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(Otfioie un véritable modèle de précision et deciirté.
[nefuis tombée dans le domaine public, il {»bo(ograpbie a fait des progrès immenses. iorésuioé rapide suflira pour faire comff^fïdtQ rimportance de ces perfection nejneiiis successifs. Les épreuves obtenues ^apfès les procédés de M. Daguerre« bien (|u<f remarquables à divers titres, avaient fi(<eodanl uo assez grand nombre de défauts ^1 en (limiouaient beaucoup la valeur aryque. Elles offraient un rairoitage des |l4S désagréables, le trait n*était visible que Ms une certaine incidence de Ja plaque, et, Iku certains cas, ce défaut allait si loin que fépreuve ressemblait plutôt à un moiré léUilique qu*è un dessin. Le champ de la Ve était extrêmement limité. Les objets iiui)é$ ne pouvaient être reproduits; la vie vcfjuait dans ces tableaux. Les masses de trJure n'étaient accusées qu*en silhouette, lie ton général des dessins était criard. bon il était à craindre que, par suite de la ^iitsalioD spontanée du mercure, l'image Ilinli, sinon par disparaître entièrement, iiu)iQs par perdre de sa netteté et de sa Ipiur. La plupart de ces défauts étaient lii«équence du temps considérable eiigé fi^rimpression lumineuse : en effet, un t d'heure d'exposition à une lumière fiTB était indispensable pour obtenir épreuve. Aussi les premiers efforts pour p>;rfectioDDement de cet art nouveau euiis pour but de diminuer la durée de osition de la plaque dans la chambre 'ire. Ce premier résultat fut en partie i'^é par des modlflcations très-heureuses ortées à Tobjectif de la chambre noire. Dagaerre avait fixé avec beaucoup de l^s dimensions de l'objectif; mais on ODot bientôt que les règles qu'il avait poàcet égard, excellentes pour la repro- - inondes vues et des objets éloignés, ne hraient s'appliquer aux objets plus petits M^fus rapprochés. On imagina donc de Irourcir le foyer de la lentille ; par cet t^i OQ put condenser à la surface de la pie une quantité de lumière beaucoup •^grande, et, la plaque étant plus vivent éclairée, on put dimiriuer d'une ma- «« notable la durée de l'exposition dans Khambre noire. Bientôt un opticien frau- *M. Ch. Chevalier, imagina une modiwlwa particulière de l'objectif, qui dou- ■•|»^ur ainsi dire, la puissance de Tinstru- ^^' L'emploi d'un double objectif achro- ^^'{ue permit à la fois de raccourcir les ^^s pour concentrer sur la plaque une [•tf^e quantité de lumière, d agrandir le >tn]|i(ie la vue, et de faire varier à volonté ^ '^t^tances locales. La disposition et la ^l^inaison de ces deux lentilles sont tel- ^''"l ingénieuses que, sans employer de '•l'hragrae, on conserve à la lumière toute [j»niHé et toute son intensité. Le s^s- ^Mu double objectif permit de réduire 'kiufoupla durée de l'exposition lumi- '^i^; 0 1 put opérer en deux ou trois mioWs. Toutefois ce problènie cainlal d'abré-
Çer la durée de l'exposition lumineusn, ne fut résolu qu'en 1841, d'une manière bien complète, grflce à une découverte d'une incalculable valeur. M. Claudet , artisio français qui a acheté de M. Daguerre le droit et le privilège exclusif d'exploiter, en Angleterre, ses procédés photographiques, découvrit en 1841 les propriétés des substances accélératrices. On donne, en photographie, le nom de substances accélératrices è certains composés qui, appliqués sur la plaque préalablement iodécy en exaltent à un degré extraordinaire la sensibilité lumineuse. Par elles-mêmes ces substances ne sont pas photogéniques , c'est-à-dire qu'employées isolément, elles ne formeraient point une combinaison capable de s'influencer chiiniquement au contact de la lumière; mais si on les applique sur une plaque déjà iodée, elles communiquent à l'iode la pro()riété de s'impressionner en quelques secondes. Les composés capables de stimuler ainsi l'iodure d'argent sont eistrêmement nombreux. Le premier, dont la découverte est due à M. Claudet, est ^e chlorure d'iode;* mais il le cède de beaucoup en sensibilité aux composés découverts postérieurement. Le brome en vapeur, le bromure d'iode, la chaux bromée, le chlorure de soufre, le bromofoj me, l'acide chloreux, la lic|ueur hongroise, la liqueur de lleiser, le liquide de Thierry, sont les substances accélératrices les plus actives. Avec Tacide chloreux, on a pu obtenir des épreuves irréprochables dans une demiseconde, et même dans un quart de seconde. La découverte des substances accélératrices permit de reproduire avec le daguerréotype l'image des objets animés. On put dès lors satisfaire au vœu général formé depuis l'origine de l'art photographique , c'est-àdire obtenir des portraits. Déjà, avant cette époque, on avait essayé de faire des portraits au daguerréotype ; mais le temps considérable Qu'exigeait l'impression lumineuse avait empêché toute réussite. On opérait alors avec l'objectif à long foyer, qui ne transmet dans la chambre obscure qu'une lumière d'une faible intensité ; il fallait donc placer le modèle en plein soleil et prolonger l'exposition pendant un quart d'heure. Comme il est impossible de sdpporter si longtemps, les yeux ouverts, l'éclat des rayons solaires, il avait fallu se résoudre à faire poser les yeux fermés. Quelques amateurs intrépides osèrent se dévouer, mais le résultat ne fut guère à la hauteur de leur courage. Qui ne se rappelle avoir vu à l'étalage de Susse cette triste procession de Bélisaires sous l'étiquette usurpée de portraits photographiques 7 Par l'emploi des objectifs à court foyer on put réduire l'exposition à quatre ou cinq minutes ; alors le patient put ouvrir les yeux; néanmoins il fallait encore poser en plein soleil; or ce soleil, qui tombait d'aplomb sur le visage, contractait horriblement les traits,, et la plaque conservait la trop Qdèlo empreinte des souffrances et de l'anxiété du modèle. On s'asseyait, avec cet air aimable que [trend toute personne ayant la conscience
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de poser pour son portrait , et Ton vous offrait rimage d*un martyr ou d*un supplicié. Pendant six mois, avec la prétention d*obtenir des portraits photographiques, on n'a guère fait que multiplier les copies d*un même type : la tête du Laocoon. Rien qu'à voir ces traits crispés, ces faces contractées, CCS spécimens cadavéreux, on eût pris le daguerréotype en horreur. C'est là qu'ont trouvé leur source la plupart des préven* tions défavorables que les productions daguerrienoes ont eu si longtemps à combattre. Les artistes passaient en ricanant devant ces déplorables ébauches. Cependant toutes les préventions durent disparaître, tous les préjugés durent tomber en pré.<ence des résultats qu'amenèrent la découverte et l'emploi des substances accélératrices. Dès ce moment, la physionomie put être saisie en quelques secondes et reproduite avec cette continuelle mobilité d'impressions qui forme le signe et comme le cachet de la vie. C'est à partir de cette époque que Ton vit paraître, de jour en jour perfectionnés, ces admirables portraits où l'harmonie de l'ensemble est encore relevée par le fini des détails. C'est alors que put être vraiment réalisé le rêve du conteur allemand : Qu'un amant^ voulant laisser à sa maîtresse un souvenir durable j se mire dans une glace et la lui dov^e ensuiUf parce que son image s'y est fixée.
Après la découverte des substances accélératrices, le perfectionnement le plus important qu'ait reçu la photographie consiste dans la fixation des épreuves. Les images daguerriennes obtenues à l'origine étaient déparées par nn miroitement métallique des plus désagréables. En outre, le dessin ne présentait que peu de fermeté , puisque le ton résultait seulement du contraste formé
Ïmr l'opposition de teintes du mercure et de 'argent. Enfin (et c'était là un des plus graves inconvénients), l'image était extrêmement fugitive, elle ne pouvait supporter le frottement; le pinceau le plus délicat»
f)romené à sa surface, effaçait entièrement e dessin. M. Fizeau fit disparaître tous ces inconvénients à la fois, en recouvrant l'épreuve photographique d'une légère couche d'or. 11 suflit, pour obtenir ce résultat, de verser à la surface de l'épreuve une dissolution de chlorure d'or mêlée à de Thyposulfite de soude, et de chauffer légèrement ; la plaque se recouvre aussitôt d*un mince vernis d'or métallique. Cette opération, si simple en elle-même, est cependant le complément le plus utile de la découverte de Baguerre. Elle a permis, en etfet , de rehausser à un degré remarquable le ton des dessins photographiques, de bannir presque entièrement le miroitage et de communi-
auer à répreuve une grande solidité, c'est-àire une résistance complète au frottement et à toutes les actions extérieures.
Comment la dorure d'un dessin photographique peut-elle communiquer à celui-ci la vigueur de ton qui lui manquait et faire disparaître le miroitement? C'est ce qu'il est
facile de comprendre. L'or vient reconvrir h la fois l'argent et le mercure de la plaque* l'argent, qui forme les noirs du tableau, se trouve bruni par la mince couche d'or qui se dépose à sa surface ; ainsi les noirs sont rendus plus sensibles , et le miroilage de l'argent n'existe plus ; au contraire, le mei^ cure, qui forme les blancs, acquiert, par son amalgame avec l'or, un éclat beaucoup plus vif, ce qui produit un accroissement remarquable dans les clairs. Le ton général da tableau est d'ailleurs singulièrement rehaussé par l'opposition plus vive que prennent les couleurs des deux métaux supe^ posés. Tous ces avantages ressortent d*une manière surprenante, si l'on compare deux épreuves dont l'une est fixée au chlorure dor et l'autre non fixée. La dernière, d'un ton gris bleuÂtre, paraît exécutée sous uo ciel brumeux et par une faible lumière; l'autre, par la richesse de ses teintes, semble sortir de la chaude atmosphère et du beau ciel des contrées méridionales. Quant h !i résistance qu'une épreuve ainsi traitée oppose au frottement et aux actions extérieores, elle s'explique sans peine, si Ton remarque que le mercure, qui tout à l'heure formait le dessin à l'état de globules infiniment petits et d'une faible adhérence, est maintenant recouvert d'une lame d'or uniforme, qui, malgré son extraordinaire ténuité, adhère à la {)laque en vertu d'une Té; ri table action chimique. Les épreuves, ainâ fixées, offrent assez de résistance au froilement pour pouvoir être conservées et transportées dans un portefeuille : elles présentent donc plus de solidité qu'un dessia ai crayon.
Les perfectionnements successifs apportés au procédé originel de Daguerre ont cbaogé, comme on le voit, d'une manière très-notable, l'ensemble des opérations photogra|)hiques. 11 ne sera donc pas inutile de préciser la méthode actuellement suivie. Voici, en quelques mots, la série consécutive des opérations qui s'exécutent aujourd'hui pour obtenir l'épreuve daguerrieune : Exposition de la lame métallique aux vapeurs spontanément dégagées parriode à la température ordinaire, pour provoquer à la surface de la pli- 3ue la formation d'une légère couche d'iodure 'argent ; —exposition aux vapeurs fournies par la chaux bromée, le brome ou toute autre substance accélératrice ; — exposition è l'action de la lumière dans la chambre obscurci pour obtenir la formation de l'image; exposition aux vapeurs mercurielles, pour faire apparaître le dessin, — lavage de répreu?e dans une dissolution d'hyposulfiie desouti^ pour enlever l'iodure d'argent non attaqué; — enfin, fixage de l'épreuve par le chlorure d'or. .
La méthode actuelle, en permettant d opé; rer cent fois plus vite que par le procéile primitif, a introduit dans la photographie un perfectionnement immense, mais il laut reconnaître aussi qu'elle a rendu les opératioi^ beaucoup plus compliquées. L'exposition « la lumière étant abrégée de trente ou qua*
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note fois te leiDps ordinaire» les erreurs sur la é^rée de cette exposition, sur le temps oé* csssaire pour rapplicatioa de Tiode et des sQtetances accéiéralrices , sont devenues plus faciles et plus désastreuses. L'artiste le plus exerté n*est donc jamais assuré d'ànaee de réussir dans l'opération qu'il entreprfod, elces obstacles continuels seraient sascefitibles de décourager le plus ferrent ai' /te, si la photographie n'était par elleiLècoe 00 art des plus attrayants. Ce sont frécisémeot ces difficultés, cette incertitude 5 ir le succès déûnitif, qui prêtent aux opéraiioas photographiques un charme touj urs oouTeau et toujours renaissant. Si le u .'oerréotjiie n'était qu'une machine aveuifie doDt le résultat pût;être toujours calculé atec certitude ; si le maniement de l'appareil ne laissait aucune part aux soins nabiies et aux prérisions de l'intelligence, au- (fts des amateurs et des artistes» il perdrait Mi iotérêt le plus vif.
Poar terminer cette revue des modiBcati AS apportées dans ces derniers temps aux ,* •cédés photographiques, nous devons sigaîcr quelques emprunts curieux que Ton liais k diverses sciences pour perfectionner les (preuves daguerriennes ou pour leur prêter certaines gaalités spéciales. Ici se ran« ^t&m première ligne les applications de la pJunoplastie. La galvanoplastie, dont liS ffùcédés ont été décrits dans cet ouvrage, e<( DO art tout récent et qui n'est aujouriîm ni assez apprécié, ni assez connu. Il otLsiste à produire, par l'action de l'électric2i^ un dépôt métallique à la surface des diférents corps» et surtout à la surface d'autres métaux. Eo décomposant certains sels Uàf là pile voltalque, on peut, comme nous i« verrons, appliuuer avec économie le cuiîn; sur l'argeut, l'or sur l'acier. Taisent sur l'étaio, le platine sur le fer, sur le bronze, etc. Si donc, mettant à profit ces procédés, l'on soamel i raction d un faible courant éleciriqae une dissolution de sulfate de cuivre en plaçant dans la liqueur une image da- Suerriênne, le cuivre provenant de la déu^mposîtiou du sel se dépose peu à peu sur t^'Qte la plaque, et, se moulant sur les fai- ^•es inéj^lités de sa surface, il donne nais- ^bce^ au bout de vingt-quatre heures, è 'in«r planche de cuivre sur laquelle le dessin i 'jot'i;^ra|ihique se trouve reproduit avec Hi^ entière tiJélilé. Je ne saurais rendre^ dit H.Ch. Chevalier, la surprise queféproutaif i première fois que je réussis à reproduire me épreuve photographique au moyen du ;'2ltmtisme. Lidée de cette expérience me vint t rherchanl un objet propre à être placé dans^ 'appareil gatvanoplastique ; ne trouvant ni iHaiiie^ ni empreinte^ j imaginai de souder nr pHite épreuve daguerrienne au conduerw de r appareil: je croyais vraiment sacriar répreuve et n* obtenir tout au plus quune -mile de cuivre bien plane. Lelendemam^ en réêfnee de MM. Richoux et de Kramer^ je 'Ifwhai les deux plaques^ et nous trouvâmes tr le cuivre une contre^preuve parfaite de
roriginal{i). Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que la plaque daguerrienne qui a servi de type à ce merveilleux moulage n'est aucunement altérée, et qu'elle peut être reproduite ainsi un grand nombre de fois sans sa détruire ou sans se détériorer sensiblement. Il faut ajouter cependant que cette application de la galvanoplastie est plus curieuse qu'utile, car on se décide difficileaient à soumettre une belle épreuve à une pareille opération.
Les procédés galvanoplastiques appliqués aux images daguerriennes ont fourni d'autres résultats pleins d'intérêt. Afin de communiquer aux épreuves des tons particuliers ou des effets plus vigoureux, on les a revêtues, par l'action de la pile, d'une mince couche d'un autre métal richement coloré. Si l'on place dans une dissolution d'or une
Klanche photographique, en plongeant dans I liqueur les pôles d'une pile voltaîque extrêmement faible, on la recouvre en quelques instants d'un mince vernis d'or. Cette pellicule métallique donne à l'épreuve des tons qui sont souvent du plus heureux effet; ils varient depuis la teinte verdâlre jusqu'au jaune intense. On obtient avec le cuivre, en opérant dans des conditions semblables, des tons vigoureux, compris depuis le rose le plus pâle jusau*au rose vif. L'argent a été essayé dans le même but ; mais ce métal, qui donne au tableau une douceur et un chatoiement très-agréables, lui retire une (larlie de sa vigueur.
Depuis plusieurs années, on voit aux étalages de produits photographiques un grand nombre de portraits colories qui attirent les regards des passants. 11 ne s'agit pas, comme on l'a cru d abord, d'images obtenues dans la chambre obscure avec les couleurs naturelles, mais tout simplement de couleurs appliçiuées à la main. Il serait diflteile de rien imaginer d'aussi barbare. Colorier une planche daguerrienne est aussi ridicule que de vouloir enluminer une gravure de Rêjrnolds ou de Rembrandt. Le mérite essentiel des épreuves photographiques réside dans l'admirable dégradation des teintes et dans une harmonie si parfaite de la lumière et des ombres, qu'elle défie à jamais le burin. Toutes ces qualités restent ensevelies sous cet absurde empâtement de couleurs. Le peintre substitue sa propre exécution à l'exécution de la nature. Prenez donc la peine de créer un de ces merveilleux dessins, pour qu'une lourde main vienne les déshonorer par ce badigeonnage indigne 1 Arrivons à quelque chose de plus sérieux. Rien n'est plus sérieux, en effet, rien n'est plus riche de promesses, rien n'est plus digne de l'appui des amis des arts, aue les efforts que Ton a faits en France pendant plusieurs années pour transformer une épreuve daguerrienne en planche propre à la gravure. 11 ne faut pas que les produits du daguerréotype, d'une perfection si achevée, restent à l'état de type unique ; il faut que Timpres-
(i) Mélaugcs photograpluqueë^ pag. 74.
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sion puisse les inuUiplier indéfiniment; il faut perfectionner et surtout régulariser les procédés de gravure photographique actuellement connus ; il faut qu'ils ne restent pas plus lenglemps concentrés entre les mains d'un ou deux artistes» paralysés dans leur développement par toutes les entraves des brevets. Alors seulement le daguerréotype aura dit son dernier mol, alors la photographie aura trouvé des applications utiles, complètes, étendues, dans la pratique des arts. Le jour où. les planches daguerriennes pourront être économiquement transformées en planches de gravure, nous n'aurons plus rien à demander à la photographie, car nous obtiendrons sur le papier des images parfaites, redressées, inaltérables, d'une correction et d'une finesse achevées, et qui présenteront l'inappréciable avantage de pouvoir être multipliées indéfiniment. iNous sommes loin encore d'avoir atteint un si désirable but; cependant les résultats obtenus jusqu'ici, et que nous allons rapidement indiquer, font concevoir à cet égard d*assez légitimes espérances. L'idée de transformer les plaques photographiques en planches h l'usage des graveurs était si naturelle, que, dès les premières applications du procédé de Daguerre, un grand nombre de personnes s'occuuèrent de ce problème. M. le docteur Donné essaya de le résoudre le premier. Le
1)rocédé qu'il employait est des plus simples. ,1 reconnut que Teau-forte étendue de 4 parties d'eau attaque les parties noires des liuages daguerriennes sans altérer les parties blanches, ou, en d'autres termes, dissout l'argent de la plaque sans toucher au mercure. Il suffit donc de garnir les bords de la plaque d'une marge de vernis de graveur, et de verser sur l'épreuve l'eau-forle qu'où laisse réagir quelques minutes. Quand on juge la morsure suffisante, on lave la plaque à grande eau, et Ton enlève la marge de vernis; elle peut être immédiatement encrée et servir à l'impression. Mais l'argent pur est un métal trop mou pour suilire à un grand tirage; après quarante épreuves, la
}>lanche était épuisée. La gravure était d'aileurs fort imparfaite. M. Fizeau a résolu la question avec beaucoup plus de bonheur.
Voici un court aperçu du procédé curieux qu'il a imaginé. Ou commence par soumettre la plaque à l'action d'une liqueur légèrement acide qui attaque l'argent, c'est-à-dire l(;s parties noires de l'image, sans toucher au mercure qui forme les blancs. On obtient ainsi une planche gravée d'une grande per« l'ection, mais d'un très-faible creux. Or, la condition essentielle d'une bonne gravure, c*est la profondeur du trait ; car si les creux sont trop légers, les particules d'encre, au moment de l'impression, surpassant en dimension la profondeur du trait, l'épreuve;, au tirage, est nécessairement imparfaite. Pour creuser plus avant, on frotte la planphe gravée et peu profonde d'une huile grasse qui s'incruste dans les cavités et ne s'attache (Kis aux saillies. On dore ensuite la pl(.(,ue k l'aide de la pile voltaïque. Lor vient se
déposer sur les parties saillantes, et ne pénètre pas dans les creux abrités par le corps gras. En nettoyant ensuite la planche, on peut l'attaquer très-profondément par Teaulorte, car les parties saillantes recouvertes d'or sont respectées par l'acide. On creuse ainsi le métal à volonté. Enfin, comme la mollesse de l'argent limiterait singulièr^ ment le tirage, on recouvre la planche d une couche de cuivre par les procédés galvano* plastiques. Le cuivre, métal très-dur, supporte donc seul l'usure déterminée par le travail de l'impression. M. Fizeau a obtenu de cette manière des gravures offraut beaucoup de qualités. Nous devons ajouter cependant que ce genre de produits photographiques est assez négligé depuis quelques années, c'est-à-dire depuis les récents ft remarquables progrès de la photographie sur papier. On a réussi, en Angleterre, à graver les épreuves photographiques par un procédé encore plus hardi que le précédent. M. Grove est parvenu à ce résultat parla seule action d'un courant électrique. Si Foq attache une image daguerrienne au pôle négatif d'une pile vollaique, chargée d'une liqueur faiblement acide, en plaçant au pôle
f positif une lame de platine, l'acide attaque 'argent de la plaque et grave en creux le dessin. Une plaque ainsi traitée peutàpeine se distinguer de l'épreuve daguerrienne. Si on Texamine h la loupe, on y trouve les détails les plus 0ns et les plus délicats de rimpression lumineuse.
Ainsi un dessin tracé par la lumière est gravé par Télectricilé. Tout est surprenant, tout est merveilleux dans ces mille inreih tlons nouvelles qui, chaque jour, apparaissent autour de nous. La lumière est domptée, le fluide électrique e$t un serviteur obéissant ; de la lumière on fait un pinceau, et de l'électricité un burin. Partout la ma.n de l'homme est bannie. A la main tremblante de l'artiste, au regard incertain, à l'instrument rebelle, on substitue les forces inévitables des agents naturels. C'est ainsi que tous les arts, toutes les industries se trouvent aujourd'hui sous le coup de réiolutions profondes dont il est impossible (k calculer la portée; c'est ainsi que les puissances aveugles de la nature nienacentde remplacer partout la main et presque Pm* tetligence des hommes. Rien n'est plus propre à marquer la grandeur actuelle *ï^ sciences, à faire deviner le rôle immense qu'elles sont appelées à jouer dans l'avenir.
Photographie sur papier, — M. Blon^ quart-Evrard. — De$cription des vrccédù de la photographie sur papier. — Pnotogrophie sur verre. — Reproduction des couleun par le daguerréotype. — Ce n'est pas seulement sur aes plaques métalliques, c'est sur de simples feuilles de papier que Ton a ah pliqué les procédés photographiques: '« nous reste è parler de la belle série de ce> travaux
Lorsqu'un amateur de Lille, M. Blanquart- Evrard, publia , au commencement de Tannée 184.7, !a description des procédés de la
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olograpliîe sur papier, cette communicafui aocueilHe pér les amateurs et les les avec un véritable enthousiasme, car f répnndait à un vœu depuis longtemps éeljusque-ih resté à peu près stérile.
denoe aisément les nombreux avantaqae présentent les épreuves pbotoçraues obtenues sur papier. Elles n ont de ce miroitage désagréable qu'il est ifBciJe (le bannir complètement dans les NiTes sur métal, et qui a riiiconvénient rompre toutes les habitudes artistiques ; présentent l'apparence ordinaire d'un in; une bonne épreuve sur papier resble à une sépia faite par un habile ar- : l'image n'est pas simplement déposée surface comme dans les épreuves sur n(, elle se trouve formée jusau'à une lioe profondeur dans la substance du er, ce qui assure une durée indétinie et résistance complète au frottement ; le I n*est f)Oint renversé comme dans les ios du daguerréotype; il est, au contraire, liiemeut correct pour la ligne , c*esl-àque l'objet est reproduit dans sa situaal)solue au moment de la pose. En ouan dessin - type une fois obtenu, i! est ible d*en tirer un nombre indéCni de ». Enfin, l'énorme avantage de pouvoir ^tiloer une simple feuille de papier aux oes métalliques d*on prix élevé, d'une rioration facile, d'un poids considéraduD transport incommode; l'absence tout ce matériel embarrassant, si bien Uié bagage daguerrim^ qui rendait si difaux voyageurs l'exécution des manoeu^ (ihotograpniques, la simplicité des opé- QSf le bas prix des substances eméesy sont autant de conditions qui assu- ^ la photographie sur papier une utipratique véritablement sans limites. Il tlonc facile de comprendre l'intérêt avec el le monde des savants et des artistes eiilit les premiers résultats de la phoaphie sur papier. Le nom de M. Bian- 2rt-Evrard, qui n'était, si nous ue nous nipoos, qu'un marchand de draps de Lille, ••juil rapidement les honneurs de la céwité. Cependant, il faut le dire, il se J*"*il là un lait étrange et peut-être sans ^ypk dans la science. Les procédés pu- ■[« par M. Blanquart n'étaient, à cela près ■^quelques modifications utiles dans le ma- JJJ' opératoire, que la reproduction delà ■«hode publiée déjà depuis plus de six ans fjf un riche amateur anglais, M. Talbot. Or, nnssou mémoire, M. Blanquart n'avait pas j€iûe prononcé le nom du premier auteur JJ fe$ recherches, et cet oubli singulier ne pOvoqaa, au sein de l'Académie ni ailleurs, "cuoe réclamation. M. Talbot lui-même ne ^^m la peine d'élever la voix pour re- ' |«"<Jiq«er l'honneur de l'invention qui lui Wenaii. Il se comporta tout à lait eu ^f soigneur. 11 se oorna à adresser à j^^ij^uwamis de Paris deux ou trois de ses !^*>ns photographiques qui faisaient singu- ?.72<^*ni Pâlir les épreuves de M. Blanquart. w tffet, depuis 183^, alors que l'art photo-
graphique était encore à naître, M. Talbot avait essayé de reprodnire sur le papier les images de la chambre obscure. Déjà, d'ailleurs, et longtemps avant cetie époque, d'autres physiciens avaient abordé cette question, car c'est un fait à remarquer que les premiers essais de photographie ont eu pour objet le dessin sur papier. Niepce, au début de ses travaux, avait dirigé dans ce sens des recherches qu'il fut ensuite forcé d'abandonner. Avant lui, en 1802, Humphrr Davy s'en était occupé de concert avec Weagewood. Us avaient réussi à obtenir, sur du papier enduit d'azotate d'argent, des reproductions de gravures et dobjets transparents. Us avaient essayé de fixer aiL^^si les images de la chambre obscure; mais la fait)le sensibilité du sel d'argent leur avait opposé un obstacle insurmontable. On n'obtenait d*ai]leurs ainsi que des silhouettes ou des images inverses, dans lesquelles les noirs du modèle étaient représentés par des blancs, e< vice versa. En outre, le dessin obtenu, on n'avait pas réussi à le préserver de l'altération consécutive de la lumière ; abandonnée h la clarté du jour, l'image noircissait dans toutes ses parties et ensevelissait le dessin. On ne pouvait donc examiner ces productions éphémères que dans l'obscurité, en s'aidant de la lueur d*une lampe. La copie d'un dessin^ dés quelle est obtenue^ dit Humphry Davy , doit se conserver dans un lieu obscur. On peut bien l'examiner à Vombre^ mais ce ne doit être que pour peu de temps. Aucun moyen pour empêcher les parties tncolores de noircir à la lumière n'a pu réussir... Quant aux images de la chambre obscure^ elles se sont trouvées trop faiblement éclairées pour former un dessin avec le nitrate d^ argent^ même au bout d'un temps assez prolongé. Ce-tait là cependant Vohyt principal des expé» riences. Mais tous les essais ont été inuti^ les (1). Heureusement M. Talbot n'eut point connaissance des travaux de Davy et de Wedgewood ; il ignora l'espèce d*arrôt d'impossibilité qu'ils avaient prononcé; il avoue que devant la parole de tels maîtres il eût immédiatement abandonné ses recherches comme une poursuite chimérique. Cependant, après un travail de plusieurs années , il parvint à surmonter tous les obstacles. 11 résolut complètement la double difliculté de fixer sur le papier les images de la chambre obscure et de les préserver de toute altéralion ultérieure. En 1839, il se disposait à mettre sa découverte au jour, lorsquïl fut surpris par la publication imprévue des résultats de M. Daguerre. Il lit connatlre cependant quelques mois après l'ensemble de ses méthodes. En 1841, U compléta ses descriptions dans une lettre adressée à l'Académie des sciences de Paris ; mais l'attention était dirigée d'un autre c^té, et lannonce du physicien anglais ne tît en Franco aucune sensation. Quelques personnes es-
(i) Deêcriptîon d*un procédé pour copier den peimnre$ %ur terre et pour fane des silhoueliet par raction de la lumière iur le nitraie d'argent. {Journal de Cln* siituiicn royale de Londres^ l. I, pug. 17U 1801.)
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sayèrent de répéter ses procédés, mais divers essais infructueux firent croire que M. Talbot n*a?ait dit son secret qu*à moitié, et peu à peu la photographie sur papier tomba parmi nous dans un complet oubli. Seulement quelques artistes nomades, munis de quelques renseignements plus ou moins précis, parcouraient la province, vendant aux amateurs le secret de cette nouvelle branche de la photo^aphie. C'est dans ces circonstances que M. Blanquart fit paraître son mémoire. Il y reproduisait, sauf quelques modifications , le procédé de M. Talbot ; seulement ses descriptions étaient beaucoup plus précises et plus complètes que celles du phjrsicien anglais.
Tel est rbisloriquc fidèle de la découverte de la photographie sur papier. C'était pour nous un devoir que de bien établir à ce sujet les droits méconnus d'un savant étranger, assez malheureux déjà d'avoir été devancé dans sa découverte par M. Daguerre , pour que Ton respecte au moins les titres incontestables qui recommandent son nom à la reconnaissance des savants et des artistes. Avant de présenter Texposé sommaire des procédés de la photographie sur papier, donnons en quelques mots la théorie générale de l'opération. Tout le monde sait 2ue les sels d'argent naturellement incolores, tant exposés à l'action de la lumière solaire ou diffuse, noircissent très-promptement par suite d'une décomposition chimique provoquée par l'agent lumineux. D'après cela , si l'on place au foyer d'une chambre obscure une feuille de papier imprégnée d'une dissolution d'un sel d'argent, l'image formée par l'objectif s'imprimera sur le papier, parce que les parties vivement éclairées noirciront la couche sensible, tandis que les parties obscures restant sans action, laisseront au papier sa couleur blanche. On obtiendra ainsi une sorte de silhouette dans laquelle les parties éclairées du modèle seront représentées sur l'épreuve par une teinte noire et les ombres par des blancs : c'est ce que l'on nomme une image inverse ou négative , selon l'expression consacrée. Maintenant , si Ton f)Iace celte image sur une feuille de papier imprégnée d'un autre sel d'argent et qu'on expose le tout à l'action directe du soleil, l'épreuve négative laissera passer la lumière à travors les parties transparentes du dessin et lui fermera passage dans les portions opaques. Le rayon solaire allant ainsi agir sur le papier sensible placé au contact de l'épreuve négative , donnera naissance h une image sur laquelle les clairs et les ombres seront placés dès lors dans leur situation naturelle, on aura donc formé ainsi une image directe ou positive. Tel est le principe général de la photographie sur
Eapier (1). Le procédé pratique de cette ranche nouvelle de l'art photographique se
(1) En appliquant une gravure, une lidiogra|ibie sur un papier imprégné de chlorure d*argeni, ei eu eiposaul le loiU au soleil, on peut reproduire celle gravure, celle liihographied'une manière lrés*slmpl«
compose, diaprés cela, de deux séries dis. tinctes d'opérations : la première ayant pour effet de préparer l'image inverse; la seconde, de former l'épreuve redressée. On obtient l'épreuve inverse en recevant Timage de la chambre obscure sur un papier enduit d'iodure d'argent. Comme ce sel s'impressionne beaucoup plus promptement quand on Kentretient a l'état humide , on place le papier photogénique sur quelques doubles de fiapier humecté d'eau, et, pour lui donner une surface égale et parfaitement unie, on le presse entre deux glaces. Les choses ainsi disposées , on place ce système au fojer de la chambre noire, l'interposition de la glace transparente ne nuisant aucunement à Taction de la lumière. Au bout de trente ï cinquante secondes, l'effet lumioeui esl produit ; l'iodure d'argent se trouve décomposé dans les parties éclairées , et , dans les points sur lesquels a agi la lumière, roxfde d'argent est rendu libre. Cependant l'altération chimique qui vient d'avoir lieu n'est en aucune façon accusée à la surface du papier, on n'y observe aucune trace de dessin; mais si on le plonge dans une dissolution d'acide gallique, ce composé forme, avec ToxTde d'argent mis en liberté , un sel , le gaûale d'argent, d'une couleur noire foncée, et l'image apparaît subitement. Il ne reste plus qu'à enlever l'excès du composé d'argeul non influencé pour préserver l'épreuve de l'action ultérieure de la lumière. On y parvient en plongeant ce dessin dans une dissolution dhyposulfite de soude qui dissout immédiatement l'iodure d'argent.
Pour obtenir l'image redressé^ , on plarr l'épreuve négative, obtenue par les moyons qui viennent d'être rapportés, sur un papier imprégné de chlorure d'argent , on les serrv tous deux entre deux glaces, l'épreute négative en dessus, et l'on expose le tout au soleil ou à la lumière diffuse. La dun;e de cette exposition varie depuis une demiheure jusqu'à quatre heures à la lumière diffuse, el au soleil depuis quinze jusqu> vingt-cinq minutes. Au reste, comme oi peut suivre de l'œil la formation du f^h^^\^* on est toujours le maître de s'arrêter quani on juge le trait suflisamment renforcé. Enfin, pour lixer l'image, on la place dans une dissolution d'hyposulûte de soude qui eulève l'excès de chlorure d'argent non influencé. En prolongeant plus ou moins li durée du séjour dans le bain d'hyposulfite de soude, on peut communiquer à l'épreuve une couleur qui varie , en parcourant loule l'éclielle des tons bruns el des bistres, jusqu'au violet foncé et au noir intense. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que réprtuvtj négative peut servir à donner un lrès-gra«>i nombre d'autres épreuves positives , et qu'une fois obtenue, cette espèce de lyi^ peut fournir des reproductions indéfinies
el sans appareil optique. G^esl une petite opénMi qui ne manque p.is d'intérêt el qui peut avoir ^^ utilité. On «i jugé nécesHuirc de créer un uiol pou^'' désigner : on rappelle aulopholograpkie
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tl existe UD aaire procédé de photographie ir papier qni a ravantage de donner du )f0iercoap une épreuve directe sans passer irlVpreuYe inrerse. Il consiste à placer los ia ebambre noire un panier imprégné I chlorure d'argent, préalaùlement noirci ^ faction ds la lumière et plongé ensuite lis une dissolution d'iodure de potassium. I mélange de ces deux composés produit letfet précieux. La lumière le détruit et H ip{iaraitre par conséquent la surface libi'he du papier. On forme un dessin blanc t un fond coloré , et l'image est directe. poDS cependant que les détails de ce proie ue soDt encore dévoilés qu'à demi. On Kre que c*est par une méthode de ce inre qu'opère M. Bayard , employé au histère clés finances , connu depuis longfUfy par ses admirables épreuves sur ^er.ll en obtient des résultats si magni- ||K^quela gravure peut à peine en égaler Iferfeclion; nous avons vu de lui des desbdeTant lesquels un artiste serait tenté blinserses crayons. Malheureusement ces lils s'altèrent à la lumière; conservés :ot quelques années , ils tinissent par il paraît de plus qu'on ne peut
^quepar une exposition prolongée en 5ûieil; par conséquent la reproduction objets animés serait interdite. Toute* n&us en sommes pour tout cela réduits «conjectures, car les détails de ce procédé vtQt encore qu'imparfaitement connus.
h photographie sur papier est loin d'être Irenue aujourd'hui à son dernier degré ip*.rfeclion. Ses produits sont encore fort liiessous des planches daguerriennes. On 'cliercherait en vain la rigueur , la délicate du trait 9 la dégradation admirable des les qui font le charme des épreuves mé- Viques. Il ne peut guère d'ailleurs en être bernent. La surface plane et polie d'un lai offre pour l'exécution d'un dessin l'^l^phique des facilités véritablement s pareilles; au contraire , la texture fl- F^se du papier , ses aspérités « la commu- RitloQ capillaire qui s'établit entre les ^•:fses parties de sa surface inégalement liipr«ssionnées, sont autant d'obstacles qui ^'Jpf'OseDt à la rigueur absolue du tracé 11- ^ire cooime à l'exacte dégradation des ^nies. 11 ne faut donc pas s'attendre à voir, Mnode quelques personnes l'ont pensé , la Ny,5Paphie sur papier détrôner la photo- ^^|hie sur métal. Ces deux branches de '>rt ont chacune leurs qualités et leurs >*!^oiages spéciaux; toutes deux elles marcWoQt parallèlement, satisfaisant à des ^^i^ences diverses. Lorsqu'il s'agira de réductions qui demandent une netteté et ^i>« rigueur absolues , quand on voudra f^jiiscr les plus parfaites conditions de l'art, "'> 3ura recours aux plaques métalliques. '^i> s'adressera aux dessins sur papier quand ^^^cierchera dans les reproductions photoéf^phiques ce qu'il faut y chercher surtout, (^!>Uà--dire des images fidèles dans leur 'o^^'inble, arrêtées dans leurs principaux ^^UiU, qui^ obtenues par une mani[)ulation
prompte etfiicile, puissent se conserver sans trop de précautiou , se renfermer en grand nombre sous un faible volume et se transporter aisément. AiuM le daguerréotype con^ servera le 'privilège de la reproduction des grands sites artistiques, des monuments» des portraits , des représentations délicates qui intéressent l'histoire naturelle; les papiers photogéniques seront aux mains du voyageur ({ui ne sait pas dessiner, ou de l'artiste qui n'a pas le temps de dessiner.
On désigne sous le nom de photographie sur verre un procédé nouveau qu'il importe de signaler en raison des admirables produits auxquels il donne naissance. Comme le nom de photographie sur verre est susceptible de jeter une certaine confusion dans les esprits, il est nécessaire de bien préciser la nature de ce nouveau procédé.
La photographie sur verre n'est, à proprement parler, qu'une modification , mais une modification très-heureuse de la photographie sur papier. Nous avons fait ressortir f»lus haut les inconvénients que présentent es épreuves sur métal; ces inconvénients disparaissent dans les épreuves sur papier, mais ces dernières offrent à leur tour des défectuosités particulières qui consistent dans le défaut de netteté du trait, résultat inévitable de la conteiture du papier. C'est pour parer à ce défaut que l'on a eu l'idée d'employer, pour former l'image négative , au lieu de papier , une lame de verre ou une feuille mince et flexible de mica , sur laquelle on étend une légère couche d'albumine ou blanc d'œuf. L'albumine étant séchée fournil une substance égale, parfaitement polie et éminemment propre à donner au dessin un contour précis et arrêté. Cette lame de verre, ainsi recouverte d'albumine, est ensuite imbibée avec le sel d'argent, comme s'il s'agissait d'obtenir sur le papier une image négative, et, en opérant comme à l'ordinaire , on forme à sa surface l'image négative. Celle-ci obtenue, ons*en sert pour produire l'image directe que l'on forme cette fois, non plus sur une lame de verre , comme le pensent bien des personnes, mais simplement sur une feuille de papier, en se servant des moyens habituels. L image terminée, on la recouvre habituellement d'un vernis (1). C'est par ce procédé que s'exécutent les plus belles épreuves sur papier. On les reconnaît facilement à la rigueur extraordinaire du dessin et à ses contours admirablement arrêtés. Elles peuvent presque rivaliser sous ce rapport avec les produits de la plaque.
La .photographie sur verre a été imaginée par M. Niepce de Saint- Victor , neveu de Joseph Niepce, le premier inventeur de la photographie. Voue par une sorte de souvenirs de famille à l'étude de ces questions , M. Niepce de Saint- Victor poursuit depuis
(1> Quelques opérateurs remplacent la lame de verre pour la formation de Timage négative, par une feuille de papier revéïu d'uue oouclie d'albumine ou de ciro.
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plusieurs années une série de travaux ayant la pholographif» pour base, et il s'adonne à ces recherches délicates avec une ardeur et un zèle que rend plus méritoires encore la nature de sa profession. M. Niepce est officier de notre armée. Lieutenant de dragons, il demanda, en 18^6, h être admis dans la garde municipale de Paris afin djèlre mieux placé pour suivre la série de ses expériences. II occupe aujourd'hui le grade de capitaine de cavalerie dans la garde républicaine. Par ses services militaires et par ses travaux scientifiques, il honore doublement le titre d'officier français.
Nous venons de présenter l'histoire de la photographie, d'exposer ses perfectionnements successifs et de marquer l'état actuel de ses méthodes. Est-il nécessaire d'ajouter maintenant que, pour clore la série de ces créations remarquables, un dernier pas reste à fr.iuchir. Tous nos lecteurs l'ont dit avant nous, car c'est là le problème que l'impatience des gens du monde ne cesse de poser à la sagacité des savants; il reste à reproduire les couleurs. Aux produits dc^jà si merveilleux de l'appareil de Da^uerre, à ces imiges d'une si admirable fidélité, d'une délicatesse si parfaite, il faut ajouter le charme du coloris. Il faut que le ciel , les eaux, toute la nature inanimée ou vivante puisse s'imprimer sous nos veux en conservant la richesse, la variété, l'harmonie de ses teintes. L'action de la lumière nous donne aujourd'hui des dessins, il faut que ces dessins deviennent des tableaux. Mais , avant tout, le fait est-il réalisable et la reproduction spontanée des couleurs naturelles ne dépasse-t-elle point la limite des moyens dont la science dispose aujourd'hui? Si Ton eût, il y a quelques années, adressé cette question à un savant initié aux lois générales de l'optique, il n'eût guère hésité à condamner une telle espérance. « Rien n'autorise, aurait-il dit, rien ne justifie Tes-
Eoir de fixer un jour les images de la chamre obscure en conservant leurs teintes naturelles; aucune des notions que nous avons acquises sur les propriétés et les aptitudes de l'agent lumineux ne se trouve liée à un phénomène de cet ordre. On comprend au point de vue théorique l'invention de Daguerre et le parti qu'on en a tiré. Il a suffi, pour en venir là, de trouver une substance qui, au contact des rayons lumineux, passât du b.anc au noir ou du noir au blanc. Il n'y avait dans cette action rien de très-surpiHenant en fin de pompte, rien qui ne fût en harmonie avec les faits que l'optique nous enseigne; mais de là à l'impression spontanée des couleurs il y a véritablement tout un monde de difficultés insurmontables. Remarquez bien, en eflTet, qu'il s'agit de trouver une substance , une même 8ub$lance qui, , sous la faible action chimique des rayons lumineux, soit influencée de telle manière que chaque rayon inégalement coloré provoque en elle une modification chimicjne particulière, et de plus que celte mo«iificatipn ait pour résultat de donner autant de
composés nouveaux reproduisant inléçralemeut la couleur propre au rayon lumineux qui les a frappés. Il y a dans ces deuxfaiu, et surtout dans l'accord de ces deux fait$, des conditions tellement en dehors des phénomènes habituels de l'optique, que Ton peut affirmer sans crainte qu'un tel problème est au-dessus de toutes les ressources de la science. »
Ainsi eût parlé notre physicien , et (xîrtes il eût trouvé peu de contradicteurs. Cependant une observation des plus inattendues est venue changer, on peut le dire, toute la face de la question. H. Edmond Becquerel a réussi, en 1818, à imprimer sur une pla(|ue d argent l'image du spectre soUÙTe. On sait ce que les physiciens entendHilpâr spectre solaire. La lumière blanche, la lumière du soleil, résulte de la réunion d'uu certain nombre de rayons diversement colorés, dont l'impression simultanée $urDO< tre œil produit la sensation du blanc. Si l'on dirige, en effet, un ravon de soleil snr un verre transparent taillé en prisme, les différents rayons composant ce faisceau de lumière sont inégalement réfractés dans Tiotérieur du verre ; au sortir du prisnoe, ils se séparent les uns des autres, ils divergent en éventail, et viennent former sur l'écran où on les reçoit une image oblongue dans laquelle on retrouve isolées ioules les couleurs simples qui composent la lumière blanche; on y voit assez nettement indiqués If rouge, l'orangé , le jaune, le vert, le bien, l'indigo et le violet. On donne le nom k spectre solaire à cette bande colorée qui provient de la décomposition de la lumière, C'est là l'image que M. Edmond Becquerel a imprimée sur une plaque d*argunl qa'il avait préalablement exposée à raciion liu chlore. Ce fait suftit évidemment pour prouver que la reproduction f)hotogénée des c/>uleurs est une opération désormais réalisable, car il fait voir qu'il existe des agents ctiioiiques capables de s'impressionner au coDlact des rayons lumineux, de maoière à conserver les teintes des rayons qui lesontfrap(ié$.
Il nefiiudrait pas cependant s'exagéror les conséquences de ce fait. L'observaliuu de M. Becquerel présente une valeur tbéoriqm* de premier ordre , mais elle ne fournit encore aucun moyen pratique d'arriver è la reproduction des couleurs. En effet, cède image colorée n'a pu être fixée par aucun agent chimique; nar conséquent, lorsqu'on l'expose à la clarté du jour, le chlorure d'argent continuant à s'impressionner, toute ia surface de la plaque devient noire et tout s'évanouit; pour l'empêcher de se détruire, il faut la conserver dans une obscurité cooiplète. Une autre circonstance défavorable, c'est l'extrême lenteur avec laquelle sVcomplit l'impression lumineuse. L'aiW directe du soleil s'exerçaut pendant deui heures est indispensable pour obteuir un résultat; aussi les images de la chambre obscure seraient-elles trop faiblement édurées pour agir ainsi sur la plaque; des journées entières n'y suffiraient pas. U û»*^
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