ont des taches de rouille doivent être rejetées. 5" Les feuilleslisses distinguent le vrai pastel de celui bâtard, qui les a velues. 6* 11 ne faut cueillir les feuilles que lorsque la rosée est dissipée, et toujours profiter d'un temps sec et chaud. 7* On ne doit jamais cueillir après un jour de pluie. 8* On ne doit point laver les feuilles ; les meilleures, qui sont lisses, ne sont jamais souillées ni de terre ni de poussière. 9*" Il faut employer la feuille du moment qu'elle est coupée; sans cela Tindiffo se détruirait par la lermentation (jui s'y établit avec une grande facilité. Plusieurs procédés sont employés pour extraire l'indigo contenu dans les feuilles du pastel. Les uns emploient l'eau bouillante, qu'ils versent sur les feuilles, et ils la font couler après quelques minutes de séjour. D'autres n'élèvent Ja tem-> pérature de l'eau que jusqu'au quarantième degré Réaumur et laissent infuser pendant une ou deux heures. D'autres ont observé qu'il suffit d'élever l'eau du cuvier à 22 degrés par la chaleur de l'atelier où l'on travaille. Le plus grand nombre emploie la macération dans l'eau. Elle s'exécute dans des cuviers de bois, et dans des ateliers où la température s'élève cons-
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taroment de 30 & 2ik degrés pour que Veau des cuviers sait de seize k dix-huit degrés. Ils ue doivent pas contenir chacun plus de 200 kilog. de feuilles ; leur profondeur ne doit pas dépasser un demimètre ou 18 à 30 pouces. L'eaa que l'on emploie doit dissoudre le saron sans
trumeaux et être tr^s-limpide ; elle doit (re à la température avant d'y jeter les feuilles : on les met dans les cuviers et on verse Teau dessus; on a soin que les feuilles ne soient pas tassées pour que Teau les pénètre, et qu'elles ne s'éctiauffent pas
Ëlus dans un endroit que dans un autre, i'ailleurs le tassement nuit singulièrement à l'extraction de Tindigo, et il a été observé que deux cents kilogrammes traités dans un cuvier ont donné une égale et meilleure quantité d'indigo que quatre cents kilogrammes traités à la fois dans le même cuvier et de la même manière. On a quelquefois interposé des châssis à claire-voie entre les couches de feuilles; lorsque le cuvier est garni on fixe des' planches au-dessus des feuilles sans les presser pour Qu'elles restent immergées pendant tout fe temps de la macération. Quelques heures après i'imn^ersion desfeuilles. Peau prend une légère couleur de paille; la feuille devient flasque et B une teinte bleuâtre. Peu à peu Veau acquiert une couleur verdAtre ; les feuilles sont souvent parsemées d'un vert foncé tirant sur le bleu; et après quinze heures de macération en regardant Peau à contre-jour, on voit à sa 'surface un iris bleuAtre; la feuille acquiert une couleur vert Toncé et devient mollasse 6t sans consistance : on regarde ce dernier signe comme décisif pour prouver que la feuille a fourni à l'eau tout l'indigo qu'elle contient, et qu'il est temps de décuver. Seize à dix-huit heures suffisent ordinairement pour la macération lorsque la température de Teau a été de seize h dix-huit degrés. La macération est d'autant plus longue que la température est plus basses mais il serait dangereux de rélever au-dessus d^ seize à dix-huit degrés, parce qu'alors il y aurait fermentation «t décomposition d'indigo. Dans tous les cas, H vaut mieux décuver plus tôt pour éviter la fermentation qui détruit l'indigo, ei le mélange de matières étrangères qui nuisent à la qualité, flus la feuille est vieille et proche de la 'maturité, plus la ma<céralion est longue. Si la fermentation va iusq^u'à produire de l'ammoniaque, toul l'indigo est détruit.
On donne la préférence i un autre procédé de M. Giobert. Après avoir place les feuilles dans un cuvier, on y verse de l'eau bouillante dans laquelle on b dissous six onces de potasse caustique par cent pintes d'eau. On verse d'abord peu à peu l'eau alcalisée .pour bien imbiber les feuilles; on en ajoute ensuite une quantité suffisante |X)ur bien pénétrer la masse ; on soutire une nartie de la liqueur qu'on reverse sur les leuilles et on continue jusqu'à ce que les feuilles restent affaissées dans le ioud du
cuvier. On soutire alors toute la liqueur, qui doit être d'un beau vert d'émerande. S la liqueur ne présentait pas cette coulenr, ce serait une preuve qu'on n'aurait |as employé une sumsante quantité de potasse. Pour prévenir cet inconvénient, on opère d'abord sur une poignée de feuilles, et on s'assure que la proportion est au de|;ré convenable. £n soutirant on faH tomber la )|. Joueur sur un tamis fin pour retenir les euilles et autres corps qui pourraient s'échapper avec l'eau qu'on laisse re(H)ser pendant une demi-heure pour laisser précipiter les parties terreuses; on la décante et on procède au battage que l'on continue jusqu'à ce que la couleur verte ait disparu, et qu'elle soit remplacée par une couleur d'un brun jaunâtre. Un repos de vingt-quatre heures suffit pour opérer la précipitation et le dépôt de l'indigo. On décante laliqi en* surnageant le dépôt , on Jave ce dé|>M deux ou trois fois dans l'eau bien pure et on le laisse dans la cave deux ou trois jours avant de le porter sur la chausse pour W faire égoutter et sécher. Pour s'assurer quV près le battage la liqueur ne relient plus d'indigo en dissolution, on en prend ua peu dans un verre, on y mêle de l'eau dt chaux ou de la potasse ; si le mélange devient vert, il donnera encore de t'indigo; s'il reste brun, il n'en contient plus. P^ur dé^ger l'indigo dissous dans leau, oa em-
{>loie deux ]>rocédés : 1* à l'aide d'un bMage prolongé, on le pénètre d'ox vgène }»oar en former un composé insoluble dans Peau et ramener Tindi^ de la plante h l'indigo du commerce, mais cette opération est très-longue ; 2* en combinant i'indigp dissous dans i'eau avec une base très^îvisée, S[ui s'empare de toutes les molécules, et orme avec elles un composé qui se précipite : C'est ce qu'on obtient à 1 aide de Teau de chaux. Ainsi, en versant à peu près uu cinquième en volume d'eau de chaux. Je mélange prend une belle couleur verte; et on précipite ce nouveau composé de chaoi et d'indigo par un léger battage opéré à Taide d'une poignée de baguettes, d un balai en de tout autre corps capable d'introduire l'air dans la liqueur. L'écume qui «se forme peiidanl le battage devient blanc, et l'intensité de sa couleur fait présumer quelle sera la qualité de l'indigo.
M. Rouquès compose son précipitant d'eau de chaux dans laquelle il verse de la dissolution de potasse ou une lessire de cendres, jusau'à ce que le mélange marque ' un degré è 1 aréomètre de Beaumé. L'indtge précipité par ce mélange est constamment plus beau que celui au'oo obtient par la seule eau de chaux. -M. Rouquès n'ajouie son précipitant au'après un prentier baitag-*» et au moment ou les écumes présentent une belle couleur bleue : après avoir ajouté le précipitant, il continue le battage jusque ce que le grain d'iudigo soit -bien torwv. Ou a observé que plus le précipitant a étô employé en petite quantité, plus l'indigo a été beau ; réduit à un dixième, il a été su-
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DES l^iVENTIONS.
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nefiie; mtis alors le batlage a été plus
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M. PiTie, de Rouen, lyoute un doq-ceothA d'affliDODiaque au bain de pas(el ; il ■éle cet alcali à la liqueur à mesure qu'on Il (ire du cuvier et bal le mélange avec nn.riDdigo qu'il obtient est fort •beau, lilin de nombreuses expériences ont établi
reû précipitation de Tindigo est favorisée : par la chaux; ^ par la température élevée liia liqueur. En effet, malgré la chaux, le ■iiDage de Tindigo devient impossible si ptraipéralure de l*eau est à dix degrés au- |hous de celle de Tatmosphère ; que cette iboe liqueur è vingt ou vingt-deux degrés |MDerapar le battage; que la précipitation pplus prompte et plus complète a vingtm degrés; et qu'à trente-cinq degrés elle lieu sans battage. Si on élève davanla température, on gagne en vitesse de loige, mais on obtient de Tindigo noir ^portion des degrés de chaleur ; le bat* est utile eu ce qu'il tend à donner à 1^0 une phis belle teinte, et Ton voit b couleur bleue de Técume est plus e que celle de Tindigo qui se précia masse.
iktout ce qui vient d'être dit, on doit Qon- ^fie la chaux, aidée de l'élévation de ipéralurep fait obtenir plus promptela précipitation de l'indigo, mais il H prémunir contre l'abus de ce moyen.
ux se combine avec trois principes :
l'iodigo; S* avec une matière végéto* aie qui, séparée de la chaux nar les 'es reste insoluble dans l'eau, a la coud un vert foncé, et se combine aisément lacbaux, les alcalis et l'indigo; 3"* avec matière jaune, soluble dans Teau lors* on Ta séparée de la chaux par les acides, combinaison de la chaux avec l'indigo {précipite la première, celle avec la mah verte la seconde, et en&n la combiboD jaune la dernière. D'où il suit qu'il y un grand inconvénient à employer trop lebaui, parce qu'alors on en lournit une l>otité suffisante pour opérer sa combi* (bon avec les deux derniefs principes itit le mélange altère la pureté de l'indigo. iDc les couches inférieures du dépôt doi* tftt donner un indigo plus pur que celles prieures, ce qui est conforme à l'obser- Mi<»û. Lorsque l'indigo s'est précipité au M du cuvier, on décante l'eau qui sur-
3^^ et on verse sur le dépût une noul(i quantité d'eau pure, dans laquelle on tk^ la fécule [>our la dépouiller de tout ce pt\k peut contenir de soluble dans ce Y^^de; on laisse reposer, on décante et on Nouvelle celte opération jusqu'à ce que ^'^\ïk ne colore plus l'eau. On passe en- ^^le cette fécule à travers un tamis Un pour ^ séparer la terre et le sable qu*elle peut l^'Woir, et on porte ensuite cette pAte sur ''"^ Mires ou dans des manches pour la ^iirf é(^ouiier et lui donner une certaine |''»si»iaûce. Lorsque la fécule sort des |il- ^'^% on la place dans des caissons de bois "iucd'un demi-mètre de largeur sur huit
l>inri02|j|. PES l!IVE!«TI0frS. II.
décimètres de longueur, et un décimètre de hauteur; on garnit le fond avec du papier gris ou du pifttre fin pour absorber rhumi-dite, on étend une toile dessus, ensuite rindigo en couches très-minces qu'on re* tourne et pétrit quatre ou cinq fois par jour avec une truelle de cuivre; on peut aider la dessiccation par la chaleur du soleil ou une chaleur artificielle sèche. Lorsque l'iivdigo a pris une certaine consistance, on l'entaille par des lignes d*abord un peu profondes, et graduellement jusqu'à la section en cubes. Pour terminer ladessiccatiôn, on place ces cubes sur du papier gris dans des chAssis de toile, et on les laisse exposés à l'air jusqu'à ce que, en cassant l'angle d'un de ces cubes, on entende un petit cri. Il ne reste plus à faire subir à l'indigo que l'opération du ressuage. On met les cubes d'indigo desséchés, comme il vient d'être dit, dans un baril qu'on recouvre avec le plus grand soin. Dans peu de jours l'indigo exhale une odeur forte et désagréable; sa surface se couvre de taches blanches, du moisissures et de gouttes d'eau; il s'édbauffu et acquiert une chaleur de six degrés au-^ dessus de celle de l'atmosphère. Trois semaines ou un mois après, l'humidité a dis* paru ; il ne reste plus que des points blancs sur l'indigo* de bonne qualité et de la moisissure sur l'autre. On enlève facilement la moisissure, mais les points blancs sont plus adhérents. Le ressuage donne à l'indigo une belle couleur bleue et veloutée, mais la couleur cuivrée ne se développe que lorsque l'indigo est parfaitement desséché. L'indigo ne doit point être extrait du res* suage qu'il ne soit parfaitement desséché, sans cela, sa surface s'écaillerait et on perdrait beaucoup d'indigo. Dans cet état l'in* digQ-pastel peut être livré au commerce, et il ne tardera pas à être apprécié par les teinturiers : 1* parce que son principe colo* rant est absolument et rigoureusement le même que celui de l'indigo de l'Inde ; 5t parce au'il ne demande pas de nouveaux procédés pour son emploi. On pourrait ajouter à la pureté de l'indigo et lui donner par le raffinage un degré de pureté égal au
Suatimala; mais cette opération demande es connaissances particulières, et il con* vient de laisser ce soin aux teinturiers plus à même d'apprécier le degré de puissance colorante, il convient mieux aux cultivateurs de cultiver et extraire l'indigo des feuilles du pastel, cette opération n'exigeant que peu de frais d'établissement, qui se borne à quelques cuviers et de bonne eau assez abondante. Lalivredel'indigo-pastel pourra être livrée pour six à sept francs, et, pour les elfets, elle représente une demi-livre d'indigo des Indes (1).
Nouveau procédé pour teindre en bleu par la cuve montée à ekaud au moyen du pastel. — De tous les procédés connus, celui que M. Pavie, teinturier à Rouen, emploict est le plus économique, puisqu'il donne le bleu le
(1) Voir U Moniteur de 1812, p. 53;$,
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IXCTIQNNAIIIE
plus solide et le nias beau; il s'applique k la soie comme à la laine, et m6me au fil de lin et de coton, lorsqu*il est exécuté arec le soin et rinlelligence nécessaires ; mais le succès de ce procédé dépend de la manière de cultiver le pastel, 'et particulièrement de le récolter. L auteur s*etant convaincu, par le gouvernement journalier de la cuve de bleu à chaud, que les contrariétés que l'on éprouve souvent dans celte opération ne pouvaient provenir que des états divers où se trouve la plante, à raison de la manière dont elle est récoltée, et du plus ou moins de fermentation qu'elle a subie, a conçu le projet de cultiver lui-même l'ûolû iinetoria. il fil préparer trois acres de terre qui furent ensemencés au commencement de mai. Le premier le fut avec la graine de Tisatis, qui crott naturellement sur les rochers de Saint- Adrien; le second avec la graine de celui au'on cultive dans le déparlement du €alvaos; et le troisième avec la graine d'une espèce que Ton cultive à A\bj : cette dernière est supérieure en qualité à celle du Calvados; ses feuilles sont plus larges, plus longues et plus lisses. On donne un premier sarclage aui jeunes plantes au commencement de juin, et un second dans le courant de juillet. Au mois d'août suivant^ deux acres seulement, ceux ensemencés avec la graine provenant du Calvados et la graine tirée d'Al- ^ty furent coupés dans la même journée', et les plantes étendues sur Te sol jusqu'au lendemain à quatre heures de l'après-midi, où elles furent mises en petits tas pour passer la nuit. Le lendemain elles furent étendues sur la terre à neuf heures du matin. Dans cette opération, M. Pavie a observé que les tas étaient extrêmement chauds, ce qui démontre que cette plante fermente avec une certaine activité. La chaleur s'est manifestée dans l'isatis du Calvados pendant trois jours et dans celai d'Alby pendant quatre, en diminuant toujours progressivement. L*isalis du Calvados resta étendu pendant six jours, etcelui d'Alby deux jours de plus. Sadessiccation fut meius prompte parce que la piante était plus forte. Si on ne rencontrait pas un iemps très-favorable jpour récolter 4;elle plante, il serait impossible de l'obtenir sans fermentation, eu égard à la facilité avec laquelle elle passe à la fermentation. Le troisième acre, ensemencéavec l'espèce qui croit naturellemeut sur les rochers de Saint-Adrien, fut consacré à une expérience concernant les vaches gui donnent du lait bleu, d'après Tinvitation qui ^n fut faite à Tauteur par M. Tessier. Ce dernier, s'étant transporté è Saint-Adrien, se procura une quantité considérable de cette plante qui^ après la dessiccation, donna un produit de cent trente livres pesant. La plante fut fanée sur le sable; ladessiccation ne dura que quatre tours; trois même auraient suffi, parce que Ja plante était beaucoup plus iietite et que le sable sur lequel elle était étendue a pu en hâter là dessiccation.
M. Pavie a observé dans l'isatis de Saint- Adrien la même disposition à fermenter
qu'il aTait remarquée dans les autres'espéces. voici la série des opérations exécutée^ avec l'isatis, comparativement aux différentes méthodes employées dans sa culture : quatre grandes cuves, ayant chacune trois mètres de profondeur sur deux mètres de diamètre dans le bas et un mètre soixante-sixcentimètres dans le haut, furent emplies d'eau chaude à soixante-quinze degrés du thermomètre de Réaumor; on a mis dans la première, n* 1, cent vingt livres d'isatis cultivé et récolté dans la commune de Luc (^Calvados ) d'après la méthode en usage oans ce département, et fermenté. Dans la seconde, n* 2, cent vingt livres d'isatis des roches d'Adrien non fermenté. Dans la troisième, n* 3, cent vingt livres d'isatis récolté dans la commune de Belleville-en-Caux, et provenant de la graine du département d« Calvados, mais préparé sans fermentation. Enfin dans la quatrième, n* 4, cent vingt livres d'isatis provenant de graine 'd'Alby, cultivé aussi sur la même terre et récolté sans fermentation. Après avoir ajouté k chacune de ces cuves six kilogrammes d'indigo broyé et amené à une consistance huileuse, sans autre ingrédient quelconque, elles furent bien palliées. On nomme paHler Ja cu^e, agiter avec un rable le bain et amener la pâtée ou le fond à la surface. Le lendemain, de grand matin, les numéros 2 et 3 se trouvèrent dans un état de fermentation satisfaisant. On reconnut cet état en heurtant oes cuves, c'est-à-dire en plongeant la palette du rable avec rapidité de la surface du baia à l'intérieur, jusqu'au pied de 4a cuve que Ton nomme pAtee. Toutes les bulles d air
3ui parurent alors à la surface du bain étaieni 'un bleu clair et ti'ès-vif : le pied était moelleux et donnais déjà, exposé au contact de l'air, une légère variation de nuance : les cuves avaient l'odeur fade de la plante.; mais après leur avoir donné un tranchoir (1) de chaux du poids de une livre et demie, pendant qu'on les palliait, cette odeur fade disparut sans qu'il se manifestât aucune autre odeur. La fleurée augmentait à vue dTœil, et offrait une couleur bien cuivrée, les veines bleues s'apercevaient bien distinctement à la surface du bain durant cinq minuies, loujours pendant le palliage; on donna à chacune des cuves encore un tranchoir de chaux, ce qui détermina une odeur ammoniacale qui piquait un peu au nez; les cuves furent laissées en cet état pendant quatre heures. Le n* k était dans un état de fermentation porté jusqu'à l'effervescence, ce qui arait provoqué une quantité de feuilles à se porter à la surface du bain, effet que Ton nomme, en termes de Tart, iemage. £n heurlani la cuve, le bain présenta les mêmes sjraipt6mes que les précédents; mais le pied de celle-ci, exposé au contact de Tair, donna une variation de couleur plus déterminée. Cette cuve absorba trois tranchoirs; la Qeu-
(I) G'ei^t une petite paleile de boi-i à reborJs doiil le« leinturicrs «e servent pour pi^uore U chaux.
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DES INVENTIONS
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ne se montra plus abondante, mais moins réunie et d*ttn bien plus terne ; les veines Krues à la surface du bain étaient plus k%^ et plus apparentes. Si Ton eût pl.ié c^lte cuve trois heures plus tôt« on larait éf ité celte vive effervescence qui a eu iieu par la qualité supérieure de l'isatis. La coTe D' 1 était'restée dans un état de stagna- Imo; en la heurtant, les bulles d'air qui parmiA à la surface du bain étaient d*un gris aie; ie pied était moins moelleux et ne Éjooail aucune variation de nuance par son nposilioD à l'air ; on lui donna un demi* kiooboir de chaux, et pendant le pailiage [fs6 montra un peu de fleurée d'un bleu tts-pâle et terne, et on ne put distinguer «cuoe apparence de veines bleues à la surke du nain. A neuf heures on pallia m seconde fois ; les bains des n*" 2, 3, 4 notèrent le plus bel aspect ; en heurtant icaves, il parut à la surface du bain des Jiesd'air qui étaient d'un bleu de roi très- » U fleurée était d'un bleu cuivré, bien lie^ayant beaucoup de relief, imitant la de grappes de raisins entassées iioes sur les autres. Le bain et le pied * de couleur jaune et olivAlre, qui par set de i'air se changea en une couleur Wbouteille foncé. Pendant le pailiage, les bleues parurent très-abondamment à Kce du bain, ces trois cuves avaient l'odeur piquante qu'elles avaient matée à la fin du second pailiage; les i et 3 reçurent pendant qu'on les iait, deux tranchoirs de chaux ; et le ^t qui était encore en état de semage, reçut trois, afin de modérer graduelle- ,ni Tétat de fermentation violente où elle p\ été trouvée au pailiage précédent, et
Eioat dans les deux premiers jours de leur et de travail, et qui doit être ensuite Méré graduellement à raison de leur rebidissement. En heurtant la cuve n* 1 •ar la pallier, il parut à la surface du bain a petites bulles d'air qui étaient d'un bleu a ciel très-p&le, ce qui annonçait que la inneolation s'établissait. Le bain et le pied H^Dlde couleur d'eau verdâtre, ne donnant
ÈiKUQe variation de nuance par leur exposit^ W*air. Pendant le pailiage, il se mani- Uuo peu de fleuree bleue, les veines v«Qes étaient presque imperceptibles ; la ttve ne donnait ni odeur fade de la plante, Codeur piquante d'ammoniaque; elle reçut ■i^traQcboir de chaux qui n'apporta aucun CD^agement dans l'odeur, et, pendant le Niage, cette cuve ne donna aucune appa- ^ce(f amélioration, ce qui prouvait qu'elle ^ resseotait encore de l'état de langueur ^OR l'avait trouvée au pailiage précédent. ^ iQidi on découvrit les quatre cuves pour l^pOQQaltre leur situation ; en examinant les BiiQs D*« 2,3, 4, ils parurentde couleur olive ^ooâtre bien nourrie ; les veines étaient ^^multipliées et recouvertes d'une pellitaio rougeAtre couleur gorge de pigeon. La
cuve n*4ne se ressentait plus de l'état de fermentation violente qu'elle avait éprouvé. Une goutte de bain de chacune de ces trois cuves fut déposée sur le revers de la main. Elle présenta une nuance de vert très-vif et bien corsé, qui vira d'abord en un vert foncé et ensuite en bleu noir. Cette couleur s'imprima sur l'épiderme d'une manière trèstenace ; les bains étaient clairs et limpides. Le bain du n"* 1 oui, au pailiage précèdent, était de couleur d'eau verdAtre, était changé en conleurjaune olive très-pAle. Une goutte de ce bain déposée sur le revers de la main présenta une nuance de vert pistache, et ne laissa aucune trace sur l'épiderme. Le baia n'était pas très-clair, on mit dans chacun de ces quatre cuves un échantillon d'étoffe de laine; ces échantillons restèrent déposés dans le bain pendant trente minutes, au bout duquel temps ils en furent retirés. Les écnaùtillons des n'* % 3, 4, avaient acquis une nuance de vert corsé et bien nourri, qui à l'air fonçait graduellement. Ils conservèrent une teinte de vert pendant vingt minutes, et présentèrent une couleur bleu de roi fonce, bien tranchée et très-brillante.
Les cuves étaient alors en état de travailler. En couséguence on abattit dans chacune d'elles une* mise composée de trois frocs de Bernav, du poids de 18 à 20 livres chacun. Ces étoffes y furent manipulées pendant trente minutes ; on les retira ensuite de la cuveenles tordant, afin de les éventer pour les faire déverdir. On abattit ensuite de nouveau ; on manipula pendant le même es« pace de temps que la première fois, puis on les retira; après avoir été bien déverdies, les pièces se soilt trouvées teintes en bleu très-foncé et brillant. Après ce travail on pallia lescuves, leurs bains qui étaient de couleur olive jaunAtrese trouvèrent d'une nuance vert foncé. Les pieds ou pAtées étaient toujours restés de couleur olive jaunAtre. Mais au contact de l'air, au lieu de virer vert bouteille foncé comme au pailiage précédent, elles virèrent au vert bleuâtre, ce qui est l'indice de la situation là plus convenable à ces sortes de cuves. L'odeur des cuves n* 2 et 3 était faiblement piquante ; après avoir donné à chacune d'elles un tranchoir de chaux, l'odeur ammoniacale piquant un peu au nez se rétablit aussitôt. L'odeur du n"* ^ était extrêmement affaiblie, elle était devenue très-douce et fade. Pour modérer la trop grande activité de la fermentation dans cette cuve, on lui administra deux tranchoirs de chaux, ce qui lui donna l'odeur piquante des ii*"2 et 3. La couleur de l'échantillon de la cuve u* 2 n'avait aucune qualité ; elle était d'un gris sale ; en la heurtant pour la pallier, les bulles d'air qui parurent à la surface du bain se trouvèrent d un bleu clair assez vif; le pied était plus moelleux et de couleur olive iaunAtre, exposée l'air il virait en couleur olive verdAtre et avait l'odeur fade de la plante. Tous ces indices annon-
Kient que la fermentation était établie. On J donna un tranchoir de chaux, la tlcu-
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rée acquit une couleur bleu foncé cuivré violet, sa forme était de qualité meilleure; eHe augmenta aussi un peu, les veines bleues narurent distinctement à la surface du bain» i*odeur fade disparut, sans cependant avoir r.ien de piquant. On lui donna encore un tranchoir de chaux» et Todeur ammoniacale piquant au nez se manifesta à Tinslant. A six heures du soir on teignit dans les cuves 2, 3, k, une pareille mise d'étoffes qui furent manipulées comme les précédentes, à l'excep* tion qu'on les tint en cuve à leur première entrée quarante-cinq minutes, et autant de temps à la deuxième entrée, qu'on nomme rejet. Ces étoffes se sont trouvées d'une nuance égale à celle des précédentes. On palliâtes cuves, eton donna à chacune d'elles un tranchoir de chaux.
L'auteur fait observer qu'on ne pourrait réitérer cette manœuvre sans exposer les cu« ves à une maladie qu'on nomme vert-brisé. Il est reconnu que les cuves du genre de celles-ci ne doivent travailler que trente minutes à l'entrée et autant ou rejet, et qu'il faut ensuite les pallier et leur laisser au moins trois heures de repos.
En heurtant la cuve n*" 1, pour la pallier, on remarqua les mêmes symptômes pour le bain et le pied qu'on avait aperçus aux n*"' S et 3, au palliage fait à neui heures du malin, excepté que l'odeur piquante qui avait disparu de ces deux cuves s était conservée dans celle-ci; aussi ne lui donna-t-on qu'un tranchoir de chaux. Le lendemain de bonne heure on abattit» dans chacune des quatre cuves, une pareille mise d'étoffes qui ont été manipulées le même espace de temps et lie la même manière. Ces étoffes en sont -sorties ayant une couleur bleu de roi. Les pièces teintes dans la cuve n"" 1 n'étaient pas ;pius foncées^ quoique ce fût la première mise et que les autres en eussent déjà teint deux précédemment. L'auteur ajoute que pendant tes quatre jours suivants du travail de ces cuves, et trois autres semaines durant lesquelles elles ont été réchauffées trois fois, le n*l a toujours présenté un déficit très-sensible darrsson produit. Au quatrième réchaud on lui donna vingt-cinq livres d'isatis ordinaire d'Alby, avec lequel on avait monté la <!uve n*" k; après cette addition, elle donna absolument le même produit que les trois autres cuves.
D'après ces expériences, l'auteur pense que la manière dont on récolte la vouède dans le département du Calvados est trèspréjudiciable aux teinturiers ; il assure que les cuves montées avec le pastel fermenté ne durent qu'un an ou dix-huit mois au plus, tandis que celles montées avec l'isatis non fermenté peuvent durer des siècles; il dit avoir conservé ces dernières pendant vingtcinq années consécutives. La quantité et la qualité de l'indigo pour monter ces cuves sont subordonnées h la quantité et à la qualité des marchandises que l'on a à teindre : l>ar exemple, pour les cuves où l'on aurait mis six kilogrammes d'indigo on aurait pu en mettre jusqu'à sept kilog. et demi ; une
plus grande quantité nuirait aux intérêts des teinturiers. Il n'en est pas de même pour la chaux : on ne peut en déterminer la quantité en raison de celle de l'indigo, ni même de la quantité d'isatis qu'on emploie ; la quantité de chaux est subordonnée au degré de fermentation qui s'établit. Ce degré de fermentation dépend de la quantité des matières qui la produisent: il dépend encore de l'état de l'atmosphère, du plus ou moins de chaleur du bain, du refroidissement plus ou moins prompt, de la quantité et de la qualité des étoffes que Ton teint.
L'odorat paraîtrait être le seul guide auquel il faudrait s'en rapporter pour gouverner les cuves de bleu à chaud; mais la moindre indisposition dans cet organe pouvant induire dans des erreurs capitales et exposer le teinturier à de grandes pertes, l'auteur indique un moyeu de reconnaître, au simple coupd'iBiU le véritable état d*une cuve, et par conséquent de quelle manière oo doit la nourrir, c'e$t*à-dire lui donner la quantité de chaux convenable. Lorsqu'une cuve dans les premiers jours de réchaud présente à l'œil un bain de couleur olive jaunâtre ; que les veines bleues qui sont à la surface sont très-mullipliées, prolongées et réunies entre elles, recouvertes d'une pellicule rou-
Î;eAtre gorge de pigeon ; qu'en soufflant sur e bain, les veines se rompent et se partagent à cet endroit ; qu'elles se réunissent avec la même rapidité qu'elles ont été séparées, qu'elles forment à l'endroit de leur réunion un point bleu sous forme de noeud ; que la fleurée est bien réunie, d'une couleur bleu cuivré violet ; qu'elle imite la forme de plusieurs grappes de raisins entassées les unes sur les autres ; qu'en clapotant le bain avec un petit bâton, les cloches qui paraissent à la surface restent un moment sans s'affaiâser ; qu'une goutte du bain déposée sur le revers de la maiji paraît à l'instant d*un vert vif, virant d'abord en vert très-foncé, puis en bleu noir, et qu*uiie nuance de ce bleu reste imprimée sur i'épiderme ; entin que le bain est clair et limpide ; que le pied de couleur olive jaunâtre exposé à l'air devient vert bleuAlre : alors on est assuré que la cuve est dans le meilleur état possible, et il faut dans ce cas la nourrir avec modération. Si au contraire on n'aperçoit pas la pellicule rouge gorge de pigeon ; que les veines soient plus abondantes et plus larges en certains endroits que dans d'autres, et qu'en soufihnt dessas elles ne se réunissent que très-lentemisnt ou même qu'elles ne se réunissent point ; que la fleurée ne soit pas bien réunie et qu'elle soit plus abaissée; qu'en clapotant le baiti avec un petit bâton, les cloches qui se lc«rment s'affaissent très-rapidement; qu**ine goutte du bain déposée sur le revers de ra main paraisse d'un vert olive jaunâtre» virani d'abord au vert bouteille, puis au bleu ; et que l'épidermeslmprime faiblement de cette couleur; enfin que le pied exposé À Tatr devienne vert bouteille, c'est une preiiTt: que la cuve est très-douce, et qu'elle a ^auu
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DES INVENTIONS