‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 140 sur 209 · I^OR · texte numérisé non relu

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beau et de fort transparent, si Ton venait à la pousser davantage au feu : mais comme il ne faut qu*une demi- vitrification pour faire la porcelaine» et que cette composition, qui est friable, ne pourrait ni se mouler ni se travailler au tour, on la mêle, après l'avoir purifiée, avec une terre gluante qui retarde la vitrification et la rend en môme temps susceptible de pouvoir être travaillée. C'est dans le choix de cette terre que con* siste la grande diOiculté de la manipulation des porcelaines d'Europe ; c'est aussi dans le choix de cette terre que consiste le secret des difl'érentes manufactures.

« Il faut que cette terre soit gluante pour qu'on la puisse travailler; il faut aussi qu'elle soit blanche après avoir passé par le feu , sans quoi la porcelaine qui en serait faite ne serait pas blanche, qualité essentielle sur* tout à ceux qui mettent dessus une couverte ou vernis transparent. Si on mêle cette terre avec la fritte en trop petite dose, la fritte , étant une poudre de verre, diminue l'agrégation de la terre, et produit une pâte courte qui n'a point assez de liaison pour pouvoir être travaillée. Si, au contraire, on emploie la terre en trop grande dose, la pâte, à ta vérité, se travaille bien ; mais comme il n'y a point assez de fritte pour lier ensemble toutes les parties de la terre grasse, les ouvrages, après la cuisson, se mettent en pièces et cassent aussitôt qu'on j touche. On peut conclure de ce que l'on vient de voir,

Sue la meilleure terre pour la porcelaine 'Europe, que l'on nommera porcelaine à fritte^ est celle oui, en admettant la plus grande quantité de fritte, en se fondant avec «u feu, lait une pâte qui peut être travaillée plus facilement. 11 y a même des manufactures où l'on est obligé de rendre gommeuse ou visqueuse l'eau avec laquelle on forme la paie. Cette terre, dans la plus grande partie des manufactures» est calcaire; ce n'est pas que l'argile n'y soit aussi propre , et peutêtre meilleure; mais on trouve difficilement de l'argile blanche et qui reste telle au feu. D'ailleurs, il y a des terres calcaires colorées naturellement, qui blanchissent au feu, au lieu que dans les argiles la moindre couleur, au lieu d*être emportée par le feu, ne fait qu'y devenir plus foncée. Ce qui doit faire conjecturer que les métaux attachés à une pierre calcaire sont plus aisément emportés par le feu que ceux qui se trouvent dans l'argile, pour que l'argile seule entre en fusion, ce que ne fait pas la pierre calcaire seule.

« On juge aisément, par tout ce que l'on vient de lire touchant la nature des matières qui composent la porcelaine d'Europe, de tous les inconvénients auiquels elle doit être sujette. La fritte, qui est la matière même avec laquelle on fait le verre, entrant dans la composition communément pour les deux tiers, pour peu que le feu soit trop violent ou continue trop longtemps, la vitri* fication s'achève. 11 faut doue saisir le moment où la vitrification est à moitié faite, pour cesser le feu. Comment peut-on espérer

2ue Ton obtiendra ce degré de feu, dislribuê gaiement dans toute la capacité du fourneau, que les pièces les plus épaisses auront été assez échauffées, et que les plus minces ne l'auront pas été trop? Il arrire très-souvent que le feu agit avec plus de force dans certaines parties du fourneau que dans les autres ; la fusion de la porcelaine ou plutôt d'un vase est par là plus accélérée dans une de ses parties que dans les autres, et le vase se trouve nécessairement déformé.Cet accident est si ordinaire, que l'on ne manque jamais d'ajuster aux gobelets, avant de les exposer au four, un couvercle qui, embrassant extérieurement le cercle du gobelet, le contient dans isa rondeur. Comme ce couvercle doit être de la même pÂte que le gobelet, et qu'il ne sert qu'une fois, cela fait une partie de la matière en pure perle.

« On est obligé de mettre des supports aux pièces où il se trouve des parties détachées

Îui avancent, pour les ôter après la cuisson, I ne doit donc pas paraître étonnant quf> l'on trouve dans cette porcelaine un aussi grand nombre de pièces défectueuses ei déformées, et qu'il se trouve beaucoup de mot* ceaux qu'il ne soit pas possible d'exécuter. On voit par la cassure de cette porcelaine, qui est lisse comme celle du verre, et \m\\ grenée, que ce n'est, à proprement parler, qu'un verre rendu opaque par une terre grasse.

ce La porcelaine de Saxe mérite cependant une exception parmi les porcelaines d Europe. On soupçonne Qu'elle est composée d'une terre grasse, mêlée aveê du spalh fusible calciné. Le spalh fusible vitritie avec une grande facilité toutes les pierres avec lesquelles on le mêle; il ne s'est donc plus agi, pour la porcelaine de Saxe, que de cuercher la dose de spath fusible propre h ne produire que la demi-vitriQcation qui constitue la porcelaine, et cotte dose s'étant trou* vée beaucoup plus petite que celle de la fritte qu'on est obligé d'emplojer vis-à-m de la terre grasse dans les autres porcelaines d'Europe dont on vient de parler, et so liant d'ailleurs plus aisément , il en est résulté une pâte plus facile a travailler, et sujette à moins d accidents. £n un mot, dans les porcelaines à fritte, la terre grasse mêlée avec de la fritte fait une porcelainet quand on saisit la matière à moitié vitriliée ; et dans la porcelaine de Saxe, le spath met en fusion, vitrifie la terre grasse et fait une[>orcelaine, lorsqu'on n'a mis que la quantité nécessaire de spath pour vitrifier la tem; grasse à moitié.

« U faut convenir que la porcelaine de Sate est fort au-dessus de toutes les autres po.'celaines d'Europe, dont la fritte fait la plus grande partie de la composition; elle ^ vitrifie beaucoup plus difficilement, puisque l'on peut faire fondre un çobeiet de perce laine à fritte dans un gobelet de poroelaio^ de Saxe, sans que ce derDier en soit en* dommage. Comme il n'entre point de se^^ dans sa composition comme dans celle de » fritte, le passage à l'entière vitrification ^

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