‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 150 sur 209 · POO · texte numérisé non relu

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DES INVENTIONS

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niifeetion des matières fécales et leor appro* phatiou aoi besoins de l'agriculture (t).

Comme agriculteur exploitant une con* trée éloignée de Paris, où celte sorte d*en- [^rais, conTenablemenl préparé et condensé, prodairait des avantages immenses, j'attendais avec imfiatience le résultat des concours ouverts sur ce sujet.

Plusieurs années s*éconlèrent, et malheureusement les espérances que Ton avait con* çues n'étaient point encore réalisées. M.deGéraodo disait, dans le rapport sur le résultat ^«fnéral des concours ouverts pour l'année ltt39 : c Les questions mises au concours demandent une tout autre s«)lution ; on doit regretter que les concurrents n'aient pas mieux compris les exigences. »

« Aucun des concurrents, disait M. Gault:t-r de Claubry, rapporteur du même con- C'fjrs pour Tannée ISU^, n'a satisfait com~ j>iêtemeot aux conditions du programme. »

Ce fut alors que je me décidai à reprendre la suite de quelques expériences que i avais tentées autrefois sur les moyens de désinfecter les matières fécales en Caisant usage seulement de substances néets$aire$ à Il végétation. J'avais déjà dit moi-même d^xïs un rapport A cette Société : c La sol ui.on la plus rationnelle et la plus désirable iu problème consiste dans la dessiccation et >a désinfection rapide des matières, et leur utilisation pour l'agriculture. » Enlin, en IMT, le prix fut à peu près retiré du concours : beaucoup de concurrents s'étaient i»résentés ; ilsavaient, sans contredit, avancé la question, mais aucun d'eux n'en avait trouvé, d mon avis, la solution complète, tant an point de vue agricole que sous le rapport mduslriel et économique.

J« fus vivement contrarié du faible résultat qu'avaient produit des concours aussi importants; c'est alors que, dans une conversation qui eut lieu dans les bureaux de la Société d'encouragement entre plusieurs Je mes collègues et moi, j'exprimai haulement ma surprise et mes regrets de ce qu'il ne fût venu à l'idée d'aucun des concurrents d*eaiployer les moyens si simples, si économiques, Ir^-cofiniii (TaiUeurSf que l'expé^ rience m'avait indiqués comme les plus avaDtageux, savoir : le charbon^ comme désinfectant et l'un des principaux éléments constitutifs des végétaux ; le plâtre^ qui est VuB des excitants les plus puissants de la végétation des plantes qui composent les prairies artiûcielles, qui est à la fois un corps absorbant et antiseptique, jouissant de la précieuse propriété de convertir l'amiDOoiaque, qui se perd et se volatilise dans Taîr, en un sel fixe et non volatil, qui fournit peu à peu l'azote dont les plantes ont besoin pour leur végétation. Je rendis compte alors des essais auxquels je m'étais livré, ainsi que des résultats que j'en avais oble- UU5. C'est à la communication obligeante 4|u'eo a faite l'une des personnes présentes

(\) La note indoitriellc qui tait est do doc:eur J. Cb. Himiû (de Meii).

à cette discussion, U. E. Vincent, que je dois l'honneur d'avoir été cité dans le Bulletin de la Société éC encouragement (juin IStô), et dans le Cultivateur^ journal des progrès agricoles, au nombre des agronomes qui se sont utilement occupés de cette ques* tion.

Je n'ai pas cru devoir publier plus tôt les expériences que j*ai faites sur ce sujet, d'abord parce qu'elles étaient très-incomplètes; qu'il y avait, d'ailleurs, fort peu de mérite à faire une application si facile et si naturelle des nropriétés chimiques trèsconnues du pldtre et du chatvon; enfin parce qu'une telle publication m'eût peutêtr^ \^}sé en rival des concurrents que je pouvais être appelé, moi-même à juger.

Aujourd'hui que mes essais sont parvenus indirectement et surtout d'une manière insuffisante et incomplète à la connaissance du public, que des agriculteurs distingués se sont adressés à moi pour avoir des renseignements précis et positifs, j'ai pensé qu'il était de mon devoir de livrer A la publicité les résultats des expériences et des recherches que j'ai faites sur ce sujet; les voici :

Expériences. — Les déjections solides d'un individu , pendant une semaine , ont été recueillies dans un vase, saupoudrées et recouvertes, immédiatement après chaque dépôt» avec du pldtre cuit, pulvérisé , et du poussier de charbon.

A la fin de la semaine * il se trouva que Ton avait employé :

PUire, I kilo 200 grammes (1 liire f 0 ceo ilitre^). CharboD, S60 gnuumes (50 ceoiillires).

11 j avait environ un tiers de poudra de trop, c'est-i-dire qui n'avait pas été utilisé. Aussitôt après que cette poudre désinfectante avait été répandue , l'odeur de la matière diminuait considérablement ; elle aurait même disparu tout à fait , si ces matières eussent été triturées ou mélangées avec la poudre, ce qui n'eut pas lieu ; cependant, quelques jours après, elles étaient sèches et tout à fait inodores. Plus tard , la substance organique avait acquis une grande dureté ; elle avait conservé sa forme, mais les cylindres étaient réduits aux deux tiers de leur volume primitif; ils étaient poreux, c'est-àdire qu'ils contenaient un grand nombre de petites cavités ; ils étaient aussi d'une extrême légèreté. Six mois après, le mélange, qui était resté dans un lieu bas et obscur, avait contracté une odeur de moisi ; il fut broyé et pulvérisé avec facilité : en cet état, il n'avait aucune apparence ni la moindre odeur qui pussent faire soupçonner sou origine.

Soo Tolome éuit de I litre 90 centilitres. S«Mi poids éuii de t kilo 500 gnm.

Comme l'emploi des poudres employées était de 1,W0 grammes , on voit au'il ne restait que kO grammes pour le poids de U matière organique sèche, ce qui parait in* suffisant, quelle qu'eu soit la légèreté on

ÎOéT

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BlCnONNAlRE

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Je ddijre de dessiccatioa ; il est donc probable qu'une petite Quantité des poudres aura été perdue ou enlevée par le vent. Le mélange fut ensuite humecté et délajé avec de Teau. Dans cet état, il n'a pas présenté la moindre trace d*oJeur ou ae similitude rappelant le produit primitif. Enfin cet engrais fut essayé, è Tétat pulvérulent, sur des Céréales, du trèfle, des choux , des haricots, etc., et Ton ne tanda pas è en apercevoir les bons effets, notamment sur les choux et les plantes de la famille des crucifères.

Fabrication de la poudreUe déêinfeeiée, — La première condition à remplir pour la préparation de cet engrais est la séparation des matières solides d'avec les liquides. Le travail important publié par M. E. Vincent dans le Bulletin de la Société d'encouragement pour les années 18ii^7 et 1848 fait connaître plusieurs procédés et appareils qui peuvent être employés avantageusement pour obtenir cette séparation.

Le mieux est de recueillir séparément les ^éjections solides et les liquides , puisque la nature elle-même les a séparées, et que la Conformation de nos organes se prête parfaitement à cette division. La seconde ^condition est le bon choix des matières qui doivent entrer dans la composition de l'engrais ; car l'expérience a démontré que les matières provenant des hôpitaux, des casernes ou des maisons de détention sont beaucoup moins fertilisantes que celles qui proviennent des maisons d'aubergistes, de restaurateurs , et de celles qui sont habitées par des personnes riches ou aisées. Enfin , en troisième lieu, les proportions du plfttre et du charbon que l'on doit employer ne sont pas iodifiérentes. Ainsi, pour l'engrais destiné à être porté au loin et dont le transport sera nécessairement dispendieux, il cohvient d'augmenter le plus possible les proportions de la matière organique , de choisir la meilleure qualité , et enfin de diminuer beaucoup la proportion du plâtre^ qui augmente considérablement le poids du composé.

Les matières solides, recueillies dans des Tases portatifs ou garde-robes disposés è cet effet, seront recouvertes, comme il a été dit plus haut, avec la poudre absorbante et désinfectante ( plfttre et charbon ), aussitôt après leur production, elles seront transportées, tous les huit ou quinze jours à l'établissement central dans lequel se fera la i>réparation en grand de la poudrette désinéctée. Il est convenable gue le pUUre et le charbon soient toujours bien secs, et qu'ils soient renouvelés à chaque quinzaine. Au moyen d'un mécanisme fort simple, en tournant ou en tirant un bouton, ou même par le seul poids du corps posé sur le siège, le réservoir adapté à l'appareil laissera échapper la quantité de pouare désinfectante nécessaire, ainsi que cela se fait d'ailleurs pour l'eau, dans quelques appareils dits à l'atiglai$e. Le même mécanisme pourrait, au besoin, faire le mélange des matières ellesmêmes avec les poudres. Enfin, la cuvette

peut .être recouverte el close hermétique* ment par une fermeture hydraulique. Arri* vées à la fabrique» les matières sont mélio. gées et triturées au moyen de inaehiDes appropriées, telles que par exemple, le m^ nége dont on se sert pour la confection des mortiers, ou simplement par le piétioago avec des bœufs ou des chevaux. Ensuite on déposera ces matières dans des bottes, où elles seront soumises à l'action d'une forte

firesse, d'un mouton, ou tout simplement bulées et comprimées à coups de pilon, et réduites en tourteaux cubiques de 25 ceotimètres de côté et du poids d'environ 15 kilogrammes chacun. Ces cubes seront percés au milieu, de part en part, avec une broche de fer, d'un petit trou destiné à donner issue à l'humidité intérieure. Les tourteaux s^ ront ensuite exposés pendant quelcjues jours sous des hangars à l'action de l'air, })Ouren compléter la dessiccation. Ils peuvent être alors emmagasinés ou empilés avec la plos grande facilité , être chargés de môme, e( Mans aucun emballage^ dans des wagons oa voitures quelconques, pour être transportés à leur destination.

Prix de revient de la poudrette détinficfée. — On estime que le poids moyen des matières fécales solides rendues chaque jour par un individu est de 125 grammes; par conséquent, pour un an 45 kilogrammes 625 grammes. Hais cette matière contient, dans l'état normal, environ 75 ou 80 pour 100 de son poids d'eau ; par conséquent, le poids de la matière organique, à l'état sec, se réduit à 9 kilogrammes par an pour chaque individu. Il s'agit donc d'enlever et d*absorber une partie (le tiers ou le quart j de l'eau normale que contiennent les matières, pour les désinfecter et les dessécher de ma^ nière à ce qu'on puisse les travailler sans inconvénient ni danger. Or, d'après nos eipériences, 1 décimètre cube ou i litre de plâtre blanc cuit» pulvérisé, tamisé, pèse 1 kilogramme 90 grammes et absorbe ou boit 1 kilogramme 100 grammes d'eau, lorsqu'on le gâche de manière à en faire une pâte susceptible de se solidifier ( ni fort ni noyé). Un litre de poussier de charbon pèse 550 grammes et absorbe 260 grammes d'eau, pour être converti en une pâte assez ferme ; mais, par suite de l'évaporation de l'eau, \e charbon revient à son poids primitif; la pâte est alors très-dure et très-compacte. Le

S plâtre cru, conduit è la gare du chemin de èr de Paris à Orléans coûte 5 francs 50 centimes la tonne de 1,000 kilogrammes. Le prix du plâtre cuit pulvérisé est, à Paris, de 12 à 15 francs le mètre cube ou les 1,000 litres pesant 1,100 kilogrammes. Le prii des plâtres qui, étant desséchés, pourraient se^ vir très-bien à la confection de l'engrais dont il s'agit, est, à Paris, de 5 francs la mètre cube. Le prix de l'hectolitre de poussier de charbon chez les marchands de bobt à Paris, est de 1 franc 25 centimes.

Ainsi, pour désinfecter et dessécher codyenablement les 45 kilogrammes de maii^ res dont il s'agit, il suffira d> ajouter le

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DES DITENTIONS.

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quart ou la tiers de leur poids de plâtre mâaDgé au charbon, ou, eu a*autres termes, d'absorber un quart ou un tiers de Teau suraboudaDte outils cootienoent : par conséqaeot, il fauara employer euriron 12 kilogrammes (11 à 12 litres) de plAtre, et 2 kilogrammes et demi, ou 5 litres de charboa pulTérisé.

La dépense pour chaque personne, pendant une année, serait de 2b centimes, coaune il suit :

R:àcr«. 12 kilognnMMS (à 15 fraaes ICI 1,000 k :lt«naiMs) 18 ceM.

Ch^fftem, 5 liu (i i fr. 25 c. Iliecl. 6 crnu

Ua noQleQr è 5 francs , ri

Deai broocttairi à 2 fr. 50 oen*.<v d

Deox baucars à 2 fr. 50 ceol., ci

Tout

5 francs

13 fraocs.

Total

24 crntimes.

Le mètre cube ou la tonne de 1,000 kilogrammes de poudrette désinfectée, sèche, composée d'environ 600 à 700 kilogrammes de matière organique sèche, de âOO kilogrammes de plAtre et de 100 kilogrammes de poussier de charbon, coûterait donc au plus 7 francs, pour la valeur du plâtre et du cbarbOD seuls^ non compris les frais de fabneation. Mais il est possible de diminuer encore notablement cette dépense : 1* en aflaibtissant plus ou moins les proportions da plâtre et du charbon, et en laissant plus longtemps les tourteaux eiposés à faction de Tair pour en opérer la dessiccation complète ; â* les cendres et la suie des cheminées, qni sont ordinairement perdues à Paris,/ peuvent être ajoutées fort avantageusement a la poudre désinfectante, et diminuer d'autant la quantité qu*il en faut employer; ^ il en est de même du charijon et de la braise que Ton jette avec les cendres qui ont servi pour les lessives ; 4* dans les forêts où Ton prépare le charbon pour le service des foins^ ot des autres usines, on laisse perdre une grande quantité de poussier de chart)on, parce qu'il n'a aucun emploi aujourd'hui, ni par conspuent de Taleur ; 5* enfin il eiiste en France de nombreux dépOts naturels d'anthracite ou de charbon minéral qui peut remplacer parfaitement le charbon végétal pour l'usage dont il s'afflt.

Froif de fabrieaiion. — Dans la préparation de la brique destinée aux constructïoos, on mouleur fait, par jour, dix mille briques du iH>ids de 1 à 2 kiloiorammes chacune.

0eux batteurs corrojent et préparent la terre nécessaire.

Un brouetteur amène cette terre de 30 fluètres de distance.

Cn porteur range les briques moulées dans le séchoir.

11 est donc probable qu'un mouleur assisté de deui brouetleurs pourrait confectionner, chaque jour, 1,000 ou 1.800 tourteaux d'engrais, pesant environ 15 kilogrammes chacun, s<Ht 25,000 kilogrammes ou 25 mètres cubes.

Il faudrait deux hommes, ou bien un bomme et un cheval pour dire le mélange complet des matières avec le plâtre et le eharbOD. Ainsi :

coAtaiit ensemble la somme de 13 francs, pourraieotconfectionner25,000ki]ogramnies d'engrais ; ce qui porte à 52 centimes le

Erix de la fabrication du mètre cube (1,000 ilog.) composé de 66 à 70 tourteaux de 15 kilogrammes chacun.

En résumé, 1000 kilogrammes de poudrette désinfectée coûteraient :

Poor le plâtre d le charbon, coauae U a été dti ci-deM«s 7 fr.

Poar frais de fabrication 0 52

Poar faax frais e^ béoéfices (62 fr.

par joor). 2 ' 48

Tolal 10 fraact.

coûteraient, disons-nous, la somme de dix francs.

Nous supposons que les matières sont amenées et déposées dans l'établissement aux frais des propriétaires de maisons, comme cela se pratique aujourd'hui à Montfaucon et à Bondy .

Des avantages de la poudrette désinfectée^ et de son emploi pour Vagrieulture. — Avant d'aller plus loin, nous pensons qu'il est utile de rapporter ici Topinion de divers savants sur la valeur agricole des déjections humaines.

A. ff Les déjections humaines sont considérées comme un des fumiers les plus actifs dont puisse disposer lecultivateur.B (M. BocssiiiGAULT, Economie rurale^ 1. 11.)

B. c Dans les eicrémenis liquides e'» solides des hommes et des animaux nous retrouvons tout l'azote, tous les principes inorganiques solubles et insolubles que renfermaient les aliments introduits dans l'économie. Or, comnie ces principes inorganiques proviennent du sol, il s*eosuit que les excréments restituent à ce dernier les éléments que nous lui avons enlevés sous forme d'herbes, de graines et de racines. • ( J. LiEBiG, lettre 25 sur la Chimie. )

C. c En restituant au sol les excréments des animaux, nous lui rendons les principes que les récoltes précédentes lui ont enlevés, nous lui rendons ainsi la faculté de nourrir une nouvelle récolte. » ( Libbig, t'^td.)

D. « II est évident que, A Texception d'une certaine quantité de carbone et d'hy* drogène qui a été éliminée par les TOies cutanée et pulmonaire, nous devons retrouver dans les excréments solides et liquides de l'homme et des animaux tous les autres principes qui entrent dans la composition des substances alimentaires.» (Libbig, ièîd.)

E. c Les excréments solides et liquides d'un animal qui s'est nourri de certaines plantes sont l'engrais qui convient le mieux a ces mêmes plantes; c'est dans ceux de l'homme que 1 on trouve ces principes mi* néraux de toutes les semences en plus fortes proportions.» (Libbig, tfrîd.)

F. c A peine applique-t-on à l'agriculture/

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565,000,000 kilog.

17,605,000,000 kilog.

en France, Tengrais d'un cinquième de la population ; eh bien I tout ce que Von perd pourrait pourtant faire produire au sol le quart des grains et denrées nécessaires à la nourriture de la population entière.

ff Si Ton admet, avec MM. Liebig et Boussingault, aue les excréments liquides et solides de rhomme ne s*élèvent, par jour, 3u*à 750 grammes; savoir: 625 grammes 'urine et 125 grammes de matières fécales, et qu'ils renferment ensemble 3 pour 100 d'azote, cela donne pour un an, 275 kilog. 750 gram. d*excréments contenant 8 kilog. 250 gram. d'6zote, quantité qui suffirait pour kOO kilog. de graine de froment , de seigle, d*avoine ou aorge, et qui, ajoutée à l'azote puisé dans l'atmosphère, est plus que suffisante pour faire produire annuellement à 50 ares la récolte la plus riche.» (M. Girardin).

6. « Si nous prenions la ville de Paris pour exemple, nous verrions que son million d'habitants produit chaque année :

En matières ftolides 275,000,000 kilog.

En liquides 288,000,000 kilog.

et que, si nous étendions ce calcul h toute la France, nous aurions, pour une population de 35,000,000 d'habitants, une masse,

En macères solides 9,6^5,000,000 kilog.

E'i liiiuides 7,080,000,000 kilog.

« Quantité sujOisante pour fumer 17,850,000 liectares de terrains. » (VI. A. Chevallier [1].)

Nous avons dit plus haut que nos essais avaiebt eu pour but essentiel et principal de dessécher et de désinfecter les matières fécales au moyen d'agents nécessaires à la végétation, de manière à augmenter encore, s'il était possible, les propriétés fertilisantes de l'engrais.

Obtenir 9 sous le plus petit volume, et au plus bas prix possible, un engrais tris-actif, d'un transport facile, ef, n'ayant rien de repoussant à la vue ni à l'odorat.

Tel est le problème que nous nous étions proposé.

Le charbon et le plâtre sont de toutes les substances que nous avons essayées celles qui satisfont le plus comoiélement à ces conditions. Les propriétés cfésinfectantes du charbon sont connues et utilisées depuis longtemps. Le carbone forme la charpente des végétaux ; il en constitue l'élément principal : il absorbe les gaz produits par la décomposition spontanée des substances organiques ; il modère et ralentit cette décomposition, en s'opposant à la déperdition trop rapide des éléments de l'engrais ; il eu aug-

(1) La France contient 52,760,298 hectares, dont 5,586,788 sont annuellement cultivés en froment ei autant en seigle , orge, méteil et avoine ; ce qui porte à enviion à 12 millions d'heciares l'étendue totale des terres annaellement cultivées ea icéféalet.

mente l'eiTet utile et en prolonge la durée. Les propriétés végétatives éminemment feN tilisantes du charbon sont mises à profil avec le plus grand succès par les agriculteurs de tous Tes pays. L'écoubage , le brûlis des chaumes sur pied, l'emploi des cendres lavées, du noir des raffineries, du terreau même, etc. , sont autant de moyens dV jouter ou de fournir le carbone nécessaire à la nutrition des plantes. Le plâtre (sulfate de chaux) est aussi l'un des eicitanis les plus énergiques de la végétation, surtout lorsqu'on l'applique aux plantes lég^umineuses qui forment les prairies artificielles. Mais, indépendamment de la propriété qu'il a d'absorber et de solidifier instantaoémeDl une quantité d'eau considérable, le plâtre est un antiseptique puissant; il a surtout la propriété précieuse de fixer l'ammoniaque qui se volatilise et se dégage des matières animales en putréfaction, de la convertir en un sel fixe, stable (sulfate d*ammoniaque), qui fournit ultérieurement et petit à petit aux végétaux l'azote dont ils ont besoin.

Cette propriété si remarquable et si précieuse du plâtre semble avoir été méconnue, c'est-à-dire oubliée par le plus grand dodibre des personnes qui se sont occupées de la conversion des matières fécales en engrais : c*est pour cette raison que nous insistons encore davantage sur ce point; car nous considérons le plAtre comme étant à la fois l'un des agents chimiques les plus puissants pour opérer la désinfection et la dessiccation immédiate des matières fécales; l'un des plus utiles et des plus précieux pour Tagriculture, parce qu'il retarde la putréfaction , qu*iJ retient et fixe les sels ammoniacaux volatils qui seraient perdus ou enlevés par l'air.; qu'il les restitue aux végétaai peu à peu et à mesure de leur croissance; enfin le plâtre est l'un des amendements les plus utiles, les plus répandus et les plus économiques, car la France, et notamment le bassin de Paris, en contiennent des gisements inépuisables.

Pour apprécier la valeur de la poudrelte désinfectée, il faut la comparer à celle du bon fumier de ferme, qui est la base ou ie type de ces sortes d'évaluations. Il sutBl pour cela de connaître les principes chimiques, c'est-à-dire les proportions de carbooe et surtout d'azote qui entrent dans la coatpositiou des deux sortes d'engrais.

1,000 kilogrammes de fumier de ferme contiennent, d'après les analyses faites r^ MM. Payen et Boussingault (i) :

Ean normale

Carbone

Azote

800 kilog.

Pour une fumure convenable à la produ'*tion du froment, il faut employer environ 30 mètres cubes ou 30,000 kilogrammes il^ ce fumier par chaque hectare de terre

Ces 30,000 kilog. contiennent :

(1) Economie rurale, t. Il, p. liG

EaoBomaJe

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