‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 117 sur 209 · MODIFICATIONS APPORTÉES AO PBOCÉOÉ DE NICPCE PAA · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS APPORTÉES AO PBOCÉOÉ DE NICPCE PAA

M. DAGOEBRB.

Avant la découveru du daguerréotype. — La subs* tance que Ton doit employer de préférence est le résidu que Ton obtient par Tévaporatlon de Tboile essentielle de lavande, appliqué en coucbes trèsminces, par le moyen de la dissolution dans l'alcool. Bien q^ie toutes les substances résineuses ou bitumineuses, sans en excepter une seule, soient douées de la même propriété, c'est-à-dire celle d'être sensibles à la lumière, on doit donner la préférence à celles qui sont les plus onctueuses, parce qu'elles donnent plus de fixité à l'épreuve; plusieurs builcs essentielles perdent ce caractère lorsqu'elles sont exposées à une forte chaleur. Ce n'est cependant pas à cause de sa prompte décomposition a la lumière que l'on doit préférer le résidu de l'buile de lavande ; il est des résines , le galipot, par exemple, qui, dissoutes dans l'alcool et étendues sur un verre ou sur une plaque de métal, laissent, pur l!évaj>oration de l'alcool, une coucbe très-blanciie et infiniment plus sensible à la radiatio«i qui opère celte décomposition. Mais cette plus grande sensibilité à la lumière, causée par une évaporation moins prolongée, rend les images ainsi obtenues plus faciles Il bC détériorer ; elles se gercent et finissent par disparaiire entièrement quand on les expose piusieui-s mois au soleil. Le résidu de l'buile essentielle de lavande présente plus de fixité, sans être cependant inaltérable par l'action directe du soleil. Pour obtenir ce résidu, on fait évaporer l'essence dans une capsule à l'aide de la chaleur, jusqu'à ce <iue le résidu acquière une telle consistance, qu'après sou r^roidissement il sonne en le frappant avec la pointe d'un couteau, et qu'il se brise en éclats lorsqu'on cherche à le détacher de la capsule. On fait ensuite dissoudre une très-petite quantité de cette matière dans l'alcool ou dans de l'ether acétique ; il faut que la solution soit très-cbire et d'une couleur citron. Plus la solution est claire, plus la couche qu*o:t obtient est mince; il ne faut pas cependant quelle soit trop claire , car alors elle ne pourrait pas mater m faire une couleur blauche ce qui est iuJii|ieu*

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Ntepce avait essayé de donner plus de vi- ^u(^ur à ses dessins en reuforçaot les noirs è Taîdc des éroanaiions sulfureuses ou des vapeurs de l*iode. Or, il arriva un jour qu'une cuiller laissée par mégarde sur une plaque d*argcnt iodée y marqua son empreinte sous TiiiQuence de la lumière ambiante. Cet enseignement ne fut pas perdu. Aui substances résineuses on substitua Tiode, qui donne aux plaques d*argent une sensibilité lumineuse exquise. Ce fut le premier pas vers l'entière solution d'un problème qui avait déjà coûté vingt ans de recherches assidues. Mais il n'était pas réservé à l'inventeur de voir saccomplir le triomphe déQnilif dans lequel il avait placé toutes les espérances de

gal)1(^ pwiir oblt^nir de relTet dans les épreuves. 1/emploi de Palcool on de Téilicr n*a d*auire but que de faciliter r:ipplicalion du résidu sons une forme qui esl exressiveitienl divisée ; puisque, lorsqu*on opère, Talcooi est eiilièreuieiii vaporisé. Pour oblciiir plus de vigueur, il faut que le inétal soit itrinii ; les épreuves sur verre out plus de charme et surtout lieancoup plus de finesse.

Lorsqu*ou veut opérer, il faut que le métal on le verre soit narfaîtemeut nettoyé; on peut pour cela se servir d alcool oti de triait trcs-fiu, mais il laut toujours terminer celle opération en frottant à sec, afin qu'il ne reste aucune trace de liquide; on se sert de coton avec Talcool et te tripoli, qui doit être excessivement fin pour qu*il ne raye pas le métal ou le verre. Pour appliquer la couche, on tient la plaque de métal ou le verre d'une main, et de Taulre on verse dessus la soluûon (qui doit être conteime dans nu pclit flacon à large ouverture), de manière que cette sotulion couvre rapidement, en coulant, toute la surface 4le la plaque. D'abord il faut tenir la

filaque un peu inclinée ; mais aussitôt qu'on a versé a solution et qu'elle a cessé de couler, on la dresse perpendiculairement. On passe tout de suite le doigt derrière la plaque, ainsi f|u'aa bas, pour entraîner une partie du liquide qui, tendant toujours à remonter, doublerait l'épaisseur de la couche. 11 faut chaque fois s'essuyer le doigt et le passer très-rapidement dans toute la longueur de la plaque, pardessous et du côté opposé à la couche. Lorsque le liquide ne coule plus, on place, pour la laisser sécher, la plaque à l'ombre, car autrement la lumière détniirail la sensibilité de la substance.

Dans cet état, la couclie est blanche et extrêmement mince; c'est en partie à celte dernière condition qu'est dû le plus ou le moins de promptitude. Cette préparalion doit être faiie à un faible jour, ou^ ce qui est préférable, à la lumière d'une bougie qui n'a pas d';iclioii sur cette substance. Lorsque la couche est bien sècl»e, la plaque peut être mise dans la chambre noire. On la laisse dans cet état le temps nécesMiire à la production de l'image , temps qui ne peut être limité, parce qu'il dépend du plus ou moins d'intensité de la lumière répandue sur les objets dont on veut fixer l'image. Cependant il ne faut pas moins de sept à liuii heures pour une vue, et à peu près trois heures pour les objets trés-éclairés par le soleil et d'ailleurs très-clairs de leur nature Ce[»endant ces données ne sont qu'approximatives, caries saisons et les différentes heures de la journée j apportent de grandes modifications.

Quand on opère sur verre, il est nécessaire, pour augmenler te lumière, de le poser sur une feuille de papier ; mais pour que ce rellei ne soit pas confus, il mut que le côté de la couche soit posé directement sur le papier et qu'elle le touche parfaitement sur toute sa surface. Pour cela, il faut tendre le papier sur une planche très-plane, en supposant que le verre le soit aussi ; on aura soia de choisir le verre

sa vie : Niepce, alors âgé de soiiante-lrois ans» mourut à Châlon$, le 5 juillet 1833. Il mourut pauvre et ignoré. L auteur de la plus intéressante découverte de notre siècle s'éteignit sans gloire» oublié de ses concitoyens» avec la pensée désolante davoit perdu vingt années de sa laborieuse carrière, dissipé son patrimoine et compromis ravenirdesa famille à la poursuite duoe chimère.

Resté seul» M. Daguerre continua ses recherches avec ardeur. Cinq ans après la mort do Niepce, il avait imaginé dans tout sua ensemble la méthode admirable qui imiuortalisera son nom.

La découverte de Niepce et de Daguerre

le plus blanc possible. Quand l'épreuve a élè ia'i>Me le temps nécessaire dans la chambre noire, il b«i la retirer en ayant toujours soin de la garaniir de U lumière.

Comme il arrive très-souvent qu'au sortir de b chambre noire on n'aperçoit aucune trace de l'image, il s'agît de la faire paraître. Pour ceb, il faut prendre un bassin île cuivre étamé ou de fer-blanc, plos grand que la plaque, et garni tout autour d'un reiionl d'environ 50 mtilimètrea de hauteur. On remplit le bassin d'huile de pétrole, jusqu'à peu près un quart de sa hauteur; on fixe la plaque sur une plaocbcue de bois qui couvre parfailemeul le inssin. L'hoilede pétrole, en s'évaporant, pénètre entièrement la sulistance dans les endroits sur l^uels Faction de b lumière n'a pas eu lieu» il lui donne nue transparence telle qu'il semble ne rien y avoir dans «s endroits ; ceux, au contraire, sur lesquels h lumicra a vivement agi ne sont |H>int attaques par la vapeur de l'huile de pétrole. C'est ainsi qu'est effeciuéfij dégradation des teintes, par le plus ou moins d'aciMm de la vapeur de l'ûuile de |iélrole sur la substance.

11 faut de temps en temps regarder Tcpreuve, et la retirer aussitôt qu'on a obtenu les plus grande vigueurs; car en poussant trop loin l'évaporatioii. les plus grands clairs en seraient attaqués et tiniraieot

Ïiar disparaître. L'épreuve est alors terminée. Il hm a mettre sous verre pour éviter que la poussière ij aUache, et, pour l'enlever, il ne faut pas employer d'autre moyen que de la chasser en soufflant. En mettant les épreuves sous verre, on préserve aussi U feuille d'argent plaqué des vapeurs qui pourraieui l'altérer.

Résumé. — Comme il a été dit plus haut, tous les bitumes, toutes les résines et tous les résidus d'IiuHcs essentielles sont décomposables par la lumière dune manière très-sensible; il sufllt pour cela de les mettre en couches très-minces , et de trouver un dissolvint qui leur convienne. On penl employer comme dissolvants l'huile de pétrole, toutes les hniles esseu- Uelles, l'alcool, les éthers et le calorique.

M. Niepce plongeait la plaque , couverte d'oa Ternis de bitume dans un dissolvant liquide; maison semblable mojren est rarement en rapport avec le peu d'intensité de lumière qu'ont les épreuves obtenues dans la chambre noire* 11 arrive toyjottTS que le dissolvant est trop fort ou trop faible. 0.iirt le premier cas , il enlève entièrement le verm» « et dans le second , il ne rend pas Pimage a»>ej apparente. L'effet du dissolvant dans lequel ob plonge l'épreuve est d'enlever le Ternis dans les endroits où la lumière n'a pas frappé , ou biea » selon la nature du dissolvant , o*i obtient felTet contraire, c*est-li-dire que les parties frappées pir la lumière sont enlevées, tandis que les autres r» tenl intactes. C'est là ce qui arrive lorsqu'on catplol^ , comme dissolvant , de l'aloool, au lieu d*buile de jpétrole ou essentielle.

Les dissolvants par révaporaUoo ou parl'efei

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DES INVENTIONS

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fat coonae pour la première fois par Tanooncif publique qu*en fit M. Arago dans la séiBce ue l'Académie des sciences, du 7 jan- Tjer 18U. Chacun se souvient de Timpressioneilrafdinaire qu'elle produisit en Franco H bienlAl dans toute l'Europe. Le nom de liazaerre acquit en quelques Jours une célébrité immense. Toutes les yoix de la presse (^iébrèreot è Tenyi ce nom presque inconnu \i Teille; mais, on le sait, du modeste et JLfurtuDé Niepce, pas un mot ; dans ce con* crrt d'acclamations enthousiastes, il n'y eut («s UD cri de reconnaissance pour le pauvre UiTenteur mort à la tâche. Dans sa communication académique, M. Araço s'était borné à fiire connaître le principe de la découverte H à présenter les produits de cet art noureaa. Il avait dû se taire sur les procédés Hnpiojés par l'habile artiste. Cependant une Hie découverte ne pouvait rester secrète. Cooceotrée entre les mains d'un seul, elle serait restée longtemps stationnaire ; devenue poUique, elle devait, au contraire, grandir et s'améliorer par le concours de tous. D éuit donc oéce^aire qu'elle devint una propriété publique.

lîios la séance du 15 juin 1839, le goortmement présenta è la Chambre des députés 00 projet de loi portant la demande d'une ricoopense nationale accordée aux invenleus de la photographie, qui consentaient à reodre leurs procédés publics. A la suite des rapports remarquables de M. Arago à la C'jmbre des députés, et de M. Gay-Lussac à la Chambre des pairs, la convention promoire conclue entre le ministre de l'inténeur et MM. Daguerre et Niepce fils fut convertie en loi. On accorda une pension viagère <i-6,000 francs è M. Daguerre, et une pension (i^ i,000 francs à M. Niepce fils. Le chiffre un |«u mesquin de cette rémunération sVflace évidemment devant la pensée qui la dictée. Nul, dans le gouvernement ni dans les chambres, n'a prétendu pajer la dé- ^>uverte h sa juste valeur. Le titre de récom' p^nst nationale témoigne suffisamment que "^Viait là surtout un hommage solennel de u r^fconnaissance du pays au désintéressement et au génie d^s inventeurs.

M. Arago put alors donner connaissance ^^ procédé de M. Daguerre; il le commub\'\nà è l'Académie des sciences, le 19 août 1^39. Ceux qui eurent le bonheur d'assister a ceUe séance en conserveront longtemps le Hiaveoir. Il serait difficile en effet de trouver, dans rhistoire des compagnies sa vantes,

da calorique sont bien préférables ; on peut toni^nr^ en arrèier les efleu à vokinié. M«is il est oiHpensable qoe la couche ne fasse pas Teffei d'un venus ; il faut qu'elle soit maie et aussi blan- «h« que possible. La vapeur du dissolvant ne fait H ie pénétrer la couche et en détruire le ntat. selon t. plus ou moins d'intensité de la lumière. Cette ■uiftiere de procéder donne une dégradation de teintes qall esc tout à fait impossible d'obtenir en trempai réprenre dans un dissolvant.

la grand nombre d'expériences faites par Tautenr lai ont prouvé qoe la lumière ne peut pas frapper Mr UB corps san» laisser des traces de décomposition a t» yrlace; mais elles lui ont aussi démontré que

une plus belle, une plus solennelle journée. L'Académie des beaux-arts s'était réunie h' l'Académie des sciences. Sur les bancs réservés au public, se pressait tout ce que Paris renferme d'hommes éroinents dans les sciences, dans les lettres, dans les beauxarts. Tous les yeux cherchaient l'heureux artiste qui avait conquis si vite une renommée européenne; on espérait l'entendre prononcer lui-même ià révélation si désirée. Lui cependant s'était modestement dérobé à ce triomphe si légitime; il avait déféré cet insigne honneur h M. Arago, qui avait pris l'invention nouvelle sous son savant et bienveillant patronage. Si, au dedans, tes rangs étaient pressés, au dehors l'affluence était énorme; le vestibule regorgeait de curieux; gens malavisés qui n'étaient venus que deux heures avant l'ouverture de la séance. £n6n, tout d'un couf) la porte s'ouvre, et l'un des assistants arrive tout empressé communiquer au dehors le secret si impatiemment attendu. Le procédé consiêie^ dit-il, daau remploi du bitume de Judée et de l^esnence de Ummde! Je vous laisse à penser rembarras, la surprise et les mille questions. Le bitume de Judée 1 l'essence de lavande I Mais que

Kuvent avoir de commun et le bitume de dée et l'essence de lavande, avec toutes ces charmantes images que nos yeux ne se lassent pas de contempler? Attendez cependant, voici un autre ofncieux et mieux renseigné cette fois : /( e$t bien question de bitume de Judée! Il est bien question d'essence de lavande! Cest de F iode et puis du mercure^ et jmis de l'hyposulfite de soude ! Comprenne qui pourra. Cependant le mj^stère finit par s éclaircir et la foule se retire peu à peu, encore tout agitée de ces émotions délicieuses, heureuse d'applaudir à des créations nouvelles du génie de la France, fière d'accorder à l'Europe un si magnifique présent.

Quelques heures après, les boutiques des opticiens étaient assiégées ; il n'y avait pas assez de lentilles, pas assez de chambres obscures pour satisfaire le zèle de tant d'amateurs empressés. On suivait d*un œil de regret le soleil déclinante l'horizon, emportant avec lui la matière première de l'expérience. Mais dès le lendemain, on put voir à leur fenêtre, aux premières heures du jour, un grand nombre d'expérimentateurs s'elforçant, avec toute espèce de précautions craintives, d'amener sur une plaque préparée l'image de la lucarne voisine, ou la pers-

ces mêmes corps ont la propriété de se recomposer en ^nde partie à Tonitire, à moins que b lumière n*ait détemiîiie une décomposition complète. On peut s'en convaincre en disposant, par le procédé décrit ci-dessus, deux pbqoes semblables préparées de la même manière, et ai les exposant à Li lumière avec des effets d*oml>re. Quand on juge que la lumière a produit sou action, on retire les deux plaques» et Ton fait subir immédia lement a Tune Teflct du dibsolvaul ; et Ton conserve Tautre enfermée dans une bulle pendant plusieurs jours, après lesquels on Texposc, comme la première, à TelÊet du dissolvant. Ou verra alors que le résiilut obieun sur b seconde plaqua ne ressemble pas à celui qu'a donné b première.

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prtcUiv^e d'une population de cheminées.

Quelles joies innocentes, quelles ravissantes angoisses, mais quels désappointements cruels 1 Lorsqu'après un quart d*heure de mortelle attente, on retirait la plaque de la chambre obscure, on trouvait un ciel couleur d^encre et des murailles en deuil. Cependant, dans ces tableaux informes, il y avait toujoursquelque trait furtif d*unc délicatesse achevée; la masse était noire et confuse, mais on pouvait y saisir quelque déiail admirablement venu, qui arrachait un cri de surprise et presque des larmes de plaisir. C'était la balustrade d*une fenêtre qui était superbe; c'était le grillage voisin gui avait imprimé sur le fidèle écran son image de dentelle. Sur cette plaque où tout parait confus, vous n'apercevez rien, mais regardez mieux, prenez une loupe : là, dans ce petit coin du tableau, il y aune mince ligne; c'est la tige éloignée de ce paratonnerre que vos yeux aperçoivent h peine; mais le merveilleux instrument Ta vu, et il vous l'a rapporté.

Au bout de quelques jours, sur les places de Paris, on voyait des daguerréotypes braqués contre les monuments. Tous les physiciens, tous les chimistes, tous les savants de la capitale metlaient en pratique, avec un succès completi les indications de-rinventeur.

Description des opérations de la photographie sur plaque métallique d'après le procédé de Daguerre. — Perfectionnements successifs apportés aux opérations du daguerréotype. --'Les images daguerriennes se forment, comme tout le monde le sait, à la surface d'une lame de plaqué ou cuivre recouvert d'argent. On expose pendant quelques minutes une lame de plaqué aux vapeurs spontanément dégagées par l'iode h la température ordinaire ; elle se recouvre d'une légère couche d'iodure d'argent, et le mince voile, ainsi formé, présente une surface éminemment sensible à l'impression des rayons lumineux. La plaque iodée est placée alors au foyer de la chambre noire, et Ton fait arriver à sa surface l'image formée par la lentille de l'instrument. La lumière a la propriété de décomposer Tiodure d'argent ; par conséquent, les parties vivement éclairées de l'image décomposent, en ces points, l'iodure d'argent; les (larties obscures restent, au contraire, sans action; enfin les espaces correspondant aux demi-teintes sont inuoencés selon que ces demi-teinies se rapprochent davantage des ombres ou des clairs. Quand on là retire de la chambre obscure, fa plaque ne présente encore aucune empreinte visible; elle conserve uniformément sa teinte jaune d'or. Pour faire apparaître l'image, une autre opération est nécessaire ; la plaque doit ôlie soumise à l'action des vapeurs du mercure. On la dispose donc dans une petite boîte, et l'on chauffe légèrement du mercure liquide disposé dans un réservoir à la partie inférieure de la boite. Les vapeurs de mercure se dégagent bientôt et viennent 5e condenser sur

le métal; mais lé mercure ne se dépose pas uniformément sur louie la surface métaJiigue, et c'est précisément celte condensnlioii inégale qui donne naissance au d«»ssin photographique. En effet, les goutleielles dp mercure viennent se condenser uniauemom sur les parties que la lumière a frappéts, c'est-à-aire sur les portions de l'iodure d'argent que les rayons lumineux ont chimiquement décomposées; les parties restées daos l'ombre ne se recouvrent pas de mercure. Le même effet se produit pour les demiteintes. Il résulte de laque les parties éclairées sont accusées sur la plauue par un vernis brillant de mercure, et les ombres par la surface même de l'argent non impressionnée. — Pour les personnes qui assistent pour la première fois à cette curieuse Ï)artie des opérations photographiques, c'esl à un spectacle étrange et véritablement merveilleux. Sur cette plaque, qui ne présente aucun Irait, aucun dessin, aucun aspect visible, on voit tout d'un coup se dégager une image d'une perfection sans pareille, comme si quelque divin artiste la traçait de son invisible pinceau. Cependant tout n'est pas Gni. La plaque est encore imprégnée d'iodure d'argent, et si on l'abaudonnait à elle-même en cet état, l'iodure continuant à noircir sous l'influence de la lumière ambiante, tout le dessin serait détruit. Il faut donc débarrasser la plaque de cet iodure. On y parvient en la plongcaul dans une dissolution d'un sel , l'hyposulSie de soude, qui a la propriété de dissoudre 1 iodure d'argent. Après ce lavage, l'épreuve peut être exposée sans aucun risque à raction de la lumière la plus intense; tout l l'heure on ne pouvait la manier que daos l'obscurité, pu tout au plus à la faible lueur d'une bougie; on peut maintenant la manier en plein soleil. On voit en définitive que dans les épreuves daguerriennes, l'image est formée par un mince voile de mercure déposé sur une surface d'argent; les reflets brillants du mercure représentent les clairs, les ombres sont produites par le bruni de largent; l'opposition, la réflexion inégale de la teinte de ces deux métaux sufliseut pour produire les effets du dessin.

Tel est l'ensemble des opérations dans le procédé primitif imaginé par Daguerre, et nous devons dire que ce procédé, tel qu'il a été décrit par l'inventeur, est d'une exécution si simple, une l'on est assuré de réussir, dans tous les cas, en suivant i la lettre les instructions qu'il a données. Les perfectionnements apportés plus tard à la méthode primitive ont eu pour résultat d'abréger le temps des opérations; mais les manœuvres sont devenues par cela môme plus difficiles, et le succès moins certain. Lorsque La durée de l'opération est une circonstance secondaire, quand il s'agit, \^f exemple, de reproduire une vue extérieure ou un monument, le plus court est de recourir aux instructions publiées par M. 1^' guerre en 1839; on peut les cousidén^r

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