‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 141 sur 209 · FOR · texte numérisé non relu

FOR

Des INVENTIONS.

POR

beaacoap plus difficile el plus long que dans la porcelaine à frilte, dont la lacililé des sels à se mettre en fusion fait un passage plus prompt de la demi-Titrification à la riiriGcation entière. Par conséquent, les l'îèces qui auront plus d'épaisseur se trou- Teront suIGsammeot cuites , sans que les pièces plus minces aient passé à la vitrification, et les ouvrages dans lesquels il se trouve des endroits minces et d'autres plus épais ne seront point déformés; ce qui rend cette porcelaine moins sujette à produire des pièces de rebut, et plus propre a eiécu- 1er des ouvrages délicats que la porcelaine à fritte.

« On a exposé de la porcelaine de Saxe à côté de la porcelaine de Chine au feu le plus violent pendant deux fois vingt-quatre oeares; les deux, terres ont également résisté à la fusion, et leurs cassures n'en ont paru que plus blanches et plus belles ; mais ja cooTerte de la porcelaine de Chine a coulé en une espèce de verre vert, tandis que celle de la |K)rcelaine de Saxe est seulement devenue plus acide, et n'en est pas resiée moins blanche. Dans l'une et l'autre {.orcelaine, les couleurs qui étaient sur la couverte ont été détruites, et celles qui tuient dessous ont été endommagées.

• La porcelaine des Iodes n'est par sa natare sujette à aucmi des inconvénients de h porcelaine d*Europe; on a vu que dans celte dernière son principal défaut se trouvait plus grand à proportion qu'elle avait plus de facilité à être poussée à l'entière vitriflcalion. Celle des Indes ne peut pas, pour ainsi dire, être poussée jusqu'à ce point, puisqu'on l'a employée à servir de support aux matières les plus difficiles à fondre que Ton a exposées aux miroirs ardents les plus forts. Il n'entre que deux, ou tout au plus trois matières ciifférentes d;«ris sa composition dans laquelle les verres et par conséquent les sels ne sont pour rien ; chacmie des manufactures d'Europe fait un grand secret des matières qu'elle emploie pour la porcelaine ; il n'y a que celle des Indes qui n'en soit point un.

• Le P. Dentrecolles a donné une description très-ample des matières qui la composent et de leurs manipulations, dans le recaeil des Lettres édifiantes : cet auteur a depuis été copié dans la Description de /« Ckiske do P. Duhalde ; dans le Diction-noire du commerce^ dans Y Histoire des voyagem, et dans le Recueil d^ observations CU' ^'énâses ; il est donc inutile de répéter ici une :no»e qui a été dite tant de fois; on fera seu* emeot quelques observations sur la nature ie^ matières, et sur quelques points de malipnlation que le P. Dentrecolles n'avait pas »teo vus. En attendant on commence par s»tflrer que quelque différence que l'on ima- ;îne entre le terroir des Indes et celui de 'Europe* on peut cependant trouver en ce -^ys^HÛ et dans beaucoup d'autres de cette artîe du monde des matières qui, si elles -^ sont pas absolument semblables à celles ont on lait la porcelaine dans les Indes,

leur sont assez analogues pour qu'on soit certain d'en faire une qui aura les mêmes qualités, et sera pour le moins aussi belle. . « Le pc-tun-tsé et le kao-Iin sont les deux matières dont on se sert pour faire la porcelaine des Indes. Le pé-lun-tsé est une pierre qui parait d'abord avoir beaucoup de ressemblance avec plusieurs des pierres auxquelles nous donnons le nom de grès dans ce pa^s-ci, mais qui, quand on vient à en examiner la nature de près, se trouve fort différente. Le grès frappé avec Pacier donne beaucoup d*étincelles , le pé4un-tsé n'en donne que difficilement quelques-unes : deux morceaux de grès frottés l'un contre l'autre dans l'obscurité ne laissent point do traces de lumière; le pé-tun-tsé, au contraire, laisse en pareil cas, uue trace de lumière phosphorique, à peu près comme deux morceaux de spath fusible frottés de la même manière. Le grès mis en poudre assemblé dans un petit tas humecté et placé sous le four d'une faïencerie, ne fait jioint corps, et reste friable; le pé-tnn-tsé tiaité de la même manière, se lie et prend un commencement de fusion. Le grain du pé-tuntsé paraît plus fin et plus lié que celui du grèSy de façon qu'il représente une espèce d'argile spathique pétrifiée. Si nous joignons à ces qualités celle de n'être solubie dans aucun acide, pas même après avoir passé au feu, nous serons assurés d'avoir un véritable pé-tun-tsé.

c Le kaolin est une terre blanche remplie de morceaux plus ou moins gros d'un sable vitrifiable et parsemée d'une grande quantité de paillettes brillantes qui sont un véritable talc ; elle parait être un détritus d'un de ces grains talqueux et brillants , dans lequel la terre blanche qui lie les grains de sable gris aurait abondé en très-grande quantité. Comme, suivant la manipulation des Chinois, on jette le kaolin tel qu'il est dans des cuves

J)leines d'eau, et qu'après l'avoir un peu aissé reposer, on ne (irend que l'eau qui surnage, on voit aisément que le sable vitrifiable tombe au fond, et que par conséquent il n'entre point dans le Kaolin préparé, qui ne reste composé que de la terre tîlaoche et du talc ; l'un et l'autre paraissent insolubles dans les acides. Il est difficile de croire» comme quelqu'un l'a avancé , que la terre blanche ne soit que le talc plus aifiné ; quelque soin que l'on prenne à broyer le talc avec de 1'eau , il ne produira jamais une matière gluante comme la terre blanche ; il faut donc regarder cette terre blanche comme une véritable argile dont le gluten est nécessaire pour lier le pé-tun-tsé qui n'en a |ioint, et rendre la pâte susceptible n'être travaillée. 11 est vrai que dans le kaolin en pain et tout préparé Dour le mêler avec lepé-tun-tsé, tel que les Chinois le travaillent, on voit encore beaucoup de paillettes talqueuses , mais on doit se souvenir que dans les expériences de ]a lithogéognosie de Pott, le mélange do talc avec Targile et la pierre vitrifiable en accélère la fusion.

« On emploie le hoa-chi des Chinois, dont

POU

DlCTlONNÂme

POU

nous avons «parlé au •commencement de cet article, èi la place du kaolin, en le joignant au pé-tun-tsé lorsqu'on veut obtenir une porcelaine plus blanche et plus fine ; sa préparation est bien décrite dans la relation du P. Dent recolles : il ne prescrit pas exactement les doses, parce que celte terre étant très-gluante, on est le maître d'en mettre moins, et la pâte se travaille toujours trèsaisément ; on croit cependant que la dose de parties égales est ce qui réussit le mieux. Pour ce qui regarde les manipulatiens que les Chinois emploient pour former une pâte» soit du pé-tun-tsé et du kaolin , soit du petun-tsé et du hoa-chi, ou terre cimolée, toutes celles qui sont décrites dans les Lettres du P, Benlrecolles sont très-vraies et fort exactes , si l'on en excepte pourtant ce que le P. Denlrecolles dit de la crème qu'il prétend se former sur la surface de Teau dans laquelle on a délayé les matières : il est certain qu'il ne se forme point à la surface de celte eau une crème qui ait une épaisseur trèsapparente. Le P. Denlrecolles , voyant que les ouvriers ne prenaient pas la surface de cette eau, a conjecturé l'existence de la crème sans l'avoir bien examinée. Cette opération ne se fait que pour avoir les parties les plus subtiles de chaque matière, qui n'ayant pas encore eu le temps, à cause cfe leur extrême finesse, de se précipiter au fond, se trouvent enlevées avec l'eau qui est à leur surface. Ce qu'il dit ensuite confirme cette opinion. Il assure que les ouvriers, après avoir enlevé la première surface de l'eau , agitent la matière avec une pelle de fer pour reprendre un moment après la surface de l'eau, comme ils avaient fait la première fois. Comment pourrait-on imaginer qu'une matière de cette espèce, qui n'est point dissoluble dans l'eau, pût reproduire la seconde fois une crème è la surface. Il faut même avoir attention , après avoir agité la matière et l'eau, de ne pas attendre trop longtemps à prendre la surface de l'eau, sans quoi on n'aurait rien ou presque rien. Quant à sa recommandation do conserver longtemps humides, avant d'en former des vases , les pains que l'on fait avec le mélange des matières, elle est de la plus grande utilité ; en effet , l'eau dont cette pâte est abreuvée se putréfie avec le temps, et contribue par là à affiner et mieux disposer les matières à se joindre. C'est par cette raison qup l'on recommande de conserver les pains formés avec la pâte dans des caves humides ^ et même de les couvrir de linges, sur lesquels on iette un peu d'eau de temps en temps : au bout de quelques semaines la putréfaction est telle que la pâte devient d'un vert bleuâtre. Ce qui paraît le plus embarrassant, c'est que le P. Denlrecolles fait entendre dans ses Lettres que la porcelaine des Chinois ne va au four qu une seule fois » et que l'on met Témail , autrement dit la cou- Terle, sur les vases à cru , et avant qu'ils aient eu la moindre cuisson : cette manœuvre semble extraordinaire ; comment ima« giner que des pièces aussi grandes que celles

que l'on fait à la Chine puissent être trempées tout entières dans une composition qui doit avoir la consistance d'une purée? Car il ne faut pas s'y tromper : pour que h couverte soit bien unie, il faut absolument que la pièce soit trempée dans la composiiion qui doit former la couverte, ou que celte composition soit versée sur la pièce,

« Lorsqu'on a voulu se servir du pinceau pour mettre la couverte , comme cela est arrivé sur des magots de la Chine ^ dont on voulait laisser plusieurs parties sans couverte, il a été bien difficile d'y distinguer les traits du pinceau, et la couverte n'y paraissait jamais bien unie.

a Quant à ce que dit le P. Denlrecolles du pied des tasses que l'on laisse massif, et qu'on ne met sur le tour pour le creuser qu'après avoir donné le vernis ou la couverte en dedans et en dehors, et l'avoir laissé sécher, voilàcequ'il estdiflîcile d'expliquer.

ft On sent bien que les Chinois, en !aissao( le pied des tasses massif, se servent de ce pied pour cuUer avec de la pâte lestasses sur le tour toutes les fois qu'elles cbaogeQl de main ; mais comment une tasse, )or^ qu*elle est vernie et sèche, peut-elle être assez assujettie sur le tour pour que l'oa puisse en creuser le pied avec un outil, sans que les ^points de contact qui assujettissent la tasse en dérangent le vernis?

« Il paraît cependant constant dans plasieursautres endroitsde la relationduP.Dentrecolles, que le vernis est mis sur la porcelaine avant la cuisson, parce quMl y est dit qu'on a fait pour l'empereur des ouvrages si fins et si délicats, qu'on était obligé de souffler le vernis dessus, parce qu'il n avait pas été possible de les plonger dedans sans s*exposer à les rompre, et qu'on les mettait sur du colon. 11 est certain que quelque minces que fussent ces ouvrages, on n*aurait pas été exposé à cette crainte, s'ils avaient eu une première cuisson.

« Le même auteur, parlant d'une espèce de

{porcelaines colorées qui se vendent à meil* eur compte, dit qu'on fait cuire celles-là sans qu'elle» aient été vernissées , par conséquent toutes blanches et n'ayant aucun lustre. Il aioute qu'on les colore après la cuisson en les plongeant dans un vase où la couleur est préparée, et qu'on les remet de nouveau au fourneau, mais dan^ un endroit où le feu a moins d'activité, parce quiui

f;rand feu anéantirait Ifis couleurs. Puisq^ie e P. Denlrecolles fait une distinctiou de cette espèce de porcelaine avec l'autre, il en faut conclure qu'il a bien vu que lesCliinois mettaient leur vernis sur la porcelaine avant qu'elle eût été cuite, et que tout se trouvait achevé au fourneau par une seule et même cuisson. Si la porcelaine ordinaire des Chinois avait eu besoin d'aller deoifoi^ au feu, il n'aurait pas manqué de ledir^» comme il l'a fait au sujet de cette dernière. Quant à la difficulté de vernisser les grandts pièces, on voit que les Chinois ont doooé plus d'épaisseur à proportion de la grandeur de le*irs vases , et que iorsqa*ili ûot

POR

DES INTENTIONS

POU

roulu appliquer le vernis à des vases qu'ils iTdieQt tenus très-minces, ils ont eu» suivant le P. Dentrecolles, la précaution de uoQoer deux couches, en attendant, pour dormer la seconde» que la première fût sèche. Le besoin des deux couches suppose qae daos ce cas le vernis était trop liquide pour qu'une seule pût être sutfisante; ce qui prouve que le vernis trop épais expose les pièces minces à se casser quand on le leur donne, et que par conséquent ces pièces l'araient point été cuites.

< Pour ce qui est de l'inconvénient de toucher aux pièces déjà vernissées, il f)arait fue Ton peut moins çÂter le vernis lorsqu'il létédonué à une pièce qui n'a point été Cttile, que lorsqu'il a été appliqué sur une fièce qui a eu la cuisson ; dans le premier m le Yernis pénètre un peu sur la surface k la pièce» et dans l'autre il n'y pénètre

Ciel du tout ; ce qui le rend plus facile à « eqievé.

« Il parait donc constant que les Chinois fcooeut leur vernis i leur porcelaine avant p'elle ait passé au feu des fourneaux, ce pila rend à meilleur marché, puisqu'il en

rie de moins le bois qu'on emploierait à tuisson de la couverte. Hais comment hie porcelaine peul^ello être plongée dans I ferais sans se rompre ? Il faut se soaveirque le P. Dentrecolles dit que le pre-

E^r ouvrier forme la tasse sur la roue en rant le morceau de pAte destiné à la faire, Iknme nous le pratiquons ; que cette tasse Isse à un autre ouvrier qui l'assied sur sa i»e, c'est-à-dire, qu'il façonne son pied de I grosseur qu'il doit avoir, sans cependant I creuser, aiui que ce pied massif serve à ttacher sur le tour la tasse avec de la p&te, ^que la tasse passe aux autres ouvriers ; t troisième ouvrier reçoit alors la tasse et i met sur un moule qui est une espèce de our; il presse sur le moule également de M^ les côtés ; il faut que ce soit le moule A la pression que l'on lait de la pAte par ioo moren, qui contribue à rendre les pa- Ms de la tasse assez fortes poUr, lorsqu'elle JA sèche, résister à l'impression qu'y cause ■ternis; d'ailleurs on commence à don- ^ k vernis dans le dedans de la tasse, et M le laisse sécher avAUt que de l'appliquer ^ dehors ; la couche de vernis du dedans ^iit sèche, fait une épaisseur de plus qui l^met à la tasse de supporter la couche du uebors.

* l'opération du creusement du pied, après |ue la tassea eu tout son vernis, se comprend taficiiement ; cela ne peut pas s'exécuter en ^versant la tasse sur le tour ; comment y tttujeuir la tasse sans gâter le vernis, et ^nimeot préserver le vernis de la pous- Mèreque le travail de l'outil y répanorait? Ilest plus vraisemblable d'imaginer que le M se creuse en tenant la tasse dans sa si- ^ttaiion naturelle, collée sur le tour par un j^rceau de pAte qui élève le pied, et donne >e lûojeo de la 'creuser en dessous avec on o«lil croclio.

* Puisqu'on connaît en Europe des matières

DicnoHN. DES Invbntioiis. U.

de la même qualité que celles qu'emploient les Chinois pour faire leur porcelaine, on connaîtra aussi celles qui sont décrites par le P. Dentrecolles, pour en faire le vernis. 11 n'y a qu'une matière que les Chinois nomment du ehé'kaot qui pourrait embarrasser ; mais on trouve ce minéral» que les uns ont cru mal à propos être du borax^ et les autres de l'a/ufi, très-bien décrit dans le manuscrit du médecin chinois, que nous avons déjà cité. « Le médecin chinois dit que le chl'kao est blanc et brillant, qu'il est friable, et que* quand on le fait passej* par le feu, il se réduit aisément en un sel blanc, fin et brillant, mais qui tient un peu du verre, et où on remar-

aue de petites lignes longues et unes comme es filets de soie : il ajoute qu'il se trouve en morceaux avec des raies droites et des .espèces de côtes blanches et dures comme des dents de cheval ; quand on le frappe , il se rompt aisément en diverses pièces, mais en travers ; il a différentes lames qui se sé« parent facilement et qui sont brillantes; mais ce brillant se perd à la calcination.

« 11 y en a de parfaitement semblable aux environs de Toulouse, et comme on a vu que ce n'est qu'un beau gyps, il y a lieu de croire que l^)n pourrait employer pour le même effet avec succès tous les gyps transparents (Ij. Ce minéral calciné sert a rendre le vernis des Chinois plus épais ; et, conjointement avec la chaux, il sert aussi à le rendre un peu opaque et blanc, lorsque le feu l'a mis en fusion; car en regardant le pied de toutes les porcelaines de la Chine dont on a 6té le vernis pour qu'elles ne s'attachent point par là dans la cuisson, il n'y a personne qui ne voie clairement que la couverte de la porcelaine de la Chinn doit être un peu opaque et blanche, pour cacher entièrement i la vue la terre qui n'est pas do la première blancheur. On a cependant grand soin, lorsque les ouvrages ont été peints sur le cru , comme les bleus, de ne point rendre la couverte assez opaque pour qu'on ne puisse pas voir les couleurs au travers. Il ne faut

f)int que l'on fasse cuire la porcelaine tout fait avant de la mettre en couverte ; il serait même beaucoup mieux de lui donner la couverte à cru; mais comme les pièces qui n'ont pas beaucoup d'épaisseur sont su«-

(I) A. Tappai de ce f«il, aioti que poar .ooaflrauor ee qui a élé dit préoédeoimcDi aur Vexitleiice en France des maiièrea analogues à celles enif ley«es iMir les Cbinola dans U oumpii»iliuii de leurs porcelainch, noua citerons Jea deux ronin !• a buivëuKs dues, ^éà ranuée IHii, à M. Desprui Ula:

Comjfo^lÎQH 4$ la pâle :

Sable de Nevers. i^ IWi^ Uaairix iréa-blanc 18

Argile buncbe de LiimogCS

aècaiiiée. S5l|â

Terre de Dreux. 45

Compioatnon d€ Viwuùli

Sable de Ne«en.

WHv

Terre da ubie de Nefert.

Wane d'E»,e(M.

Quru blanc

POR

ACTIONNAIRE

POU

jettes à casser lorsqu'on les plonge dans la couverte , on peut faire passer ces pièces au four, et les en retirer aussitôt qu elles ont été simplement /ougies ; on donne ensuite deux fois vingt-quatre heures de cuisson pour la pAte et la couverte. Cette couverte des Chinois est analogue à leur pâte, puisque le pe-ten-tsé» qui en est une des principales matières, y entre pour beaucoup; il n'y a, pour ainsi dire, de différence que dans la vitrification , qui t au moyen du sel de la fougère, se fait dans la couverte, et n*est point dans le corps de la porcelaine. Comme elle est appliquée avant que la porcelaine soit cuite, elle en pénètre un peu la surface; et la cuisson étant la même, elle s*y trouve jointe plus parfaitement que si elle avait été mise après une première cuisson de la porcelaine : la différence est visible lorsqu'on examine avec une lou(>e la cassure des porcelaines de la Chine et celle des porcelaines d'Europe. Il faut surtout bien se garder de chercher à employer une couverte qui ait déjà été vitrifiée. On doit regarder comme un principe, que la vitrification de la couverte doit se faire sur la pièce même ; il est aisé de composer un verre opaque et trèsblanc, mais quelque soin que l'on se donne pour broyer ce verre, il ne s'étendra jamais aussi bien et ne se joindra point aussi intimement à la porcelaine qu'une composition qui formera la vitrification opaque et blanche sur la porcelaine même.

« On n'emploie ordinairement sur les porcelaines à fritte que l'on fait en Europe, que des couvertes faites avec une' composition qui a déjà été vitrifiée ; il n'est pas étonnant qu'elles y réussissent ; la p&te dont elles sont composées contenant deux huitièmes de fritte, qui est la matière du verre, se trouve tout a fait analogue avec ces couvertes, et s'y joint très-bien, au lieu que la pAte de la porcelaine de la Chine est trop éloignée de la vitrification pour se joindre à une matière qui n'est purement qu'un verre. L'expérience s'est trouvée conforme à ce raisonnement toutes les fois qu'on a voulu tenter de mettre les couvertes d'Europe sur la porcelaine faite à la manière des Chinois. On a vu que les degrés de bonté de la pAte d'une porcelaine doivent se mesurer a la difficulté que l'on rencontrerait à la faire passer à rentière vitrification ; on en doit conchire que celle que l'on fait aux Indes doit l'emporter sur toutes celles d'Europe, puisque 1 on peut faire foudre un gobelet de porcelaine à fritte dans un gobelet de Saxe et dans un gobelet de porcelaine des Indes. Il est vrai que la porcelame des Indes demande, pourêtre portée à son entière cuisson, un degré de fou beaucoup plus grand que les autres porcelaines; mais comme on n'estobligé de l'y mettre qu'une seule fois,il n'en coûte pas plus de bois pour la cuire que pour la porcelaine d'Europe, que Ton met deux fois au feu.

« Au reste, si l'on veut se donner la peine d'étudier et de suivre les manipulations décrites par le P. Deutrecolles, on est assuré 4e tBdiQ de la porcelaine qui aura les mômes

qualités que celle que Ton fait daas les Indes, et pourra se donner à meilleur compte que toutes celles que l'on fabrique ea Europe. On croit cependant qu'il ne sera pas inutile de faire attention a l'eau que l'on emploie dans les manipulations. Le P. Dentrecolles dit que les mêmes ouvriers qui la font à King-te-ching , n'en ont pas f)u faire de pareille à Péking; il attribue ce manque de succès à la ditl'érence des eaux, et il pourrait bien avoir raison. On a vu qujl fallait garder la pAte liquide pendant un certain temps après l'avoir faite, et qu'elle entrait en fermentation : tout le monde sailque la différence des eaux produit des effets sio« guiiers lorsqu'il s'agit de fermentation, comme il est aisé de le voir dans la bière, les teintures, etc.

c Pour ce qui est des peintures aue Von applique sur la porcelaine après qu elle est faite, je crois que l'on peut se passer de

Ï>rendre les Chinois pour modèles : les coueurs sont assez médiocres et en très-pedl nombre ; la céruse, ou quelque autre préparation de plomb, leur sert toujours de fondant. Le plomb se revivifie, c*est-à-dire kprend sa forme métallique fort aisément; alors il noircit et gAte les couleurs; ces couleurs s'étendent et font des traits qui ne sonl ni déliés ni bien terminés. On voit biea que je ne parle ici que des couleurs qui se mettent sur la porcelame après qu'elle a reçu son vernis et sa cuisson entière; car, pour celles que les Chinois mettent sur le cru, ea appliquant le vernis parndessus, il est impossible d'en former des dessins tant soitpea corrects* On croit donc qu'il vaut mieai abandonner tout à fait les couleurs dont se servent les Chinois, pour y substituer celles que Ton emploie pour peindre sur l'émaii. Comme ces couleurs sont exposées à supporter un feu très-fort, on ne peut y employer que les matières dont la couleur ne peut être enlevée par la force du feu; il but donc renoncer à toutes les couleurs tirées des végétaux et des animaux, pour s'en tenir uniquement à celles que peuvent fournir les terres et les pierres, qui conservenl leur couleur après la calcinatioo; mais comme celles-ci ne sont colorées que par le rooreo des métaux, la chaux des métaux, ou, ce qui est la môme chose, les métaux privés de leur phlogistique pour la calcination, fournissent la seule matière que Ton puisse employer avec succès, d'autant plus que les terres et les pierres donnent toujours des couleurs plus ternes et plus sales, à cause de la grande quantité des terres qu'elles coqtiennent. On trouvera ces manipulations décrites fort au long dans un Traité de lapnir ture en émail. On peut être assuré que toutes les couleurs qui réussissent dans cette peinture réussiront également bien dans celle sur la porcelaine. On y verra que l'on a pour principes de ne point se servir de couleurs déjà vitrifiées, comme les verres colorés» ie$ pains d'émaux, etc., et que l'on exclut pe* reillement .toutes les compositions où il entre du plomb : les raisons que l'on y ^^fr

POR

DES INVENTIONS

POR

porto, iX)ur bannîr ces couleurs de la peio* lore en émail» subsistent ésaleicent pour les ciriurede U peinture sur Ta porcelaine; on 5 verra que Tétain donne les blancs pour eclaircir et rehausser toutes les autres couleurs; que Tor donne des pourpres, les gris de lin Jes Yiolets et les bruns; que Ton tire <luferle$TermilIonSy les marrons* les olives el \t6 bruns; que le cobalt fournil les bleus (I les gris; que le jaune de Nnples donne le

{une; que le mélange du blanc et du rouge i( les couleurs de rose ; que le mélange du bleaetdu jaune fait tous les verts; et, entio, que le mélange du bleu, du rouge et du ]iQue dit toutes Tes trois couleurs. On voit parlé que Ton est en état de peindre sur la («rcelaine avec une palette garnie d'un aussi (rand nombre de couleurs que celle du peintre à Thuile. — Voy. Peinture sur émail.

t il y a cependant une remarque essentielle kbire, qui met une espèce de différence (Titre la peinture sur porcelaine et la peintare en émail. Pour transporter la couleur te métaux, ou plutôt celle de leurs chaux, wr rémail, on estobiigé de joindre à la chaux èces métaux un verre qu*on appelle fonloi, qui, par sa fusion, vitritle tes couleurs (ks fait pénétrer dans Témail. Pour que ki couleurs puissent pénétrer dans Témail •r lequel on peint, ou sait qu*il est nécesttire Que réomil commence a entrer en fuliDD, lorsque les couleurs v sont déjà, paris que les couleurs resteraient en relief sur fémail, s'il n'entrait point en fonte. Il faut ionc Qu'il se trouve une proportion dans la ftcilile à fondre entre rémail sur lequel on f^int et le fondant que Ton mêle avec les couleurs. On roit aisément que la même proportion dans la facilité à fondre doit se iroaver entre la couverte de la porcelaine ior laquelle on peint , et le fondant qu'on lora mêlé avec les couleurs; et la couverte de la porcelaine étant beaucoup plus difficile à mettre en fusion que Témail, on doit ^ployer dans les couleurs à peindre sur la K»rcelaioe un fondant beaucoup moins faoie h mettre eu fusion que dans celles à jcifidre en énoail ; ce qui tient à l'emploi ^^^ grand du salpêtre et du borax dans ^t composition du fondant. Comme on ne <i^it point emplover de plomb dans la composition du fondant, il est plus facile d'en imposer un qui soit dur à fondre que d'user jecelui qui est propre è la peinture en émail, ■ cause de la quantité des sels qu'on est obligé de mettre dans ce dernier, et qui, à noiiis que ce Terre ne soit bien fait, s y font sentir, et gfttent les couleurs.

<Laprinei(ialequalitédu verre,qni servirade fondant , est dêtre blanc, et exempt de (réparation de plomb dans sa composition , ^omme la céruse, le minium, la litharge, etc. l'our ce qui est du plus ou moins de facilité quii doit avoir à entrer en fusion , il faut qu'elle soit bien proportionnée à celle de la couverte de la porcelaine, c'est-à-dire que la couverte ne soit pas assez dure à fondre pour <|ue la fusion du verre, qui sert de fondant , iteairalne pas la sienne dans les endroits où

les couleurs sont appliquées. On peut do'ic essayer de se servir de verres blancs do différents degrés de fusibilité , pour s'arrêter à celui qui se trouvera convenir au degré do fusibilité de la couverte. Le Terre dont on fait les tuyaux des baromètres est le plus facile à mettre en fusion; celui des glaces vient après, et ensuite celui des cristaux de Bohême, etc. On ne doit point craindre que la force du feu nécessaire pour mettre ces verres en fusion, emporte les couleurs ; celles dont on vient de parler sont toutes fixes, et y résisteront; il n y a que les couleurs tirées du fer, dont jusau'ici l'usage a été trèsdifQcile , h cause de leur volatilité au feu; mais il sera aisé de voir dans le Traité de la peinture en émail , qu'en tenant les safrans de mars exposés au grand feu pendant deux heures, avec le double de leur poids de sel miirin, et les édulcorant ensuite , on les rend tout aussi fixes que toutes les autres couleurs. La proportion du fondant k mettre ave'c les chaux des métaux est la même que celle de la peinture en émail , c'est-à-dire ,

(presque toujours en poids trois parties de bndant sur une partie de couleur. Si l'on s'apercevait que quelqu'une de ces couleurs ne prit pas dans la fonte le luisant qu'elle doit avoir, ou en serait quitte pour ajouter quelques parties de fondant ae plus; par exemple, les couleurs tirées de l'or exigent jusqu à six parties de fondant. Ces couleurs s'emploient facilement au pinceau , avec la gomme ou l'huile essentielle de lavande « avec la précaution, si l'on s'est servi d'huile essentielle de lavande, d'exposer les pièces

freintes à un très-petit feu , jusqu'à ce que 'huile soit totalement évaporée, avant de les enfourner.

c On ne parlera pas des couleurs qui se mettent sous la couverte : il faut les placer sur le cru, dans lequel venant à s'emboire, on ne peut former avec elles aucun dessin correct. Elles ne seraient donc propres qu'à employer à faire des fonds d'une seule couleur, et, en ce cas , il vaut mieux mêler la chaux des métaux avec la matière de la couverte, et tremper les vases dedans.

« llrésulte de tout ce que l'on vient de dire, que les porcelaines dans lesquelles on ein-> ploie de la fritte sont les plus mauvaises de toutes , et qu'on ne doit jamais chercher à en faire sur ce principe, par conséquent qu*ll ne faut employer aucuns sels nour mettre en fusion les matières qui doivent composer la porcelaine ; que le spath fusible est le principal agent pour la liaison des terres que l'on doit employer dans la porcelaine; puisque le pe-tun-tsé est une pierre composée de spath, d'argile et de sable, qui, jointe à une terre onctueuse, fait la poreelaioe de la Chine, et que celle de Saxe est composée sur les mêmes principes* avec cette différence seulement que le pe-tun-tsé est d^à composé d'une (lartie de ces matières par la nature, et que dans la porcelaine de SflAe on est obligé de la faire ties mêoiee. différentes matières séparées que Ton ras* semble ; cequi fait voir que le» combinaii^as

roR

DlCTIONiNAIRE

POÇ

faites par la nature sont supérieures à celles faites par la main des hommes.

« Quant à ce qu'on appelle l'émail ou la couverte, îi no fallait jamais chercher à la faire avec une vitrification toute faite, mais i! fallait que la vitrification ne se fît que sur la porcelaine même; que Ton n'employât jamais des métaux, comme des préparations de plomb ou d'étain dans la couverte; qu'il entrait du spath dans celle de la Chine, puisqu'il y entrait du pe-lun-tsé, qui est une pierre spathique; qu'il y avait toute apparence que le spath entrait aussi pour beaucoup dans la couverte de la porcelaine de Saxe, et même pour plus que dans lajporcelaine de Chine, puisque la force du leu ne la faisait pas couler comme celle de la Chine.

a Pour ce qui regarde les couleurs, il ne fallait jamais employer des verres colorés tout faits, et surtout ceux dans lesquels le plomb était entré, comme les pains d'émaux, etc. Mais il fallait que la vitrification des couleurs se ftt sur la couverte et en la pénétrant. »

Porcelaine de Saxe et autres porgblain ES d'Europe. -^ Nous devons à M. le comle de Mille une excellente description de l'art de faire la porcelaine d'Allemagne ou de 'Saxe : c'est de ce savant que nous emprunterons tout ce que nous allons dire sur cet art, si longtemps ignoré en Europe ; ce ne fut que dans le siècle dernier que le hasard fit connaitre en Saxe un procédé dont les Chinois et les Japonais gardaient si soigneu^ sèment le secret.

« Un gentilhomme allemand, le baron de Boettcher, chimiste à la cour d'Auguste, électeur de Saxe, en combinant ensemble des terres de différentes natures pour faire des creusets, fit cette découverte précieuse, qui s'est conservée avec soin dans la manufacture deMeiffen, près de Dresde. Le bruit de cette nouvelle fabrique se répandit en France et en Angleterre, et les chimistes de ces deux royaumes travaillèrent à Tenvi à faire de la porcelaine.

« Les Ançlais firent venir h grands frais du «kaolin de Chine; mais n'ayant point les autres substances que les Chinois mêlent à cett« terre, au lieu de porcelaine ils ne firent que des briques. Los Français firent également venir de la Chine des matières, pour servir d'objet de comparaison avec ceux que notre continent pouvait fournir. Un Jésuite, le P. Dentrecol les, joignit aux manières qu^l envoya des observations sur le travail des Chinois, mats elles étaient si peu exactes, que les chimistes français, opérant • d'après les fausses instructions de ce missionnaire, ne purent parvenir à faire de la vraie : porcelaine. On désespérait presque de réussir en Europe, lorsque H. de Tsuhernhausen trouva une composition de porcel^aine qui, selon les apparences, était la môme que celle dont on fait usage en Saxe : il la confia en France tiu seul M. Homber; mais ces deux ' amis moururent sans en communiquer le secret au public. M. de Réaumur soupçonna» &

force de génie, quelles étaient les vraies substances qui entraient dans la composition de la porcelaine de la Chine, et nous donna le premier des idées très-justes sur la nature de ces substances, et la manière de les employer. Après cet académicien, MM. Lauragais, Guettard, Montomy, Laffone, Bauméi Macquer, Montigny et Sage, tous chimistes du plus profond savoir, se sont occupés fructueusement du même objet. M. de Laoragais présenta, en 1766, h l'Académie, de ta porcelaine de son invention; elle futjugé^; aussi parfaite que celle de Sèvres et deSaxe; mais cet illustre savant n'a point publié sa composition. »

11 y a aujourd'hui plusieurs manufactures de porcelaine en Allemagne, en Angleterre, en Hollande et en Italie; les plus célèbres d'Allemagne sont, après la manufacture de Dresde, celle de Fronkendal dans le Palatinat et celle de Louisbourg, près de Stuttgard.

« La porcelaine de Fronkendal a le mêioe fonds de richesses que celle de Saxe e( de France : elle est, comme elles, bien au-dess^is de celle de la Chine et du Japon ; elle e^ surtout recommandable par 1 éclat de l'or qu'on y applique en feuille avec tant d'adresse, qu'on prendrait les vases qui eosonl enrichis pour être. d'or massif. Cette manufacture excelle aussi dans les figures, elle a atteint le degré do perfection de celle de Saie, et approche de celle de France par la variété et le dessin correct des figures, par la force et le naturel des statues, et par la vérité de l'expression ; à ces t)onnes qualités elle joint l'avantage du bon marché, le prix étant de près d'un tiers au-dessous de celui des porcelaines de Saxe.

ff La manufacture de Louisbourg, établie par la magnificence du duc de Wurtemberg, ne le cède guère à celle de Fronkendal ; la pâte en est des plus réfractaires; elle résiste au feu le plus violent, et soutient le passaj^e subit du froid au chaud et du chaud au froid sans se casser. Les formes en sont agréables, et Ton y exécute des morceaux d'architecture pour la décoration des desserts d'une grandeur énorme : le seul défaut de la pâte est de n'être pas d'un blanc aussi parSiit que celui de Saxe et de France ; elle est dun

fçris cendré, et reste grenue dans la cassarei a couverte présente le même défaut, et •n'est jamais de ce beau blanc qui plaît i rœil et (jui caractérise les belles porcelaines ; mais il serait aisé d'y remédier.

« Les porcelaines qu'on fabrique en ADgl^ terre ne valent absolument rien, et les Anglais qui ont perfectionné tant d'autres arLs sont bien au-dessous des Français, des Aile- -mands, des Holfandais et des Italiens à f^ gard de celui dont nous parlons. Ce qu'ils appellent porcelaine n'est qu'une vitrificati<'0 imparfaite, à laquelle il ne manque quuo degré de feu un geu plus fort pour eoiiit^ du verre.

« La porcelaine de Hollande et celle dltalR • sont belles, mais au-dessous de eelle ^^ Saxe. »

POR

DES lfi¥£NTIONS.

POR

PWCSLA15IB DE Fbakck. — La poTceloine de fronce était, il D*y a pas loDglemps, si fragile qa*OD craignait de 1 exposer à la moia* dre chaleur : elle était sujette à se fêler eomoie le verre» de la nature duquel elle participait.

€ Ou avait tâche de suppléer à la rraie romfiosition qu*oo ignorait (dit M. llacquer dans un Mémoire sur une nouvelle porcelaine^ qu'il lut à TAcadémie des sciences de Paris» le 17 juin 1769) , par un assortiment dont la base était de sable et de cailloux broyés» qo*oQ faisait blanchir par Faction du feu et |iar le mélange de différents sels. On ajoutait à cette composition une certaine quantité de terre liante iK>ur la mouler plus facilement et la trarailler sur le tour. L*argile dont on se servit ne procurant pas à la porcelaine cett*; blancheur qui est une de ses nlus belles et plus apparentes qualités » on lui préféra les marnes comme conservant plus de blanc dans les cuites. Ces dernières ne pouvant point soutenir l'action d*un grand feu sans se fondre» les ouvrages qu'un en frisait n'acquéraient point par la cuite la dureté et la compacité nécessaires pour résister k Taltemative du chaud et du froid sans se casser ; tendres et friables par leur nature» ils ne pouvaient recevoir pour couverte oo vernis » an'un verre de plomb plus tendre encore et plus fusible, par conséquent sasceptible de se rayer» de se dépolir» de jannir et de perdre toute sa beauté par le service. Cette fausse porcelaine a été en usage jusqu'à l'époque où des savants » tels que MM. de Réaumur, Guettard» Hellot»

Macquer et Baume trouvèrent» k force d'expérieoees» les moyens de faire une porcêidine aussi dure et aussi solide que celles du Japoo et de Saxe» approchant de leur beauté» mais n'ayant pas encore le dernier degré de Uancbeur qu on lui désirait.

« Eo 1766» M. le comte de Lauragais présenta de la porcelaine de son invention à TAeadémie; cette porcelaine fut reconnue pour être aussi parfaite qu'on pouvait le dé&irer; mais comme ce seigneur n'en a point publié la composition» on ne peut poiot <lire de quelle terre elle était fabriquée. m Ce n'est que depuis que M. Vilaris» pharmarien de Bordeaux eut découvert en France une terre convenable» qu'on est parvenu dans la manufacture royale de Sèvres à faire de la porcelaine uniquement composée des terres de France» dans la pAte et la couverte de laquelle il n'entre ni fritte» ni sel» ni aucune matière métallique » qui se travaille facilement sur le tour et qui prend toutes sortes de formes dans les moules; qui ne peut être coite uu'k un feu de la dernière violence» et doot lia couverte exige le même degré de len pour se fbndre» qui est infusible au plus ISrand feu des fourneaux» et qui peut servir fie creuset pour vitrifier toutes les porcelaines de fritte et de marne ; qui acquiert |)ar soite une densité et une dureté qui y est proportionnée ; qui rend un son semblable a celui d'un vase de métal lorsqu'elle est frapf «ée ; qui résiste k l'impression subite et

alternative du chaud et du froid ; qui» dans sa cassure» a un grain qui tient de celui de la porcelaine de Saxe et de l'ancien Japon ; qui a enfin une blancheur et une demitransparence égales k celles des plus belles porcelaines de l'ancien lapon et de Saxe.

c Après avoir fait diverses épreuves sur les nouvelles porcelaines de Sèvres avec la terre de France» trouvée par M. Vilaris» l'Académie des sciences de Paris a certifié que les vases faits de cette matière sont en état de résister k la plus grande chaleur du café» du chocolat et du potage ; ou'avec tout le mérite de Tancien Japon» ils sont encore très-sonores» font feu avec le briquet» peuvent servir de creuset pour vitrifier l'ancienne porcelaine de Sèvres» ne sont point déformés par un feu de forge longtemps continué» vont au feu sans se rompre» peuvent servir k faire fondre du beurre et cuire des œufs» et passent du plus ^and chaud au plus grand froid sans souffrir aucune al* tération. Mais» ce que cette même Acadétuie assure être plus intéressant pour le public» c'est qu'avec le secours de cette terre nouvellement trouvée» ou d'autres semblables qu'il ae sera pas difficile de découvrir dans ce royaume» on pourra peut-être donner k un prix modique les porcelaines qu'on pourra désirer.

« 11 résulte de ce que nous venons de dire, continue la même Académie» que le kaolin qu'on a trouvé en France est meilleur que celui du Japon» et qu'il fait une porcelaine plus blanche et plus fine.

< La porcelaine de la manufacture de Serres estaujourd'hui» de l'aveu même des étrangers»

supérieure k tout ce qu'on peut voir de plus agréable et de plus parfait pour l'élégance des formes» la correction du dessin» le brillant des couleurs» le vif éclat du blanc» le brillant de la couverte.

« Ia porcelaine de Sèvres obtiendrait infailliblement la préférence sur toutes les autres» tant d'Europe que Je la Chine et du Japon» si le prix en était un peu plus k la portée de tout !e monde; il ne lui manque que cet avantage» qui est essentiel pour le commerce ; mais on peut dire que la cherté est compensée par la solidité. »

Les magnifiques produits de la manufacturc de Sèvres sont trop connus pour que nous nous étendions davantage sur les immenses progrès qu'a; faits Tindustrie de la porcelaine en France ; nous pourrions, sons le rapport des produits de notre sol» renvoyer a notre article intitulé IsocsTaiB minérale EH Frahcb; nous nous t)ornerons

ici, quant k l'art moderne» k citer quelqiies roots que nous extrayons de VEncyclopédu des gens du monde :

« On distingue deux sortes de porcelaines : la porcelaine dure et la porcelaine tendre» qui diffèrent par leur composition comme par leur mode de fabrication. »

D'après ce que nous avons dit précédemment» on peut déjk apprécier la différence de composition de ces deux espèces de porcelaines.

my

lt)T

DfCTI0T9NAmE

POT

• La porcelaine^ tendre, dit le même recueil que nous venons de ciler, diffère prindpalement de la porcelaine dure par la romposilion de son émail (1), qui renferme toujours une certaine quanlité d'oiyde de plomb : sa pâte aussi est plus fusible. Celte porcelaine a d'ailleurs l'inconvénient de ne point aller sur le feu, comme les porcelaines dures, et de se rayer aisément. Le mode de cuisson et les principes de coloration sont , également différents L'ancienne porcelaine tendre de Sèvres avait pour base argileuse une' marne calcaire, et pour matière fondante une fritte. L'émail de celte porcelaine, souvent rois à deux couches et cuit à deux feux, prenait ainsi un glacé très-remarquable. Les nombreux inconvénients attachés h la fabrication de Vancien Sivret l'ont jTaît abandonner vers l'année 1806. « Néanmoins, dil M. Brougniart, comme cette « porcelaine a, dans le glacé gras de sa cou- « verte, dans sa couleur jaunâtre, quelques « caractères qui la font très-bien reconnaître « des amateurs de raretés et des marchands « qui les rassemblent ; et comme les incon- « vénienls de sa fabrication leur assurent « qu'on n'en fera plus d'exactement sembla- « ble, elle est trôs-recherchée de ces ama- « leurs, et payée à un très-haut prix. »

Porcelaine dure. — Nous nous sommes suflisamment étendu sur ses qualités et sur sa fabrication. Elle est la seule fabriquée aujourd'hui. Elle doit, ainsi que nous l'avons dit précédemment, aller sur le feu, être môme réfraclaire aux foyers les plus inlenaes ; nous avons vu, dans le commencement de cet article, qu'elle devait pouvoir servir de creuset pour fondre des argiles moins pures.

Pour terminer, nous citerons encore quelques lignes de VEncyclopédie des gens du monde : « La belle porcelaine doit être d'un lilanc de lait, exempte de taches ; le vernis doit présenter une surface glacée, sans ondulations ni picotements; les formes et les contours des pièces doivent se dessiner avec pureté et finesse. Mais la qualité fondamentale de la porcelaine, celle qui permet de l'employer à tous les usages domestiques, c'est de pouvoir résister, sans se briser, à de grandes variations de température. »

POTASSE -^{Moytndelaretirer des cendres du marron d*Inde}. -^' On connatt depuis longtemps toutes les qualités du marroa dinde et sa propriété alcaline; mais on n'en avait pas recherché les causes. Des chimistes, ayant analysé ce fruit, ont trouvé (piécette propriété est due à !a potasse qu'il renferme en quanlité. En effet, il y a peu fie plantes qui fournissent autant de po* tasse ; car trente-deux livres de marrons torrédés au iour donnent une livre et demi-r ot:4;e de cendres, dont on retire dix onces de l>fttasse. En comparant ce résultat avec celui que donnent d'autres plantes où lalcali se

(I ) Nous ajouterons, nous, que c*esi surtout dans };i i'*»iii|M)KiUoii «le la paie qu'existe ccUe (liffcreiice. Vvf ce q'.i précède.

trouve en abondance , on pourra se convaincre qu'il en est peu qui réunissent autant d'avantages; L'enveloppe épineuse du marron d'Inde est à cet égard préférable au fruit même; car, d'après des expériences faites avec soin, il est prouvé qu'elle fou^ nit, par ia torréfaction, plus de potasse que le marron. C'est pour cette raison au'il jtn. porte de recueillir et de conserver les marrons d'Inde, ainsi que leurs bourses on enveloppes, et de les faire torréfier dans des fosses convenablement disposées pour eu retirer toutes les cendres. La potasse qooa obtient du marron d'Inde dédommage aïoplement des frais que peuvent occasionner sa récolte; il en résultera un autre avantage non moins important, celui de iJTrer au commerce beaucoup de potasse, que Ton pourra se procurera plus bas prix que celle que l'on extrait de plusieurs autres plantes. Il est à remarquer que la potasse que loa obtient des cendres du marron d'Inde esi plus pure que celle des autres plaulesiijui donnera, outre la potasse, des sels neulm que l'on ne peut séparer qu'en empiojaal ûlusieurs procédés qui sont commuiiéuieat longs et dispendieux. Lorsqu'on ne veoi pas se donner la peine de convertir en |K)tasse la lessive des cendres de marroa d'Jnde, on peut se contenter de se servir de celle lessive, qui, à raison de ia grande quanlité d'alcali qu'elle contient, est plus propre que toute autre au blanchiment des toiles. (50ciété d'encouragement, 1805, p. 68.)

Fabrication de la potasse par fincinéralm de diverses espèces de plantes, — Invention de M. Matthieu de Dombasle. — L'auteur, à la suile de nombreuses expériences, areconnu que les plantes les plus riches en alcali sont l'épinard et la rhubarbe. La bellerave contient une si grande quantité de nitrate de potasse, que, si l'on fait séchera l'ombre et très-lentement le pétiole d'une de ses feuilles, sa surface se couvre scavenl d'une grande quantité de cristaux de ce sel, assez gros i)our pouvoir en reconnaître It figure à l'œil nu. Les liges d'arroi^he présentent le même phénomène. Dans la rhubarbe, la potasse est à l'état de suroxaiale, de même que dans l'oseille, son congénère. M. Dombasie, voulant s'assurer de la quantité de potasse que peut produire une étendue donnée de terrain cultivé en betleraTeSi sema en avril une pièce de irois hectares convenablement ameublie et fumée dediihuit voitures de fumier de cheval par bectare. On arracha les betteraves en septembre; les feuilles furent laissées sur le parterre, et, comme le temps était chaud et sec, on les brûla trois ou quatre jours après. On obtint i,206 kilog. de cendres. La cendre qui résulte de cette combustion éprouve une demi-fusion lorsque la masse des substances brûlées est assez considérable puur pro<iuire une forte chaleur. C'est une fritte poreuse, assez dure, développant sur )i langue une saveur alcaline presque in$of;* portable. Cette fritte a beaucoup d'analosia avec les soudes brutes du commerce; i%^^

DES INVENTIONSw

POT

la combustion des feuilles de betlerafes s*ol-érait d'après les m6iqes procédés que les soudes naturelles, ces deux substances préseoteraieut une ressemblance parfaite. Com* ]iarable aux meilleures sondes naturelles» cette fritte l'emporte sur la majeure parlie des |)Otasses du commerce. Elle peut servir à la plu|)art des usages pour lesquels on emploie les cendres graVelées et la. isolasse. Ainsi la fabrication de cette fritte devient une opération extrêmement simple, qui n'exige m ustensiles ni établissement quelconques. Quatre cents kilogrammes de potasse brute

Erovenant de la combustion des feuilles de etteraves ont donné à M. Dombasie 180 kil. de potasse calcinée. La potasse brute, analysée par M. Vauquelin, donnait 40 l;i pour tOO d'alcali, contenant 88 à 90^000 de sousiartx>nate de potasse, pur et, sec. Elle marque 34 degrés alcalimétriques ; ce qui est le titre mojen dessoudes factices et des bonnes ^oudes naturelles. La potasse purifiée a été trou? ée par le mèmechimiste contenir 77 centièmes de souscarbonate de potasse pur et 5ec, de l'eau, du sulfate et du muriaie de |K>tasse, et 2/3 de sable par quintal. En puntiant cette potasse, M. Vauquelin l'a amenée à contenir jusqu'à 59 degrés alcalimétriques. ( Société aencouragemetU , 1814 , L XV, p. 260.)

Exiraeiion de la poiasse des fanes da pommes de terre. — Découverte de m. Lapoê^ toile. — Ce chimiste assure, par l'expérience, que les cultivateurs peurent, sans nuire à la récolte de leurs pommes de terre,, en retrancher les fanes en ayant soin de prati^uer celte opération dans le moment où la plante à acquis sa plus grande rigueur; que cette fane, après l'avoir fait sécher convenablement, produit, en la brûlant» une cendre extrêmement riche en (lotasse, laquelle a une valeur d'autant plus grande qu'elle aura été mieux recuite, et que, soit qu'ils la vendent à ceux qui la convertissent eo s2lin,soit qu'ils en exploitent eux-mêmes le salin, c'est nue nouvelle richesse qui devra les encourager k se livrer à cette culture. (Société d'encouragement^ tome XVI, j>age 163.)

Extraction de la potasse des lessives rebu^

f/es des blanchisseries. — Découverte de

Jf. Flahault Fokedey. — Dans un mémoire

«jui a été mentionné honorablement par la

Société d'encouragement pour le prix relatif

à la culture des plantes a potasse, l'auteur

f»asse en revue les végétaux indigènes qui,

selon lui, offrent la plus grande quantité

4i*alcali, et dont on peut I extraire avec le

f#las d'économie. Il plaoe en première ligne

les cendres de bois, qui en contiennent plus

ou moins, selon l'espèce ou là qualité du

coaibustible employé. Les cosses renfermant

la graine de colza fournissent des cendres

supérieures aux meilleures cendres de

Ijois. La combustion des feuilles et racines

de colza , des fanes de fèves et celles de

}»ois, les tiges et les racines de tabac, don-

iienl encore de très-bonnes cendres. {Société

if encouragement f L XVJ, p. 231.)

Jfoy «a de saiurer la potasse éTaeidè carbo nique. — Invention de M. Curaudau. — Après avoir fait dissoudre dans une suifisante quantité d!eau bouillante, autant de potasse qu'il en faudra pour saturer; on j uicorpore de la tannée sèche, jusqu'à ce que tout le liquide soit absorbé, et qu'il en résulte un mélange qui paraisse pa.«sablement sec. On remplit un creuset de cette matière, on le ferme avec un couvercle et on en lutte les jointures avec de la terre grasse. On soumet ce creuset à l'action d'un feu de réverbère environ pendant une demiheure, ou jusqu'à ce qu'il soit rouge cerise; lorsque le creuset est refroidi, on verse sur un filtre toute la matière qu'il contient, on la lessive avec la quantité d'eau nécessaire pour la dessaler promptement, on fait éva* porer celte liqueur jusqu'à forte pellicule, et après un refroidissement d'environ vingt quatre heures, cette lessive fournira de très-beaux cristaux de carbonate de potasse. Lorsque Tévaporatioa a été poussée un peu loin, et qu on opère en çrand, la cristallisation commence k se décider k vingt et vingt-dnq degrés de chaleur, ce qui prouve que Tévaporation est un moyen pour obtenir cette substance saline en trèsgrandes masses, et régulièrement cristallisée. La figure de ces cristaux varie suivant la plus ou moins grande concentration de la lessive, et selon les conditions du refroidissement. Une lessive évaporée jusqu'à pellicule, et refroidie d'après les principes de la cristallisation, à fourni à l'auteur, des cristaux formés de pyramides à quatre foces, dont le sommet était extrêmement aigu, et dont la base était recouverte de cristaux figurés en losanges. Ces cristaux, soumis an contact de l'air, en attirent un peu l'humidité.

Lorsqu'on a obtenu, après plusieurs évaporau'ons et cristallisations , tout le carbonate que la lessive tenait en dissolution; l'eau mère peut encore' subir une calcination avec la tannée, et fournir par cette opération, une nouvelle quantité de cristaux de carbonate de potasse. Enfin, comme il arrive que la liqueur finit par être plus surchargée de sels étrangers que de potasse^ on peut la faire évaporer jusqu'à siccité, et destiner ce résidu à la fabrication du nitrate de potasse. La partie théorique de cette opération est d'accord avec ce que l'oa ceaiiali sur les phénomènes de la décomposition de l'eau; en etfet, lorsque le mélangea acquis assez de chaleur pour que l'eau qu'il retient encore puisse se décomposer, il se forme abondamment de l'acide carbonique par la combinaison immédiate de l'oxigène de l'eau avec le carbonate ; c'est dans cette circonstance que la potasse se sature d'acide carbonique qui, au moment de sa formation, se trouve en contact avec chaque molécule d'alcali. Pendant ce temps il se dégage beaucoup d'hydrogène que l'on voit rûler autour de la jointure du. couvercle du creuset. {Annales des arts et'manufaett^ res, an XI, tom. XIII/ page 25fc.)

POT

DCCTIONNAIKE

POT

Procédé économique pour obtenir en grand la potasse fondue. — Découterte de M, Èouil* ton^Lagrange^ dont le procédé consiste à prendre plusieurs baquets en bois blanc , et mieux en pierre calcaire, dont les dimensions peuvent varier, suivant la quan^ tité que Ton en veut préparer. Ceux établis pour l'Ecole polytechnique sont en pierre, d*un pied cube intérieurement, le fond cannelé; les cannelures d*un pouce de profondeur et autant de large, espacéesde manière qu*il y en ait à peu près cinq ou six parallèles, et venant se rendre d*un côté dans une pareille qui les traverse toutes, et qui sert de gouttière pour rassembler toutes les eaux. Au milieu de cette dernière, on perce un trou pour y mettre un tube de verre qui doit sortir obliquement sous un angle de 45* à l'horizon. Les cannelures sont recouvertes de tubes de verre, rangés transversalement, sur lesquels on place une toile de manière qu*elle les recouvre sans laisser de jour; alors on la saupoudre d'un petit lit de cendres, et Ton y place ensuite [e mélange dont nous allons parler. Au défaut de baquets de pierre, on peut opérer en se servant de petits baquets en bois blanc, et l'on remplace les cannelures en mettant au fond du sable de rivière, qu'il faut avoir soin de bien laver; on en lyoute par dessus une autre couche mais plus Un, et Ton recouvre le tout d*une toile saupoudrée de cendres ; il faut aussi, comme •ux autres, y ajouter un tube pour laisser couler la liqueur qui se filtre. Les choses ainsi disposées, on prend deux parties égales de chaux vive et de potasse', surtout lorsque la chaux est bien caustique ; dans le cas contraire, on prend 20 parties de chaux sur 15 de potaise, on met de Teau dans une marmite de 1er; on la fait chauffer, de manière qu'elle soit près de l'ébullition ; alors on ajoute lu chauix qui, par son extinction, la porte h cet état; lorsqu'elle est éteinte, on y mêle la potasse, et on forme du tout une bouillie épaisse qu'on laisse un peu refroidir. On verse ensuite le mélange dans les baquets, que Ton recouvre d'eau sur le champ; et pour éviter en la jetant sur la matière qu'elle ne fasse des trous, on y place une petite planche qui s'élève nvec l'eau. Il faut avoir soin de placer des cruches et autres vases pour recevoir la liqueur qui s'écoule par le tube, et, pour que la lessive n'absorbe pas l'acide carbonique contenu dans l'atmosphère ; on doit boucher légèrement les vases, de manière à empêcher la circulation de Tair extérieur. Il est aussi nécessaire de tenir toujours de Teau sur le mélange, et on cesse de la recueillil* lorsqu'elle sort insipide par Ib tube. Lés liqueurs qu'on obtient sont, jusqu'à la fm h peu près au même degré, car elles s'affaiblissent tout d'un coup, ce qui évite (l'abord des liqueurs faibles. Pour évaporer les eaux, on peut se servir de Uiaruiites de fer. On commence par les derrières, qui sont un peu plus faibles, pour éviter de tenir les plus fortes longtemps

en contact avec Tair, et l'on emploi^) une forte ébullition. Lorsqu'elle est codcentrée jusqu'à un certain point , le sulfate de potasse se cristallise et se précipite. On peut aisément le recueillir en uiaçaut au lond de la marmite une cuiller de fer creuse, dans laquelle le sel vient se rendre de lui-même, f^ forte ébullition est nécessaire pour tenir éloigné Tair atiuos-

f)hérique, et à la fin elle sert h transporter e sulfate de potasse dans la cuiller. Si Ton veut obtenir la pierre à cautère, on verse la liqueur rapprochée dans une plus petite marmite, on achève ensuite de Yenporerjusqu*au point qu'en la coulant sur une plaque de fer ou de marbre, elle se fige.

Si pour les expériences délicates de la chimie, on veut obtenir cet alcali plus par, au lieu de se servir de potasse on peut employer l'acidule tartareux, ou la crème de tartre, que l'on fait calciner; ou bien on peut encore purifier la potasse fondue dont nous venons de parler, par l'alcool, à la manière de Berthollet. Dans ce cas on fait évaporer la lessive en consistance de sirop épais dans une bassine d^argent, et mieux dans des vaisseaux fermés ; alors on dissout cette matière dans l'alcool, la potasse seule s'y combine ; les sulfate et muriate de potasse, les portions de terre et même d*acldd carbonique qu'elle retient opiniâtrement, ou qu^elle a repris dans Tair pendant Tévaj)oration, restent au fond de la dissolution. Si l'on a versé l'alcool sur la matière encore chaude, et si l'on n'a pas em[)loyé une plus grande quantité de ce réactif qu il n>n faut pour dissoudre la potasse, elle se cristallise en refroidissant, en larmes blanches qui ont quelquefois plusieurs pouces de long; si l'on veut séparer la potasse de Talcool, et l'avoir à part à l'état de siccité, il faut faire évaporer la dissolution dans une bassine d'argent, et non dans un vase de verre ; car souvent la potasse dissout une portion de silice qui en altère la pureté. [Annales de chimie^ tome XXII, p. 157).

Conversion de la potasse en métal — Découverte de Af. Curaudau — Ce chimiste, qui depuis longtemps s'occupait de la décomposition des alcalis, qu'il n*a jamais regardés comme des corps simples, s'est empressé de répéter l'expérience d'après laquelle on avait annoncé que la potasse et la soude peuvent être converties en métal par le moyen du fer. Mais M. Curaudau ayant, comme beaucoup d'autres, obtenu des résultats peusatisfaisanls, a fait, de son côté, des recherches sur le même objet; ce qui l'a conduit à trouver un procédé à la faveur duquel on peut métalliser la potasse et la soude sans le secours du fer; procédé qu'il a corarnuniqué à l'Institut de France, et qui consiste h mêler exactement auatre parties de charbon végétal ou animal avec trois parties de carbonate de potasse ou de soude s<^cbée au feu sans avoir été fondue ; il dispose ensuite le tout avec une suffisante quantité d'huile de lin, pour que le mélange ne cessa

Stt

POT

INES fNmnWNS.

POT

ptf d*étre poWéralent. Ce composé, soumis à Tactioii da fea dans une eornoe de grès oa dans on toyan de fer» produil le I mêlai. Pour Je recoeiilir, on inIrodoU, dans le vide do vase, one tige de fer bien décapé, et, pour quelle n'ait pas le temps de roogir, on la retire an bout de quatre k rinq secondes, alors elle est toute couverte de métal, qu'on enlève en plongeant la tiçe de fer dans nue eucurbite de verre remplie d*essence de térébenthine. On continue ainsi UDt qu'il se produit du métal. Pour le sucées de celte opération, il faut l'action d'un fea de forge, car ce n'est qu'à la chaleur da fer fondant que la production du métal « lieu. Aussi les cornues fondent-elles soof eoc avant qu'on ait obtenu le métal, ce qui bit que M. Curaudau préfère les tuvaux de fer aux cornues de grès. Quant k I opinion de ee chimiste sur la nature de ce composé, il ne croit pas que la métallisation des alcalis soit due à leurdésoxjgénation; il pense, lu contraire, que ce composé n'est autre djose qu'une combinaison de l'alcali avec de rbydrogène ; mais qui , suivant lui , s'y tniure très-condensé. (Annales de chimie. 1808, i.LXVy p. 97.)

ifif. Gay-tAUioe et Thénard. — Aussitôt qo'oo a connu en France les expériences qie M. Bavj a faites sur la potasse et la foade au moyen de la pile vol laïque, les auteurs se sont empressés de les répéter; mais, quoiqu'ils les aient trouvées exactps, ils n'en ont point tiré les mêmes conséqoenr^s que ce célèbre chimiste. M. D^vj a coDcln de ces expériences que les alcalis étaient formés d'oxygène et d'une substance méiallique très- inflammable , tandis que Uy. Gay-Lussac et Thénard en ont conclu qu*on n'avait pas plus de raisons, pour adnielire la composition ûes alcalis, que pour les regarder comme des corps simples. En effet, on pourrait supposer que les métaux la'on en nuire ne sont que des combinai- M)ns de ces alcalis avec l'hydrogène. Cette hypothèse expliquait même, an moins aussi bien que la première, le petit nombre de faiu connus alors; ou si quelques-uns liaient plus favorables à Tune, on |K>UTait en citer de plus favorables à l'autre, par conséquent ni Tune ni l'autre ne devait être préférée, et ce n'était que d'après des expériences multipliées qu'on pouvait faire un rtioix. Mais la quantité de métal quon se procare par la pile est si petite que, faute (i*aQtres moyens de s'en procurer, on serait resté longtemps flottant entre ces deux hylK)thèses, quoique certains que Tune d'elles éîait vraie. 11 était donc vivement à désirer <]u*on découvrit un procédé au moyen duquel on pût en obtenir abondamment et fa- 'Hemenl, et t'est ce que MM.Gay-Lussac et Thénanl ont découvert, et qu'ils ont fait ''•noaitre à Tlnstitut. S'étant ainsi mis 'J3ns le cas de résoudre la question , ils nont cessé de s'en occuper depuis cette e oqoe; enfin, après avoir communiqué à I Institut différents résultats plus ou moins l*<*»orables è Tune ou à lautre de ces hypo-

thèses, ils lui en ont présenté de nouveaux* qui semblent lever tous doutes et qui prouvent que les alcalis ne sont réellement que des combinaisons des alcalis avec l'hydrogène. Nous allons donner un extrait de leurs recherches, et rapporter le procédé qu'ils suivent pour pré|iarer les métaux de tapotasse et delasonde. On prend un canon deiusil trèspropre dans son intérieur, on en courbe la partie moyenne et l'un Afts bouts , de manière à le rendre parallèle à l'autre; on couvre cette partie moyenne d'un lut infusible, et on la remplit de limaille de fer, ou mieux de tournure de fer bien pure ; puis on dispose ce tube en l'inclinant sur un fourneau à réverbère, ensuite on met de l'alcali bien pur dans le bout supérieur» et on adapte une allonge bien sèche, portant un tube bien sec lui-même au bout inférieur. Les proportions de fer et d'alcali qu on emploie sont trois parties du premier et deux parties du second , mais on peut les faire varier. L'appareil ainsi disposé, on fait rougir fortement le canon du fusil en excitant la combustion, au moyen d'un soufflet de forge ou d'un tuyau de t61e , qui dé* termine une plus vive aspiration. Lorsque le tube est extrêmement rouge, on fond peu à peu l'alcali, qui , par ce moyen, est mis successivement en contact avec le fer» et converti presque entièrement en métal. Dans cette opération, il se dégage, en même temps que le métal se volatise, l>eauconp de gaz hydrogène qui quelquefois est trèsnébiileux, et qui provient de l'eau que contient l'alcali. On est môme averti que l'opération touche à sa fin, quand le dégagement du gaz cesse ; alors on retire du feu le canon, qui n'a nullement souffert, si les luts ont bien tenu, et qui, au contraire, est fondu, si les luts se s<mt détachés ; on le laisse refroidir, et on coupe l'extrémité inférieure de l'endroit où elle sortait du fourneau; c'est dans cette extrémité inférieure, et en partie dans l'allonge qu'on trouve le métal ; on t'en retire en le détachant avec une tige de fer tranchante, en le recevant* soit dans les naphtes, soit dans une petite éprouvette bien sèche. Pour l'obtenir plus pur encore, on le passe au travers d'un nouet de linge dans la napbte même, à Taitie d'une température et d'une compression convenables. Le métal ainsi préparé est pur; il ne contrent ni fer ni alcali, et peut se conserver dans Thuile indéfiniment. Il faut bien se garder d'employer du charbon ou des matières qui en contiennent pour retirer ces métaux des alcalis, car alors ils en retiendraient une plus ou moius grande quantité, et jouiraient de propriété» trèsvariables. C'est surtout le métal de la potasse que MM. Gay-Lussac et Thénard ont étudié : aussi ne sera-t-il ici question que de ses propriétés. Ce métal a un éclat métallique semblable à celui du plomb; ou peut le pétrir entre les doigts comme de la cire, et le couper plus facitemeut que lo phosphore le plus pur : sa |)esantenr spécifique est de 874, celle de l'eau étant lOW.

POT

Page 1