‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 13 sur 209 · IM · texte numérisé non relu

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C'est nu isrand in-folio de caractères gothiques et rempli de figures enluminées.

On lit aussi le nom de cet imprimeur h YExplicatio Gregorii papœ in Psaimoi pantttniialeSf in-4% à Mayeuce, 1&95,

Les inventeurs de Timprimerie ne firent point d*éditions grecques ; ils imprimèrent ^ seulement à cet égard quelques roots ou ' quelques lignes, comme on voit par les Offices de Cicéron, de Mayence» 1465. Ce fut eu luiiic que se firent les premières impressions des auteurs grecs, et Ja ville de Venise, ou plutôt son illustre imprimeur Aide-Pie Manuee, eut Thonueur de publier, sinon les premières, du moins les plus belles et les plus considérables éditions en cette langue, a.vant inventé et gravé lui-môme les caractères dont il se servit. Il commença par Arislote, tout grec, en 4 volumes in-l'olioi d*une grosse lettre.

Quant aux impressions en langue et caractères hébraïques, les premières ont été faites vers Tan 1480, par les juifs d'Italie, à Soncino, petite ville du duché de Milan; et les premiers imprimeurs furent le rabbin Josu^, et le rabbin Moïse, fils du rabbin Is* raël Nathan, de Soncino, qui descendait d*un juif allemand de la ville de Spire. Celte famille se multiplia, et i^orta l'imprimerie dans quelques villes d*ltalie, comme à Urescia, à Bologne, à Rimini, à Pesaro , où ont été laites des impressions hébraïques, avec Tinscription que c'étaient des imprimeurs de Sonci no ou de la famille de Soncino qui les avaient faites.

Après ce premier temps, les juifs et les chrétiens firent des impressions en hébreu dans plusieurs villes de l'Europe.

Nous ne pousserons pas plus loin la recherche de ces premières impressions ; elles se multiplièrent tellement, lorsque cet art se fut répandu, aue, dès Tannée 1(74, la plupart des bons livres avaient été imprimés déjà plus d'une fois; et cette quantité augmenta bien autrement encore dans les années qui suivirent jusau'à la fin du siècle ; en sorte que c'est avec beaucoup de fondement qu'on a remarqué qu'un nomme seul pourrait à peine suflSre pour dresser la notice de ces anciennes éditions.

Au reste, le principal mérite de ces premières impressions est de faire connaître les commencements et les progrès de Tari ; mais il ne faut pas admettre le préjugé de ceux qui disent qu'elles sont toutes précieuses, comme étant plus conformes aux manuscrits, et qu'elles peuvent en tenir lieu, d'autant qu'il a été démontré par de savants critiques que beaucoup d'entre elles oDi été faites sur de mauvaises copies, par des imprimeurs incapables d'en juger.

imprimeun français. — L'art de l'imprimerie passa de l'Allemagne à Paris par les soins de la société de la Sorbonue, en

Ulrich Gering, de la ville de Constance, et ses deux associés, Martin Crantz et Michel Friburger de la ville de Colmar, se rendirent aux sollicitations de Guillaume Fichet

et de Jean de la Pierre, docteurs et savants qui les reçurent dans la maison de Sorbonne.

Les premiers livres qui sortirent des presses de ces imprimeurs, en 1470, 1471 et 1472, et que l'on garde dans la bibliothèque de la Sorbonne, sont :

1" Gasparini Pergamensis epistolarum Li^ ber; in-1';

^ Lucii Ànnœi Florin de iota Hisioria Titi Ltvii EpUome in quatuor libro» divisa ; in-4*;

3* Caii Crispi Sallustii de Lucii Catilinœ eonjuratione Liber.— Ejusdem Sallustii Liber de bello Jurgurlhœ contra populum Ronui» num; in-4*, sur vélin;

4* Guillehni Ficheti Âlnetani Rhetoricorum libri très ; in-4*, sur vélin.

Tous ces livres sont imprimés de mêmes lettres fondues dans les mêmes matrices. C'est un caractère rond de gros-romain.

Comme l'impression ne faisait que de naître à Paris, et que ces premiers livres sont comme desessajs de l'art, il se trouve en

3uelques-uns des lettres à demi formées, et es œotsè moitié imprimés qu'on a achevés avec la main. Il v a même quelques épilres imprimées dont l'inscription n*est que manuscrite. Il n'y a point de lettres capitales. Les premières lettres sont omises ; on y a laissé de la place pour y peindre une pre* mière lettre en or ou en argent. Il y a plusieurs mots abrégés; toutes les anciennes impressions ont ce défaut.

Le papier n'est pas bien blanc ; mais il est fort et bien collé. L'encre est d'un beau noir.

Ces premières éditions offrent guciques lignes en lettres rouges et sur vélin. Il y a de ces ouvrages qui commencent par le folio verso, comme le Florus.

Ils sont tous sans titre, sans chiffre et sans signature. Ces anciens imprimeurs ne commencèrent à mettre des signatures, c*est-àdire des lettres alphabétiques au bas des feuillets, qu'en Tannée 1476.

Antoine Zarot, imprimeur à Milan, avait commencé à bien placer les signatures audessous de la dernière ligne ; mais il voulut ensuite changer cette bonne manière, eu les mettant mal à propos au bout de cette môuie ligne, pour les faire servir de dernier mot, comme il parait par son édition duJBAK Simon eta de gestis Francisci Sfortia ducis Jfediol. de l'année i486.

On mit des titres et des chiffrefi, en ikTl^ aux sermons de Léonard de Cdiuas. Cts chiffres furent alors placés au haut des pa-

f;es, non point au bas, comme s'avisa «le aire Thomas Anskelme, libraire d'Haguenau, dans l'édition qu'il donna iu-foJio , année 1514, du DictiontuUre grec d'Hésy^ chius.

Il n'y a point de réclames dans ces pre* mières* éditions. Les imprimeurs de Paris ne les ont employées que iort tard^ vers t'an-

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DES INTENTIONS

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née 1330. L'Italie afait commeocé avant ce (emp$ à les mettre en usage dans ses anciens lifres. Le registrum fut employé d*abord en Ilalie. Gering Ta employé ensuite en France dans quelques éditions, comme dans les 5er* wunu de saint Augustin^ dans le Béda sur sent Pautt de liS^, et dans les volumes de druil.

Yuici comment, à cetégard, on s*y prenait autrefois. On rassemblait à la fin du volume les lettres alphabétiques qui servent de signature, et les premiers mots des quatre preaijers feuillets compris sous chaque lettre. Cepeadaoty comme cela remplissait une page d*ifflpression, on Tabrégea, comme fît Geriog, qui le mit en deux ou trois lignes, marquant seulement toutes les signatures ou htlrts alphabétiques, et combien chacune était multipliée de fois, en cette façon : OmnessmUtenûonesouquatemiones.

Le registruna est présentement supprimé dans les imprimeries ; et on a assez pourvu à la ficiltté de la reliure par Tassemblage de trois choses* de la signature au bas des jpages, des chiffres en haut de chaque feuillet, cl des réclames, auxquelles les relieurs doivent avoir recours, et particulièrement ceux qui collaLîoQDent le^ livres, s'ils veulent ne point les avoir défectueux.

Ce fut dans le même endroit du collège

de Sorbonne où nos trois premiers impri-

JDeufs êmeot travaillé, que Gérard Morrhy,

i//eaiaod, établit son imprimerie et dressa

des presses. Soixante ans après il imprima

parfaitement bien un Lexicon^ grec-latin,

lo-folio. Il en date la préface au lecteur en

c^ termes : Yale, Parisis^ apud Sorbonam^

1530, moue Februario ; et met ces autres

mots à la fin du volume : Imprimi curabai

Gerardus Morrhius Campensiê, apud colle-

9û» Sorftoiur, anno 1530.

11 imprima encore Tannée suivante, le

coffimenlaire d'Agathius Guidacérius sur le

CoMiique des Cantiques^ in-4*, et un autre vo-

/ume encore in-4!* ; c'est le commentaire de

Galieo sur le traité d'Hippocrate De salubri

àimta:oii lit sur ces deux volumes : Parisiû^

^offeina Gerardi Morrhii CampensiSf apud

toUegium Sorbanœ , 1S31. On garde toutes

ces âitionsà la bibliothèque de la Sorbonne.

Les plus anciens imprimeurs qui se sont

éUblis à Paris après Ulrich Gering et ses as-

^lés, soDt Pierre Caesaris et Jean Stol. Ils

étaient tous deux Allemands, étudiants dans

l'université, et Cssaris y avait pris le grade

d^ maître es arts. Ils furent instruits par

Gering dans Tart de l'imprimerie.

Cependant les deux docteurs, amis de ces pftrmiers imprimeurs, quittèrent Paris, après ^^oïr procuré à cette capitale l'établissement de riuiprîmerie.

fichai he rendit à Rome, appelé par Sixte IV ; et là, Pierre méditait son retour en Aiieuiagne » lorsque Ulrich Gering et ses A&soeiés retirèrent leurs presses du collège <k: Sorbonae, et allèrent les placer dans une maison de la rue Saint-Jacques, en' 1473; ^U prirent pour enseigne le Soleil-d^Or, bes impressions sortirent de ces presses,

I>ICn03l5. 0mi l3iVE2CTIO?IS. II.

établies dans la rue Saint-Jac^jues, par Mar« tin Crantz, Ulrich Gering et Michel Friburger.

Les livres de cette seconde liste ne sont pas du même caractère que ceux de la première. Ces éditions faites dans la rue Saint- Jacques sont de nouvelles lettres fondues dans de nouvelles matrices. On ne retrouve plus dans ces impressions les caractères do^ Sorbonne, qui ont été les premiers essais de l'imprimerie de Paris. Il semble que ces premiers imprimeurs, en retirant leurs presses de cette maison, rompirent tous les instruments qui n'avaient servi qu'à faire voir leur nouvel art dans son enfance.

On remarque dans ces imprimés trois ou

Îuatre sortes de caractères : le Guy de iont'Rocher de 1473, le Barthélémy de Pise, le Durand^ le Platea^ \ Angélus de Aretio^ la Légende j le Léonard de Udine^ sont d*une lettre qui n'a pas la même beauté que celle qu*ils employèrent en Sorbonne. Elle revient assez à l'écriture de ce temps-là. Elle n'est pas néanmoins gothique, mais semblable aux impressions de Majence faites par Pierre Schœffer.

Le Zamora^ le Saint Grégoire de 1475, iûfolio; le Saphologium et la Bible sont à peu près du même caractère, mais un peu plus gros.

Le Summadevirtuiibus, le Nider prœcepto* rium, les Homélies de saint Grégoire sur Exéchiel, le Nicolas de Lyra^ sont d'un bon caractère romain, c'est-à-dire, d'une autre lettre plus ronde et mieux formée. Mais Eyb^ le Guy de Mont-Rocher de l'année 1478, YAristote^ le Nider consolalorium^ le Hu^ gués Cardinal^ avec les opuscules qui y sont joints, sont d'une grosse lettre romaine bien nette et bien formée. Les belles éditions de Venise, faites par lés célèbres imprimeurs Jean et Vendelin de Spire, Nicolas Jenson , Jean de Cologne, Jacques de Rubeis, Octavien Scoti, Jean et Grégoire de Forlivio et autres, n'ont rien au-dessus de celles-ci. Les caractères en sont presque aussi beaux que ceux qui ont paru en France. De sorte que l'on peut dire avec justice et vérité qu'Ulrich Gering est non-seulement le premier imprimeur de Paris et de France, mais qu'il est encore le plus habile de son temps.

Il faut remarquer qu'Ulrich Gering était seul quand il imprima ces volumes. Il est probable qu'après l'impression des Sermons du carême de Léonard de Udine, en 1477, ses deux associés, Martin Crantz et Michel Friburger, retournèrent en Allemagne. En effet, depuis cette année-là, il n'est parlé d'eux nulle part, au lieu qu'on voit Gering passer le reste oe ses jours à Paris, et se taire de nouveaux associés, entre au très fierthold Rembold, avec qui il entreprit beaucoup d'éditions. C'est pour cela qu'Ulrich Gering doit être regardé comme le premier imprimeur, quoiqu'il n*ait sur quelques livres que le second rang et sur d'autres que le troisième.

Après l'impression aes livres de cette se* conde liste, Ulrich Gering quitta la rue Saint' Jacques, vint établir sou imprimerie

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vl faire sa dernière demeure dans la rue de Sorbonne. Ce fut sur la Qn de Tannée 1483 qu'il loua des docteurs, ses anciens amis, une maison dans cette rue, où pendait l'enseigne du Buis^ et où il transporta son enseigne du SoUild'Or, Cette maison lui fut donnée par un bail è vie, à la charge de payer neuf livres chaque année.

Ulrich Gering fut de son vivant le bienfaiteur du collège de Sorbonne et de celui de Montaigu, et It^nr fit des legs considérables l\ sa mort , qui arriva le 23 août 1510. 11 exerça Timprimerie à Paris pendant quarante années où il eut la satisfaction de voir ce bel art , qu'il avait apporté d'Allemagne , parfaitement établi et pratiqué par un grand nombre de ses élèves.

Trois ans après la mort de Gering, son associé Rembold, qui s'était marié avec Charlotte Guillard, loua des docteurs de la société de Sorbonne une maison dans la rue Saint-Jacques , où pendait pour ensei*gne le Coq et la Pie. Le bail lui en fut fait Tannée 1507, pour sa vie et celle de sa femme, à la charge de payer tous les ans douze livres et d'y faire un bâtiment de six cents livres, ce qui fut exécuté. Il porta avec lui Tenseigne du Soleil^ qu'il avait eue en commun , dans la rue de Sorbonne avec Ulrich Gering, et commença Tannée 1509 à imprimer en son nom seul sous cette enseigne, \q Saint Bruno sur les épîtres de saint PauU et y fit plusieurs autres impressions jusqu'en Tannée 1518, en laquelle il mourut.

Quand Gering commença l'imprimerie à Paris, il employa de bons caractères, et tint ferme longtemps contre l'usage des autres imprimeurs, qui introduisirent la lettre gothique ; mais enfin il se laissa entraîner lui-même. II est le premier qui ait donné les plus belles lettres ; mais il n'est pas le premier qui se soit relâché et qui se soit servi des lettres gothiques.

Cependant ce ne sont point les imprimeurs de France qui sont les auteurs de ces lettres gothiques. Dès Tannée 1471, on .s*en est servi en Allemagne ; dès lors Henri Eggestein avait imprimé de ce caractère un gros volume du Décret de Gratieu qu'on voit dans la bibliothèque de Sorbonne.

Ce fut surtout Venise qui, après avoir eu In gloire, comme on Ta dit plus haut, d'avoir employé les plus belles lettres, Ta beaucoup diminuée par une foule d'impressions gothiques qu'elle fit dans ces premiers temps, ot qui donnèrent partout le mauvais exemple.

Il s'est même trouvé des imprimeurs à qui le mélange bizarre des deux caractères a plu, et qui ont employé la belle lettre et le gothique dans un même livre.

Robert Etienne , dans la seconde édition, ou 1543, de son Dictionnaire en latin eu deux gros volumes, n'ajrant rien mis de gothique dans le premier tome , commence le second par la lettre L, et imprime en gothique tous les premiers mots alphabétiques do ce tome, et ceux auquels il renvoie, en I)Ounes lettres. Sans doute qu'il voulut sui-

vre en cela Texemple de son beau-père, Simon de Colines, qui avait fait la même chose Tan 1520 dans l'impression du gros Dictionnaire de droit en deux volumes in-fol. de Jean de Montholon, intitulé Promptuarium divini et humani juris.

Le grand nombre d'abréviations souvent énigmatiques qui fut introduit dans quelques-unes de ces premières impressions , eut un autre défaut d'autant plus insupportable, qu'il Gt rejeter la plupart de ces éditions. On fut même obligé, pour ensei^ gner è lire ces abréviations dans les volumes de droit, de faire un livre intitulé :ilfodus legendi abreviaturas in utroque jure , imprimé in-8'', à Paris par Jean Petit, Taa

Ulrich Gering, instruit vraisemblablement è Mayence, avait imprimé en rougp dès Tannée 1470, le titre de la lettre de Fichet au cardinal Rolin. Mais il a employé cette couleur dans toute sa beauté et tout son éclat dans les impressions qu'il fit depuis en rouge et en noir du Psautier, du Diurnal, du Bréviaire, du Missel, des Heures, à Tusage du diocèse de Paris, et de quelques volumes de droit.

Ce mélange des deux couleurs donne de l'agrément à l'impression et réjouit la vue, qui se plattdans cette diversité. Les meilleurs imprimeurs ont suivi Texemple de Gering ; dans l'impression des livres d'église, ils ont distingué ce qu'on appelle rubriques

f)ar le rouge. On a blâmé ceux qui avaient ait au contraire imprimer les rubriques eti lettres noires.

On commença à graver des poinçons, à frapper des mairices et à fondre des lettres grecques à Paris, autant qu'il en fallait pour avoir des éditions entières en cette langue. Tannée 1507. Ce fut François Tissard qui eu prit le soin, et qui sollicita Gilles Gourmont d'établir son imprimerie. Des livres grecs

{crûrent cette année-là pour l'étude de cette angue dans Tuniversite. Le premier livre ^rec qui sortit des presses françaises fut un in-4* contenant les sentences des sept sages de la Grèce, les vers dorés de Pylhagore, le poëme moral de Phocylide, les vers de la hibylle d'Erythrée, avec Talphabet grec, et quelques autres opuscules.

Gilles Gourmont fut encore le premier im-

Erimeur de Paris qui eut des caractères hé* reux, en 1508, et qui en fit les premiers essais, de m^me sous les yeux de François Tissard. Le premier ouvrage en hébreu oui sortit de ses presses fut une Grammaire A^braïque in-4*. Elle est dans la bibliothèque de Sorbonne.

Après Gilles 'Gourmont, les imprimeurs se pourvurent de caractères grecs, et firent de belles éditions en cette langue.

Josse Badins, né ^ Ascba, petite ville dans le Brabant autrichien, en 1462, fut un des hommes les plus savants de son temps. 1| commença par faire Toffice de correcteur des manuscrits et des imprimés, à Lyon, chez Jean Treschel. Après m mort de cet impri* meur, dont il épousa la fille. Badins vint

DES INVENTIONS

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«'toblir à Paris li fut reçu professeur en cm dans cette Tille, et ne tarda point à <^le- Ter Qoe imprimerie sous le nom de Prœlum mcmsimmn, lifit grand nombre d'éditions très-estimées par leur correction et par les préfaces savantes dont il les enrichit. On a de lui plusieurs auteurs classiques imprimés en lettres rondes. Il mourut è Paris, en 1535. Robert Estîenne, Michel Vascosan, Jean de Foignj, étaient ses gendres.

Il faut oom|)ter parmi les premiers et les ilt$ célèbres imprimeurs qui vinrent s*éta-

ira Paris, vers 1480,Antoine Vérard, dont ma UD grand nombre de belles éditions. Il I publié plus de cent volumes de romans s3rTéliD,et ornés de très-belles miniatures, (|ij imitent parfaitement les beaux manus* ."nu d'après lesquels ils sont imprimés.

Ofl a aussi de cet habile imprimeur les Mittfuef et les flAtme^d'Aristote, traduites rt rooimentées par Oresme, in-fol., 1486 et lîl8.1la imprimé V Horloge de Sapience^ infol.. U93; les Grandes chronique$ de France^ jTolames in-fol. 1493 ; le Boccace des no-- ^ d t&tbrei femmes ; le Roman de la Rose^ ivfo}.; PaUierium Davidicum, en lettres ç^es rouges et noires ; VOrdinaire des

'^Mu, in-fol., 1494 ; la Bible historiée, 3

V'i M., 1496; les Prophéiies de Merlin, in-

^•litt; \eRaiionaldes divins offices, de Guil-

booe Durand, ÎQ-fol., 1504, traduit, de Tor- ^A^Charles V, par Jean Holain, provincial is Carmes ; l'iTti^otrede Jo«e'pAe,traduite en fnnrais et dédiée è Charles Vlll, etc.

Mîchel l>noir, Parisien, imprima le Che^ ^ifrddibéréei la mort du duc de Bourgogne^ Jn-^', li89; Le triomphe des neuf preux, ou ^fim il Bertrand Duguesclin^ in-folio, ^'^;U Roman de la Rose, in*4% 1515, etc. ^ impressions sont estimées. Il mourut le a septembre 1520.

I^Estieone, imprimeurs, sont renommés ^tpoor Térudition que pour les éditions P^oes et hébraïques. On nomme huit ^^Qfle (^ui se sont illustrés dans leur car- ^^; mais Robert Estienne et Henri II, ^J'ifilSi se sont immortalisés par leur goût Nrleurartel par leur savoir, lis tiennent ^^^e( l'autre an rang supérieur dans la réw^e des lettres.

1^ eâèbre Robert Estienne, instruit dans '^^rimprimerie par Simon de Colines, <^!iûeaii.pèrc, avait aussi une connaissance ^tienie des langues et des humanités. 11 'Wqtia particulièrement à mettre au jour ^ nagmOques éditions des Bibles hébraï- V^ti laiine. Il est le premier qui les ait

»ÏP^^ par versets et par. des chiffres 1^, ce qui a été observé depuis par les •tttfn imprimeurs.

'ftoçois I" prenait un plaisir singulier à ^ VfiHr travailler è l'imprimerie. Un jour jw^roi vint comme Robert Estienne cor- "ï«»l une épreuve, il ne voulut pas *«tefrompre , et attendit qull eût achevé, r^ ^1 lui donna son imprimerie. Claude ^moïkl et Guillaume Lebé en fondirent j ''"[Jl^res; mais les traverses injurieuses ^^fiobert Estienne essuya dans la suite

Tobligèrent de quitter sa patrie vers Taii 1551 et de se retirer à Genève , pour y professer sa religion en liberté. Là il con* linua d'enrichir le monde des plus beaux ouvrages littéraires.

Les éditions données par cet homme célèbre sont celles de toute l'Europe où l'o.i voit le moins de fautes d'impression. Mill assure que , dans son Nouveau Testameni grec, des éditions de 1546, 1549 et 1551 > ainsi que dans l'édition de 1549 in-seize , appelée O mirificam, il ne se trouve pa^ une seule faute typographique , el qu'il n'y en a qu'une (fans la latine, savoir :

pulres pour plures» On sait par quel moj^en il parvint à cette exactitude : il exposait à sa boutique et affichait ses dernières épreu* ves à la porte des collèges , en promettant un sou aux écoliers pour chaque faute qu'ils découvriraient; et il leur tenait exactement parole.

Il mourut à Genève le 7 septembre 1559, ftgé de 56 ans, après s'être comblé de gloire, parce que nous devons peut-être autant à son industrie seule qu'à tous les autres savants et artistes qui ont paru depuis François l** jusqu'à nos jodrs.

Son beau Trésor de la langue latine a immortalisé son nom, quoiauîl ait été secouru dans ce travail par Budé, Tusan, Baïf, Jean-Thierrjr de Beauvoisis » et autres. La première édition est de Paris , 1536 , la seconde de 1542, la troisième de Lyon en 1573, et la dernière de Londres eu 1734, en quatre volumes iu-folio.

Son désintéressement et son zèle pour le bien public peignent le caractère d'un digne citoyen. On ne lui doit point d'éloges à cet égard ; mais du moins ne fallait-il pas le calomnier jusqu'à l'accuser d'avoir volé les caractères de 1 imprimeriedu roi en se retirant , et d'avoir été brûlé en efligie pour ce sujet.

Il entretenait chez lui dix à douze savants de diverses nations ; et, comme ils ne pouvaient s'entendre les uns les autres qu'en parlant latin, cette langue devint si familière dans cette maison, que ses correcteurs, sa femme , ses enfants et les anciens domestiques, vinrent à la parler avec facilité. Il laissa un frère et deux fils , dont il convient de parler.

Charles Estienne, frère de Robert I", après s'être fait recevoir docteur en médecine dans la Faculté de Paris, eut l'imprimerie du roi et la soutint honorablement. Les anatomistes lui doivent trois livres De Dissectione partium eorporis humanij qui no sont point tombés dans l'oubli. Cet ouvragfS |»arut en 1545. in-folio, avec Oguies, et Tannée suivante en français chez Colines. Charles Estienne mourut en 1568, ne laissant qu'une fille nommée Nicole , auteur do Sjuelques ouvrages en prose et en vers.ENe ut recherchée par Jacques Grévin , médecin et poëte; et c'est pour elle qu*il composa ses Amours d'Olympe; mais elle épousa JeanLiébaud, médecin. Estienne (Robert II) ne voulut pas suivre son père à Genève , et fut conservé, eorgointement avec se*'

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Ctiaries» dans la direction de Tlmprimerie royale , où il flt imprimer , depuis Vannée ISCK), divers ouvrages' utiles, mais dont les éditions n'égalent pas celles de son I)ère.

Eslienne (Henri II), fils de Robert I" et frère de Robert II, eut la réputation d'un des plus savants hommes de son siècle , et des plus érudits dans les langues grecque et latine. Il publia le premier , tout jeune encore, les poésies d'Anacréon , qu'il traduisit en latin. Il composa VApoloaie pour Hérodote , espèce de satire contre les moines , qui lui en firent un procès criminel , auquel il échappa par la fuite; mais il s'est immortalisé par son Trésor de la langue grec-r gue, en quatre tomes in-folio, qui parurent en 1572. Il mourut à Lyon en 1598, &gé de 70 ans , laissant des fils, et une fille qu'Isaac Casaubon ne dédaigna pas d'épouser.

Michel Vascosan s'est distingué perses éditions, recommandablôs par le choix et la beauté des caractères , par la bonté du papier, l'exactitude des corrections , et Tam- {>ieur de la marge. Henri II, reconnaissant e mérite de cet imprimeur, lui donna un privilège généro! pour dix ans. Vascosan était d*Amiens; il avait son imprimerie dans la rue Saint-Jacques, à l'enseigne de {tt Fontaine; il imprimait en 1572. Le docte imprimeur et interprèle du roi, Frédéric Morel,.son gendre, est enterré avec lui sous le charniier de la paroisse de Saint* Benott , xians le tombeau de Josse Bade i son beau-père. -

L'imprimerie de Claude Ghevalon fut l'une des premières et des plus estimées de Paris; c'est une louange c|u'on lui doit d*avoir fait avec soin, intelligence et exactitude, les plus forts ouvrages de l'art , qui ont coûté le plus de travail et le plus de dépense. Les livres de droit civil imprimés rouge et noir,. avec les commentaires «m

Îuatre ou cinq volumes in-folio ; le Saint érômo en cinq, le Saint Chrysostome en cinq , le Saint Augustin en huit , sont des entreprises supérieures .à ce qui avait été fait jusqu'à ce courageux imprimeur. Il avait épousé la veuve de Rembold , i'associé d'Ulricn 'Gering, et demeura dans sa maison au Soleil d'Or , rue Saint-Jacques , depuis l'année 1520. *

Simon de Colines, en latin Cotinœus^ né au village de Gentilly, près Paris, dans le XVI* siècle, commença a sa distinguer dans l'imprimerie en 1519. Ayant épousé la veuve de Henri Estienne, l'aîné, il employa d'abord les caractères d'Estienne, mais dans la suite il en fondit lui-même de beaucoup plus beaux. Il introduisit en France l'usage du caractère italique, avec lequel il imprima des ouvrages entiers; et son italique est préférable à celui d'Aide Manuce, qui en fut l'inventeur. Les éditions des livres grecs données par de Colines sont d'une beauté et d'une correction admirables. Il y a de lui une édition du Testament grecoùle fameux passage de Tépltre de saint Jean des trois témoins manque. Colines iqourut, à ce qu'on*

croit, vers l'an 1550; c*est du moins co

Ïu'on peut augurer de la lettre lxxvi de Jeaninez Sepulveda à Vascosan.

Il faut donner place parmi les imprimeurs renommés par la correction de leurs éditions à Charlotte Guillard, oui s'est signalée par un nombre considérable d'impressions estimées et recherchées dans les bibliothèques. Elle avait été instruite par l'associé de Ge* ring, Berthold Rembold, son premier mari, avec qui elle demeura 16 ans jusqu'en 1518. Chevalon Tépousa en 1520, et la laissa veuve en 15<h2. Elle écrit en 1552 qu'elle soutenait les fatigues et les grandes dépenses de Timprimerie depuis cinquante ans. Ses beaux ouvrages sont ceux qu'elle fit seule étant veuve pour la seconde rois : telle est la Sainte Bible en latin, avec les notes du docteur Jean Benedicti. Elle commença l'impression des ouvrages des saints Pères par le Saint Grégoire en deux volumes, si correct, que Terrata n'est que de trois fautes.

Sébastien Gryphius, né à Reutlingen, ville deSouabe, sur la fin du xv* siècle, vir insi-

£nis ac litteratuSf dit Majoragius, s'établit à .yon, où il s'acquit un honneur singulier par la beauté et l'exactitude de ses impressions. On estime beaucoup ses éditions de la Bible en hébreu, et môme tout ce qu'il a donné dans celte langue. Ou ne fait pas moins de cas de la Bible latine qu'il publia en 1550, en deux volumes in-fol. Il se servit pour cette édition latine du plus gros caractère qu'on eût vu jusqu'alors. Elle ne cède pour la beauté qu*à la seule Bible imprimée au Louvre eu 1642, en neuf volumes in folio.

Son Trésor de la langue sainte^ de Pagnini* qu'il mit au jour en 1529, est un chef-d'œuvre. 11 avait de très- habiles correcteurs; Terra ta des Commentaires sur la langue la^ tine d'Etienne Dolet n'est que de huit fautes, quoique cet ouvrage forme deux vo-^ lûmes in-folio. Gryphius mourut en 1556, à l'âge de 63 ans ; mais son fils Antoine Gry«

Phius continua de soutenir la réputation de imprimerie de son père.

Geoffroy Thori ou ïorry, né à Bourges dans le xv* siècle, libraire juré è Paris, contribua beaucoup à perfectionner les caractères d'imprimerie, et composa un livre qui parut après sa mort, intitulé le Champ- fleuri f contenant l'art et science de la proportion des lettres appelées vulgairement romaines; à Paris, en Van 1592 ; in-(^". Il mourut en 1550. Nous devons aux MoVel bien des élo^^es pour leur savoir et les beaux livres qu*ils ont publiés.

Guillaume Morel, né en Normandie, selon Lacroix du Maine, et célèbre imprimeur de Paris , était savant dans rintelligence des langues. Il devint correcteur de Tlmprimerie royale, après que Turnèbe se fut démis de cet emploi en 1555. Ses éditions grecques sont fort estimées. Il commença lui-m^me quelques ouvrages, entre autres un Die^ tionnaire grec-latin- français. Il mourut ea 156^.

Frédéric Moral, probablement parent éloi-

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Sï

gné de Guillaumey Tersé dans les langues sarantesy fut gendre et héritier de Vascosari, dont il Gt Taloir rimprimerie; et luourat à Paris* eo ISSS, égé d'environ 60 ans, laissant un fils d*an mérite supérieur, nommô semblablement Frédéric.

Celui-ci, après aroir été prof0ssear et in^ lerprète da roi, fut pourvu de la charge d'imprimeur ordinaire de Sa- Majesté pour l'hébreu, le grec, le latin et Je français. Le grand nombre d*ouTrages qu'il a publiés et traduits du grec sur les manuscrits de la Bi* bliotbèque du roi, avec des 'notes, sont des preuves aatbentiques de son érudition. U mourut en 1630, âgé de 78 ans, et laissa iIhit fils, Claude et Gilles*

Claude Iforel donna les éditions de plu- Meurs Pères grecs, entre autres de saint Athanase. Gilles Morel^ son frère, lui suc* <^édj, et publia les Œuvres d'Aristote, en k volumes in-folio, outre la grande Bibliothifuin Père$9 qu'il mit au jour en 1643, eu dii-sept volumes in-folio. Gilles More! est devenu conseiller au grand conseil.

DoleC, né è Oriéans dans le xyi* siècle* imprimeur et libraire à Lyon, a mis au jour quelques-uns des ouvrages recherchés d'Etienne Met, bon humaniste, brûlé à Paris le 3 août tSK, pour ses sentiments sur la rtfl%ioo. Il aurait encore imprimé la version fraoçat^e de la plupart des œuvres de Platon, du malheureux Etienne Dolet, s'il neût été prévenu par son supplice.

Simon Millanges, né dans le Limousin en

1M» après avoir fait ses études, se rendit

à Bordeaux, en 1572, pour y dresser une

belle imprimerie. Les jurats de cette ville

5/iu(îflreat cette entreprise de leur argent et

de leur crédit. Millanges se distingua par

la correction de sts éditions, et mourut en

l€2l, âgé de 82 ans, ayant été un des lK)ns

imprimeors du royaume» près d'un demi-

siècle.

Sébastien Nivelle, libraire et imprimeur de Paris, florissait au milieu du xvi* siècle. Entre les ouvrages qu'il mit au jour h ses dépens, on ne doit jamais oublier le Corps dm droit ewU, avec les Commentaires d'Acrorse. C*est un livre précieux, un chef-d'œuvre, que Nivelle fit paraître en 1576, en cinq volumes in-folio; mais Olivier de Harzy et Henri Thierry, imprimeurs, eu partagent aussi la gloire.

Mamert-PatissoQ , aitif d'Orléans* était très-habile dans les langues savantes et dans ia sienne propre. Il épousa la veuve de Robert Estienne* en 1580, et se servit de son laprimerie et de sa marque. Ses éditions &oii| correcleSt ses caractères beaux, et son copier très-bon. En un mot, il n'a omis au* ViQ des agréments qu'on recherche dans •• s livres ; aussi ses impressions vont pres- '}'/e de pair avec celles de Robert Estienue. ManterC mourut en 1600.

Pierre Paillot, imprimeur et généalogiste, né à Rarîs eo 1608, de bonne famille, se niaria à 25 ans, h Dijon, avec la fille d'un im- .''rioieor : alliance qui le détermina à emir^s^er la profession de son beau-père, qu*il

a exercée longtemps et toujours honorablement. II a imprimé tous les livres, qui sont en très-grand nombre, mais qui n intéressent que les curieux, de la Généalogie des maisoîu de Bourgogne. Paillot grava luimême le nombre prodigieux de planches de blasons dont ils sont remplis. C'était un homme exact et infatigable au travail. U mourut à Dijon en 1608, è Tâge de 89 ans , laissant sur les familles deBourgogne,l3vol. in-foL de Mémoires manuscrits qui étaient dans la bibliothèque de M. Joly de Blezé» maître des requêtes. On ignore où ils ont passé depuis.

Antoiiie Estienne, fils de Paul, natif de Genève, vint à Lyon, où il commença ses études; et ensuite à Paris, où il les acheva^ Il obtint des lettres de naluralité, eo.date du 20 septembre 1612 ; et pour avoir fait abjuration de l'hérésie de Calvin entre les mains du cardinal Duperron , il eut du clergé une pension de 500 livres, et la charge d'huissier de l'assemblée. Cet Estienne fut reçu imprimeur et libraire à Paris le 26 oc^ tobre 1618, et fut honoré de la charge d'imprimeur du roi, au mois de décembre 1623, avec 600 liv. d'appointements assignés sur l'épargne. 11 fut aussi pourvu de celle d'imprimeur et libraire clu roi à La Rochelle, vacante par la mort de son frère Joseph, le 13 février 1630.

. Cet imprimeur publia en 1614 S. Joanni$ Chrysosiomi Homiliœ in Genesim^ in-fol. Les OFuvres du cardinal Duperron^ k vol. infoL, 1620; Teslamentum Vêtus et Ncvum secundum LXX , Sixti V pontif. etc.* 3 vol. in-fol., grec-latin^ 1628; Les Triomphes de Louis le Juste avec les Eloges par Henri Estienne, et les Figures de Yaldor^ in-fol., lOtô. Il a encore imprimé le Plutarque grec et latin, k vol. in-ful., 1624; les OEuvres de Xénophon, grec et latin, in-fol., 1625; les OEuvres d\Aristote, 1629; les OEuvres dt Slrabon et autres ouvrages considérables. Cet imprimeur était savant, grand orateur et bonpoëie. Nous avons entre autres livres de sa roinposition et de son impression le Supplément au nouveau théâtre du monde de Davity, in-fol. Il mourut en 1674. Son fils Henri Estienne lui succéda dans son imprimerie, dans ses chaires, et Ton peut dire dans son savoir et sa réputation.

Pierre RocoHet, natif de Paris, fut reçu imprimeur et libraire en 1618, et pourvu de la charge d'imprimeur ordinaire du roi par lettres du 14 avril 1635, et bientôt après de celle d'imprimeur de la ville de Paris. U iiiipiiina les Résolutions de l'assemblée des princes f ducs^ seianeurs et officiers de la couronne^ tenue à Fontainebleau^ in-S*, 1621 ; les OEuvres de Bacon^ 1626; Instruction pour apprendre à monter à cheval^ par Antoine de Pluvinel, in-fol., 1627, avec des figures très-bien faites, qui font rechercher cette édition, etc. Cet imprimeur avait donné, pendant les guerres de Pcris, des témoignages si publics de sa fidélité envers le roi Henri IV, étant pour lors capitaine de son quartier, que Sa jiajesté l'hor.oia d'una

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UtCTlONNAIRE

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médaille où était son portrait, a^ec une chaîne d*or c^i lui furent mises au cou par le matlre des cérémonies, et qui furent ac* compagnées d'un brevet très-flatteur pour lui et sa famille. Il eut le bonheur de rendre * aussi des services au chancelier Séçuier et de recevoir des témoignages de sa bienveillance.

Sébastien Cramoisi, né è Paris, dont il fut échevin, obtint par son mérite la direction de rimprimerie du Louvre, établie par Louis XIIL 11 mourut en 1669, et eut pour .successeur son petit-fils. Mais, quoique plusieurs de leurs éditions méritent fort d'être recherchées, elles n'ont ni l'exactitude ni la beauté de celles qui sont sorties des imprimeries des Esiienne,des Manuce, des Plantin, etc. Les Martin, Coignard et Muguet ont succédé aux Cramoisi et, h leur tour, ont enrichi la république des lettres d'éditions très-belles et très-estimées.

Antoine Vitré, Parisien, s'est rendu fameux dans le x vu* siècle, par le succès avec lequel il porta l'imprimerie presqu'au période delà perfection. Quoique de son temps les Hollandais semblassent être les maîtres de cet art, on croit que Vitré était capable de les surpasser, s'il se fût avisé d'observer, comme on a fait depuis, la distinction de la consonne; de la vojrelle t, l'w du v.

Quoi qu'il en soit, la Polyglotte de Guy- Michel Lejav^ qu'il a imprimée, est un nouveau chef-d'œuvre de l'art, tant par la nouveauté et la beauté des caractères que par 1 industrie et l'exactitude de la correction. Sa Bible in-fol. et in-4vadepair avec tout ce Qu'on connaît de mieux. En un mot , il a égalé Robert Estienne pour la beauté de l'imprimerie; mais il a terni sa gloire enfaisanl fondre les caractères précieux des langues orientales qui avaient servi à imprimer la Bible de Lejay, pour n'avoir aucun rival après sa mort.

M. de Flavigny s'étant avisé de censurer dans une brochure, non faction de Vitré, mais quelques endroits de là Bible magnifique qu'il avait mise au jour, et qu'il était bien permis de critiquer, celui-ci éprouva des chagrins incroyables pour une seule faute d'impression qui n'était point dans son manuscrit. Il avait cité le passage de saint Matthieu : Ejice pritnum trabem de oculotuo. Gabriel Sionite, prenant un vif intérêt à la défense de la Bible à laquelle il avait travaillé, ayant lu la critique de M. de Flavigny, l'accusa, dans sa réponse, de mœurs corrompues, de sacrilèges et d'une impiété sans égale d'avoir osé corriger le texte sacré en substituant un mot infâme à la place du terme honnête de l'Evangile.

Qui croirait que tous ces sanglants reproches n avaient d'autre fondement qu'une înaaverlance d'imprimerie? La première lettre du mot ocuto s'éiait échappée fortuitement delà forme, après la revue de la der* nière épreuve, lorsque le compositeur toucha une ligne mai dressée pour la remettre droite.

Jean Camusat se àistinj^ua daus le xv!i*

siècle, à Parisien recherchant par préférence à n'imprimer les livres bons qu'en euxmêmes, sans en envisager le profit; de sorte qu'on regardait comme recomn>aodable tout ouvrage qui sortait de son imprimerie. 11 fut choisi, en 163^, pour être imprimeur et libraire de l'Académ^ie française qui, dans les commencements, tenait ses assemblée»

chez lui. Cette illustre compagnie Thonora de sa confiance, et lecbargea, dans plusieurs occasions, de faire en son nom des remercîmen ts et corn plîments è des hommes de lettres.

Il faut nous borner à ces anciens maîtres; nous aurions un champ trop vaste à parcourir si nous voulions appeler en témoignage de la célébrité soutenue des imprimeurs français les belles éditions qui sont sorties en foule des presses des Rigault, des Anisson, des Barbou, des Coignard, des Imbert, des de la Tour, des Lambert, des Pierres, des deux Didot et de quelques autres.

Nos ne devons pourtant pas dissimuler

aue M. Didot l'aîné, surtout, vient de frayer e nouvelles routes vers la perfection de l'art. Cet habile artiste a reconnu que l'ancienne presse pouvait être rectiBée, et il en a imaginé une nouvelle qui donne la facilité de tirer la forme entière en un seul temps; il a conçu que la beauté de l'impression dé* pendait des caractères, et il en a fait graver et fondre de nouveaux qui joignent plus d'élégance et une proportion plus réguh'ère; il a senti que le papier d'impression était susceptible d'être amélioré, et il en a fait fabriquer à Annonay (^ui surpasse tout ce que la Hollande a jamais produit de mieux à cet égard ; il a enOn compris que le mérite principal d'une impression était la correction, et c'est encore ce qui rend si précieuses ses éditions des auteurs classiques latins et français. Du reste, son zèle infatigable a excité celui des autres maîtres ses confrères^ et bientôt l'imprimerie française sera reconnue comme la plus célèbre et la plus parfaite de l'univers.

Nous venons de donner l'historique le plus complet de ce grand art de l'imprimerie ; si l'on avait à détailler toutes ses phases, tous les procédés qu'elle emploie, des volumes suffiraient à peine. Nous nous contenterons d'emprunter à Y Encyclopédie des gène du monde quelques détails sur la partie mécanique de cet art, renvoyant aux articles Stébéottpib, Presses D'iMPRiif smis^ l'exposé des proKrès qu a faits cette maguiti— que invention.

Comme art, l'imprimerie demande ins* truction, intelligence, soins de toufe espèce; comme industrie» elle a besoin de grands capitaux et d'une prodigieuse aclivité ; comme fabrication , elle exige ua grand concours de bras et d'instruments. Aussi » pour rendre compte avec quelque clarté des procédés , avons-nous besoin de présenter un tableau sommaire des industries aixi s*y rattachent.

Gravure et fonte des earacteree. — Un artiste spécialement adonné à ce genro de travail, qui demande une grande précision et

iMr

DES INVENTIONS

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betueoupde pratique, grave en relief, dans des proportions une fois données, et parfaitement uniformes, toute la série des lettres oe 1 alphabet • sur autant de tiges d*acier , qai preooent le nom de poinçons^ auxquelles 01 doone par la trempe la dureté nécessaire. (la ne sont pas seulement les vingt-quatre ;eUres ordinaires ou minuscules qu'il faut {rtrer ainsi , mais encore la série des majoscoie^ ou grandes capitales , celle des peuttfs capitales , puis les lettres doubles et Ries qui sont surmontées d'accents , les ùins, les ponctuations, les sig;nes divers, (uQine |)arenlhèses , traits d*union, guilleoris, etc. Et quand cet ensemble de poin- ^ est terminé dans la forme droite dite^ naniie, il faut recommencer la même série <sr les mêmes firoportions dans la forme penchée dite iialigue; et comme il y a des uractères de toutes les forces^ depuis la grosseur de 1 millimètre jusqu'à celle de 12 (ffilimèlres et plus, échelonnés entre eux pirdoquième de millimètre à peine; comme il j a, sur toutes ces grosseurs, des caractères ^oi, des maigres f des allongés j des vvi.its ombrés , d'autres à formes brisées, r^, tordues, contournées, et que la 0^ se charge encore de les faire varier dâqi» année; comme il y a en outre les miens des langues mortes et étrangères e( ft«fes les variétés imaginables d'orne- ^Beiils, de vignettes, de filets et Qeurons Of^phiqaes , on comprend que l'art du {nTenren lettres a fait d'immenses progrès, (i qoe , malgré la dureté presque inaltérable <!es poinçons , il sait toujours se créer des oitopatioos nouvelles.

Lorsque les poinçons ont été minutieuïfiDenl éprouvés et corrigés, on les frappe^ Û5l-Mire qu'on enfonce à coups de mar- ^u Teitrémité gravée en relief dans un torceau de cuivre tendre, qui reçoit ainsi l'empreinte en creux et devient une matrice. Il est à remarquer que la lettre , gravée en IJûs inverse au bout du poinçon, prend °>ti! le fond de la matrice sa figure natu- ^He, et qu'elle reprend, au sortir du moule «ttfoodenr, son sens renversé , pour retrou-

É^ttdéÛDitivement à l'impression sa véritable Jà^wmie. Par l'usage que l'imprimeur a des caractères, il ne tardera pas à re- ^fl'ii/ire s'ils sont bien de hauteur et d*ap* ^»«fe. L'approche est bonne quand les let- 'fw ne laissent pas entre elles de vides déf^réables à l'œil , et si la matière est de ^ntie qualité (1).

UBipoliiion. — On appelle composition le **^âilqaeiaitrouvrier chargé de représen- «r en caractères mobiles une copie donnée, et ^^ntrer ces caractères, formant alors des pa- Sttnnifomies, à Touvrier imprimeur qui doit •*^ tirer le nombre d'exemplaires convenu.

^ mesure que les caractères assemblés Y^ le fondeur en grandes pages bien enveloppées, et livrées en nombre sufQsant

J!l}^ "*li*rc destinée k la fonte des earaciéres l^'!*^^ *5 pariieë de plonib et de 5 parties

d'après une police précédemment arrêtée, arrivent è l'imprimerie, on les distribua.

Car sortes de lettres, dans des casiers ou oîtes plates h compartiments nommés casses^ qu'on met entre les mains des ouvriers compositeurs.

Suivons maintenant le compositeur dans son atelier, supposons-le debout devant sa casse^ garnie de caractères neufs, distribués dansleurscassetins respectifs.il prend sa copie et l'assujettit au moyen de* petites pinces en bois appelées mordant^ sur un autre petit morceau de bois plat, terminé par une pointe en fer qu'il fixe vers le milieu de sa casse à la hauteur de ses yeux : c'est le vu orium. Ensuite il prend de la main gauche son principal instrument de travail, le corn-posteur. Cet outil, ordinairement en fer, est formé de deux lames soudées à angle droit dans toute leur longueur et fermées d'un bout par une pièce assez forte et bien soudée qu'on nomme talon; une autre pièce appelée languette^ parallèle à celle-là, mais mobile et munie d'une vis avec son écrou, sert è fixer d'une manière invariable pour toute la durée d'un ouvrage, quel que soit son format, l'étendue des lignes qui doivent en former les pages. Ce préliminaire indispensable est ce qu'on appelle \a justification. La longueur des composteurs ordinaires est de 6 à 12 pouces ; ceux gui servent aux afiiches ont jusqu'à deux pieds et sont faits en bois ; quant à la largeur, elle est uniforme

I)Our la lame inférieure qui reçoit la lettre, aquelle,haute de près d'un pouce, doit toujours un peu ressortir, pour que les doigts la placent et la retirent avec plus de facilité ; la hauteur de la lame supérieure, ou la

[)rofondeur de l'instrument varie au gré de 'ouvrier, sans toutefois pouvoir dépasser la longueur de son pouce ; quelques outils contiennentjusqu'à 30 lignes superposées de petits caractères.

Lorsque le compositisur a pris sa justification, il commence à assembler, d après la copie qu'il a sous les yeux, les mots et les phrases qu'elle lui présente. Il lui faut, dans ce travail, réunir une grande agilité de doigts, un peu de mémoire et un coup d'œii exercé. Tandis que sa tête retient une petite partie du manuscrit, pour n'avoir pas à le regarder à chaque instant, la main droite lève chaque lettre dans son cassetin et la porte dans le composteur ; la main gauche approche cet instrument le plus possible pour abréger lu trajet et retient du pouce les lettres h mesure qu'elles arrivent, pour que la position inclinée qu'on est forcé de donner a l'outil ne les fasse pas tomber ; les yeux, pendant ce temps, se portent vers la casse pour guetter la lettre que la main droite va reprendre, afin que celle-ci la saisisse de suite dans le sens le plus convenable, c'est è-dire par la tête ou Vœilf et ne soit pas obligée de la retourner en la plaçant dans le composteur. Un ouvrier ordinaire lève ainsi un mille de lettres è l'heure, en y comprenant le temps as.sez considérable qu'il passe h fustifîfr chaque ligne, c'est-à-dire à l'arrête

DtCTIONNÂIRE

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Kueur fixée par sou composteur, et h^espaccr également l'es mois d'après la latitude que lui laisse cette longueur, ce qui l'entraîne souvent à changer les espaces de tous les mois et à. retoucher aux lignes précédentes. Blalgré tous ces retards, on voit quelques ouvriers lever à l'heure lusqu'à 2,000 lettres.

Un bon compositeur aoit avoir soin, tout en travaillant, de rectifier les fautes d'orthographe et de ponctuation (1) qu'il rencontre sur sa copie, d'éviter h la un des lignes de couper les mots d'une façon ridicule, d'obsorver les différences de caractères indiquées par l'auteur pour attirer l'attention sur une phrase ou partie de phrase. Chaque ligne faite, il la relit rapidement des yeux, afin de corriger de suite les fautes qu'il peut apercevoir; puis il la recouvre ordinairement d'une lame de plomb trèsmince, appelée pour cela interligne. Quel que soit le nombre de lignes que contient son composteur, il les retire de cet instrument aussitôt qu'il est plein et les dépose sur une gniée. La galée est une planche bien unie, de forme rectangulaire, garnie en dessus, pour retenir les lignes, d'un tasseau qui règne sur toute la longueur des deux côtésformant l'angle inférieur de la droite, et en dessous dé dfeux chevilles qui la maintiennent dans un sens diagonal sur le haut delà casse, adroite, au-dessus des lettres capitales de petite dimension dont l'usage est le moins fréquent. L'étendue de la galée est^ proportionnée à la grandeur des pages qu'elle est destinée à contenir ; celles qu'on emploie pour l'in-i' et l'in-folio sont munies de doubles fonds glissant dans des coulisses qui permettent de retirer les pages avec plus de facilité.

Quand le compositeur a réuni sur la galée un nombre de lignes suflisant pour former une page, il la lie avec une Ocelle et la place sous son rang, c'est-à-dire sur les planches posées à cet effet au-dessous de sa casse; puis il continue comme ci-dessus, jusqu'à ce que sa copie soit terminée ou que le caractère lui manque. Il lui faut alors remplir sa casse : mais pour cela, quand la première fonte neuve est épuisée, il est obligé de reprendre les pages sur lesquelles on a déjà tiré le nombre d'exemplaires voulu, et de les distribuer lettre à lettre dans le môme ordre qu'il les a levées. Ce travail, qui n'est payé que par le prix de la composition, demande beaucoup de soin et d'habileté pour ne pas être onéreux. Un bon ouvrier doit à peu près distribuer quatre pages dans le temps qu'il mettrait à en composer une; il faut surtout qu'il évite de jeter une lettre dans^ un cassetin qui ne serait pas le sien, car il s'occasioiinerait, pour n^parer cette erreur, la perte d'un temps précieux "*'

(I) Rectifier le$ faulet de ponctuation; c'est une erreur : telle phrase ponctuée d*une manière exprime loute autre pensée que si elle était ponctuée autrenieui. A Tauleur sa pensée ; à lui à ponctuer.

(2| Une mécanique a été inventa pour répartir les différentes lettres dans les cassetins qui leur appai'tienneni.

Tandis que ce compositeur continue, après sa distribution^ à produire de nouvelles pages, un autre ouvrier, ordinairement choisi parmi les plus habiles, et auquel est confiée la direction d'un ou'de plusieurs ouvrages, rassemble les parties de la copie et les pages déjà composées afin d*y intercaler les folios, les titres ou les notes

3ue le premier compositeur a négligés à essein, parce qu'ils sont d'un caractère différent de celui du texte. Quand cet ouvrier, nommé metteur en pages^ à cause de la spécialité de ses fonctions, a réduit toutes les pages à une dimension donnée et qu'il lésa réunies au nombre de 4, 8, 16, 2k^ ou 36, selon le format qu'on lui a désigné, il en fait Vimposilion. Cette opération est une des plus compliquées et des plus ingénieuses que présente la typographie. Si, par exemple, il s'agit d'un ih-18, format ainsi nommé parce

3u'on imprime 18 pages de chaque côté 'une feuille de papier, il faut disposer dans un certain ordre et en deux châssis les 36 pages qui entreront dans la feuille, et calculer les distances qui formeront les marges, do telle sorte qu'à l'impression chaque page puisse tomber parfaitement sous la page impaire qui la précède, et que le brocheur puisse ensuite plier et couper la feuille imprimée en petits cahiers d au moins quatre pages, qui se réunissent tous sans laisserun seul feuillet de deux pages isolé. 11 a fallu bien des années pour inventer les divers modes d'imposition usités maintenant, et l'on fait, pour ainsi dire, chaque jour des découvertes dans ce genre. Les châssis qui servent à l'imposition sont formés de quatre barres de fer bien soudées et parfaitement d'équerre à tous leurs angles, et traversées sur leur longueur ou leur largeur par une autre barre pour plus de solidité. Les distances réservées entre les pages pour les marges sont remplies par des bois ou des lingots de plomb plus bas que les caractères; et des coins enfoncés à coup de maillet ou de marteau entre les barres extérieures des châssis et les biseaux placés le long des pages, maintiennent celles-ci assez fortement pour qu'on puisse les transporter sans danger à de grandes distances.

Le metteur en pages, avant de serrer chaque forme (nom donné à l'ensemble des pages contenues dans un seul châssis), a soin de frapper modérément sur chaque page avec un taquoir, morceau de bois tendre recouvert en chêne, afin que tous les caractères présentent une surface bien unie; puis il achève de serrer ses formes et en fait tirer une épreuve par l'imprimeur chargé de ce service. Nous laisserons l'épreuve passer entre les mains du prote et du cor-recteur^ dont nous parlerons plus loin, pour revenir au travail du compositeur. Le metteur en pages, lorsqu'il a reçu des mains <Ju correcteur l'épreuve collationnée avec la copie, desserre les formes, à Taide d'un dé^ cognoir en bois dur, sur le marbre ou grande dalle de pierre qui lui a servi à les imposer ; puis il remet cette épreuve aui ou-

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oui ont contribué à la confecUori de la featlle, pour que chacun corrige à son Uior les fautes qui lui sont échappées. Cette 0pération s'exécute ainsi : le compositeur commence par leTer dans sa casse les lettres et les mots qui doivent remplacer ceux i^u'îJ a changés ou qu'il a oubliés ; il les nu^e dans un composteur en bois destiné à c^i usage» se munit d'une petite pointe en fer à uianche de bois, qui facilitera son iTSTaii, et se rend au marbre sur lequel les lomies sont desserrées. Là il presse entre >o doigts, par les deux extrémités, la ligne {saas laquelle il a une correction à faire, de toviière à relever un peu au-dessus du na4e de la page : il saisit alors aisément la knrt ou le mot qu'il veut changer, et les resplace par d'autres lettres ou par des es- BQtfa qu'if jette en plus dans la ligne pour Va conserver sa longueur ; quelquefois il repreod dans les lignes au-dessus ou audessous pour les resserrer ou les élaguer, sekmqa'il a besoin d'enlever ou d'ajouter un nombre plus ou moins grand de mots, «iiDéiDe il renumie des alinéas ou des pa^es Aûères, s'il y a lieu. C'est à la correction qae le tx>n ouvrier trouve la récompense Gt sin assiduité et de son savoir, tandis qœ lecouipositeur ignorant ou inattentif pa.<^ des heures entières, dont on ne lui Utnt lacun compte, à réparer ses fautes et «fif oublis. Lorsque cette première corrocf'Oo, dite typographique^ est terminée, le ffieiteor en pages serre les formes et en de* loande une nouvelle épreuve, destinée à Taoteur Celui-ci exécute alors autant de ehangements, et revoit autant d'épreuves qu'il le croit nécessaire jusqu'à ce qu'il donne son bon à tirer. C'est le metteur en I4ges, qui est chargé d'exécuter ou de iaire exécuter ces corrections , et de livrer iu pressier les feuilles en état d'être impri-^ ai^$.

Passons maintenant aux importantes fonct tiens du correcteur.

De toutes les opérations par .lesquelles <init passer un livre avant d'arriver à ses lecteurs, la plus importante et la plus difficile i exécuter pariaitement est sans con- ^)îl la correction f non la correction ma-» fiaelle dont nous venons de parler, mais la foneaioa intelligente d'hommes instruits, /«ifieDts et exercés dans leur art, qui sont diargés dans toutes les imprimeries de ce Ifivdil ingrat et monotone. Cette assertion paraîtra Singulière à la plupart des personnes «iraogères à la typographie, qui se figurent généralement qu'à la première lecture elles î«»nt saisir toutes les fautes que l'ouvrier i^ita laissé échapper par ignorance ou par ^tounleriet et qui resteraient stupéfaites si t^ks voyaient les mômes pages qu'elles ont

Crcourues, épluchées par un correcteur bde. Nous allons montrer comment il &ai, pour exceller dans sa profession, réunir un assez vaste savoir à la connaissance de loas les procédés de l'art dont on doit contrôler les résultats, et à uno disposition <i'es|>rit toute particulière.

Le correcteur, après s'être assuré que l'imposition est bonne, plie sa feuille et collationne, soit seul, soit avec un collègue, le travail des compositeurs, soit avec l'original manuscrit ou autre qui leur a été confié, et relève à mesure les fautes d'orthographe et de ponctuation , les omissions et les ipexactitudes qu'ils ont commises. Cette lecture faite, les ouvriers corrigent sur plomb; c'est-à-dire dans les caractères qu'ils ont assemblés, toutes les fautes découvertes par le correcteur. Mais, quelle que soit l'attention portée dans l'exécution de cette double besogne , il est impossible que la nouvelle épreuve que l'on tire soit sans faute; on l'envoie néanmoins è l'auteur ou à l'éditeur pour qu'il revoie son travail.

L'auteur renvoie son épreuve corrigée à l'imprimerie, mais, soit qu'il donne de suite le bon à tirer, soit qu*il demande plusieurs fois de nouvelles épreuves, elle passe, avant d'aller sous presse, sous les yeux d'un correcteur ordinairement plus ancien et plus expérimenté que le premier, qui, n'ayant plus à collationner, porte une attention sévère sur le sens, l'orthographe, la ponctuation, l'arrangement typographique et même sur les lettres gâtées de chaque ligne; il vérifie si les folios, les notes, les premiers et les derniers mots, les numéros de livres ou de chapitres sont bien en rapport avec ceux des feuilles précédentes et suivantes; enfin il ne laisse échapper, s'il est possible, aucune imperfection autre que celles qui tombent naturellement sous la responsabilité de Tauteur. Presque toujours ces corrections sont nombreuses, et [>resque toujours aussi on pourrait retrouver des fautes après lui et après dix autres lectures; tant l'esprit humain atteint difficilement la perfection dans ses œuvres I

On comprend bien, d'après un semblable travail, que la personne qui veut s'y livrer doit posséder à fond les langues des ouvra* ges dont elle lira les épreuves, et une notion plus ou moins étendue de toutes les connais* sauces humaines; car dans le môme jour, elle aura tour à tour à examiner des feuilles lé* gères de romans et les pages les plus abs* traites des sciences les moins répandues. ' Maintenant disons quelques mots des pro* cédés de correction ... Nous laisserons aux manuels typographiques le soin de donner aux gens du métier des tableaux détaillés avec tous les signes usités pour lô redressement de chaque imperfection; nous nous contenterons d'indiquer les points les plus importants. D'abord il est nécessaire que toutes les corrections soient portées sur les marges des pages et jamais dans l'intérieur des lignes, atin que l'ouvrier saisisse au pre* mier coup d'œil les diverses indications sans avoir besoin de lire attentivement le texte» ce qui lui prendrait un temps. précieux. On tire sur la lettre le mot ou la. phrase à changer, un simple trait perpendiculaire ou horizontal ; on rapporte ce signe à la marge à côté de la correction que Ton indique, en ayant soin, si Ton en fait plusieurs dans la

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même ligne, de placer la première le plus près possible de l'impression et de se réser^ Ter le reste de la place pour les suivantes. On a encore soin, pour éviter toute confusion, de n'employer que la marge extérieure, c'est-à-dire celle qui est du côté du folio, et

3ui est ordinairement plus grande que celle u fond, de telle sorte que les corrections s'indiquent toujours de gauche à droite sur le recto, et de droite à gauche sur le verso.

.lï y a» pour certaines corrections, des signes de convention qu'il est bon de connaître, parce qu'ils abrègent bien des explications : ainsi, pour indiquer la suppression d'une longue phrase comme d'une simple lettre, il sutlit de tirer une barre sur toutes les lignes, ou sur la lettre, et de figurer sur la marge, à côté du petit trait perpendiculaire correspondant à celte correction, un» ^à tête allongée, qu'on nomme deleatur^' parce qu'il est l'abrégé de ce mot latin qui signifie : yu« cela soit effacé. Pour une transposition, )l suffit de tracer autour de la ligne, des lignes, ou du mot transposé, ce signe I LJ9 qui, rapporté à la marge, indique à l'ouvrier ce qu'il doit faire. Souvent il «rrive qu'une ou plusieurs lettres sont retournées : il y a encore pour cela un signe convenu, bien connu des typographes. Veut-on faire disparaître une espace, une interligne qui lève mal à propos la tête, on inet en marge ce signe X, usité en algèbre sous le nom de multiplié; demande-t-on plus d'espace entre deux mots ou deux lignes, un dièse Ifi fait l'affaire; veut-on, au contraire, un rapprochement, des parenthèses, ou droites ( ) ou couchées Zlf évitent Coûte autre explication. Il est encore d'usage, quand on veut attirer l'attention sur quelque

ijassage, de le souligner une fois , si

l'on désire qu'il soit seulement en caractères dits italiques ; deux fois == si on l'aime mieux en petites capitales; trois fois = si l'on tient à ce qu'il saute aux yeux par Teffet des GRANDES CAPITALES; de même qu'il y a des signes, il ;r a aussi quelques, termes usités pour désigner les principales fautes : ainsi on nomme bourdon tout oubli de mot ou de phrase; doublon^ le défaut contraire; coquille, une lettre pour une autre. Enfin, comme nous l'avons déjà dit, s'il est bon que les correcteurs d'imprimerie soiont parfaitement au courant des moindres détails de leur art, il suffit aux auteurs d'exprimer d'une manière bien précise les changements qu'ils désirent, en figurant sur les mots à changer et sur les marges correspondantes des signes semblables qu'ils peuvent Tarier à l'infini, quand ils ont à faire plusieurs rectifications rapprochées les unes des autres, par des crocnets tournés à gauche, à droite, en bas, en haut, de petites croix doubles, simples, triples, etc., suivant le nombre des renvois.

Revenons à la composition : Tout ce que nous venons de dire ne suffit pas encore pour faire comprendre le travail infini d'organisuliou et de surveillance, le perpétuel

mouvement de va-et-vient de tons les n ractères d'imprimerie, dont les variétés i composent par centaines, et les pièces p^ millions, et dont la confection s'opère si a sèment, grâce à leur petitesse et à leur s militude, dont le gaspillage est tellenciei inévitable par suite du nombre d'agents q< les emploient, dont le renouvellemeot est i fréquent à cause de leur prompte usure, qu le déficit occasionné par ce concours de vît constances n'a pu être exactement calculi! et devient moins appréciable de jour e jour. Aussi, lemattre imprimeur est-il forr d'avoir un certain nombre d'ouvriers à 1 journée, dits hommes de conscience (le ma est significatif), dont une des principalei fonctions est d'empêcher et de réparer h

{perpétuel mélange de tous ces caractères 1 ne saurait apporter trop de soins ati choix de ces ouvriers spéciaux, qui sont les gardiens de ses intérêts et même de sa ré^ putation, car ce sont eux qui sont ordinai* rement chargés décomposer les objets qui demandent le plus de goût, comme les prospectus, les encadrements, les fantaisies tyfographiques; défaire les garnitures^ c'esl- -dire d'encadrer les pages d'une espèce de châssis mobile en plomb ou en bois qui (es maintiennent à leur place, de telle sorte qu'elles aient tout autour la marge la plus convenable et la plus élégante; souvent de corriger les tierces et révisions (dernières épreuves au moment du tirage); et que/quefois c'est è leurétourderie dans l'exécution de ce travail que des. éditions très-soignées du reste ont dû des fautes grossières dont, la ftlupart du temps, on ne s'aperçoit qu^après la vente, ou qu'on ne peut réparer qu'à grands frais quand le tirage est terminé.

Le prote [np&vÇf le premier), dans une imprimerie un peu considérable, est seul chargé de la direction des travaux, de la surveillance intérieure et des rapports avec les clients : tiuelles garanties d'ordre, de savoir, d'intelligence, de probité, ne doit-il pas offrir I H lui faut, autant que possible, avoir passé par tous les grades, savoir un peu de tout, être en étal d'eu remontrer au compositeur, au pressier, au correcteur. L'imprimeur a beau lui-môme être actif, entendu, sévère avec les ouvriers,

fatient avec Jes auteurs, il ne peut veiller la fois au dehors et au dedans, être présent partout, suivre d'heure en heure, de minute en minute, le fil de travaux si compliqués ; et si sou proie ne le seconde dans cette ingrate besogne, non-seulement avec zèle, mais avec une complète abnégation personnelle, l'établissement ne résistera pas longtemps aux abus de toutes sortes qui viendront l'assaillir.

Tirage. — La composition est très-importante sans doute, ainsi que la beauté et la variété des caractère^ ; la correction l'est encore d'avantage; mais, le croirait-on»

c est le tirage, quoiqu'il semble au premier abord la partie la plus simple, la moins intelligente de l'imprimerie, qui réclame lo

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DES INVENTIONS

nip

plas de soins de la part du miittre imprinnir» ear c'est le tirage qui fait la gloire oe le déshonneur de sa maison. En vain les orvclères seront-ils neufs et bien alignés, en raîn les presses seront-elles en hon état, dicfi miicies û^éiofTes {voy, plus bas); en Tiin reocre sera-t-el le de premièrequalité: si le pressîer n*a pas bien lavé, avec une lessive dite eiprés, les pages encrassées par t^fscre des épreuves, s'il ne s'est pas pourvu dp n»!eaux ni trop fermes, ni trop mous, ^'rl n'a pas bien préparé son papier, si enfin il De &il pas une bonne mise en train^ tous Ws soins apportés par les précédents ouvrers seront complètement dépréciés par tf pfiTsiooomie grise, pâteuse, inégale, des iiputtles qui sortiront des mains du tireur.

Lis in^alités résultent, soit de la mauruse fonte et de l'usure des caractères, soit d^ diverses parties de la presse qui sont nrement d'une justesse irréprochable, soit «1*1 papier, souvent de médiocre qualité, soit des éto|[r*s de drap, de toile et de soie destina à adoucir la pression ; ce sont autant Cubitacles que doit lever l'ouvrier.

four 7 arriver, il tire avec précaution un premr exemplaire, et, s'il y reconnaît des «Jétniis, il y remédie en ajoutant è ses étoffes des feuilles de papier qu*il découpe là OQ fefet de la pression est trop saillant, çb7/ snrcliarge» au contraire, d'autres feuil- /es. tàoik il se oiontre trop faible. C'est ainsi qu'on voit souvent des ouvriers intelligents passer des heures et même des journées à taire la mise en train d'une forme contenant piosiears de ces vignettes délicates gravées sur bois qui ornent les éditions illustrées, ATiDl d'obtenir un seul exemplaire convenable. Quand ce ne sont pas les vignettes, ce sont les filets, les ornements, les lignes <1e titres, et surtout les clichés qui réclament le plus de temps, selon le degré de perfection que Ton veut atteindre. On comprend que les clichés , qui sont des pages de métal mince fondues d'une seule pièce dans des matrices prises sur les caractères mobiles, offrant plus d'inégalité que ces mé- VMs caractères, gui sont fondus un à un am une régulante parfaite dans un même oomie, et qui offrent, réunis, une surface Im plus résistante en môme temps qu'elle al plus unie. — Voy. Pbbsses n'niPaiMERiR. Papier. — Le choix du papier entre pour beaucoup dans la perfection du tirage et dans l'usure des caractères, qui ne résisleraient |>as longtemps aux nombreux graviers et aux defuctuosités des pâtes inférieures. Cest surtout dans la trempe ou mouillure des papiers que le pressier doit montrer son expérience; selon que ce papier est eollé ou sans colle, de bonne ou de maunise qualité» fort ou faible; selon que le format auquel il est destiné est grand ou petit, composé de pages très-élaguées ou de l^es compactes, il doit tremper par immcr* sioo ou par aspersion, en modérant selon les besoins l'un ou l'autre mode» Ce trempage ne se fait pas par feuilles de papier, ce qui serait beaucoup trop long et donnerait

trop d^eau, mais par poignée de 25 ou 50 feuilles. Quand le nombre de 500, de 1,000 ou de 2,000 feuilles nécessaires pour un tirage est ainsi mouillé, l'ouvrier les met en presse ou les charge assez longtemps pour ^ que l'eau ait le temps de pénétrer toutes les feuilles d'une manière égale; quelque temps avant le tirage il les remanie^ c'est-à-dire qu'il les prend par petites poignées et retourne les parties les plus humides sur les f)arties les plus sèches, et vice versa^ puis il es recharge pour les reprendre au moment du besoin. S'il néglige toutes ces précautions, il éprouve beaucoup plus de diUficultés pour son tirage et ne peut même jamais obtenir d'excellents résultats.

Encre et rouleaux. — L'encre d'imprimerie est une matière visqueuse , mélange d*huile de lin bouillie jusqu'à la flamme et de noir de fumée, on de chrome, de carmin ou de bleu, selon la couleur que Ton veut obtenir. Cette matière ne ressemble en rien aux encres d'écriture.

Les rouleaux^ mélange de colle forte et de mélasse, fondues et prises ensemble, qui forme une composition douce et élastique très*propre à étendre également l'encre sur les caractères, sont malheureusement sensil)tes aux variations de la température, et ont souvent besoin d'être changés, tantôt parce que le froid les durcit, tantôt parce que la chaleur les ramollit à l'excès, ou même les fait couler comme de la cire.

Séchage, assemblage, satinage, brochure, — La manutention des papiers imprimés est presque toujours indépendante du travail de nmprimerie proprement dite, car elle forme à elle seule une branche fort importante qui demande aussi beaucoup de bras et de surveillance. Cependant l'imprimeur en est souvent responsable, soit parce qu'on l'en charge directement, soit parce qu*il veut assurer jusqu'au bout la perfection de son œuvre, qui peut être compromise par un étendage retardé ou trop prolongé (1), par un satinage peu soigné, par une pliure et une brochure négligées, par une couverture placée sans goût, par une rognure faite de travers.

Etoffes. — Les étoffes dont nous avons parlé au sijget du tirage s'entendent, dans ce cas, des morceaux de soie et de toile qui, bien tendus sur un cb&ssis de fer inhérent à la presse, forment le tympan, et reçoivent la feuille de papier avant qu'elle touche le caractère, et d'autres morceaux de soie et de drap un nommés blanchets, qui, placés dans le tvmpan , servent à amortir le foulage de fa presse, ménagent ainsi les caractères, et facilitent l'empreinte qu'ils laissent sur le papier. Mais on entend surtout en imprimerie, par étoffes, la somme réclamée par le mattre imprimeur en sus du salaire régulièrement payé aux ouvriers, pour le couvrir de ses frais et constituer son bénéQce.

(1) Le papier se gâte si Ton ne le fait pas sécher promptement , et se noircit si ou le laisse trop long* temps sur les cordes.

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Invention de MM. F, Reinhard rt E.-B.

Mertian de Strasbourg. — Le but des auteurs est d'obtenir des formes solides semblables h celles qui se composent de caractères mobiles, et d*appiiquer ces formes spécialement à la musique. Les procédés pour lesquels ils ont obtenu un brevet de quinze ans ^^ont renfermés dans le renversement entier du système typographique actuel, qu4 oflfre des caractères en relief, résultant de matrices en creux, tandis que les auteurs emploient des caractères creux^ obtenus de matrices en relief. Pour obtenir ces matrices on grave les poinçons, tant ceux des caractères de Talphabet que ceux de musique, à la manière ordinaire sans aucun • changement et sans les justifier. On prend des platines préparées et de même dimension que pour les platines creuses. On frappe les poinçons dans ces platines, mais au lieu d'arrêter à une certaine profondeur, on les enfonce jusqu'à Ce aue le refoulement du . enivre se fasse voir a la surface opposée. Alors on retire le poinçon, et on lime la surface qui présente le refoulement jusqu'à ce que l'excavation formée par le poinçon paraisse; on aplanit cette surface, et on remet le poinçon dans cette excavation. L'œil du poinçon dépasse alors la surface aplanie de la platine. Pour déterminer la hauteur à laquelle il doit la dépasser, ou, en d'autres termes, pour justifier cette matrice saillante, on se sert d'un jeton, qui dans le milieu de sa partie inférieure présente une entaille égale à la hauteur que doit avoir l'œil de la lettre. Pour fixer le poinçon à cette hauteur^ on pique le revers de la platine, on force le poinçon à la partie qui répond à la surface piquée, on remet le poinçon dans la platine à la hauteur convenable. On renverse ensuite la platine sur une surface qui présente un creux dans lequel l'œil du poinçon puisse entrer. On entoure la platine de quatre pièces planes de métal de deux centimètres de haut : et on verse de Ja matière de fonderie liquide dans le bassin <*arré formé par les quatre pièces réunies. De celte manière, le poinçon est parfaitement fixé dans la platine et à la hauteur dont on a besoin. Quant à la justification pour la ligne, on se sert des procédés connus. Les poinçons doivent avoir une forte trempe. La fonte des caractères creux s'opère de la même manière et avec la môme célérité que lorsqu'on emploie des matrices en creux. Elle a le double avantage : V de ne produire presque jamais de caractères fautifs, puisque la matière prend plus facilemet l'empreinte d'une saillie que celle d'une renirée; 2' de pouvoir, de même que dans la fonderie ordinaire, employer les mômes matrices saillantes, pour fondre des caractères de telle force de corps ou approche qu'on désire. La matière que les auteurs eimploient est connue dans toutes les fonderies, c'est un composé de plomb et d'antimoine. On fond les caractères de musique suivant les mêmes procédés, excepté que l'on applique la matrice au moule de ma-

nière que V(B\\ du caractère, au lieu de s'^ lever à Ja hauteur des plans, s'étend sur i longueur des pièces. Quant à !a combinaiso du système de MM. Reinhard et Mertian il faut que les queues des notes et les liga tures des croches décroissent dans des pro portions déterminées. L'extrême justessi

3ue leur système suppose dans la réunioi es différents corps exige que toutes le^ 3ueueset toutes les ligature,s, quelque gran^ eur qu'elles aient, soient fondues sur J^ même matrice saillante qui représente ot une queue ou une ligature. Pour obtenii cette fonte on n'a besoin que d'une matrice pour les queues et d'une autre pour les )i^ gaturesdu même genre; mais l'une et Tau^ tre doivent présenter la plus grande des dimensions exigées de ces caractères. Une entaille pratiquée dans le plan inférieur du moule, et qui s'adapte parfaitement à l'œil de la matrice, reçoit successivement les parties deTœil qui doivent être absorbées par la diminution des approches.

C'est ainsi qu'on obtient des caractères dont les dimensions sont diminuées, et ces matrices, quoique saillantes, offrent les mêmes avantages que celles en creux. L'œil et les bords supérieurs de ces caractères étant parfaits au sortir du moule, les opérations subséquentes pour leur achèvement sont les mêmes que celles qu'on fait pour les caractères ordinaires; les formes se composent comme à l'ordinaire, avec cette seule différence qu'on procède de gauche à droite. Les espaces étant de même hauteur que les caractères, les formes présentent une surface parfaitement plane, sans autres vides qup les creux des caractères. On compose la musique sans les portées. Les corps des caractères sont combinés de manière qu'on peut les rapprocher ou les écarter à volonté ; la place des caractères se calcule, tant par rapport aux portées auxquelles ils doivent correspondre, que par rapport à leurs distances respectives, en sorte que chaque portée peut être terminée par une barre de mesure, et chaque page par un repos. Lorsque la forme est acnevée, on la corrige avec d'autant plus de facilité, que les caractères allant de gauche à droite, on peut les lire aussi facilement qu'une page imprimée. La forme étant corrigée, on la serre dans un châssis, et, au moyen d'une vis à clicher, on obtient une forme solide, qui, étant le renversement de la forme mobile, es't identique quant à l'œil, avec une forme qui aurait été composée en caractères saillants. Il faut que la matière des formes soit un peu plus faible que celle des caractères. Les souillures étant un des inconvénients attachés au clichage, voici la manière d'y remédier ; avec une alêne, on sonde les aifférentes parties de la forme ; si on éprouve de la résistance, il n'y a pas de souiQure, mais là oiji elle s'enfonce, il y en a une. Dans ce cas, on introduit, par le trou de la sonde, de la cire fondue, au moyen d'une pelilo seringue chauffée. La cire contenue dans la soufflure oppose une résistance suffisante à la presse»

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DES INVEMIOXS.

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TU la surface de la forme. Quand^ dans la c»aiposiUoD des formes, on veut ajouler les |iiirtées» on peut se servir de deui procédés oifférentSy qui conduisent au même but. Fior le premier de ces procédés» on Jave la forme solide de musique avec une légère eaa forte, chargée d'ocre; on fond sur cette forme uo mélange de pJomfo, d*étain et de Ltsmath : celte composition est regardée, en chimie, comme la plus fusible. Cette foote donne one forme solide en creux, par* faitemenl semblable à celle qui était composée en caractères mobiles. C'est dans cette forme qa*on trace les cinq portées à Taide d'un rabot à cinq dents, dressé à cet usaçc. tu second clichage donne la forme définitive deoiBsique. Pour le second procédé, on se borne à la première forme de musique, qui Boffre qne les notes sans les portées. Avec des filets et des espaces on compose une forme qui ne présente que le» portées en relâ^. On place les deux formes de notes et les deax formes de portées qui j correspondent sur le marbre de la^ presse, lequel tourne sor on pîvoL Au moyen d'un demi-tour que Von bit faire au marbre, la presse reçoit atleniativement les formes à notes et les fomiesk portées. Par le dernier de ces procédés, on nent mettre des couleurs différentes sur les formes à notes et sur celles à portées. Ainsi, en mettant une couleur d'un ocir Irés-nf sur les formes à notes et d'un Ueêa Ueu^ on de toute autre nuance, sur celles i portées, les notes et tons les antres signes ressortent parfaitement; et imitant en cela la musique copiée à la main , elles présentent on avantage que la gravure n'a jamais pu atteindre. Cette manière d'imprimer en deux couleurs exclut l'usage des formes solides de musique avec portées. P<Mir imprimer en deux couleurs, d'après ces dernières formes, les auteurs ont imaginé le procédé suivant, qui n'exige qu'un seol coup de barreau» et qui laisse Ta feuille dans sa |K>inture : on adapte vis-à-vis le tjmpan une frisquette sur laquelle on tend un parchemin; on imprime d'abord ce pardiemin sur les caractères, pour qu'il en prenne Tempreinte, ensuite on enlève avec on empurte-pièce les têles des notes et les li^tures des croi-bes. On porte avec des bades ordinaires la couleur pâle sur toute le forme, et on en enduit le revers de la frisquette ; on applique celle-ci sur la forme. Les têtes des notes et les ligatures uaraissent à nu à travers les découpures cfu parchemin, sur lequel on porte avec des balles veloutées la couleur noire, qui n'est reçue que par les caractères, ou partie des caractères découverts, ensuite on relève la frisquette, et on imprime. Cette manière d'imprimer en deux couleurs, en portant la couleur du fond seulement sur le revers de la frisquette, et non sur la forme, est applicable à toute sorte d'impression, lors même qœ les deux couleurs sont très-tranchantes, comme le rouge et le noir. Une autre manière d*imprimer en deux couleurs, mais qui n*est pas applicable à la musique, con-

siste à se servir d'une deuxième frisquette latérale, sur laquelle est également tendu un parchemin. On couvre avec la première frisijuette les caractères qui doivent être d'une autre couleur; on applique la première frisquette sur la forme, et on y met la couleur qu'on désire, on la relève, 'et on imprime. Ensuite on applique la deuxième frisquette sur la forme, on y met l'autre couleur, on relève la frisquette et on im-

Î^rime de nouveau. Ce procédé exige, à a vérité, deux tirages, mais il laisse la feuille dans sa pointure. Les auteurs ont voulu rendre tous les effets dé la plume et du burin,, écarter ou resserrer entre elles les notes à volonté, placer les ligatures des croches à telle inclinaison qu'exigent les convenances, et rendre les rapports de leurs caractères mobiles si justes que, dans les formes solides,.chaque portée avec ses notes paraisse avoir été produite par une seule matrice.

En conséquence, ils ont, 1* isolé les notes des portées, ce qui est une marque caractéristique de leur système : l'expérience a fait voir combien les portées liées aux notes embarrassent la composition. D'ailleurs les portées liées aux notes ne s'unissent jamais avec une justesse qui équivaut à la continuité, et quelle que soit la justesse des corps, on aperçoit toujours les points de contact des différentes (parties. Les portées des auteurs, soit celles composées avec des filets, soit celles tracées avec le rabot, sont toujours continues; 2* ils ont exécuté la fonte des caractères de mu5ique avec la plus grande justesse , tant pour les forces de corps que pour les approches; les différentes parties, telles que I ceil de la forme solide, ne présentent aucune trace de réunion ; cette exactitude n'est possible que dans ce nouveau système; 3* ils ont divisé les notes et autres signes musicaux de mcV nière que les points de contact des différen-^ tes parties coïncident toujours avec les por* tées, afin que si, malgré la perfection de ce système et la justesse de la tonte, quelquesuns de ces points de contact étaient visibles, ils soient couverts par les portées; 4* ils ont donné k tous les corps de leurs caractères la forme d'un solide quadrangulaire rectangle, pour Taisance et la justesse de la composition ; 5* entin ils ont observé dans la divi* sion des corps de leurs caractères une pro^ grcssion descendante telle que les corps plus petits soient toujours parties aliquotes des plus grands, tant par rapport à la force des corps que par rapport à rapproche, afin que pour les espaces et les caractères qui en sont susceptibles, l'approche puisse servir de force de corps, et réciproquement, pour que la place de chaque note ou signe puisse être déterminée d'avance par le calcul, et qu'on puisse s'assurer de la parfaite coïncidence des portées et des notes. Dana le système de MM. Reinbard et Mertian, ils ont pour les notes les cinq forces de corps suivantes : 1* le corps mi-mineur; 2* le mineur ; ^ le moyen ; 4' le majeur ; 5* le m«xi«-^

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me. Le corps liuéraire est pour les caractères de ralphabet; les corps moléaire et ultimaire ne sont que pour les ligatures quadruples et quintuples moyennes. Toutes les forces de corps sont déduites de la force de corps moyenne, qui est celle de la note noire, et que les auteurs considèrent comme leur unité. Cette combinaison ayant été faite (fepuis plusieurs années» les dimensions y sont calculées sur les anciennes mesures. Les corps croissent ou décroissent par lignes. L'étendue adoptée pour la ligne est la même que la hauteur de^la tète du sol noir. Le corps moyen est d'une ligne et demie; le mi« mineur d'une demi-ligne. Les autres corps augmentent de demi -ligne jusqu'au corps littéraire inclusivement. Le moléaire est de quatre lignes, et Tultimaire de quatre lignes et demie. Les approches sont aussi eaiculées par ligne. Tous les cai-actères dont la superficie a une étendue indéfinie doivent être clos par un bord qui ait la plus petite épaisseur possible, pour parvenir à une mesure d() portée exacte. Les accords doivent être posés de manière que les deux notes se réunissent du côté de la 4jueue; ensuite, avec un rabot, on enlève les angles du côté de la réunion. Pour composer la musique de clavecin , il faut un ilouble composteur, à cause des accolades et de la correspondance des parties du dessus et de la basse . On fait la correction en apjiliquant sur les portées de la matrice com- [iosée cinq fils noirs tendus sur un manche plat et mince, formant aux deux extrémités une double équerre vers le même côté, c*omme un manche de scie ; cette pièce se nomme portée-tendue. Des mots abrégés 5ont placés dans chaque casseauxdenx côtés des numéros et indiquent la force de corps. Le signe "^ signifie clôture de demi-ligne, r/est-À-dire que le caractère creux est clos par un bord de demi-ligne. 0 signifie ouvert et rasé, c'est-à-dire que du c*oté où ce silène est placé, le caractère n*a aucun bord, •f signifie clôture jusqu'à une portée de mesure exacte, et annonce que le côté auquel 11 répond doit correspondre à une partie déterminée de la portée. Ce signe X signifie la même chose que le précéuenl, et il affranchit de l'exacte correspondance. Ces deux signes placés sous chaque caractère indiquent toujours la longueur du caractère prise dans le sens dans lequel il s'étend le long des grandes pièces. Le premier signe indique aussi la longueur 4u caractère prise «séparément, et le second la longueur de tout le corps. Quand l'une ou Tau- . tre de ces dimensions est omise et remplacée par 9 , cela signifie que la dimension omise est indifl'érente. Lorsque les deux nombres inférieurs sont suivis des mots de dessous , ils changent l'indication des deux nombres. Ces deux mots ne sont placés à la suite des nombres inférieurs que lorsque la surface du caractère n'a pomt d'exacte mesure, et que le point de son application sur la portée n'est point à Tune des deux cili*émiiés de sa surface, comme aux clefs,

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dièzes, etc. La mesure de la surface du ractère étant donc alors indéfinie, on n'a besoin de connaître que la mesure de tout le corps, et la mesure depuis le point de l'application jusqu'à une extrémité du corps. Ainsi, le premier nombre indique alors retendue de tout le corps, et le second nombre indique l'étendue depuis une extrémité du corps jusqu*au point de l'application.

Les auteurs entendent par ligatures les traits qui réunissent diverses notes et qui en font des croches, doubles croches, etc., selon qu'il y a un, deux, ou plusieurs traits qui réunissent les notes. II y a cinq épaisseurs de ligatures : les simples, les doubles, les triples, les quadruples, les quintuples. Les ligatures ont trois directions : la droite, l'ascendante et la descendante. L'inclinaison, soit descendante, soit ascendante, est d'un quart de ligne par note ou force de corps moyenne , la plus belle proportion étant la moitié de 1 inclinaison des notes dans leur suite de gamme. Les plus loogaes ligatures sont de six jcorps moyens ou de six notes noires. Elles décroissent jusqu'à un corps moyen ; et, comme ces six longueurs sont fondues sur la môme matrice saillante, les réunions des ligatures, quelque longues qu'elles soient, sont parfaites. Les (K)rps des lieatures sont carrés et traversés sur leur lorce de corps par les bouts de queue des notes, afin de pouvoir adapter d'en haut et d'en bas telles notes qu'il écherra. Il y a, en outre, des bouts de queue de demi-ligne en demi-ligne pour pouvoir intercaler tels corps qu'on veut, les forces de corps pour la musique allant toutes de demi-ligne en demi-ligne. Lorsque la planche solide est clirhée, on retranche les bouts de queues inutiles. Les ligatures moyennes et les mineures sont toutes de même épaisseur. Toutes les ligatures s'étendent d'une extrémité de corps à l'autre, cette étendue est nécessaire pour la parfaite réunion des ligatures. On retrancne le superflu des formes clichées. Il y a autant d'espaces que de forces de corps. Le mot primordial, employé par les auteurs, énonce un caractère d'après lequel on peut, avec le rabot ou le burin, produire a'autres caractères. Dans le système creux, on peut facilement faire une ligne droite avec le rabot ou le burin. Un rabot et un coupoir sufiisent pour la droiture et régale profondeur des excavations. Un burin, porté sur deux aisselles bien dressées, remplit le même but pour de trèj»courtes lignes. (Brevets non publiée.)

Impression des discoors. — Invention de M. Guiraut. — L'auteur a obtenu un brevet de quinze ans pour des procédés au moyen desquels on peut obtenir de suite l'impression des discours de la manière la plus prompte et la plus exacte. Ce procédé fut d*abord appelé, par l'auteur, logographique, puis logotachygraphique. Ce root est composé de trois mots grecs, ^oy^ç, aermo^ parole, rax9ç, celer, prompt, haoile, et ypof u» scribo^ j'écris; lesquels réunis et francisés expriment parfaitement l'art d'écrire mot

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iiHJly eo Coûtes lettres, et aussi rite que la ^larole. Toîci les moyens qu'emploie M. Guiraot. Au milieu d*une table, ei autour de 1 hexa^ne où est récriture, est placé un cercle mobile divisé eu' six parties par des boulons et une petite barre carrée perpendiculaire, afin d'j filer à Tolonté un feuillet de fer-blanc, garni baut et bas de petites feaîlles parallèles aussi de fer-blanc, numérotées de un à six deux fois répété. On ne doit employer que des morceaux de pa- {iier d*enTiron quatre pouces de long sur deux de large, ou mieux des tablettes de peau d*âne, coupées et numérotées de la même manière. Aussitôt que le premier écrÎTain a écrit ce qu'il a retenu, et qu'ainsi il a mis en actirité le second écrivain, il P'aee le papier ou la tablette à la première fimille du feuillet de fer-blanc, et il fait marcher le cercle de manière que le second écrifain eo puisse faire autant et ainsi de saite. Lorsque le cercle mobile a fait deux tours, le feuillet de fer-blanc se trouve entièrement garni; il est enlevé et remplacé de suite fiar un autre. Tous ces feuillets sont Doméfolés au bas, afin de maintenir Tordre de ce qui a été écrit. Les feuillets relevés pttscui successivement sous les yeux du rédaclear, et de là entre les mains du prote, qui, faisant imprimer au fur et à mesure, peut donner un discours peu après qu'il a été proflonoé. La table dont on se sert est noie, elle a environ quatre pieds de diamètre. Le pied de la table est lait en étoile Jieiagooe, ses rayons forment six coffres tnan^laires. L'ouverture du coffre de Técrivam, pratiquée dans le rayon, se trouve sur la soriace de la table. Le coffre de Técntoire, qui contient les plumes et Tencre, est placé au centre de Téloile. Le cahier de Técrivain e^t composé de demi-feuilles, et il porte son numéro et son folio sur les {âges et revers, qui sont tous rayés de la même quantité de lignes du commencement i la fin« Six écrivains sont assis au sommet des angles de I étoile, de manière que leurs jambes étant placées dans Tintervalle des /ayons, leurs genoux sont forcés de se toucher. Ces! toujours Técrivain qui a le n* 1 qui coflinience à écrire, et comme les lignes des cahiers ne donnent pas la facilité d*é- Cf ire plus d'une demi-pnrase, il doit avoir soin de n'en pas retenir davantage à mesure qu'il entend lire ou parler, et il avertit son voisin, celui qui a le or% par un coup de pnou, de prendre le restant de la phrase; Te n* ± en iait autant au numéro suivant, et ainsi de suite jusqu*au n* 6, qui remet en activité le n* 1, par la même communication. Lorsque les écrivains sont à la dernière ligne de la page, ils sont forcés de tourner le feuillet ensemble. Il peut arriver trèssouvent, et c'est pour Tordinaire, que le ATS ne soit pas celui qui écrive la dernière phrase du discours; alors, comme tout se rapporte au n* 1 qui commence toujours, eeox qui n*ont pas rempli la ligne d ordre doivent la laisser en blanc pour firendre celle où le n* 1 se triuve eu activité. Le

discours fini, on rassemble les cahiers par ordre, numéros 1, 2^ 3, &, 5 et 6; six écritures différentes se trouvent réunies dans une seule ligne, et on lit sans interruption tout ce qu'on a entendu prononcer dans l'assemblée. (Dict. des découvertes j t. XVI, p. 298, 299.)

Nouvelles machines à imprima- et à com^ poser. — M. Eugène Ronjat est iiarvenu, an moyen d'une machine ty[K)grapliique construite d*après le principe d*un système de forces cylindriques, à produire un tirage beaucoup plus rapide et bien plus économique que ceux obtenus jusqu'à ce jour.

Eu effet, jusqu'à présent le tirage s'est opéré au prix de 5 francs la rame ou 10 francs le mille, de sorte qu'un journal qui a vingt mille abonnés dépense 200 francs par jour uniquement en trais de tirage. En quatre heures, cent mille exemplaires peuvent sorsortir des presses de M. Ronjat, à raison de vingt, vingt-cinq mille à l'heure et presque

sans frais.

On ingénieur français est psfvenu, à Paide d'une nouvelle machine, à corojioser activement et à peu de frais les caractères mobiles d'imprimerie. Celte machine qui adû figurer à l'exposition de Londres, et qui n'a recours ni au clavier, ni à la ligne continue , ni à aucun autre système déjà emt'Ioyé , réunit dans son ensemble un distrimteur et un compositeur, ayant chacun^ casiers compris, 7% centimètres de large sur 1 mètre de hauteur et 20 centimètres de profondeur. Dans cet es|)ace restreint sont contenues les soixante-quatorze miile lettres nécessaires à la journée du compositeur. Les mêmes casiers s'adaptent alternativement au distributeur et au compositeur.

La disposition des nouvelles casses permet à un homme de composer de quatre caractères différents, romain ou italique ^ Sàns^ démonter les casses et sans quitter sa place. La machine distribue , compose , justifie et interligne à une vitesse de dix mille lettres à l'heure; elle ne nécessite , pour le compositeur, aucun nouvel apprentissage {!).

INCENDIE (Machwbs costbe l'). — On

nomme incendie toute destruction entière

ou partielle d'édifices, de navires, de matières

combustibles, de récoltes, produite par le feu.

Partout où la civilisation s'est développée,

l'autorité a prescrit des mesures destinées à

prévenir les incendies ; des secours ont été

organisés successivement avec sollicitude et

intelligence. Les communes ont été pourvues

de pompes ; dans les plus considérables, des

compagnies de sapeurs-pompiers ont été

instituées; enfin, dans les villes, on a

multiplié et perfectionné progressivement

les moyens de secours, et l'on y a ajouté

des machines et des ustensiles propres au

sauvetage des hommes et des effets. Nous

ne nous occuperons pas ici des pompes h

incendie ; cet appareil , qui n est autre

qu'une pompe aspirante et foulante avec

réservoir d'air, est connu de tout le monde :

(1) BelgiQue induitrielU du 9 janvier laSI.

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nous nous contenteroDs de mentionner» avec le Dictionnaire des découvertes^ quelques appareils de sauvetage.

inventions de M. Désaudray.^ An VI. — On a fail l*essai au lycée des Arts, séance du 9 pluviôse, d'une échelle contre l'incendie présentée par M. Desaudray. Le développement s'en est fait avec le plus grand succès, et cette invention ingénieuse a été vivement applaudie. Le lycée a arrêté qu'une députation irait faire l'hommage de cet appareil au gouvernement. Nous n avons pu nous procurer aucun renseignement sur l'échelle dont M. Desaudray est l'inventeur, et dont celles inventées depuis paraissent avoir fait perdre de vue les avantages.

M.Audibert. — An VllL — L'appareil de l'auteur est composé d'une tige de fer creuse d'un mètre de longueur à peu près ; au haut de cette tige est une croix formée de deux plans parallèles qui servent de joues à cinq (toulies dont les axes creux sont très-gros» ce qui est très-nécessaire pour augmenter leur force et leur frottement. Au bas de la tige de fer est une courbe, formée également de deux plans et oui sert en même temps de joues à une poulie inférieure et à sello pour

f)lacer le pompier qui doit n/anœuvrer. Le ong de la tige, et vers le milieu, sont deux crochets presque horizontaux avec une boule, et une courroie est placée entre les deux crochets; l'appareil est accompagné de deux harnais pour les personnes que l'on veut sauver. Ces harnais sont composés d'une selle à coulisse, pour que dans les dilTérenls mouvements la personne se trouve commodément placée ; cette selle est attachée devant et derrière à une ceinture retenue elle-même par deux courroies qui passent sur les épaules de la personne secourue. Au milieu de la ceinture est attachée ar un mouvement à pivot la courroie, qui son autre extrémité porte un anneau qui doit s'accrocher au,haut de la tige de fer et y suspendre dans une altitude commode et verticale la personne en danger. Le pompier chargé de cet appareil cherche dans les maisons voisines une issue pour parvenir sur la toiture de la maison incendiée. Arrivé à peu près au-dessus des fenêtres, il attache les extrémités d'une corde à quelques parties de la toiture ; cette corde passe en zigzag remontant et descendant entre quatre poulies ; la partie supérieure de la tige descend ensuite, enveloppe la poulie inférieure, et remonte sur la cinquième poulie supérieure, d'où elle retombe dans la rue. Le pompieç se place ensuite sur la selle, et, s'attachant à la tige au moyen d'une courroie qui soutient le milieu de son corps, il fait passer la corde sur un des crochets qui tient à la tige, ce qui lui sQri de retenue ; il laisse (lier la cordeet descend jusqu'à lafenê- Ireoùsontles personnes qu'il veut sauver. S'il 6*en trouve trop éloigné, il jette un bout de cordedont l'autre extiémité tient à la cage, et le moindre effort l'y amène, il replie ensuite sa corde autour de deux crochets de la tige et s'y fixe au moyen de la courroie à boucle

qui tient à cette tige. La machine étant a rètée, il quitte son appareil et entre dai les chambres. Au moyen des harnais il su pend à différents crochets fixés à la part supérieure de la tige les personnes secou rues, et, se plaçant sur la sellette, il redcN cendavec cette charge jusque dans la nu La machine ainsi chargée et la corde passai sous un seul crochet après avoir eovelopfi toutes les poulies, et seulement retenue p^ la main en contre-bas, peut aisément êli arrêtée à l'aide d'une force de trois ou qui tre kilogrammes , et accélérer ou ralentir volonté la descente. Cet appareil ingénieu ^ très-simple et d'une faible dépense, et qt peut être transporté par un seul homme su tous les points d'un bâtiment incendié, mérité l'approbation de l'Institut et du Gou vernement. Les expériences faites en pré sence du préfet de la Seine et de plusieui^ savants ont prouvé que la machine de M Audibert présentait les avantages suivants célérité et sûreté pour le pompier, facilio è hisser et diriger les pompes sur le foycj de l'incendie, secours infaillibles pour *le^ personnes qui, habitant au-dessus du (oyei du feu, n'ont pas eu de moyens de salut. CeiU machine, du poids de quinze livres, au plus, peut être facilement portée en tous lieux ; on peut descendre six personnes en même temps de la plus grande hauteur.

M. Régnier^ de Paris. — An XL — Les conditions générales à remplir dans la construction des machines contre Tincendiesont :

l"* que leur transport et leur manœuvre soient aises et simples, afin que dans les cas toujours imprévus où elles devront être utiles, elles arrivent promptement au lieu de leur destination et puissent être mises en oeuvre par des hommes peu exercés ; 2* qu'elles 8 adaptent aux diverses configurations locales dépendant des largeurs et pentes de rues, ues distributions et des hauteurs de maisons ; 3*" que leur construction les rende propres à être, pendant la manœuvre, le plus possible à l'abri de l'actiou des flammes; 4* qu'on puisse, par leur moyen, sauver les femmes, les enfants, les vieillards, les malades et les autres individus à qui répouvante ôterait toute présence d'esprit; o'i'enfin, que les changements de forme qu'éprouvent les bois employés ne puissent pas les mettre hors de service et n'apportent pas d'obstacles sensibles è la facilité de leur manœuvre. Or, les expériences suivantes ont été faites en présence des membres de la Société d'encouragement sur Téchelle imaginée par M. Régnier : quatre hommes placent la machine au milieu d'une cour, deux d'entre eux montent sur les échelons de la caisse, et, par une manivelle, en font sortir successivement, en trois minutes, quatre autres échelles à cric prolongées au bout l'une de l'autre à cinquante-deux pieds de hauteur. En mêuie temps, un autre ouvrier, en dévidant un rouleau attaché à une seconde manivelle, fait descendre perpenuiculairement et avec la plus grande vite^e une chape h poulie destinée à recevoir un

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