‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 147 sur 209 · FOU · texte numérisé non relu

FOU

rer son sUeneet il lui accorda une pension cQBSHlérable et la décoration de Saint-Micbel.Itapré est mort sans a?nir trahi son se* crei; mais Cbalvet avance une atrocité inu-^ tilelorsgu'il prétend que Topin ion commune leeusa Louis XV d'avoir précipité sa mortt Selon M. Coste» un artinder nommé Torré aurait retrouvé sous le ministère du duc d'Aiguillon nu secret analogue à celui de Dopré. « Le secret du leu grégeois, dit I M. Costa» a été retrouvé en France, soim

• le ministère du duc d'Aiguillon , par

• 00 roelteur en œuvre qui ne le chercbaît I certainement pas et qui travaillait au t Havre à des pierres de composition. Mou

• témoignage a cet égard est irrécusable,

• carc*esttnoi oui ai rédigé le Mémaire am

• cottfet/, .par lequel cet honnête artiste

• faisait hommage au roi de sa funeste' « découverte, lui demandait aes ordres, et i offrait d'enférn>er dans un canon de bois «qu'on seul homme pouvait porter sept ( eentft flèches remplies de sa composition, t lesquelles s'enflammeraient, éclateraient ( et mettraient le feu en tombant. Cet appai reil et le canon de bois qui devait porter le »feu gréais à huit cents toises étaient de fTioTenlion de l'artificier Torré {1|. » roiUefois cette idée n'a Jamais eu de suite, elle nom de l'artiOcier Torré est aujourd'hui complètement inconnu. Il en a été autrement 4«rinvenlion du mécanicien-Chevallier, sur hqtielle la fin tragique de son auteur appela linéique temps l^ttentron du public. Cbe* ailier, ingénieur et mécanicien h Paris, «yait réussi à préparer des «fusées incendiaires qui brûlaient dans ^reau, et dont relTet était,. dit-^on, aussi sûr que terrible. Les expériences pyrotechniques , iaites le 30norembre 1797 à Meudon et à Vinoennes, w présenced'ofQciers généraux de la marine, et reprises à Brest le 20 mers suivant , iDODirèrant que ces fusées, qui avaient quelques rapports avec nos fusées à la ^rève, reproduisaient une partie des ^eis que Ton rapporte communément au ^ grégeois. Chevallier s'occupait k perfec- ^ooner m^$ compositions incendiaires lorsi|ui! périt victime d'une fatale méprise l'olitique. Bapuis le commencement de la 'eToiution, il s'était -fait remarquer par l^llaition de aes idées républicaines ; en ■y^f il avait d^è été arrêté comme agent u on complot jacobin et mis en liberté à la 'aile de Tamnistie de l'an IV. En 1800, monzé è la police ombrageuse de l'époque ^^ODo s'occupant, dans un but suspect, de posées ioeendiaires et de préparation d'artij^9}\ fut emprisonné sous la prévention ••«^oir voulu attenter aux jours du premier ^tttl. Cette affaire ne pouvait avoir aucune ^^ trieuse, et Chevallier s'apprêtait è wur de prison, lorsque, par une fatale comcideooe, arriva l'explosion de la machine «ieroale. Chevallier n^givait eu évidemment «ucuoe relation avec les auteurs de cet

horrible complot ; cependant il ftit traduit quelques jours après devant un conseil de guerre, condamné à mort, et fusillé Je même jour è Vincennes.

« Les essais entrepris par Berthoilet en 1788 pour remplacer le salpêtre de notre poudre à canon par le chlorate de potasse ont un caractère scientifique sérieux et sont plus connus que les faits précédents. £n étudiant les combinaisons oxygénées du chlore, Berthoilet avait découvert les ohlo-' rates, genre de sels des plus femarquablea par leurs propriétés chimiques. Les chlorates* sont des composés qui se détruisent avec une facilité extraordinaire, et comme ils renferment une très*grande quantité d'oxy* gène, celte prompte décomposition fait de cette classe de sels un des agents de com« bustion les plus actifs que Ton possède en chimie. Le chlorate de potasse mélangé avec du soufre, avec du charbon ou du phosphore, constitue un mélange tellement combustible que le choc du marteau suffit pour le faire détoner. Aussi , quand on triture rapidement dans un mortier do bronze gn mélange de chlorate de potasse, de soufre et .de charbon, il se produit des détonations successives qui imitent des ' coups de fouet et Ton voit s'élancer hors du vase des flamn^s pouges ou purpuriues.

Ces fiiits, observés par Berthoilet, mirent dans la pensée de ce chimiste le projet de substituer au salpêtre le chlorate de potasse, dans notre poudre è canon, l^^s essais qu'il entreprit dans cette vue amenèrent les résultats les plus avantageux en apparence ; un mélange oien intime de soufre, de charbon et de chlorate de potasse dans les proportions ^habituelles de la poudre, présentait une forée explosive d'une énergie extrême, et qui L'emportait à ce point sur la f)Oudre ordinaire, que les projectiles étaient lancés à une distance triple. Vncouragé par ce fait, Berthoilet demanda au gouvernement Tautorisation.de l'aire préparer une assez grande quantité de la nouvelle poudre pour servir à des .expériences plus étendues. La poudrerie d'£ssonnes fut mise à sa disposition, mais l'entreprise eut une bien triste fin ; une explosion terrible détruisit la fabrique et coûta la vie à plusieurs personnes. Voici ' quelques détails positifs sur ce malheureux événement.

« M. Letort, directeur de la manufacture d'Essonnes, était plein de confiance dans le succès des expériences de 'Berthoilet et dans l'avenir de la poudre nouvelle ; il assurait qu'elle n'offrirait aucun danger dans son maniement et qu'elle se comporterait en tous points comme la poudre au salpêtre. Le jour oit devait commencer la fabrication, il invita Berthoilet h dîner, et au sortir de table on descendit 4aos les ateliers. Le mélange se faisait comme à l'ordinaire, dans des mortiers avec des . pilons de bois et par rintermédiaire de l'eau afin d'éviter le déve* loppement de chaleur provoqué par les

^^^^»»imr.d€fféunduiê dicou9€rie$ nanutia^ frottements. M. Letort prétendit que l'addi* ' ' tion de l'eaa était superflue et que l'on

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aurait pu tout aussi bieu fiiiré le môlançeà sec. Pour le ppouver^ il s'approcha de Pua des mortiers et du fooat de sa canne il se mit à triturer une petite motte de poudre qui s'était desséchée sur ses bords. Aussitôt une détonation épouvantable se fit entendre, la maison fut à moitié renversée ei l'on fêlera parmi les décombres 4e cada?re du directeur* celui de sa fille et les corps de quatre ouvriers; Berthollet fut préservé comme par miracle. Cependant on avait attaché tant d*importance à l'emploi de la poudre au chlorate de potasse, que cet événement terrible ne porta point tous ses fruits. Quatre années après, le gouvernement autorisa de nouveaux essais. Au milieu des guerres de la république il était diiUcile de renoncer à Fespoir de posséder un agent d'une si merveilleuse puissance. On multiplia les précautions indiquées en pareil cas ; mais tout fut inutile , une nou* velle explosion fit sauter la fabrique et tua trois ouvriers : on n'a plus songé depuis cette époque à recommencer de si funestes essais. D'ailleurs, on sait aujourd'hui que la poudre au chlorate de potasse n'a que des dangers et n'offre point d'avantages. Elle est si détonante que le mouvement seul d'une voilure peut déterminer son explosion. Toutes les substances qui, comme le chlorate de potasse, détonent par le simple choc, donnent en effet des poudres briâonieêf dont l'action brusque et instantanée, s'exer-

f:ant à la fois contre le projectile et contre es parois intérieures du canon, provoque presque toujours la rupture des armes. »-«

Voy. POUDRB FCLMUiAMTE.

POCDKË-COTON (1). — € Les perfectionnements apportés à la fabrication et aux divers emplois de la poudre à canon n'ont marché qu'avec une lenteur extrême ; il a fallu quatre siècles pour amener cet art à sa situation présente. Aussi l'histoire de la poudre au point de vue scientifique ne présente que de rares épisodes, et pour arriver au seul fait important qui l'ait signalée depuis, il faut arriver sans intermédiaire à répoque actuelle. Dans les derniers mois de 18«6, les iournaux commencèrent à s'occuper d'une découverte des plus singulières. Un chimiste de Bftle avait, disait-on, trouvé le moyen de transformer le coton en une substance jouissant de toutes les propriétés de la poudre. On avait fait à BAIe aes expériences publiques qui ne pouvaient laisser aucune place au doute : avec une petite boulette de coton, offrant l'aspect orainaire, on avait cbai^édes armes et obtenu ainsi tous les effets explosifsde la poudre. On prêtait à celte substance nouvelle des propriétés merveilleuses r

(1) Ici encore, dans Pintérèt de nos lecieors, noDS ii*avons pu mieux faire que de puiser, dans Feicelleiii ouviage de M. Figuier, ce qui concerue 1 invenlion de la poudre-ctiton, qui a débuté avec taat d*éclat et oui, depuis, semble avoir beaucoup déchu dans roplnlon, ce qui, soit dit en paisani, ne prouve pas que la poudre-coton ne soit destinée a U même vogue, si ce n*eflt plgs, que celle dont jpuH la poudre ordinmre.

elle pouvait impunément être plongée àm l'eau et y séjourner Très-longtemps ; séchéê, elle reprenait ses propriétés primitJTes! elle brûlait sans fumée , elle ne noircissait pas les armes , enfin elle avait une force de ressort trois ou quatre fois supérieure i celle de la poudre ordinaire. En matière de science , les dires des journaux politiques ne sont pas articles de foi ; cette annonce ne trouva d abord qu'un médiocre crMit. Ce* pendant le public fut contraint de prendre cette découverte au sérieux , quand on la vit franchir le seuil de l'Académie des sciences et passer tout d'un coup du journal à la tri* bune de l'Institut. Dans la séance du 5 o^ tobre 18^6 , H. Dumas donna lecture à TA* cadémie, d'une lettre de M. Schônbeio, auteur de l'invention annoncée. M. Schônbeia exposait dans sa lettre les caractères deceUe substance nouvelle qu'il nommait poudre^o* tan (schiesvolle); il précisait ses effets, iodiquait les avantages particuliers de son emploi et donnait la mesure exacte de sa force msrtique; M. Schônbein disait tout; il n'oubliait qu'un point, c'était d'indiquer le procédé aa moyen duquel il obtenait ce curieux produit; il se réservait, pour en retirer na Ïrofit personnel , la possession de ce secret. e me souviens de l'impression que produisit la lecture de la lettre de M. Scnônbeia sur l'auditoire savant qui se presse aux séances de l'Académie. Quand on fut uoe fois bien certain de l'existence du fait ; lorsqu'on apprit, à n'en plus douter, que le corps dont il était question n'était autre chose que du coton a- peine modifié dans son aspect ordinaire , tous les gens du métier, tous les chimistes qui se trouvaient là devinèrent aussitôt le secret de l'inventeur. Au sortir de la séance , tout le monde avait compris que le nouvel agent n'était probablement autre chose qu'une modification ou une forme particulière de la xyloldine^ composé bien connu des chimistes, qui s'obtient en plongeant dans de l'adde azotique (eauforte) des matières ligneuses telles que dn bois , du papier ou du coton. Dès le lendemain tous les laboratoires de Paris se mirent en demeure de vérifier cette conjecture, et au bout de huit jours, on avait trouvé que pour préparer le coton-poudre, il suffit de plonger pendant quelq^ues minutes du colon non cardé dans de l'acide azotique très-concentré. Le secret de l'inventeur était devenn le secret de Paris. Gomment se fait-il qu'une découverte si soigneusement tenue cachée par son auteur ait pu être ainsi surprise et divulguée en quelques jours? Cest ce que l'on comprendra sans peine d'après ïbisr toire de la xvloidine.

« £n 1832, M. Braconnot, chimiste de Nanc^, découvrit que si Ton traite l'amidoo par 1 acide azotique très-concentré, l'amidon entre en dissolution, et que si Ton qouifl alors de l'eau au mélange, il se précipite aussitôt un produit blanc pulvéruleni, qu'd désigna sous le nom de ayloidine. Entre au* très caractères, M. Bracoiinol reconnut! te composé la propriété de brûler avec uoa

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DES INVCNTIONS.

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cerUîoe adivilé. M. Braconnot ne soumit point à ranflljse le produit nouveau qu'il âTsit iécoateri , il se contenta d'eu étudier les caractères. En cela, il était fidèle à un sjstème qu'il semble avoir adopté. En effet, M. BraeouDOt a fiiit en chimie organique des découvertes fondamentales , et toujours il s'est abstenu de leur appliquer le sceau de l'analyse élémentaire. C'est lui qui a trouvé le moyen de changer en sucre le bois et l'amidon par l'action de l'acide sulfariqoe, fait d'une nouveauté et d'une portée immenses et qui est loin encore n'avoir dôooé tout ce qu'il promet à l'avenir des études chimiques. Il a découvert lapedîn^, ce curieux composé qui se retrouve partout dios le monde v^élal et dont les transforw Bâtions , quand elles seront étudiées d'une miDJère sérieuse « jetteront les plus utiles lomières sur les phénomènes intimes de la Tie des plantes. Or, dans tous ces cas , M. Braconnot s'est passé du secours de Taluljrse organique ; il est arrivé à ces belles otervations avec les seuls moyens de recherches que nous possédions il y a cinquante ans. Homme heureux I il a vu sortir et ses mains fécondes des découvertes d'une portée inattendue, et jamais il n'emprunta à la science du jour ses instruments ambilieui. Avait*il deviné que ce moyen si vanté de l'analyse orsanique tiendrait si mal , en lia de compte , les promesses de son début? Arait-ii compris à t'avance , qu'au lieu d'éicrer l'édifice tant annoncé de la chimie oqpnique, il n'aboutirait nu'à jeter cette saence naissante dans le dédale inextricable où elle s'^sre de nos joursT C'est ce que nous n'essayerons pas de résoudre. Toujours esl-il que M. Braconnot ne fit point i'aiialyse élémentaire du produit nouveau 4a*il avait trouvé , et qu'il laissa à d'autres le soin et Thonueur de compléter son travail.

« Le cUaiiste qui a repris et terminé l'é- Iode de la xyloidioe est M. Pelouze, savant bien connu par la précision de ses travaux et la prudence de S9S vues. En 1838, M. Pelooze publia sur la xyloîdine un de ces mé- Bwires corrects et achevés comme on les aime k l'Institut. Il fit le nombre voulu d'à* naljses organiques, fixa le poids atomiaue de ce composé et établit sa formule, conformément aux principes en honneur h l'Académie. Mais, ce qui valait mieux encore, il fit une olMervation entièrement neuve et de laquelle la découverte de la poudre-coton devait néeessairement sortir. Il trouva que la xyloîdine peut se produire avec d'autres substances que l'amidon, et que si l'on piong^ pendant quelques minutes du papier, des tissus de coton ou du lin, dans l'acide aiotique concentré, ces matièc^ se chantât ausaitAt en xyloîdine et deviennent extrêmement combustibles. Cependant M. Petome ne met aucun détour à convenir que la pensée ne lui vint pas d'employer dans les armes à fea,en guisede poudre, le coton ainsi traité. Tant simple soit-elle , cette idée ne se présenta pasà sonespritiCtsa gloire, nous le

croyons, n'y perdra pas grand chose. Il entrevit néanmoins et il annonça qne ces substances « seraient susceptitâes de qnel- « oues applications , particulièrement dans « I artillene. » Il remit même à un capitaine d'artillerie, M. Haqoien, un échantillon dh cette matière, en le priant d'examiner si Ton ne pourrait pas en tirer quelque parti. Mais dans l'intervalle, M. Haquien vint à mourir et M. Pelouze ne songea pas davantage à cette affaire.

« La xyloîdine était donc à peu près ou-bliée, et restait seulement au noml>re des

Sroduits intéressants de laboratoire, lorsque (. SchônblBin , professeur de chimie à Baie, ayant eu à préparer de la xyloîdine, se servit pour cette opération de coton non cardé et constata avec beaucoup de surprise que la xvloldine ainsi obtenue jouissait d'une combustibilité extraordinaire; une boulette de ce coton azotique s'enflammait avec au» tant de vivacité et de promptitude qu'un amas de poudre. De l'observation de ce fait, à l'idée d'employer le coton azotique dans les armes en remplacement de la pondre, il n'y avait ou'un pas ; de cette idée à son exécution,il n vavaitqu'un geste ; M. 8ch5nbein prit un fusil, fit le geste nécessaire et la poudre-coton fut découverte. C'est ainsi que cet enlant de la chimie, perdu sur les nves de la Seine, fut heureusement retrouvé dans un canton de la Suisse allemande et produit aussitôt dans le monde, par le savant honorable qui s'en était fait le parrain. « La découverte de la poudre-coton fut accueillie avec une faveur sans exemple. Aucune invention scientifigue n'a occupé à ce point l'attention du puolic; pendant un mots on ne paria pas d'autre chose et jamais i>n n'avait entendu dans les salons et dans les cercles s'agiter tant de savantes que^ tions. Cet empressement contrastait beaucoup, d'ailleurs, avec- l'accueil fait h la dé« couverte nouvelle par les savants spéciaux sur la matière. Ceux-ci n'avaient qu'un mépris superbe pour cette poudre de salon. Il existe au ministère de la guerre un comité chargé d'étudier toutes les questions nouvelles qui intéressent l'artillerie. J'ignore comment ce comité remplit habituellement sa tâche ; mais il est certain qu'il prit dans cette circonstance une singulière attitude. En principe, il était rempli d'un dédain suprême pour les personnes qui avaient la prétention de traiter des questions pareilles sans toutes les notions indispensables du métier, et quand on parlait de la poudrecoton 'au Comité d'artillerie, le Comité d'artillerie haussait les épaules. Le colonel Piobert et le colonel Morin , qui représentent à l'Institut l'artillerie savante, arrivaient tous les lundis à l'Académie avec les notes les plus accablantes pour cette innocente invention, qui n'avait eu d'autre tort que de naître et de grandir loin de la sphère de l'administration officielle. Ils goormandaient l'ignorance et la crédulité du public, ils nous renvoyaient dédaigneusement aux vieilles expériences de Réaumur et de Rnmfort'

1031 POU MCnONKAIRE

Enfin, ils faisaient eut*méBnes des essais

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a?ec des produits mal préparés, et apport taieiit à 1 Académie leurs résultats négatifs avec un très-visible sentiment de bonheur. Je n*ai jamais bien coo^ris quel genre de satisfaction ces messieurs pouvaient ressentir alors. Les Comptes renaus de VAeadtmie ont môme imprime une note précieuse sou^ ce rapport, et que je recommande d'une manière spéciale a fauteur futur du livre qui reste à faire sur les encouragements ae^ cordés aux décowoertes nouvelles^ Voici le passage le plus curieux de lanote dellH. Piobert et Morio.

c Malçré le vague des renseignements < transmis jusqu'à ce jour sur les effets de « la poudre de coton, ou coton azoté, ainsi « que le désigne M- Pelouze, auq^uel on doit « fa connaissance de cette matière vague « qui ferait môme douter de ses propriétés « balistiques s rartillerie n'en a pas moins « étudié cette /substance. Les essais qui ont « été exécutés ont montré que ce coton, « contrairement à ce qui avait été annoncé, « donnait ordinairement un résida formé « d'eau et de charbon ; que sa combustion « ne donnait pas lieu à un très-grand déve- « loppement ae chaleur, qu'elle produisait 9 peu de gaz, à tel point qu'il s'échappait « quelquefois en totalité par la lumière et « par le .veni du projectile sans le déplacer;

2ue le volume des charges les plus faibles tait en général très-considérable et excé* « dait celui qu'il est convenable d'aifecterà « la charge des armes à feu. » Les auteurs concluent que cette singulière mbstanee ne parait nullement ipropre i remplacer la poudre à canon (1).

« Ainsi , selon MM. Piobert et Morin, la

{)Oudre-coton n'avait aucune force explosive, es gaz s'échappaient par la lumière et par le vent du projectile sans le déplacer. Or, on sait aujourd'hui gue l'inconvénient du colpn*poudre n'est point son défaut de force explosive, mais tout au contraire, une puis<sance de ressort tellement considérable, qu'il est difficile de la contenir et de la ré*

gilariser pour son emploi dans les armes, ne autre ckcon3tance curieuse de l'histoire de la pQudre ,da cotodci, c'est la résistance obstinée que «mit M. Schônbein à avouer sa défaite, tout le monde préparait du cotonpoudre, la iabrication de ce produit existait déjà sur une échelle assez étendue, on discutait les frais probables de l'opération industrielle, M. SchOnbein persistait encore à tenir son .nrocé«1é secret. Le 13 novembre 1846, A ^écrivait de Bflle la lettre suivante au journal le Times :

« Des chimistes ont déclaré que mon « fulmircoton (ou coton-poudre) était la même « chose que la x jloïdine de Braconnot et de « Peloujie, et l'autre jour, la môme opinion a « ét^i exprimée dans 1 Académie française des « sciences. J'ai plus d'une raison de nier « l!Qiactitude de cette assertion. La déclara-

(I) Compies rendus de C Académie des scieHces,

im, il' smmu^ p. Ml.

« tioQ d'un très-simple fiiit sufiira pour prou « ver ce que j'avance. La xyloîdine deP^ « louze est, conformément aux déclaraiions « de ce chimiste distingué, fi^cileoeol sola- « ble diuis l'acide acétique formant avec ce « dernier une sorte de vernis. Cet acide « n'a pas la moindre action sur le co- « ton-poudre, quelque longtemps et à quelc que température que les deux subsUDces « soient tenues en contact l'une avec Taulre. « Le coton-poudre montre tout son Tolome € et sa force d'explosion,* après avoir été « traité par cet acide pendant des heures « entières. Il existe en outre d'autres di{- « férences entre mon coton et la xyloidine « de Pelouze. Je les ferai connaître eo iempi c utile. ji

« Mais on laissait dire le pauvre iAvenleur qui voyait son secret lui échapper et ne sa* vait pas en prendre son parti. Heureusement pour les intérêts de M. Scboubeiiii l'Allemagae a lait de cette question mt affaire d'amoui^propre national. M. fioeltger, de Fraocfort-sur-le-Mein, qui avait Tua des premiers pénétré le secret de M. Schôubeio, s'était associé à lui pour son exploitatioa. La Diète germanique, afin de ooDstater les droits du pays à cette découverte, a aocordé, comme récompense aux deux associés, une somme de aeo.OOOfrancs. Dès lors M. ScboDbein a pu parler. Jl va sans dire que ce

2u'il nous a appris sur son procédé est pariitement conforme à tout ce que l'oo arait annoncé et écrit depuis six mois. »

« Propriétés et effets explosifs ducoton^oih dre. — Comparai$oinde,ses^eisetdttMxii la poudre ordinaire, tt- Ses avantagei à tu dangers. — Son aivenir. — Aoplieationt diverses du coton^oudre» — Comme toutes les .inventions sérieuses, la poudre-cotoo a eu ses partisans et ses déteaeteurs passioonés. Une connaissance imparfaite ded effets généraux des matières explosives avait fait nattre des espérances exagérée, les préventions et la routine ont provoqué une résistance aveugle. II est fort difficile de se prononcer aujourd'hui entre des assertions contradictoires, dans lesquelles, de part et d'autre, la vérité ne se montre que par ua bout. Aussi, dans le public et parmi lessa* vanl3f cègne-t-il encore une très-graode incertitude sur la. valeur réelle de la poudr^ colon et sur les avantages ou les iDCoarénients de son emploi dans les armes. Oo avait attaché d'abord beaucoup d'importance à cette question, et dès l'origioe ae la de couverte,, une commission, composée d'ingénieurs, de membres de l'institut etd'offîciefs supérieurs d'artillerie, fut instituée poor rétudier d'une manière approfondie; le duc de Montpensier, qui avait particulièrement pris l'entreprise à. cœur, eut une «part retire À ses premiers tnavaux. Par malheur, rempressement et la promptitude sont, coma» on le sait, les moindres défauts deseofflflu^ sions officielles; depuis cette époque lei^uvernemeut etle pubiioattendetit inuiiieioeoi l'arrêt définitif de la commission du ooto»* poudre. Comme il serait éndemtatui f£

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DBS UlVILVnO!IS

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pea long d'attendre le bon plaisir de nos saTants ofliciets, nons allons essajer de fa»re eoDoaltre Tétat présent de cette qnes-* tion; il nous saffira* pour cela, d'établir d'une manière précise* d'après les faits eoniius jnsqn^à ce rooroeott les avantages et les ineouTéoients principaux que prâente le rotoD-poadre relatifement à son emploi dans les armes à feu. Toutefois disons d'abord on mot du procédé qui sert è obtenir ce produit. Le rolon-poudre se prépare avec une simplicité et une promptitude extraordinaires. Toute Topération conûste à plonser du coton non cardé dans de l^adoe azotique très<X)ncentré. Seolemeiit, comme Tacide azotique très-concentré est on prodoit assez cher, on a eu Tidée d'employer l'adde ordinaire du commerce en j ajoutant de l'acide solfurique. Ce dernier,

2oi est extrêmement avide d'eau, s'empare e Feau excédante de lacide azotique et le cooeratre ainsi à peu de frais. Les meilleures proportions de ce mélange ont été indi* qnées par M. Mejnier, de Marseille; elles sont de trois volumes d'acide azotique pour eùHM volumes d'acide sulforique à66 deg^. Oo lait donc le mélange de ces deux acides et on Fabandonne qoelqoe temps à loi-même poor laisser dissiper la chaleur que ce mélange a dégagée, (hi plonge ensuite dans le liquide le coton non cardé, tel qo'on le trouve dans le commerce. Après douze à c]uinze minâtes de séjour dans ce bain, on retire le colon avec one baguette de verre ; oo le comprime poor faire ^oler l'acide eo «xcès, et on le lave à grande eao, jusqu'à ce qo'il n'ait plus ni odeur ni saveur. Il ne reste plos qo*à le sécher en l'exposant à l'air libre, à la température ordinaire. Cent parties de coton donnent ordinairement cent s^iiiante-deuze parties de coton fulmifimnU Le papier traité de la même manière fournit on produit identique par ses propriétés avec le précédent.

c Le pyroxyle^ tel est le nom scientifique récenunment imposé au coton-poudre et aux substances analogues, est on produit émioeounent et essentiellement combostil>le ; une étincelle l'enflamme, le choc d*un lourd marteau sulfit <]uelqoefoispoor le faire détoner. On s'explique aisément cet effet quand on eoooait sa coinposilion chimique. Le pyroxjle est en effet one combinaison de la matière organique qui constitue le coteo avec les éléments de l'acide azotique. Le coton et les matières végétales delà même espèce sont déjà des corps assez combustibles par eux-mêmes ; en brûlant, ils donnent naissance à des produits gazéiformes, l'acide carboniqoe et la vapeor d eau. Mais le coton

Cnr ne renferme pas assez d'oxjgène |ioor nller complètement; il reste toujours, oooune on le sait, après sa combustion on résida de charbon assez abondant. Dans le pjrox/le, ao contraire, Facide azotique combiné ao coton fournit à celoi-ci toot i'oxjgène nécessaire à sa combustion complète 9 et comme d'ailleurs lacide azoti(;[ue »o se décomposant donne lui-même nais-

DicnoM. DIS iNvirnoTis. II.

sance à des prodoits gazeox, il résulte de ces deox effets réonîs qoe le pyrox^ It* en brûlant se transforme totalement en floidea élastiques. Ce composé réunit donc toutes les conditions nécessaires ponr constituer one pondre explosive, one matière solide seréaoisant instantanément en gaz. Noos donnerons une idée de la masse énorme de gaz gui se forme dans cette circonstance en disant que, d'après des expériences di* rectes, un volume de coton-poudre 'produit en brûlant huit mille volumes de 91Z. On comprend d'après cela la possibilité de coih sacrer ce produit remarquable aux usages ordinaires de la poudre à canon.

c Les avantages que présente le 'pvroxjle dans l'S armes à feu sont faciles à résumer. La poudre-coton n'est pas altérée par Feau; on peut Fabaodonner longtemps a l'air hu« mide sans qu'elle perde sensiblement de sa force explosive; on peot la plonçer dans Feao et ry laisser séjourner; on lui rend en la séchant ses qualités ordinaires. Ainsi dans un cas d'incendie à bord d'un navire oo dans les bâtiments d'un arsenal, 00 pourrait nojer les poudres, et les retrouver ensuite avec leurs propriétés respectives. Le pyroxyle n'attaque pas, ne salit pas les armes qui, après quarante coops, sont aussi propres qu'auparavant ; il ne laisse point, eomme on l'avait dit, les armes humides, par suite de la production d'eau qui accompagne sa combustion : la chaleur produite est si considérable, que tous les produits volatils sont chassés du canon. Le coton-poodre brûle sans fumée et sans odeur. On a déjk tiré fMirli de cette propriété sur plusieurs théâtres de l'Allemagne, oii l'on en fait usage pour les pièces à combat, à la grande satisfiction du public, des acteurs, et surtout des chanteurs. Dans les armées, cette propriété du pyroxyle aurait à la fois des inconvé* nients et des avantages; la fumée de la poudre ne masquant plus les hommes, la justesse du tir serait assurée; mais d'un aotre côté les batailles en deviendraient bien plus meurtrières. J'ai entendo des marins orétendre qu'à bord des navires, Fusage de la poudre-coton rendrait les combats entièrement impossibles, attendu qu'au bout d'une heure d'engagement, les deux vaisseaux ennemis seraient, chacun de son cAté« mis en pièces. La fabrication du pjroxyle ne présente aocon danger sérieox. Les accidents Soi ont été signalés aux premières époques e la découverte tenaient uniquement à ce qoe FoD desséchait la matière à l'aide de la chaleur. Or, comme il n'y a aucune espèce d'avantage à sécher le cotoo-iioudre en élevant sa température, et qoen élevant sa température on s'expose à amener son explosion, on se contente aujourd'hui de le sécher dans on cooran t d'air, àla tempera tore ordinaire. Grâce à cette précaution bien simple, la préparation du pjroxyle est beaucoop moinsdangereuse que celle de la pondre ordi* naire. Le p vroxy le présente en outre dans sa fabrication I avantanBd'one rapidité excessive;

une semaine suffirait pour approvisionner

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DlCTIONiNAIRE

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de munitions unearméedeceot mille hommes. ^ les mines a paru d'abord présenter uni c Quant au prix de revient, il résulte des t: convénient particulier : sa combustioDs' données fournies en 1849 par M. Meynier, v compagne de la formation de gaz oi^de de Marseille, que la poudre-coton pourrait ' carboné, et la présence de ce gazestdoubi s'obtenir à un prix qui n'est pas extrême- ment fâcheuse en ce ^u'îJ est vénéneux ment supérieur à celui de la poudre ordi-

naire. D*après les résultats d'une fabrication exécutée sur une grande échelle, M. Meynier offre au gouvernement de lui fournir, avec bénéBce pour le fabricant , du coton-poudre h cinq francs le kilogramme. La poudre de guerre revient dans les poudreries nationales à un franc trente-cinq centimes le kilogramme; mais comme le pyroxjle produit dans les armes un effet explosif triple de celui de la poudre, et que par conséquent, pour obtenir un résultat donné il faut eml»loyer trois fois moins de pvroxyle que de poudre, on voit que le prix de revient de la poudre s'établit ainsi comparativement à quatre francs le kilogramme. Dans l'état actuel des choses, il n'y aurait donc qu'une différence de un franc entre les deux matières, différence considérable sans doute, mais qui probablement, à la suite d'une fabrication longue et régulière, finirait par s'effacer. Nous venons d'avancer que l'effet explosif du pyroxyle est triple de celui de la poudre. Tel est en effet assez sensiblement le rapport qu'ont fourni les expériences comparatives exécutées jusqu'à ce moment sur ces deux substances. M. le capitaine Suzanne et M. de Mézières, élève-commissaire des poudres et salpêtres, ont établi que cinq grammes de poudre-coton produisent sur une balle de fusil le même effet que treize à quatorze gramme» de poudre a mousquet ordinaire. Ces expériences variées et étendues par MM. Piobert et Morin ont donné à peu près les mêmes résultats. Le pyroxyle olfre sous le rapport de l'économie des avantages incontestables pour les travaux des mines. MM. Combes et Flandin ont trouvé en effet qu'il produit un effet cinq à six fois plus considérable que la poudre ordinaire des mines dans le tirage de la plupart des roches (1). L'emploi de la poudre-colon dans

(4) Il est certain, d'après ce résultat, que lorsque le goavemeroent voudra remplacer la poudre de mine par le pyroxyle, il pourra réaliser sur ses dépenses une économie de plus de trois millions par an. C'est ^ce qu*il est facile d*éuiblir. On consomme diaque année en France, trés-approximativemeni, trois millions de kilogrammes de poudre de mine. Celle poudre, bien qu'elle ne coûte en frais de fabrication que un jfranc vingt centimes le kilogramme, revient cependant à TEtat , au moment où elle arrive aux mains do consommateur , à très-peu de chose prés, ce que celui-ci la paye , c^est-à-dire à deux francs. C*ett donc sensiblement six millions que coAie ceiie |»oadre. En se fondant sur la donnée rapportée plus haut lelativemeiit à la force explosive du pyroxyle (et celle évaluation est plutôt atténuée qoVxagéree), il ne faudrait que six cent mille kilogrammes de pyroxyle pour produire le même effet que les trois millions de kilogrammes de poudre de mine. Or, ces hix ceni mille kilogrammes de pyroxyle reviendraient :tu plus, à TEiat, a dejx millions quatre cent mille francs. JU y aurait donc pour le gouvernement on bé- BéQce de trois millions six cent mille francs.

inflammable. Mais M. Combes a trouvé qu ajoutant au pyroxyle 8 à 10 pour 101) de pôlre, on s'oppose à la production du oxyde de carbone, qui se trouve brûlé l'oxygène du salpêtre et changé en aci carbonique. La force explosive du pyrou en est d'ailleurs notablement accnie, car présente dès lors une puissance sept à lu lois plus considérable, à poids égal, que poudre de mine. Tels sont les avantagée q se rattachent è l'emploi du cotoo-poudi^ venons maintenant au côté inverse de question. Les inconvénients que préscn 1 usage du pyroxyle peuvent se résumer e deux mots : sa force explosive est trop cor sidérable; sa conservation est difficile; et ce deux inconvénients ont chacun une grarif qu'il est impossible de méconnaître. Pou qu'une poudre puisse s'employer aree nm entière sécurité dans les armes, il fau qu'elle ne brûle pas trop vite. Quelle qo soit, d'une manière relative, la rapidité 4 l'inflammation de la poudre dont nous tn| sons communément usage, il. est fade pendant de montrer par l'expérience q pendant sa combustion, sa masse eDlière s'embrase point à la fois, mais que toujrioi elle brûle de place en place, etpouraio dire couche par couche. Il résulte de là qi les gaz qui proviennent de cette combs tion ne sont pas brusquement et instanlan ment formés, mais qu'au contraire ils pra nent naissance d'une manière graduelle successive. Dés lors tout leur eifet se po^ sur le projectile et n'exerce sur les parois ( l'arme aucune action destructive. Tel n*e pas malheureusement le mode de combu^ùo du coton-poudre. Comme ce n'est [«as ii simple mélange de matières inflaainiable mais une véritable combinaison, lepjrox}! s'embrase tout entier dans un es[»ce d temps presque indivisible, et cette eices>if rapidité d'inflammation, qui fait sa s\iM rite comme agent balistique, constitue H cisément ses dangers. Avec des cbargêsorj dinaires, son usage n'offre aucun incoQ^^ nient, mais si l'on dépasse les limites oécf^ saires pour une arme donnée, il peutarnr^' que l'arme éclate entre les mains ou qa'^-î^ soulfre au bout de peu de temps des dé^rjdations considérables. Au mois de jflo*^^' 1849, M. Morin a communiqué à l'Acadéfiiie des sciences des faits dont la portée 5oa^<<j^ rapport semble très- sérieuse. 11 a parle Jf fusils de munition et de bouches à feuœi^^ hors de service par des charges de col'" poudre qui ne dépassaient pas de beauccj^' les limites ordinaires.^ L'auteur de ces eip riences a trop de crédit en pareille inaiif'!^ pour que son témoignage puisse èlJii^ testé; on peut cependant faire obserm àf^| égard que Berzélius, dans le 'dernier de ^<^^ Rapports annuels , en parlant du colon-p^"' dre, assure qu'en Suède et en Aogltt»^^*

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DES INVENYtONS.

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il D*a occasionné aacan accident sérieux. Les laits signalés par M. Morin paraissent donc réclamer un eiamen nouveau, et quand la commission du coton-poudre vouara bien nous communiquer ses conclusions définitiTes« elle aura résolu une question dont la solution prompte «et entière touche à des intérêts bien divers.

m La difficulté de conserver le pyroxyle est un fait grave et nouveau sur lequel M. Maurej, directeur de la poudrerie du Bouchet, a récemment appelé Vattention des savants.

I^ pyroxyle semble jusqu'à ce moment un produit peu stable, ses éléments paraissent avoir une tendance particulière è sedésassocier; de là des altérations diverses et un commencement de décomposition dans les produits conservés un certain temps. D'après M. Maurey, la poudre-coton placée dans un lieu bien sec, et tenue dans des barils fermés à Tabri de Taction de Tair* présente néanmoins, au bout de huit à dix mois, des signes d'altération. La masse s'est humectée, eMe répand une odeur vive et piquante; elle s>st ramollie et quelquefois presque réduite en pâte. Cette décomposition peut s'accomra^er d'un dégagement de chaleur, et s'il arrive qup la masse en travail soit considérable, réchauffement peut aller au point de provoquer son inflammation. Telle est probatilement, selon M. Maurey, la cause de Texplosion arrivée à Vinceones le 25 mars 1817 et le 2 août de la même année.

m C'est sans doute un fait du même genre qui a amené la catastrophe arrivée Te 17 juillet 1848, h la poudrerie du Bouchet. On avait préparé au Bouchet seize cents kilogrammes de poudre-coton , et quatre ouvriers étaient occupés à renfermer dans des barils, lorsque sans cause connue le magasin sauta. Les désastres furent effroyables. Les quatre ouvriers occupés à emmagasiner le coton- poudre furent tués, trois autres blessés. Le bâtiment, dont les murs avaient, les uns un mètre, et les antres cinquante cenlîmètre$d'épaisseur,futdétruit defonden comble; il se forma à sa place une excavation «le sé-ize mètresdediamèlresurquatre de proff»ndeur. Toutes lesdonelles et tous les cercle« des barils où le pyroxyle était eufermé avaient entièrement disparu, comme s'ils faussent été volatilisés. Toutes les pièces de bois de la construction étaient brisées. Cent foixante-qualre arbres situés aux environs étaient ou complètement emportés ou coupés, les uns ras de terre, les autres à di- Terses hauteurs; les plus voisins étaient déptjuillés de leur écorce etdivisés jusqu'aux racines en longs filaments. Jusqu'à trois cents mètres environ on retrouva une ligne de matériaux placés par ordre de densité , les pièces de bois le plus près, ensuite les pierres, enfin plus loin les débris de fer.

« Nous avons scrupuleusement et impartialement exposé les inconvénients et les avantages qui se rattachent à l'emploi du eoton-poudre. Quelle conclusion tirer de ces faits? Faut-il croire que cette découverte, accaeiUie à son origine avec tant d'admira-

tion et d'enthousiasme, soit destinée à s'en- . sevelir bientôt dans l'oubli T Faut-il penser qu'après avoir éveillé tant d'espérances, elle n'aura créé pour nous que des dangers sans nous laisser quelques avantages en échange? Cette question, grave et complexe, impose nécessairement une extrême reserve. Il nous semble cependant que, même dans l'état présent des choses, le pyroxyle présente une série d'avantages de nature à mériter l'attention. Une poudre absolument inattaquable par l'eau, de propriétés et de comfiosition constantes, qui ne souille ni la main ni les vêtements, ni les armes ; trois fois plus légère à transporter que l'ancienne poudre, puisqu'elle est trois fois plus puissante, susceptible de subir sans la moindre altération les voyages par mer; une poudre qu'on peut inonder dans un arsenal ou dans la cale d'un navire, et retrouver plus tard intacte : voilà assurément un produit oui l'emporte sous bien des rapports sur I ancienne poudre, qui souille les mains, qui noircit les armes, que l'air humide altère , que Feau détruit sans retour. La supériorité du coton-poudre pour l'usage des mines et le tirage des rochers parait d ores et déjà àpeu près établie. En 1847, le duc de Hontpensier et le gênérai Turgot de Lanoye, directeur des poudres et salpêtres, avaient formé le projet d'établir plusieurs ateliers de fabrication de pyroxyle pour le tirage des roches ; la révolution de Février est venue retarder l'exécution de ce projet qui, nous l'espérons, sera repris et permettra de décider la question d'une manière définitive. Quant à l'emploi de la poudre-coton dans les armes, il est certain qu'il existe ici des difficultés sérieuses ; cependant elles ne sont peut-être *pas assez graves pour faire abandonner sans retour les espérances conçues. Une élude approfondie et persévérante des faits nouveaux que ces questions soulèvent pourra fournir un jour les moyens de modérer, de retarder, de régulariser l'explosion du pyroxyle, comme aussi de modifier sa préparation de manière à éviter le fâcheux pnénomène de sa décomposition spontanée. Que les hommes du métier, que les savants compétents prennent en main l'étude de ce problème, et' sans doute quelque solution inattendue viendra couronner et récompenser leurs efforts. Il ne faut pas l'oublier, en effet, la découverte du coton-poudre date de sept ans à peine (1846j. Et qu'est-ce qu'un intervalle de sept années pour le perfectionnement des inventions humaines 7 N'a-t-il pas fallu quatre siècli-s pour faire de la poudre actuelle l'agent puissant et sûr que nous connaissons? Mais, d'ailleurs, ae nos jours, après tant de travaux, d'expériences, d'innombrables essais, malgré les précalions inouïes dont on s'envî- . ronne, peut-on dire avec certitude que notre poudre à canon présente dans ses effets une sécurité absolue? L'existence d'une poudrière aux abords de nos villes n'est^elle pas pour les populations une cause d'invincibli s terreurs, la sourre de perpétuelles alarmes ? .4 Des événements formidables ne viennent-ils

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pas, par intervalles, justifier et redounler ce$ craintes ? Quand la poudre raanq^ue de densité ou que son grain est trop tin, elle fait éclater les armes, et le même etTet se produit si Ton outre-passe par mégarde les limites de la charge. En 1826, quand Tartillerie voulut substituer aux poudres de pilons des poudres plus énergiques, on crevait les bouches à feu. Cette sécurité si vantée de notre poudre à canon a donc aussi ses limites, et dans tous les cas elle est de date fort récente. Il a fallu quatre siècles pour dompter la poudre à canon , et Ton s étonne aujourd'hui que sept ans n*aient pas sufQ pour dompter le coton-poudre, qui a une puissance triple. Pour décider en dernier ressort ces questions capitales, invoquons de plus saines, de moins exclusives notions; délions-nous des entraînements regrettables d'un enthousiasme irréfléchi; mais aussi tenons-nous en carde contre l'aveuglement de préventions injustes fondées sur la tyrannique puissance de la routine et des habitudes. Recherchons avec sincérité le secours et l'infaillible témoignage delà science, et sachons accepter sans arrière - pensée systématique ce qui se présente à nous avec les dehors incontestables du progrès.

•r Un dernier trait terminera l'histoire du produit intéressant qui vient de nous occuper. Dans les premiers temps de sa découverte, la poudre-coton avait provoqué dans le public un extrême engouement ; à cette époque elle était bonne à tout. Rappelons en quelques mots les diverses applications de ce nouvel agent, qui ont été essayées alors avec plus ou moins de succès. Quelques : mécaniciens ont voulu tirer parti de la prompte transformation du coton-poudre en fluides gazeux, pour soulever le piston des machines ; les gaz produits par la combustion auraient remplacé la vapeur comme agent mécanique. Mais il n'était pas difficile de prévoir que la production des gaz pendant l'inflammation du pyroxyle est trop brusque et trop rapide pour être utilisée commodément et avec sécurité. L'explosion des machines mit fin aux expériences.

« Les matières alimentaires renferment une assez forte proportion d'azote ; or, le pyroxyle est un corps azoté. Cette analogie a paru sufflsante à cleux de nos savants pour rechercher si le coton-poudre ne pourrait pas être employé comme substance alimentaire. L'idée était étrange et assez mal venue de la part de physiologistes mieux familiarisés d'ordinaire avec les lois de la nutrition. Cependant l'Académie fut instruite par un mémoire ad hoc qu'on avait réussi à nourrir des chiens avec le pyroxyle. Seulement les auteurs de l'expérience ajoutent ingénument qu'ils ont favorisé l'action nutritive (lu coton-poudre par l'administration d'une certaine quantité de riz : les adjuvants sont de bonne guerre. — M. Pelouze a proposé d'appliquer le pyroxyle à la fabrication des amorces fulminantes ; la substitution de c'O pi'CKlult au fulminate de mercure aurait eu ponr résultat d'éviter les dangers

épouvantables dont s'accompagne labU tion des amorces par les procédés acti Le pvroxyle obtenu avec des tissas I serres de lin, de chanvre ou de coton, tone aisément par le choc, et si l'on de petites rondelles de ces tissas et les place au fond de capsules de cuivre,' obtient des amorces dont la détonatioa très-énergique. Cependant cette apptica( du coton-poudre n a pas jusqu'ici donii' bons résultats aux praticiens qui 1 ont cutée. Les elTets des capsules pyroxyli^ sont irréguliers ; en outre les armes attaquées et détériorées par suite de la mation d'un produit acide, l'acide azol qui prend, ait-on, naissance quand le] roxyle brûle à l'air libre. Le coton-pot parait devoir fournir des résultats plus ai tageux dans son application à la pyrotecbi Ses papiers fulminants trempés daos ' dissolutions d'azotate de strontiauejei faie de cuivre, d'azotate de baryte, sent de très-beaux feux rouges, uns blancs. On a aussifaitdes essais avecdesi roxvies obtenus à bas prix au moveode paille, de la sciure de bois ou de* m^\ végétales analogues. L'immersion de j produits fulminants dans ces dissolut' salines a l'avantage de retarder leur M mation, de donner plus de durée à la bustion et de favoriser par conséquenl divers effets que l'artificier cherche à duire.

« Un étudiant en médecine des Etatsa fait du coton-poudre une application inattendue ; il s'en est servi pour le pa^ ment des plaies, et voici comment. Le col poudre est soluble dans réther;or, M.

uard, de Boston, a trouvé que ceite dbi tion constitue une sorte de vernis qui j< dune force d'adhésion très- remarqua appliqué sur la peau, ce vernis adhère «fi beaucoup de force à sa surface et ré^i^l parfaitement à l'action de l'eau et des bi meurs. On a donné à ce nouveau produit I nom de collodion. Un morceau de toile d quatre centimètres de largeur recouTert 4 ce coUodioUt et appliqué sur le creux de i main, supporte sans se décoller un poids i^ quinze kilogrammes ; la toile se rompt p!u tôt que de se détacher. Les chirurgiens âme ricaïus se servent avec avantage du collodi» pour le pansement des plaies. On rapprft^^ les lèvres de la plaie, et au moyen d'un pu)' ceau on les couvre d'une couche de o)^'^' dion ; par suite de la dessiccation, la r^ nion des deux bords est parfaitement eublie. La contraction que la matière éproon en séchant resserre les lèvres de la hh^^^ plus fortement et d'une manière plai^^'^ que ne pourrait le faire tout autre mo/^ coutentif. La plaie est parfaitement préservée de l'air, et la transparence de \^^^\ permet de voir à travers et de juger de 1 et* des parties sous-jaceutes ; entiii son ix^^^f' bilité dans l'eau donne au chirurgien ia inculte de laver sans rien détacher. LW du collodion s*est répandu réceuimeot e<> Angleterre et en France ; M. Malgbigo^ i<

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