‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 108 sur 209 · OU · texte numérisé non relu

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surface du bain, malgré le poids de douze livres qui tend à le contenir au fond, la personne qui surveille ce mouvement s'en saisit et le tire promptement hors de la cuve. Par ce moyen on perd beaucoup du bain qui est chargé d'une assez grande quantité de substance colorante. Le motif qui détermine è suivre cette pratique, c'est

Sju'on se persuade que le sac descendu au ond de la cuve a dû s'emparer de la surabondance de chaux qu'elle contenait. On appuie celte opinion sur ce qu'on aperçoit une liqueur blanchAtre qui s'échappe du sac lorsquon le retire du. bain, et sur ce qu'il exhale une odeur forte et désagréable. On pense aussi que si l'on ne saisissait pas h; sac à l'instant où il monte & la surfiice, il restituerait, en redescendant, toute la chau2 dont on croit qu'il a dû se charger.

M. Pavie ne partage point cette opinion ; et pour se rendre compte des effets de cette operalion, il fait les remarques suivantes sur une cuve entièrement rebutée. Au bout de neuf heures quinze minutes, le sac de son a monté à la surface du bain où il a surnagé sept minutes ; quarante-cinq minutes après il s'est élevé de nouveau, et n'a surnagé que quatre minutes; en redescendant la seconde fois , il Gt monter à la surface du bain des bulles d'air qui étaient de couleur bleu céleste assez vif y ce qui annonçait qu*il avait Eroduit un bon effet, et que la cuve avait esoin non-seulement d'être palliée, mais même de nourriture; l'auteur n'en donna pas, aGn d'examiner avec plus de soin l'effet ^ue le son produirait. 11 abandonna le sac jusqu'au lendemain cinq heures du matin : on Je trouva alors à la surface du bain où il avait entraîné avec lui une grande quantité de pAtée; s'il y eût resté quelques minutes du* plus, la cuve aurait été complètement décomposée ou coulée. D'après cette expérience, il est facile d'apprécier l'effet que produit le sac de son dans une cuve entièrement rebutée. Le son , susceptible de fermentation , devient , à l'aide de la chaleur, un principe de fermentation pour l'isatis; de cette fermentation combinée, ou peut-ètro de la fermentation du son seul, résulte la formation de l'acide acétique. La chaux excédante, neutralisée par cet acide, ne s'oppose plus à la fermentation, qui se rétablit alors avec activité et détermine dans la masse de liqueur un mouvement suffisant pour porter le sac de bas en haut, et le soutenir pendant quelques minutes à la surface. L'ocieur putride du sac , après la fermentation du son , est la même que celle des eaux acides des amidonniers , et s'explique par les mêmes principes. Le degré de fermentation déterminé par l'effet du sac est quelquefois si violent, que, si on ne le modérait pas par l'action de la chaux , la fermentation changerait bientôt de nature, et deviendrait une véritable fermentation putride qui entraînerait la perte totale de la' cuve. Les symptômes auxquels on reconnaît une cuve rebutée pendant qu'elle travaille , c'est-à-dire après quelques jours de. réchaud» diffèrent entr*)

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eux. Le bain et le pied se présentent sous (les formes diverses. Dans un cas, le bain et la pAtée paraissent d'une couleur olive vert brunâtre, et dans Tautre d'une couleur olive jaune rougefttre. Les veines , dans l'un et l'autre cas« sont très-minces ; en souflDIant dessus pour les diviser , elles ne se réunissent point ou très-lentement. Ce bain, placé entre l'œil et la lumière , ne donne qu'une très-légère nuance d'oNve clair et terne. Le pied , exposé à l'air, varie très-peu ; le toucher du bain et du pied sont rudes, l'odeur est Acre, d'oil l'on doit conclure que la fermentation n'a pas lieu. Les circonstances obligent quelquefois de travailler sur ces cuves. Outre qu'on n'obtient que des bleus ternes et peu tranchés, on aggrave le mal en ajoutant a la maladie des cuves rebutées celle du vert brisé : à chaque opération, les cuves déclinent tellement^ qu'en moins de vingt-quatre heures elles ne produisent plus aucune nuance de couleur. La cuve coulée ou décomposée , après quelques jours de réchaud, est très-facile & reconnaître par son odeur putride ; elle arrive par degrés à l'état de décomposition, et l'on s'en aperçoit lors-

3ue le bain et le pied paraissent de couleur 'argile rougeAtre et qu'exposés à l'air ils virent au vert jaunAtre. Le bain est doux au toucher et le pied mollasse ; les veines sont très-larges ; en soufflant dessus, elles se divisent et se réunissent très-lentement; l'odeur est douce et fade. Il est alors indispensable de réchauffer la cuve et de lui administrer deux tranchoirs de chaux. Si, au lieu de la réchauffer, on la fait travailler, cette cuve fait des nuances plus foncées et plus brillantes qu'avant , mais moins solides ; ce

Îiui fait présumer que par une fermentation orcée la cuve tiendrait en suspension une plus grande quantité d'indigo. Si on la fait travailler , on la trouve quelques heures après totalement décomposée, et en très-peu de temps en putréfaction complète, exhalant une odeur fétide très-désagréable; ce qui a fait croire au'il fallait s'empresser de jeter ce bain. A la vérité , en examinant soigneusement le pied et le bain de ces cuves, quelle que soit la quantité d*indigo qu'elles contiennent , il est impossible d'en reconnaître un atome. Cependant, en les traitant comme il est dit ci-dessus, on n'en perd pas la moindre partie.

L'auteur assure qne la méthode qu'il recommande lui a toujours parfaitement réussi. Il observe néanmoins que lorsqu'on administre la chaux à une cuve en état de décomposition, il ne faut pas passer trop rapidement d'une extrémité à I autre. Il est incontestable que l'état de putréfaction commencée où s'est trouvée cette cuve a enlevé en apparence, pour.l'instant, la substance colorante de l'indigo; il est de même reconnu que l'excès de chaux dans une cuve,arrètant la fermentation, ne ferait qu'accumuler les accidents. M. Pavie a vu dans quelques ateliers des cuves ainsi gouvernées qui étaient restées plusieurs mois en stagnation. C'est dans ces cas extraordinaires que les réactifs

sont indispensables, mais ils exposent k de grands inconvénients, donnant une odeur compliquée tout k fait étrangère k Todear de la cuve. Le vert brisé est une maladie peu connue des teinturiers ; elle est provoquée par plusieurs causes : soit en employant du pastel

3ui a trop fermenté dans sa préparation, ou u pastel de seconde coupe récolté avec fermentation; soit en faisant travailler tro{) longtemps et trop souvent une cuve qui n'était pas en état ; soit en la laissant manquer de nourriture , ou lui en donnant ensuite trop abondamment. Tous ces moyens tendent a troubler le mouvement de fermentation convenable à ces sortes de cuves. On reconnaît cet état aux sjrmntômes suivants : lorsque le bain et le pied de couleur olive vert rembruni, étant exposés à Tair, ne varient pas de nuance ; qu'il y a très-peu ou point de fleurée; que les veines sont presque imperceptibles; que le toucher n'est ni rude ni doux; qu'il n'y a point d*odeur déterminée ; qu'en heurtant la cuve les bulles d'air sont de couleur grisâtre, et que les marchandises que l'on teint sortent de nuance bleue grisâtre très-terne : alors il faut réchauffer la cuve , sans lui donner de chaux; on peut seulement lui donner quelques livres d'isatis récolté sans ferment.'^tion, et en moins de douze heures la fermentation est complètement rétablie. D'après ce qui vient d'être dit, il est facile de se convaincre

3ue la fermentation à un degré quelconque oit être entretenue; que la moindre inler^ ruption, occasionnée par quelque cause que ce soit , met la cuve en danger. Pour prévenir tous ces accidents , il est un mojen bien simple , celui de faire usage du pastel récolté sans fermentation. Voici les avantages de cette pratique : une cuve est en œuvre plus promptement; on peut y teindre la laine comme la soie, le fil de lin comme )e coton, et elle dure tant qu'on reut. Avecle pastel fermenté la cuve ne dure qu'un an à dix-huit moisau plus, au bout duquel temps il fautjeter le bain etiepied. Il est d'ailleurs plus

facile de modérer par l'addition de l'alcali la fermentation dans une substance fermentesci* blé, que de la provoquer dans une substance qui est moins susce()tible de fermentation. Il est bien plus rare de rencontrer des cuves tout à fait rebutées , l'odeur en est toujours plus déterminée, et si l'on s'aperçoit qu'elle ait quelque chose de dur ou d'acre, trois ou six tieures au plus de diète suffisent

f>our la rétablir, et même sans interrompre e travail. Si , par un cas extraordinaire , la cuve se trouve tout h fait rebutée au premier réchaud , il faut lui donner depuis quinze jusqu'à vingt-cinq livres d'isatis non fermenté; ce qui rétablît promptement le mouvement fermentatif. 11 en est de même pour les cuves coulées ou décomposées, et pour le vert brisé. Le point principal est de rétablir la fermentation et ensuite de U modérer convenablement (1).

(I) Société d'encouragement, 181 1. t. X, pages M el i59. — Dictionnaire du découterte^.

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