‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 116 sur 209 · I. Oaealier , qui s'empressa de tinstruire · texte numérisé non relu

I. Oaealier , qui s'empressa de tinstruire

itam'il avait appris. M. Daguerre se mon-

tnféord incrédule; puis^ sur les détails

pmiifs de F opticien , il le pria instanunent

ékiproemrer te nom et la demeure de tam^

tmriume aussi curieuse invention. M. Vin^

test Chevalier accéda au désir de M. Daguerre^

ft quelques jours après mon pire reçut une

Idtn signée par le directeur élu Diorama (1).

3iiepce accueillit assez mal les ouvertures

de M. Dagoerra« car les profinciaux de la

bonne roche nourrissent à l'endroit des Pa-

mieoseertainesdéfiances instinctives : « Bon,

icnis B*eit pas eiqMwé à élre endonmagé par aoiie ^CMiact iawédiaiéc la gravoiB, comme dans TitiK procédé, looonvéBÎeai qu'il B>st ms aisé ^éviter par un lemps cband, le Ternis fAun même tretiee. liaia cet inoonvéoieat ae Iroove bien eompmé psf ravanlan 00*0111 les épreoves sur araeot pb^ et léaisier a ractioa do lavage, Uodb qa*il otnre qœ celle opéniion oe détériore pas phis M Mîas les épreuves sor verre, sobstaoee qoi offre Min dVdhéreiace ao vernis, à raison de 84 nalore uéesaopoli plaaparfûi. Il s^amsail donc, pcior nmééet à cetie défecinoslié , Se dooner plos de Mrbat aa vernis, ci je crois j élre panreno, ao- IM Al OKNns qoll m*esi permis d*en jofer d*après éei npéricaees Irop récentes et trop peo nombreott. Ge Ternis eoosisle dans ooe êoindon de hitmme éi héie dens Vkmte emmeU de Dipfel^ qo*on bisse cnporcr à la lempéraUire alroospberiqoet ao dqgré et fowiitioce reqoise. Il est plos ooctoeoi, plos imacc et plos co oié qoe Taoïre, et Ton peot, après fp'd séie appUoné, le soomettre loot de soiie aox (■pttSMons do flaide lomineoi qoi parait le so'idi* ^phu promptemeot, parte qoe b grande Tobtilllé ée rhoife aaimale f^it qo*ii sèche beaocoop plos «ne.

i\) Bislorique de la déconserle impropremem nouH ^ Ihguerréoiffpe , par bidore Ni^oe Ob., page

disait-il , voilk un do ces Parisiens oui vent me tirer les vers du nez 1 * Il se détermina néanmoins à répondre à M. Daguerre* mais il le fit avec toute la prudence d'un homme qui craint de compromettre son se* cret (1). Le peintre du Diorama désirait ardemment avoir entre les mains un dessin exécuté par les procédés de Niepee. Ce dernier, après avoir longtemps éludé cette demande , se dédda enfin à adresser à M. Da« guerre une de ses planches photographiques avec la gravure qu'elle avait fournie. Il accompagna cet envoi de la lettre suivante :

€ Chàlons-sor-Sadne , le 4 joui Ifâ7.

« MOHSIEUR,

o Vous recevrez presque en même temps que ma lettre une caisse contenant une

Elanche d'étain gravée d'après mes procédés éliographiques , et une épreuve de cette même plancne, très-défectueuse et heaucoup trop faible. Tous jugerez par là que j'ai besoin de toute votre indulgence , et que si je me suis décidé à vous adresser cet envoi , c'est uniquement pour répondre an désir que vous avez bien voulu me témoigner. Je crois, malgré cela, que ce genre d'application n'est point à dédaigner , puisque j'ai pu , quoique étranger à l'art du dessin et de la gravure, obtenir un semblable résultat. Je vous prie, monsieur, de me dire ce que vous en pensez. Ce résultat n*est pas mêmi) récent , il date du printemps passé ; depuis lors j'ai été détourné de mes recherches par d'autre occupations. Je vais les reprendre aujourd'hui, que la campagne est dans tout l'éclat de sa parure, et me livrer exclusivement à la copie des points de vue d'après

(i) Voici ce qoe ce Niepee écrivait à M. Lematire le iférrier I8i7 : c Connaissez-voos, Monsieor, on des invenleors do Diorama^ M. Dagoerret Voici poorqooi je voos Hils celte qoestioii. Ge monsieor ayant été informé, je ne sais comment, de Tobjet de mes recberebes , m'écrivit Tao passé, daos lo eooraut de jaovier, poor oie faire savoir qoe , depois fort kHiglemps, il s*occopait do même objet, et poor me demander si j*avais été pins beoreox

aoe loi dans les résoluts. Cependant, à Fen croire, en aorait d^à obleou de ires-élonnanu ; et nialgié eda il me priait de loi dire d^abord si je croyais b ebose possible* Je ne voos dissimolerai jias »- ■onsieor, qo*one pareille incohérence d*idées eot lieo de me sorprendre , poor ne rien dire do pins. J'en fos d'aotant plos discret et réservé dans mes expressions ; looleiois je loi écrivis d'one manière asses honnête , assez obligeante, poor provoquer de sa part one noovelle réponse. Je ne la reçois qo'anjoordliol, c'esl-ànlire après on ialervalle de plos d*on an, et il me Tadresse oniqoemeot poor savoir où j*eo suis* et poor me prier de loi fetre fesser urne épreuse^ hiem qu'il deuie ^'it saU possikU d'aire emiièreuÊeni uaisfait des esshres par

es précédé de greeure; ce qtd le feit tauer des r«cherches dams urne mette eppliceiiem^ ieneml phuM à Im perfeelMou qu'à le multipUâié. Je vais le laisser daos a voie de fai perfeaien^ et, par one répoosd laconiqoct couper coort à des relatioos doot la oio^ tipUcUé, comme voos poovez bien le penser, poorrait me devenir égalemeot désagréable et fatigante. VeoiUez me maoder si voos connaissex persooueilement M. Dagaerre et qoelle opinion voos avei dehn. »

PIIO

UfCTIONNAlRE

rao

nature. C'est sans doute ce que cet objet peut offrir de plus intéressant; mais je no me dissimule point non plus les difficultés qu'il présente au travail delà gravure. L'entreprise est donc bien au-dessus de mes forces; aussi toute mon ambition se borne-t* elle à pouvoir démontrer par des résultats plus ou moins satisfaisants la possibilité d'une réussite complète, si une main habile et exercée aux procédés de Vaqua-tinta coopérait par lu suite à ce travail. Vous me demanderez probablement, monsieur, pour* quoi je grave sur étain au Heu de sraver sur cuivre* Je me suis bien servi également de ce dernier métal , mais pour mes premiers essais j'ai dû préférer Tétain , dont je m'étais d'ailleurs procuré quelques planches, destinées à mes expériences dans la chambre noire i la blancheur éclatante de ce métal le rendant bien plus propre à réfléchir Timage des objets représentés.

« Je pense , monsieur , que vous aurez donné suite à vos premiers essais; vous étiez en trop bon chemin pour en rester là. Nous occupant du même objet, nous devons trouver un égal intérêt dans la réciprocité de nos efforts pour atteindre le but. J'apprendrai donc avec bien de la satisfaction que la nouvelle expérience que vous avez faite à Taide de votre chambre noire perfectionnée a eu un succès conforme à votre attente. Dans ce cas, monsieur » et s'il n'y a pas d'indiscrétion de ma part, je serais aussi désireux d'en connattre le résultat que ie serais flatté de pouvoir. vous offrir celui ae mes recherches du même genre. »

En adressant à H. Daguerre un échantillon de ses produits , Niepce manifestait le désir assez naturel de connaître le résultat des travaux de son correspondant sur le même sujet ; mais rien ne lui fut envoyé. ]>eux mois après, il fut obligé de se rendre en Angleterre , et, à son passade à Paris ,il vit M. Daguerre pour la première fois. On s'entretint longtemps de l'intéressante découverte,.mais M. Daguerre ne montra rien qui parût se rattacher à des essais photographiques.

Arrivera Londres, Niepce présenta à quelques-uns des membres de la Société royale divers échantillons de ses produits, et, sur leur invitation, il écrivit à ce sujet un Mémoire qui fut adressé à la Société royale, le 8 décembre 1827. H. Bauer , qui nous a révélé ce fait, afflrme que Us spécimens apportés par M. Niepce , et exposés en Angleterre en 1827, et dont quelques-uns sont en-^ cors entre ses mains 9 étaient tout aussi par^ faits aue les produits de M. Daguerre^ décrits dans les papiers français de 1839 (1). Cependant , comme l'inventeur se refusa à rendre SCS procédés publics, le Mémoire et les échantillons lui furent rendus, et la Société royale ne s'occupa plus de cet objet.

A son retour de Londres, Niepce se pré- Ci) Lelire adressée U ^1 février 183U au rédac^ leur de la Gaiêiie de littérature de Londres , par M* t\ Duuer, membre de la Société royale.

senta do nouveau chez M. Diguerrc , m il n'emporta que le regret de no rien ave acquis sur ses travaux. Cependant la corre fioudance ne fut pas interrompue entre eu M. Daguerre assurait avoir iiécouvert, de» côté, un procédé pour la fixation des iinag de la chambre obscure » procédé /oui di^ rent de celui de M. Niepce et qui avait mit sur lui un degré de supériorité. Il park aussi d'un perfectionnement qu'il avait a porté à la construction de la cnambre noir Séduit par cette assurance et estimant qi ses procédés en étaient parvenus h un poi tel qu'il lui serait difficile , en restant lin à ses seules ressources , de les faire beat coup avancer, Niepce proposa à M. Baguer de s'associera lui pour s'occuper en commt des perfectionnements que réclamait se invention. Un traité fut conclu entre eux Châlons le 4 décembre 1829 , et après la s gnature de l'acte , Niepce communiqua M. Daguerre tous le$ faits relatifs à ses pir cédés photographiques (1). Une fois iuiii

(1) TRAITÉ D'aSSOCUTIO!! ENTRE IIIEPCE ET DACCUU

M. Niepce, désiranl (lier par nn moyen nooiov sans avoir recours à un dessinateur, les vues iiu«Ai la nature, a fait des recherches à ce sujet : de m breux essais constatant celle découverte en ont è le résultat. Cette découverte consiste dans la repn duciion spontanée des images reçues dans h cbambi noire.

M. Daguerre, auquel il a fait part de sa àéc^ verte, en ayant apprécié tout Fintérél, d*auu mieux qu'elle est susceptible d*un grand perfeciMi nement, offre à M. Niepce de s'adjoindre à lui pm parvenir à ce perfectionnement, et de s'assodi pour retirer tous les avantages possibles de ce iio^ veau genre d'industrie.

Cet exposé fait, les sieurs comparants ont arri entre eux de la manière suivante les statuts prov soires et fondamentaui de leur association. '

An. 1«'. 11 y aura, entre MM. Kîepce et Oagiiem société sous la raison de commerce aiepce-Dagum pour coopérer au perfectionnement de ladite «M couverte, inventée par M. Niepce , et perfeciium*^ par M. Daguerre. J

An. 2. La durée de cette société sera de dix li nées à partir du 44 décembre courant, et elle i pourra être dissoute avant ce terme sans le cm tement mutuel des parties intéressées. En cas décès de l'un des deux associés, celui-ci sera m placé dans ladite société, pendant ie reste des années qui ne seraient pas expirées, par celni «1 le remplace naturellement. Et encore, en cas< décès de l'un des deux associés, ladite découverie r pourra jamais être publiée que sous les deux no« désignés dans l'article précédent.

Art. 5. Après la signature du présent traitai M. Niepce devra confler à M. Daguerre, sous ie sc^j du secret, qui devra être conservé à peine de m dépens, dommages-intérêts, le principe suricqsi repose sa découverte, et lui fournir les docameal les plus exacts et les plus circonstanciés sur la n* lure, l'emploi et les différents modes d'applicaiio^ des procédés qui s'y rattachent, afin de meure H là plus d'ensemble et de célérité dans les rediercM et les expériences dirisées vers le but du perfec nement et de l'utilité de la découverie.

Art. 4. M. Daguerre s'engage, sous lessusdiu peines, à garder le plus grand secret, tant sur principe Tondamentat de la découverie que sur nature, l'emploi et les applications des procédc^i lui seront cuuanuniqiics, et à coo^nirer autant V^

PHO

DES INTENTIOXS.

rao

I secret (le la découTerte deNiepce , M. Dalerre s'appliqua sans reiftche à la perfecoooer. Il remplaça le bitume de Judée par rfsioe que l'on obtient en distillant Tes- •ort^delaraDde, matière qui jouit d*une irtâine sensibilité lumineuse. Au lieu de ver la plaque dans une bulle essentielle» il fîposail à l'action de la vapeur fournie f>ar laê essence à la température ordinaire. La foeur laissait intactes les parties de Ten- Bi résineux frappées par la lumière, elle se lodensait sur les parties restées dans i'omil. Ainsi le métal n'était nulle part mis à i; les clairs étaient représentés par la rékt« blanchie , les ombres par la résine

I ferj possible aux amélioraUons jugées néces* p^pir ruUle intervention de ses lumières et de

An S. M. Niepce met et abandonne à la société» ilRik mis\ son intention, représentant la valeur h flMîUed^ produits dont elle sera susceptible» II. Dijiiierre y apporte une nouvelle combinaison (éaoïbre noire, ses talents et son industrie, équiriMjTaaire moitié des susdits produiiA.

tn. 6. Aussiléi après la signature du présent iBcM. Daguerre devra contier k M. Nie|;)ce, sous In du secret, qui devra être conservé à peine ttedépeus, dommages et intérêts, te principe W^ repose le perfeciionnement qu'il a apporté llitoBbre noire, ei lui fournir les documents les fKtt sur la nalure dudit perfeciionnement. R.T.Le$ sienrs Niepce et Daguerre fourniront m\é i la caisse commune les londs néces^saires Uibeiuenl de ia société.

t Lorsque les associés jugeront convenable MBrcrapplication de ladite découverte au procé«ié p^niare, c'esi-à-dire de constater les avanUges I RuiUeraienl pour un graveur de Tapplicattoa ihs procédés qui lui .procureraient par là une

F:be avancée» MM. Niepce et Daguerre s'engaj oe choisir aucune autre personne que M. Le- Ikre |KMir faire ladite application.

^n.*i. Lors du traité delinitif, le» associés nomtttii entre eux le directeur et le caissier de la ^, dont le siège sera à Paris. Le directeur wn les opérations arrêtées par les associés, et janvier recevra et payera les bons et mandata avre^par le directeur dans rintérét de la société. ^ lu. Les fonctions du directeur et du caissier ^(<ie la durée du présent traité; néanmoins ils ^H èire réélus. L*eurs fonctions seront gra* 2J^<Ni ii leur sera alloué une retenue sur les pro- ^MïliMi qu*il sera jugé convenable par les ^>)l(»rs du traité défluitil*.

An. 11. Cbaque mois, le caissier rendra ses 1*^ aa directeur eu doiinant Tétat de situation '^tMiciéié; a il cbaque semestre, les associés se ^^nmt les bénéfices ainsi qu'il est dit ci-aprés. J'i. Il Les comptes du caissier et Tétat de si- ""^ ttrwi arrêtés» signés et parapbés cbaque ^re par les deux associés.

^1^; Les améliorations et perfectionoemenu '^l^ î bilik découverte, ainsi que les perfee- T^fltenu apportés à la cbambre noire, seront et ^^uteroiii acquis au profit des deuiL associés, qui, r^l^ (Useront parvenus au but qu*iis se proposent, r^^^ (niié défiuitil entre eux, sur les bases du

^ U. Les bénéfices des associés, dans les pro- 2^1^^ «le b société, seront répartis par moitié 7*11 a. Niepce, en sa qualité d*inventeur, et ^«fuerre, pour ses perfectionnements.

tt\^L ^ontesutiofis qui pourraient s*élever J^l^^iiiMciés, à raison de reyéculioo du présent, ^^^ H^ liûllaitivemeni, sans appel ut recours

' l^JCTIOSIN. DES iNVSNtlOlfS. 1I«

qu'arait dissoute l'huile essentielle » et qni formait à ia surface du métal uue couche transparente. L'opposition de teinles entre le mat des particules blanchies et la diaphanéité des autres parties de la plaque produi* sait seule. les effets du dessin. Toutefois cette modiQcation du procédé do Niepce ue diminua que faiblement la durée de Texposition dans la cbambre noire : sept à huit heures étaient encore nécessaires pour obtenir une vue» Cette méthode avait a^ailleurs un inconvénient fort grave : au bout d'un certain temps, l'image s effaçait en partie (6). Heureusement, le nasard amena les inventeurs sur la voie véritable. On a vu qu'avant son association avec M. Daguerre,

en cassation, par des arbitres nommés par chacune des parties à 1 amiable, conformément à Farticie 5i du Gode de commerce.

Art. i6. En eus de dissolution de cette société, lu liquidation s*en fera par le caissier, à Tamiable, ou par les associés ensemble, ou enfin par une personne tierce qu'ils nommeront à Tamiable , ou qui sera nommée par le tribunal compétent, à la diligence du plus actif des associés.

Le tout a été ainsi réglé provisoirement entre les parties, qui, pour rexécuiion du présent, font eleciion de domicile en leurs demeures respeclived, ci-ilevant désignées.

Fait double et signé à Gbàlons-sur^Saéne, le 14 décembre 1839.

J. NiEPCB. Louis-Mandé Dagoebuk.

Page 1