‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 145 sur 209 · POV · texte numérisé non relu

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lois

Miit dtrTenue le foyer le plus brillanl des lettres el des arts; les sciences chimiques i) (roufaient parliculièremenl en honneur. U découverte des propriétés eitpk>siYes de j poudre n'est que ia conséquence de ia poriûcation du salpêtre par les procédés chimiques ; il est aonc probable que c'est w\ Arabes que doit revenir l'honneur de :eii6 observation importante. La poudre vei^arée au xit* sidcie était eilrèmement bifiarfaite. On Tobtenail sous forme de l^ussier, état qui lui enlève une grande ^riie de sa force ; en outre, le salpêtre qui mail à sa fabrication était fort impur. Celte ^odre, qui ne donnait lieu qu'à une explodoo assez lente» n'aurait donc pu imprimer m projectiles une vitesse assez grasM pour iercer les cuirasses et les armures métalli- ]Bes eu u^age à cette époque^ Aussi durant fiiv' siècle les projectiles tancés par les «Qcbes à feu ne furent que très-rareiâent ilngés contre les hommes. La poudre servit orioutà lancer de grosses pierres qui» par flir chute, écrasaient les editices et ruiitient les défenses extérieures des places. Ufut le premier emploi des bouches à kl, qui prirent le nom de bombarde$ ou kontàfeu. Mais les bombardes ne furent u destinées seulement à lancer de lourds ftjectiles contre les travaux de défense des ilbassiéfsées, elles servirent encore à jeter

renuemi le feu grégeois et les composibii3 incendiaires. On nous permettra d'insier sur ce point particulier; il iionsfourm Toccasion de diontrer que Tusage et le ecrel du feu grégeois n'ont aucunement été «nias, comme on l'entend dire tous les Mrs. £o effet, la découverte de la poudre canon ne fit pas complètement abandon- «f remploi des mélanges incendiaires ; on tt conserva comme un moyen d'attaque ilile en plus d'une circonstance. Les Euro* ifens- eux -mêmes finirent par en faire usge, et tous ces phénomènes de combuston qui avaient paru si effrayants anx Oc- ^eotaux du vin* au xiu* siècle leur étaient <ltTeuus plus tard d'un usage familier.

«Il est souvent question du feu grégeois ^ les chroniques de Froissart. En racon- Uo( le siège du chêteau de Romorantin par •e prioce de Galles, cet historien dit en paritAt des Anglais:

«Si ordonnèrent a apporter canons atant ' ^t a traire carreaux et feu grégeois dedans ' It basse cour : car si cil feu s'y voiiloit éprendre, il pourroit bien tant multiplier "juil se bouteroit au toit des couvertures «des tours du cbAtel... Adonc fut le feu ap- * [Hirté avant, et trait par bombardes et par «tenons en la basse cour, et si prit et mul* 'tiplia tellement que toutes ardirent (1). »

« Le nom du fèu grégeois se retrouve chez l'icsque tous les auteurs de pyrotechnie du ^^1* siècle, et on Ut dans les ouvrages de <«Ue époque la description détaillée des di« vers instruments à feu en usage en Europe

Ij) ChroiHtftê d$ Ffétnan^ t. 1, p. 357

éJlt.

vers le xV et le xti* siècle. Voici, pjar exem-

|)ie, suivant un de ces écrivains; Biringuccio, a manière de faire les lances à feu. »

« Moyen de faire langues a feu pour getier « ou il vous plaira atiaehéei à la pointe des « lances.-- Vout la deffense d'une forteresse, « ou pouf dresser une escarmouche de nuit, «ou pour assaillir un camp, c'est chose « utile d'attacher à 1^ pointe des lances dés « gens de cheval. ef( strr la cime des piques « des gens de pie, certains canons de papier « posez dans autres de bois longs de demi* « brasse. Lesquels vous remplirez de grosse c poudre avec laquelle vous meslerez pièce < de feu grégeois ^ de soufre, grains de sel «t commun, lames de fer, voilée brisé et « arsenic cristallin. Et le tout pousserez ^ dedans à force, et après a^oir nris quelque « chose au devant, tournerez l'issue du feu «contre toz ennemis. Lesquels resteront « effrayez au possible, appercevant une lancgue de feu excédant en longueur deux € brasses, faisant un bruit épouvantable. Et «peut cesie façon de langue grandement « servira ceux qui veuillent faire profession « des armes sur la mer (1). »

« Coi&me le remarquent MM. Reinaud et Favé,' on voit que c'est bien là Tartdes anciens Arabes : l'effet des instruments est le même, leur disposition toute semblable; seulement Timagination n'ajoutant plus à la crainte que ces armes inspiraient, leur usage se borne à des circonstances rares et exceptionnelles.

« Les écrivains de cette époque signalent quelques actions de guerre dans lesquelles on eut recours à ces moyens. Daniel Davelourt, dans sa Briefve insiruetion sur le faiei de l'artillerie en France^ imprimée en 1597, parle de l'usage que l'on fit du feu grégeois au siège de Pise.

c Toute chose seiche et qui btusie faciclément, multipliant le feu par quelque « propre et intérieufe nature, se peut met- « tre a composition du feu : comme sont, € soulphre. Salpêtre, poudre à canon, huile « de lin, de pétrole et de térébenthine, poix « résine, éamphre, chaux rite , sel ammo- « niac, tif argent et autres telles matières « dont on a accoustumè de faire trompes» tpots, cercles, langues, piques, laùces a «feux, et autres feux artificiels propres à « refroidir l'ardeur de ceux qui vont les plus « hardis assaillir une bresche.

« Comme l'on cogneut au Siège de Pise, « où les Florentins, soubs la conduite de « Paul Vitelir, ayant fait la brèche ftison- « uable, et les Pisans se réparant par dedans « avec fossés et terrasses, encore adioute- «retit-ils les feux grégeois et artificiels, «avec lesquels ils empescberent que les « Florentins ne peurent exécuter leur des- « sein. Les soldats de Véronne attendant « l'assaut des François , dressèrent pots de « feu artificiels et autres fricassées, qui leur

(!) Vanoccio BirlAguecio, La F$roteckme iraduita de rualien par Jacques Vincent. Pari», 157S, ful.o

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«donnoient aux Qancs ei par derrière les « remparts. »

« Zanlfliet affirme dans ses Chroniques que le feu grégeois était usité en Hollande en 1420. Il fut encore employé en 1453 au siège de Constantioople par Mahomet II.

Les assiégés et les assiégeants en faisaient usage chacun «de leur côté. L*historien PhranlzèSy cité par M. Lalanne, rapporte qu'un Allemand nommé Jean, très-habile à manier le feu grégeois, et qui dirigeait la défense de la ville, se servait de ce feu pour faire sauter des mines. Ainsi en ikSS les compositions incendiaires étaient encore employées concurremment avec Tartillerie, et Ton avait trouvé le moyen d'en tirer un parti nouve^iu en l'appliquant à l'art des mines. On peut donc établir, en s'appuyant eiclusivomeut sur des données historiques, que le secret du feu grégeois n'a jamais été perdu. Ainsi les bouches à feu furent employées dans l'origine pour lancer des pierr res contre les remparts extérieurs des cités» et aussi pour jeter le feu grégeois. Gepen<- <iant à mesure que la préparation de la poudre à canon se perfectionna, et que les projectiles purent recevoir une vitesse suffisante pour percer les armures métalliques, ce dernier usage se perdit, et le nom même du feu grégeois finit par s'oublier. C'est alors seulement que les bouches à feu commencèrent à jouer un rdle important dans les armées. . Suivons rapidement leurs progrès dans les diverses contrées de l'Europe. Fresque tous les peuples ont revendiqué à leur tour le contestable honneur d'avoir les

Ï premiers fait usage du canon. Ce point trèsongtemps débattu est maintenant éclairci d'une manière satisfaisante. D'après l'historien espagnol Conde, Jes Arabes auraient les premiers employé le canon en Europe, Assiégés en 1259 à Niebla, en Espagne, par les populations dont ils avaient envahi le territoire, ils se défendirent en lançant des pierres et des dards avec dea machines et des * traits de tonnerre avec feu. Le même historien rapporte aussi un exemple de l'usage du canon en Espagne en 1323, lorsque le roi de Grenade, ayant mis le siège devant fiaza» se servit contre la ville : de machines et engins gui lançaient des globes de feu avec grand tonnerre»

« Cependant comme il n'existe aucun ouvrage technique qui puisse venir en aide h ces textes trop peu explicites, il est difficile de savoir si les machines à feu dont parle rhistorien espagnol étaient véritablement des canons, ou si ce n'étaient pas simplement des batistes, des mangonneaux ou des machines à fronde, depuis si longtemps employés chez les Arabes pour lancer des matières combustibles et des carcasses incendiaires, qui, préalablement remplies de feu grégeois, s'enflammaient avec une violente explosion (1). Les termes dont se sert

(1) Ces machines k rronde en uiage pendioi loui le inojfen âge dans la guerre de sièges avaient une force de prnjeciiou ircs-eoosidérable. Les a&siô-

l'auteur ne permettent pas de prononcer. Espérons que quelques documents encore enfouis dans les archives espagnoles viendront un jour jeter la lumière sur cette question, l'une des plus curieuses et des plus controversées de l'histoire de rartillerie. En l'absence de textes plus positifs, la priorité de l'emploi du canon ne saurait être contestée à l'Italie. Dans son Histoire des sciences mathématiques en Italie^ M. Libri rapporte une pièce autbeniique de la république de Florence, datée du 11 février 1325, qui constate que les prieurs^ le g<mfalonier et les douze bons hommes ont la faculté de nommer deux officiers cburgés de faire fabriquer des boulets de fer et des canons de métal pour la défense des châleaui et des villages appartenant à la république de Florence. Cette pièce suffit évidemment pour établir l'existence des bouches è fea en Italie dès l'année 1325. A partir de l'année 1326, les historiens italiens' mentionnent assez souvent l'emploi des armes à feu. ^ous nous bornerons à citer l'attaque de Cividale en 1331. (1).

« L'usage de la poudre à canon s*est introduit de très-bonne heure en France.

L'histoire a constaté son emploi en 13&9 au siège d% Puy-Guillem, et pendant la même année au siège de Cambrai par Edouard UL Elle a également établi la fabrication de canons k Cahors en 13WS, ainsi que l'usage à la même époque des boulets et des balles de plomb. Les Anglais n'ont adopté qu*aprè$ nous la poudre à canon (2) : ilsont cependant sur tous les peuples de l'Europe l'avantage d'avoir les premiers employé l'artillerie en rase campagne. On sait Tusage funeste qu'ils en firent contre nous & la iournée de Crécy, le 26 août 13M. Selon la Chronique de Saint- Denis, le TOi Philippe de France venant à rencontre des Anglais, ceux-ci « tirèrent « trois canons, d*ou il arriva que les arl>a- « létriers génois qui étaient en première ligna « tournèrent le dos et cessèrent le combat. > L'historien Villani ajoute que les Anglais lançaient de petites balles de fer pour ef* frayer les chevaux : « Le roi d'Angleterre « ordonna à ses archers dont il n'avait » pas grand nombre, de faire en sorte avec

geauts lançaient anssi dans les villes des pierres énormes qui, tombanl sous an angle élevé » écrasaient les maisons et les édifiées. On lança sséfl* par ce moyen les prisonniers fsïisk reoneaiL

(4) Lacabane, Biblhtkèqtu de VÊeoU des charta, 2* série, t.I«', p. 35.

(2) C*esi un écrivain anglais qui a le prenier pnh pagé Topinion, si répandoe et si Inexicte , d^prés laquelle Roger Bacon est regardé comoM iloTcnteur de la poudre à canon. Plnt, dans aon osvrafe, The natural hittory of Oxford^ aUriboe à sob ooapatriote Thonneur de ceue découverte^ diaprés e» fait que personne n'aurait parlé de la poudre avtti Roger Bacon. Or tout ce que dit en plnsieurs endroits de son livre , au tujet des effets esplosifs de la poudre, Tauteur de rOpiu majus, est évideiwMkt emprunté et presque copié de lV>uvrage de Marcs». On voit sur quels fondemenU repose une opinian qui a joui c^endant de tant de crédit dep«is irais siècles.

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