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DES INVENTMmS.
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sable dans TextrAoïe exagéralioo de ses récits. Il but bien le reconnaître en effet, le Seu grégeois qui avait exercé de grands ravages dans Torigine» et quand on l^mployaît à incendier les navires ou à détruire les travaux de défense des cités , était peu redoutable dans les combats corps à corps. Ce irétait à vrai dire qu'une sorte aépou vantail. Eminemment propre à incendier des barques» de petits bâtiments , des tours de bois, des (Kilissades » objets très-combustibles » il était moins redoutable pour les hommes que le fer des lances ou Tacier desépées. Dans toutes les chroniques qui parlent du feu grégeois pendant les croisades , il n*est pas dit une seule fois, selon H. Lalaone, qu*on doive lui attribuer la mort d'un homme. Comme on le voit dans les récits de Joinville, Guillaume de Bron en reçoit un pot ^r son bouclier, saint Louis eut la cuUUre de êon ch^ rai toute remplie , Guy Halvoisin en est tout couvert , sans qu'il en résulte pour aucun <J*eux quelque accident sérieux. On voit d'àr«rès cela dans quelles erreurs sont tombés les historiens, qui, sur les récits de Joiovilie, uot si démesurément çrossi les effets du feu grégeois; et combien il y avait loin de c&s fcogecliles qui , laneis à la face de tetmemi H leur brûtani la barbe^ leur faitaient prendre la fuite (1) , à ce feu qui, selon Lebeau, dé^ Tpraii de$ bataillon$ entiers. H. Lalanne fait remarouer avec raison que si les effets du feu gr^eois eussent été aussi puissants (]ue le disent les écrivains modernes, ils auraient indubitablement opéré une révolution dans l'art de la guerre. Or, il n'en est rien, et tous Ic^s ouvrages originaux de cette époque montrent que le feu grégeois était loin d'avoir fait abandonner les projectiles même les plus grossiers en usage ae toute antiquité. Ainsi rempereur Léon ordonne de lancer sur les navires ennemis de la poix enflammée , des serpents, des scorpions et autres bëtes venimeuses « et des pots pleins de chaux vive « qui, en se brisant , répandent une épaisse « fumée dont la vapeur suffoque et enve- « loppe d'obscurité les ennemis. »
« C'est ici le lieu de relever une autre erreur accréditée par tous les historiens; nous voulons parler de la prétendue inextingui-' bilité du feu grégeois. Au dire de tous nos auteurs , l'eau était impuissante à éleindre l'incendie allumé par ce feu ; le vinaigre, le sable ou l'urine pouvaient seuls arrêter ses ravages. Ce préjugé existait en effet chez les chrétiens, mais ce n'était que le résultat de la terreur ^ue leur inspiraient les effets des mélanges incendiaires. Les écrivains de l'él>oaue ne fout nulle part mention de ce fait, t:l 1 examen le moins attentif des textes ori- {dnaux aurait suffi pour le réduire à sa juste valeur. 11 y avait dans l'armée des croisés des estaigneurSf pour éteindre l'incendie allaroé par les feux des Arabes; c'est ce #|u*indiaue ioinville dans ce passage : Fut estaint le feu par ung homme que noue avions propre a ce faire» Il dit en jiarlant de Guy
Halvoisin : Une fois fust que a grani peine ta lui peurent estaindre sesgensAls}onieàiUents^ que le feu grégeois ne leur fit aucun mal ^ parce qu'il tomba dans le fleuve. Mais ua autre texte tranche la question d'une manière bien plus concluante encore. Cinname, r triant d'une chasse donnée par des Grec& un navire vénitien, s'exprime ainsi : « Les « Grecs le poursuivirent jusqu'à Abydos et « s'efforcèrent de le brûler en lançant lo feu « mède ; mais les Vénitiens, accoutumés à « son usage, naviguèrent en toute sécurité, c ayant recouvert et entouré leur navire « d étoffes de laine imbibées de vinaigre. r Aussi les Grecs s'en retournèrent - ils « sans avoir pu rien faire ni atteindre leur « but : car le feu lancé de trop loin , ou n€( m parvenait pas jusqu'au bâtiment, ou, attei-f « gnant les étoffes, était repoussé et s'âetc gnait en tombant dans Veau (1).»
€ Ces textes , empruntés au mémoire de M. Lalanne, prouvent que le feu grégeois n'était nullement , comme on l'a tnujourai prétendu, à l'abri des atteintes de l'eau. On a vu d'ailleurs , à propos des brûlots employés chez les Byzantins , que le feu grégeois destiné i incendier les navires n'était préservé de; l'action de l'eau que par l'artifice de l'appareil qui le tenait suspendu à la surface de la mer et hors de l'atteinte des vagues. Il ne faudrait cependant pas conclure de là que dans certaines limites le feu grégeois ne pût résister à l'action de l'eau. La Erésence du sal[>6tre, qui fournissait au méinge incendiaire assez d'oxygène nour que sa combustion pût se passer de l'oxygenq atmosphérique, pouvait lui permettre de brûler pendant quelque temps hors du contact de I air. Plusieurs de nos pièces d'artifice de guerre peuvent de la même manière brûler quelque temps sous l'eau, et tous nos canonniers savent qu*ils ne peuvent empêcher leur lance à feu de brûler autrement qu'en la coupant. Si, pour l'éteindre, ils mettaient le pied sur la partie qui flambe. Us brûleraient leur soulier sans y parvenir. Mais il y a loin de cet effet momentané à tout ce qu'ont écrit les historiens sur ce feu c que l'eau nourrissait au lieu de l'éteindre. », € Naissance de la poudre à canon au xjv* siècle. — Ses premiers usages. — Inventioj\ des bouches à feu. — Ici canons employés pour la première fois à Florence en 1325. — Leur usage répandu chez les différentes nations de l'Europe. — Berthold Schwariz perfectionne, lafabrtcationdes bouches à feu. — Ûemierspro" gris de V artillerie.— Nous arrivons à l'époaue où les compositions incendiaires des Aral»es subissent la transformation qui doit produira la poudre à canon des temps modernes. Ce n'est qu'au xiv' siècle que fut observée d'une manière positive la force de projection des poudressalpétrées. Les Arabes a valent appris des Chinois à mélanger le salpêtre au cbérbon et au soufre. Cei»endant cette espèce de |)Oudre ne pouvait produire encore tous \e% effets de lexplosiou ; elle fu^aii, mais ne dé-
fi) Aoae Conunèoe, Alexiade, liv. sm, p. 285. (1) Cionainas p. 1^'
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DlCTfONiNAIRE
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tenait pas; on ne remplo|rait que pour rendre plus vive la combustion (fes mélanges Micendiaîres, ou tout au plus pour servir aamorce. Le salpêtre dont leÉ Arabes faisaient usage était en effet assez impur; il renfer» mait plusieurs autres sels, et particulièrement du se) marin : or, la présîence de ces sel^ étrangers non combiistible:! avait pour résultat de retarder rinflammatiofi des mélanges incendidres; dès lors i\i né pouvaient que fuser, c'èst-à-dire que leur coarbu^tion", au lieu de se faire brusquement et sur foute la massé à la fois, ne se propageait que lentement et de place en place. Mali au xiv* siècle lé progrés des arts cbimiques chez les Arabes permit de mieux purifier le salpêtre et de le débarrasser des matières étrangères non combustibles; ce sel put dès ce moment provoquer tous les phénomènes de l'explosion et Ton put appliquer sa puissance de projection à lancer au loin des projectiles. « Une grande incertitude vivait régné jus^
3u*ici sur l'époque où Ton vit se réaliser la écouverte des propriétés explosives de la {)oudre, et sur la contrée qui fut là i>remière e Ihéfttre de cette observation capitale qui devait peser d'un si gr^nd poids dans les destinées du monde. D'après es documents nouveaux récemment mis en lumière par MM. Reinaud et Favé, c'est aux Arabes qu'appartiendrait l'honneur de cette découverte. Ces savants auteurs ont trouvé dans un manuscrit arabe de la bibliothèque de Saint-Pétersbourg, qui remonte au xrr' siècle, la description de certaines armes à feu extrêmement imparfaites, et qui, en raison de cette imperfection même, semblent marquer les débuts de la découverle-et de l'ap-» plication de la force explosive de la poudre. Voici un passage de ce manuscrit dans lequel Il s'agit évidemment d'une manière de lancer un projectile au moyen de la poudre k canon:
« Defcription de ladrogue à introduire data € hê tnadfàa^ avec ta proportion: — baroud, < dix; charbon, deux drachmes ; soufre, une c drachme etdemie.Tule réduiras en poudre « fine et tu rempliras un tiers du madfaa ; « tu n'en mettras pas davantage, de peur « qu'il ne crève. Pour cela» tu feras faire par « le tourneur, un madfaa de bois, qui sera « pour la grandeur en rapport avec sa bou- « che; tu y pousseras la drogue avec force; « tu y ajoutera^, soit le bondoc, soit là flè- « che, et tu mettras le feu à l'amorce. La me- « sure du madfaa sera en rapport avec le « trou; s'il était plus profond que l'embouc chure n'est large, ce serait on défaut. Gare « aui tireurs 1 fais bien attention. »
« Dans ce passage, l'instrument qui reçoit la poudre est appelé madfaa ; c'est le nom gui sert quelquefois, chez les Arabes, à désigner le fusil. La poudre est composée de dix parties de salpêtre, de deux parties de eharbon, et d'une partie et demie de soufre. On ne remplit de poudre que le tiers du madfaa, de peur qu'il ne crève. Par-dessus la poudre, on mettait un bondoc, c'est-à-dire une aveline, ou bien une tlècbe. Les figures
qui sont jointes au telte représentent, seloa MM. Reinaud et Favé, un cylindre assez court porté sur un long manche qui fait suite h son axe. Cet instrument ressemble beau* coup aux massues incendiaires connues sous le nom de ma»sut$ à asperger.
« Voici un second passage du mairascrit de Saint-Pétersbourg contenant la description d'une arme à feu analogue à la précédente: « Deseripiion dCune lance de laquelle, qwmi « tu te trouverai en face de F ennemi^ Itipottr- « rdê faire sortir une fiiche qui ira se planff /erdonssapot/nne.— Tu prendras unelaoca « que tu creuseras dans se longueur, ï une « étendue de quatre doigts près; tu foreras « cette lance avec une forte tarière, et ta y « ménageras un madfaa ; tu disposeras aussi « un pousse-flèche eu rapport avec la la^ V geur de l'ôuvertofre; le madfaa sera de fer. « Ensuite tu perceras sur le côté de la lance « un petit trou ; tu perceras également un « trou dans le madfaa ; puis td prendras u£ « fil de soie brute que tu attacheras au trou « du madfaa; tu le feras entrer par le trou « qui est sur le cAté de lir lance. Tu te prok cureras, pour cette lance, utie pointe per- « cée à son éômmet, de manière que, lors* « que tu tirerai» le madfaa pousse fortemeui « la flèchêt par là force de Timpulsion que « tu auras communiquée; le madfaa mar- « chera avec le fit, mais le fil retiendra le « madfaa, de manière à l'empêcher de sor- « tir de la lAuce avee là flèche. Quand tu « monteras à cheval, ainsi armé, tu auras «soin de te munir d'un trouss^uio: c'est < afin que la flèche ne sorte pas de la lance. > « Il s'agit ici, selob MM. Reinaud et Faîé d'une lance disposée de telle manière qu« lorsqu'on était en face de l'ennemi, il en sortait un tréiit qui allait lui percer le sein. Peur cela on logeait dans lel lance uu madfaa de fer, qui recevait la poudre. Une flèche, dont la grosseur était proportionnée à rouvèrtare était introduite ' dans le creux de la lance, pour en sortir au moment favorable. Lesins^ truments dont la description est rapportée dans ces deux passages du manuscrit arabe représentent donc des armes à feu imparfaites, et paraissent former la transition entre les instruments purement incendiaires employés chez les Grecs et les Arabes d'Afrique au XIII* siècle, et les armes à feu proprement dites, dans lesquelles |on met k f Profit la forcede projection de la poudre pour ancer au loin ues projectiles meurtriers. Ces premières armés à feu étaient destinées à agir de très-près et presque par surprise, car celte espèce de lance ne pouvait projeter qu'à une très-faible distance, en raison de 1 impureté de la poudre, Tavelioe, la Dècbe ou le projectile quelconque qu'elle contenait, ft L'opinion de MM. Reinjmd et Favé, qui attribuent aux Arabes la découverte de la propriété explosive des poudres salpétrées» s'appuie donc sur des faiis«très-aeceplables» Ce qui peut d'ailleurs la confirmer, selon nous, *c'est l'état avancé des arts chimiques chez cotte nation. Pendant le moyen agt'» TEspagne, occupée et régie par les Arabes,
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