‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 12 sur 209 · TYPOGRAPHIA · texte numérisé non relu

TYPOGRAPHIA

ARS ARTIUM OUNlUIf CONSERVATRIXy

NUNG PRIBfUM INVENTA,

CIRCA ANNUM ikkO.

On conserve, dit-on, soigneusement, dans la ville de Harlem, le premier livre fait nar cet artiste, et qui porte pour titre : Spéculum humanœ sahattonis; mais ni l'inscription, gravée longtemps après la mort de Coster, ni son premier livre, qui est sans date et sans authenticité, ne sont point des litres capables de faire regarder le citoyen de Harlem comme le premier imprimeur. Revenons aux vrais inventeurs de rim|:)rimerie.

Les frais des impressions de la Bible et du Catholicon furent si considérables, qu*ils gênèrent et divisèrent les associés. Guttemberg rompit et abandonna dès lors la société. La séparation eut lieu vers la fin de l'année 1^55.

Quelques années après , la ville de Mayence, exposée aux feux de la Kuerre, ne trouva point dans Adolphe de Nassau un vainqueur aussi généreux que Dém^trius, qui épargna l'ancienne Rhodes dans la crainte d'endommager l'atelier de Protogène. Mayence, malgré Tart déjà célèbre de Fust et de Schœffer, fut livrée au pillage en. 1462.

Ces imprimeurs et leurs ouvriers se dis-

[ versèrent alors dans différents cantons de 'Europe, et y [lortërent le secret de Timpri-

merie. (Tvsî à eette époque et à cette occasion sans doute que plusieurs villes, telles que Strasbourg, Harlem, Dordreeht, Rome, Bologne, Venise, Feltri, Augsbourg, Nuremberg, Russembourg, Bâle, Lubeck, prétendirent enlever et disputer à Mayence l'honneur de Tinventiou de l'imprimerie.

Mais cette dernière ville a des titres trop authentiques, comme on vient de le prouver, pour qu'on puisse lui disputer l'avan^ tage d'avoir vu ce bel art prendre naissance et s'élever dans son sein.

On dit que Fust, entre autres, profitant du m;^stère qui enveloppait encore la nouvelle invention, apporta vers 1466, k Paris, quantité d'exemplaires de la Bible imprimée a Mayence en 1&62. 11 en vendit plusieurs à haut prix et d'autres à meilleur marché, ce qui le fit accuser de mauvaise foi par les acquéreurs, qui croyaient tous avoir acheté un manuscrit. Ces acquéreurs se rapprochèrent, bien étonnés de voir tant de conformité dans leurs exemplaires; ils obtinrent un ordre de la cour pour exercer des poursuites contre Fust, qui lut obligé de se sauver, ou qui mourut, selon l'opinion la plus commune, de la peste qui enleva quarante mille personnes clans cette* capitale, aux mois d'août et septembre de l'année 1466.

G ut temberg revint à Mayence, où il décéda vers le mois de février 1468. .On voyait encore, en 1640, son épitaphe dans l'église des Franciscains.

Quant à Schœffer, qui inventa les poinçons et qui assura par là les progrès de rim^ primerie , on ne sait point sûrement où il termina ses jours. Il est probable qu'il demeura à Mayence, où il concourut à l'impression de divers ouvrages importants jusqu'à sa mort, que l'abbé de Saint-Léger croit être arrivée au plus tôt vers Tannée 1495 : du moins le nom de Pierre Schœffer deGernsheim se trouve à la fin du Miaole MogufUinum de 1493, in-fol., et à la fin d'un autre livre allemand imprimé à Mayence en 1495.

M. Murman et l'abbé d^e Saint -Léger disent qu'on a découvert de'ux exemplaires des lettres d'induit du Pape Nicolas V , pour ceux qui voudraient secourir le roi de Chypre contre les Turcs, datées de 1454, et imprimées en même temps sur vélin avec un caractère gothique, mais inconnu.et trèsvisiblement fondu.

Au reste, une des premières éditions où le secret de l'imprimerie se trouve dévoilé est lePsalmorum Codex f publié en août 1457, où il y a en latin ces mots remarquables, dont voici la traduction :

Ce livte a été imprimé en caractèree â^unt tnvention industrieuse sans aucun secoure de la plumCf par Jean Fusty citoyen de Mayence et Pierre Schaffer de Gernsheim, t*an de grâce 1457.

Ce Psautier est un petit in-folio doul les exemplaires sont très-rares; on n'en connaît que SIX iusqu*à présent

Parmi ces premières éditions de Fust et de Schœffer, précieuses par leur ancieuiielé»

DES «TEiniONa

d leur rareté, on doit encore citer un Psao* tier litio du 29 août 1459, dont parle M. de Boze dans le tome XIV de VHûtoire de FA* tÊiêmt du inscripiiom.

Le DmratmRaitanaleditinorum ofnctorum^ Li^oK, du 6 octobre 1459;

Les CUmaUiâ Y F. M. cwutiiutionet, in- 161., du 25 juin 1460;

Le Catkolicon Jommis Jamuensiê^ in-fol., lUO. Dieikeri eleeiorU ei archiepûcopi Mo^ fwtm icriptum pubticum in coûta sua adurtuê Adûipkum eomitem Noêsovium,

(Qiristophe Leemau parle de ce dernier écrit eomme imprimé en 1462; c'était rraiseaiblablemeot un simple mémoire dont on oe eonnatt point d'exemplaires.)

Lk Biblia laiima^ seconde édition en 2 yoL io-R, iï&i

BiUorumGermanicarum editioMoguniina^ in-foi., 1462.

Cette prétendue édition de la Bible ailemode par Jean Fust en 1462, suivant Prosper Marchand, ne doit Traisemblablement soo enstenee, selon Fopinion de l'abbé de Saim-Léger, qu'à une souscription écrite après coup dans Feiemplaire de Bengelius, <nii en a parié le premier. Au reste, cette editioa peut être .de Tannée 1466, comme aat aolre qui se trouve dans Tabbaje de Minigea en lanière.

Mêmfu€ TÊII^ Sextus Decreialium liber ^ iù4oL, par Fust et Schœffer, le 17 décembre 1465;

Citeremi Offeia ei Paradoxa^ in-fol., 1465. fVosper Marcnand associe à ces éditions, datées et accompagnées des noms de Fust et Sdttdier, quatre autres éditions destituées de ces noms et sans date, mais reconnues, dit-U^ pour être indubitablement de leur impression, tant par la ressemblance de leurs caractères avec ceux des précédentes qoe par les marques du papier sur lequel des se trouvent imprimées.

Ces quatre éditions sont :

1* Lwer ReguUt pasioralis sancii Gregorii pup9^ ad Jokannem archiepiscopum Ravennen- K«, in-4*.

^ Magisiri Haithœi de Cracovia Dialogue raiiemis ei cameeieniiœ an expédiai vel debeai fui rarovei frequenier eelebrare^ Tel communicare : Hem Magisiri Benriei de Hassia Ex^ p9iiiio super araiianem dominieamf super ire Jfarûi, ei Spéculum animœ.

^ fmeeniUBàmeensis^frairis ardinis Prêt- Heaiantm^ spéculum hisioriale, iu-fol.

4* Liber Sermanum sancii Leonis primi^ papm, éoeiaris floridissimi ae eloqueniissimi iaeipii feiiciierf in-fol.

luis l'abbé de Saint-Léger observe IrèsjQdideiiseiDent que la marque du papier ou estampille est la marque du fabricant de papier, et non celle de Timprimeur. Aussi cnsl»4-il plusieurs livres imprimés chez d'antres imprimeurs sur du papier gui porte la ■ème marque que celui des éditions de Fust et de Sdiœffer, témoin le saint Augustin ée Sinfulariiaie Clenearum, in- 4% imi^imé en 1467, par Uiric Zell.

La ressemblance des caractères des quatre

éditions dodt il est, ici question avec ceux de Fust et de Scbœffer est encore une cbi* mèret puisque les uns ne ressemblent point aux autres, comme le prouve trés-biea rournier.

A regard du premier de ces quatre ouvrages, qui est le Liber reguiet pasioralis sancii^ Gregorii^ le même Fouroier déclare que c'est un in-6* et non pas un in-4% imprimé avec des caractères mobiles de bois, uu'on ne peut attribuer à Fust, dont on n*a d'ailleurs aucun livre in-8*.

5* Augmiini de verœ viiœ cogniiione Libel* luSf in-4% avec les armes de Fust et Scbœr* fer.

Ces impressions sont d'un caractère si semblable à l'écriture de ce temps-là qu'il était fort aisé de s*y tromper. C'est une espèce de demi -gothique, que les premiers élèves de Fust et de Scbœffer portèrent dans la plupart des endroits où ils établirent Tiaiprimerie, mais auquel on substitua bientôt le romain et le gothique, deux autres espèces de caractères, savoir : en 1469, le beau romain, ainsi nommé parce qu'il fut d'atx)rd employé à Rome, quoique ces caractères romains ne soient pas oun si^ bel œil que ceux des artistes vénitiens. C'est aussi la raison qui a fait nommer vénitiens les caractères romains dont la forme plus agréable se rapproche davantage de ceux de Jean et Veudelin, de Spire, de ceux surtout de Jenson.

En 1471, le gothique introduit par les premiers imprimeurs de Strasbourg, se répaudit avec leurs outrages, et n'a que trop longtemps déshonoré les plus belles imprimeries.

Trente ans après. Aide Manuce inventa l'italique ou le cursif, qui a été assez en vogue dans le xvi* siècle, mais qu'on abandonna bientôt, paroé que sa maigreur fatiguait la vue, et dont on oe se sert encore aujourd'hui que pour des citations de médiocre étendue; car, lorsqu'elles sont longues, on préfère le romain précédé à chaque ligne de guillemets (ou doubles virgules), ainsi nommés du nom de celui qui &<eu est le premier servi.

Après la mort de Fust, qui décéda à Paris, selon l'opinion la plus probable, dans l'année 1466, Scbœffer continua d'imprimer à Ma/ence jusqu'en 1493, ainsi qu'il a été dit ci-dessus.

On a de ce dernier imprimeur seul : C/e* meniis quinii Opus consiiiuiiomum clarissi-mum, in-folio, 8 octobre 1467.

Psalmorum Codex cum propheiarum Can^ iicisnoiis illusiraius, in-folio, 1490.

C*est la plus ancieune impression uui soit notée.

Jean Mejdenbach , associé de Jean Guttemberg, ne mit son nom à aucun livre; mais on trouve celui de Jacques Mejrdenbach, son fils ou son parent, a un ouvrage considérable imprimé sous ce titre : Horiut saniiaiiSf id esi Liber de herbis, animalibus^ avibuSf piscibuSf ei cum eorum figuris în ligno incisis. A Uayence, 23 juin 1481.

IMP

IMCTIONNAUIE

Page 1