‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 130 sur 209 · SV · texte numérisé non relu

SV

I courant d*air nécessaire au |H>is8on à ridé eogourdi.

après avoir donné une idée générale de la DsCruciico et de Taménagement des étaDÇS, us allons nous occuper de leur empois* Doement tel qu*il doit être appliqué par le teicolteur gui veut se faire un revenu de I eaux. Disons d'abord que » de même fun certain espace de terre peut donner ft plus ou moins grande valeur en prolis, suivant la préparation et la féconda^» adasol, de mAme une certaine étendue ko peat contenir des poissons en quani\i\is ou moins grande 9 mais en rapport le I alimentation qu'ils doivent y trouver ^q'oq peut y introduire.

Oq emploie ordinairement pour Tempois- Mement des étangs trois espèces princilies de poissons : la carpe^ la iancke^le bro-' kl L*oiij^i/e est rejetée, parce qu'elle déb les berges par les cavités qu'elle y mse. La perche est écartée, parce qu'elle i lussi vorace que le brochet , mais ne

Cil pas en raison de ce qu'elle absorbe. la carpe, il y a le choix de l'espèce, et •ittommande la carpe d'Allemagne , dite l^ià miretr^ c'est-à-dire à larges écailles. lÉespèce grossit plus vite que les autres, ''Aoe chair plus savoureuse et a moins (es. La Umehe est un poisson très^é*âQ goût , et , à ce titre , elle est biw ie pour l'aménagement des étangs. Le norme également une excellente nour- « et sa voracité profite doublement; ni il grossit en proportion , et ensuite ^le le trop grand accroissement des trpes et des tanches.

^mus maintenant dans quelle proporio l*eipérienee a limité le nombre des in* Nua de ces trois familles qui doivent peukr (in étang. Supposousuneétendue d'eaude Mclarea, on y jettera : 800 carpesde M gramtts; 120 tanches de 40 grammes ; 80 broche* ^de 30 grammes. Après trois années de 4>ur, Toici, en moyenne, le produit qu'on

1,400 kilog.

{BeH|es pesant 1 kUog. 75.

^^ pesant % kllo|^ S5.

« bneheu peaaiii 1 kik)g. 75.

Toul.

i,eio

, ''««quels, k raison de 1 fr. 50 c. le kilog., ^neatutie somme de 2,715 fr., soit un re- [«u annuel de 905 fr., ou 302 fr. par heci-

^ ^^9àtruU€i. — La truite ($almo iruta), g'^rejalmone, division des abaominaux. — ^^ former un bon étang k truites, il faut ]^^alléeoiDbragée,une eau courante, froide T^^^^t un fond de sable ou de cailloux , ^^Qda arbres placés près des bords, pour ^tenif it fraîcheur et pousser des raci- I? ^^w Teau, de grosses pierres sur les ri- /^i et quelques roches au milieu du cou* ^< pour le contrarier. Il est bon que l'étang M mT P^^ondeur de 3 mètres au moins Yiite^^^* il ne faut pas, surtout , de fond ^^^1 et éîiter les dépôts de feuilles ou

végétaux morts dont la décomposition es^ nuisible. La nourriture des truites sera composée de cyprins, tels que loches, gardons, goujons et d'épinocbes, de têtards , de grenouilles, coupées en morceaui« de vers, etc., d*une abondance de foies hachés, d'entrailles d'animaux, de boules sécbées et faites avec du sang de bcBof et de l'orge mondé.

L'époque du frai des truites varie suivant les localités et la froideur des eaux, suivant l'Age des individus, depuis novembre jusque vers la fin de janvier.

Les poissons nommés Vombre-cheralier (du lac de Genève), Vombre-blm (du lac de Gons« tance), la truite soiMnon^e, qu'on trouve dans

[plusieurs de nos rivières , peuvent recevoir es mêmes soins et enrichir l'étang.

On comprend que, pour assurer Te revenu qu'on doit obtenir d un étang à truites , il faut empêcher ces poissons de s'entre-dévorer ; il est donc nécessaire de séparer complètement les produits pour la pêche de chague année , et de faire en sorte que les individus réunis dans une même enceinte aient le même âge.

La mesure de croissance des truites est assez incertaine pour qu'on ne puisse pas assigner une période àleur longévité moyenne. On dit généralement que la longueur ordi« naire de ce poisson est de 4 décimètres; il pèse alors k nectogrammes, et cependant on en pêche dans quelques rivières qui pèsent 3 à 3 kilogrammes. On parle d'une truite, pêchée en Saxe, du poids de 4 kilogrammes, et plusieurs individus de cette srosseur ont été pris, en France, dans le Gardon. On peut croire que la même espèce de truite diflère ée longueur et de poias , suivant les eaux dans lesquelles elle vit, et suivant l'abondance de nourriture qu'elle y trouve.

Réservée à saumoné.

iruUe de mer ^ faroa lorsqu*il est pelil, tauma- $uau k deux ans..

Saumon (salmo ealar), genre aalmone, division des abdomi-

naux.

C'est une des questions les plus intéressantes de la pisciculture que celle de naturaliser le saumon dans nos fleuves et dans nos rivières. Ce poisson est une richesse commerciale pour l'Ecosse et pour l'Irlande ; la Suède et la Norwége en expor^ tent. Les Etats-Unis d'Amérique, où ces poissons abondent, en expédient dans le monde entier , après les avoir fumés ou salés. La consommation qui se fait de ce poisson frais est quotidienne en Angleterre et dans les Etats de l'Union. Le saumon pourrait devenir, en France, une grande ressource alimentaire, si on adoptait dans les départements une mesure d'économie administrative qui parait facile : ce serait de former dans le haut des fleuves, ou dans Ws cours d'eau y afSuant, des réserves où l'on ferait éclore en quantité, d'après le procédé de la fécondation artificielle du frai, des œufs de saumon. 11 est facile de transporter du frai fécondé d'un bout de la France à l'autre. On protégerait , par des soins spéciaux , et

POI

DICTIQNNAIRR

PCM

pendant là première année» TaleviD proveoant de cette iëcondation« et» à la fin oe Tautomne, on rabandonnerait à son instinct, qui le ramènera toujours dans les eaui où il a pris naissance. £*étabUssement de ces réserves pourrait Atre commencé aux frais de l'Etat, et continué au moyen d*une redevance payée par les fermiers et sous-fermiers de la jiéche.

Pour donner une idée du choix à faire âei localités propices à ces réserves, et pour les disposer d'après les mœurs et les^ instincts du saumon , nous croyons utile de tracer brièvement l'histoire naturelle de ce poisson. Le saumon commun (initie de mer) remonte les fleuves dans toutes les saisons de l'année ; mais c'est pendant l'été qu'il voyage en plus nombreuses compagnies, surtout lorsque les eaux des rivières sont grossies par les pluies. Ce poisson naçe lentement « si rien ne l'inquiète ; mais il parcourt en une heure 40 kilomètres, s'il est effrayé. Sa puissance est telle, qu'il peut franchir en une seconde au moins 8 mètres dans l'eau, et qu'il remonte des chutes d'eau en s'élançant par bonds de 4 à 5 mètres. Le saumon né dans les fleuves y passe les trois quarts de l'année ; il recherche les eaux qui coulent sur un fond de gravier, et c'est après avoir accompli la reproduction de son espèce par le irai qu'il dépose et féconde (en France dans les mois de mai et iuin, en Ecosse et Irlande en août et septembre, aux Etats-Unis en juillet, août et septembre, époques variables suivant les latitudes et la tempérance des eaux), qu'il émigré vers la mer en décembre, pour revenir dans ces mêmes eaux où il est né , dès Spe les froids ont cessé. Dans le temps du rai, les femelles du saumon (comme celles de la truite, car c'est le même genre salmone, et ces poissons se ressemblent aussi dans leurs mœurs) cherchent un endroit commode pour la ponte des œufs sur le gravier ou sur le sable des rivières ou ruisseaux dont le courant semble propice et tranquille. Les saumons mftles et femelles se réunissent alors pour creuser des lits d'alevinage ou frayères de 1 mètre de longueur, de 6 à 7 décimètres de largeur, et ayant un rebord de 1 à S décimètres. C'est toujours après le coucher du soleil que les femelles travaillent à préparer ces creux, où elles ont, au préalable, laissé ou roulé d'assez grosses pierres. Pour former ces cavités , elles font face au courant, relèvent le gravier avec le museau, tandis qu'elles nivellent le fond avec la queue ; le m&le se tient alors côte h côte de sa femelle, mais au moment où les femelles émettent leurs œufs en se frottant lentement sur les pierres laissées au fond de la frayère, et sur lesquelles elles reviennent sans cesse reprendre le cours d'eau, les mftles les suivent et se frottent sur les mêmes pierres, et conséquemment répandent aux mêmes endroits la laite qui doit féconder les œufs. Cette opération continue pendant quelques jours suivant la grosseur des poissons, et par conséquent suivant la quantité de frai h déposer et h enfouir dans le sable» où il devra

demeurer, avant d'éclore , pendant quatre* vingt-dix ou cent quinze jours , suiîant la température des saisons. Le fretin , Mrtani de 1 œuf, reste encore dans le saUe pendani quinze jours, conservant Feofeloppe de 1 œuf attachée à son abdomen et formant uoe poche rouge comme un ^ain de groseille : il trouve dans cette vésicule ombilicale la substance appropriée à ses besoins. La tête du poisson naissant est, à ce moment, d'une dimension assez forte par rapport au corps, car celui-ci est très-petit et ressemble à une sorte de nageoire longue et frangée, ou à h queue des têtards de grenouilles ; il grandit ensuite assez rapidement, jusqu'à 10 èli centimètres ; mais , lorsqu'il a atteint une longueur de 2à 3 décimètres, il quitte le haut des rivières et suit le courant qui le mène vers la mer ; il revient ensuite dans les eaux de sa naissance, après avoir acquit une longueur de 4 è 5 décimètres. Les petits saumons ou iaeans n'émigrent pas tou$;ii en reste un grand nombre dans les roissesoi, rivières ou fleuves pendant plusieurs saisons. On les suppose Agés de deux ans lotv qu'ils pèsent 3 a 4 kilogrammes, âgésde^ a 6 ans lorsqu'ils pèsent 5 à 6 kilogramnes; leur développement devient ensuite considérable, mais tant de périls les environneot. qu'il est difScile qu'ils puissent parvenir à un flge avancé. On en a péché, en Ecosse et en Suède, d'une longueur de 2 mètres pesant 40 kilogrammes ; on en prend encore queU

auefois aux Etats-Unis et même en Ecosse, u poids de 25 à 30 kilogrammes ; mais ordinairement ceux qu'on met dans le commerce pèsent de 6 a 8 kilogrammes.

M. Georges Dormer, de Stone-Mills , dans la paroisse de Brideport, en Angleterre, nous met à même d'apprécier les instincts sociaui du saumon. Ayant pris, en 1829, dans la pale de son moulin, un saumon femelle d'enTiron un demi-mètre de longueur, il le plaça dans une fontaine dont le bassin n'avait qu'une profondeur d'à peu près 1 mètre , et où cependant ce poisson a vécu douze ans, car il est mort par accident, en 1842. Au premier appel, il présentait le museau à la surface de l'eau et prenait sans timidité sa nourriture dans une assiette qu'on tenait à la main; u mangeait rapidement 250 Krammes de îûnoe crue. M. Dormer pouvait le prendre, le sortir de l'eau, l'y replacer, et h rinstanlmênie il prenait de ses mains la nourriture quon lui offrait. Les enfants, quelguefois, s'amusaient à le tromper , en lui présentant le doigt y qu'ils retiraient au plus vile par crainte de ses dents aiguës ; cependant une jeune servante, qui l'agaçait souvent aiosii l'irrita tellement une fois, qu'il bondit bofî de l'eau et saisit le doigt trompeur, qu" mordit sévèrement.

Vivier* d'eou de mer et viviers d^eau dUrnantet. — Une réserve à poissons d'eau $al« sera parfaite lorsqu'elle sera disposée de»çon à ce que le flot de la naer, en y enIraiJî'

Pousse celui qui le précède , de sorte qne eau sera toujours renouvelée et rafral'^'»'^ Le fond, qui devra être è peu près de 3 n*^

POf

DES 1NVEM10MS.

HN

très lie profondeur, aura des parties rocheuses et couvertes d'algues, et d'autres parties découvertes de plantes, arec un sol de sable. La nourriture des poissons qu*on y enfermera sera appropriée à leurs habitudes et d'après b coQionnatîon de leurs mandibules.

Une réserve pour les poissons plats ne r*eut être semblable à celle décrite ci-dessus ; rtr^ pour les turboU, les sole$ , les barbues^ tes earrdel$9 cICm on peut creuser un bassin à I mètre en terre sur un fond raseux, mais qui ne manque jamais d'eau après que la mer s'est retirée. La nourriture de ces f)oissoDS sans dents sera celle qui peut mieux leur contenir , comme des sardines et des barenes gâtés , des ouïes et intestins de poissons, des fruits et des salaisons ara-

riés, etc., etc. ^ ^ . , .

Il est bien entendu que ces bassins seront entourés de digues élevées , de telle sorte que rimpétuosilé des vagues de la mer se trouvera brisée et que le vivier ne se chargera pas de ces amas d'herbes marines que la fureur des flots y jetterait. Ces mfties seront percés de passages sinueux et trèsciroits, pour laisser passer l'eau de la mer sans que l'agitation s'en fasse sentir dans k ba^n. Les dépôts d'eau salée , qui sont MDbreox le long des côtes de la Méditerranée et de l'Océan , pourront être utilisés îoury former des réserves k poissons de

B est cerUin que l'adoption du parcage des poissons d'eau salée, largement éubli et rais en pratique par les spéculateurs maraveors de nos ports de mer, auraient 1 avantage de régulariser, dans ces ports, la vente à l'arrivée des produits des pèches, de faciliter ensuite les apports constante des iioissons sur les grands centres de population, afin d'approvisionner en tout temps et en taotes saisons les marchés où les prix de la marée prendront un cours normal. Le commerce des huîtres, si régulier dans sa vente et dans ses prix, doit cet avantage aux parcs établis par les amateurs ; cet exemple pourrait être imité pour le commerce des poissons de

Mé9€rv€$ à eotup aliemantes. — Les réser- ,^ que l'on établira à l'embouchure des criques, rivières ou fleuves recevant le flux Je la mer, et qui seront combinées de manière à ce que les eaux salées et les eaux douces rempliront les bassins, les unes au flux, les autres au reflux, auront l'avantage d'améliorer les poissons, qui s'y engraisseront uromplement et prendront une grande finesse de chair. Les changements de la température et de la qualité de l'élément dans lequfnes poissons se meuvent, ainsi que la vanété de nourriture qu'ils trouvent dans ces eaux alternantes, sont convenables à leur nature et afçîssent d'une feçon hygiénique qui leur est

favorable. , , ^y ^ -•

Mhi frai des poUsam H delà féeondaiKm ariitUteUe dm frai. --On a souvent remarqué que la reproduction réelle des poissons n'est pas en rapport avec l'énorme quantité dcenfs déposés, chaque année, dans nos cours

d'eatt par les dif erses espèces oui s'y trou-* vent ; on peut expliquer ainsi les causes de ce déficit : 1* Une grande portion du frai sert de nourriture aux poissons producteurs euxmêmes, de toutes les espèces et de toutes les grandeurs : aux écrevisses , aux rats d'eau et en général à tous les animaux aquatiques. 2r A l'époque du frai, la laite émise au hasard par le mâle ne féconde pas toujours les aluis déposés par la' femelie. 3" Les phénomènes naturels détruisent beaucoup cette semence, car les inondations causées par la fonte des neiges et les débâcles de glaces emportent au loin le frai que la retraite des eaux laisse ensuite à sec sur les terres, k* Les déplacements subits de l'eau et les remous qui t>ouleversent les berges des fleuves lorsque les bateaux à vapeur y naviguent, détruisent considérablement de frai, soit en l'ensablant, soit en le rejetant au loin sur les rives. 5* Dans les lacs et étangs, les matières végétales altérées, et

3ui ne sont pas séparées par le mouvement es eaux, corrompent et pourrissent quantité d'œufs, quoique fécondés depuis plusieurs jours. 6* On pourrait citer encore, comme s'opposant à la reproduction des poissons, la pèche en temps de frai, et le trouble apporté parmi les diverses espèces pendant les époques de leur ponte, qui se prolonge sans interruption pendant les trois quarts de l'année ; mais, la nécessité d'alimentation étant une raison péremptoire qu'on a le droit d'opposer à cette dernière observation, il convient d*en parler seulement pour faire comprendre que cette destruction devrait être compensée par une mise en pratique gêné* raie de la fécondation artificielle du frai de toutes les bonnes espèces de poissons.

Depuis longtemps les naturalistes et les

expérimentateurs savaient que la fécondité

d'un grand nombre d'animaux inférieura peut

se faire d'une manière artificielle. Golstein,

de Hambourg, en 1757 ; lacobi , de Ham*

bourg, en 1763 ; sir Anthony Carlisloi en

1813; Boccius, à Hammersmitfa en 1841;

Andrew Toung, à Ivershin, en 1842; James

Wilson, en Angleterre, et IIM. Duhamel du

Monceau, Cuvier, Emery, Baudrillart, Va-

lenciennes, Quatrefages, Milne - Edwards ,

Coste et autres savants,, en France, en ont

parlé. Parmi ces naiuralistes, plusieurs se

sont occupés de porter remède à cette des^

truction fatale de la famille des poissons, et

ils ont conseillé^ démontré on lait pratiquer

divers essais de reproduction des poissons.

Ce problèo^ dévoilé par les naturalistes.

a été réalisé^ en 1841, par deux pècheura in«

telligenu des Vosges, qui, complètement

étrangers à ce qui se passait dans le monde

scientifique, suivirent les indications que la

nature mettait chaque jour sons leurs yeux,

et pratiquèrent l'empoissonnement P^r \9

fécondation artificielle du frai. MM. Gébm

et Remy, de la Bresse^ viUwe des Vosges,

empoissonnaient avec le frai des truites,

dès l'année 1841, deux élangs situés près de

leur village, et deux ans après tiraient de

ces réserves plus de cinquante mille indivis

POI

DICTIONNAIRC

PCN

dus 4a*ils lAcbèrent dans la Hoiellotte et dans les raîsseaax de leurs toonlagnes ; depuis, ils ont repeuplé plusieurs cours d*eau du département du Haut-Rbio.

En thèse générale, toute espèce de pois* son pourra se reproduire, dont les œuCsi arrivés k maturité « seront amalgamés en proportion convenable arec la laite du pois* son mâle, et placés dans un creux du nvage sur un lit de gravier récouvert de sable fin, on dans le fond d'un vase peu profond t qu'on disposera de manière à ce qu*il soit toujours sous le niveau d'une eau qui se renouvelle et qui est exposée à la lumière du soleil, tetnpérée par les végétations qui croissent sur les rives. La laitance d'un mftie peut féconder les œufs de cinq ou six femelles de même grosseur que le mflie. Le procédé de MM. Gehin et Remy est simple et facile à mettre en pratique ; il diffère à peine de (celui adopté par M. Boccius, de Hammers-» milfa, et ressemble exactement è la méthode décrite par Jacobi il y a près d'un siècle. A l'époque du frai de l'espèce de poisson qu'on veut multiplier, et pour se procurer les OBufs destinés à être fécondés artificiellenent, il suffit de presser légèrement, de l'avant à l'arrière, Tabdomen d'une femelle $ les œu& qui en sortent sont reçus dans un Tase contenant de l'eau, le mAle, k son tour, subit la môme iKction ; la laitance^ qui s'écoule dans l'eau du môme vase, s'v délaye, et cette eau, spermatisée, change la teinte des œufs ; avant la fécondation ils étaient transparents, aussitôt fécondés ils deviennent d'une couleur opaline. Ainsi que nous J'avons déjk dit, la laite d'un mâle suffit pour la fécondation des œufs de cinq à six femelles aussi grandes que lui (1). Après ft voir remué avec soin les œufs baignés dans cette eau fécondante, on les retire pour les mettre sur une couche de gravier clans des boites en zinc dont les parois, perforées à une certaine hauteur du fond, laissent passer l'eau : ces caissettes, dont la partie supérieure est protégée par un grillage en fil de sine h mailles assez écartées pour permettre la libre sortie du fretin, sont placées dans le courant d'une eau vive, claire et peu profonde ; on les y dispose de façon a ce que le courant opère un renouvellement rapide de l'eau dont les œufs sont baignés, afin d'é* viter le développement des conferres, qui ne tarderaient pas k envahir les boites, et aussi pour assurer le contact de l'air néces* aaire aux embryons.

11 conviendra do choisir dans le cours d'eau, k proximité et en aval des boites k fl-aî, ntoe remise bien garnie d'herbes aquatiques^ où le fretin fera sa première station. 8« en commençant l'opération du fl*ottement sur le poisson les produits ne sont pas artjvés k terme et ne s'écoulent pas sous l'influence d'une certaine pression, il faut mettre alors ces animaux en réserve pendant quelques jours ; car en provoquant cet ac-

(1) Une trop nraiide quantité de laitance emfUe les «ofi, q«r resteoi ittl^roductiis.

eouchement forcé avant l'état de maturtié on mettrait la vie des laissons eu danger, et ni les œufs ni la laite ne seraient employés utilemenL MM. Géhin et Remy ont remarqué eue les œufs égrenés k maturité du ventre de la truite femelle étaient injectés de sang, et que cette couleur rouge disparaissait presque immédiatement au con* tact de la liqueur séminale du mâle» {lour prendre une teinte opaline ; tandis que tes œufs non susceptibles de fécondation, parce qu'ils n'étaientjpas arrivés k terme, restaient transparents. Un point noir accompagna toujours le signe de la conception « et ce point persiste dans Tœuf jusqu'au momeal de l'éclosioo, qui se fait a'une manière particulière: car de chaque œuf ilsori : l*ane saillie qui forme la tète, et 2* une saillie opposée qui forme la queue du poisson:

cest rœui lui-même qui semble d'abord former le corps en poisson. Plusieurs semaines après la naissance, cette Yésicuie fait encore partie de Tabdomen du petà poisson, qui y trouve la substance nécessaire k son Age.

C'est après la disparition de cette poche du ventre de l'alevin qu'il convient de mettre dans les eaux quelques boules séchées de sang et de farine, afin de procurer aux petits poissons une nouvelle nourrilure appropriée k leurs besoins. A mesure que ces jeunes poissons grandissent, ils descendent dans les eaux plus profondes, mais ils ne 5*y hasardent que lorsqu'ils sont assez agiles pour se soustraire aux gros noissous, leurs ennemis naturels. Aussi, lorsqu'oo veut former des réserves spéciales pour les élèves de poissons, il faut avoir la précaution de séparer complètement les sujets de chaque année et diviser son cours d'eau en autant de viviers qu'on veut avoir de grosseurs de poissons.

La France possède, sur les côtes de l'Océan, de la Manche, de la Méditerranée, en Algérie et en Corse , de nombreux dépôts d'eau salée; en y élevant des poissons de mer, au moj^en de la fécondation artificielle du frai de diverses espèces, on créerait une abondance précieuse de poissons dont la pèche serait une source de richesse pour les populations. Dans ces lacs, étangs, ou dépôts d'eau salée, on ne doit pas craindre d'jr pratiquer sans cesse cette éclosion du frai fécondé artificiellement» car les poissons qui seront ainsi multipliés, même en quantité prodigieuse, coûteront d'autant moins de soins pour leur nourriture qu'ils se serviront les uns les autres de pâture. Eo ayant l'attention d'entourer quelques remises bien garnies de graminées et de plantes aquatiques, afin d'y faire éclore et croître tout le frai qu'on y aura déposé; eu ne négligeant pas de couvrir, par un grillage, les baquets ou vases servant de frayères, pour que les œufs soient garantis contre les oiseaux aquatiques, on pourra, chaque an* née, faire sortir de ces réserves des essaims de petits poiss<M»s qui grandiront avec 1# temps.

Kl

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D£S INVENTIONS

POI

Pir l'ordonnance de IMO de Colbert» par rnniontiance dite de Lorraine en 1707, par les léclaralioos du roi des 2^ août 1773, 23 avrils I septembre, 34> décembre 1726, etc., etc.» Hi a cherché à favoriser ]a muUipIicaioo du poisson dans nos cours d'eau, en rolégeant le frai ; mais ces règlements ont f grare îoconTénient d*agir en sens connire des vues des législateurs, car les poques assignées pour Ta défense ou pour autorisation de la poche sont en contradic* on avec les lois de la nature qui font va* ier l'époque du Arai chez les poissons de léme espèce, suivant les qualités des eaux lia température de la saison, et aussi sui<mt !*âge des individus. Admettons que le HDps de la ponte des ceufs des poissons de k£fne espèce dure, en moyenne, de quinze vingt jours, il ne suffira pas, comme pro- Brtioo, de prohiber la pèche pendant cet S|«ce de temps, car dans la même localité I dérangement des saisons peut avancer ou Hirder cet acto de la reproduction, et cer- Kinement la pèche la plus destructive sera Me qui se fera dans le temps qui précédera Hcefui qui suivra l'époque désignée par le t* pour le frai des poissons. Comment ^briser une prohibition de pèche lorsque b poissons du genre salmone {truites j êau- Kaf« éperlanê,) commencent à pondre en Hptembre jusqu'en février ; que le genre cj- |no(karftt7{onf, carpes ^ ^oii;oiw,loncAej, etc.) Rje depuis le mois de mars jusqu'en rtl; que le genre ésoche (brochet) fraye en Irrier et mars ; le genre perche en mai et fril, etc? Les prohibitions ont Tinconvéjeûtde restreindre l'industrie des pécheurs, arrêter les moyens d'alimentation des Misommateurs, et enfin de nuire aux inté- (ts (iji trésor. Il est plus rationnel, pour îmédier à ces inconvénients, d'encourager t pratique de la fécondation artificielle du 1^1 dans les fleuves, les rivières, les cours iJ^* les lacs, les étanss, et de laisser la •«"e libre à ceux qui I afferment du goti- ^emeot, mais avec clause expresse de * appliquer à Texercice de cette fécondation jniticieiie du frai, de surveiller l'éclosion »^ ce frai déposé dans les eaux affermées, »<i empêcher la destruction des petits pois- ^^. Cette prévision sera facile à suivre, ^^ pécheur qui connaft dans sa localité ^^ue de la maturité du frai de chague ■w de poisson pourra égrener les ovaires '^lefflelles, faire écouler les laitances des "*'es suivant les proportions voulues (d'une J»e contre cinq ovaires), et recueillir !^ produits dans des vases qu'il placera 1(^ I®* endroits convenables pour l'é-

^ peu d'années ce fermier sera récom- ^m de ses soins par des pèches abon- Ilotes. (Yoy, les Bulletins de la Société d'eth '^^^ment, année 1851.) nous terminerons cet article par un rap- L «* **• Aymar-Bressioo sur le procédé l'I^^ion arli/fcJW/a, employé par ■■• ^ôtan et Remy.

«APPOaT Oft M. ATMAE-BEBSSIOn ,

Secrétaire général perpétuel de rAcadémle nationale, agricole, manufacturière ei commerciale , et de la Société de Sutistique universelle*

La France devrait jouir depuis dix ans de la précieuse découverte que la Providence vient de placer sous la main de deux pécheurs des Vosges. C'est, en effet, de 18^1 que datent les premiers essais de ces deux hommes qui, en l'absence de toute donnée scientifique, ont cependant persévéré avec courage dans l'œuvre qu'ils viennent d'aceomplir. Non, je le répète, ce n'est pas le flambeau de la science qui les a guidés vers cette découverte, mais bien cette faculté naturelle qui, sans cesse, pousse l'homme à améliorer la position dans laquelle il se trouve. Pécheurs de profession, perdus dans quelque coin obscur des montagnes vosgiennes, ils avaient eu à déplorer la pauvreté des cours d'eau dans lesquels ilsjpratiquaient leur modeste industrie. « 11 faut que ces cours d'eau s'enrichissent, » se dirent-ils, et les voilà cherchant dans leur vieille expérience le moyen de repeupler les rivières, le moyen de centupler les produits de la pèche, le moyen enfin de doter l'humanité d'une ressource alimentaire dont on ne saurait mesurer l'importance.

MM. Géhin et Remy, élevés dans cette simplicité rustique qui tend à disparaître de notre sol, et que l'on retrouve cependant encore avec plaisir dans leurs montagnes, n'avaient pas pu calculer le service qu'ils venaient de rendre au pays ; étrangers à 1 esprit de spéculation, ils n'avaient point pensé que la fortune pût être le prix de leur découverte; ils pratiquaient humblement leur procédé, repeuplaient silencieusement les rivières, les cours d'eau, les étangs qui les entouraient et attendaient, avec la plus admirable patience, l'heure de la justice qui,.je l'espère, va sonner enfin pour eux. Un premier rapport a déjà signalé à M. le ministre de l'agriculture et du commerce la magnifique conquête de MM. Géhin et Remy, et ce rapport, empressons-nous de le dire, a été immédiatement suivi d'une allocation de 2,000 fr. à titre de récompense pour leur succist et aussi pour les aider dans leurs tentatives de production artificielle du poisson. M. le ministre de l'affricuUure a même autorisé MM. les préfets a envoyer, en novembre et décembre, auprès de MM. Géhin et Remy, les personnes qu'ils voudraient charger d'importer dans leurs départements respectifs les pratiques dont ces deux pécheurs ont tiré un si bon parti.

Mais, qu'est-ce que cette allocation comparativement aux immenses résultats du procédé? Qu'est-ce que cette récompense pour deux hommes qui ont trouvé le moyen de faire vivre des milliers de familles? Qu'est-ce que cet encouragement pour deux hommes qui, dans leur humble spbère, ont' augmenté indéfiniment la richesse publique? Sans doute, l'administration, placée en face d'an résultat aï merTeilleux» a voulu

roi

mcnoMMAiRE

Pd

que les promesses de MU. Géhtn et Remy se réalisassent publiauement ; sans doute» elle a voulu se tenir aans une prudente réserve jusqu*à ce que rexpérience eût démontre Tevidence ae ces résultats. Eh bien! févidence est là«^... et nous ne doutons pas qu'elle ne soit accueillie avec joie. Sans doute aussi certains détails du rapport de M. Milne Edwards, membre de Tlnstitut»

avaient commandé celte réserve. L'honorable rapporteur, en effet, avait peut-être traité trop scientifiquement le sujet qui lui était soumis. A propos d'une découverte française sortie de Tnumble cerveau de deux pécheurs français complètement dénués de ce que nous appelons la science, et parfaitement ignorants des tentatives qui se faisaient ailleurs pour arriver au but qu'une cour»-

f;euse et persévérante pratique venait de eur faire toucher, M. Milne Edwards semble s'être efforcé de prouver que cet honneur n'appartenait pas à la France. Triste résultat de la science, en vérité, que celui

3ui consiste à contester à son pays, à force 'érudition, la gloire d'une découverte quelconque I Mais nous oserons ne pas être entièrement de l'avis du savant rapporteur lorsqu'il attribue le procédé de MM. Géhin et Remy au comte de Golstein (vers le roilieu du siècle dernier), quoique celte opinion soit à peu près partagée par M. Quatrefages, dont les connaissances spéciales sont cependant d'un grand poids ; nous oserons encore douter de l'entière authenticité des .détails donnés sur l'ingénieur Boccius qui, en 18bl, aurait appliqué le même procédé à plusieurs rivières de la Grande- Bretagne ou bien alors, à quoi servirait

la science?

Comment! on sait, il est acquis à la science aue depuis un siècle on a trouvé le moyen de féconder artiGciellement le poisson ; on sait que ce procédé est appliqué chez nos voisins, et on laisse nos populations dans l'ignorance, on abandonne nos rivières et nos cours d'eau à tous les inconvénients de la routine, on laisse complètement improductives des ressources immenses pour notre régime alimentaire ! Comment ! la science n a qu'k dire un mot pour peupler nos rivières, nos étangs, pour nourrir des milliers de pauvres, et la science se tait, la science dort et il faut que le travail de deux pauvres pêcheurs vienne la tirer de sa léthargie... et quand elle sort de ce coupable sommeil, c'est pour s'écrier : Je le savais I Que nous importent donc les travaux théoriques du comte de Golstein et les expériences locales de l'ingénieur Boccius 1 Ces deux noms se recommandent è l'estime publique; mais avouons que cette estime se fût convertie en reconnaissance, si la théorie eût été convertie en pratique. Et si M. l'ingénieur Boccius a réellement trouvé la fécondation artificielle^ d'où vient que l'Angleterre, si prompte d'ordinaire dans l'application des niventions qui peuvent lui être utiles, ne s'est pas emparée du procédé et n'en a pas encore enricln tous ses cours

d'eau ? Celte dernière eonsîdération seule nous ferait douter de la réussite des essa» de M. Boccius que, cependant, nous ne Tot^ Ions pas contester.

Nous revendiquons donc bien haut, pour MM. Géhin et Remy, la priorité de leurpr». cédé propre^ la priorité de son application eo France. M. Milne Edwards nous pardonaera, sans doute, cette susceptibilité nationale en faveur des raisons sur lesquelles elle s'appuie.

Nous allons, actuellement, reproduire la partie du Rapport de M. Milne Edwards, qui contient la description de la découverte de MM. Géhin et Remy. Le savant rapporteur ne nous laisse ici rien à désirer, et nous sommes heureux de rendre hommage au travail consciencieux qui a provooué les

Premiers encouragements du ministère de agriculture et du commerce.

« Les premiers essais de MM. Géhio el Remy, les deux pêcheurs dont il vient d'être

Îuestion, dit M. Milne Edwards, datent de 8<k2. Ayant constaté, par une Jongue saite d'observations, le mode de reproduction deii truite, et s'étant assurés de la possibilité dV pérer à volonté la fécondation de sesœufs,ils se sont appliqués à multiplier ce poisson pour en repeupler les ruisseaux do leur canloo. Le succès est venu couronner leurs efforU; et, malgré la faiblesse des ressources dont ils pouvaient disposer et les diflicultés de toutes sortes qu ils rencontrèrent, ils om obtenu des résultats considérables. Ainsi ils oui empoissonné, avec déjeunes truites obtenues au moyeu de la fécondation arliûcielle, deux étangs situés à peu de distance du village de La Bresse, où ils habitent» el une de ces réserves a fourni, l'année dernière, environ 1,200 truiles âgées de deui ans. MM. Géhin et Remy évaluent à environ 50,000 le nombre de jeunes individus qu'ils ont l&chés dans la Mosellotte, petite rivière qui passe à La Bresse et qui se jette daosiâ Moselle près de Remiremont ; ils ont mis en pratique leurs procédés d'empoisscooement dans plusieurs autres localités du même canton, ainsi que le constatent di* verses pièces fournies parles autorités de Saulxure, de Cornimont et Gerardmer. Enfin M. Kientzy, maire de Waldestin, dans le département du Haut-Rhin, les a chargés de repeupler les cours d'eau de sa commune, et cet administrateur habile assure qu'ils ont parfaitement réussi. J'ajouterai encorf que, voulant se rendre aussi utiles que possible, nos pécheurs n'ont jamais fait mystère de leurs procédés, et y ont initié tous ceui qui leur témoignaient le désir de se livrera des expériences analogues. Toutes les personnes qui ont eu l'occasioa de voir les travaux ae MM. Géhin et Rem]^ leur donnent de grands éloges. J'ai visité leur éublissemenl, et j'ai été témoin de quelqu**^' unes de leurs expériences. Eoûn la société d'émulation des Vosges s'en est fait renér^ comptée plusieurs reprises» et a accordé a chacun de ces hommes indus! rieuf uneoDêdaille honorifique. La question qu'ils &'^'

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DES INTENTIORS.

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laiffiC posée me semble être* en effM, pleinement résolae, et pour rendre au pays no serriee considérable, il ne leur manque que pe pouToir dis|K>ser des moyens nécessaires jioor étendre leurs opérations.

« C'est en norembre ou au commencetneot de décembre que la reproduction de la truite a lieu, et, pour se procurer les oeufs destinés à être fécondés artificiellement, il suffit de presser légèrement d'arant en arrière l'abdomen d'une femelle prêle à pondre; les œuCs qui en tombent doivent être reçus dans un vase contenant de l'eau, et ensuite arrosés avec de la laite obtenue de la même manière et également délayée dans de l'etu. Si ces produits ne sont pas arrirés à terme au moment où l'on commence TopératioD, ils ne s'écoulent que sous l'influence d'une pression forte, et il faut alors laisser le poisson dans une résenre pendant quelques jours avant que de déterminer cette espèce d'accouchement forcé, car ni les œufs ni la laite ne pourraient être employés utilement dans un état d'immaturité, et la Tie des poissons procréateurs serait mise en danger par des manœuvres violentes. Au contact de l'eau spermatisée, les «& changent de teinte : avant la fécondataon • ils sont transparents et jaunâtres ; nsttAt fécondés, ils deviennent blanchâtres ou plutôt opalins. Une truite âgée de dfsx ans seulement, et pesant à peu près iS grammes, peut fournir environ MOœufs, et une truite de trois ans, 700 à 800. Il est aussi à noter que la laitance d'un mâle suffit pour féconder les œufs fournis par une demi-douzaine de femelles ou même davantage.

« MM. Géhin etRemy placent les œufs ainsi fécondés sur une coucne de gravier , dans des bottes en fer-blanc criblées de trous ; ces boites ont environ 15 centimètres de diamètre sur 8 de profondeur , et peuvent contenir chacune environ un millier d'œufs. On les place dans quelque petit ruisseau dont les eaux sont vives et clairest mais peu profondes ; on les y enterre un peu et on dispose les choses de façon oue le courant paisse opérer un renouvellement rapide dans l'eau dont les œufs sont baignés, car 1 agitation du liquide est nécessaire , nonseulement pour assurer la respiration des embryons , mais aussi pour empêcher le développement de conferves qui ne tarderaient pas h envahir les œufs si l'eau était stagnante, et déterminerait la mort du frai. Le déreloppement de ces embryons dure environ quatre mois, et c'est, en général , vers la fin de mars ou en avril que Téclosion a lieu ; pendant six semaines encore les truites nouvellement nées portent sous l'atKlomeo la vésicule ombilicale ou vitelline qui renfertne les restes de la matière nutritive, analogue au jaune de l'œuf des oiseaux, et c'est d'al>ord aux dépens de cette substance que le frai se nourrit; mais, lorsque l'absurptîon s'en est eflectuée, le petit poisson a besoin d'autres aliments , et il faut alors le faire sortir de la boite qui lui a servi de

berceau , et le laisser vaguer librement dans le ruisseau ou l'étang que l'on veut peupler. Enfin , pour procurer k ces petits animaux une nourriture abondante et appropriée à leurs besoins , il suffit de laisser on d'introduire quelques grenouilles dans les eaux oiï ils se tiennent , car le frai de ces batraciens est un aliment qu'ils recherchent avec avidité, et les têtards constituent aussi une excellente pâture pour les truites plus avaifcées en âge. Lorsque les petites truites que l'on élève de la sorte sont destinées à servir de suite k l'empoissonnement d'une rivière, il faut les niacer dans les ruisseaux tributaires de celle-ci et choisir les cours d'eau

ui bouillonnent sur un fond de cailloux on

e rocher.

« A mesure que ces poissons grandissent, ils descendent spontanément vera les eaux plus profondes, et n'y arrivent que lorsqu'ils sont déjà assez agiles pour avoir des chances de se soustraire aux ennemis qu'ils y rencontrent ; tandis que, si on les plaçait directement au milieu d'autres poissons voraces, il n'y en aurait que peu qui échapperaient à la mort. Lorsque c'est dans des étangs ou des viviera qu'on veut les élever, il faut aussi avoir la précaution de séparer corn*

1>létement les produits de chaque année, car es grosses truites dévorent les petites, et, E)ur éviter cette cause de destruction , il ut que tous les individus réunis dans une même enceinte aient le même âge. Pour éta* blir d'une manière régulière ce genre d'industrie, il faudrait, par conséquent, avoir an moins trois étangs , et en faire la pèche alternativement trois ans après leur empoissonnement respectif, puis verser de nouveaux produits dans le vivier ainsi épuisé. Malheureusement, MM. Géhin et Remy n'ont pas à leur disposition les fonds nécessaires

Gur compléter de la sorte l'exploitation de ir procédé ; ils ont obtenu la concession d'un petit étang qu'ils ont approprié à cet usage , et ils en ont acheté un autre au prix de WO fr. ; mais aujourd'hui leurs ressources pécuniaires se trouvent épuisées, et s*ils n'obtiennent pas quelques secoura du gouvernement , je crains bien qu'ils ne se trouvent dans 1 impossibilité de donner suite à des essais dont les débuts sont des plus satisfaisants. Les travaux de MM. Géhin et Remy me semblent d'autant plus dignes d'encouragements, que le succès ne peut donner que peu ou point de profit k ces deux hommes dévoués et actifs , mais contribuera k accroître les ressources alimentaires dont les populations riveraines ont la disposition. Ce ne serait même qu'en considérant les opérations d'empoissonnement comme de« travaux d'utilité publique , et en les faisant exécuter aux frais de l'Etat , qu'on pourrait espérer donner une importance réelle à no» pêches fluviatiles ; mais en y consacrant des fonds même très-faibles , on arriverait , je n'en doute pas, k des résultats importants pour le pays.

« Si les procédés d'empoissonnement pratiqués par MM. Géhin et Remy n'étaient ap-

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plieables qa*à la truite et h quelques autres poissons auu prodiût faible , je n*y accorderais pas tout Tintérét que j*y attache; mais on peut remployer pour rélève du saumon , et je suis convaincu qu'il serait facile de rendre ainsi à nos rivières de la Bretagne les richesses ichthjrologiques qui tendent à en disparatlre» et même d'acclimater le saumon dans des fleuves qui, jusqu'ici, n'ont été que peu ou |H>int fr^iuentés par ce poisson.

« Rien n'est plus facile que le transport des œufs fécondés nouvellement, ou de saumons vivants dont l'abdomen est rempli soit d'œufs, soit de laitance* et lors même que ces individus reproducteurs viendraient à mourir en route, la fécondation et le développement de leurs œufs pourraient encore s'effectuer. En plaçant les œufs ainsi fécondés artificiellement dans des ruisseaux convenablement choisis, les jeunes saumons se développeraient comme dans les lieux que leurs parents auraient choisis pour y frayer; ils émigreraiont comme d'ordinaire vers la mer, et lorsque anrès avoir grandi dans les

[Profondeurs de rOcéan, ils éprouveraient e besoin de fraver à leur tour, ils ne manqueraient pas dfe revenir en grand nombre yers le fleuve dont ils étaient sortis , et en remonteraient le cours afin d'y chercher un lieu convenable pour le développement de leur progéniture. On sait, en effet, par des expériences déjà anciennes faites en Bretagne par Deslandes, et par des observations du même genre répétées de nos jours en Ecosse par le duc d'Alhol, sir W. Jardine, M. Baigrie, M. Haysham et M. Toung, le directeur des pêcheries du duc de Sutherland, à Inversnin, que, guidé par un singulier instinct, comparable h celui des hirondelles voyageuses, le saumon, après avoir émigré au foin dans la mer, revient d'ordinaire dans les eaux où il est né, et que les individus d'une même race se perpétuent de la sorte dans certains fleuves sans se mêler à la population des eaux étrangères. Il me semble, par conséquent, indubitable que , daus l'espace d'un petit nombre d*années , il serait possible , non-seulement de multiplier beaucoup les saumons dans toutes les rivières où ils s engagent naturellement, mais aussi d'introduire et d'acclimater ces grands et précieux poissons dans plusieurs de nos cours d'eau qui, jusqu'ici, eu ont été complètement privés*

€ Pour le saumon et pour la truite, ainsi que pour beaucoup d'autres poissons, le procédé de multiplication mis en pratique ))ar MM. Géhin et Remy me semble être le moyen le plus sûr et le plus facile pour obtenir l'empoissonnement des rivières ; mais on ne peut pas avoir recours à la fécondation artificielle des œufs pour peupler nos eaux douces de certaines espèces dont l'introduction serait cependant fort utile dans un grand nombre de localités. Ainsi on ne trouve jamais les anguilles chargées de laite ou d'œufs en maturité, et ces poissons paraissent ne se re{H*oduire que dans les pro«

fondeurs de la mer, d*où l'on voit sortir chaque année des légions innombrables d'anguilles nouvellement nées , qui s'eagagent dans les rivières et sont connues des pécheurs sous le nom de montée. Pour peupler les étanffs et les ruisseaux qui en maaqueot aujourdliui, il faudrait, par conséquent, 7 transporter de ce frai et renouveler l'opération périodiquement. Or, M. Coste a fait voir dernièrement que ce transport peut s'etfectueravec la plus grande facilité, même à des distances fort considérables. Pour cela, il suffit de placer la maniée au milieu d'une masse de brins d'herbe mouillée et d'en empêcher la dessiccation. Les expériences que M. Coste poursuit en ce moment \ Paris, dans le laboratoire du collège de France,

}>rouvent aussi qu'on peut nourrir à peu de rais les petites anguilles, de façon k les faire grandir rapidement ; et il me semble probable que, dans beaucoup de localités marécageuses, l'élève de ces anguilles serait une industrie lucrative pour nos agricoltevs. « D'après l'ensemble des résultats doot j'ai eu l'honneur de vous rendre compte, monsieur le ministre, et d'après des expériences analogues à celles de If M. Géhin et Remy, faites par M. Lefebvre de Vaugouan)« il me semble démontré qu'avec de la persévérance on pourrait, à peu de frais, améliorer beaucoup la faune ichthyologique de la France, et obtenir ainsi de la portion de notre territoire qui est recouverte par les eaux un revenu beaucoup plus considérable que celui qu'on tire aujourd'hui. Ce serait pour le paya tout entier un accroissement de richesses, et des essais de ce genre me paraissent d'autant plus importants à faire, que plusieurs circonstances tendent à diminuer journellement les ressources alimentaires que nous procure la pêche fluvialile. La rareté croissante du poisson dans un grand nombre de nos rivières ne dépend pas seulement de la manière dont la pêcbe y a été pratiquée; elle tient aussi à d'autres circonstances, parmi lesquelles on doit ranger l'extension de notre industrie manufac turière. Ainsi les barrages que l'on établit en si Krand nombre pour le service des moteurs hydrauliques sont autant d'obstacles k la reproduction des poissons divers qui ont besoin de remonter les cours d'eau jusquaui sources pour y trouver des lieux propres à recevoir leur irai, et les individus procréa* teurs arrivant en moindre nombre dans les petits ruisseaux, la population icbtbjologiqut* de la rivière en souffre, car les om ne se trouvent plus dans les conditions bvorables au développement des jeunes, et les moyens de recrutement de toute laiaune s'en amoindrissent avec rapidité. Si, comme en Ecosse et même en Angleterre, il existait en France beaucoup de riches propriétaires qui possédassent des cours d'eau d'une étendue très^ronsidérable, on pourrait laisser à la charge de l'industrie privée tous les travaux relatifs k l'amélioration de la pèehe fluviatile, car celui à qui Tune de ces rivières appartiendrait aurait un intérêt direct à en

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DES INTENTIONS

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tttgmenler les produits. Mais, chez nous, ik «0 est toQt autrement, et Tindividu quis'oeeuperait de reDipoissoonemeot d'un cours d'eia ne pourrait guère espérer recueillir Id-méme quelques proQts de son entreprise; il aogmeDlerail les ressources alimentaires dODl disposent ses concitoyens, et rendrait é0 la sorte on service réel a son pays ; mais il o'anrait qu'une faible part dans les bénéte obtenus, et d'ordinaire il manquerait h stimulants pour entreprendre ce travail, lempoissonnement de nos rivières serait 006 opération d'utilité publique; pèserait toc, ce me semble» à l'état qu'incomberait k soio d*y pourvoir. Des essais de ce genre, tts sur une grande échelle , mais conèâts a?ec sagesse et confiés k des hommes iielligents, n entraîneraient pas à de fortes

S «oses et pourraient conduire à des relais importants. Si vous jugiez conve-.

aUe d*en faire exécuter, vous trouveriez iDs les deux pécheurs de la Bresse dont je lins d'avoir I honneur de vous entretenir, «ssieur le ministre, des agents capables (ttél^, et j'ajouterai que les charger de ce tmii serait , ce me semble , la meilleure liftpense que le gouvernement pût leur Mer. Du reste , une entreprise pareille ÉBsilerait des études préhminaires sé«ftttes et soulèverait plusieurs questions

Br la solution desquelles le concours de ministration des eaux et forêts serait né« Mire ainsi que les lumières des naturaifts, et peut-être serait-il bon d'en charger iBe commission mixte.

• En résumé» nous voyons que TempoisvooeioeDt des eaux douces, par la méthode b fécondations artificielles, a été proposé I y a fort longtemps, mais n'a été tenté en PriDce que dans ces derniers temps ; que n. Génin et Remy paraissent avoir été les ««ffllers à mettre ce procédé en pratique ^ nous, et sont arrivés de leur cAté à des 'huilais analogues à ceux obtenus vers la (Btee époque en Angleterre, par M. Boouus;gue les travaux de res deux pécheurs ^Qt dignes d'intérêt; et qu'en appliquant à' ^ Biultiplicalion du saumon les moyens <J')flt ib font usage avec succès pour J'elèva !>« il truite, on parviendrait probablement i «ogmenter beaucoup les produits fournis I^r DOS pèches fluviatiles. »

Ce que nous venons d'extraire du r emarqoable rapport de H. Milni^ Edwards, et ^ expénences pnositives qui ont été faites Ptr M. Géhin lainnême dans une séance ii^Q iSjan?ier 1851) du comité des Arts, Ma- J^^ves et Commerce de l'Académie na- Kioaie, ne nous laissent aucun doute sur I» immenses avantages qui résulteront inttiihblement de cette admirable découverte ^ l^oelle la science s'est nettement pro- ^cée> et qui doit rassurer quelque peu pux de nos alarmistes qui veulent bien ^< prédire que dans un temps prochain ^ressources alimentaires ne seront plus ^ barmoDie avec les besoins de nos popu*

U demeuré donc acquis k l'histoire que

MM. Géhin et Remy ont trouvé par eux« mêmes, et sans gu'aucune tradition théorique ait pu les aider dans leurs recherches, la fécondation artificieUe du poisson ; qu'ils avaient complètement réussi dans leurs travaux, avant même que la science se fût em» parée de leur procédé, et qu'ainsi ces deux pêcheurs vos^iens ont rendu un service d'une portée incalculable, non^seulement à la France, mais k l'humanité tout entière. En eifet, nous allons indiouer sommairement les conséquences de leur découverte,

l"" Avant la ponte artificielle du poisson, il était, sinon impossible, du moins d'une grande difficulté de transporter la truite d'un ruisseau dans un autre : la truite exigeant pour vivre une eau vive et fans cesse renouvelée, et ne pouvant rester plus d'une ou deux minutes hors de l'eau. Mais ce qui était presque impossible, avant la dé» couverte de l'éclosion artificielle, devient non-seulement possible aijgourd'hui , mais d'une exécution très-facile, car les œufs fé* coudés peuvent se transporter k des distances de plus de huit cents kilomètres sans être altérés, pourvu qu'on ait le soin de renouveler de temps en temps l'eau du vase ou de la bouteille, oui renferme ces œufs. Le moyen de repeupler les rivières est donc trouvé. S* La ponte naturelle avait contre elle quatre causes nermanentes d'insuccès que le procédé Génin et Remy a pour résultat de faire disparaître : Premiire cause : les œufs de truite sont généralement déposés dans les cours d'eau vive et torrentielle assez près de la surface de l'eau ; de sorte que si le nid venait k se trouver k sec par la baisse des eaux la progéniture était perdue. Deuxième cause : si, au contraire, une crue d'eau subite arrivait, souvent le nid était culbuté ou recouvert de limon, de pierres ou de sable qui empêchaient complètement l'éclosion.

Troisième cause: indépendamment de ces deux obstacles il en existait tin troisième, provenant delà truite elle-même oui, comme on le sait, vit principalement d épinoches, dont les ruisseaux sont remplis, et dévore, sans distinction de famille, tous les poissons plus petits qu'elle-même; or, il arrive assez fréquemment que la truite dévore sa progé-^ niture, quand ce n'est pas le brochet. Enfin une quatrième cause d'insuccès de la fécondation naSurelle des œufs de poissons, pour la truite surtout, c'est que le nid consistant i»nun creux pratiqué dans le sable, était comblé d'œufs, non-seulement par une truite, mais par toutes celles du voisinage qui arri- Taient k leur tour y déposer les leurs. Ces œufe ainsi accumulés recevaient la liqueur séminale du mâle, maison conçoit que la couche supérieure étant seule mise en contact avec la laitance, cette couche seule était fécondée et arrivait k éclosion.

Tous ces empêchements sont les causes permanentes du dépeuplement malheureux sèment trop évident de nos fleuves, rivières et ruisseaux. Mais grâce au procédé de MM. Géhin et Remy, grâce k l'intelligence de l'homme dont la destinée parott devoir

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